Coronavirus

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Coronavirus (du latin, virus à couronne) est le nom d'un genre de virus de la famille des coronaviridae. Les coronavirus sont munis d'une enveloppe virale ayant un génome à ARN de sens positif et une capside (coque)[1] d'une symétrie hélicoïdale. La taille génomique du virus varie entre 26 et 32 kilobases, incroyablement grosse pour un virus à ARN. Le virus à couronne doit son nom à l'apparence des virions sous un microscope électronique, avec une frange de grandes projections bulbeuses qui ressemblent à la couronne solaire. Les coronavirus se classent parmi les Nidovirales, puisque tous les virus de cet ordre produisent un jeu imbriqué d'ARNm sous-génomique lors de l'infection. Des protéines en forme de pic, enveloppe, membrane et capside contribuent à la structure d'ensemble de tous les coronavirus.

Réplication[modifier | modifier le code]

Virus à couronne.png

1. Grâce à leur protéine S, les virus à couronne se lient aux molécules cellulaires de surface telles que les métalloprotéinases. Les virus dotés en plus de la protéine HE (hémagglutinine-estérase) dans leur enveloppe peuvent aussi se lier à l'acide N-acétylneuraminique qui sert de corécepteur (lui-même initiateur de l'entrée d'un pathogène dans une cellule hôte).

2. Jusqu'à présent, il n'est pas clair si les virus entrent dans la cellule hôte par la fusion des membranes virales et cellulaires ou par l'internalisation à récepteur.

3. Puisque les coronavirus sont munis d'un seul génome ARN à brin positif, ils sont capables de produire leurs protéines et de nouveaux génomes sur place dans le cytoplasme (la chair de la cellule). D'abord les virus assemblent leur ARN polymérase (ce sont des scribes d'information génétique) qui ne reconnaît et produit que l'ARN viral. Cet enzyme assemble le brin négatif, se servant du brin positif comme modèle.

4. Par la suite, ce brin négatif sert lui-même de modèle pour transcrire de petits ARNs sous-génomiques qui sont utilisés pour fabriquer toutes les autres protéines. Par ailleurs, ce brin négatif joue un rôle dans la réplication de nouveaux génomes ARN à brin positif.

5. La protéine N aide à lier l'ARN génomique alors que la protéine M s'intègre à la membrane du réticulum endoplasmique à l'instar des protéines HE et S. Après liaison, les nucléocapsides (la coque avec au centre le génome) assemblées dotés d'ARN hélicoïdale bourgeonnent à l'intérieur du réticulum endoplasmique et seront recouvertes de sa membrane.

6. Cette progéniture virale est enfin portée par des vésicules de Golgi vers la membrane cellulaire pour être enfin externalisée (par le mécanisme de l'exocytose) hors de la cellule.

Maladies[modifier | modifier le code]

Le virus à couronne infecte essentiellement les voies digestives et respiratoires supérieures chez les mammifères et les oiseaux. On a identifié quatre ou cinq souches de coronavirus capables d'atteindre l'Homme, dont le plus connu étant SARS-CoV, à l'origine du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère). Ce dernier a une pathogénèse unique puisqu'il entraîne des infections aux voies respiratoires inférieures et supérieures en plus de la possibilité d'une gastro-entérite. On attribue un pourcentage non négligeable de rhumes banals aux coronavirus chez les humains adultes, surtout en hiver ou au début du printemps. Une personne ayant des problèmes de santé aura plus de mal à sortir de cette situation qu'une autre personne en bonne santé.

NCoV (ou Novel coronavirus), est le nom provisoire d'un coronavirus découvert en septembre 2012 chez un homme originaire du Qatar qui avait récemment voyagé en Arabie saoudite[2],[3]. Le premier cas connu était un saoudien qui est mort au début de 2012.

Le 30 octobre 2013, les autorités du sultanat d'Oman ont fait état du premier cas dans ce pays du Golfe du coronavirus MERS, qui à cette date, a déjà fait 52 morts dans l'Arabie saoudite voisine.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Nouveau coronavirus (MERS-CoV) dans le monde[modifier | modifier le code]

Nouveau coronavirus (MERS-CoV) en France[modifier | modifier le code]

En 2013, deux premiers cas détectés d'infection par le « nouveau coronavirus » hautement pathogène ont été détectés en France.

Tous deux ont été trouvés dans le Nord Pas-de-Calais : le 7 mai, chez un patient masculin de 65 ans revenant d'un voyage en Arabie saoudite où (dans l'est du royaume) la majorité des cas mondiaux est alors recensée[4](avec 40 cas confirmés dont 25 sont morts[5]) ; puis le 12 mai 2013 chez un patient qui avait partagé la chambre d'hôpital du premier (fin avril 2013), avant que son infection ne soit connue, ce qui a justifié la mise en place d'un dispositif d'enquête et d'épidémiosurveillance avec l'Institut de veille sanitaire et sa cellule régionale, l’Institut Pasteur et l'ARS Nord–Pas-de-Calais, sous l'égide du ministère de la Santé et de la Direction Générale de la Santé (DGS). Un numéro vert d'information grand public a été ouvert[6] (valable pour toute la France).

Les deux patients ont été hospitalisés et mis en quarantaine au CHRU de Lille où ils ont dû être placés sous assistance respiratoire ("extra-corporelle" pour le 1er cas suite à une défaillance respiratoire[7]), alors que leurs proches ou les personnes avec lesquels ils ont eu des contacts récents étaient recherchés. Ces derniers ont reçu l'interdiction de se rendre dans des lieux publics ou de recevoir de la visite et l'ARS (Agence Régionale de Santé) les contacte deux fois par jour pour vérifier qu'ils ne développent pas de symptômes de la maladie.

Le 28/05/2013, l'un des deux patients français est décédé au CHRU de Lille.

Selon le professeur Arnaud Fontanet (Chef de l'unité des maladies émergentes à l'Institut Pasteur), il existe de « grandes similitudes » entre cette infection et le Sras (« dans les deux cas, les symptômes sont respiratoires et la transmission s'exerce par voie respiratoire et par contact rapproché »[4].

Transmission et contagiosité[modifier | modifier le code]

L'OMS ne dispose pas d'assez d'information pour parvenir à des conclusions sur le mode et la source de transmission du coronavirus, mais estimerait d'après l'analyse des cas d'Arabie saoudite que la transmission nécessite un contact proche et prolongé avec une personne déjà malade[5].

L'un des réservoirs pourrait être le chameau[8]. Selon les CDC américains et une étude publiée le 21 août 2013 dans "Emerging Infectious Diseases" les chauve-souris pourraient avoir joué aussi un rôle dans l’épidémie d’Arabie saoudite[9], cependant « toutes les chauve-souris ne sont pas porteuses du virus. Les chercheurs ont pu remarquer que la chauve-souris dont le coronavirus est similaire à celui de l’homme était détectée près de l’endroit où le premier cas est arrivé chez l’homme »[9]...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « http://www.letemps.ch/Page/Uuid/1ade43b4-0ef4-11e2-8f31-0adcd5faacdf/Coronavirus#.UY-a8SuAuCk » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  2. (en) Stephanie Nebehay, « WHO issues guidance on new virus, gears up for haj », sur Reuters,‎ 26 septembre 2012 (consulté le 27 septembre 2012).
  3. (en) Tina Hesman Saey, « Scientists race to understand deadly new virus : SARS-like infection causes severe illness, but may not spread quickly », Science News, Washington, Society for Science & the Public, vol. 183, no 6,‎ 23 mars 2013, p. 5-6 (DOI 10.1002/scin.5591830603, lire en ligne).
  4. a et b AFP/France3, [1], publié 13/05/2013, consulté 13/05/2013
  5. a et b Reuter/Huffingtonpost (2013), SARS-Like Virus: 4 New Coronavirus Cases Confirmed In Saudi Arabia, publié 14/05/2013, consulté 14/05/2013
  6. Numéro vert, concernant le « nouveau coronavirus » : 0 800 13 00 00
  7. AFP/France 3 (2013), Coronavirus : l'état de santé du 2ème malade se dégrade, publié 13/05/2013, consulté 13/05/2013
  8. Reusken CBEM, Haagmans BL, Müller MA, Gutierrez C, Godeke G, Meyer B et al. Middle East respiratory syndrome coronavirus neutralising serum antibodies in dromedary camels: a comparative serological study, Lancet Infectious Diseases 9 Aug 2013
  9. a et b Olivia Viernes (2013), [en savoir plus sur http://www.lasantepublique.fr/sante-environnementale/23082013,des-chauve-souris-a-l-origine-du-coronavirus,676.html#72WsI6vJk6yMW0kM.99 Le coronavirus a tué 47 personnes sur les 96 infectées dans le monde. Les chauve-souris seraient à l’origine du virus selon les autorités américaines

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Christine V.F. Carrington, Jerome E. Foster, Hua Chen Zhu, Jin Xia Zhang, Gavin J.D. Smith, Nadin Thompson, Albert J. Auguste, Vernie Ramkissoon, Abiodun A. Adesiyun et Yi Guan, « Detection and Phylogenetic Analysis of Group 1 Coronaviruses in South American Bats », Emerging Infectious Diseases journal, Centers for Disease Control and Prevention, vol. 14, no 12,‎ décembre 2008, p. 1890-1893 (DOI 10.3201/eid1412.080642, lire en ligne).