Couserans

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Couserans
Image illustrative de l’article Couserans
Coucher de soleil sur le Mont Valier

Subdivision administrative Occitanie
Subdivision administrative Ariège
Villes principales Saint-Girons, Saint-Lizier
Relief Montagne et piémont
Situation du Couserans dans le département de l'Ariège

Le Couserans (Coserans en occitan) est une petite province historique des Pyrénées, située dans la partie occidentale du département de l'Ariège en France. C'était à l'origine une cité gallo-romaine devenue un évêché de l'antique Église des Gaules qui se maintint jusqu'à la Révolution française. Si la persistance moderne de ce territoire pouvait être le fait de l'arrondissement de Saint-Girons, subdivision de l'État, ici représenté par un sous-préfet, la création au 1er janvier 2017 de la communauté de communes Couserans - Pyrénées redonne un sens territorial et politique affirmé au Couserans.

Pays au dialecte gascon, son gentilé est couserannais (coseranés en occitan et couseranés dans la graphie mistralienne).

Le nom de « Couserans » vient des Consoranni, le nom donné par les Romains au peuple antique qui avait son chef-lieu à Saint-Lizier. César, dans La guerre des Gaules, comme d'autres, différencie bien les Consoranni d'Aquitaine ou Convenae (Commingeois) et les Consoranni de Narbonnaise (Couserannais).

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Couserans est un pays de montagne, son plus haut sommet est le pic du Maubermé à 2 880 m d'altitude. Son territoire s'étend sur une trentaine de kilomètres autour de sa capitale Saint-Girons, en situation médiane par rapport aux villes de Saint-Gaudens et Foix. En rive droite de la Garonne, il est constitué pour l'essentiel par les vallées du Salat, du Volp, de l'Arize et du Lez. Il compte un peu moins de 30 000 habitants (2015).

Du Volvestre à la chaîne frontalière[modifier | modifier le code]

Le pont-vieux sur le Salat au centre-ville de Saint-Girons
Blason historique du Couserans
Le Mont Valier, symbole du Couserans, vu depuis Saint-Lizier

La colonne vertébrale du Couserans est constituée par le bassin versant du Salat, affluent de la Garonne. Au nord, le Volp, également affluent de la Garonne, irrigue le Volvestre ariégeois riverain de la Haute-Garonne.

Le piémont, entre 350 et 700 mètres d'altitude, appartient au domaine des Pré-Pyrénées ou Petites Pyrénées, encore appelé le Plantaurel, une région calcaire plissée où alternent vallons et lignes de crête.

Limité au sud par la vallée du Lez et la vallée du Baup, rivière qui occupe le large couloir permettant d'atteindre Foix, la région s'étend à l'est jusqu'à La Bastide-de-Sérou (entre Saint-Girons et Foix) et au nord-est à proximité du Mas-d'Azil.

Au sud de cet ensemble, la montagne s'amplifie progressivement vers la crête frontalière avec l'Espagne, avec trois lignes de crête parallèles d'orientation est-ouest :

  • d'abord, un chaînon qui atteint les 1 500 m, le front nord-pyrénéen (massif de Sourroque, massif d'Erp-Soulan, col de Rille),
  • ensuite, la zone Adosse-Mirabat-Bouirex-Araing - Calabasse,
  • enfin la chaîne axiale, sur la frontière avec l'Espagne, qui commence dans les montagnes d'Aulus, non loin du Pic de Montcalm (bassin de l'Ariège) et se poursuit jusqu'au pic du Crabère, sur la limite départementale avec la Haute-Garonne, en passant par les pics de Certescans, Mont Rouch, le Mont Valier, Barlonguères et Maubermé, tous ayant 2 500 à 2 880 m d'altitude. Sur cette section des Pyrénées, la frontière ne descend jamais en dessous de 2 087 m (port de Salau) et la traversée n'est possible que par voie pédestre. Les versants sont raides, puisque les fonds de vallées, vers 1 200 m, sont rarement à plus de 3 ou 4 km de la ligne de crête.

Au pied de ces montagnes, deux cours d'eau, le Salat et le Lez, son principal affluent, qui individualisent les deux grandes parties de la montagne couserannaise : le Haut-Salat et le Castillonnais.reliés par le Col de la Core (1 395 m).

Dans le Castillonnais aux vallées étroites (Biros, Bethmale), les villages sont essentiellement installés sur les soulanes. Dans le Haut-Salat, les bassins intérieurs (Oust-Seix, Massat, Ercé, Ustou) alternent avec les secteurs plus encaissés (gorge de la Ribaute entre Kercabanac et Lacourt), tandis que les soulanes, sous forme de plateaux (Soulan, Cominac) ou de collines (Sentenac d'Oust) dominent l'ensemble.

Dans le Haut-Salat, le pic de Montagnol et la vallée d'Angouls ont été classés « Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique », en raison de leur flore de hautes montagnes calcaires avec plantes endémiques ou rares, et de la présence d'une faune de montagne riche.

Géologie[modifier | modifier le code]

L'essentiel de ce territoire est constitué de terrains sédimentaires, essentiellement calcaires, argiles et schistes, et, localement, des terrains granitiques (Erp avec ses granites pourris, montagnes d'Aulus) ou volcaniques. Les plus célèbres de ces derniers étant situés, au-dessus de Massat, autour de l'étang de Lers, qui a donné son nom à la roche verdâtre, la lherzolite.

La montagne couserannaise résulte, comme l'ensemble des Pyrénées, du choc de deux plaques continentales, la plaque « ibérique » et la plaque « européenne ». Les roches sédimentaires qui s'étaient formées au fond des mers au cours des périodes précédentes ont alors été portées en altitude et très vigoureusement redressées, parfois à la verticale. On peut encore voir de nos jours, à quelques kilomètres en aval d'Aulus-les-Bains et balafrant le paysage montagnard, le banc calcaire redressé, témoin de la limite entre les deux plaques.

Mais ce sont des périodes plus proches qui vont contribuer à façonner les paysages du Couserans, tels que nous les connaissons.

D'abord, pendant la longue période du Tertiaire, une intense érosion réduit considérablement la hauteur de ces montagnes et met en place un premier réseau de vallées entre lesquelles s'étendent des surfaces inclinées, dont l'une se remarque encore de nos jours dans le paysage : elle limite, à l'ouest, le bassin d'Oust, partant du Mont Valier (2 800 m), passant par le Bouyrex (1 800 m), pour finir sur les montagnes de Sourroque (1 400 m) qui dominent Saint-Girons.

Le Couserans était célèbre dans l'Antiquité et le Haut Moyen Âge pour certaines de ses nombreuses carrières de marbre à Castelnau-Durban, Esplas-de-Sérou, Montégut-en-Couserans, Cazavet, Seix (le marbre vert d'Estours y est à nouveau exploité depuis 2008), Balacet... Ainsi, le marbre noir veiné de blanc appelé le grand antique d'Aubert à Moulis est à nouveau exploité depuis 2014 ; Cette carrière a fourni des parements à la basilique Sainte-Sophie inaugurée par l'empereur Justinien en 537.

Les glaciers[modifier | modifier le code]

Mais c'est surtout la période des glaciations qui va façonner la haute montagne.

Le Couserans a connu, dans sa partie orientale, un glacier relativement important, dans les montagnes qui s'étendent entre Aulus et Ustou, sur le site de l'actuelle station de ski de Guzet et descendant dans les vallées du Garbet et de l'Alet, deux affluents du Salat. Entre le pic Rouge de Bassiès et les pics du Certescans - Montabonne (2 840 m), sur une dizaine de kilomètres de longueur, la ligne de crête ne descend jamais en dessous de 2 400 m. En outre, au nord de cette crête, les espaces situés au-dessus de 1 800 m sont relativement vastes : ils s'étendent sur 2 à 3 km au minimum dans le secteur de Guzet, du pic de Séron au pic du Freychet. Certes, ces dimensions semblent modestes, mais, dans ces montagnes des Pyrénées centrales aux versants très raides, de telles configurations sont exceptionnelles. C'est donc là que s'accumulèrent, pendant les périodes les plus froides de cette époque glaciaire qui dura un million d'années, les neiges qui alimentèrent ce glacier. Il en subsiste, vers 1 800 mètres d'altitude, de nombreux lacs fermés par des verrous glaciaires (étangs d'Alet, de la Hilette, d'Aubé, du Garbet) et des cirques, dont les plus connus sont Cagateille ou le Garbetou, sans oublier, plus à l'ouest, dans la haute vallée du Salat, le cirque d'Anglade dans la commune de Couflens.

Ce gros glacier descendait en une masse compacte entre les actuelles vallées de l'Alet et du Garbet. Arrivé au niveau du col de Latrape, situé actuellement vers 1 100 m, il se heurtait au chaînon du pic de l'Adosse et se séparait en deux langues vers les deux vallées d'Aulus et d'Ustou, situées actuellement entre 700 et 800 m d'altitude. Les vallées de ces deux villages ont, par endroits, les flancs abrupts des vallées glaciaires en auge.

Les lacs[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : climat des Pyrénées.

Si c'est sans grande surprise que l'Ariège se classe troisième département de France pour la qualité de l'air, le Couserans améliore probablement encore ce constat du fait de sa faible population et de l'absence d'industrie polluante. Selon un diagnostic réalisé pour la communauté de communes Couserans Pyrénées et présenté en 2018, 94 % de la consommation électrique est couverte par la production hydroélectrique et photovoltaïque et 27 % de la chaleur consommée est issue du bois de chauffage[1] .

La consommation d'énergie des foyers s'élève à 789 gWh par an pour le Couserans, ce qui correspond à une facture énergétique de 81 millions d'euros/an, soit 2 700 € par an et par habitant.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte de la Narbonnaise (Couserans et Lugdunum Consoranorum au sud-ouest).

Période antique[modifier | modifier le code]

Habité depuis fort longtemps (en attestent les témoignages laissés par la culture magdalénienne), le Couserans passe sous l’autorité de Rome en 121 avant Jésus-Christ. La cité antique des Consoranni, Lugdunum Consoranorum ou Civitas Consorannorum, bâtie sur un promontoire dominant le Salat, la principale rivière du Couserans, a peut-être été fondée avant Lugdunum Convenarum (Saint-Bertrand de Comminges), par Pompée à son retour d’Espagne, en 72 avant Jésus-Christ. La cité connaît alors un essor parallèle à Lugdunum Convenarum l’autre ville importante du territoire dominé par les Consoranni avant la conquête romaine du Sud de la Gaule. Durant l'antiquité romaine, le Couserans faisait partie de la vaste Gaule narbonnaise qui sera ensuite divisée au IVe siècle, sous la tétrarchie. Le Couserans deviendra constituant de la Narbonnaise première.

La christianisation précoce du Couserans, au IVe siècle est attribuée à Valerius, le premier évêque de la cité. La montagne emblématique du Couserans porte son nom : le Mont Valier, aussi appelé Mont Saint Valier.

Période médiévale[modifier | modifier le code]

Durant les temps troublés du Haut Moyen Âge, les invasions se succèdent autour du piémont pyrénéen, entre barbares venus du nord et Maures du sud. Lugdunum Consoranum est plusieurs fois attaquée. Elle doit d’ailleurs son nouveau nom de Saint-Lizier à l’un de ses défenseurs, un certain Licerius, évêque d’origine portugaise, au VIe siècle.

L'expression « comté de Couserans » est très ancienne, sans qu'on puisse la dater exactement. Bernard Roger de Foix, comte de Foix, s'intitule « comte de Couserans » à partir de 1012, le territoire dépend donc du Languedoc. Les descendants de Bernard Roger sont comtes de Couserans, même si le titre n'est plus utilisé à partir du XIIe siècle (d'autant que vers 1126-1130 le comte Bernard Ier de Comminges s'empare du haut Salat[2]) : son fils Pierre Bernard comte de Foix < Roger II < Roger III < Roger Bernard Ier < son gendre Roger de Comminges, fils cadet de Bernard III comte de Comminges, devient Roger Ier vicomte de Couserans et fonde les vicomtes de Couserans de la Maison de Comminges-Couserans, période de domination gasconne.

Le Couserans n'a pas échappé au vaste mouvement de création de bastides, villes neuves comme ce fut le cas essentiellement dans le sud-ouest. Ce fut successivement La-Bastide-de-Sérou (1252), Le quartier Villefranche de Saint-Girons (1256), Montjoie (1268), Rimont (1272), Montesquieu-Avantès (1272), Lacave (1273) et La-Bastide-du-Salat (1273).

Comme partout dans le massif pyrénéen au Moyen Âge, l’évêché du Couserans affronte les convoitises et les ambitions des puissants féodaux voisins, les comtes de Comminges, de Foix, ou de Pallars. Mais les évêques parviennent à maintenir l’unité de ce petit pays, et favorisent la construction et l’ornementation des édifices religieux, dès l’époque romane et tout au long des siècles jusqu’à la suppression du diocèse à la Révolution. À partir du comté de Carcassonne a été créé le comté de Foix, lequel a généré le comté de Couserans.

Si le XIIIe siècle fut opulent, le siècle suivant se caractérise par un fort recul démographique dû à la grande famine des années 1310, initiée ou amplifiée par les prémices du Petit Âge glaciaire, puis la peste noire en 1348 avant que ne survienne la guerre de Cent ans précédée par des pillages ponctuels commis par des Routiers, comme ce fut par exemple le cas à Sainte-Croix Volvestre.

Période de la Renaissance[modifier | modifier le code]

Lors du serment du Plan-d'Arem, le 22 avril 1513, réuni à Fos pour renouveler solennellement le traité de lies et passeries entre les vallées des Pyrénées centrales, étaient présents des représentants de la chatellenie de Castillon, de la vicomté du Couserans et des villes de Saint-Lizier et de Saint-Girons.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

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Révolution française[modifier | modifier le code]

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Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Ariège.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Plan climat : des retours encourageants », La Dépêche du midi,‎ (lire en ligne)
  2. Thibaut Lasnier, « Les fortifications médiévales en Couserans » [PDF], (consulté le 12 mars 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anonyme, Histoire du Couserans, Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 2002 (fin XIXe siècle), 76 p.
  • Anonyme, Les trois saints du Couserans, Saint Valier, Saint Girons, Saint Lizier, Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 2007 (1872), 47 p. (ISBN 2750417317)
  • Abbé Barbier, Saint Valier et Saint Lizier premier et deuxième évêques du Couserans, Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 2003 (1880), 36 p.
  • Louis-Henry Destel, Les Légendes du Couserans, Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 1999 (1961), 189 p. (ISBN 2844065643)
  • J.C. Faur, Notice historique sur Saint-Lizier et le Couserans, Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 2002 (fin XIXe), 20 p. (sur la période romaine)
  • Adolphe Garrigou, L'Ancien pays de Foix et de Couserans, Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 1992 (1863), 64 p.
  • Lestrade, Jean, Les Huguenots en Couserans, Lacour, coll. « Rediviva », Nîmes, 2007 (1933), 162 p. (ISBN 2750415632)
  • Simone Henry, Comminges et Couserans, Éditions Privat, coll. « Pays du Sud-Ouest », 1985, 254 p. (ISBN 2708971085)