Couserans

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Situation du Couserans dans le département de l'Ariège

Le Couserans (Coserans en occitan) est une petite province historique du Languedoc pyrénéen, située dans la partie occidentale du département de l'Ariège en France. C'était à l'origine une cité gallo-romaine devenue un évêché de l'antique Église des Gaules qui se maintint jusqu'à la Révolution française. Depuis, le territoire n'a plus d'existence officielle.

Son gentilé est couserannais (coseranés/couseranés en occitan). La ville principale est Saint-Girons. Province gasconne, le Couserans est rive droite de la Garonne, dans les vallées du Salat, du Volp, de l'Arize et du Lez.

Le nom de « Couserans » vient des Consoranni, le nom donné par les Romains au peuple antique qui avait son chef-lieu à Saint-Lizier. César, dans La guerre des Gaules, comme d'autres, différencie bien les Consoranni d'Aquitaine ou "Convenae" (Commingeois) et les Consoranni de Narbonnaise (Couserannais).

Géographie[modifier | modifier le code]

Coucher de soleil sur le Mont Valier

Le Couserans, pays de montagne, s'étend sur une trentaine de kilomètres autour de sa capitale Saint-Girons. Il compte 30 000 habitants.

Le Bas et le Haut-Couserans[modifier | modifier le code]

Le Bas et le Haut Couserans : la Bellongue vue depuis Saint-Girons
Blason historique du Couserans
Le Mont Valier, symbole du Couserans, vu depuis Saint-Lizier

Il se subdivise en deux parties, le Bas-Couserans, en aval de Saint-Girons, et le Haut-Couserans en amont, l'ensemble organisé autour d'une artère : le Salat (qui se jette dans la Garonne) et ses nombreux affluents.

Le Bas-Couserans, entre 350 et 700 mètres d'altitude, appartient au domaine des Pré-Pyrénées ou Petites Pyrénées, encore appelé le Plantaurel, une région calcaire plissée où alternent vallons et lignes de crête.

Limité au sud par la vallée du Lez et la vallée du Baup, petit ruisseau qui occupe le large couloir permettant d'atteindre Foix, la région s'étend à l'est jusqu'à La Bastide-de-Sérou (entre Saint-Girons et Foix) et au nord-est jusqu'au Mas-d'Azil.

Au sud de cet ensemble, le Haut-Couserans, avec trois lignes de crête parallèles d'orientation est-ouest :

  • d'abord, un chaînon qui atteint les 1 500 m, le front-nord pyrénéen (massif de Sourroque, massif d'Erp-Soulan, col de Rille),
  • ensuite, la zone Adosse-Mirabat-Bouirex-Araing - Calabasse,
  • enfin la chaîne axiale, sur la frontière avec l'Espagne, qui commence dans les montagnes d'Aulus, non loin du Pic de Montcalm (bassin de l'Ariège) et se poursuit jusqu'au Crabère, sur la limite départementale avec la Haute-Garonne, en passant par les pics de Certescans, Mont Rouch, le Mont Valier, Barlonguères et Maubermé, tous ayant 2 500 à 2 800 m d'altitude. Sur ce trajet, la frontière ne descend jamais en dessous de 2 087 m (port de Salau). Les versants sont raides, puisque les fonds de vallées, vers 1 200 m, sont rarement à plus de 3 ou 4 km de la ligne de crête.

Au pied de ces montagnes, deux cours d'eau, le Salat et le Lez, son principal affluent, qui individualisent les deux grandes parties de la montagne couseranaise : le Haut-Salat et le Castillonnais.

Dans le Castillonnais aux vallées étroites (Biros, Bethmale), les villages sont essentiellement installés sur les soulanes. Dans le Haut-Salat, les bassins intérieurs (Oust-Seix, Massat, Ercé, Ustou) alternent avec les secteurs plus encaissés (gorge de la Ribaute entre Lacourt et Kerkabanac), tandis que les soulanes, sous forme de plateaux (Soulan, Cominac) ou de collines (Sentenac d'Oust) dominent l'ensemble.

Dans le Haut-Salat, le pic de Montagnol et la vallée d'Angouls ont été classés « Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique », en raison de leur flore de hautes montagnes calcaires avec plantes endémiques ou rares, et de la présence d'une faune de montagne riche.

Géologie[modifier | modifier le code]

L'essentiel de ce territoire est constitué de terrains sédimentaires, essentiellement calcaires, argiles et schistes, et, localement, des terrains granitiques (Erp avec ses granites pourris, montagnes d'Aulus) ou volcaniques. Les plus célèbres de ces derniers étant situés, au-dessus de Massat, autour de l'étang de Lers, qui a donné son nom à la roche verdâtre, la lherzolite.

La montagne couserannaise résulte, comme l'ensemble des Pyrénées, du choc de deux plaques continentales, la plaque « ibérique » et la plaque « européenne ». Les roches sédimentaires qui s'étaient formées au fond des mers au cours des périodes précédentes ont alors été portées en altitude et très vigoureusement redressées, parfois à la verticale. On peut encore voir de nos jours, à quelques kilomètres en aval d'Aulus-les-Bains et balafrant le paysage montagnard, le banc calcaire redressé, témoin de la limite entre les deux plaques.

Mais ce sont des périodes plus proches de nous qui vont contribuer à façonner les paysages du Couserans, tels que nous les connaissons aujourd'hui.

D'abord, pendant la longue période du Tertiaire, une intense érosion réduit considérablement la hauteur de ces montagnes et met en place un premier réseau de vallées entre lesquelles s'étendent des surfaces inclinées, dont l'une se remarque encore de nos jours dans le paysage : elle limite, à l'ouest, le bassin d'Oust, partant du Mont Valier (2 800 m), passant par le Bouyrex (1 800 m), pour finir sur les montagnes de Sourroque (1 400 m) qui dominent Saint-Girons.

Le Couserans était célèbre dans l'Antiquité et le Haut Moyen-Âge pour ses carrières de marbre noir veiné de blanc appelé le grand antique d'Aubert. Ces carrières, situées à Moulis, ont fourni des parements à la basilique Sainte-Sophie inaugurée par l'empereur Justinien en 537. Le roi mérovingien, Caribert, avait répondu favorablement à une requête de l'empereur Justinien entre 532 et 537.

Les glaciers[modifier | modifier le code]

Mais c'est surtout la période des glaciations qui va façonner la haute montagne.

Le Couserans a connu, dans sa partie orientale, un glacier relativement important, dans les montagnes qui s'étendent entre Aulus et Ustou, sur le site de l'actuelle station de ski de Guzet-neige et descendant dans les vallées du Garbet et de l'Alet, deux affluents du Salat. Entre le pic Rouge de Bassiès et les pics du Certescans-Montabonne (2 840 m), sur une dizaine de kilomètres de longueur, la ligne de crête ne descend jamais en dessous de 2 400 m. En outre, au nord de cette crête, les espaces situés au-dessus de 1 800 m sont relativement vastes : ils s'étendent sur 2 à 3 km au minimum dans le secteur de Guzet, du pic de Séron au pic du Freychet. Certes, ces dimensions peuvent prêter à sourire par leur modestie, mais, dans ces montagnes des Pyrénées centrales aux versants très raides, de telles configurations sont exceptionnelles. C'est donc là que s'accumulèrent, pendant les périodes les plus froides de cette longue époque glaciaire qui dura un million d'années, les neiges qui alimentèrent ce glacier. Il en subsiste, vers 1 800 mètres d'altitude, de nombreux lacs fermés par des verrous glaciaires (étangs d'Alet, de la Hilette, d'Aubé, du Garbet) et des cirques, dont les plus connus sont ceux de Cagateille ou du Garbetou, sans oublier, plus à l'ouest, dans la haute vallée du Salat, le cirque d'Anglade dans la commune de Couflens.

Ce gros glacier descendait en une masse compacte entre les actuelles vallées de l'Alet et du Garbet. Arrivé au niveau du col de Latrape, situé actuellement vers 1 100 m, il se heurtait au chaînon du pic de l'Adosse et se séparait en deux langues vers les deux vallées d'Aulus et d'Ustou, situées actuellement entre 700 et 800 m d'altitude. Au niveau de ces deux villages, ces vallées ont, par endroits, les flancs abrupts des vallées glaciaires en auge.

Les lacs[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte des fiefs de Gascogne(?) vers 1150

Habité depuis fort longtemps (en attestent les témoignages laissés par la civilisation magdalénienne), le Couserans passe sous l’autorité de Rome en 121 avant Jésus-Christ. La cité antique des Consoranni, bâtie sur un promontoire dominant le Salat, la principale rivière du Couserans, a peut-être été fondé à la même époque que Lugdunum Convenarum (Saint-Bertrand de Comminges), par Pompée à son retour d’Espagne, en 72 avant Jésus-Christ. La cité connaît alors un essor parallèle à Lugdunum Convenarum l’autre ville importante de la Novempopulanie.

La christianisation précoce du Couserans, au IVe siècle est attribuée à Valerius, le premier évêque de la cité. La montagne emblématique du Couserans porte son nom : le Mont Valier.

Durant les temps troublés du Haut Moyen Âge, les invasions se succèdent dans le piémont pyrénéen, entre barbares venus du nord et Maures du sud. Lugdunum Consoranum est plusieurs fois attaquée. Elle doit d’ailleurs son nouveau nom de Saint-Lizier à l’un de ses défenseurs, un certain Licerius, évêque d’origine portugaise, au VIe siècle.

L'expression « comté de Couserans » est très ancienne, sans qu'on puisse la dater exactement. Bernard Roger de Foix, comte de Foix, s'intitule « comte de Couserans » à partir de 1012. Les descendants de Bernard Roger sont comtes de Couserans, même si le titre n'est plus utilisé à partir du XIIe siècle (d'autant que vers 1126-1130 le comte Bernard Ier de Comminges s'empare du haut Salat[1]) : son fils Pierre Bernard comte de Foix < Roger II < Roger III < Roger Bernard Ier < son gendre Roger de Comminges, fils cadet de Bernard III comte de Comminges, devient Roger Ier vicomte de Couserans et fonde les vicomtes de Couserans de la Maison de Comminges-Couserans.

Comme partout dans le massif pyrénéen au Moyen Âge, l’évêché du Couserans affronte les convoitises et les ambitions des puissants féodaux voisins, les comtes de Comminges, de Foix, ou de Pallars. Mais les évêques parviennent à maintenir l’unité de ce petit pays, et favorisent la construction et l’ornementation des édifices religieux, dès l’époque romane et tout au long des siècles jusqu’à la suppression du diocèse à la Révolution. À partir du comté de Carcassonne a été créé le comté de Foix, à partir duquel le comté de Couserans a été créé. Avec le fait que bien avant, le Couserans faisait partie de la Narbonnaise (qui comprenait les futurs Languedoc, Roussillon et Provence dans ses limites).

Article détaillé : Histoire de l'Ariège.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thibaut Lasnier, « Les fortifications médiévales en Couserans » [PDF],‎ (consulté le 12 mars 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anonyme, Histoire du Couserans, Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 2002 (fin XIXe siècle), 76 p.
  • Anonyme, Les trois saints du Couserans, Saint Valier, Saint Girons, Saint Lizier, Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 2007 (1872), 47 p. (ISBN 2750417317)
  • Abbé Barbier, Saint Valier et Saint Lizier premier et deuxième évêques du Couserans, Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 2003 (1880), 36 p.
  • Louis-Henry Destel, Les Légendes du Couserans, Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 1999 (1961), 189 p. (ISBN 2844065643)
  • J.C. Faur, Notice historique sur Saint-Lizier et le Couserans, Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 2002 (fin XIXe), 20 p. (sur la période romaine)
  • Adolphe Garrigou, L'Ancien pays de Foix et de Couserans, Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 1992 (1863), 64 p.
  • Lestrade, Jean, Les Huguenots en Couserans, Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 2007 (1933), 162 p. (ISBN 2750415632)
  • Simone Henry, Comminges et Couserans, Éditions Privat, coll. « Pays du Sud-Ouest », 1985, 254 p. (ISBN 2708971085)