Christianisme oriental

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Le terme christianisme oriental peut, selon les définitions, recouvrir deux concepts différents, l'un historique et géographique, l'autre théologique et christologique :

Le « christianisme oriental » (en rouge et violet) à l'époque de la Ire croisade, selon la définition historique et géographique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une Cène, fresque du IVe siècle découverte le 25 février 1988 à Tomis (Scythie mineure) : en l'absence de symboles spécifiquement chrétiens, elle témoigne plutôt d'une ambiance spirituelle que d'une foi en particulier.

Le christianisme est né et s'est d'abord développé dans la partie orientale de l'Empire romain. Les villes de Jérusalem, d'Antioche et d'Alexandrie jouent le rôle de capitales ecclésiastiques. En 330, l'empereur Constantin Ier transfère la capitale de l'empire de Rome à Constantinople (rebaptisée Nea Roma, « Nouvelle Rome »), qui devient un grand foyer intellectuel. À Rome, première capitale impériale, l'évêque de la capitale impériale (qui fait remonter la fondation de son Église à l'apôtre Pierre) a rang de patriarche, avec les titres (initialement purement honorifiques) de « pontife » et de « premier parmi ses pairs » (en latin Primum inter pares). Le premier concile de Constantinople en 381 place le siège de Constantinople au second rang, juste après celui de Rome.

On aboutit alors à ce qui est connu sous le nom de Pentarchie : les cinq centres historiques de Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem (dans leur ordre de préséance et de primauté). En dehors de l'Empire romain, les chrétiens étaient libres de s'organiser en Églises indépendantes. Ce fut notamment le cas de l'Église arménienne et de l'Église géorgienne.

Basilique Ste-Sophie de Constantinople.
Débat entre catholiques latins et chrétiens orientaux.

Le monde chrétien va ensuite connaître plusieurs controverses christologiques, ainsi que des crises et bouleversements idéologiques et politiques, qui expliquent la situation d'aujourd'hui.

Icône de la Vierge à l'enfant, art populaire, XVIIIe siècle
Bible éthiopienne (Oregon Museum)

Les familles d'Églises orientales[modifier | modifier le code]

Les chrétiens orientaux d'aujourd'hui ont un héritage historique et culturel commun, mais ils ont également connu de nombreuses divisions et recompositions, souvent plus politiques que religieuses.

Les Églises orientales peuvent être regroupées en quatre ensembles, qui forme chacun une « communion » :

Quelques Églises orientales se rattachent également à l'ensemble des Églises protestantes, notamment en Inde (par exemple, l'Église malankare Mar Thoma).

Évolution récente[modifier | modifier le code]

Église arménienne de St-Grégoire de Tigrane Honents, à Ani.

Proche et Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

La tendance des dernières décennies est celle d'une émigration des chrétiens des pays du Proche- et du Moyen-Orient vers l'Europe occidentale, l'Amérique du Nord, l'Australie. Aujourd'hui, certaines Églises orientales peuvent pratiquement être considérées comme des « Églises en diaspora », à l'exemple de l'Église apostolique assyrienne de l'Orient dont le primat et la majorité des fidèles sont aujourd'hui installés en Occident.

Ces départs de zones traditionnellement chrétiennes peuvent avoir différentes causes, économiques, politiques ou religieuses.

Les communautés une fois installées en Occident peuvent connaître des évolutions très diverses : de l'assimilation et la perte de l'identité culturelle et religieuse, à la réaffirmation et au renouveau de cette identité.

Europe orientale[modifier | modifier le code]

La fin de l'Union soviétique et de la domination russo-soviétique en Europe centrale et orientale a permis une nouvelle liberté religieuse et un renouveau des Églises orthodoxes et catholiques orientales dans cette région. Cela ne va pas sans situations conflictuelles.

La situation est particulièrement complexe en Ukraine et en Roumanie avec la restauration des églises grecque-catholique ukrainienne et grecque-catholique roumaine (qui avaient été liquidées en 1946 au bénéfice respectivement des églises orthodoxe russe et orthodoxe roumaine) et avec la création de plusieurs Églises orthodoxes nouvelles, ne voulant plus être inféodées aux hiérarchies en place à l'époque communiste. La tension tient aussi aux conflits à propos de la restitution de lieux de culte anciennement « Uniates », que les églises orthodoxes ont reçu du pouvoir communiste et qu'elles entendent conserver. L'Église orthodoxe russe, pour qui l'Ukraine fait partie de son territoire canonique traditionnel et qui se considère comme étant la seule héritière légitime de l'ancienne Rus' kievienne, suit cette évolution avec intérêt et préoccupation. Des évolutions similaires peuvent être observées en Biélorussie (où la liberté religieuse est très relative), en Moldavie et chez les Russes des pays baltes.

La Russie elle-même connaît de nombreux débats et situations conflictuelles (rôle et positionnement de l'Église orthodoxe officielle et de ses dirigeants pendant la période soviétique, rapports avec l'Église orthodoxe russe hors frontières, développement de l'Église grecque-catholique russe, la sortie de la clandestinité de l'« Église des catacombes », l'encadrement de la diaspora russe en Occident…).

Europe occidentale et reste du monde occidental[modifier | modifier le code]

L'arrivée de nouveaux immigrés orientaux en provenance du Proche- et du Moyen-Orient ou d'Europe orientale a renforcé et renouvelé les communautés chrétiennes orientales déjà installées et souvent bien intégrées. Deux tendances sont perceptibles, notamment dans les communautés orthodoxes : garder et transmettre le patrimoine culturel et linguistique ou s'adapter à la nouvelle situation. Fréquemment, la religion est conservée, tandis que la langue disparaît au profit de celle du pays d'accueil. On voit ainsi se multiplier les paroisses de langue française ou de langue anglaise. De même, on voit se développer des expériences d'occidentalisation rituelle. Enfin, toujours chez les orthodoxes, on perçoit une volonté de clarification juridictionnelle (organisation des Églises sur un principe « territorial » et non pas « national »).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Julius Assfalg et Paul Krüger, Petit dictionnaire de l'Orient chrétien, Brepols, Turnhout, 1991 (ISBN 2503500625)
  • Ghislain Brunel (dir.), La présence latine en Orient au Moyen Âge, Centre historique des Archives nationales / Champion (col. Documents inédits des Archives nationales), Paris, 2000 (ISBN 2745304097)
  • Dmitrij Bumazhnov, Emmanouela Grypeou, Timothy B. Sailors et Alexander Toepel, Bibel, Byzanz und Christlicher Orient : Festschrift für Stephen Gerö zum 65. Geburtstag, Peeters, Louvain, 2011 (ISBN 978-9042921771)
  • Alain Ducellier, Byzance et le monde orthodoxe, Armand Colin (col. U), Paris, 1997 (3e éd.) (ISBN 2200015216)
  • Alain Ducellier, Chrétiens d'Orient et Islam au Moyen Âge VIIe ‑ XVe siècle, Armand Colin (col. U), Paris, 1999 (ISBN 2200014481)
  • Anne-Marie Eddé, Françoise Micheau et Christophe Picard, Communautés chrétiennes en pays d'Islam du début du VIIe siècle au milieu du XIe siècle, SEDES, Paris, 1997 (ISBN 2718190353)
  • Bernard Heyberger, Chrétiens du monde arabe : un archipel en terre d'Islam, Autrement (col. Mémoires), Paris, 2003 (ISBN 2746703904)
  • Bernard Heyberger, Les chrétiens du Proche-Orient au temps de la réforme catholique, École française de Rome, Rome, 1994 (ISBN 2728303096)
  • Raymond Janin, Les Églises et les rites orientaux, Letouzey & Ané, Paris, 1997 (ISBN 2706302062) (5e éd. avec compléments bibliographiques, 1re éd. 1922)
  • Pierre Maraval, Lieux saints et pèlerinages d'Orient : histoire et géographie, des origines à la conquête arabe, Cerf, Paris, 1985 (ISBN 2204022144)
  • Pierre Maraval, Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, Presse universitaire de France, Paris, 2001 (ISBN 2130515959) (1re éd. en 1997)
  • Jean Meyendorff, Unité de l'Empire et divisions des chrétiens : l'Église de 450 à 680, Cerf, Paris, 1993 (ISBN 2204046469)
  • Jean Meyendorff et Aristeides Papadakis, L'Orient chrétien et l'essor de la papauté : l'Église de 1071 à 1453, Cerf, Paris, 2001 (ISBN 2204066710)
  • Frédéric Pichon, Voyage chez les chrétiens d’Orient, Presses de la Renaissance, Paris, 2006 (ISBN 2750900913)
  • Jean Richard, La papauté et les missions d'Orient au Moyen Âge (XIIIe ‑ XVe siècles), École française de Rome, Rome, 1998 (ISBN 2728305196)
  • Jean-Pierre Valognes, Vie et mort des Chrétiens d'Orient, Fayard, Paris, 1994 (ISBN 2213030642)
  • Mahmoud Zibawi, Orients chrétiens, Desclée de Brouwer, Paris, 1995 (ISBN 2220036006)

Liens externes[modifier | modifier le code]