Premier concile de Constantinople

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Concile de Constantinople.
Le premier concile de Constantinople, mur peint dans l'Église de Stavropoleos, Bucarest (Roumanie).
Le premier concile de Constantinople représenté sur une enluminure d'un manuscrit byzantin du IXe siècle

Le premier concile de Constantinople, convoqué de mai à juillet 381, par l'empereur Théodose Ier en charge de l'Orient, est le deuxième concile œcuménique de l'histoire du christianisme après celui de Nicée.

Théodose n'ayant pas invité les évêques d'Occident dont les juridictions dépendaient de son collègue Gratien[1], le concile réunit cent cinquante évêques, tous orientaux.

Il est présidé par Mélèce Ier d'Antioche, puis, à sa mort, par Grégoire de Nazianze. Ce concile poursuit la réflexion dogmatique du premier concile de Nicée en proclamant la divinité du Saint-Esprit. Il établit un symbole de foi désigné sous le nom de symbole de Nicée-Constantinople qui complète le symbole de foi proclamé à Nicée.

Il affirme aussi que « l'évêque de Constantinople tient le premier rang après l'évêque de Rome parce que Constantinople est la nouvelle Rome », ce qui donne ensuite son impulsion à la doctrine de la pentarchie.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Premier concile de Nicée.

L'idée du Concile de Constantinople commence dès 378[A 1]. Lors du Concile de Sirmium, l'empereur d'Occident Gratien avait promis de convoquer un nouveau concile[A 1]. L’avènement de Théodose, comme empereur d'Orient, consacre l'arrivée au pouvoir d'un partisan de la foi de Nicée, alors même que le précédent empereur défendait l'arianisme[A 2]. Dès les années 378 et 379, les orthodoxes en exil reviennent vers Constantinople, comme Mélèce et Paulin d'Antioche, Pierre d'Alexandrie[A 2].

L'évêque de Constantinople Démophile était arien[A 3]. Les partisans de la foi de Nicée se réunissent progressivement autour de Grégoire de Nazianze[A 3].

Lors du Concile d'Antioche (379), Mélèce réunit les évêques orientaux qui affirment être en accord avec l'enseignement du pape Damase, favorisant l'unité des chrétiens[A 4].

Au début de l'année 380 l'empereur Théodose Ier tombe malade, et se fait baptiser[A 5]. Il professe alors ouvertement la foi de Nicée[A 5]. Quelques jours plus tard il publie l'Édit de Thessalonique, demandant à tous de suivre la foi de Nicée, condamnant implicitement l'arianisme. Théodose impose l'autorité de Damase, et remplace l'évêque arien de Constantinople par Grégoire de Nazianze[A 6].

Le concile[modifier | modifier le code]

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le Concile commence en mai 381, cent-cinquante évêques sont présents, venus de tout l'Orient de l'empire, sauf d'Égypte[A 7]. Parmi les personnes présentes, on peut compter Grégoire de Nysse, Grégoire de Nazianze, Pierre de Sébaste[A 7]. C'est Mélèce d'Antioche qui préside l'assemblée concilaire[A 7]. Après le décès de Mélèce, la présidence échoit à Grégoire de Nazianze.

Les évêques qui refusent d'accepter les formules de Nicée n'ont pas le droit de siéger. Trente-six évêques conduits par Marcien de Lampsaque et Eleusius de Cyzique refusent le concile de Nicée et partent sans siéger au concile. Grégoire de Nazianze cherche à préserver l'unité de l'Église pendant ses prêches de la Pentecôte[2],[A 8], mais il n'y parvient pas. Les pneumatomaques repoussant le Concile n'y siègent pas[A 8].

Grégoire de Nazianze soutient la candidature de Paulin au siège d'Antioche, mais cette candidature échoue et les membres du concile préfèrent le prêtre Flavien[3]. Cette élection est vécue par Grégoire de Nazianze comme un désaveu et il décide donc de démissionner[3].

Problèmes abordés[modifier | modifier le code]

Icône dite de la Trinité de saint André l'Iconographe. Il s'agit des trois anges apparus à Abraham aux chênes de Mambré qu'André Roublev interprète comme une figure du mystère de la Trinité invisible.

Œuvre doctrinale[modifier | modifier le code]

Dans la mesure où les évêques devaient accepter la foi de Nicée afin de siéger au sein du Concile de Constantinople, les problèmes dogmatiques ne furent pas nombreux au sein du Concile. Le Concile rappela le credo de la foi de Nicée et compléta l'article sur l'Esprit :

L'Esprit-Saint y est confessé comme Seigneur, donnant la vie, procédant du Père et recevant avec le Père et le Fils même adoration et même gloire.

Il anathématisa également toutes les hérésies qui s'étaient développées durant la controverse arienne : Eunomiens, Anoméens, Ariens, sabellianisme, Marceliens, Apollinaristes[A 8].

Problèmes épiscopaux[modifier | modifier le code]

Byzance fut érigée en capitale de l'Empire sous le nom de Constantinople en 330 et l'évêque de Constantinople rapidement élevé au rang de patriarche aux côtés des évêques de Rome, d'Alexandrie et d'Antioche cités dans les canons du concile de Nicée de 325.

Le troisième canon du concile de Constantinople lui donne le second rang après l'évêque de Rome.

« Canon 3. Que l'évêque de Constantinople est le second après celui de Rome.
Cependant l'évêque de Constantinople aura la préséance d'honneur après l'évêque de Rome, puisque cette ville est la nouvelle Rome. »

Par cette décision, "les Pères reconnaissaient l'existence de la nouvelle capitale avec cependant l'arrière-pensée d'abaisser les prétentions du patriarcat d'Alexandrie et de son évêque Athanase, dont l'influence était source de graves difficultés[4]".

Les suites du concile de Constantinople[modifier | modifier le code]

Le concile clôtura le débat ouvert dans un premier temps par Arius sur la divinité du Fils, débat prolongé par celui sur la divinité de l'Esprit. Mais immédiatement un nouveau débat surgit, celui qui concerne l'être même du Fils, le Verbe de Dieu incarné, constitué à la fois d'un élément divin et d'un élément humain[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Principales sources biographique

  • J. R. Palanque, G. Bardy, P. de Labriolle, De la paix constantinienne à la mort de Théodose, Paris, Librairie Bloud & Gay, coll. « Histoire de l'Église »,‎ 1950, 536 p.
  1. a et b p.280
  2. a et b p.281
  3. a et b p.282
  4. p.283
  5. a et b p.284
  6. p.285
  7. a, b et c p.286
  8. a, b et c p.287

Autres références

  1. Steven Runciman, Le schisme d'Orient, Les Belles Lettres, 2005, p.23.
  2. Discours 41 de Grégoire de Nazianze
  3. a et b Philippe Henne, Saint Jérôme, Cerf, coll. « Histoire », Monts (France), octobre 2009, 68 p. (ISBN 978-2-204-08951-7)
  4. Runciman, op. cité, p.23.
  5. Pierre Maraval, Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, PUF, 1997, p. 350.