Processus de Bologne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Pour les autres significations, voir Bologne (homonymie).
Le logo du processus de Bologne

Le processus de Bologne est un processus de rapprochement des systèmes d'enseignement supérieur européens amorcé en 1998 et qui a conduit à la création en 2010 de l'Espace européen de l'enseignement supérieur, constitué d'une cinquantaine d'états. Cet espace concerne les états de l'Espace économique européen ainsi que la Turquie et la Fédération de Russie. L'enseignement supérieur africain et celui de l'ancienne Union soviétique a été aussi réformé en raison des liens historiques, politiques et linguistiques qui unissent certains pays avec leur zones d'influence. Amorcé en 1998 par la déclaration de la Sorbonne du 25 mai 1998, le processus de Bologne vise à faire de l'Europe un espace compétitif à l'échelle mondialisée de l'économie de la connaissance, l'espace européen de l'enseignement supérieur.

Objectifs[modifier | modifier le code]

Depuis la convention de Lisbonne en 1997, les objectifs du programme ont évolué. Deux phases principales ont été observées[1] : la première visant à poser les bases de l'espace européen de l'enseignement supérieur, à savoir harmoniser les systèmes nationaux en généralisant une division en trois cycles (graduate, post-graduate et doctorat), ce qui implique une reconnaissance réciproque des qualifications (basée notamment sur le système européen de transfert et d'accumulation de crédits, les ECTS ; la seconde, notamment depuis la déclaration de Londres en 2007, visant à mettre en place une politique d'assurance qualité tant des établissements que des formations.

Les objectifs d'éducation tout au long de la vie et de mobilités sont constamment rappelés[1].

Diverses déclarations, conventions ou communiqués impliquant des ministres d'états ont régulièrement défini ou rappelé les objectifs. Ces sommets se sont produits au moins une fois tous les deux ans.

Convention de Lisbonne (1997)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Convention de Lisbonne.

La convention sur la reconnaissance des qualifications relatives à l'enseignement supérieur dans la région européenne a été émise par le Conseil de l'Europe. Elle vise notamment à la reconnaissance des différents titres et grades pré-universitaires et universitaires permettant l'admission d'étudiants dans des systèmes d'enseignement supérieur étrangers. Elle engage aussi les parties à diffuser de l'information concernant leur système d'enseignement supérieur, notamment leurs établissements, en vue de la réalisation de classements internationaux[2].

Déclaration de la Sorbonne (1998)[modifier | modifier le code]

Lors de la célébration du 800e anniversaire de l'université de Paris, les ministres de français Claude Allègre, italien Luigi Berlinguer, britannique Tessa Blackstone et allemand Jürgen Rüttgers ont émis dans une déclaration posant les problématiques suivantes[3] :

  • la création d'un espace européen de l'enseignement supérieur ;
  • la mobilité des étudiants ;
  • l'éducation et la formation tout au long de la vie ;
  • la lisibilité (ou reconnaissance internationale) des cursus, basée sur le modèle anglo-saxon graduate et post-graduate;
  • la semestrialisation et l'utilisation des crédits ECTS ;
  • les formations pluridisciplinaires, linguistiques et relatives aux technologies de l'information.

Déclaration de Bolgone (1999)[modifier | modifier le code]

Lors de la conférence de Bologne en juin 1999, 29 pays signent un texte commun. La déclaration de Bologne du 19 juin 1999 [1] qui initie le processus éponyme, identifie six actions à mener :

  1. Mettre en place un système facilement compréhensible et comparable pour permettre une bonne lisibilité et faciliter la reconnaissance internationale des diplômes et qualifications.
  2. Organiser les formations sur un premier cycle destiné au marché du travail (de 3 ans au moins) et un deuxième cycle nécessitant l'achèvement du premier.
  3. Valider les formations par un système d'accumulation de crédits transférables entre établissements.
  4. Faciliter la mobilité des étudiants, des enseignants et des chercheurs.
  5. Coopérer en matière d'assurance de la qualité des enseignements.
  6. Donner une dimension véritablement européenne à l'enseignement supérieur.

Communiqué de Prague (2001)[modifier | modifier le code]

À la suite de la rencontre des universités de Salamanque en mars 2001 et à la conférence de Prague en mai 2001, 34 pays s'engagent. Les ministres ont adopté le Communiqué de Prague [2]

Conférence de Berlin (2003)[modifier | modifier le code]

À Berlin, les 16 et 17 septembre 2003, les ministres décident d'accélérer le processus et de l'étendre au cycle doctoral afin d'approfondir les liens entre l'espace européen de l'enseignement supérieur et celui de la recherche.

Trois objectifs impératifs sont fixés pour 2005 au sein du Communiqué de Berlin [3]:

  • mise en place d'un système en deux cycles,
  • délivrance gratuite et automatique d'un supplément au diplôme,
  • démarrage de la mise en place d'un système d’assurance de la qualité.

Déclaration de Bergen (2005)[modifier | modifier le code]

À Bergen a été signé un nouveau communiqué en mai 2005 : [4]

Les avancées recherchées ont été listées comme les suivantes:

  • mise en œuvre des références et des lignes d'orientation pour la garantie de la qualité comme le propose le rapport de l'ENQA;
  • la mise en œuvre des cadres nationaux de qualifications;
  • la délivrance et la reconnaissance des diplômes conjoints, y compris au niveau doctoral;
  • la création d'opportunités pour des parcours flexibles de formation dans l'enseignement supérieur, y compris l'existence de dispositions pour la validation des acquis.

Déclaration de Londres (2007)[modifier | modifier le code]

La conférence ministérielle de Londres a eu lieu en mai 2007 à Londres, au Royaume-Uni. Elle a conduit au communiqué suivant : [5].

Le communiqué réaffirme l'intégration du doctorat comme troisième cycle d'études.

Déclaration de Louvain (2009)[modifier | modifier le code]

La conférence ministérielle organisée par les pays du Benelux a eu lieu en Belgique, les mardi 28 et mercredi 29 avril 2009.

  • Cette conférence ministérielle a abouti au communiqué suivant : [6]

Ce communiqué annonce la poursuite du processus de Bologne jusqu'en 2020 avec comme priorité la garantie de l'égalité des chances dans l'accès à un enseignement de qualité, l'augmentation de la participation à l'éducation et à la formation tout au long de la vie, la promotion des capacités d'intégration sur le marché du travail, la définition des résultats d'apprentissage et des missions d'enseignement centrés sur l'étudiant, l'association entre l'enseignement, la recherche et l'innovation, l'ouverture des établissements d'enseignement supérieur à la scène internationale, l'augmentation des possibilités de mobilité et de la qualité des programmes de mobilité, l'amélioration de la collecte des données, la création des outils multidimensionnels assurant la transparence, et la garantie du financement.

  • Un contre-sommet [7], rallié par de nombreux mouvements universitaires nationaux, des syndicats et des partis politiques, a été organisé entre Bruxelles et Louvain-la-Neuve. Il s'est tenu du 25 au 29 avril.
  • Cette conférence fut aussi l'occasion de lancer le premier Forum politique de Bologne le 26 avril qui a réuni des représentants de haut-niveau des États membres mais aussi provenant de l’Australie, du Brésil, du Canada, de la Chine, de l'Égypte, de l'Éthiopie, d’Israël, du Japon, du Kazakhstan, du Kirghizstan, du Mexique, du Maroc, de la Nouvelle-Zélande, de la Tunisie, des États-Unis, ainsi que de l’Association internationale des universités. La déclaration adoptée à l’issue de la réunion souligne l’importance de développer une coopération sur un large éventail de questions politiques.

Conférence de Budapest et Vienne (2010)[modifier | modifier le code]

La conférence ministérielle organisée par l'Autriche et la Hongrie a eu lieu, les 11 et 12 mars 2010 à Budapest et Vienne et célèbre les 10 ans du processus de Bologne.

La déclaration finale annonce la création de l'Espace européen de l'enseignement supérieur

Conférence de Bucarest (2012)[modifier | modifier le code]

La 8e conférence ministérielle et le 3e forum politique du processus de Bologne a eu lieu les 26 et 27 avril 2012 à Bucarest en Roumanie.


Acteurs institutionnels[modifier | modifier le code]

L'enseignement supérieur n'est pas géré de manière centralisée, il reste une prérogative des gouvernements des états membres du processus de Bologne. Cependant la nature des acteurs s'est diversifiée, avec l'implication plus forte de la Commission européenne et des établissements d'enseignement supérieur[1]. Les organisations suivantes sont également engagées dans la mise en place du processus : union des étudiants d’Europe, Association des universités européennes, EURASHE, EI, European Association for Quality Assurance in Higher Education, BusinessEurope ainsi que bien sûr le Conseil de l'Europe, la Commission européenne et l'UNESCO.

Gouvernements des pays engagés[modifier | modifier le code]

Bologna zone.svg

47 états sont actuellement engagés dans le processus. Il s'agit de l'ensemble des états du Conseil de l'Europe à l'exception de Monaco, de Saint-Marin, et du Kosovo qui lui n'est pas reconnu par certains états (la Fédération de Russie notamment).

Approches critiques et oppositions[modifier | modifier le code]

Pancarte dénonçant la "chasse aux ECTS à la manière de Pacman lors d'une manifestation étudiante à Vienne en 2009.

Les objectifs du processus de Bologne ont été présentés comme hautement politisés, au-delà des simples réformes liées à l'harmonisation de systèmes d'enseignement supérieur[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Christine Musselin, Eric Froment et Marie-Odile Ottenwaelter, « Le Processus de Bologne : quels enjeux européens ? », Revue internationale d’éducation de Sèvres, vol. 45,‎ septembre 2011, p. 99-110 (lire en ligne).
  2. « Convention sur la reconnaissance des qualifications relatives à l'enseignement supérieur dans la région européenne », sur conventions.coe.int,‎ 11 avril 1997 (consulté le 10 octobre 2014)
  3. « Déclaration de La Sorbonne : harmoniser l'architecture du système européen d'enseignement supérieur. »,‎ 25 mai 1998 (consulté le 10 octobre 2014).
  4. Saarinen Taina, « Brève histoire de la qualité dans la politique européenne de l'enseignement supérieur : analyse des discours sur la qualité et de leurs conséquences sur les changements de politique », Education et sociétés, vol. 2, no 24,‎ 2009, p. 79-92 (DOI 10.3917/es.024.0079, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Textes et documents[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Davidenkoff et Sylvain Kahn, Les universités sont-elles solubles dans la mondialisation?, éditions Hachette-Littératures, Paris, 2006 (en particulier : les chapitres 4, 5 et 6).
  • Franz Schultheis, Marta Roca i Escoda et Paul-Frantz Cousin (dir), Le cauchemar de Humboldt. Les réformes de l’enseignement supérieur européen, Raisons d’agir, coll. « Cours et Travaux », 2008.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]