Oissel

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Oissel
Image illustrative de l'article Oissel
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Rouen
(chef-lieu)
Canton Saint-Étienne-du-Rouvray
Intercommunalité Métropole Rouen Normandie
Maire
Mandat
Stéphane Barre
2014-2020
Code postal 76350
Code commune 76484
Démographie
Gentilé Osseliens
Population
municipale
11 445 hab. (2012)
Densité 516 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 20′ 41″ N 1° 05′ 52″ E / 49.3447, 1.097849° 20′ 41″ Nord 1° 05′ 52″ Est / 49.3447, 1.0978
Altitude Min. 2 m – Max. 128 m
Superficie 22,19 km2
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Liens
Site web ville-oissel.fr

Oissel est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en région Haute-Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune est située à 10 km au sud de Rouen, dans le centre de la Métropole Rouen Normandie, en bordure de la Seine.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

La Gare au début du XXe siècle.

Oissel est desservi par les bus de TCAR et de TAE.

Les principales lignes de bus parcourant Oissel sont la ligne F3 (Fast3, ancienne ligne 10) et la ligne F. La ligne F3 relie Oissel au centre-ville de Rouen en environ 60 minutes avec un bus toutes les dix minutes en moyenne. Cette ligne est placée en correspondance avec la ligne de métro Technopôle en direction de Rouen. La ligne F relie le pôle multimodal de Oissel jusqu'à la Z.I. L'Oison de la ville de Saint-Pierre-Lès-Elbeuf, en environ 45 minutes avec une fréquence d'un bus toutes les 20 minutes. Elle passe par le centre commercial de Tourville-la-Rivière.

Oissel dispose d'une gare TER du réseau TER Haute-Normandie placée en correspondance de la ligne de bus F3. Cette gare est située sur les lignes Paris-Le Havre et Rouen-Caen et propose des allers-retours à une fréquence élevée entre Rouen et Oissel.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Mentionné sous les formes latinisées au IXe siècle Oscellus (Miracula Germani), au Xe et XIe Oscellum, le nom du lieu appartient à toute une série bien connue de toponymes Oisseau, Ussel, Usseau, etc. qui sont issus du gaulois uxsello-[1] signifiant "haut" (cf. irlandais uasal, gallois uchel et breton uhel) et qui sert de qualificatif à une divinité païenne dans des inscriptions celto-latines :

Deo Marti Ocello (Carlisle, Angleterre)
Deo Uxello (Bibl. Nat. Bronze)
Ocello Vellauno (Evans)
Jovi optimo maximo uxellimo (Allemagne)[2]

Peut-être un culte à Sainte Catherine a-t-il remplacé un culte à une divinité païenne initiale au moment de la christianisation selon un processus bien connu par ailleurs ? En tout cas, dès le Moyen Âge, il est fait référence à une île d'Oissel dénommée Sainte-Catherine.

C'est de cet endroit que les Vikings seraient partis pour lancer leurs raids dans la vallée de la Seine. Apparemment, ils vont eux-mêmes rebaptiser l'île d'Oissel en Thorholmr « île de Thor » qu'on retrouve par exemple dans un titre de Robert le Magnifique en 1030 sous la forme latinisée Torhulmus, mais contrairement à celui de l'île de Korholmr (Petit et Grand-Couronne), son nom norrois va disparaitre, remplacé définitivement par Sainte-Catherine.

Il n'est pas certain que le nom de Thor (Þórr) fasse référence au dieu, en effet l'île d'Oissel est située juste en face de Tourville-la-Rivière (Tor villam 996 - 1026) qui s'explique bien plutôt par un nom de personnage Þórr (Thor), fréquemment attesté comme anthroponyme dans l'onomastique norroise. Ce genre de relation entre deux lieux contigus se retrouve à plusieurs reprises dans la toponymie normande.

Histoire[modifier | modifier le code]

Situé en bord de Seine, au pied d'un plateau couvert de forêt riche en gibier, le site d'Oissel est occupé dès la préhistoire. Gaulois et Gallo-romains y ont laissé des voies de communication et un temple, au lieu-dit la Mare-du-Puits. Des sarcophages mérovingiens furent également mis au jour.

En 1082, Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d'Angleterre, y réunit un concile de hauts dignitaires de l'Église en présence de barons anglo-normands au sujet d'un différend sur la peine de mort entre l'archevêque de Rouen et l'abbé de Saint-Wandrille. Fief royal, Richard Cœur de Lion y installa un rendez-vous de chasse où séjourna Philippe le Bel en 1312. Ce manoir, profondément modifié au cours des siècles, est aujourd'hui la mairie.

Vers 1250, le roi Louis IX (Saint-Louis) créa la Sergenterie d’Oissel en la paroisse de Saint-Martin en la vicomté de Rouen. Elle comprenait dès son origine la glèbe de la Franche Sergenterie de bois fieffés et héréditaire en la forêt du Rouvray, des fiefs tenus en perpétuel héritage de divers fiefs de haubert et du fief de La Chapelle Saint-Bonnet. Parmi les sergents de la garde du roi en la forêt du Rouvray, qui devaient rendre foi et hommage au roi, puis faire aveu de leurs avoirs, on trouve les noms de Hue Bécourt (aveu du 3 avril 1383 julien), Jehan Leprevost (aveu du 2 février 1419 julien), Guernet Lynant et Jacques Lynant, ce dernier vendant et transmettant à fin d’héritage l’ensemble de la Sergenterie le 23 mars 1480 julien à Jehan Vauquelin (aveu du 26 août 1484 julien), Jacques Vauquelin en hérita (aveu du 31 juillet 1515 julien). Puis se succède la longue lignée des Duhaze, avec Robin Duhaze qui en hérita par sa mère Anne Vauquelin (aveu du 1er juin 1532 julien), jusqu’à Antoine Duhaze (aveu du 30 septembre 1686), et Jean Thomas Duhaze. La Sergenterie fut supprimée vers 1764.

La Chapelle Saint-Bonnet, qui fit partie en tout temps du fief de la Sergenterie porta au fil du temps différents noms : Ferme de la Chapelle, Manoir de la Chapelle, Ferme à Dupont au début du XXe siècle. Elle a été acquise par les Papeteries de La Chapelle en 1929. Elle a été dotée d’un château d’époque relativement récente. Mais le miracle est que le colombier à pied et le puits à colonnes (bien que ce dernier fut déplacé à plusieurs reprises) sont parvenus jusqu’à nous en restant relativement intacts depuis le XVIe siècle.

C'est à Oissel qu'en 1639, lors de la révolte des va-nu-pieds, contre les impôts et la famine, que les troupes envoyées par le Roi furent hébergées. L'épidémie de peste de 1649-1650 dévasta la commune, une nouvelle épidémie de choléra en 1832 fit de nombreuses victimes.

Les Prussiens s'installèrent en 1871 dans la ville et incendièrent en partie la mairie.

La Première Guerre mondiale fit de nombreux ravages puisque 20 % de la population adulte fut décimée[réf. nécessaire]. En septembre 1914, un commando allemand fut chargé de faire sauter le pont d'Oissel. Il fut arrêté in-extremis à Sotteville-sous-le-Val.

De 1939 à 1944, les Allemands s'installèrent à nouveau à Oissel pour défendre le nœud ferroviaire stratégique entre la Haute et la Basse-Normandie et Paris. 43 bombardements alliés en 5 ans firent des dégâts considérables : 249 immeubles furent détruits, 1475 autres endommagés. Au cours de ces trois conflits, les Osseliens montrèrent un esprit de résistance et de solidarité rare comme Édouard Turgis, Paul Henri Mongis et Émile Billoquet, trois noms inscrits à jamais dans la mémoire d'Oissel.

Le 71e régiment du génie, basé à Oissel, est dissous en 1997.

Depuis avril 2004, Oissel est le lieu d'implantation d'un Centre de rétention administrative (CRA) habilité à accueillir des familles (19 lits), en vue de l'instruction administrative de leur retour dans leur pays d'origine. Les étrangers en situation irrégulière qui y sont retenus entre deux et trente-deux jours viennent de toutes les régions de France, et principalement des régions limitrophes de la Haute-Normandie. Cette implantation a donné lieu à des protestations et manifestations du RESF. Une manifestation de protestation a eu lieu le 3 février 2007 devant l'École nationale de police de Oissel, site où est implanté le centre de rétention.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires depuis 1800
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1800 1807 Michel Horcholle    
1807 1813 Jean Duteurtre    
1813 1816 Nicolas Boimard    
1816 1819 Amable Fosse    
1819 1829 Pierre-Nicolas Ruel    
1829 1839 Antoine Potel    
1839 1843 François Déhais    
1843 1848 Pierre Turgis    
1848 1860 Louis Ruel    
1860 1867 Antoine-Nicolas Potel    
1867 1885 Edouard Turgis   manufacturier à Elbeuf
1885 1892 Alexandre Potel    
1892 1907 Félix Déhais    
1907 1908 Gustave Dantan    
1908 1912 Désiré Fenot    
1912 1919 Eugène Plantrou    
1919 1929 Gustave Boimard    
1929 1944 Maurice Gautier PCF puis PUP  
1944 1970 Marcel Billard    
1970 mars 1977 Adrien Corvaisier    
mars 1977 1982 Pierre Toutain PCF  
1982 mars 2014 Thierry Foucaud PCF Sénateur depuis 1998
Vice-président du Sénat depuis 2011
mars 2014 en cours
(au 30 avril 2014)
Stéphane Barre PCF  

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 11 445 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 340 2 380 2 584 2 794 3 113 3 192 3 201 3 607 3 482
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 589 3 685 4 181 4 211 3 951 4 015 4 080 3 948 3 855
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 280 4 475 4 712 5 746 6 304 7 560 7 501 7 228 9 284
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2012
9 962 9 949 10 501 11 712 11 444 11 053 11 558 11 395 11 445
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


Santé[modifier | modifier le code]

  • L'hôpital d'Oissel est l'un des établissements de soins du CHU de Rouen.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Malgré les destructions des guerres et la modernisation nécessaire, la ville d’Oissel a su conserver de nombreuses traces de son passé. C’est d’abord en centre ville l’urbanisation qui vit le jour autour des filatures. Il est ainsi possible de retrouver les lotissements ouvriers nés autour des usines, les maisons des contremaîtres, des ingénieurs et des industriels. Il reste aussi trace des fermes ; si deux seulement sont encore en activité, les autres ont souvent été transformées en logements.

L’église d’Oissel, dédiée à saint Martin, fut fondée à l’époque mérovingienne. Mais le bâtiment fréquenté aujourd’hui par les fidèles ou par les passionnés de musique est une construction débutée au XVIe siècle, agrandie et achevée en 1871.

Vers 1250, le roi Louis IX (Saint-Louis) créa la Sergenterie d’Oissel en la paroisse de Saint-Martin en la vicomté de Rouen. La Sergenterie fut supprimée vers 1764. La Chapelle Saint-Bonnet, qui fit partie en tout temps du fief de la Sergenterie porta au fil du temps différents noms : Ferme de la Chapelle, Manoir de la Chapelle, Ferme à Dupont au début du XXe siècle. Elle a été acquise par les Papeteries de La Chapelle (aujourd'hui Otor) en 1929. Elle a été dotée d’un château d’époque relativement récente. Mais le miracle est que le colombier à pied et le puits à colonnes (bien que ce dernier fut déplacé à plusieurs reprises) sont parvenus jusqu’à nous en restant relativement intacts depuis le XVIe siècle.

Le château des Roches qui abrita Raoul Grimoin-Sanson, est une belle construction du XIXe siècle sur l'emplacement d’un château datant de Louis XIII dont il ne reste que le logement du directeur du Centre de formation Jean-L’Herminier. Dans le parc, on voit une chapelle néo-classique, bâtie par Grimoin Sanson au début du XXe siècle pour les besoins de son film, Le Comte de Griolet.

Dans le parc municipal peuvent être découverts le château de la marquise de Frondeville, dit aussi de la Perreuse, bâtisse du XVIIIe siècle, le pavillon Dambray de style Louis XVI, et la ferme normande.

Au Cercle des Loisirs, dans l’ancienne filature Dantan, peuvent être vus la machine à vapeur qui actionnait les métiers, le four l’alimentant en vapeur et la dynamo produisant l’électricité. (Machine Sabrou - 1920)

Source : site de la ville d'Oissel (voir Liens utiles)

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes d'Oissel

Les armes de la commune d'Oissel se blasonnent ainsi :
parti au 1) d’argent à la cornue du même remplie à moitié de gueules, au 2) d’azur à la gerbe d’or ; sur le tout au chef de gueules chargé d’un léopard d’or armé et lampassé d’azur.[11]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, Édition errance 1994. ISBN 2-87772-089-6
  2. François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard,‎ , 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150), p. 119
  3. Charles de Beaurepaire, De la vicomté de l'Eau de Rouen et de ses coutumes au XIIIe et au XIVe siècle, Évreux, imp. Herissey, 1856, p. 35
  4. a et b Charles de Beaurepaire, De la vicomté de l'Eau de Rouen et de ses coutumes au XIIIe et au XIVe siècle, Évreux, imp. Herissey, 1856, p. 34
  5. Michel Toussaint Chrétien Duplessis, Description géographique et historique de la Haute Normandie : Le Vexin, vol. 2, Pierre-François Giffart,‎ , ? p., p. 671 et 672
  6. Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, 2e série, 6e volume, 16e volume de la collection, 1852, Derache à Paris, Didron à Paris, Hardel à Caen, Le Brument à Rouen, p. 273
  7. Georges Dubosc, Par-ci, par-là : études d'histoire et de mœurs normandes, série 3, Rouen, H. Defontaine, Impr. du Journal de Rouen, 1922-1933, p. 112
  8. a, b et c « Oissel à l'international », sur ville-oissel.fr
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011, 2012.
  11. http://www.labanquedublason2.com/lecture_fiche_commune.php3?page=f76484