Sivas

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Sivas
Sêwas, Sébaste
Image illustrative de l'article Sivas
Administration
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Région Région de l'Anatolie centrale
Province Sivas
District Sivas
Maire
Mandat
Dogan Ürgüp, BBP
2009
Préfet Hasan Canpolat
2003
Indicatif téléphonique international +(90)
Plaque minéralogique 58
Démographie
Population 296 402 hab.
Densité 11 hab./km2
Géographie
Coordonnées 39° 45′ 00″ N 37° 01′ 00″ E / 39.75, 37.01666739° 45′ 00″ Nord 37° 01′ 00″ Est / 39.75, 37.016667  
Altitude 1 285 m
Superficie 2 812 900 ha = 28 129 km2
Localisation
Districts de la province de Sivas
Districts de la province de Sivas

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Sivas

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Sivas
Liens
Site de la mairie http://www.sivas.bel.tr
Site de la province http://www.sivas.gov.tr
Sources
« Index Mundi/Turquie »

Sivas (anciennement Sébaste ou Sébastée ; en kurde Sêwas; en grec Σεβάστεια, en arménien Սեբաստիա) est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom. La ville comptait 296 402 habitants au recensement de 2007. Ville du nord-est de la Cappadoce et autrefois située en Arménie occidentale, construite dans la vallée du Kızılırmak (l'ancien Halys), Sivas est située sur la route ouest-est entre Charsianon et Colonée du Pont, à la jonction avec une route nord-sud menant à Malatya (l'ancienne Mélitène). Le Berger d'Anatolie (kangal) est une race de chiens originaires de Sivas.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les quarante martyrs[modifier | modifier le code]

Dans la tradition hagiographique byzantine, Sébastée est le lieu de supplice des Quarante Martyrs : soldats de la Legio XII Fulminata, sous Licinius en 324, ils furent condamnés pour leur foi chrétienne à rester nus la nuit dans un lac gelé où ils moururent de froid. L’épisode rapporté par Basile le Grand (PG 31, 508-40), et localisé par Éphrem le Syrien à Sébastée, acquit une grande popularité, et influença les légendes hagiographiques similaires des Cinq Martyrs de Sébastée et des Quarante-Deux Martyrs d’Amorion. Le thème connut également une riche tradition iconographique (ivoires, mosaïques, fresques).

Article détaillé : quarante martyrs de Sébaste.

Une ville byzantine[modifier | modifier le code]

Sébastée est la capitale de la province d'Arménie et de sa métropole ecclésiastique vers 400. Fortifiée par Justinien, elle est détruite par Chosroès Ier en 575, et attaquée par les Arabes au VIIe siècle.

D’abord ville du thème des Arméniaques, elle est élevée au rang de cleisourie par Léon VI le Sage avant 908, puis à celui de thème avant 911, avec un territoire s’étendant vers la frontière orientale jusqu’à Téphriké et Mélitène, mais qui est réduit par la suite au Xe siècle. Une importante immigration arménienne transforme progressivement Sébastée, qui devient un évêché de l’église arménienne en 986. Basile II la concède en 1019 au prince arménien Sénachérim Arcruni, ancien archonte du Vaspourakan, dont les successeurs continuent d’administrer la ville pour le compte de l’Empire.

En 1059, la ville est prise une première fois par les Turcs qui la trouvent dépourvue de remparts. Les princes arméniens en retrouvent rapidement le contrôle, et bénéficient de l’aide de l'empereur byzantin Romain IV en deux occasions pour repousser les Turcs en 1068 et 1069. Manuel Comnène, fils du curopalate Jean Comnène, y subit en revanche, dans les environs, une très lourde défaite en 1070.

Les relations entre Grecs et Arméniens dans la ville sont très mauvaises lorsque Romain IV y passe lors de la campagne de Mantzikert. L’épisode rapporté par Mathieu d’Édesse selon lequel l’empereur aurait fait massacrer par ses troupes les Arméniens de la ville pour les punir d’avoir collaboré avec les Turcs paraît peu crédible. Malgré la défaite de 1071, la ville reste sous contrôle arménien jusqu’en 1078 au moins (jusqu’en 1074 sous domination nominale byzantine), mais elle est conquise par les Danichmendides entre 1085 et 1092, et échappe définitivement au contrôle byzantin.

Sivas, ville ottomane[modifier | modifier le code]

En 1174, la ville est conquise par le sultan seldjouke Kılıç Arslan II et devient la capitale de l'empire. La ville était alors un centre de commerce et de culture. Elle possédait plusieurs medresas qui servaient de lieu de transmission du savoir aussi bien religieux que scientifique.

Le sultan ottoman Bayezid Ier capture la ville en 1398. Elle sera perdue au profit de Tamerlan en 1400 mais récupérée huit ans plus tard. Jusqu'au XIXe siècle, elle sera la capitale de la province de Rum.

Sivas à l'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Durant le génocide arménien de 1915-1916 qui fut le théâtre de massacres et de déportations au sein de l'Empire ottoman, de nombreux convois de déportés partirent de Sivas en direction du sud vers les camps de concentration de Kangal, Malatya ou les déserts de Syrie et de Mésopotamie[1],[2].

Bâtiment dans lequel eut lieu le Congrès de Sivas

Le Congrès de Sivas qui jeta les fondations de la République turque, s’y tint du 4 au 11 septembre 1919[3].

Le 2 juillet 1993, l’hôtel Madımak qui accueillait une conférence culturelle alévie fut incendié lors d'une manifestation[4] menée par des fondamentalistes sunnites. La fureur de la foule avait été déclenchée par la présence de l’écrivain Aziz Nesin, traducteur en turc des Versets sataniques de Salman Rushdie et connu pour son athéisme et ses propos anti-islamiques. L’incendie fit 36 victimes, principalement des intellectuels alévis de gauche, dont l’aşık Muhlis Akarsu, un anthropologue néerlandais et Hasret Gültekin.

Article détaillé : Massacre de Sivas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Carzou, Un Génocide exemplaire, Arménie 1915, Flammarion, 1975 (ISBN 2-08-060814-2), troisième partie : « 1915 : la solution finale », chapitre 2 : « « De regrettables abus » », section « Sivas » [lire en ligne sur imprescriptible.fr].
  2. Raymond Haroutioun Kévorkian, Le Génocide des Arméniens, Odile Jacob, Paris, 2006 (ISBN 2-7381-1830-5), p. 540-575
  3. Le Petit Futé Turquie, édition 2007-2008, p.51 (ISBN 978-2-7469-1806-1)
  4. Les (...) affaires opposant liberté de création et Islam sur le site du journal belge La Libre

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Oxford Dictionary of Byzantium, s. v. Sebasteia, vol. 3, 799-800 et 1861-1862 ;
  • Tabula Imperii Byzantini, vol. 2, 274-276.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]