Diyarbakır

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Diyarbakır
Diyarbakir, (ku) kurde : Amed
Murailles de la ville.
Murailles de la ville.
Administration
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Région Région de l'Anatolie du sud-est
Province Diyarbakır
District Région de l'Anatolie du sud-est
Maire
Mandat
Gültan Kışanak, BDP
2014-2019
Préfet Mustafa Cahit Kıraç
2013
Indicatif téléphonique international +(90)
Plaque minéralogique 21
Démographie
Population 855 389 hab.
Densité 56 hab./km2
Géographie
Coordonnées 37° 54′ 38″ N 40° 14′ 03″ E / 37.910651, 40.234251 ()37° 54′ 38″ Nord 40° 14′ 03″ Est / 37.910651, 40.234251 ()  
Superficie 1 516 200 ha = 15 162 km2
Localisation
Districts de la province de Diyarbakır
Districts de la province de Diyarbakır

Géolocalisation sur la carte : Turquie

Voir la carte administrative de Turquie
City locator 14.svg
Diyarbakır

Géolocalisation sur la carte : Turquie

Voir la carte topographique de Turquie
City locator 14.svg
Diyarbakır
Liens
Site de la mairie http://www.diyarbakir.bel.tr
Site de la province http://www.diyarbakir.gov.tr
Sources
« Index Mundi/Turquie »

Diyarbakır (en kurde Amed, en zazaki Derbekir, en syriaque ܐܡܝܕ Āmîḏ, en arménien Տիգրանակերտ Tigranakert) ou Diyarbakir en français, est une ville du sud-est de la Turquie de 855 389 habitants, préfecture de la province du même nom.

Les Kurdes constituant la majeure partie de la population de la ville[1],[2], la considèrent comme la capitale[3] du Kurdistan turc[4], dans le sud-est anatolien.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville est bâtie à côté de la vallée du Tigre[5].

La morphologie urbaine est à la fois dense et étalée, avec autour des remparts en basalte des maisonnettes à toit plat et des immeubles plus rares de 3 ou 4 étages[5], organisés autour de multiples venelles et cours.

Histoire[modifier | modifier le code]

Appelée Amida dans l'Antiquité, ce qui lui vaut son nom de Kara Amid, la « Noire Amida », elle fut la capitale du royaume araméen de Bet-Zamani à partir du XIIIe siècle av. J.-C., puis d'un royaume kurde appelé Cordyène ou Cardyène.

La région devint par la suite une province de l'Empire romain ; Amida était au IVe siècle la principale place-forte de Mésopotamie, dans la haute vallée du Tigre. Ammien Marcellin, au livre XIX[6], raconte en détail le siège et la prise d'Amida par les Perses de Sapor (25 juillet au 5 octobre 359)[7].

Amida fut un centre religieux lié au patriarcat syriaque-orthodoxe d'Antioche. De cette époque, jusqu'au génocide arménien de 1915, la région est fortement peuplée d'Arméniens.

La dynastie kurde des Marwanides dirigea la région de Diyarbakir du XIe au XIIe siècles. Après la bataille de Manzikert, la ville passa sous l'autorité des Turcs Oghouzes.

Elle fut disputée par les Houlagides et les Ayyoubides pendant plus d'un siècle avant d'être prise par les États turkmènes de Kara Koyunlu (le Mouton Noir), puis de Ak Koyunlu (le Mouton Blanc).

Diyarbakır fut intégrée à l'Empire ottoman en 1534. Elle est annexée à l'empire perse Séfévide sous Abbas Ier le Grand, en 1620, avant de repasser sous le contrôle de la Sublime Porte. Elle devint en 1864 le chef-lieu du vilayet de Diyarbekir.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, entre les mois de mai et juin 1915, dans le cadre du génocide arménien, la ville fut vidée de ses populations syriaque et arménienne sous le prétexte qu'elles étaient trop proches du front russe. Elles furent déportées vers les camps d'extermination[8] de Rasalayn puis du désert du Deir ez-Zor.

À la chute de l'Empire ottoman, la ville fut rapidement occupée par les troupes françaises, avant de revenir sous contrôle de la nouvelle République turque.

En 1956, les États-Unis installent une base militaire de l'OTAN à Diyarbakir, renommée Pirinçlik Air Base en 1970. Celle-ci abrite des radars anti-missiles, dont le AN/FPS-17 développé par le Laboratoire de Rome dans l'Etat de New-York. La base fut fermée, en même temps que des bases en Allemagne, en septembre 1997[9].

D'abord sous les effets de l'exode rural, puis en raison de réfugiés internes fuyant le conflit kurde, la population de Diyarbakir a explosé, passant de 30 000 dans les années 1930, à 65 000 en 1956, 140 000 en 1970, et 400 000 en 1990[10]. En 1997, sa population totale s'élevait à 641 616 habitants et 851 902 en 2008. Cette rapide augmentation démographique s'est accompagnée de constructions précaires (80 % insalubres[5]), les gecekondu, bâtis sans permis de construire et estimés à 4 000[5].

L'importance de la population kurde explique la présence récurrente de manifestations, voire d'émeutes pro-kurdes[réf. nécessaire] à Diyarbakir[1]. Le maire actuel, Osman Baydemir, est kurde et membre du Parti de la société démocratique.

Langues parlées[modifier | modifier le code]

Outre le turc, la majorité des habitants de la ville parlent le kurmandji, un dialecte du kurde. Cependant le zazaki est également parlé[11].

Sport[modifier | modifier le code]

football

handball

Patrimoine[modifier | modifier le code]

  • église arménienne Saint Cyriaque (Sourp Guiragos), restaurée en 2012[12].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Naissance à Diyarbakır.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b AFP, « L'armée turque affirme avoir tué 41 rebelles kurdes en Irak »,‎ 25 février 2008 (consulté le 10 avril 2008).
  2. Répartition des populations kurdes sur globalsecurity.org
  3. Voir par exemple : Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, « Situation humanitaire des réfugiés et des personnes déplacées kurdes dans le sud-est de la Turquie et le nord de l'Irak », 3 juin 1998, point 2.c.34.
  4. « Encyclopaedia Britannica en ligne : Diyarbakir » (consulté le 7 octobre 2008)
  5. a, b, c et d Xavier Debontride, « Diyarbakir veut réhabiliter ses bidonvilles », La Gazette, no 4 / 2110,‎ 23 janvier 2012, p. 36 - 37 (ISSN 0769-3508).
  6. Ammien Marcellin, Res gestae, XIX, 1-8.
  7. Ammien Marcellin, officier de la suite d'Ursicin, était dans Amida pendant le siège et put s'échapper à la faveur de la nuit au moment de la prise de la ville.
  8. Joël Kotek et Pierre Rigoulot, Le Siècle des camps: Détention, concentration, extermination: cent ans de mal radical, JC Lattes, 2000 (ISBN 2-7096-1884-2)
  9. DoD news release, no. 058-97, 6 février 1997.
  10. (en) McDowall, David, A Modern History of the Kurds, 3E,‎ 2004 (ISBN 9781850434160, lire en ligne), p. 403.
  11. http://www.institutkurde.org/publications/etude_kurdes/pdf/etud3.pdf Etudes Kurdes octobre 2001 - L'Harmattan
  12. Turquie : un clocher qui sonne à nouveau

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]