Antimaçonnisme

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L'antimaçonnisme (ou antimaçonnerie) désigne la critique, l'opposition et l'hostilité manifestées à l’encontre de la franc-maçonnerie et de ses membres.

Souvent liées à l’Église catholique, qui condamna à plusieurs reprises la franc-maçonnerie en tant que telle depuis la bulle pontificale In eminenti apostolatus specula en 1738, les condamnations au sujet de la société initiatique se sont exprimées sous des natures et formes diverses. L'acceptation globale de l'idéologie véhiculée par celles-ci démontre que l’acceptation et la distribution et des préjugés furent variables au sein des classes sociales et selon les appartenances religieuses. En tant que phénomène sociétal, l'antimaçonnisme constitue une réalité historique et sociale qui puise sa source dans plusieurs strates de l'histoire. La chronologie du phénomène rapporte un ensemble de faits concentrés géographiquement en occident.

Les politiques et publications antimaçonniques décrient généralement des intentions et des actions de conspiration liées à un secret, telles les théories du complot maçonnique. Les hostilités furent nourries de tout temps par de multiples interprétations spéculatives telles que l’immixtion dans le pouvoir politique et judiciaire, les hauts grades, l'influence déterminante et l’insertion de symboles dans la vie civile qui en résultent. Dans une optique plus rationnelle, l'antimaçonnisme découle d'une opposition aux idées progressistes et libérales issues du siècle des Lumières époque où certains philosophes de renom ont adhéré à l'école de pensée.

À la suite notamment des ouvrages de l’abbé Barruel, qui défend la thèse que la Révolution française résulterait d’un complot maçonnique, l’antimaçonnisme devient progressivement une doctrine qui se développe dans les milieux catholiques ultramontains et chez les penseurs de la contre-révolution.

Au XXe siècle, si la franc-maçonnerie est jugée « contre-révolutionnaire » par l'Internationale communiste qui l'interdit à ces partisans, la défiance à son encontre est reprise par l’extrême droite qui l'associe au discours antisémite par une dénonciation de « complot judéo-maçonnique », soupçonnant l’existence d’un faisceau d’intérêts communs. Les régimes dictatoriaux en général de par le monde et la Seconde Guerre mondiale furent les théâtres des persécutions les plus sévères à l’égard de la franc-maçonnerie.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Antimaçonnisme par pays[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Antimaçonnisme par pays.

Antimaçonnisme religieux[modifier | modifier le code]

Les critiques d'origine religieuse sont très diverses selon les pays puisqu'elles dépendent des pratiques religieuses et maçonniques spécifiques à chacun d'entre eux. Il est cependant possible d'identifier quelques grandes lignes communes.

Antimaçonnisme catholique[modifier | modifier le code]

La principale opposition religieuse date des origines de la franc-maçonnerie et provient de l'Église catholique qui considère qu'elle propage le relativisme en matière religieuse, c'est-à-dire l'idée selon laquelle aucune religion ne serait supérieure à toutes les autres.

«  (Pour le franc-maçon), la ferme adhésion à la vérité de Dieu révélée dans l'Église devient une simple appartenance à une institution considérée comme une forme particulière d'expression, à côté d'autres formes d'expression, plus ou moins également possibles et valables par ailleurs, de l'orientation de l'homme vers ce qui est éternel[1]. »

La première condamnation de la franc-maçonnerie par l'Église catholique tombe en 1738 avec la bulle du pape Clément XII In eminenti apostolatus specula . Elle est reprise par plusieurs de ses successeurs: par le pape Benoît XIV dans l'encyclique Providas, dans la Lettre apostolique Quo graviora de Léon XII (1826), dans l'encyclique Qui pluribus de Pie IX (1846), par Léon XIII dans l'encyclique Humanum Genus, dans l'encyclique Vehementer nos (1906) et Une fois encore (lettre à la France) de saint Pie X (1907), dans la Constitution apostolique Servatoris Jesu Christi de Pie XI (1925), la Constitution apostolique Per annum sacrum de Pie XII (1950), les Actes du Synode romain promulgué par le Pape de Jean XXIII (1963).

Couverture d'un des fascicules de Léo Taxil.

Par ailleurs, quelques auteurs catholiques du XIXe siècle, se fondant sur l'existence de pratiques théurgiques dans quelques rites rares de la franc-maçonnerie et imaginant peut-être que ces pratiques étaient représentatives, ont également condamné l'ensemble de la franc-maçonnerie à ce motif. C'est dans le même contexte qu'est apparu la célèbre affaire Léo Taxil, dont certains[2] continuent aujourd'hui à penser qu'il disait, en fait, la vérité ou au contraire que Léo Taxil avait été manipulé par les maçons eux-mêmes pour discréditer l'antimaçonnisme[n 1].

En 1917, le code de droit canonique déclare explicitement que l'appartenance à une loge maçonnique entraîne l'excommunication automatique. Et si, sous le pape Jean XXIII une tentative de compréhension du phénomène maçonnique est entreprise, elle ne lui survit pas. Le code révisé de 1983 ne cite plus explicitement la franc-maçonnerie parmi les sociétés secrètes condamnées par la loi canonique. Toutefois, le 26 novembre 1983, une déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi alors dirigée par Joseph Ratzinger (devenu depuis le pape Benoît XVI) a réaffirmé l'interdiction faite aux catholiques de rejoindre la maçonnerie sous toutes ses formes ou tendances. Cette déclaration a été approuvée par le pape de l'époque, Jean-Paul II, et elle est toujours valable à ce jour.

En mars 2007, Mgr Gianfranco Girotti, un franciscain, a redit l'incompatibilité qu'il y a à être dans l'Église catholique et dans la Franc-maçonnerie. Il a rappelé la critique de la conception mystique de celle-ci et dénoncé le naturalisme rationaliste qui inspire ses projets et ses activités contre l'Église, tout en mettant en garde contre le climat de secret qui la caractérise et que les frères s'exposent à devenir les instruments d'une stratégie qu'ils ignorent. Il a encore rappelé que la congrégation pour la doctrine de la foi interdit l'adhésion à une loge et que les catholiques qui passent outre sont en état de péché grave et ne peuvent avoir accès à l'eucharistie[3].

En Italie, le rôle important joué par les francs-maçons, notamment Garibaldi, dans l'annexion des États pontificaux renforça considérablement la condamnation catholique de la franc-maçonnerie. En France, la ferme opposition de l'Église catholique à la franc-maçonnerie s'explique également par le soutien de cette dernière à la Troisième République. En effet, suite aux excommunications répétées, les catholiques étaient progressivement devenus minoritaires dans la franc-maçonnerie française qui se mobilisa en faveur de la laïcisation de l’enseignement et de la séparation de l'Église et de l'État.

Antimaçonnisme protestant[modifier | modifier le code]

Certaines Églises protestantes s'opposent également à la franc-maçonnerie. L'une des raisons avancées par les fondateurs d'une nouvelle Église, l'Église méthodiste libre en 1860, était qu'ils soupçonnaient l'Église méthodiste d'être influencée par les francs-maçons et les membres d'autres sociétés secrètes. L'Église méthodiste libre continue d'ailleurs à interdire à ses membres d'en faire partie. Récemment encore, la Southern Baptist Convention, la plus importante association baptiste des États-Unis, a déclaré elle aussi que l'appartenance à la franc-maçonnerie était incompatible avec ses croyances.

Antimaçonnisme musulman[modifier | modifier le code]

Les critiques musulmanes à l'encontre de la franc-maçonnerie sont rares et historiquement récentes. Mais elles n'en demeurent pas moins épisodiquement virulentes. À ce titre, le 15 juillet 1978, une fatwa[n 2] est prononcée en Égypte par le Collège islamique de l'université El-Azahar du Caire. Celle-ci prohibe formellement l'initiation aux musulmans.

Antimaçonnisme politique[modifier | modifier le code]

Antimaçonnisme nazi[modifier | modifier le code]

Si les principales victimes des exterminations nazies furent les juifs, les tziganes, les handicapés, les homosexuels et les chrétiens (protestants, catholiques), les témoins de Jéhovah, et plus généralement les opposants à leur régime, les archives actuelles du Reichssicherheitshauptamt (RSHA, bureau du haut commandement des services de sécurité), démontrent que des persécutions de francs-maçons furent spécifiquement organisées contre eux.

Monument à la mémoire de la loge clandestine « Liberté chérie » dans le camp de concentration d'Esterwegen

Le nombre de francs-maçons tués à l'époque nazie est estimé entre 80 000 et 200 000[4].

Toutefois, les historiens estiment que la plupart de ceux pour lesquels les persécutions allèrent jusqu'à la déportation furent envoyés à la mort pour un ensemble de motifs (dont le plus souvent leur engagement dans les mouvements de résistance ou leur appartenance aux peuples exterminés par les nazis), et très rarement seulement au motif exclusif de leur appartenance maçonnique[5].

La loge belge « Liberté chérie » est connue pour avoir été fondée à l'intérieur du camp de concentration d'Esterwegen et y avoir fonctionné pendant environ un an.

En 1948, le myosotis, cette petite fleur bleue appelée en anglais forget-me-not (« ne m'oubliez pas ») fut adoptée comme emblème par la Grande Loge Unie d'Allemagne à l'occasion de sa première conférence annuelle. Souvent représentée sous la forme d'un pictogramme, elle rappelle dans ce contexte particulier le souvenir de tous ceux qui ont souffert au nom de la franc-maçonnerie, spécialement durant la période nazie[6].

Antimaçonnisme bolchevique[modifier | modifier le code]

La « vingt-deuxième » condition de Moscou (absente du texte adopté en 1920), réservée aux dirigeants de l’Internationale communiste, interdisait la double appartenance à la franc-maçonnerie.

Pour Léon Trotski, les temples maçonniques favorisent la collaboration de classe, qu'il juge nécessairement contre-révolutionnaire : « La franc-maçonnerie est une plaie sur le corps du communisme français, qu'il faut brûler au fer rouge ». Il demande à la direction du Parti communiste français de donner l'ordre à ses adhérents maçons de quitter leurs loges : « La dissimulation par quiconque de son appartenance à la franc-maçonnerie sera considérée comme une pénétration dans le parti d'un agent de l'ennemi et flétrira l'individu en cause d'une tache d'ignominie devant le prolétariat »[7]. C’est ainsi que Marcel Cachin et André Marty quittent le Grand Orient en 1922.

Critique de la maçonnerie par des maçons[modifier | modifier le code]

Le maçon de haut grade Albert Lantoine critiqua le matérialisme maçonnique, sa mentalité fermée et sa finalité à engendrer de l'arrivisme et des collusions[8].

L’antimaçonnisme aujourd’hui[modifier | modifier le code]

« L’œil qui voit tout » inscrit sur le billet de un dollar et attribué dans l'imaginaire populaire à la franc-maçonnerie.

Moins virulent qu’avant, bien qu’ayant trouvé sur Internet un nouveau média de diffusion de masse, l’antimaçonnisme existe toujours aujourd’hui dans certains milieux.

Certains composants dans la société civile, inquiète des possibles collusions au sein du pouvoir politique ou judiciaire. Ceci dans les loges ou au sein des fraternelles, associations de francs-maçons d’une même profession ou ayant des intérêts entre eux, parfois soupçonnées de corruption[9]. Ces milieux critiquent le fait que la maçonnerie se déclare apolitique par définition mais laisse toute latitude à ses membres de s'y engager sans révéler publiquement leur appartenance.[réf. nécessaire]

On trouve également des critiques de la maçonnerie au sein de l’extrême gauche, en opposition avec sa position déiste, théiste ou initiatique[10] ou déplorant son idéologie colonialiste passée au prétexte d’universalisme des valeurs issues des Lumières, par exemple dans les propos et actes du frère maçon Jules Ferry.

Les milieux nationalistes prétendant faire passer les intérêts particuliers après les intérêts collectifs du peuple et de la Nation, le bien commun, dénoncent l’appartenance à la franc-maçonnerie, qui constitue pour eux un intérêt particulier cherchant à primer l’intérêt général. Ces milieux critiquent le serment maçonnique qui, selon eux, prime tout autre serment fait par un de ces membres, y compris le fait de prêter serment devant un corps de l’État comme la magistrature, le parlement, la police ou l’armée, etc., une critique renforcée par le fait que les loges se réclament comme souveraines et feraient primer leur conception de la loi morale sur la loi écrite (le droit).

Le revers du Grand sceau des États-Unis figurant sur le billet de 1 dollar, parfois présenté comme une preuve de l'influence et du pouvoir de la franc-maçonnerie.

Dans les milieux conspirationnistes il se développe un discours affirmant que l’idéologie progressiste mise en avant ne serait qu’un prétexte fallacieux, une fausse fenêtre, visant à légitimer l’existence de réseaux d’influences fondamentalement anti-démocratiques car ultra-hiérarchisés et secrets, gnostiques car fondés sur un corpus idéologique hermétique et non-soumis à la critique ainsi que mondialistes de par sa prétention à l’universalisme. Ces critiques décrient et font rejoindre la franc-maçonnerie, parfois amalgamée avec les Illuminati, considérés comme représentant le pouvoir agissant au-delà des 33 degrés traditionnels de la maçonnerie, avec la mise en place supposée d’un gouvernement mondial ou global popularisée par le terme Nouvel ordre mondial, qui correspond à l’idée d’une communauté internationale de plus en plus puissante et avide de contrôle, qui se cacherait derrière les meilleures intentions au monde.

Ce concept trouverait son incarnation dans l’impérialisme américain utilisant le prétexte humaniste des droits de l’Homme et le prétexte universaliste de la démocratie représentative pour imposer un nouvel ordre mondial comme fond, avec l’ONU comme faire-valoir. À noter que cette organisation est vue comme une construction maçonnique, exemple en est habituellement donné de sa symbolique comme son emblème : la mappemonde partagée en 33 segments (chiffre clé de la maçonnerie).

La critique des nationaux-catholiques provient de ce qui est généralement considéré comme l’antimaçonnisme traditionnel, puisqu’elle associe, en les opposant, le pape et le Vatican contre la franc-maçonnerie[réf. nécessaire].

Celle des catholiques traditionalistes en revanche, amalgame pape et Vatican considérés comme infiltrés par la franc-maçonnerie (les « francs-macs ») dans un ensemble parfois même labellisé comme satanique depuis le concile Vatican II[11].

Ces deux derniers courants déplorent la laïcité de notre société en général et critiquent cette valeur maçonnique en particulier. De plus ils dénoncent les rituels maçonniques comme des pratiques relevant de l’occultisme, ce qui est démenti par les loges qui parlent de pratiques relevant du spiritualisme[réf. nécessaire].

Selon le maçonnologue Robert Cooper, les attaques contre la franc-maçonnerie seraient devenues aujourd'hui un passe-temps habituel pour de nombreuses personnes qui sont plus motivées par la haine des francs-maçons eux-mêmes que par la critique du mouvement maçonnique. C'est pourquoi il recommande de manière générale, mais particulièrement aux maçons, l'emploi du mot « maçonnophobie » au lieu d'antimaçonnisme[12].

Récemment[modifier | modifier le code]

En 1996, Dominique Setzepfandt, proche de l'extrême droite, a dénoncé dans son livre, Paris maçonnique, une certaine architecture et un certain urbanisme de Paris, qu'il pense être d'inspiration maçonnique, sur et en rapport avec l'axe du méridien de Paris selon une symbolique non-rationaliste et aux frais du contribuable qui en ignore la véritable signification, comme les grands travaux mis en chantier sous la présidence de François Mitterrand, en particulier la pyramide du Louvre ou l'Hommage à Arago.

Éric de Montgolfier, procureur de la république, a critiqué l'influence des réseaux maçonniques affairistes à Nice dès sa prise de fonction en 1999 et déclaré dans son livre de 2006 Le devoir de déplaire, que, pour un magistrat désireux de préserver l'indépendance de la justice, il vaut mieux éviter d'adhérer à une loge.[réf. nécessaire]

À la fin des années 1990 Bernard Méry a critiqué l'influence de la franc-maçonnerie parmi la magistrature française et dénoncé des cas de collusions et de corruption parmi celle-ci[13] dans deux livres. Peu après il fut expulsé de l'Ordre des avocats français[14], puis réadmis à la suite d'une action en justice. L'ordre des avocats sera lui-même condamné en 2007 à lui verser des réparations[15]. Christian Cotten a dénoncé une "persécution administrative maçonnique" contre lui[16],[17].

Lors d'une émission télévisée de Thierry Ardisson, le 9 février 2002, l'actrice Marie Laforêt affirma que le fils de Didier Schuller lui avait fait découvrir à l'occasion de son divorce l'existence d'une « organisation criminelle, qui en ce moment a à peu près à sa disposition 250 fois le budget de la France » et dans laquelle seraient impliqués des francs-maçons et des membres de l'Ordre du Temple solaire[18].

Allégations présumées ou avérées d'interventions maçonniques dans l'histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Théories du complot maçonnique.

La question d'une intervention maçonnique dans l'histoire ou les événements est posée quand deux parties ou les personnes les représentant, censées s'affronter de manière classique, quels que soient l’enjeu et les moyens à disposition, sont toutes 2 membres d'une obédience maçonnique ou quand la majorité d'une partie en opposition avec une autre est composée de membres de loges. Ces accusations constituent un part conséquente des théories du complot actuelles.

Urbanisme maçonnique secret ou discret et dénoncé comme tel[modifier | modifier le code]

Washington[modifier | modifier le code]

Carte du complexe des terrains du capitole, avec le hibou sur la pyramide formée par les chemins piétonniers dans les jardins des alentours

Vues du ciel, certaines rues de Washington (district de Columbia) dessinent un pentagramme inversé dont une extrémité touche la Maison-Blanche et on distingue un hibou dans les jardins derrière le capitole surplombant une pyramide formée par d'autres rues, ce qui aboutit à diverses théories sur une intervention maçonnique[19],[20] et mettant en relation maçonnisme, satanisme[21],[22] et extraterrestres[23]. Notamment par le fait que le hibou soit le symbole du Bohemian Club.

L'aéroport de Denver[modifier | modifier le code]

L'aéroport international de Denver (Denver International Airport, DIA) est mentionné dans plusieurs dizaines de blogs comme étant le lieu d'une conspiration maçonnique due à la présence d'une pierre commémorative maçonnique dans l'aéroport. Celui-ci cacherait entre autres une base souterraine secrète. De plus, ces auteurs conspirationnistes remarquent et critiquent la présence d'une peinture murale qui évoquerait symboliquement un changement d'ère ou le Nouvel ordre mondial ainsi que différentes gargouilles rappelant une sorte de cathédrale[24],[25]. Ces théories peuvent être inspirées par le livre conspirationniste d'Alex Christopher[26] qui traite du thème.

L'auteur conspirationniste David Icke écrit dans plusieurs de ses livres[27] qu'une supposée conspiration maçonnique serait organisée par des extraterrestres reptiliens au nombre desquels figureraient George W. Bush, la reine Élisabeth II du Royaume-Uni et une partie des élites de la communauté juive. Selon lui, de nombreux esclaves humains travailleraient dans les sous-sols de l'aéroport sous le contrôle des reptiliens[25]. L'auteur conspirationniste Leonard Horowitz considère que c'est cette théorie des « extraterrestres juifs reptiliens » de Icke elle-même qui constitue un complot maçonnique destiné à détourner l'attention du public de la véritable conspiration.

Sandusky, Ohio[modifier | modifier le code]

Carte de Sandusky (Ohio) en 1898

La ville de Sandusky dans l'état américain de l'Ohio, comporte des rues en forme d'équerre et de compas, qui ont été mises en relation avec la franc-maçonnerie[28]. Selon l'architecte William Pesson, spécialiste de l'architecture maçonnique, le tracé de ses rues comporte un plan maçonnique[29], soit une équerre et un compas entrelacés. Downtown Sandusky fut conçue d'après une plan quadrillé connu sous le nom de Kilbourne Plat d'après son concepteur, Hector Kilbourne, qui fut le premier président (Worshipful Master) de la loge maçonnique de Sandusky.

Paris[modifier | modifier le code]

Dominique Setzepfandt a décrit dans ses livres plusieurs monuments d'inspiration maçonnique dans la ville de Paris, par exemple la pyramide du Louvre[30].

Bruxelles[modifier | modifier le code]

Les livres de Paul de Saint-Hilaire[31] et d'Adolphe Cordier[32] relèvent un caractère urbanistique maçonnique en plusieurs endroits de Bruxelles, ce qu'a contredit l'auteur Jean van Win[33].

Symbologie et numérologie maçonnique discrète ou secrète et dénoncée comme telle[modifier | modifier le code]

Le drapeau des nations unies avec ses 33 segments, le nombre de grades dans le rite écossais ancien et accepté
Selon les théories du complot, le billet de 1 dollar américain est riche en allusions maçonniques, ici le mot mason ("maçon") serait volontairement rendu discrètement reconnaissable.

Plusieurs auteurs[34], par exemple David Icke[23], ont signalé que certaines entreprises utilisent une symbolique ou une numérologie maçonnique secrète ou discrète dans leur logo. L'emblème des Nations unies et ses 33 segments a été rapprochée du nombre de degrés dans le rite écossais ancien et accepté[34].

L’antimaçonnisme dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Au fur et à mesure que l'antimaçonnisme se répandit dans le corps social, il a engendré de nombreuses réactions culturelles telless que des caricatures, chansons, films, etc.

  • Meurtre par décret de Bob Clark, film reprenant les théories de Stephen Knight sur l'appartenance de Jack l'Éventreur à la maçonnerie.
  • From Hell, bande dessinée d'Alan Moore reprenant en partie la thèse du complot royalo-maçonnique de Stephen Knight dans l'affaire Jack l'Éventreur. Dans une postface intitulée Dance of the Gull Catchers, Moore précise avoir choisi cette thèse pour sa valeur littéraire plutôt qu'historique.
  • From Hell, inspiré du roman graphique d’Alan Moore, ce film explore l’arrière-plan psychologique de la légende de Jack l'Éventreur et la thèse d’un complot ourdi par les plus hautes instances du pouvoir impliquant la Franc-maçonnerie.
  • Ride the Goat, chanson satirique américaine ayant la forme d'une comptine enfantine où l'on décrit des enfants se moquant de leur père récemment introduit en loge.
  • La nouvelle Mon oncle Sosthène de Guy de Maupassant, contant la conversion d'un franc-maçon par un jésuite.
  • Le roman Les Hommes de bonne volonté : la recherche d'une église par Jules Romains.
  • Le « jeu de la casserole » est un dessin humoristique antimaçonnique, prenant la forme d'un jeu de l'oie en 33 cases, qui fut publié en 1905[35]. Il fait référence au scandale de l'affaire des fiches qui éclata en 1904.
  • The Freemasons: An Hudibrastick Poem[36] était un poème antimaçonnique publié en 1723 et mettant en scène un ancien franc-maçon délivré de son serment par un prêtre catholique qui se répand en propos antimaçonniques[37].
  • Le roman Le Franc-maçon de la Vierge, de Florent Bouhours, paru en 1888, raconte l'histoire d'un jeune tombant sous l'influence de deux francs-maçons, il fut une des meilleures ventes à l'époque[38].
  • Le roman Le Juif franc-maçon, de l'abbé Henri Desportes, paru en 1890, raconte l'histoire d'un franc-maçon juif régnant sur tout un village, il fut également meilleures ventes à l'époque[38].
  • Le roman Le Péril franc-maçon et le péril juif, paru en 1895 de Georges Romain, pseudonyme de Georges Kestler[38].
  • L'antimaçonnisme fait partie de la trame du roman d'Umberto Eco, Le Cimetière de Prague.

Théoriciens de l'antimaçonnisme[modifier | modifier le code]

Théoriciens de l'antimaçonnisme
Siècle Image Nom Orientation idéologique Type de théories sur la maçonnerie Ouvrage principal
XVIIIe siècle Augustin Barruel Augustin Barruel Jésuite Conspiration politique
Infiltration par les Illuminés de Bavière
Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme
XVIIIe siècle John Robison.png John Robison Franc-maçon Conspiration politique
Infiltration par les Illuminés de Bavière
Preuves d'une conspiration contre toutes les religions et gouvernements d'Europe
XIXe siècle Léo Taxil Léo Taxil Humoriste Conspiration religieuse Le Diable au XIXe siècle
XXe siècle Nesta Webster Nesta Webster Nationaliste Conspiration mondiale World revolution. The plot against civilization
XXe siècle William Guy Carr Catholique[réf. nécessaire] Conspiration mondiale Pawns in the game
XXe siècle Walton Hannah Catholique Influence contre-religieuse Darkness Visible : A Christian Appraisal of Freemasonry
XXe siècle Stephen Knight Société civile Conspiration politique The Brotherhood:The Explosive Expose of the Secret World of the Freemasons

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il s'agit d'un ouvrage intitulé Le Mystère de Léo Taxil et la vraie Diana Vaughan, publié en 1930 par la Revue internationale des sociétés secrètes (RISS) en 1930, dont l'existence est mentionnée par Jack Chaboud in La Franc-maçonnerie, Librio, p. 36
  2. selon l'article de C.LAYIKTEZ Freemasonry in islamic world

Références[modifier | modifier le code]

  1. Osservatore Romano, traduction : La documentation catholique, 5 mai 1985
  2. Par exemple certains groupes proches de la Fraternité Saint Pie X
  3. « Église/Franc-maçonnerie : le retour des vieux démons » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 9 mars 2007. Archivé sur archive.is.
  4. Christopher Hodapp, Freemasons for Dummies, Wiley Publishing Inc., Indianapolis, 2005, p. 85, sec. « Hitler and the Nazi ».
  5. Dominique Rossignol, Vichy et les Francs-Maçons, J.C. Lattès, Paris, 1981
  6. « The True Story Behind This Beloved Emblem of the Craft in Germany » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Archivé sur archive.is
  7. texte extraite des «Quatre Premiers congrès de l'I.C.» [p. 195-198, republié en russe et en anglais dans «Les Cinq premières années de l'I.C.»., 2 décembre 1922
  8. Histoire de la Franc-maçonnerie Française, chapitre: La Franc-maçonnerie chez Elle]
  9. « Franc maçonnerie, Franc maçon : dénonciation civique » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur WWW.DENONCIATION.com. archivé sur Wikiwix.
  10. Jack Chaboud, La Franc-maçonnerie, histoire, mythes et réalité, Librio, 2004, p. 35
  11. Site anti-maçonnique de tendance catholique traditionaliste
  12. Source: (en) Cracking the Freemason’s Code. A Scottish perspective
  13. Bernard Mery : les nouveaux parrains, interview au journal français Rivarol (revue), par Jérôme Bourbon
  14. 26 février 2003, Nouvelle de l'Agence France-Presse
  15. Commentaires sur l'arrêt de la Cour d’appel de Versailles par Bernard Méry sur son site.
  16. Christian Cotten, Mafia ou Démocratie
  17. Me Bernard MÉRY Les dessous de l'affaire..., extraits du livre de Christian Cotten, Mafia ou Démocratie
  18. Enregistrement de l'émission sur Youtube
  19. (en) Michael Baigent y Richard Leigh, The Temple and the Lodge,‎ 1989
  20. (en) Charles L. Westbrook Jr. Ph.D, America’s Oldest Secret: The Talisman of the United States, The Mysterious Street Lines of Washington D.C. - Signature Of The Invisible Brotherhood,‎ 1990, p. 123
  21. Site internet Wake Up America, Article Secret Societies
  22. Site internet The Forbiddenknowledge, Article de Robert Howard United States Presidents and The Illuminati / Masonic Power Structure
  23. a et b (Icke 1999)
  24. (en) Étude de ces rumeurs sur le site internet maçonnique Anti-Masonry Points of View
  25. a et b (en) Article DIA Conspiracies Take Off du "Denver Westword News", Jared Jacang Maher, 30 août 2007
  26. Alex Christopher, Pandora's box: The ultimate "unseen hand" behind the new world order
  27. notamment (Icke 1999)
  28. California Freemason, Summer 1972, Volume 19 No, 3. ed. Dewey H. Wollstein. p. 105.
  29. Science & Vie, hors série n°30H, Washington, capitale de la franc-maçonnerie?, par Marie-Amélie Carpio, p. 60.
  30. Dominique Setzepfandt, Paris Maçonnique, Faits et documents,
  31. Paul de Saint-Hilaire, Histoire secrète de Bruxelles, Albin Michel, 4 novembre 1981, (ISBN 2226013059)
  32. Adolphe Cordier, Histoire de l’ordre maçonnique en Belgique, Mons, 1854
  33. Jean van Win, Bruxelles maçonnique, faux mystères et vrais symboles, éditions Cortext, 2008, (ISBN 978-2-87430-047-9)
  34. a et b Corporate Logos
  35. Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Le Livre de poche, article "Antimaçonnisme", p. 35
  36. The Freemasons: An Hudibrastick Poem, texte en ligne en anglais
  37. Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Le Livre de poche, article "Antimaçonnisme", p. 38
  38. a, b et c Les Chrétiens et l'affaire Dreyfus, par Pierre Pierrard, p. 30

Annexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Anti-maçonnerie.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David Icke, The Biggest Secret: The Book That Will Change the World, Bridge of Love Publications,‎ 1999 (ISBN 0-9526147-6-6)
  • Alain Dierkens (éd.), Les courants antimaçonniques hier et aujourd'hui, Université de Bruxelles, collection « Problèmes d'histoire des religions », 1993, (ISBN 978-2800410753).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]