Tigre (fleuve)

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38° 19′ 00″ N 41° 01′ 00″ E / 38.3167, 41.0167 ()

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Tigre
Le Tigre aux environs de Diyarbakir (Turquie).
Le Tigre aux environs de Diyarbakir (Turquie).
Image illustrative de l'article Tigre (fleuve)
Caractéristiques
Longueur 1 900 km
Bassin 258 000 km2
Bassin collecteur Chatt-el-Arab
Débit moyen 1 500 m3/s
Cours
Source Taurus
Embouchure le Chatt-el-Arab (Golfe Persique)
Géographie
Pays traversés Drapeau de la Turquie Turquie
Drapeau de la Syrie Syrie
Drapeau de l'Irak Irak

Le Tigre est un fleuve de Mésopotamie long de 1 900 km.

Géographie[modifier | modifier le code]

Il prend sa source dans le Taurus (haut-plateau arménien, Turquie) puis parcourt la Syrie et l'Irak du nord au sud en passant par Mossoul et Bagdad. Ensuite, il rejoint l'Euphrate pour former un estuaire commun, le Chatt-el-Arab, long de 200 km, qui débouche dans le golfe Persique.

Comme l'Euphrate, (et comme le Nil en Égypte), le Tigre traverse en Irak essentiellement une région désertique et son alimentation en eau dépend de contrées montagneuses étrangères. Son régime, fortement influencé par la fonte des neiges, était très irrégulier, mais il a été partiellement régulé par des barrages. Le barrage de Samara oriente les eaux excédentaires lors des crues vers la dépression du Tharthar dans la basse Djézireh. De là, un canal rejoignant l'Euphrate permet de réutiliser ces eaux et de renforcer le débit de l'Euphrate. Moins long que l'Euphrate, le Tigre fournit un volume nettement plus important d'eau à l'Irak (de 47 à 50 km³ suivant les sources).

Ses principaux affluents, descendant de la montagne du Zagros et des montagnes d'Iran, confluent sur sa rive gauche.

Sur sa rive droite, il se rapproche fortement de l'Euphrate à partir de la région de Bagdad.

Dans la partie basse de son cours, son profil en longueur très plat a entraîné la formation de marécages importants qui s'étendaient sur 12 000 km2 entre le Tigre et l'Euphrate. Ces marais étaient en forte régression sous le double effet de la construction de nombreux barrages sur les deux fleuves et d'une politique de drainage inconsidérée, mais suite à la guerre d'Irak en 2003, les Chiites du sud ont partiellement détruit les digues, reconstituant ainsi 40 % des marais.

Le Tigre est un sujet de friction entre l'Irak et la Turquie, cette dernière voulant encore réduire son débit par la construction de nouveaux barrages.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom sumérien original du Tigre était Idigna (eau courante). Ce nom était utilisé par les Akkadiens, qui l'appelaient Idiqlat. Puis, avec l'aide d'un intermédiaire perse ou directement via un akkadien, le nom a été adopté par les Grecs comme Tigris (tigre en grec). Un autre nom attesté pour le Tigre est Arvand Rud qui a été utilisé durant le temps de l'empire perse.

Langage Noms pour Tigre
Akkadien Idiqlat
Arabe دجلة, Diğlä
Arménien Տիգրիս, Tigris
Grec ancien ἡ Τίγρης, -ητος, hē Tígrēs, -ētos;

ἡ, ὁ Τίγρις, -ιδος, hē, ho Tígris, -idos

Hébreu חידקל , Ḥîddeqel
Hourrite Aranzah[1]
Kurde Dîcle (Prononciation : Didjlé)
Persan Vieux-persan:Tigrā; Persan:دجله Dijle
Sumérien Idigna/Idigina IDIGNA (Borger 2003 nr. 124)  Cette page contient des caractères spéciaux. Si certains caractères de cet article s’affichent mal (carrés vides, points d’interrogation, etc.), consultez la page d’aide Unicode.
Syriaque ܕܩܠܬ Deqlaṯ
Turc Dicle (Prononciation : Didjlé)

Données hydrographiques[modifier | modifier le code]

Le Tigre s'écoule sur 1 850 km dont 400 en Turquie, 32 sur la frontière syrienne et 1 418 en Irak.

Bassin versant du Tigre
Pays longueur
(km)
Surface
(km2)
Proportion Contribution
au débit
Turquie 400 45 000 12 % 51 %
Syrie 32 1 000 0,2 % 0 %
Irak 1 418 292 000 54 % 39 %
Iran affluents 37 000 34 % 10 %
Débit moyen annuel
Affluent Surface du bassin
en milliers de km2
Débit moyen
en milliards de m3
Tigre
(à la frontière turque)
155 21
Grand Zab 26 entre 10 et 13,5
Petit Zab entre 21,5 et 31 7,2
Adhaim 13 0,8
Diyala 32,9 entre 5,4 et 5,7
Total 258 entre 44,4 et 48,2
Le Tigre à Bagdad

Les débits mensuels à Bagdad[modifier | modifier le code]

Le débit du Tigre a été observé pendant 32 ans (entre 1906 et 1972) à Bagdad, capitale irakienne située à quelque 400 kilomètres en amont de son confluent avec l'Euphrate[2].

À Bagdad, le débit annuel moyen ou module observé sur cette période était de 1 210 m³/seconde pour une surface prise en compte de 134 000 km2, soit près de 55 % de la totalité du bassin versant du fleuve.

La lame d'eau écoulée dans cette partie du bassin, de loin la plus importante du point de vue de l'écoulement (80 % du débit total du fleuve), atteint ainsi le chiffre de 285 millimètres par an, ce qui est élevé pour la région.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Bagdad
(Données calculées sur 32 ans)

Affluents[modifier | modifier le code]

Ouvrages hydrauliques du haut bassin Tigre-Euphrate

Ouvrages hydrauliques[modifier | modifier le code]

La Turquie a disposé plusieurs barrages sur les affluents du Tigre dont le principal, encore en construction, est le barrage Ilisu. (Voir « Projet d'Anatolie du Sud-Est », le projet turc d'aménagement du Sud-est anatolien).

L'Irak a également aménagé le fleuve pour irriguer et assécher les marais du sud-est.

Ouvrages situés en Turquie[modifier | modifier le code]

Voir « Liste des ouvrages hydrauliques du GAP » pour accéder à la liste complète des ouvrages turcs construits ou prévus sur le bassin du Tigre et de l'Euphrate

Ouvrages situés en Syrie[modifier | modifier le code]

La Syrie prévoit de créer des zones irriguées à partir de stations de pompage dans le Tigre.

Ouvrages hydrauliques irakiens

Ouvrages situés en Irak[modifier | modifier le code]

D'amont en aval :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. E. Laroche, Glossaire de la langue Hourrite, Paris (1980), p. 55.
  2. Unesco - Le bassin du Tigre - Station: Bagdad