Troisième concile de Constantinople

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Le troisième concile de Constantinople, compté comme sixième concile œcuménique, se tint du au .

Déroulement[modifier | modifier le code]

Il fut convoqué par l'empereur Constantin IV, souhaitant régler la question du monothélisme, qui empoisonnait les relations entre les Églises de Constantinople et de Rome. Cette doctrine, inventée pour réconcilier les monophysites avec l'Église byzantine, n'était plus d'actualité, car l'Empire n'espérait plus recouvrer ni l'Égypte, ni la Syrie. L'empereur écrivit en 678 au pape Donus (mort en avril 678), mais c'est le pape Agathon (élu en juin 678) qui reçut la lettre. Celui-ci tint un synode préparatoire à Rome au printemps 680.

À son ouverture, le 7 novembre 680, le concile réunissait une centaine d'évêques, et à la session finale cent soixante-quatorze. Ils étaient presque tous grecs, mais c'était l'usage car les déplacements étaient difficiles. L'assemblée se déclara elle-même « œcuménique » à sa première session. L'empereur lui-même présida les onze premières sessions et la dernière ; entre temps il dut partir en campagne contre les Bulgares. Deux patriarches étaient présents : celui de Constantinople, Georges Ier (Théodore Ier avait été déposé et remplacé fin 679), et celui d'Antioche, Macaire, qui résidait en fait à Constantinople, Antioche, en territoire musulman, étant alors inaccessible à un dignitaire byzantin. Quant aux sièges patriarcaux d'Alexandrie et de Jérusalem, ils étaient simplement vacants, et furent représentés dans le concile par des « tenant-lieu » (τοποτηρηταί) : le « prêtre Pierre » pour Alexandrie, et le « prêtre Georges », du clergé de l'église du Saint-Sépulcre, représentant le « prêtre Théodore », gardien du siège de Jérusalem. Les légats du pape arrivèrent en retard, à la mi-novembre : à la quatrième session, le 15 novembre, furent lues les lettres du pape Agathon et du synode de Rome.

Le monothélisme fut défendu avec détermination par Macaire d'Antioche, qui fut anathématisé et destitué à la fin de la neuvième session (7 mars 681). Les condamnations furent d'une grande rigueur: furent déclarés hérétiques à titre posthume quatre patriarches de Constantinople (Serge Ier et ses trois successeurs), Théodore de Pharan, le patriarche d'Alexandrie Cyrus de Phase et le pape Honorius Ier, condamné pour sa faiblesse dans la lutte contre l'hérésie. La principale conclusion doctrinale fut donc que Jésus avait deux volontés, de la même manière qu'il avait deux natures, l'une divine et l'autre humaine, et que ces deux volontés n'entraient pas en conflit l'une avec l'autre.

À la session finale, l'empereur Constantin IV, initiateur du concile, fut acclamé comme « nouveau David », « nouveau Marcien» et « nouveau Justinien ». Il profita de ce moment de prestige pour déposer ses deux frères Héraclius et Tibère, jusqu'alors coempereurs, qui furent exhibés devant l'assemblée avec le nez coupé.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le concile ne fit pas disparaître immédiatement le monothélisme du Proche-Orient : un schisme eut lieu dans l'Église melkite d'Alexandrie, dirigé par Harmasios (les « harmasites ») ; au Liban, l'Église maronite, qui s'autonomisa dans les années suivant le concile (son premier évêque, Jean Maron, fut intronisé vers 687), était sans doute à l'origine un schisme monothélite (mais la question est controversée) ; d'autre part l'Arménien Bardanès, devenu empereur byzantin en 711, n'eut rien de plus pressé que d'annuler ce concile et rétablir le monothélisme comme doctrine officielle, ce que l'épiscopat grec accepta d'ailleurs sans broncher (selon le chroniqueur Théophane, son conseiller religieux était un moine de Constantinople).

Lien externe[modifier | modifier le code]