Chaldée

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La Chaldée se situe au sud de l'actuelle Bagdad dans le losange formé par les cours inférieurs du Tigre et de l'Euphrate.

La Chaldée est une ancienne région située entre les cours inférieurs de l'Euphrate et du Tigre. Les premiers habitants civilisés qui occupèrent cette région formèrent les royaumes de Sumer et d'Akkad.

Les Chaldéens habitaient au sud-ouest de Babylone. C'est un ancien peuple sémite[1] nomade.

On désigne aujourd'hui sous le nom de « Chaldéens », les membres de l'Église catholique chaldéenne, catholiques de rite oriental et de langue liturgique araméenne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Du IXe siècle av. J.-C. au VIe siècle av. J.-C., les Chaldéens jouèrent un rôle important dans l'histoire de l'Asie et contribuèrent à la destruction de l'empire assyrien. Pour une courte période, ils firent de la Babylonie, qui progressivement s'appela la Chaldée, la puissance dominante de la Mésopotamie.

L'un de leurs rois les plus brillants fut Merodach-Baladan II (roi de 722 à 710 av. J.-C.) qui combattit courageusement mais sans succès, quatre puissants monarques assyriens : Teglath-Phalasar III (roi de 745 à 727 av. J.-C.), Salmanazar V (roi de 727 à 722 av. J.-C.), Sargon II (roi de 722 à 705 av. J.-C.) et Sennacherib (roi de 705 à 681 av. J.-C.), le destructeur de Babylone. Les successeurs de Sennacherib, Assarhaddon (roi de 681 à 599 av. J.-C.) et Assurbanipal, maintinrent leur contrôle politique sur la Babylonie en dépit de nombreuses révoltes et défections.

En 626 av. J.-C. toutefois, lorsque l'Assyrie fut menacée par les Mèdes, les Scythes et les Cimmériens, un Chaldéen du nom de Nabopolassar (roi de 626 à 605 av. J.-C.) se proclama roi de Babylonie et, s'alliant aux Mèdes, contribua à la destruction de la puissance assyrienne.

Prenant avantage de la position de faiblesse de l'Assyrie, l'Égypte commença à menacer la Judée et la Syrie. Dès son avènement en 605 av. J.-C., Nabuchodonosor II marcha à la rencontre des Égyptiens et les battit à Karkemish (en Syrie actuelle).

Son règne, qui dura quarante-trois ans, est marqué par une extension du contrôle politique de la Babylonie sur la majeure partie de la Mésopotamie. Il est connu des lecteurs de la Bible pour être le destructeur de Jérusalem et le roi qui emmena les Juifs en captivité à Babylone. Pour les archéologues et les historiens, il est celui qui reconstruisit Babylone, sa capitale, et qui restaura un grand nombre de temples dans toute la Babylonie.

La renaissance babylonienne ne dura pas longtemps. Après la mort de Nabuchodonosor en 562 av. J.-C., commença une interminable lutte pour le pouvoir. En 556 av. J.-C., Nabonide, gouverneur de la ville sous Nabuchodonosor, accéda au trône et eut à se mesurer à l'influente classe des prêtres de Babylone. Ayant laissé la cité de Babylone sous la régence de son fils Balthazar, il se retira à Harran et plus tard dans l'oasis de Teima, dans le désert d'Arabie. En 539 av. J.-C., il fut fait prisonnier par Cyrus le Grand, qui entra dans Babylone sans rencontrer de résistance. Annexée à la Perse, la Babylonie perdit son indépendance.

Abraham, d'Ur « en Chaldée » ?[modifier | modifier le code]

Selon Thomas Römer, la mention de l'origine « chaldéenne » d'Abraham dans la Bible (Cf. Genèse 11, 27-32) implique, sinon l'origine récente de la légende de ce personnage, du moins le caractère tardif du rattachement des origines du Patriarche au sud de la Mésopotamie. En effet le terme de « Chaldée », argumente-t-il, n'apparaît qu'à une époque « récente » (à l'époque néo-babylonienne précisément, celle de l'Exil) dans les textes. Du temps supposé d'Abraham, au début du IIe millénaire avant notre ère, Ur était une ville sumérienne.

Römer voit dans le lien entre Abraham et la Chaldée une création des Juifs exilés dans cette région sous le règne de Nabuchodonosor. Leur propre espérance d'un retour en Judée et de la fin de leur exil, qui se produisit effectivement sous Cyrus II et ses successeurs, fut mythifiée dans la création de la migration légendaire du père d'Abraham d'Ur à Harran et du patriarche lui-même de la Syrie vers la Judée. Les exilés rentrant au pays refaisaient le chemin parcouru par leur ancêtre et sa propre destinée promise par Dieu à la gloire préfigurait la leur : le nomade sans patrie serait le « Père d'une multitude » (signification du nom « Abraham »), préfiguration du destin heureux que se prédisaient les exilés de retour vers la Judée[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Chaldeans », How Stuff Works?.
  2. Thomas Römer, « Nouvelle jeunesse d’un ancêtre », dans Essais bibliques, vol. 28, Genève, Labor et Fides,‎ 1997.