Autoritarisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le terme autoritarisme peut désigner aussi bien un comportement que le mode de fonctionnement d'une structure politique. L'autoritarisme consiste dans les deux cas en une prééminence, une hypertrophie de l'autorité érigée en valeur suprême. Si certains chercheurs et professeurs en science politique définissent l'autoritarisme comme un des trois grands types de systèmes politiques avec la démocratie et le totalitarisme, beaucoup d'autres considèrent cette classification comme trop formelle et ne correspondant pas à la réalité[1]. Un régime politique autoritaire est un régime politique qui par divers moyens (propagande, encadrement de la population, répression) cherche la soumission et l'obéissance de la société.

Personnalité autoritaire[modifier | modifier le code]

Une personnalité autoritaire se caractérise par une dérive de l'autorité vers une tentative de domination d'autres personnes. La psychologie s'intéresse généralement à cette question sous l'angle de la soumission à l'autorité mise en perspective par l'Expérience de Milgram ou de la domination (Theodor Adorno).

Concept politique[modifier | modifier le code]

La valorisation de l'autorité amène à une absence de pluralisme : le souverain, le parti ou l'organisation dirigeante est le seul détenteur de tous les pouvoirs. Les différents pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire sont entremêlés et ne sont pas indépendants. Dans le cas où un seul homme détient le pouvoir, on qualifie le régime d'autocratique et l'on assiste ordinairement au développement d'un culte de la personnalité, caractéristique de nombreuses dictatures ou totalitarismes[réf. nécessaire].

D'autres aspects peuvent être présents comme :

  • l'absence de contrôle des pouvoirs
  • l'absence de légitimité, du principe de souveraineté nationale : le peuple n'a pas le droit de vote, ou le système électif rend les votes sans objet.
  • la restriction des libertés individuelles

Exemples de régimes autoritaires[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Rapport aux autres systèmes et régimes politiques[modifier | modifier le code]

Rapport à la démocratie et au parlementarisme[modifier | modifier le code]

Les régimes autoritaires ne présentent que rarement des caractéristiques démocratiques. Ils s'opposent profondément au parlementarisme et prospèrent généralement sur la perte de crédibilité de ce système politique. Ni la population dans son ensemble ni une de ses composantes ne peut destituer le pouvoir en place, le critiquer ou exiger de lui une décision favorable à l'ensemble du peuple.

En conséquence, les citoyens (ou sujets) de ces régimes disposent généralement de moins de droits que ceux des régimes démocratiques.

Rapport au totalitarisme[modifier | modifier le code]

D'après Juan José Linz (en)[3], les régimes non démocratiques (ou autoritaires) ne sont rattachables ni aux régimes démocratiques, ni aux régimes totalitaires.

La comparaison avec un régime totalitaire est facile, néanmoins il existe des nuances entre ces deux types de régimes. L'autoritarisme est plus général. Un régime dictatorial se veut autoritaire mais ce dernier peut ne pas être une dictature au sens propre. Tout comme il peut ne pas être totalitaire.

Cela se voit souvent, par exemple, lorsqu'une ethnie minoritaire prend pouvoir dans un pays et qu'elle exerce des lois que doivent suivre la majorité n'étant pas au pouvoir. Ainsi ces lois devront encadrer toutes les sphères d'activités de manière à soumettre la population.

Ainsi :

– le totalitarisme se veut autoritaire sur l'ensemble de la population ;
– la dictature se veut autoritaire de manière à « unifier le chef, l'État et le peuple », sous le bon vouloir du chef d'État, suivant ses caprices.

Notons que la principale différence entre un régime totalitaire et un régime autoritaire c'est que dans ce dernier on ne trouve aucune trace de la volonté des gouvernants d'obliger les citoyens à adhérer à une idéologie.

Rapport à la théocratie et à la religion[modifier | modifier le code]

Les régimes autoritaires s'appuient parfois sur la religion pour justifier leur légitimité. On peut généralement considérer les théocraties, même autoproclamées « démocratiques » (Iran ou Florence de Savonarole), comme des exemples d'autoritarisme puisque l'autorité religieuse, au sommet de la hiérarchie politique, ne peut être contestée.

Rapport à l'anarchisme[modifier | modifier le code]

Autoritarisme et anarchisme s'opposent sur leur présupposé fondamental, le premier érigeant l'autorité en valeur suprême et le second rejetant toute autorité[4]. Les anarchistes ont donc généralement tendance à utiliser le terme d'autoritarisme à l'égard de leurs adversaires dans un sens infamant.

Possibilité de transition démocratique[modifier | modifier le code]

Les régimes autoritaires ont souvent été associés à un état particulier de la société ou, plus exactement, aux sociétés fermées. Cette analyse a amené à croire que l'ouverture au marché et aux échanges économiques, en apportant avec elles les idées et l'image du mode de vie des sociétés démocratiques permettrait une transition démocratique « douce ».

Néanmoins, l'exemple de la Chine et de sa non-démocratisation, malgré les pressions diplomatiques et son adoption de l'économie de marché, semble aujourd'hui remettre profondément en question ce point de vue[5]. Ainsi, de plus en plus de responsables politiques et d'universitaires considèrent cette transition comme un mythe bien que la question reste très débattue.

Comparaison avec Totalitarisme[modifier | modifier le code]

Paul C. Sondrol, professeur à l'Université du Colorado à Colorado Springs a recherché les caractéristiques des dictateurs totalitaires et des dictateurs autoritaires. Le tableau ci-dessous resume ses conclusions[6] :

Totalitarisme Autoritarisme
Charisme Haut Bas
Conception de rôle Chef comme fonction Chef comme individuel
Pouvoir Public Privé
Corruption Bas Haut
Idéologie officielle Oui Non
Pluralisme limité Non Oui
Légitimité Oui Non

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le totalitarisme en question par Stéfanie Prezioso, Jean-François Fayet, Gianni Haver ; 50 fiches pour comprendre la science politique par Frédéric Lambert, Sandrine Lefranc
  2. http://www.institut-gouvernance.org/fr/analyse/fiche-analyse-171.html
  3. Juan Linz, Totalitarian and Authoritarian Regimes, Rienner, 2000
  4. Sébastien Faure, Encyclopédie anarchiste, Paris, La Librairie Internationale
  5. Le Mythe de la transition démocratique par Mathieu Timmerman
  6. DOI:10.1017/S0022216X00015868

Articles connexes[modifier | modifier le code]