Brunei

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État de Brunei Darussalam

Negara Brunei Darussalam (ms)

Drapeau
Drapeau de Brunei
Blason
Armoiries de Brunei
Description de l'image  Location Brunei ASEAN.svg.
Devise nationale Brunei Darussalam
(en malais : Brunei, asile de paix)
Hymne national Ya Allah lanjutkan
la usia Duli tuanku
Administration
Forme de l'État Sultanat
Sultan Hassanal Bolkiah
Langues officielles Malais
Capitale Bandar Seri Begawan

4°56'27" N, 114°56'55" E

Géographie
Plus grande ville Bandar Seri Begawan
Superficie totale 5 765 km2
(classé 173e)
Superficie en eau 8,6 %
Fuseau horaire UTC +8
Histoire
Indépendance du Royaume-Uni
date 1er janvier 1984
Démographie
Gentilé Brunéiens, Brunéiennes
Population totale (2012) 412 238 hab.
(classé 170e)
Densité 68,2 hab./km2
Économie
PIB nominal en augmentation16 95 milliards de USD
PIB (PPA) par hab. en augmentation41 127 USD
IDH (2012) 0,855 (30e)
Monnaie Dollar de Brunei (BND​)
Divers
Code ISO 3166-1 BRN, BN​
Domaine Internet .bn
Indicatif téléphonique +673

Brunei, en forme longue le Sultanat de Brunei ou Brunei Darussalam, en malais Negara Brunei Darussalam, بروني دارالسلام, est un petit État enclavé dans l’État malaisien de Sarawak et situé dans le nord de l’île de Bornéo, en Asie du Sud-Est. Il est cerné par la mer de Chine méridionale et la Malaisie, et dirigé depuis 1968 par le sultan Hassanal Bolkiah. Ancien protectorat britannique, il est l'un des quatre membres du Commonwealth qui possède sa propre monarchie. L'expression le Brunei est une abréviation, familière et incorrecte en français, pour : "le (sultanat de) Brunei". On dit en effet en français "Bornéo" et "le sultanat de Bornéo" parce que Bornéo est un nom d'île, de la même façon on dit "Brunei" et "le sultanat de Brunei"[1][interprétation personnelle][réf. nécessaire].

Étymologie[modifier | modifier le code]

On ne connait pas exactement l’origine du nom de Brunei, cependant il semblerait qu’il provienne du mot sanskrit varunai (वरुण) signifiant « Gens de la mer », terme devenu au XIVe siècle Barunai. Tout ce que l’on sait, c’est que lorsque les Portugais arrivèrent dans la région au XVIe siècle, ils donnèrent à l’île le nom de Bornéo, en référence au principal sultanat qui s’y trouvait et avec qui ils traitèrent, c’est-à-dire celui du Brunei (appelé alors par les lusophones Burne ou Burni)[2].
Pour ce qui concerne le nom complet du pays « Negara Brunei Darussalam », Darussalam (بروني دارالسلام) signifie en arabe « demeure de la paix », tandis que Negara signifie « État » en malais. Ce dernier terme vient lui-même du sanscrit Nagara (नगर), ce qui signifie « ville ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Brunei.
Carte topographique de Brunei représentant les districts et leur chef-lieu, les lacs et cours d'eau.
Carte du Brunei.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Brunei.

Le sultanat de Brunei est un royaume vieux de plus d'un millénaire. Il était alors un grand port de commerce, ayant des relations commerciales tant avec l'Inde qu'avec la Chine, et cela dès 977. On sait que cette année-là, le Brunei envoya une ambassade dans l'Empire du milieu.

On a trouvé à Brunei une tombe chinoise musulmane. Datée de 1264, elle est celle d'un « Maître Pu » et porte la plus ancienne tombe musulmane de Brunei[3].

Le nom de Brunei est attesté dès le XIVe siècle. Le Nagarakertagama, un poème épique écrit en 1365 dans le royaume javanais de Majapahit, mentionne en effet « Buruneng » parmi les quelque cent « contrées tributaires » du royaume. En réalité, le territoire contrôlé par Majapahit ne s'étendait que sur une partie de l'est et du centre de Java. Les contrées tributaires étaient en fait des comptoirs formant un réseau commercial dont Majapahit était le centre. Majapahit y envoyait des dignitaires dont le rôle était de s'assurer que ces comptoirs ne s'adonnaient pas à un commerce privé qui échapperait au royaume.

Le royaume de Brunei se développe rapidement après la chute de Majapahit, s'étendant à Bornéo et dans l'archipel philippin.

C'est à cette période de son apogée historique, dans les années 1520, que le royaume de Brunei, islamisé, devient un sultanat. Il s'affaiblit ensuite peu à peu alors que les régions voisines sont colonisées par les grandes puissances occidentales (Portugal, Royaume-Uni et Espagne) qui y établissent également des comptoirs commerciaux. Le pays perd peu à peu ses possessions, puis devient en 1906 un protectorat britannique.

Du pétrole y est découvert en 1903 et commence à être exploité en 1929. À l'époque de la décolonisation (deuxième moitié du XXe siècle), le pays change de nombreuses fois de statut. En 1959, toujours sous protectorat britannique, il accède à l'autonomie interne. Un mouvement nationaliste et démocratique se développe à cette période : il aboutit en 1962 à une violente rébellion, rapidement écrasée par les Britanniques. C'est alors que l'état d'urgence est décrété, et la Constitution abolie : depuis, le sultan gouverne seul et par décret. Conformément à un accord avec le Royaume-Uni, le sultanat accède à l'indépendance le 1er janvier 1984. Le sultan actuel est Hassanal Bolkiah.

Les quatre dates clés[modifier | modifier le code]

  • 1363 : Awang Lak Betatar devient le premier sultan musulman de Brunei. Il est fondateur de la dynastie royale des Bolkiah.
  • XVIIIe et XIXe siècles : Brunei périclite à cause de l'implantation des comptoirs européens. Le pays se résout à accepter un protectorat britannique en 1906.
  • 1929 : le premier puits de pétrole est découvert à Seria.
  • 1984 : l'indépendance est proclamée. La doctrine Melayu Islam Beraja (MIB) qui définit l'identité brunéienne comme « malaise, musulmane et monarchique », est érigée en idéologie d'État.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Brunei.

Le Brunei est un sultanat. Le sultanat a vécu sous protectorat britannique du XIXe siècle jusqu'en 1984. Le pays est une monarchie islamique, le sultan est le chef religieux et joue par sa fonction monarchique le rôle de chef d’État et de chef du gouvernement, cumulant les statuts de Premier ministre, ministre de la Défense, ministre des Finances, recteur de l'université, chef de la police, chef suprême des forces armées et commandeur des croyants, depuis l'abolition de la Constitution en 1962. La dernière élection législative, en 1962, avait provoqué une rébellion, poussant l'ancien sultan, Omar Ali Salfuddin III, à déclarer l'état d'urgence, toujours en vigueur. Depuis, le sultanat surveille tout, notamment les médias. Les autorités peuvent ainsi fermer sans raison les organes de presse et mettre en prison les journalistes accusés d'articles « faux et malveillants ».

Photographie de Hassanal Bolkiah dans une salle de conférence du Pentagone.
Hassanal Bolkiah, le sultan de Brunei, lors de sa visite au Pentagone en décembre 2002

Il reçoit des conseils en matière législative d'un corps de 21 membres non élus. Le seul parti autorisé, le Parti national solidarité, est sous les ordres du sultan et n'a aucune existence réelle.[réf. nécessaire]

Le pays est membre de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), du Commonwealth depuis son indépendance, après avoir été longtemps sous protectorat britannique.

En 2009, Hayati Salleh était la première femme à devenir procureur général. Et, en 2011, deux anciennes boursières parties à l'étranger, Salbiah Binti Sulaiman et Zatia binti Sirin étaient nommées au Conseil législatif.

À Brunei où tout est sous le contrôle d'un seul homme, un îlot résiste doucement : le village flottant de Kampong Ayer, qui fut le cœur historique de la capitale pendant 1 400 ans. Depuis 1967, date de son arrivée au pouvoir, le sultan a entrepris une politique d'aménagement de cette Venise orientale qui s'est accélérée ces dernières années. Officiellement pour rénover la cité. Officieusement pour déloger les habitants, les disperser et éviter la propagation d'un mode de vie jugé « non conforme » aux traditions malaises et musulmanes.

En 2013, après 17 ans d'efforts du sultan en ce sens, Brunei a promulgué un nouveau code pénal instaurant la Charia qui ne s'appliquera qu'aux musulmans (deux tiers de la population)[4]. Ce nouveau code prévoit notamment l'interdiction totale de l'alcool, l'amputation des voleurs, la lapidation en cas d’adultère ou l'instauration de châtiments corporels pour divers délits. Brunei devient ainsi le premier État d'Asie du Sud-Est à adopter la Charia[5].

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions du Brunei.

Actuellement, le sultanat de Brunei, d'une superficie de 5 765 km², est séparé en quatre districts, ayant chacun un chef-lieu :

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Brunei.

L'économie du Brunei est fondée essentiellement sur une seule ressource : les hydrocarbures, et principalement le pétrole, exploité dans ce pays à partir de 1929. La commercialisation de cette ressource rare permet au pays d'atteindre une croissance annuelle importante (4,1 % en 2001), ce qui se répercute sur le développement humain du pays : le Brunei, qui a un IDH de 0,865, est au 26e rang mondial (sur 135 pays) en 2010. Il affiche un PIB par habitant de 31 800 dollars, aucune dette extérieure, un taux de chômage insignifiant. Brunei est, selon la Banque mondiale, l'un des pays d'Asie où l'on vit le mieux.

Bien que les soins hospitaliers et la scolarité soient gratuits, les impôts inexistants, la société brunéienne est plus disparate qu'il n'y paraît. En effet, près de 20 % des Brunéiens vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Ces dernières années, la présence des étrangers et le dynamisme économique ont permis d'améliorer la condition des femmes sur le territoire. Seules 20 % d'entre elles travaillaient en 1971, elles sont 57 % en 2012, dont 28 % de cadres supérieures.

Le sultanat de Brunei fait partie de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC) depuis 1989. Brunei est signataire de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) en 1992 et fait donc partie de l'OMC depuis 1995.

L'État brunéien a lancé une politique facilitant l'installation d'entreprises étrangères : zones franches, exonération d'impôts… En dix ans, une cinquantaine de sociétés se sont déjà implantées à Brunei. Depuis 2007, Brunei tente aussi de développer le tourisme vert.

Contrainement à ses voisins (Malaisie, Indonésie), le sultanat n'a jamais encouragé le commerce du bois. Résultat : 75 % du territoire est encore occupé par la jungle.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Brunei.
Graphique représentant la population totale du sultanat de Brunei. De 85000 habitants en 1961, elle atteint 360000 habitants en 2003 de façon linéaire.
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
Évolution démographique depuis 1950
1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010
44 983 83 037 127 554 185 220 252 887 325 297 395 027

Selon le recensement de 2011, la population du Brunei est de 393 162 habitants, contre 332 844 habitants en 2001[6].

Faune[modifier | modifier le code]

Brunei regorge de singes nasiques, de calaos, de gibbons, de serpents verts… Autant d'espèces en voie de disparition dans les pays limitrophes. La nuit, plus de 3 000 sortes de papillons virevoltent près des cascades. Consciente de ce patrimoine exceptionnel, les autorités songent à multiplier les réserves ou les parcs nationaux.

Langue et culture[modifier | modifier le code]

La langue des habitants de Brunei est Melayu Brunei, une forme de malais qui est classée par le site web http://www.ethnologue.com dans le sous-groupe dit malais local des langues malaïques de la branche malayo-polynésienne des langues austronésiennes. Ancien protectorat britannique, le sultanat a au moins 50 % de sa population qui parle anglais, qui de plus, est la langue commerciale, avec le chinois.

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l’An
23 février Fête nationale
1er juin Journée des Forces armées
15 juillet Anniversaire du sultan Les festivités durent un mois

Distractions[modifier | modifier le code]

Une des rares distractions à la disposition des Brunéiens est de faire du shopping dans la capitale. Pour rompre la monotonie du quotidien, beaucoup d'entre eux passent leur week-end dans le Yayasan Complex, inauguré en 1996. Premier du genre, il a été construit sur les vestiges d'une partie d'un vieux village lacustre[7]. Pour se distraire, la jeunesse (plus du tiers de la population) arpente les allées du Mail (The Mall), le centre commercial en verre et marbre inauguré en 2006, se donne rendez-vous au cinéma de l'hôtel Empire ou dans l'un des deux bowlings. En dehors de ces distractions, il y a aussi l'ordinateur. On compte en 2012, de source gouvernementale, 341 200 utilisateurs d'Internet dans le pays[8].

Religions[modifier | modifier le code]

Vue de la mosquée Omar Ali Saifuddin depuis le lac. Un navire de cérémonie est accosté près de l'édifice.
Mosquée Omar Ali Saifuddin

La population de Brunei comprend entre 67 % et 74 % de musulmans[9],[10]. Les habitants figurent parmi les musulmans les plus pratiquants d'Asie : obligation d'assister à la prière collective du vendredi, enseignement des sciences coraniques à l'école publique et vente d'alcool interdite sur le territoire[8]. Si 67 % de la population est musulmane, 13 % est bouddhiste, 10 % chrétienne et 10 % autre, dont animiste[10].

En mai 2014, Brunei instaure la charia (implication pénale de la loi islamique)[11].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Population : 408 786 habitants (estimations en 2012). 0-14 ans : 25 % ; 15-64 ans : 71,3 % ; + 65 ans : 3,7 %
Superficie : 5 765 km2
Densité : 71,7 hab./km² (en 2012)

Photographie d'un quartier pauvre de la capitale, Bandar Seri Begawan. Au premier plan se trouvent des maisons sur pilotis délabrées. En arrière-plan se trouve la mosquée Omar Ali Saifuddin et des immeubles modernes en béton.
Bandar Seri Begawan, capitale du pays et chef-lieu du district de Brunei-Muara.

Frontières terrestres : 381 km (avec la Malaisie uniquement)
Littoral : 161 km
Altitudes extrêmes : 0 m > + 1850 m
Espérance de vie : 76,6 ans (en 2013)
Taux de croissance de la population : 1,6 % (en 2012)
Taux de natalité : 17,7 ‰ (en 2012)
Taux de mortalité : 3,3 ‰ (en 2012)
Taux de mortalité infantile : 11,1 ‰ (en 2012)
Taux de fécondité : 1,99 enfants/femme (en 2012)
Taux de migration : 2,51 ‰ (en 2013)
Indépendance : 1er janvier 1984 (ancienne colonie britannique)
Lignes de téléphone : 80 000 (en 2011)
Téléphones portables : 44 000 (en 1996)
Postes de radio : 329 000 (en 1998)
Postes de télévision : 201 900 (en 1998)
Utilisateurs d'Internet : 341 200 (en 2008)
Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 2 (en 2000)
Routes : 1 712 km (dont 1 284 km goudronnés) (en 1996)
Voies ferrées : 13 km
Voies navigables : 209 km
Nombre d'aéroports : 2 (dont 1 avec des pistes goudronnées) (en 2000)

Codes[modifier | modifier le code]

Le sultanat de Brunei a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le fait d'abréger en français "le (département de) Vaucluse" en disant "le Vaucluse" est en revanche justifié car l'abréviation est réelle. Mais l'expression "le Brunei" ne saurait pas abréger "Brunei".
  2. Dictionnaire des noms de lieux – Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) (ISBN 978-2-85036-195-1)
  3. Jorge Manuel dos Santos Alves, Claude Guillot, Roderich Ptak, Mirabilia Asiatica, Harrassowitz Verlag, Wiesbaden (2003)
  4. "Sultanat du Brunei : lapidations et coups de fouet entrent dans la loi" Marianne, mardi 22 octobre 2013
  5. http://www.ajib.fr/2013/10/brunei-charia/
  6. http://www.geohive.com/cntry/brunei.aspx Recensement 2011
  7. GEO no 395 de janvier 2012 p. 55
  8. a et b GEO no 395 de janvier 2012 p. 61
  9. (en) Ministère français des affaires étrangères, « "Présentation du Sultanat de Brunei" »,‎ 2009 (consulté le 4 septembre 2010)
  10. a et b (en) The World Factbook, « Brunei », CIA,‎ 5 mars 2010 (consulté le 12 mars 2010)
  11. http://www.la-croix.com/Actualite/Economie-Entreprises/Economie/L-instauration-de-la-charia-a-Brunei-entraine-l-appel-au-boycott-de-palaces-2014-05-11-1148645

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chen Dasheng, « Une pierre tombale du début du XIVe siècle retrouvée à [sic] Brunei », Archipel, Année, 1991, Volume 42, p. 47-52.

Article connexe[modifier | modifier le code]