Nicolas de Myre

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Nicolas de Myre
Image illustrative de l'article Nicolas de Myre
Saint Nicolas
Naissance 270
Patara, Lycie
Décès 345  (75 ans)
Myre, Lycie
Vénéré par Chrétiens et Orthodoxes
Fête 6 décembre[1], célébrée en : Drapeau de l'Allemagne Allemagne, Drapeau de l'Autriche Autriche, Drapeau de la Belgique Belgique, Drapeau de la Croatie Croatie, Drapeau de la France France, Drapeau du Luxembourg Luxembourg, Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas, Drapeau de la Pologne Pologne, Drapeau de la République tchèque République tchèque, Roumanie Roumanie, Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni, Drapeau de la Slovaquie Slovaquie, Drapeau de la Suisse Suisse, Drapeau de la Bulgarie Bulgarie

Nicolas de Myre ou Nicolas de Bari (communément connu sous le nom de « Saint Nicolas ») né à Patara, en Lycie, autour des années 260, mort en 345 à Myre[2], est un évêque de l'Orient de l'Empire romain renommé pour sa charité et sa foi combative. La tradition affirme qu'il a participé au premier concile de Nicée.

Canonisé, il a été proclamé protecteur de nombreuses nations et de nombreux corps de métiers, il est un personnage populaire de l'hagiographie chrétienne.

Personnage historique[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Nicolas nait à Patara, en Lycie, aux alentours des années 260 au sein d'une famille riche chrétienne[h 1]. Ses parents, Epiphanius (Ἐπιφάνιος)(grec d'origine) et Johanna (Ἰωάννα) selon certains récits[Lesquels ?][3], Theophanes (Θεοφάνης) et Nonna (Νόννα) selon d'autres[4], meurent selon certaines versions[Lesquelles ?] lors d'une épidémie de peste alors qu'il a huit ans, et selon Claude Kévers-Pascalis, lorsqu'il a vingt ans[h 2]. Nicolas aurait été mis à l'orphelinat ou élevé par son oncle Nicolas, évêque de Myre, toujours en Lycie, située dans l'Anatolie du sud-ouest. Il donne généreusement pour défendre la justice et les déshérités ; il jette notamment par la fenêtre de la maison de son voisin ruiné trois sacs d'or afin de prévenir que ses filles entrent en prostitution[h 2].

Évêque de Myre[modifier | modifier le code]

Le successeur de l’oncle de saint Nicolas venant à mourir, il est désigné évêque de Myre autour de l'an 300[5]. Selon certaines versions[Lesquelles ?], son oncle l'ordonne lecteur puis prêtre à 19 ans avant de le nommer supérieur de son monastère appelé la Sainte-Sion[6]. Selon Kévers-Pascalis, il n'est pas prêtre au moment où il est désigné évêque[h 2].

En 311, il convainc un commandant de navires de transports de grains de l'empire romain d'illégalement céder à Myre une partie de son chargement afin de protéger la population de la famine[h 2].

Il est incarcéré avec le reste de la population chrétienne par Maximin-Daïa, gouverneur d'Égypte en campagne contre Licinius, gouverneur de Lycie[h 2].

Il est présent au Ier concile de Nicée en 325[7]. L'évêque Nicolas lutte en particulier contre l'arianisme[h 3].

Trois grands évènements sont encore à noter : il sauve trois jeunes gens accusés par un juge corrompu d'avoir organisé une émeute à Andriake ; il arrache notamment l'épée du bureau et exige la reprise du procès, où sa plaidoirie les innocenta[h 3] ; il obtient une baisse des impôts de Myre suite à une audience auprès de l'empereur Constantin à Constantinople[h 3] ; enfin, lors de cette même visite à Constantin, il innocente les officiers Népotien, Erpilion et Ursus, accusés à tord de complot contre Constantin[h 3].

Un an avant sa mort, il fait détruire le temple d'Artemis de Myre[h 3].

Reliques[modifier | modifier le code]

Ses ossements sont conservés dans une église de Myre en Lycie jusqu'au XIe siècle. Selon la légende, ils ont la particularité de suinter une huile sacrée. Cette manne est connue dans l'Europe du Moyen Âge. Cette célébrité attire soixante-deux marins venus de Bari, qui volent et ramènent ses reliques (certains auteurs prétendent qu'ils se sont trompés de reliques[8]) le 9 mai 1087 en terre chrétienne à Bari. Une basilique lui est spécialement construite entre 1089 et 1197. Une importante relique arrive en Lorraine, dès 1090, et deviendra dès lors un objet de pèlerinage majeur avec la traditionnelle procession en la Basilique de Saint-Nicolas-de-Port.

Quelques fragments de la relique furent également cédés à la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg durant la Renaissance. En effet, vers 1420, l'abbé Pierre d'Affry obtint l'autorisation d'emporter quelques fragments du saint à l'abbaye cistercienne de Hauterive. L'église de Fribourg pour obtenir le transfert de ces précieuses reliques dut demander l'aide de l'avoyer et du Conseil de la ville. "Ils eurent recours à l'autorité du pape Jules II. Une bulle pontificale du 2 juillet 1505 accordait ces reliques à Fribourg. Le transfert se fit le 9 mai 1506."[9]

Culte[modifier | modifier le code]

Hagiographie[modifier | modifier le code]

Nicolas selon la légende se serait tenu le jour de son baptême tout seul debout, bien droit sur ses jambes, pour recevoir l'eau bénite, son tout premier miracle[5].

Selon Émile Mâle, le sauvetage des trois officiers de Constantin Ier est mal interprété par les chrétiens, notamment en raison de l'iconographie byzantine qui représente le saint disproportionnellement grand par rapport aux autres hommes ; ceux-ci sont alors pris pour des enfants. Cela donne naissance à la légende de la résurrection par le saint de trois enfants, précédemment tués et découpés en morceaux par un boucher, la tour de prison devenant un saloir[10].

Il sauve également de la tempête les marins d'un bateau portant une cargaison de blé pour la ville de Myre.

Patronage[modifier | modifier le code]

Plaque invoquant saint Nicolas fixée sur la croix érigée par les mariniers de Saint-Père-sur-Loire, avant le passage sur le pont menant sur l'autre rive, à Sully-sur-Loire.

Il est saint patron (c'est-à-dire modèle et protecteur) des Lorrains, des Russes, des Fribourgeois, des Ovillois, des écoliers, des étudiants, des enseignants, des marins, des hommes et femmes souffrant de stérilité, des célibataires, des vitriers, des bouchers, des voyageurs.

Suivant les régions, les notaires se placent sous la protection de saints différents parmi lesquels saint Lazare, saint Luc, sainte Catherine, mais le plus souvent saint Nicolas, saint Marc et saint Yves. De nos jours encore, c'est autour du 9 mai (Saint-Nicolas d'été) et du 6 décembre (Saint-Nicolas d'hiver) que se situent les principales assemblées de notaires. Sans doute cet évêque a-t-il été choisi par les notaires de Paris pour avoir doté trois jeunes filles pauvres en passe de devoir se prostituer pour subvenir à leurs besoins. À Paris, les avocats sont également placés sous sa protection, alors que les autres barreaux se placent sous celle de saint Yves.

Saint Nicolas est le patron (protecteur):


Fête de Saint-Nicolas[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Saint-Nicolas (fête).

Sa commémoration chrétienne le 6 décembre[1] est une fête très populaire dans bien des pays du monde. À la Saint-Nicolas, la tradition veut que les enfants qui, durant toute l'année, ont été sages, reçoivent des friandises, de nature variable selon les régions, et des cadeaux. Ceux qui n'ont pas été sages se voient offrir un martinet par le père Fouettard, ce qui est rare, car il est possible de leur pardonner s'ils se repentent.


Afin de commémorer la dotation des trois jeunes filles, les enfants reçoivent une orange à la Saint-Nicolas, anciennement appelée pomme d'or.

La légende de saint Nicolas est à l'origine du personnage du Père Noël : les Hollandais exportèrent au XVIIe siècle la fête de Sint Niclaes ou Sinterclaes[11] à la Nouvelle-Amsterdam, où, par déformation, « Sinte(r)claes » devint « Santa Claus ».

  • Selon certaines traditions,
    • le père Fouettard qui accompagne saint Nicolas serait en fait le boucher de l'histoire. Pour lui faire regretter son méfait, Nicolas l'aurait condamné à l'accompagner lors de sa distribution de récompenses, en lui assignant la tâche de punir les enfants désobéissants.
    • Une morale de la comptine, peut-être plus tardive, mais plus heureuse, fait s'enfuir le boucher ; saint Nicolas l'interpelle et lui dit que s'il se repent, Dieu lui pardonnera.
    • Selon certains[réf. nécessaire], le père Fouettard est une invention des Messins lors du siège de leur ville par les Impériaux, en pleine période de festivité de la Saint-Nicolas en 1552 après la mise en place du protectorat français. De là leur serait venue l'idée de se moquer de l'assiégeant, Charles Quint, en le représentant sous les traits du boucher de la légende de saint Nicolas.

Belgique et Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Le 6 décembre en Belgique et le 5 décembre aux Pays-Bas, la fête de Saint-Nicolas est l'un des événements les plus importants de l'année pour les enfants. Saint-Nicolas défile dans les rues des grandes villes, sur le dos de son âne, accompagné du Père Fouettard, en distribuant des friandises et des speculoos aux enfants. Le jour où se déroule la fête les enfants se lèvent et découvrent, comme à Noël, un cadeau, des bonbons et des spéculoos en forme de Saint-Nicolas. Dans les écoles, il est fréquent que les élèves reçoivent soit un cadeau, soit un paquet de bonbons. Saint-Nicolas étant le patron des écoliers, chants, musiques et danses rythment la journée. En Belgique, certaines entreprises distribuent le 6 décembre un petit colis contenant speculoos, chocolat et mandarine à leur personnel.

Saint-Nicolas est une manifestation très vivante en Belgique et aux Pays-Bas, où elle est aussi importante que Noël. On constate un certain alignement de cette fête avec celle de Noël : ainsi par exemple, les cadeaux du matin du 6 décembre se trouvent parfois au pied d'un sapin de Noël. Une expression belge est lié au saint : « Au crépuscule lorsque les nuages et le ciel sont presque rouges, on dit aux enfants que Saint-Nicolas est en train de cuire ses spéculoos ».

France[modifier | modifier le code]

La fête de Saint-Nicolas le 6 décembre est, dans le Nord, en Alsace et en Lorraine une tradition très vivace. Les enfants des écoles reçoivent des oranges et une brioche en forme de bonhomme connue sous le nom de « mannele ».

Lorraine[modifier | modifier le code]

Basilique dédiée à Saint-Nicolas (Saint-Nicolas-de-Port)

En 1087 arrive en Lorraine une relique de saint Nicolas, sa dextre bénissante, soit une phalange de sa main droite. La relique est rapportée depuis Bari par le seigneur Aubert de Varangéville. Le bourg de Port, possession du sieur de Varangéville, devenu Saint-Nicolas-de-Port, possède une église dédiée au saint patron de la Lorraine dès 1093.

Vers 1230, le chevalier lorrain Cunon de Réchicourt ayant suivi l’empereur Frédéric II du Saint-Empire et fait prisonnier au cours de la sixième croisade, aurait prié saint Nicolas avant de s'endormir dans sa geôle. Le lendemain matin, il se serait réveillé, encore attaché, sur les marches de l'église ; ses chaînes seraient tombées d'elles-même durant l'office qu'il suivit alors.

Procession de la saint Nicolas le 6 décembre

Depuis, chaque année, le samedi le plus proche de la fête de Saint-Nicolas, a lieu une procession en mémoire de ce « miracle ».

En 1429, avant de quitter son pays pour rejoindre la France, Jeanne d'Arc viendra se recueillir devant la relique du saint.

À la fin du XVe siècle, en action de grâce envers le saint protecteur de ses états pour avoir sauvé son duché de Lorraine des griffes du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, qui avait même trouvé la mort lors de la Bataille de Nancy le 5 janvier 1477, le duc René II, fit reconstruire l'église du bourg de Saint-Nicolas-de-Port qui était déjà dédiée au saint évêque. Dès 1481 débutèrent les travaux et qu'une basilique d'un majestueux gothique flamboyant remplaça les églises précédentes.

En 1622, le duc Henri II de Lorraine obtient du pape Grégoire XV l'érection d'une église pour ses sujets résidant à Rome. Cette élégante église baroque sise près de la place Navone est logiquement dédié au saint protecteur de la « nation Lorraine » et se nomme église Saint-Nicolas-des-Lorrains.

Plus largement, dans chaque ville ou village de Lorraine défile un corso en l'honneur de Saint-Nicolas.

Saint-Nicolas visite les maisons dans la nuit du 5 au 6 décembre, souvent accompagné de son âne, et gratifie les enfants sages de friandises et de cadeaux, les enfants moins sages ont souvent droit à une démonstration de miséricorde.

En Lorraine germanophone, Saint-Nicolas (Sankt-Niklaus) est accompagné selon la tradition de son assistant Rupelz ou Rüpelz, équivalent du père Fouettard.

Image de Saint-Nicolas dans la chrétienté[modifier | modifier le code]

Marcel Thiriet avance que Saint Nicolas est le saint ayant la plus grande iconographie[12].

Peinture italienne du Trecento au Cinquecento[modifier | modifier le code]

Lorraine[modifier | modifier le code]

Art populaire[modifier | modifier le code]

Lithographie de Hansi avec saint Nicolas


Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • La légende des trois petits enfants du saloir est souvent jouée dans les mystères au Moyen Âge.
  • Jochen Gerner dessine saint Nicolas dans sa bande-dessinée documentaire Le saint patron, L'Association, coll. Ciboulette, 2004.
  • Le Théâtre de Pérolles à Fribourg (Suisse) a créé en 2010 une pièce de Julien Chavaz avec Jean Winiger consacrée à la Tradition de la Saint-Nicolas à Fribourg: Saint Nicolas est amoureux.
  • Le film néerlandais Sint décrit un saint Nicolas tueur d'enfants. Ce film provoque une polémique à sa sortie en décembre 2010.
  • L'évêque Nicolas de Myre tient un rôle important dans le deuxième tome de la trilogie Capucin (2007) de Florence Dupré La Tour. En dépit d'une apparence inquiétante (robe noire, voix glaciale et peau violacée), il reste un personnage positif et on le voit ressusciter les trois petits enfants de sa légende.
  • Une lithographie de Jean-Jacques Waltz, alias Hansi ou Oncle Hansi (1873-1951) illustre le passage de saint Nicolas à Colmar (Haut-Rhin) devant la Maison des Têtes et devant la charcuterie des frères Fincker (1938).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Kevers-Pascalis, « Saint Nicolas personnage historique », dans Musée Lorrain, Saint Nicolas et les Lorrains, entre histoire & légende, Editions serpenoise,‎ 2005 (ISBN 2-87692-682-2)
  1. Kevers-Pascalis 2005, p. 23
  2. a, b, c, d et e Kevers-Pascalis 2005, p. 24
  3. a, b, c, d et e Kevers-Pascalis 2005, p. 26
  • Autres références
  1. a et b (qui tombe actuellement le 19 décembre dans les pays qui utilisent le comput julien pour les fêtes religieuses)
  2. Date de naissance et de mort fixées officiellement par l'Église mais incertaines, une grande partie de sa vie étant légendaire.
  3. (en) Gioia Lanzi, Saints and their symbols : recognizing saints in art and in popular images, Liturgical Press,‎ 2004 (ISBN 0-8146-2970-9), p. 111
  4. (en) Ace Collins, Stories Behind Men of Faith, Zondervan,‎ 2009 (ISBN 0-310-56456-5, lire en ligne), p. 121
  5. a et b Jacques de Voragine, La Légende dorée, éd. Perrin et Cie, 1910, p. 19
  6. Saint Nicolas : vie, miracles, légendes
  7. (en) Leo Donald Davis, The First Seven Ecumenical Councils (325-787) Their History and Theology, Liturgical Press,‎ 1990 (ISBN 0-8146-5616-1), p. 58
  8. Franck Ferrand, émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 21 décembre 2012
  9. La Liberté, no du 5 janvier 2013, Fribourg.
  10. Émile Mâle, L'art religieux du XIIe siècle en France: étude sur les origines de l'iconographie du moyen âge, Armand Colin,‎ 1922, 459 p.
  11. on prononce /-ɑːs/ ou /-ɒːs/, et aujourd'hui l'on écrit Sinterklaas
  12. Claude 2005, p. 31

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]