Orhan Pamuk
Orhan Pamuk
Orhan Pamuk à New York en 2009.
| Activités | Romancier Essayiste |
|---|---|
| Naissance | 16 juin 1952 (60 ans) Istanbul, |
| Langue d'écriture | turc |
| Genres | Essai Autobiographie Roman |
| Distinctions | Prix Nobel de littérature 2006 |
Orhan Pamuk, de son vrai nom Ferit Orhan Pamuk, est un écrivain turc né le 7 juin 1952 à Istanbul. Ses romans ont rencontré un énorme succès dans son pays et dans le monde, où ils se sont vendus à plus de onze millions d'exemplaires, ce qui fait de lui l'écrivain turc le plus vendu dans le monde. Ils sont traduits en plus de 60 langues. L'auteur a remporté trois grands prix littéraires en Turquie, le prix France-Culture en 1995, le prix du meilleur livre étranger du New York Times en 2004, le prix des libraires allemands le 22 juin 2005 et le prix Médicis étranger pour Neige le 7 novembre 2005. En 2006, Pamuk, sélectionné par Time magazine comme l'une des 100 personnalités les plus influentes du monde. Il enseigne l'écriture et la littérature comparée à l'université Columbia. Il a été, avec José Saramago, à l'origine du Parlement européen des écrivains (European Writer's Parliament) qui s'est tenu à Istanbul en novembre 2010.
Le 12 octobre 2006, il a obtenu le prix Nobel de littérature, devenant ainsi le premier et unique Turc à recevoir cette distinction.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Orhan Pamuk est né à Istanbul, le 7 juin 1952. Il vient d'un milieu relativement aisé, cultivé et francophile mais sur le déclin, ce qu'il décrit dans ses romans Cevdet Bey et ses fils et Le Livre noir puis dans son autobiographie Istanbul, souvenirs d'une ville. Il grandit dans le quartier de Nişantaşı, dans l'immeuble familial du même nom que sa famille. Il étudie trois années l'architecture dans une université stanbouliote mais décide d'abandonner ce cursus pour suivre une formation de journaliste. Une fois son diplôme obtenu, il s'enferme des journées entières dans l'appartement familial pour écrire. Il habite chez sa mère huit années (de 22 à 30 ans), alors qu'il rédige ses premiers textes et attend la réponse d'un éditeur. Il écrit tout d'abord des nouvelles dont l'une est publiée en 1979. Trois ans plus tard, il se marie avec Aylin Turegenen, une historienne avec laquelle il a une fille, Rüya (ce qui signifie « rêve » en turc), née en 1991. Pendant que son épouse finit ses études à l'Université Columbia, Pamuk est invité à y être boursier. Il utilise alors le temps qui lui est imparti pour conduire ses recherches et écrire son roman Le Livre noir dans la bibliothèque de l'université, à savoir la fameuse Butler Library. Il passe trois années à New York, entre 1985 et 1988. Revenu à Istanbul avec sa femme, il s'installe dans un appartement surplombant le détroit du Bosphore et se consacre plus de dix heures par jour à écrire[1]. Le couple se sépare en 2001. En 2006, Orhan revient aux États-Unis occuper un poste de professeur à l'université Columbia. Pendant l'année 2007-2008 (année académique), Pamuk enseigne parallèlement la littérature comparée avec Andreas Huyssen et David Damrosch, devient écrivain-résident au Bard College.
L'auteur se décrit comme quelqu'un de culture musulmane qui associe la religion à une identification culturelle et historique, quoique n'ayant aucune connexion personnelle avec Dieu.
Le premier roman de Pamuk, Cevdet Bey et ses fils (Cevdet Bey ve Oğulları, 1982), trouve difficilement un éditeur, mais rencontre des critiques favorables lors de sa parution et se voit attribuer plusieurs prix littéraires en Turquie.
Pamuk a effectué plusieurs autres longs séjours aux États-Unis en qualité d'auteur invité, notamment à l'Université de l'Iowa.
L'auteur est considéré comme un contestataire dans son pays. Il a été le premier écrivain du monde musulman à condamner publiquement la fatwa islamique lancée contre Salman Rushdie en 1989. Il a également reconnu dans la presse en 2005 la culpabilité de la Turquie dans les massacres kurdes et le génocide arménien ce qui lui a valu des menaces de mort et une assignation à comparaître devant les tribunaux. Sous la pression internationale, les poursuites sont finalement abandonnées en 2006, année où il se voit décerner le prix Nobel de littérature.
Cette consécration est bientôt suivie par d'autres honneurs : en 2007, Pamuk est appelé à faire partie du jury du 60e Festival de Cannes présidé par Stephen Frears et l'Université Columbia l'accueille pour une année afin d'y donner des cours en littérature comparée.
Prix Nobel et autres prix [modifier]
Beaucoup de ses livres ont obtenu des prix (voir plus bas la rubrique romans).
Le jeudi 12 octobre 2006, l'Académie suédoise annonce que le prix Nobel de littérature 2006 a été décerné à Orhan Pamuk « qui, à la recherche de l'âme mélancolique de sa ville natale, a trouvé de nouvelles images spirituelles pour le combat et l'entrelacement des cultures » ainsi que le précise le communiqué du Secrétaire perpétuel de l'Académie[2].
En 1991, Pamuk remporte le prix de la Découverte européenne avec la traduction française de son roman La Maison du silence (Sessiz Ev), daté de 1983. En France, il obtient notamment le Prix du Meilleur livre étranger en 2002 pour Mon nom est rouge, le prix Médicis étranger en 2005 pour Neige.
Le 22 octobre 2005, à la Foire du livre de Francfort-sur-le-Main, le prestigieux Prix de la paix de l'Union des libraires allemands lui est décerné.
Le 4 mai 2007, Orhan Pamuk reçoit le titre de « docteur honoris causa de la Freie Universität Berlin »[3]. Il est considéré comme « un phénomène exceptionnel dans la littérature mondiale ». Orhan Pamuk doit reporter son voyage en Allemagne, en février 2007, suite aux menaces de nationalistes turcs consécutives à l'assassinat de Hrant Dink.
Le 17 mars 2009, Orhan Pamuk reçoit le titre de « docteur honoris causa de l'Université de Rouen ».
Mise en examen et menaces [modifier]
Au début 2005, Orhan Pamuk fait l’objet de menaces sérieuses contre sa vie, en admettant l’existence du génocide arménien lors d'une interview à un journal suisse. Lors de cet entretien, il déclare qu'entre 1915 et 1917, « un million d'Arméniens et 30 000 Kurdes ont été tués sur ces terres, mais personne d'autre que moi n'ose le dire ». Ces déclarations provoquent de vives réactions dans l'opinion publique turque et sont jugées contraires à l'intérêt national. Le sous-préfet de Sütçüler, région d’Isparta, ordonne la destruction de tous les livres de l'écrivain — rien ne semble avoir été détruit... faute d’ouvrages présents dans les librairies et les bibliothèques de la région ; une chaîne de télévision locale lance même un appel pour retrouver une jeune étudiante ayant déclaré avoir en sa possession un livre d’Orhan Pamuk.
En octobre 2005, il est mis en examen pour « insulte délibérée à l'identité turque » par une cour d'Istanbul, selon l'article 301 du code pénal. Il maintient cependant ses propos : « Mon but était de commencer une petite discussion sur ce tabou, parce qu'il est un obstacle pour notre entrée dans l'UE », déclare-t-il, en faisant allusion aux massacres d'Arméniens.
L'écrivain aurait dû comparaître en justice le 16 décembre 2005 (lors de l'audience préliminaire, il est frappé avec un dossier et des œufs sont lancés sur sa voiture). Il risque alors quatre ans de prison[4].
Lors d'une conférence de presse, qui montre qu'il bénéficie du franc soutien du monde des lettres, Orhan Pamuk plaide pour la liberté d'opinion et pour le respect des droits de l'homme en Turquie. Il a également « souhaité de tout cœur que la Turquie fasse partie de l'Union européenne ». Ce procès reporté au 7 février 2006 est symbolique d'une liberté d'expression sévèrement encadrée. Le commissaire européen à l'élargissement, Olli Rehn, avertit que « ce n'est pas Orhan Pamuk qui est jugé mais la Turquie ».
Les accusations sont finalement abandonnées le 22 janvier 2006.
Début février 2007, l'auteur aurait quitté la Turquie pour s'installer aux États-Unis après avoir renoncé à une importante tournée en Allemagne. Suite à l'assassinat de Hrant Dink, il reçoit en effet de nombreuses nouvelles menaces de la part des milieux nationalistes turcs[5].
Son œuvre littéraire [modifier]
Orhan Pamuk est bien l'écrivain de « l'âme mélancolique de sa ville natale » comme l'a expliqué l'Académie suédoise, mais il est aussi l'observateur d'une nation divisée et le conteur d'une Turquie tiraillée entre la tradition musulmane et le modèle occidental.
Son premier roman Cevdet Bey et ses fils, qui se veut une fresque dans la lignée des Buddenbrooks de Thomas Mann, traite de l'évolution d'une famille sur trois générations et de l'abandon par celle-ci d'un mode de vie traditionnel pour un style de vie plus occidental ; une expérience quasi-autobiographique selon les propos de l'auteur. La Maison du silence et Le Château blanc (Beyaz Kale, 1985) développent ce qui deviendra le thème central et l'indéniable marque de fabrique du romancier, à savoir le jeu sur le double et sur les identités multiples[6]. Le Château blanc, par ailleurs premier roman de Pamuk à être traduit en anglais, prend l'allure d'une fiction historique et conte la relation passionnée entre un esclave vénitien et un intellectuel turc au XVIIe siècle. Avec Le Livre noir (Kara Kitap, 1990), l'écrivain prend ostensiblement ses distances avec le réalisme social en vigueur dans la littérature turque et dévoile ses penchants pour le soufisme. Pamuk y transpose dans une Istanbul froide, hivernale et enneigée, son clone littéraire : un écrivain à la recherche de son épouse disparue et de son demi-frère avec lequel il finira par changer d'identité.
La Vie nouvelle (Yeni Hayat, 1994) et Mon nom est Rouge (Benim Adım Kırmızı, 2000) marquent une nouvelle étape dans la carrière du romancier qui délaisse le naturalisme des débuts pour utiliser des techniques littéraires post-modernes : récit éclaté, ruptures de construction, digressions verbales, adresses au lecteur... Mais c'est le roman Neige qui symbolise peut-être le plus sa mutation : tout en continuant ses recherches narratives et formelles, Pamuk situe sa fiction dans la Turquie contemporaine et investit pour la première fois le champ politique, abordant sans tabou les déchirures du pays : refoulement du passé, montée de l'intégrisme, croissance du nationalisme, inégalités sociales, problèmes économiques, questionnement sur la conformation au modèle occidental... Néanmoins, l'auteur cherche à rendre compte d'un contexte troublé sans pour autant prendre position, ni imposer de point de vue figé au lecteur.
Caractéristiques du style pamukien [modifier]
La prose de Pamuk est généralement très riche. Son écriture foisonne de détails et privilégie les descriptions sans pourtant chercher à lasser le lecteur. Ses derniers romans développent des procédés nouveaux (rupture de syntaxe, de rythme, décalages verbaux, annonces, prises de liberté par rapport à la ponctuation) et traduisent dans le type d'écriture même les tensions entre les traditions narratives de l'Orient et l'avant-garde occidentale.
Romans [modifier]
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- Les années indiquées sont celles de la parution française
Orhan Pamuk a écrit principalement 7 romans traduits en français, aux éditions Gallimard :
- La Maison du silence [1988], trad. du turc par Münevver Andaç, 408 pages, 140 x 205 mm. ISBN 2-07-071085-8.
- Le Livre noir [1995], trad. du turc par Münevver Andaç, 480 pages, 150 x 215 mm. (1994). ISBN 2-07-073262-2.
Le même ouvrage, 720 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 2897) (1996), Gallimard ISBN 2-07-040119-7.
- Le Château blanc [1996], trad. du turc par Münevver Andaç, 204 pages, 140 x 205 mm. ISBN 2-07-073263-0.
Le même ouvrage, 272 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 3291) (1999), Gallimard ISBN 2-07-041106-0.
- La Vie nouvelle [1999], trad. du turc par Münevver Andaç, 320 pages, 140 x 205 mm. ISBN 2-07-074333-0.
Le même ouvrage, 448 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 3428) (2000), Gallimard ISBN 2-07-041478-7.
- Mon nom est Rouge [2001], trad. du turc par Gilles Authier, 576 pages, 140 x 205 mm. ISBN 2-07-075686-6.
Le même ouvrage, 752 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 3840) (2003), Gallimard ISBN 2-07-042817-6.
- Neige [2005], trad. du turc par Jean-François Pérouse, Gallimard
- Istanbul, souvenirs d'une ville, [2003 ]trad. du turc par Jean-François Pérouse, Savas Demirel et Valérie Gay-Aksoy en [2007], Gallimard. ISBN 978-2-07-077627-6.
- Le musée de l'innocence, [2011], trad. du turc par Valérie Gay-Aksoy, Gallimard ISBN 978-2-07-078659-6
- Le Romancier naïf et le Romancier sentimental, [2012], trad. du turc par Stéphanie Levet, Gallimard ISBN 978-2-07-013519-6
Essais [modifier]
- Le voci di Istanbul (en italien), essais et entretiens, Datanews Editrice, 2007.
- D'autres couleurs, 76 essais, discours ou récits, Gallimard, 2009.
En turc [modifier]
Voici la liste de ses œuvres originales en langue turque :
- Cevdet Bey ve Oğulları, roman, İstanbul, Can Yayınları, 1982
- Sessiz Ev, roman, İstanbul, Can Yayınları, 1983
- Beyaz Kale, roman, roman, İstanbul, Can Yayınları, 1985
- Kara Kitap, roman, İstanbul, Can Yayınları, 1990
- Gizli Yüz, scénario, İstanbul, Can Yayınları, 1992
- Yeni Hayat, roman, İstanbul, İletişim Yayınları, 1995
- Benim Adım Kırmızı, roman, İstanbul, İletişim Yayınları, 1998
- Öteki Renkler, yazılarından ve söyleşilerinden seçmeler, 1999
- Kar, roman, İstanbul, İletişim Yayınları, 2002
- İstanbul: Hatıralar ve Şehir, essai, İstanbul, Yapı Kredi Yayınları (YKY), 2003
- Masumiyet Müzesi, roman, İstanbul, İletişim Yayınları, 2008
Notes et références [modifier]
- <http://fr.encarta.msn.com/encyclopedia_941583146/Pamuk_Ohran.html>
- <http://www.svenskaakademien.se/web/2f89f6f8-e4b7-4f9e-a2fd-33bce0caf503.aspx>
- http://www.auswaertiges-amt.de/diplo/fr/WillkommeninD/D-Informationen/Nachrichten/070507-3.html
- Le Monde du 30 septembre 2005
- Courrier international, TURQUIE • L'écrivain Orhan Pamuk contraint de fuir son pays
- <http://www.svenskaakademien.se/web/Notice_biobibliographique_19.aspx>
Voir aussi [modifier]
Liens externes [modifier]
- (en) Site officiel de l'écrivain
- (fr) Présentation de l'œuvre
- (fr) Découvrir Orhan Pamuk, romancier turc et prix Nobel de littérature