Détroit

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Vue satellite reconstituée du détroit de Gibraltar

Un détroit (du latin districtus, adjectivation du participe passé du verbe latin distringere, « maintenir écarté », à l'origine aussi du terme anglais strait de même signification), parfois dénommé pas ou canal, est un bras de mer plus ou moins long et resserré entre les deux côtes qui le bordent (par opposition avec l'isthme[réf. nécessaire]), et mettant en relation deux étendues marines ou lacustres[1].

Ce passage maritime peut relier deux continents[réf. nécessaire] (détroit de Gibraltar, de Béring), deux lacs (détroit de Mackinac), deux îles (détroit de Bonifacio, détroit de Singapour), une île et un continent (détroit de Magellan, Courreaux de Groix), ces deux derniers cas correspondant à la définition du pertuis.

L'origine diverse des détroits (détroit intercontinental d'origine géotectonique, détroits d'archipel issus de l'ennoyage de reliefs, détroit intracontinental issu de jeux de cassure locales) explique leur variabilité en forme, largeur, longueur et profondeur.

Les détroits sont le lieu de courants parfois violents du fait des marées qui s'intensifient avec les filets d'eau qui doivent converger entre les deux côtes, comme dans les raz et les pertuis.

Ils sont associés à des images souvent anthropomorphes : bras, manche, bouche (bouches de Bonifacio), porte (Bab-el-Mandeb), pas, passe et passage. Lorsque le détroit est large à une extrémité et étroit à l'autre, on lui donne fréquemment le nom de manche[réf. nécessaire] ; s'il est long, et étroit, on l'appelle quelquefois canal ; si ses dimensions ne sont pas considérables, on le nomme pas, passage, ou pertuis mais cette terminologie n'est pas bien fixée[2].

De nombreux détroits sont artificiels[réf. nécessaire]. On leur préfère le terme de canal (canal de Panama, de Corinthe, de Suez) mais ce mot s'applique parfois à des détroits naturels (canal Beagle, canal du Mozambique)

Les détroits, zones de « géoconfluence », sont souvent d'importantes voies de communication maritimes du point de vue géostratégique. Pour cette raison ce sont souvent des zones à risque ou des zones de tension du point de vue militaire ou de la sécurité maritime (records de trafic maritime). Les grands détroits ont joué aussi un rôle passif dans la transgression des espèces vivantes et des hommes, comme le détroit de Béring par où sont venus les Indiens d'Amérique.

Ce terme est à l'origine du nom de la rivière Détroit et de la ville de Détroit aux États-Unis.

Une grande variabilité[modifier | modifier le code]

Les détroits peuvent prendre une forme ponctuelle lorsque les rives s'avancent en éperon ou en cap (détroit de Kertch, de La Pérouse, de Lombok), ou une forme longiligne (détroit de Malacca). Ils peuvent être mononucléaires (un seul passage, comme le détroit de Corfou) ou polynucléaires (plusieurs passages dus à la présence d'îles, comme le détroit de Magellan ou les îles du Détroit de Torrès qui sont au nombre de 274)[3].

Les plus longs détroits au monde sont celui de Malacca, avec une longueur d'environ 800 km, celui de Tartarie avec une longueur de 900 km, et celui du Mozambique avec 1 600 km, ce dernier atteignant le record de largeur qui varie de 400 à 950 km[4] tandis que le détroit de l'Euripe ne fait que 38 m dans son passage le plus étroit.

Certains détroits ont un faible trafic du fait de leur dangerosité, tel le raz Blanchard. Le détroit de Malacca est le plus fréquenté du monde avec 100 000 navires marchands qui l'empruntent par an, dont la moitié du trafic mondial des pétroliers[5], devant le pas de Calais avec 80 000 navires marchands et 20 000 car-ferries et bateaux de pêche[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les détroits ont joué un grand rôle au cours de l'histoire : rôle militaire (à commencer par la guerre du Péloponnèse ou les guerres puniques au cours desquelles la domination des détroits par Sparte ou Rome a assuré leur hégémonie[7]), rôle commercial (fixation de villes comme Singapour, fondation de comptoirs comme les établissements des détroits), rôle touristique[réf. nécessaire] (côtes françaises de la Manche où se développe au début du XIXe siècle la vogue des bains de mer et comme corollaire l'activité des ports, des débarcadères des bateaux et du chemin de fer)[8].

Le développement du commerce international et la baisse du coût du transport maritime au XIXe siècle a conduit le droit international maritime à légiférer à cette époque sur le régime du passage par les détroits[9].

Détroits célèbres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de détroits.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Brunet, Les mots de la géographie : Dictionnaire critique, La Documentation Française,‎ 1998, p. 156
  2. Les détroits
  3. Patrick Picouet, Le monde vu à la frontière, Éditions L'Harmattan,‎ 2011, p. 142-144
  4. (en) Hamzah Ahmad, The Straits of Malacca : international co-operation in trade, funding & navigational safety, Pelanduk Publications,‎ 1997, p. 35
  5. (en) Sebastian Bersick, Paul van der Velde, The Asia-Europe Meeting: Contributing to a New Global Governance Architecture, Amsterdam University Press,‎ 2011, p. 130
  6. Pas de Calais, article sur larousse.fr
  7. Rût Lapîdôt, Les détroits en droit international, A. Pedoné,‎ 1972, p. 9
  8. Patrick Picouet, op. cité, p. 151
  9. (en) Ana G. López Martín, International Straits: Concept, Classification and Rules of Passage, Springer,‎ 2010, p. 2

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]