Sandjak de Novipazar

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Sandjak de Novipazar
Sandžak (bs)
Санџак (sr)
Blason (héraldique) des musulmans du Sandjak
Blason (héraldique) des musulmans du Sandjak
Sandjak de Novipazar
Image illustrative de l'article Sandjak de Novipazar
Administration
Démographie
Population 390 727 hab. (2011)
Densité 45 hab./km2
Langue(s) Bosnien, serbe, monténégrin, albanais
Géographie
Superficie 8 686 km2

La Sandjak de Novipazar est un ancien territoire de l’Empire ottoman situé à cheval sur les actuelles Serbie et Monténégro, voisin de la Bosnie-Herzégovine au nord-ouest et du Kosovo au sud-est, aujourd’hui appelé Sandžak (Sandjak de Novipazar en français) par les musulmans et parfois centralna Raška / централна Рашка par les chrétiens (Rascie centrale en français).

Au départ, le terme turc Sancak (jadis transcrit « Sandjak » en français) désigne une circonscription administrative ottomane, transcrite Sandžak en serbo-croate (Санџак en caractères cyrilliques).

Restée miraculeusement à l’écart des guerres des années 1990, la région a accueilli sans discrimination des réfugiés de Bosnie et plus tard, ceux du Kosovo, albanais, serbes et Roms. Cela a fait augmenter la proportion de musulmans dans la région.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de Sandjak signifie en turc « drapeau », « bannière », « étendard », et est équivalent à la liwa arabe. C’est le sultan Mourad III (1574-1595) qui décida d’utiliser ce terme pour désigner les divisions administratives au sein de l’Empire Ottoman[1]. En 1906, la Rascie (Raška), qui était le nom de la région avant la conquête turque, change de nom car le sultan voulait éliminer ce terme en réaction aux visées de la Serbie sur ce territoire. Il désigne alors cette région sous le terme de Sandjak de Novipazar. Aujourd’hui, elle est divisée entre le Monténégro et la Serbie, mais les Serbes l’appellent toujours Raška.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, la région était le cœur de l’État serbe de Rascie. Elle fut conquise par le Royaume de Bosnie au XIVe siècle et ensuite par l'Empire ottoman au XVe siècle. L'histoire du Sandjak de Novipazar se confond avec celles des territoires environnants jusqu'en 1878, lorsque le Congrès de Berlin autorise l'Autriche-Hongrie à occuper et administrer ce territoire ottoman en même temps que la Bosnie-Herzégovine. À cette occasion, la région fut détachée du vilayet de Bosnie, désormais occupé par l’Autriche-Hongrie, pour être rattachée à celui du Kosovo. Cette bande de terre maintenue sous tutelle ottomane mais sous occupation austro-hongroise séparait ainsi la Serbie et le Monténégro alors désireux de s’unir dans un seul état, et jouait un rôle stratégique essentiel en joignant d'ouest en est l’Empire austro-hongrois et l’Empire ottoman alors alliés. Les Autrichiens y tinrent garnison jusqu’en 1909.

En 1908, l’Autriche-Hongrie annexe la Bosnie-Herzégovine, mais évacue le Sandjak, rendu à l'administration turque. En 1912, à l’issue de la Première Guerre balkanique, la Serbie et le Monténégro se partagent le territoire, à parts égales. La frontière alors dessinée est toujours celle d’aujourd’hui entre ces deux pays. Au titre de la Serbie et du Monténégro, le Sandjak a fait partie du royaume des Serbes, Croates et Slovènes (1918-1929), du royaume de Yougoslavie (1929-1941), de la République fédérative socialiste de Yougoslavie (1945-1992) puis de la République fédérale de Yougoslavie (1992-2003) devenue Communauté d’États Serbie-et-Monténégro (2003-2006), tandis qu’entre 1941 et 1943 il a été occupé par les Italiens dans la partie monténégrine, et par les Allemands dans la partie serbe ; en 1943 et 1944 il a été le théâtre de durs combats entre la Wehrmacht, les résistants Tchetniks et les partisans communistes (chacun de ces groupes, combattant contre les deux autres à la fois)[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Sandjak est une région de montagnes et de plateaux karstiques qui s’étend de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine jusqu'au Kosovo sur une surface de 8 686 km2. À l’est, le plateau de Peštera est un des plus grands plateaux de la péninsule balkanique. Il a une altitude de 900 à 1 200 mètres. On y trouve des grottes, en particulier Djalovica klissoura, sur le versant occidental, longue de près de 11 km. Les zones de plus faible altitude sont situées le long de la rivière Raška, affluent de l’Ibar ou du Lim, rivière qui se jette dans la Drina en Bosnie. Le Sandjak est un espace de transition, un seuil aisément franchissable, qui a longtemps joué un rôle central dans les échanges transbalkaniques.

Outre Novi Pazar, les principales villes du Sandjak sont Prijepolje (34,51 % de Bosniaques, 52,60 % de Serbes), Priboj (14,04 % de Bosniaques, 75,85 % de Serbes), Tutin (90,00 % de Bosniaques, 3,49 % de Serbes), Sjenica (73,87 % de Bosniaques, 19,94 % de Serbes et Nova Varoš (4,73 % de Bosniaques, 89,54 % de Serbes).

Six municipalités (opština) du Sandjak sont en Serbie :

Six sont au Monténégro :

Population[modifier | modifier le code]

Le Sandjak de Novipazar était principalement peuplé de Slaves et d'Albanais de confession musulmane (52 %), ainsi que de minorités Monténégrines et Serbes de confession orthodoxe (48 %). Les Slaves musulmans de ce territoire sont appelés Sandjakis, parfois confondus avec les Gorans, la plupart ont émigré en Bosnie-Herzégovine lors des guerres de dislocation de l'ex-Yougoslavie.

Mis à part les Albanais qui résident à proximité du Kosovo, tous ont pour langue maternelle le BCMS jadis appelé serbo-croate. Malgré les différences ethniques, les musulmans et les chrétiens y vivent en paix, bien qu'en octobre 1991, avant la guerre de Bosnie-Herzégovine, des politiciens locaux aient organisé un "référendum" où auraient participé 70 % des inscrits, dont 98 % votèrent pour une autonomie du Sandjak, au risque de déclencher une guerre civile.

De nombreuses personnalités du Sandjak sont devenues des figures emblématiques dans la république voisine de Bosnie-Herzégovine, comme par exemple Ejup Ganić (ancien vice-président) ou le général Sefer Halilović.

Selon un recensement de la population en Serbie et Monténégro en 2011, 426 044 personnes vivent dans la région du Sandjak de Novipazar. Environ 60 % du Sandjak et de ses habitants vivent en Serbie, 40 % au Monténégro. Dans la partie serbe, la population se monte à 238 777 habitants alors que dans la partie monténégrine vivent 151 950 personnes.

Les principaux groupes ethniques se répartissent comme suit :

Groupes ethniques dans l'ensemble du Sandjak :

Groupes ethniques dans la partie serbe du Sandžak :

Groupes ethniques dans la partie monténégrine du Sandjak :

Les villes avec la part la plus importante de musulmans (Bosniaques et Musulmans) sont Novi Pazar (81,2 %), Tutin (94,08 %), Sjenica (78,54 %) et Rožaje (88,46 %).

Les villes avec la part la plus importante de Serbes sont Priboj (75,85 %), Nova Varoš (89,54 %) et Andrijevica (61,86 %).

L'identité des musulmans dans le Sandjak est divisée, certains se disent Bosniaques, d'autres Musulmans (comme nationalité) et certains: Serbes ou Monténégrins mais de religion musulmane.

Selon une estimation, il y aurait aujourd'hui environ 60 % de Bosniaques, 3 % d'Albanais, 12 % de Monténégrins et 15 % de Serbes.

Galerie de cartes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopédie Universalis 2008 article Sandžak
  2. Georges Castellan, Histoire des Balkans : XIVe-XXe siècle, Fayard, Paris, 1999, et Barbara Jelavich, History of the Balkans, Cambridge University Press, 1983.
  3. a, b et c Le terme Musulmans (nationalité) est le seul officiel en Serbie comme au Monténégro pour désigner ceux qui, en Bosnie-Herzégovine sont comptabilisés comme Bosniaques

Liens externes[modifier | modifier le code]