Faille nord-anatolienne

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Allure de la faille et amplitudes du « glissement » (en m) qui a suivi chaque séisme. Les zones qui n'ont pas rompues ont plus de chance de rompre dans l'avenir.

La faille nord-anatolienne est un décrochement géologique (faille coulissante) qui longe le Nord de la Turquie, et qui, en raison de son activité importante, est à l'origine d'un fort risque sismique dans cette zone.

Il s'agit d'un décrochement dextre.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La Turquie est située sur une microplaque tectonique, la plaque anatolienne, qui est poussée vers l'ouest par les plaques eurasienne et arabique. La faille nord-anatolienne est une faille coulissante, correspondant au glissement latéral, au rythme d'environ 20 mm par an, entre la plaque eurasienne et la plaque anatolienne. Longue de 1000 km[1], elle traverse le nord de la Turquie d'est en ouest passant à 20 km seulement au sud d'Istanbul.

À la différence de la faille de San Andreas dont la distribution spatiale des ruptures au cours du temps est assez aléatoire, la faille nord-anatolienne se caractérise par d’étonnantes séquences de ruptures[1].

Tremblements de terre majeurs le long de la faille[modifier | modifier le code]

Tremblement de terre Magnitude Victimes
1939 Erzincan 7,9 32 962 morts
1942 Niksar-Erbaa 6,9
1943 Tosya 7,7
1944 Bolu-Gerede 7,5
1949 Karlıova 7,1
1951 Kurşunlu 6,8
1957 Abant 6,8
1966 Varto 6,9 2 394 morts, 1 489 blessés
1967 Mudurnu 7,0
1971 Bingöl 6,8
1992 Erzincan 6,5
1999 İzmit 7,8 17 480 morts et 23 781 blessés
1999 Düzce 7,2 894 morts

Surveillance[modifier | modifier le code]

Depuis le désastre provoqué par le tremblement de terre d'Erzincan de 1939, il s'est produit sept tremblements de terre dépassant 7 sur l'échelle de Richter, chacun étant intervenu plus à l'ouest que le précédent. Les sismologues étudiant le phénomène avancent la théorie d'un « orage sismique » sur un nombre de décennies et que ce tremblement de terre a provoqué le suivant. En analysant les contraintes le long de la faille causées par chaque tremblement de terre, ils furent capable de prévoir une perturbation qui frappa la ville d'İzmit avec des effets dévastateurs en août 1999. Ils estiment que la chaîne n'est pas complète, et qu'un tremblement de terre frappera bientôt plus à l'ouest le long de la faille, peut-être sur la ville fortement peuplée d'Istanbul (12 millions d'habitants).

Le segment situé au sud d'Istanbul (le seul qui n'a pas bougé depuis 1766, situé à moins de 20 km du littoral turc) est réputé le plus dangereux ; c'est le seul où l'on n'observe pas de remontées de bulles de gaz, ce qui laisse craindre qu'un prochain tremblement de terre ne libère brutalement le méthane et d'autres gaz qui y sont piégés. Un suivi de cette faille a été mis en place, de manière à observer s'il y a un début de dégazage juste avant la rupture.
Avant cela, une campagne océanographique (MARMESONET, avec le navire Le Suroît d'IFREMER, du 4 novembre au 14 décembre 2009, dans le cadre du réseau d'excellence ESONET) en mer de Marmara a porté sur les liens entre sismicité et expulsion de fluides et bulles de méthane et sur la micro-bathymétrie le long de la faille nord-anatolienne [2].
Il est question d'installer des observatoires sous-marins permanents mesurant l'activité sismique par des modules dit « BOB » (Bubbles OBservatory module), pour notamment protéger Istanbul[2],[3].
Depuis les séismes d'Izmit et Düzce (1999), six campagnes océanographiques franco-turques ont été emportées par des navires français (Ifremer et IPEV), sur le risque sismique en mer de Marmara, avec un AUV (engin sous-marin autonome) d'IFREMER doté d'un sondeur CNRS-INSU [4]; de matériel d'imagerie des conduits empruntés par les fluides jusqu'à la surface. Du matériel fixe a mesuré durant un an sur chaque site, la micro-sismicité couplée à la mesure des pressions interstitielles et des débits à l'interface eau/sédiment. Le module « BOB » sera, dans le bassin de Cinarcik chargé du monitoring acoustique et de surveillance du débullage de fond. Le BOP [2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Péril en mer de Marmara, CNRS.
  2. a, b et c Présentation du programme MARMESONET par IFREMER
  3. "BOB" observe les bulles pour surveiller la faille au sud d'Istanbul ;la terre du futur ; 2009/12/11, consulté 2011/02/11
  4. Présentation des programmes, Insu, Cnrs