Cisjordanie

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32° 00′ N 35° 23′ E / 32, 35.383

Cisjordanie

La Cisjordanie aussi appelé Judée-Samarie est une région du Proche-Orient qui constitue depuis 1967 un enjeu du conflit israélo-palestinien. Elle couvre une surface de 5 860 km2 et compte une population totale estimée à 3 200 000 personnes en 2013 : 2 700 000 Palestiniens (y compris à Jérusalem-Est) et 500 000 colons israéliens (y compris à Jérusalem-Est)[1]. Le nombre de Palestiniens habitant Jérusalem-Est est estimé à 208 000, beaucoup de maisons n'ont pas pu être visitées car les autorités israéliennes s'opposent au recensement[2].

Les frontières de la région suivent le Jourdain, la mer Morte et la Ligne verte (la ligne de cessez-le-feu de la Première Guerre israélo-arabe). La Cisjordanie englobe les villes de Jérusalem-Est, Jéricho, Naplouse, Hébron, Jénine et Tulkarem et des colonies israéliennes telles qu'Ariel, Ma'aleh Adumim, Betar Illit et le Goush Etzion ainsi que de nombreux lieux saints des trois religions abrahamiques.

La région a fait l'objet de nombreuses résolutions de l'ONU dont la 181 et la 242. Israël, qui la désigne comme « Judée-Samarie », y voit un territoire administré et disputé alors que la communauté internationale la considère comme un territoire occupé. L'autorité palestinienne la revendique pour y fonder un État palestinien, déjà reconnu dans ces frontières par plusieurs pays[3].

Initialement attribuée par le Plan de Partage de la Palestine à un futur État arabe, elle est annexée par la Transjordanie en 1949 à l'issue de la Première Guerre israélo-arabe. À la suite de la Guerre des Six Jours, Israël en prend le contrôle et 300 000 Palestiniens y fuient les combats ou en sont expulsés[4]. Depuis cette époque, Israël y a favorisé l'implantation illégale de colons et en 1982 annexe Jérusalem-Est et fait de « Jérusalem réunifiée » sa capitale contre l'avis de la communauté internationale. En 1988, l'OLP déclare solennellement la création d'un État palestinien en Cisjordanie et à Gaza avec Jérusalem-Est pour capitale. Entre 1990 et 2001, le statut et le partage de la région ont fait l'objet de négociations infructueuses entre l'Autorité palestinienne et Israël. Depuis 2002, officiellement pour lutter contre le terrorisme palestinien, Israël édifie en Cisjordanie une barrière de séparation au tracé litigieux et malgré les condamnations de la communauté internationale[5].

Dénominations[modifier | modifier le code]

Étymologiquement, Cisjordanie désigne la région « du même côté » (du mot latin cis), par rapport au Jourdain, par opposition à « l'autre côté », l'autre rive du fleuve, appelée trans–jordanie. Ce terme est habituellement employé pour la rive ouest du Jourdain et est apparu entre 1948 et 1967 en rapport à la période d'annexion par le royaume que l'on appelait encore à l'époque la Transjordanie. Ce royaume hachémite avait été créé dans les années 1920 sur la rive orientale du fleuve et avait été transformé par la Société des Nations en mandat britannique en même temps que la Palestine sur l'autre rive.

Les anglophones utilisent plus souvent, pour cette même région, l'expression « West Bank » – littéralement « rive ouest » – dénomination également géographique et qui a l'avantage d'être plus neutre vis-à-vis de l'autre rive du Jourdain, mais cette expression est aussi plus imprécise par rapport à d'éventuelles frontières avec l'État d'Israël, qui fut créé en 1948 sur la même rive.

En Israël, le gouvernement et une grande partie des Israéliens adoptent, depuis 1967 et plus résolument depuis l'avènement du premier gouvernement de Menahem Begin en 1977[6], la dénomination de Yehuda véShomron יהודה ושומרון (« Judée et Samarie »), en référence aux territoires des deux royaumes bibliques issus du schisme entre la Judée, dont la capitale est Jérusalem, et Israël, dont la capitale est Samarie. D'autres utilisent en hébreu l'expression haGada haMa'aravit הגדה המערבית (la rive occidentale) ou en abrégé "haGada" (la rive). Enfin, en arabe (seconde langue officielle de l'État d'Israël), on retrouve parfois pour la désignation de cette région le terme de « Al dhifa al gharbia » الضفة الغربية qui signifie « rive ouest ».

L'ONU elle-même a également utilisé les termes de Judea et de Samaria dans le texte de la résolution 181 de novembre 1947 pour désigner précisément dans sa partie 2, les frontières des deux États, arabe et juif, à créer par le partage de la Palestine mandataire. Dans ce document officiel, l'ONU utilise comme des références les frontières connues de la Judée et de la Samarie en tant que régions, en même temps qu'elle parle de la Galilée, du Néguev, du District d'Haïfa ou du district de Gaza, ou encore des sous-districts administratifs de l'époque.

Des personnalités publiques comme Hugh Fitzgerald[7], vice-président du Jihad Watch Board, remettent en question l'utilisation du terme West Bank en expliquant que l'expression est imprécise et que potentiellement la totalité de l'État d'Israël (à l'exception peut-être du Néguev) est à l'ouest du Jourdain. Selon eux, il faut préférer utiliser une expression comme Judée-Samarie qui est plusieurs fois millénaire, plutôt que Cisjordanie qui ne date que de l'occupation jordanienne. Pour d'autres, comme le professeur de linguistique Lewis Glinert le regrette[8], « la bataille des mots est perdue pour les Israéliens » sur l'utilisation du terme West Bank car « Jordaniens, Britanniques et potentiellement le monde entier » utilisent déjà ce terme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Map comparing the borders of the 1947 partition plan and the armistice of 1949.
Plan de partage de la Palestine de l'ONU de 1947 :
  Zone désignée pour un état juif
    Zone désignée pour un état arabe
    Corpus separatum de Jérusalem (ni juif ni arabe)

Frontières suite à l'armistice de 1949 :
    Territoire arabe de 1949 à 1967
      Israël d'après les lignes de l'armistice de 1949

L'histoire de la Cisjordanie (ou Judée-Samarie) ne se distingue en rien de celle de l'ensemble de la région jusqu'en 1948. La Judée-Samarie couvre les provinces historiques de Samarie et de Judée. La chute successive de ces deux royaumes place ces territoires dans les domaines des empires babylonien, puis perse et enfin grec. La royauté hasmonéenne restaure provisoirement une souveraineté juive sur des frontières de plus en plus grande avant de s'incliner face à l'empire romain. Les dernières révoltes juives sont écrasées au IIe siècle. Le christianisme s'impose à l'Empire romain puis byzantin.

Comme pour le reste du Proche-Orient, un large pan de la population est convertie de force à l'islam lors de l'invasion arabe au VIIe siècle qui détruira plus de 2000 évêchés du Moyen-Orient jusqu'au Maghreb. Toutefois, il subsistera continuellement des minorités significatives de chrétiens, de Juifs, de Samaritains et de Druzes. Jérusalem devient au XVIe siècle une province de l'Empire ottoman, avant de subir, au XIXe siècle, l'influence croissante de la Grande-Bretagne[9].

Après le démembrement de l'Empire ottoman, la Société des Nations confie au Royaume-Uni un mandat sur la Palestine en 1920. Dès 1917, la déclaration Balfour se donnait la charge d'y constituer un « foyer national juif », tout en souhaitant veiller à la préservation des droits civils et religieux de la population arabe.

Devant la croissance de l'immigration juive depuis la fin du XIXe siècle, la population arabe organise à plusieurs reprises des troubles (notamment les émeutes de Jérusalem de 1920, le massacre d'Hébron de 1929), et même un véritable soulèvement entre la fin de 1935 et 1939.

Le plan de partage de la Palestine de novembre 1947 prévoit l'intégralité des monts de Judée et de Samarie dans les frontières de l'État arabe dont il planifie la création (exception de Jérusalem avec un statut séparé). L'année 1947 voit s'affronter violemment les populations juive et arabe de Palestine. Au lendemain du départ des Britanniques, l'État d'Israël proclame son indépendance le 14 mai 1948 sur les territoires qui lui sont attribués par la résolution 181. Les armées des pays arabes voisins fondent immédiatement sur le nouvel État. La Transjordanie, qui a l'armée arabe la plus puissante de la région (la Légion arabe), a le projet d'annexer la plus grande partie possible de la Palestine en arrivant par l'Est. Les Israéliens résistent puis repoussent leurs adversaires jusque dans la ville de Jérusalem. L'armistice obtenu fige les lignes de front et la ligne verte entoure la région toujours occupée par la légion arabe à l'issue du conflit.

La Transjordanie, où le mandat britannique ne s'applique déjà plus depuis mai 1946, proclame l'annexion de la région désormais connue sous le nom de Cisjordanie et s'étend sur les deux rives du Jourdain. La Cisjordanie partage alors l'histoire de la Jordanie de cette époque. Abd Allah ibn Hussein en devient le premier roi. Cette annexion est reconnue uniquement par le Royaume-Uni. Dans les années qui suivent, des fedayin traversent la ligne verte depuis la Cisjordanie pour opérer des raids en territoire israélien.

La guerre des Six Jours en 1967 entre Israël et ses pays voisins fait perdre au royaume de Transjordanie, renommé depuis Jordanie, les territoires qu'il contrôlait à l'ouest du Jourdain : la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Israël prend le contrôle de la région et établit des colonies de peuplement juif dans ces territoires qu'il soumet à une administration militaire. Le royaume hachémite continue de contrôler la fonction publique (hôpitaux, écoles, municipalités) et de gérer les lieux saints islamiques.[réf. nécessaire]

En décembre 1980, Israël annexe Jérusalem-Est par une loi fondamentale qui fait de Jérusalem « une et indivisible », la capitale de l'État.

Le 9 décembre 1987 éclate la première Intifada, d'abord dans la bande de Gaza, puis elle s'étend à la Cisjordanie. C'est en juillet 1988 que le royaume de Jordanie renonce officiellement aux territoires de Cisjordanie, mettant fin à la représentation électorale des populations au sein du parlement jordanien, et faisant redessiner les cartes du royaume pour le limiter à la rive Est du Jourdain, dans les frontières qu'on lui connaît aujourd'hui. L'Organisation de libération de la Palestine s'impose progressivement comme représentation des populations arabes palestiniennes.

Le processus de paix israélo-palestinien installe dans les années 1990 une autorité palestinienne sur la bande de Gaza et sur certaines villes de Cisjordanie. Une grande partie du territoire reste sous le contrôle intégral des Israéliens et fait l'objet de négociations difficiles qui n'ont pas encore abouti. Les frontières entre l'État d'Israël et la Cisjordanie ne sont pas encore clairement fixées et résultent toujours des accords d'armistice israélo-arabes de 1949 à la suite de la guerre israélo-arabe de 1948. Les Palestiniens considèrent qu'Israël occupe les territoires de Cisjordanie, alors que du côté israélien, on préfère parler de « contrôle » et de territoires « disputés » plutôt que d'occupation. Au niveau international, il est généralement admis que la Cisjordanie est un territoire occupé, et qu'à ce titre les implantations de populations israéliennes y ont un caractère illégal en raison de la Convention de Genève. Israël a toujours vigoureusement contesté cette vision des choses, argumentant que ce territoire, qui était sous occupation jordanienne avant 1967, avait été perdu par la Jordanie à l'issue du conflit.

La Cisjordanie fait dès lors l'objet d'un vaste processus de colonisation par des populations juives depuis les années 1970. Cette colonisation est illégale selon l’article 49 de la Quatrième Convention de Genève qui déclare : « La Puissance occupante ne pourra procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle. ».

Ce processus a entraîné la fragmentation des territoires. Le territoire est en effet maillé d'axes de circulation longs de 700 km desservant les colonies et interdits aux Palestiniens. L'essentiel des ressources hydrauliques de la Cisjordanie revient à Israël et aux colonies tandis que les Palestiniens n'ont pas en général le droit de forer de nouveaux puits[10].

Soldat israélien et femme palestinienne à Jérusalem-Est, en 2004.

À partir de 2001, le durcissement des positions au cours des négociations et surtout la seconde Intifada mettent à mal le processus de paix. En Cisjordanie, de nombreuses incursions israéliennes ont lieu en représailles aux attentats-suicides palestiniens. La plus importante de ces incursions (nommée « Opération Rempart ») est déclenchée à la suite d'un attentat palestinien particulièrement meurtrier dans la ville de Netanya le 27 mars 2002, revendiqué par le mouvement islamiste Hamas et faisant 29 morts. « Rempart » a consisté en une réoccupation de la plupart des villes palestiniennes de Cisjordanie, principalement Ramallah (où le complexe présidentiel de Yasser Arafat a été largement détruit, ainsi que le centre de la sécurité préventive palestinienne situé à Beitounya), Naplouse (où des combats particulièrement violents dans la casbah ont occasionné la mort de 78 Palestiniens), et Jénine.

Soldat israélien et enfant palestinien devant le Mur

En 2002, le gouvernement israélien (à l'époque un gouvernement de coalition comprenant aussi bien le Likoud que les travaillistes) a décidé la construction d'une barrière de séparation dont le but annoncé est de protéger les citoyens israéliens des attentats-suicides. Une controverse a immédiatement explosé, alimentée par le tracé du passage de la clôture. Celui-ci, empiétant parfois largement hors des frontières de 1967, est considéré par les Palestiniens comme une tentative d'appropriation de terres par le biais d'un fait accompli sur le terrain. Cette controverse a culminé lors de l'intervention de la Cour internationale de justice sur le sujet, qui a déclaré le « mur » illégal, à la suite d'une résolution de l'Assemblée générale pour la consulter. Israël n'a pas ratifié le traité créant cette Cour et ne reconnaît pas son autorité sur ce sujet litigieux sur lequel elle aurait été consultée sans l'accord des différentes parties impliquées[11].
Malgré les manifestations quotidiennes en Cisjordanie, la « barrière de sécurité » d'Israël progresse. Une fois achevée, elle devrait mesurer 730 kilomètres.

Cette barrière aggrave significativement les problèmes économiques des populations palestiniennes et, dans un certain nombre de cas, crée des obstacles à l'accès aux soins et à l'éducation. Elle a cependant eu un impact significatif sur le nombre d'attentats-suicides perpétrés sur le territoire israélien. Fin novembre 2004, la Cour suprême de l'État d'Israël a ordonné des changements notables du tracé de la clôture, la rapprochant des frontières de 1967. Cependant, des « blocs » de colonies israéliennes situées dans les territoires palestiniens sont englobés dans le tracé modifié.

En juin 2005, dans le processus lié à la décision israélienne de se désengager d'une partie de la Cisjordanie et de l'intégralité de la bande de Gaza, la Cour Suprême de l'État d'Israël a déclaré que ces territoires étaient occupés par fait de guerre et ne faisaient pas partie du territoire national.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Cisjordanie est un territoire de 5 860 km2[1] entouré au nord, à l'ouest et au sud par l'État d'Israël sur 307 km de frontière (ligne verte) résultant de l'armistice de 1949. À l'est, le Jourdain constitue une frontière naturelle de 97 km avec la Jordanie tandis que le sud-est du territoire est bordée par la mer Morte.

Le point le plus bas se situe près de la mer morte à une altitude de -408 m au plus bas de la dépression de la vallée du Jourdain. Les Monts de Judée culminent au Mont Hazor à 1 022 m, suivi par les monts Ebal (940 m) et le Garizim (881 m).

Les principaux cours d'eau sont :

  • le Wadi Fa'rah, en Samarie, qui se jette dans le Jourdain ;
  • le Mufjir (la Hadera pour les Israéliens), en Samarie, qui se jette dans la mer Méditerranée à Hadera en Israël ;
  • le Wadi Kabibala (ou rivière Lakish pour les Israéliens), en Judée, qui se jette dans la Méditerranée à Ashdod en Israël.
Rue commerçante de Ramallah

Les principales villes palestiniennes de Cisjordanie sont :

Les principales colonies israéliennes implantées en Cisjordanie sont :

Population[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Démographie de la Palestine et Palestiniens.
Plaque d'immatriculation d'un véhicule palestinien de Cisjordanie

La population de Cisjordanie est composée :

La population totale de l'ensemble varie de 2 514 845[1] à 2 858 000 de personnes[13],[14].

Arabes palestiniens[modifier | modifier le code]

Selon l'institut de statistiques palestiniens PCBS, la population arabe palestinienne de Cisjordanie atteint 2 719 112 en 2013 (y compris à Jérusalem-Est).

Les Arabes palestiniens représentent 82 % de la population de Cisjordanie [13].

Habitants israéliens[modifier | modifier le code]

Selon l'institut de statistiques israélien, en 2009, la population juive israélienne de Cisjordanie est évaluée à 220 000 personnes à Jérusalem-Est et 293 000 dans le reste du territoire[14] et connait un taux de croissance élevé du fait de l'immigration et d'un très fort taux de natalité (+4,1 % en rythme annuel en 2009) chez les Juifs de Cisjordanie, dépassant celui des Palestiniens.

Selon le démographe Youssef Courbage, les israéliens représentent 20 % de la population totale en 2005 et probablement 25,5 % en 2025[15].

L'implantation d'installations israéliennes en Cisjordanie a été encouragée depuis son occupation par Israël en 1967, avec une accélération du mouvement depuis 1977, sous le gouvernement de Menahem Begin. La politique d'implantations s'est poursuivie au long de la période du processus de paix, même si en quelques occasions, les Israéliens, en signe de bonne volonté, ont gelé leur implantation de manière temporaire. Le nombre de d'Israéliens a plus que doublé entre 1993 et 2006[16]. Les implantations israéliennes sont illégales d'après les résolutions votées par l'ONU[17].

Selon un rapport sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens présenté le 15 mars 2000 par le Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme des Nations unies, « la proportion de terres palestiniennes confisquées par Israël serait d'environ 60 % en Cisjordanie et 33 % dans la bande de Gaza, ainsi que 33 % des superficies palestiniennes à Jérusalem – soit au moins 32,5 km2 –, et ce à des fins publiques, semi-publiques ou privées, dans le but de créer des zones militaires israéliennes, des installations de peuplement, des zones industrielles, des routes de contournement ou des carrières et de mettre des terres sous le contrôle de l’État à l’usage exclusif d’Israël[18] ».

Les conditions de vie[modifier | modifier le code]

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Depuis 2000 et la Seconde Intifada, les conditions de vie des populations palestiniennes en Cisjordanie suscitent de plus en plus d'inquiétude. Plusieurs missions mandatées par l'ONU[Lesquelles ?], ainsi que d'innombrables témoignages[évasif], indiquent une régression spectaculaire du niveau de vie, du niveau d'éducation, et du suivi sanitaire des populations. Le principal facteur cité est l'accentuation, depuis la Seconde Intifada, de la restriction de circulation des biens et personnes mise en place par l'armée israélienne. Certaines villes (Jéricho ou Jénine par exemple) sont entourées d'un fossé interdisant toute entrée ou sortie de la ville, à l'exception de points de passage ou « checkpoints » contrôlés par l'armée. Il y a aussi plus d'une centaine de ces checkpoints disséminés sur les routes de Cisjordanie, et d'innombrables contrôles mobiles. Israël de son côté assure que ces checkpoints sont indispensables à la protection de ses citoyens, en Israël comme en Cisjordanie. De plus, la présence et l'agrandissement continu des implantations israéliennes ajoutent des sources de conflits et d'incidents graves. Cependant, depuis environ deux ans, une levée partielle de certains checkpoints, ainsi que le démantèlement de certains autres à permis aux populations palestiniennes en Cisjordanie de profiter d'un nouveau souffle économique, et d'une plus grande facilité de déplacement.

Économie[modifier | modifier le code]

Boucherie palestinienne à Jérusalem-Est

L'économie de la Cisjordanie était essentiellement agricole sous l'occupation jordanienne. L'occupation par Israël à partir de 1967 a favorisé le développement d'une main-d'œuvre industrielle en faisant appel à des dizaines de milliers de travailleurs palestiniens employés dans l'industrie israélienne, et notamment dans le secteur du bâtiment. Cependant, cette main d'œuvre est la première touchée par les mesures périodiques de bouclages des territoires occupés motivés par les menaces terroristes. L'activité industrielle n'a pas compensé les pertes en emplois agricoles. Aujourd'hui, l'agriculture réalise moins de 20 % du PNB, contre 40 % pour l'industrie et les services. L'activité industrielle se limite à l'industrie légère parfois très proche de l'activité artisanale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e CIA-The World Factbook
  2. a et b Palestinians grow by a million in decade, Jerusalem Post, 2 septembre 2008
  3. Ecuador becomes fifth Latin American country to recognize Palestinian state, Haaretz, 25 décembre 2010.
  4. Robert Bowker, Palestinian Refugees: Mythology, Identity, and the Search for Peace, 2003, p. 82.
  5. « L’Assemblée générale de l’ONU a massivement adopté une résolution condamnant l’édification par Israël d’un mur défensif empiétant sur les terres palestiniennes. », RFI, 22 octobre 2003 : [1]
    • Ian Lustick, The Riddle of Nationalism: The Dialectic of Religion and Nationalism in the Middle East, Logos, Vol.1, No-3,‎ 2002, p. 18-44 The terms “occupied territory” or “West Bank” were forbidden in news reports. Television and radio journalists were banned from initiating interviews with Arabs who recognized the PLO as their representative.
    • Myron J. Aronoff, Israeli Visions and Divisions: Cultural Change and Political Conflict, Transaction Publishers,‎ 1991, p. 10 [...] “Judea and Samaria”, the biblical terms that the Likud government succeeded in substituting for what had previously been called by many the West Bank, the occupied territories, or simply the territories. The successful gaining of the popular acceptance of these terms was a prelude to gaining popular acceptance of the government’s settlement policies.
    • Shlomo Gazit, Trapped Fools: Thirty Years of Israeli Policy in the Territories, Routledge,‎ 2003, p. 162 [...] the Likud Government was not satisfied with the name ‘Administered Territories’. Even though the name ‘Judea and Samaria’ had been officially adopted as early as the beginning of 1968 instead of the ‘West Bank’, it has hardly been used until 1977.
    • Emma Playfair, International Law and the Administration of Occupied Territories: Two Decades of Israeli Occupation of the West Bank and Gaza Strip, Oxford University Press,‎ 1992, p. 41 On 17 December 1967, the Israeli military government issued an order stating that “the term “Judea and Samaria region” shall be identical in meaning for all purposes . .to the term “the West Bank Region”. This change in terminology, which has been followed in Israeli official statements since that time, reflected a historic attachment to these areas and rejection of a name that was seen as implying Jordanian sovereignty over them.
    • Ran HaCohen, Influence of the Middle East Peace Process on the Hebrew Language, Undoing and Redoing Corpus Planning, Michael G. Clyne (ed.),‎ 1992, p. 385–414, 397 During a short period immediately after the 1967 war, the official term employed was ‘the Occupied Territories’ (ha-shetahim ha-kevushim). It was soon replaced by ‘the Administered Territories’ (ha-shetahim ha-muhzakim) and then by the (biblical) Hebrew geographical terms “Judea and Samaria”. The latter were officially adopted and successfully promoted by the right wing governments (since 1977) and are still the official terms in use.
  6. Hugh Fitzgerald: Judea, Samaria, and "occupation"
  7. Lewis Glinert: The language war, Jerusalem Post, janvier 2004
  8. Encyclopédie Encarta Article:Cisjordanie
  9. Géopolitique du Maghreb et du Moyen-Orient p. 174
  10. (fr) Sauver des Vies: La clôture antiterroriste d'Israël, par le Ministère des Affaires étrangères de l'État d'Israël, octobre 2004
  11. http://www.jerusalem.muni.il/jer_main/defaultnew.asp?lng=1
  12. a et b http://www.pcbs.gov.ps/Portals/_pcbs/census2007/ind_loca_09.pdf
  13. a et b http://www1.cbs.gov.il/population/new_2010/table1.pdf
  14. http://www.ceri-sciencespo.com/publica/critique/article/ci31p23-38.pdf
  15. Géopolitique et Maghreb et du Moyen-Orient p. 174.
  16. http://www.un.org/french/Depts/palestine/issues_colonies.shtml
  17. Rapport sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, présenté par M. Giorgio Giacomelli, Rapporteur spécial, conformément à la résolution 1993/2 A de la Commission des droits de l'homme, 22 p.— Voir en page 3 du document.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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