VIe siècle av. J.-C.

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Voir aussi : Liste des siècles, Chiffres romains


Le VIe siècle av. J.-C. commence le 1er janvier -600 et finit le 31 décembre -501, inclus.

Événements[modifier | modifier le code]

Afrique[modifier | modifier le code]

  • Après 591 av. J.-C. : Méroé devient la capitale de la Nubie puis un centre majeur du travail du fer.

Asie[modifier | modifier le code]

  • Développement de sociétés vivant de la mer, en Asie du Sud-Est, dans le golfe du Bengale et dans le golfe d'Aden.
  • La tribu indo-européenne des Shakya s’établit à la frontière de l'Inde et du Népal.
  • Seize principautés se sont développées dans la vallée du Gange, autour de grandes cités protégées par des remparts de brique crue.

Chine[modifier | modifier le code]

  • À partir de 600 av. J.-C., l’ordre ancien se dégrade lentement en Chine. À la hiérarchie nobiliaire, au respect des statuts traditionnels, se substituent des rapports de force, non seulement entre royaumes, mais aussi et surtout à l’intérieur même des royaumes. Les grandes familles mènent les luttes violentes pour s’emparer du pouvoir, princes et barons s’opposent, et les chefs de royaumes tentent de se libérer des familles les plus puissantes. Ces luttes aboutissent tantôt à l’élimination de la noblesse consanguine au profit d’hommes nouveaux, entièrement dévoués au prince (ainsi à Jin, à la fin du VIIe siècle av. J.-C.), tantôt à l’usurpation de fait (à Lu en -562), tantôt à l’usurpation complète des prérogatives princières (à Qi au début du Ve siècle av. J.-C.), tantôt à des divisions territoriales (à Jin en 453 av. J.-C.). L’expansionnisme des États chinois les amène à combattre en dehors des plaines, dans des zones marécageuses (Wu et Yue) ou montagneuses (Jin). Ceci implique la fin de la suprématie des chars au profit de troupes de fantassins roturiers et conscrits, armés d’épées à double tranchant et de lances. Le royaume de Jin crée en 540 av. J.-C. des compagnies de fantassins pour combattre les populations barbares dans les montagnes. Son exemple est suivi par le royaume de Zheng, au Henan oriental. La noblesse de Jin, habituée aux affrontements de chars, n’accepte pas facilement de servir dans l’infanterie. Il apparaît alors des soldats-paysans, producteurs de céréales et fantassins. Les notions d’ordre, de discipline et d’efficacité remplacent la vieille morale de l’honneur de la noblesse.
  • Les premières lois pénales, inscrites sur des chaudrons, apparaissent en Chine dans la deuxième moitié du siècle. Elles impliquent la naissance d’un pouvoir centralisé et la substitution d’un droit écrit aux règles coutumières et tacites qui présidaient les rapports entre nobles et gens des campagnes. La société archaïque, jusqu’alors une juxtaposition de multiples petits groupes sociaux soumis à une grande diversité de statut, évolue vers des ensembles plus vastes et plus organiques. La division traditionnelle sous l’Empire de la société chinoise en nobles (et, plus tard en lettrés), paysans, artisans et marchands s’ébauche sans doute à l’époque des Hégémons.
  • La route de la soie se met en place entre la Chine et l'Occident (Grèce, Rome, Ukraine, Russie, Germanie, Grande-Bretagne). De Chine viendra la soie, les miroirs et objets de bronze Han, les céramiques, les épices et les laques, échangés contre l'or, l'argent, l'ivoire, les pierres semi-précieuses, le corail, l'ambre et le verre.

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

  • Vers 590 av. J.-C. : Destruction complète et définitive du Royaume d'Urartu par les armées Mèdes de Cyaxare.
  • 587 av. J.-C. : Jérusalem est prise par les Chaldéens, son temple est détruit et le royaume de Juda devient simple province babylonienne. Quelque 20 000 personnes, soit la plus grande partie de son élite économique et politique, sont déportées vers Babylone. Les Juifs y découvriront le zoroastrisme.
  • 539 av. J.-C. : Fondation du vaste empire achéménide de Perse, qui s'étendra de l'Indus jusqu'à la mer Égée. Cyrus II, roi de Perse, fait la conquête de Babylone et de ses provinces. Il autorise les Juifs à retourner vers la Palestine, mais la situation économique n'y est pas très favorable et beaucoup resteront dans l'empire Perse, cependant 42 000 d'entre eux reviendront.

Europe[modifier | modifier le code]

Céramiques retrouvées dans la tombe celtique d'Hohmichele en Allemagne du sud.
  • Civilisation ibère en Andalousie : Turdetani du Guadalquivir, Bastetani de l’est andalou, Constetani d’Elche.
    • Les peuples ibères, qui ont en commun la religion (sanctuaire de Cerro de los Santos, d’Elche, de Despenaperros), ont une société aristocratique dominée par des chefs auxquels les guerriers sont liés jusqu’à la mort par des liens de fidélité. Leur structure militaire est attestée par des places fortes que les Romains auront du mal à conquérir, comme Osuna ou Carmona en Andalousie et Sagonte dans la région de Valence.
  • Installation de peuples celtes, dont les Lusitaniens, dans l’ouest de la péninsule ibérique. Ils développent la métallurgie du bronze et du fer, construisent des maisons en pierre de plan circulaire.
  • Les basses plaines de l’Europe du Nord sont occupées pour la première fois ; constitutions de collines artificielles appelées terpen ou Wierden.
  • Les Celtes sont établis de la Bourgogne à l’Autriche.
  • Contacts commerciaux florissants entre les Celtes au Nord-ouest des Alpes et les colonies grecques de Méditerranée occidentale. De riches tombes à char témoignent du pouvoir et de l'opulence des élites celtes.
  • Vers 600-550 av. J.-C. : Exploitation des mines de fer du Kapf en Forêt-Noire. Le site est abandonné quand elles sont épuisées. Un char funéraire, conçu pour avancer lentement et en ligne droite, est présent dans les tombes princières de l’époque. Le défunt est paré de ses ornements personnels et des attributs de son pouvoir. Une épouse, sacrifiée, partage parfois la sépulture (site de Hohmichele en Allemagne du sud).
  • Vers 600-200 av. J.-C. : Civilisation poméranienne en Pologne.
  • Kourgane de Kostromskaïa, dans la région de Kouban. Chambre funéraire cubique en bois surmontée d’un toit pyramidal soutenu par des poutres massives de 3,2 m, recouverte d’un tumulus de terre. Squelettes de 13 serviteurs et de 22 chevaux sacrifiés. Pointes de lances, boucliers de fer, épées. Objets d’or et de bronze provenant des colonies grecques de la mer Noire.
  • Vers 550 av. J.-C. : Les Bretons s’installent en Grande-Bretagne.
    • La population britannique de l’âge du fer varie selon les estimations entre 500 000 et 2,5 millions d’habitants, répartis en de multiples tribus et organisés en petit « royaumes » indépendants battant monnaie propre. Les populations de l’âge du fer occupent des habitats divers : au sud-est prédominent les villages ouverts, tandis que le reste de l’Angleterre du Sud, jusqu’aux montagnes galloises, sont parsemées de gros oppida fortifiés. Des petits hameaux isolés, entourés de palissades, s’imposent dans le Devon, la Cornouailles et le Pays de Galles.
  • 540-520 av. J.-C. : Tombe princière de Hochdorf, près de Stuttgart. La chambre funéraire, en rondins de chênes, mesure 4,7 mètres de côtés. Des tentures sont étalées au sol et sur les parois, accrochées à l’aide de pitons en fer et réunies par des fibules. Le prince, âgé d’une quarantaine d’année, mesure 1,87 mètre. Il est allongé exceptionnellement non pas sur un char mais sur une litière en tôle de bronze de 2,75 m de long (kliné), supportée par des roulettes. Des fibules en bronze et en or retiennent son vêtement ; il porte un chapeau en écorce de bouleau soigneusement cousu, et autour du cou, un collier d’or, des perles d’ambre et un petit sac contenant un nécessaire de toilette (coupe-ongles, peigne, rasoir, trois hameçons). Un brassard en or entoure son poignet droit. Des feuilles d’or recouvrent la poignée et le fourreau de son poignard, sa plaque de ceinture et ses chaussures de cuir. La banquette était rembourrée d’étoffes, de fourrures, de poils de blaireau, de filasse de chanvre, de fleurs et de brindilles. Sous la tête est placé un coussin de brin d’herbes tissées et nattées. Neuf cornes à boire, décorées de bandelettes de feuilles d’or, sont suspendues le long d’une paroi. L’une d’elle, en fer, a une contenance de 5,5 litres. Un chaudron en bronze de 500 litres, venant sans doute d’ateliers grecs et ayant contenu de l’hydromel, repose aux pieds du prince. Sur le char bardé de fer, sont disposés des bassins et des assiettes en bronze, une hache, un couteau et une pointe de lance en fer, des éléments de harnachement et un long aiguillon en bois.

Monde grec[modifier | modifier le code]

Italie[modifier | modifier le code]

Situle Arnoaldi
  • 625-550/500 av. J.-C. : Culture villanovienne de Arnoaldi dans la région de Bologne.
  • Fin du VIIe siècle, début du VIe : Domination étrusque du Latium. Les Étrusques dominent Rome qui devient une cité importante entourée d’une enceinte (601/509 av. J.-C. selon la tradition, 550/475 av. J.-C. selon l’archéologie).
  • Entre la fin du VIe siècle et le milieu du Ve siècle, un régime républicain oligarchique basé sur la tyrannie s’instaure dans la plupart des cités étrusques où se développe une société quasi égalitaire (égalité des sexes et classe unique).
  • Vers 550 av. J.-C. : Premières fortifications en Étrurie à Roselle, Populonia, Volterra, Vetulonia, Véies.
  • Vers 525-450 av. J.-C. : Culture villanovienne de la Certosa dans la région de Bologne.
  • Pendant la deuxième moitié du siècle, les peuples latins se dotent graduellement de magistratures en réaction contre le régime monarchique. À Rome, après les dictateurs et les préteurs, apparaissent, à la place de ces derniers, et avec des pouvoirs plus précis, les consuls (Ve siècle av. J.-C.).
  • L’expansion pacifique des Étrusques se fait au nord vers Florence et la plaine du , au sud jusqu’au Tibre où les populations italiques (Falisques, Capénates et Latins) sont étrusquisées.
  • Apogée des trafics commerciaux étrusques : vin et huile vers la Corse, la Sardaigne, la Sicile, Carthage, la Provence, le Languedoc (Lattes) et la Grèce.

Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

Grèce antique[modifier | modifier le code]

Politiques et militaires[modifier | modifier le code]

philosophe et savants[modifier | modifier le code]

Artistes[modifier | modifier le code]

Asie[modifier | modifier le code]

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

Religion et philosophie[modifier | modifier le code]

Le Cratère de Vix.
  • En Égypte, prépondérance du culte d’Osiris sur celui d’Amon à partir du règne de Néchao II.
  • Réforme religieuse de Zoroastre (ou Zarathoustra) en Perse, réformateur du Mazdéisme. Le zoroastrisme s'impose comme religion officielle de la Perse achéménide. Les bases de la doctrine de Zoroastre sont rapportées dans l’Avesta, rédigée aux époques parthes et sassanides. Le corps de son enseignement repose sur l’existence d’un dieu unique, trouvé dans la religion iranienne au profit duquel il élimine toutes les autres divinités. Il transforme l’antique religion naturiste et polythéiste en une doctrine monothéiste, qui pose le problème du bien et du mal, ainsi que celui de la liberté de l’homme. Ahura Mazda est le Seigneur Sage, le créateur de toute chose, qui transcende le monde ; il est à la fois lumière et ténèbres, ciel et terre, mouvement et durée. Il donne naissance à des entités qui sont des personnifications de notions abstraites. C’est ainsi que l’homme doit choisir entre la Justice et la Tromperie, deux émanations d’Ahura Mazda qui introduisent la notion de liberté individuelle et celle de responsabilité.
  • À l’âge de dix-neuf ans, Siddhartha Gautama quitte le palais royal de son père pour aller sur les chemins en quête de la Vérité. Il ne la trouvera que tardivement, après avoir renoncé aux austérités, un jour qu’il s’était assis sous un figuier pippal pour méditer, à Bodh-Gaya. Il y reçoit l’Éveil et part vers Bénarès pour y instruire ses anciens compagnons. Philosophe pragmatique plutôt que religieux, le Bouddha prêche que toute vie est douleur et enseigne un moyen de se libérer de cette douleur en suivant un chemin (le noble octuple sentier) tracé en huit points. Ses adeptes sont nombreux et il fonde une communauté monastique (Sangha). Ses doctrines seront par la suite transformées en dogmes religieux, ce qu’il ne concevait pas.
  • Le prophète Ezéchiel annonce la ruine de Jérusalem, puis la restauration future d’Israël aux captifs de Babylone. Le judaïsme, résultat d’une réflexion profonde sur la foi de la classe des prêtres et des scribes, apparaît à la suite de la destruction du Temple. Le culte sacrificiel, devenu impossible, est remplacé par le culte synagogal (récitation de la Torah, prières). L’accent est mis sur l’unicité de Dieu, dieu national qui ne peut transiger avec les autres dieux. En contact avec les astrologues babyloniens, les prêtres judéens exilés réforment le calendrier lunaire traditionnel et proposent un « calendrier sacerdotal » plus précis. Ils transposent la date des « sabbats », fêtes traditionnelles liées à la pleine lune, en une fête chômée tous les sept jours.
  • Débuts de la philosophie rationaliste grecque en Ionie (Milet). Après la conquête de l’Ionie par les Perses (546 av. J.-C.), le philosophe Xénophane de Colophon se réfugie à Élée en Italie où il fonde l’école philosophique éléate.
  • Pyxide étrusque de Kastenwald à Appenwihr (Haut-Rhin), œnochoé de type rhodien d’Inzigkofen Vilsingen (Bade-Wurtemberg), trépieds de Sainte-Colombe-en-Auxois et de Grafenbulh (Wurtemberg) aux pieds léonin caractéristiques des ateliers grecs du Péloponnèse vers 600 av. J.-C., hydrie (vase à eau) de Grächwill (Suisse), cratère de Vix (Côte-d'Or). Les vaisselles en bronze retrouvées dans les tombes, fabriquées localement ou importés sont utilisées pour un rite très ancien, la cérémonie du symposium, banquet réunissant une dernière fois les fidèles compagnons du défunt.

Art et culture[modifier | modifier le code]

  • Apogée de la période archaïque en Grèce : expansion de l’hellénisme en Méditerranée, développement artistique sans précédent, naissance en Ionie de la « pensée grecque ».

Céramique[modifier | modifier le code]

Thésée et le Minotaure, détail d'une amphore attique à figures noires par le Peintre de Castellani, v. 575550 av. J.-C..

Sculpture[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Temple d'Héra à Paestum.
Le temple de Cérès.

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Vers 565 av. J.-C. : La Télégonie, poème d’Eugammon de Cyrène écrit pour le roi Battos II. Il raconte la suite des aventures d’Ulysse après l’Odyssée.
  • Thespis, poète tragique semi-légendaire athénien transporte la première troupe ambulante vers 550 av. J.-C. Il ajoute aux chants du chœur dithyrambique un prologue et des répliques dites par un acteur.
  • Littérature védique attestée en Inde (Sustras).
  • L’écriture kharoshthi, d’origine araméenne, apparaît en Inde.
  • L'écriture apparait en Sardaigne vers 600 av. J.-C. par l'intermédiaire des Phéniciens
  • Premiers documents écrits de Rome et du Latium, en alphabet chalcidien : fibule de Préneste et vase de Duénos, datant de la fin du VIIe siècle av. J.-C. ou du début du VIe siècle av. J.-C..
Fibula-Palestrina.jpg

Science et technique[modifier | modifier le code]

Reconstitution hypothétique de la carte du monde perdue d’Anaximandre[3]
  • Vers 585 av. J.-C. : Thalès de Milet, d'après la légende prédit une éclipse totale de soleil. Il sait détourner un fleuve.
  • Vers 560 av. J.-C. : Anaximandre, philosophe et savant de Milet (610-546 av. J.-C.) construit la première sphère céleste et dresse les premières cartes géographiques grecques. Il écrit un traité sur l’origine de la matière. Il construit à Sparte une horloge. Il aurait fondé une colonie sur le Pont-Euxin.
  • En Chine, débuts significatifs du procédé de la fonte du fer. Première production importante de fer et fabrication du fer moulé (fonte), 1800 ans avant l’Occident.
  • En Chine, technique de fonte du bronze « à la cire perdue » (v. 550 av. J.-C.) permettant une grande précision dans le détail. Les décors semblent s’inspirer de l’art des steppes. Perfectionnement de l’orfèvrerie, du travail du jade, de l’art du laque, de la filature et du tissage de la soie.
  • La métallurgie du fer atteint l’Afrique subsaharienne (Méroé).
  • Utilisation des éléphants de guerre en Inde.
  • Le médecin Alcméon pratique la dissection d’animaux.
  • Apparition des clés en Grèce attribuée à Théodore de Samos ; les clés étaient déjà connues des Hébreux et des Égyptiens.
  • Début de l'exploitation du diolkos, chemin guidé dallé, permettant aux navires de traverser l'isthme de Corinthe.

Économie et société[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Patrick Cabanel, Questions de démocratie, Presses Univ. du Mirail, (ISBN 9782858165315, présentation en ligne)
  2. a, b, c, d et e Yves Denis Papin, Chronologie de l'histoire ancienne, Éditions Jean-paul Gisserot, (ISBN 9782877473460, présentation en ligne)
  3. D'après John Mansley Robinson, An Introduction to Early Greek Philosophy, Houghton and Mifflin, 1968 (ISBN 0395053161).