Cèdre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cèdre (homonymie).

Le cèdre est un genre de conifère de la famille des Pinacées, originaire du Moyen-Orient, d'Afrique du Nord et de l'Himalaya, acclimaté en Europe, comprenant des espèces d'arbres majestueux, à bois odorant, à cime conique ou étalée, très utilisées pour l'ornementation des parcs. Les branches de cette essence sont étalées horizontalement et en plans superposés.

Le mot « cèdre » vient du latin cedrus, issu lui-même du grec kedros, qui désignait aussi bien le genévrier cade.

Le cèdre est l'arbre symbole du Liban et sa silhouette figure sur le drapeau du Liban.

En Guyane française, le terme « cèdre » recouvre un sens botanique très différent, tandis qu'au Canada, ce mot désigne souvent les thuyas.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le cèdre adulte a un port (tabulaire) et des couleurs caractéristiques, notamment appréciés dans les parcs et jardins ; qui ont contribué à sa diffusion hors de son habitat naturel.

Les cèdres sont de grands arbres, de 25 à 50 m de haut, dont la cime aiguë dans le jeune âge prend une forme tabulaire caractéristique à partir de 30 ans. Les branches sont très étalées à l'horizontale.

Les « feuilles » sont des aiguilles persistantes, courtes (2 à 4 cm), un peu piquantes, mais plus longues (3 à 6 cm) et plus souples chez le cèdre déodar; elles sont réunies en rosettes sur des rameaux courts.

Les cônes femelles, ovoïdes oblongs, de 6 à 11 cm de long sur 4 à 6 cm de diamètre, sont dressés et les écailles minces se détachent avant la chute du cône. Les graines triangulaires sont ailées.

Les cèdres peuvent vivre plus de 2 000 ans ; cependant les plus anciens actuellement sont âgés d'environ 1 000 ans.

Ils sont reconnus pour leur croissance rapide[1].

Les espèces[modifier | modifier le code]

Les espèces de cèdre sont les suivantes :

  • Cette clé de détermination est inspirée de celle de Pierre Quézel (1998)[2] :
    • Cônes femelles arrondis au sommet, grands (9-15 cm), à écailles glabres extérieurement ; aiguilles longues de 2,5-5 cm, vert clair et souples ; rameaux terminaux pleureurs ; sommet pointu : Cedrus deodara
    • Cônes femelles ombiliqués au sommet, plus petits et ne dépassant pas 10 cm de long, à écailles finement tomenteuses extérieurement ; aiguilles longues de 0,8-2,2 cm ; rameaux généralement dressés ; sommet tabulaire ou un peu arrondi
      • Aiguilles longues de 0,8-1,5 cm larges de 1,5-2 mm, en général distinctement incurvées, coriaces et acuminées ; cônes femelles ne dépassant pas en général 8 cm de longueur : Cedrus brevifolia
      • Aiguilles longues de 1,5-2,2 cm, larges de 1-1,5 mm, rectilignes ou sinueuses, ni coriaces, ni distinctement acuminées simplement aiguës ; cônes femelles de 8-10 cm de longueur
        • Aiguilles longues de 8-19 mm, à apex longuement corné, cônes femelles longs de 7-10 cm, rameaux jeunes densément pubescents : Cedrus atlantica
        • Aiguilles longues de 15-25 mm, à apex brièvement corné, cônes femelles longs de 5-8 cm, rameaux jeunes glabres ou glabrescent : Cedrus libani

Attention, certains auteurs considèrent le cèdre de l'Atlas et le cèdre de Chypre comme des variétés de cèdre du Liban. Ceci donne donc :

D’autres auteurs considèrent le cèdre de l'Atlas et le cèdre de Chypre comme des sous-espèces du cèdre du Liban ayant eux-mêmes plusieurs variétés. Ceci donne donc :

Faux cèdres :

Pathologie[modifier | modifier le code]

Les cèdres servent de plante-hôte à certaines espèces de chenilles, par exemple Thaumetopoea spp. et Agrotis segetum (sur Cedrus deodara).

Utilisation[modifier | modifier le code]

Arbres d'ornement[modifier | modifier le code]

Les cèdres ont été introduits en Europe où ils sont largement utilisés comme arbres d'ornement dans les parcs publics et les jardins. Il en existe de nombreuses variétés horticoles.

Une des variétés les plus connues est le « cèdre bleu », Cedrus atlantica 'Glauca', qui existe aussi en forme d'arbre pleureur, Cedrus atlantica 'Glauca pendula'.

Essence de reboisement[modifier | modifier le code]

Le cèdre de l'Atlas a été très employé au XIXe siècle, vers 1860, pour reboiser les pentes dénudées du mont Ventoux, du petit Luberon dans le sud du Vaucluse, constituant la plus grande forêt de cèdres d'Europe occidentale suite à un pari entre deux ingénieurs forestiers en 1863 ; la cédraie s'y développe sur 500 hectares à 700 m d'altitude, du mont Aigoual, et des Pyrénées. Il constitue désormais, entre 800 et 1 000 m d'altitude, des peuplements remarquables qui se régénèrent abondamment.

Dans les années 1990, environ 20 000 hectares de cèdres ont été reboisés dans le sud de la France.

Bois d'œuvre[modifier | modifier le code]

À ce sujet, il faut citer l'utilisation du bois de cèdre du Liban pour la construction du premier Temple de Jérusalem vers 976 avant J.-C. Ce bois a le mérite, outre son odeur particulière, d'éloigner les insectes et les vers. Le cèdre, erez en hébreu, est l'arbre le plus souvent cité dans la Bible.

C'est cependant un bois assez cassant, ce qui limite son emploi pour les charpentes. Ses propriétés d'imputrescibilité le faisaient employer aussi pour la construction navale et la fabrication de sarcophages.

Le bois précieux du cèdre du Liban sert aux artisans pour la confection de boîtes à bijoux, de coffrets, ...

Il ne faut pas confondre le bois de cèdre avec le bois d'appellation commerciale red cedar, qui est du thuya géant de Californie, utilisé essentiellement en recouvrement pour les murs extérieur (Bevel-siding) ou les toitures sous forme de tuiles (bardeaux).

Cèdre et santé[modifier | modifier le code]

Essence et résine[modifier | modifier le code]

L'huile essentielle aromatique du cèdre de l'Atlas a des propriétés antifongique, antiseptique, cicatrisante, astringente et décongestionnante pour les voies respiratoires.

Elle contient[3] des sesquiterpènes : béta-himachalène (48,03 %), alpha-himachalène (16,80 %), gamma-himachalène (10,24 %), ar-himachalène (0,50 %), delta-cadinène (1,67 %), alpha-cédrène (0,90 %), alpha-calacorène (0,68 %), (E)-alpha-bisabolène (0,59 %) et des cétones sesquiterpéniques : (E)-alpha-atlantone (2,97 %), (Z)-gamma-atlantone (0,83 %), (E)-gamma-atlantone (2,43 %), (Z)-alpha-atlantone (0,68 %). Elle ne doit pas être appliquée pure (risque d'irritation de la peau) ni chez la femme enceinte ni chez le jeune enfant, ni chez l'épileptique, ni à fortes doses (Cf. action abortive et neurotoxique sur le long terme).

On la dit aussi relaxante, drainante, lymphotonique et diurétique, lipolytique (élimination des graisses). Elle contribuerait à la qualité du réseau artériel et du cuir chevelu (antipelliculaire, comme l'huile de cade). Elle éloigne les moustiques et mites.

(Ne pas confondre cette huile avec l'huile de cèdre (en) utilisée pour l'observation microscopique, qui est tirée du genévrier de Virginie, parfois appelé « cèdre de Virginie ».)

Chez les Égyptiens anciens, l'essence de cèdre et sa résine entraient dans les préparations servant à embaumer les momies.

Encore aujourd'hui, cette propriété naturelle est mise à profit pour réaliser en bois de cèdre des cintres et des boules à suspendre dans les armoires. Les substances aromatiques qui se dégagent sont un excellent répulsif contre les mites.

Allergie au pollen de cèdre[modifier | modifier le code]

Le pollen de cèdre est plutôt gros (90 à 50 µm) mais il peut être transporté sur de grandes distances. Il n'est pas réputé allergène. Une certaine confusion est entretenue par le fait que les Anglo-saxons appellent cèdres énormément d'arbres qui n'en sont pas. Ainsi au Japon, un nouveau type d'allergie est en forte augmentation où elle touche maintenant plusieurs millions de personnes, due au cryptomère du Japon (Cryptomeria japonica) appelé par erreur "cèdre du Japon".

Articles détaillés : Pollen et Pollinose.

Les cônes[modifier | modifier le code]

Un cône de Cèdre recouvert de givre.

Les cônes produits par le cèdre du Liban ont une forme très typée de petit tonneau ovoïde. Très décoratifs, il n'est pourtant pas facile de les faire sécher sans qu'ils se désagrègent, perdant toutes les écailles il ne reste souvent qu'un petit bâton central. Il existe cependant une astuce pour les garder entiers : les ramasser encore verts, les faire se déshydrater dans un congélateur pendant au moins 6 mois et ensuite les tremper dans un mélange de colle blanche et d'eau (50 %) et les laisser sécher.

Voici tous les autres arbres qui se nomment cèdres.

Les Anglo-Saxons ayant pour habitude d'appeler cedar (cèdre) de nombreux conifères, la liste ci-après n'est pas exhaustive.

Symbolique[modifier | modifier le code]

Le cèdre sur le drapeau du Liban.
Cèdre du liban (Barouk, 2005).

Les noces de cèdre symbolisent les 49 ans de mariage dans le folklore français.

En islam, le cèdre a été associé au mécréant par Mahomet(source??) :

D’après Abou Hourayra, le Messager d’Allah a dit : «  Le croyant est comme une plante cultivée qui croit et que le vent fait pencher, car le Croyant aussi ne cesse de subir des épreuves. L’hypocrite, quant à lui est comme le cèdre que rien ne peut secouer jusqu’à sa chute » (rapporté par Mouslim, 5024).

Une version dit : «  Le mécréant est comme le cèdre qui reste fixe sur son tronc et que rien ne pourrait mouvoir avant sa chute (naturelle).

Les propos du Prophète : «  Al arza.. » sont interprétés par les linguistes comme désignant un arbre de l’espèce de sanawbar qui pousse en Syrie et en Arménie.

Le terme « tustahssadou » signifie ne subit aucun changement jusqu’à sa chute à l’instar d’une plante desséchée.

Le terme « al-mudjdhiba » signifie : rester fixe et le terme « indji’af ’ signifie : se déraciner.

Les ulémas disent que le hadith signifie que le croyant souffre de beaucoup de maux dans sa personne, sa famille et ses biens. Mais cette souffrance expie ses péchés et élève son grade. Quant au mécréant, il ne souffre pas de beaucoup de maux. Et ses souffrances n’entraînent pas l’expiation de ses péchés. Bien au contraire, il les assumera entièrement au jour de la résurrection. Voir Mouslim commenté par an-Nawawi.

Ces propos, « Al arza », sont interprétés par les linguistes comme désignant un arbre de l’espèce de sanawbar qui pousse en Syrie et en Arménie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Bou Dagher-Kharrat M., Caractérisation du génome et structuration géographique de la diversité génétique du genre Cedrus ; Thèse Université Paris VI, 2001.
  • Pierre Quézel, « Cèdres et cédraies du pourtour méditerranéen : signification bioclimatique et phytogéographique », Forêts méditerranéennes, vol. 19, no 3,‎ 1998, p. 243-260 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le cèdre sur techno-science.net.
  2. Pierre Quézel, « Cèdres et cédraies du pourtour méditerranéen : signification bioclimatique et phytogéographique », Forêts méditerranéennes, vol. 19, no 3,‎ 1998, p. 243-260 (lire en ligne)
  3. Teneur variant selon les huiles, ici donnée à titre indicatif à partir d'un produit du marché. Voir exemple