Suriname

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Carte du Suriname
Image satellite du Suriname

Le Suriname ou Surinam, en forme longue la République du Suriname, en néerlandais Suriname et Republiek Suriname, anciennement Guyane néerlandaise avant l'indépendance, est un pays situé en Amérique du Sud.

Graphies de « Suriname »[modifier | modifier le code]

L'orthographe Surinam est une ancienne variante[2]. On trouve notamment cette orthographe dans le Candide de Voltaire[3]. Aujourd'hui, l'orthographe Suriname est utilisée par l'Organisation des Nations unies[4], la Commission de toponymie de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN)[2], l'Union européenne[5] et l'Organisation internationale de normalisation[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Suriname.

C'est l'une des nombreuses colonies de la Côte Sauvage (Amérique du Sud), entre le delta de l'Orénoque et celui de l'Amazone, occupée aujourd'hui par la Guyane française, le Suriname et le Guyana.

  • 1100 av. J.-C. : Installation sur le plateau des Guyanes de groupes tribaux amérindiens : paléo-indiens, puis au 1er siècle les Arawaks, puis vers l'an 900 les Karibs et enfin Tupis. Ces quatre groupes étaient encore présents lors de l'arrivée des Européens.
  • 1500 : Expéditions espagnoles sur les côtes (Pinzon…).
  • 1595-1616 : Expéditions britanniques (Walter Raleigh…). Premiers contacts entre Européens et Amérindiens.
  • 1616-1626 : Colonies permanentes néerlandaises sur les estuaires de l'Essequibo, de la Berbice puis de la Demara (donc l'actuel Guyana).
  • 1630 : Implantation des Britanniques à l'embouchure du fleuve Suriname.
  • 1651 : Création à cette embouchure de la prospère et éphémère colonie britannique par Anthony Rowse et Lord Francis Willoughby de Parham, gouverneur de la Barbade. Arrivée de colons britanniques et d'esclaves noirs de la Barbade.
  • 1667 : Conquête de cette colonie par les Néerlandais qui, en retour, cèdent aux Anglais la Nouvelle-Néerlande.
  • 1667 à fin du XVIIIe siècle : les Néerlandais maîtres du littoral des Guyanes, du Maroni à L'Essequibo (soit Suriname et Guyana). Administration des quatre colonies permanentes par la Compagnie des Indes occidentales dont la ville d'Amsterdam devient propriétaire en 1770. Création de polders (sujets actuellement à la montée des eaux maritimes).
  • 1783 : Après un siècle de révoltes et fuites d'esclaves (marronnage) du fait des très dures conditions de ces derniers, les Néerlandais signent un traité avec le chef des révoltés Aluku Nengé, surnommé Boni, reconnaissant une véritable autonomie aux Noirs réfugiés dans les zones forestières.
  • 1796-1799 : Reprise des colonies par les Britanniques.
  • 1814-1815  : Traités par lesquels les trois colonies de l'Essequibo, Berbice et Demara (soit le Guyana) restent à la Grande-Bretagne, et celle du Suriname aux Pays-Bas.
  • 1816 : Les colonies passent sous l'administration des Pays-Bas, faisant ainsi perdre tous leurs privilèges à la Compagnie des Indes occidentales et à la ville d'Amsterdam. Nomination d'un gouverneur par La Haye.
  • 1863 : Abolition tardive de l'esclavage (1794 puis 1848 dans les colonies françaises). Les colons font venir des travailleurs hindoustanis (accord avec Londres), javanais, et chinois.
  • 1915 : Début de l'exploitation de la bauxite par une compagnie américaine.
  • 1954 : La colonie du Suriname reçoit de la couronne néerlandaise un statut d'autonomie interne (assemblée législative élue au suffrage universel…). Acheminement vers l'indépendance.
  • 25 novembre 1975 : Acte d'indépendance adopté par le parlement surinamais. Gouvernement de Henck Arron. Exode des Hindoustanis, surtout vers les Pays-Bas.
  • 25 février 1980 : Coup d'État militaire du sergent Desiré Bouterse.
  • 8 décembre 1982 : Assassinat de 15 opposants au régime militaire. Les Pays-Bas cessent le versement de l'aide au développement. L'économie s'effondre et l'émigration vers les Pays-Bas s'accélère (environ 400 000 en 2010).
  • 1986 : Révolte des Bushis Nengés conduits par Ronnie Brunswijk, un des gardes du corps de Bouterse. Début de guerre civile.
  • 1986 : Massacre par les forces gouvernementales d'une trentaine de civils dans le village Bushi Nengé de Moiwana, proche de la frontière avec la Guyane française. Pression internationale vers un processus de démocratisation.
  • 21 juillet 1989 : Accord de paix de Kourou avec les Bushis Nengés.
  • 24 décembre 1990 : Dési Bouterse reprend le pouvoir, simplement en téléphonant au Premier ministre pour lui dire de quitter son poste.[réf. nécessaire]
  • 1991 : De nouveau, Bouterse s'efforce de gagner le soutien de la population, mais il perd devant Ronald Venetiaan qui est élu président de la République. La démocratie est rétablie. L'aide néerlandaise est reprise.
  • 1996 : Jules Wijdenbosch est élu président de la République.
  • Mai 2000 : Ronald Venetiaan remporte les élections présidentielles.
  • 12 août 2005 : Ronald Venetiaan remporte à nouveau les élections (Coalition de 8 partis, 29 députés sur 51).
  • 1er décembre 2007 : Début du procès des auteurs présumés (24 suspects dont Desi Bouterse, devenu le principal chef de l'opposition, qui refuse constamment de se présenter devant le tribunal) des « Massacres de décembre 1982 ».
  • 2010 : population locale : 520 000 habitants, outre de nombreux étrangers (40 000 Brésiliens, 10 000 Haïtiens…); émigrés aux Pays-Bas : environ 350 000.
  • Mai 2010 : Élections générales qui placent la coalition de Dési Bouterse en tête, mais sans majorité absolue. Celui-ci est néanmoins élu président de la République en juillet.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Suriname.

Le Suriname est une démocratie établie par la constitution de 1987. Le corps législatif est l'Assemblée nationale, composée de 51 membres élus tous les cinq ans.

L'Assemblée nationale élit le chef de l'exécutif, le président, par une majorité des deux tiers. Si aucun candidat n'atteint une telle majorité, le président est élu par l'Assemblée du peuple, une institution de 340 personnes composée de l'Assemblée nationale et de représentants régionaux.

Le Suriname est membre de la Caricom, le marché commun caribéen.

Les Ordres et décorations du Surinam[modifier | modifier le code]

  • Ordre de l'Étoile Jaune
  • Ordre de la Palme

Districts[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Districts du Suriname.

Le Suriname est divisé en dix districts:

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Suriname.

Frontières terrestres[modifier | modifier le code]

Environnement[modifier | modifier le code]

Le Suriname est avec la Guyane (qui le jouxte sur une frontière de 520 km) et une partie du Brésil une des régions du monde les plus riches en biodiversité, mais celle-ci est en rapide recul, au moins en termes de surface disponible.
La forêt tropicale et les milieux naturels sont de plus en plus écologiquement fragmentés et remplacés par des plantations (riz, arbres), des villes et des infrastructures. La naturalité des milieux diminue fortement autour des villes et le long des routes et pistes. L'orpaillage illégal y est en plein développement (maintenant très visible sur les dernières images satellitaires de Google earth par exemple). Les gigantesques mines de bauxite fournissent 80 % des recettes d’exportation, mais non sans un impact majeur sur la forêt. Dans les grandes cultures de riz et de banane, on utilise beaucoup de pesticides (insecticides en particulier) qui sont d'autant plus rapidement évaporés et lessivés vers les eaux superficielles que le climat est chaud et humide. Selon l'ONU, bien que la situation économique semble s'améliorer depuis les années 2000, 50 à 60 % de la population manque des ressources nécessaires à la satisfaction des besoins essentiels, ce qui encourage l'économie informelle et l'orpaillage illégal dans le pays, voire dans les pays voisins), l'exploitation illégale ou inadaptée de la forêt et du gibier. Le gouvernement du Suriname a établi un plan pluriannuel de développement jusqu’en 2010 pour tenter de vaincre la pauvreté. le Suriname est inscrit par la France en Zone de Solidarité Prioritaire depuis 1999, ce qui a notamment permis une coopération avec la région Guyane et la métropole via un Programme opérationnel de coopération transfrontalière 2007-2013 « Amazonie »[7].

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Suriname.
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

La population du Suriname est d'origine géographique variée. À la fin des années 1880, une aquarelle d'Arnold Borret représente 19 types[8].

Aujourd'hui, la population surinamienne est constituée de plusieurs minorités. La plus grande, environ 37 % de la population, est celle des Hindoustanis (tant hindous que musulmans ou chrétiens), descendants d'immigrés venus d'Inde au XIXe siècle.

Les Créoles, d'ascendance mélangée européenne blanche et africaine noire, représentent environ 31 %, alors que les Javanais, (« importés » des anciennes Indes néerlandaises) et les Marrons (descendants d'esclaves africains évadés) représentent respectivement 15 % et 10 %.

Le reste est composé d'Amérindiens (2 %), de Chinois (2 %) et de Blancs (1 %), parmi lesquels les Boeroes (même origine que les Boers en Afrique du Sud), descendants des colons ruraux néerlandais du XIXe siècle et les « Bakras », arrivants plus récents, avec des Syro-libanais. Enfin, bon nombre de travailleurs immigrés brésiliens sont arrivés récemment au Suriname.

Il reste par ailleurs quelques familles juives sépharades, descendantes de réfugiés expulsés d'Espagne en 1492 et du Portugal en 1495, venus au XVIIe siècle via les Pays-Bas, l'Italie (Granas) ou le Brésil. Elles ont bénéficié, sous la colonisation britannique, puis néerlandaise, d'une certaine autonomie, dans une localité appelée Jodensavanne, qu'elles avaient mise sur pied en 1652 sur la Savannah, près de la crique de Cassipora[9],[10].

En raison du grand nombre de groupes ethniques dans le pays, il n'y a pas de religion principale. La plupart des Hindustanis sont hindous, mais il y a également des musulmans et des chrétiens parmi eux. La plupart des Créoles et des Marrons sont chrétiens.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Suriname.

Sport[modifier | modifier le code]

De nombreux sportifs, et plus particulièrement des footballeurs sont nés au Suriname, ou sont d'origine surinamaise, comme Ruud Gullit, Royston Drenthe, Frank Rijkaard, Clarence Seedorf, Edgar Davids ou Patrick Kluivert et les kickboxers Remy Bonjasky, Tyrone Spong et Andy Ristie. Le seul médaillé olympique du Suriname est Anthony Nesty, vainqueur du 100m papillon aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture du Suriname.

Langue[modifier | modifier le code]

Les locuteurs des langues de ce pays se partagent une quinzaine de langues, dont les plus importantes sont : le néerlandais (300 000 locuteurs) ; le créole surinamien à base d'anglais (120 000 locuteurs), appelé aussi sranan tongo ; l'hindi appelé « sarnami hindustani » (150 000 locuteurs) ; le javanais appelé « surinamien javanais » (60 000) ; le créole guyanais (500) ; le ndjuka (ou aucan) (25 000) ; le créole saramaca (23 000) ; le chinois hakka (6 000) ; etc. Précisons que plus de 120 000 locuteurs parlent le créole surinamien, ou sranan tongo, comme langue seconde ; et 100 000 locuteurs, le néerlandais. À noter aussi la présence de 10 000 locuteurs du créole haïtien. L'anglais est à peu près parlé partout, favorisé en cela par la diffusion de 2 langues créoles à base d'anglais : le sranan tongo, et le saramaca. Le français n'est pas utilisé. Par contre le portugais et l'espagnol sont deux langues très présentes (surtout parlées en seconde langue), mais on en ignore le nombre exact de locuteurs.

Les 40 000 Brésiliens (env.8% de la population) parlent le portugais, mais très peu parlent le néerlandais. Le papiamento, créole à base de portugais, et parlé surtout aux Antilles Néerlandaises, est aussi présent au Suriname, mais avec un nombre de locuteurs plus restreint.

Divers[modifier | modifier le code]

Le Suriname a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) [1] - Human Development Index and its components UNDP
  2. a et b Pays et capitales du monde au 1er janvier 2004, par la Commission de toponymie de l’Institut géographique national français (IGN)
  3. Cf. Candide Chapitre XIX
  4. Liste des États membres des Nations unies
  5. Code de rédaction interinstitutionnel, annexe A5, Liste des États (au 9.3.2005), par l’Office des publications officielles des Communautés européennes
  6. ISO 3166-1
  7. Programme de coopération transfrontalière « Amazonie » : Document de travail, version 17 aout 2007
  8. Arnold Borret (1848-88),Arnold Borret, Différents types de Surinamais, 15 août 1881, Bnm:XIXe siècle, Paris, Editions,‎ 1881. Diverse Surinaamse typen, Borret, A.H.A.H.M., Institut royal néerlandais d’études de l’Asie du Sud Est et des Caraïbes.
  9. The History of Jews in Suriname, site Angelfire
  10. The Foundation for Jodensavanne, site jodensavane.sr.org

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bore philippe, Balades au Suriname, Le guide de Paramaribo et de l'écotourisme au Suriname. Édition Curieux de nature. 264 p. 2009. (ISBN 978-2-9511548-5-8) (seul guide touristique en français) www.randoguyane.com
  • V.S. Naipaul, The Middle Passage; impressions of five societies: British, French and Dutch, in the West Indies and South America. London: Deutsch, 1962.
  • R.A.J. van Lier, Frontier Society: a social analysis of the history of Surinam. Translated [from the Dutch] by M.J.L. van Yperen. The Hague: Martinus Nijhoff, 1971.
  • Henk E. Chin and Hans Buddingh, Suriname: Politics, Economics & Society. London [etc.]: Pinter, 1987.
  • Richard Price and Sally Price; with musical transcriptions by Kenneth M. Bilby, Two Evenings in Saramaka: Afro-American Tale-telling in the Surinam Rain Forest. Chicago, Ill., [etc.] : The University of Chicago Press, 1991.
  • Michel Szulc-Krzyzanowski (photography), Michiel van Kempen (text), Deep Rooted Words: Ten storytellers and writers from Suriname (South America). English translation by Sam Garrett. Amsterdam: Voetnoot, 1992.
  • Mark Plotkin, Tales of a Shaman's Apprentice: an ethnobotanist searches for new medicines in the Amazon rain forest. New York: Viking Penguin, 1993.
  • Edward M. Dew, The Trouble in Suriname, 1975-1993. Westport, C.T.: Praeger, 1994.
  • Richard Price, Les premiers temps: la conception de l’histoire des Marrons saramaka. Paris : Seuil, 1994.
  • Roy Tjin and Els Schellekens, The Guide to Suriname. Amsterdam: Brasa Publishers, 1999.
  • Rosemarijn Hoefte and Peter Meel (eds.), Twentieth-Century Suriname: continuities and discontinuities in a new world society. Kingston: Ian Randle/Leiden: KITLV Press, 2001.
  • Richard Price, First Time: The Historical Vision of an Afro-American People. 2nd. ed. Chicago: University of Chicago Press, 2002.
  • Laura Samsom Rous and Hans Samsom, Tree of Forgetfulness / Boom der Vergetelheid / L'arbre de l'oubli / A bon fu frigiti. Amsterdam: KIT Publishers, 2003.
  • Michiel van Kempen, Een Geschiedenis van de Surinaamse Literatuur. Paramaribo: Okopipi, 2002, (4 vols.) (Histoire de la littérature 1598-1975, résumé en français.) (L'édition néerlandaise, parue en 2 vols., contient aussi un chapitre sur les années 1975-2000: Breda: De Geus, 2003.)
  • Oscar van den Boogaard, Les bananes lumineuses, 19 p., 2004, (ISBN 2-913607-24-1). (Nouvelle éditée dans le cadre de Lille 2004, Capitale Européenne de la Culture.)

Liens externes[modifier | modifier le code]