Marie (mère de Jésus)

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Marie
Sainte chrétienne
Image illustrative de l’article Marie (mère de Jésus)
La Vierge de l'Annonciation,
par Antonello de Messine,
palais Abatellis, Palerme.
Mère de Dieu, Notre-Dame
Naissance Ier siècle av. J.-C.
Jérusalem selon une tradition orientale.
Bethléem, Nazareth ou Sepphoris selon trois traditions occidentales[1]
Décès Ier siècle 
mont Sion (abbaye de la Dormition, ou Éphèse (Église de la Vierge Marie) selon des traditions locales[2]
Vénérée par Église catholique, Église orthodoxe
Fête Mère de Dieu (1er janvier)
Annonciation 25 mars
Visitation (30 mars pour les Églises orthodoxes, 31 mai pour l'Église catholique)
Mère de l'Église (Lundi de Pentecôte)
Dormition et Assomption (15 août)
Sainte Marie Reine (22 août)
Nativité (8 septembre)
Saint Nom de Marie (12 septembre)
Présentation (21 novembre)
Immaculée Conception (8 décembre)
Attributs Cœur immaculé, couronne, douze étoiles, trône de sagesse, rayons émanant des mains, croissant de lune, lys, roses, rosaire, pomme, grappe de raisins, quenouille
Sainte patronne Nombreux pays, villes et églises sous différents vocables

Marie (en araméen ܡܪܝܡ, Maryam ; en hébreu מרים[3], Myriam ; en grec Μαρία, María ou Μαριάμ, Mariám ; en arabe مريم, Maryam), également connue sous les noms de Marie de Nazareth, Sainte Vierge, Sainte Marie, Vierge Marie, « Immaculée Conception », Notre-Dame, Mère de Jésus ou Mère de Dieu, est une femme juive de Judée, et la mère de Jésus de Nazareth. Marie est une figure essentielle au sein du christianisme (notamment pour les orthodoxes et les catholiques) ainsi que dans l'islam.

Comme pour son fils Jésus, l'historicité de Marie est difficilement accessible. Une grande partie des traditions se trouve dans la littérature apocryphe, qui développe souvent des thèmes présents dans les textes canoniques du Nouveau Testament[4].

Dans les Églises catholique et orthodoxe, Marie est l'objet d'un culte particulier, supérieur au simple culte rendu aux saints et aux anges, appelé le culte d'hyperdulie. C'est un point de divergence important avec le protestantisme.

La vie de Marie dans les sources anciennes[modifier | modifier le code]

Sources relatives à Marie[modifier | modifier le code]

Madonna del Parto, fresque de Piero della Francesca, vers 1459. La Vierge enceinte est un thème peu fréquent dans l'iconographie chrétienne.

Marie est citée plusieurs fois dans le Nouveau Testament. Dans les Évangiles synoptiques et les Actes des Apôtres, elle s'appelle « Marie », tandis que l'Évangile selon Jean met en scène la « mère de Jésus » mais sans lui donner de nom[5].

La femme céleste entourée d'étoiles décrite dans l'Apocalypse (ch. 12) n'est pas Marie, selon l'exégèse moderne, mais si les traditions ultérieures liées à ce texte ont fini par les amalgamer, comme en témoigne l'iconographie chrétienne[5].

À partir du IIe siècle, le personnage de Marie est développé par les auteurs de nombreux textes apocryphes, notamment le Protévangile de Jacques[5]. Au fil des siècles, la figure de Marie est devenue de plus en plus complexe, de plus en plus importante, aussi bien dans les dogmes chrétiens que dans la piété populaire, tout comme dans l'art et la littérature[5].

Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Épîtres pauliniennes et catholiques[modifier | modifier le code]

Les Épîtres de Paul, écrites vers l'an 50, sont les textes les plus anciens du Nouveau Testament. Elles n'indiquent nulle part le nom de la mère de Jésus[5]. Une seule occurrence, dans l'Épître aux Galates 4:4, mentionne simplement que Jésus est « né d'une femme », sans autre précision, et cette naissance ne présente apparemment rien de particulier[5]. Dans le même verset, Paul affirme cependant que Jésus est le Fils de Dieu et le Messie d'Israël, « assujetti à la Loi » afin d'en libérer les Juifs[6].

Dans le reste du corpus paulinien et les autres lettres du Nouveau Testament (les Épîtres dites « catholiques »), Marie n'est pas évoquée[5].

Marc[modifier | modifier le code]

La plus ancienne fresque représentant Marie, catacombe de Priscille, IIe siècle[7].

Dans l'Évangile selon Marc, rédigé vers l'an 70, Marie est nommée par référence à son fils : « Celui-là, n'est-il pas le charpentier, fils de Marie ? » (Mc 6,3).

Matthieu et Luc-Actes[modifier | modifier le code]

Chez Luc, lors de l'Annonciation, l'ange Gabriel s'adresse à Marie en l'appelant, non pas Marie, mais "Kecharitôméné" qui signifie "Pleine de grâce". Cela montre que l'envoyé de Dieu vient de décerner à Marie un nom nouveau, comme pour Abram qui devint Abraham, comme pour Jacob qui devint Israël, ou comme pour Simon à qui Jésus donna le nom de Képhas. Le terme grec Kécharitôméné est le parfait moyen du verbe charitoô, grâcier, un choix grammatical permettant d'exprimer qu'il s'agit d'une transformation de la personne concernée par elle même en vertu d'une opération qu'elle a reçue[8].

Les Évangiles selon Matthieu et selon Luc, ainsi que les Actes des Apôtres, tous écrits une quinzaine d'années après celui de Marc, soit vers 80-85, sont plus explicites au sujet de Marie.

Marie devait semble-t-il appartenir à la tribu sacerdotale de Levi, car le prêtre Zacharie, appartenant nécessairement à cette tribu, et Elisabeth son épouse étaient ses parents (Luc 1, 36). Par ailleurs, le nom de Marie, à l'exemple de la sœur aînée Mariam de Moïse, se donnait plutôt à la première des filles d'une lignée de prêtres destinée à épouser un prêtre, en sorte que son mariage avec Joseph de la lignée de David (Matthieu 1, 20) constituerait comme une rupture[9].

L'Annonciation est l’annonce faite par l’archange Gabriel à Marie, puis à Joseph, à qui elle est fiancée, de la conception virginale de Jésus. Le récit de Luc donne plus de place à Marie : il parle de l'ange qui lui apparaît, alors que Matthieu relate un rêve de Joseph, qui a la vision d'un ange[N 1],[N 2].

Comme elle n'a pas eu de relations conjugales avec Joseph, ce dernier pense qu'elle a commis un adultère, aussi songe-t-il à divorcer pour ne pas lui porter préjudice, car selon la loi juive elle risque la lapidation[10]. Mais un ange lui explique qu'elle est enceinte en vertu du Saint Esprit et l'en dissuade[B 1].

La Vierge noire de Březnice (1396), Galerie nationale de Prague.

Dans la suite du récit, Marie, enceinte, rend visite à sa parente Élisabeth et exprime sa joie dans le Magnificat (Lc 1,39-55). Puis elle donne naissance à Jésus à Bethléem[11]. C'est ensuite la fuite en Égypte de la Sainte Famille.

La généalogie de Jésus en Matthieu 1:1-17[B 2] mentionne que Joseph est issu de la maison royale de David, mais celle de Luc 3, 23-38[B 3] fait l'objet d'une interprétation controversée, inscrivant aussi bien Joseph que Marie dans la lignée des rois d'Israël[12].

Les textes évangéliques évoquent ensuite la présentation au Temple qui accomplit le rite de rachat du premier-né. Syméon prophétise qu'elle connaîtra la douleur (Lc 2,21-35). Plus tard se produit l’épisode de la disparition de Jésus à l’âge de douze ans (Lc 2,41-51), lors de la montée annuelle au Temple de Jérusalem : alors que ses parents repartaient pour Nazareth, l'enfant était resté dans le Temple pour discuter avec les « docteurs de la Loi », c'est-à-dire les érudits de la Torah.

Elle se trouve parmi les disciples lors de la Pentecôte (Ac 1,14).

Jean[modifier | modifier le code]

Dans l'Évangile selon Jean (Jn 2:1-11) lors des noces de Cana, une femme citée comme "la mère de Jésus" puis comme "sa mère" fait remarquer à Jésus que les convives n'ont plus de vin et Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas encore venue. » Dans le même évangile, Jésus, avant de mourir, confie sa mère au « disciple qu’il aimait. »[B 4][source secondaire nécessaire]

Selon le Dictionnaire Jésus, Jean ne mentionne jamais Marie par son nom, mais toujours par son titre de "mère de Jésus". En outre il note que selon Jean, lors des noces de cana (Jean 2, 1-11), l'heure de Jésus n'était pas venue, et précise que Jean a affirmé que "près de la croix se tenait sa mère (Jean 19, 25), et qu'au Calvaire, Jean l'appelle « femme »[13].

Destinée finale inconnue de Marie[modifier | modifier le code]

Le Nouveau Testament ne dit rien des dernières années ni de la mort de Marie. A ce sujet Epiphane de Salamine a déclaré en 377 dans son Panarion, qu'en lisant les écritures, « on n'y trouvera ni la mort de Marie, ni si elle est morte, ni si elle n'est pas morte, ni si elle a été ensevelie, ni si elle n'a pas été ensevelie. (...) L'Ecriture a gardé un silence complet à cause de la grandeur du prodige »[14].

Ascendance sacerdotale de Marie[modifier | modifier le code]

Marie appartient à la tribu sacerdotale de Lévi. Selon le protévangile de Jacques, elle serait née à proximité du Temple. Le prêtre Zacharie et sa femme lui sont apparentés. Son nom est celui de la sœur de Moïse (Exode 2, 4 et 15, 20), lequel se donne plutôt à la première des filles d'une lignée de prêtres, ou à une fille destinée à épouser un prêtre. Le mariage de Marie de la tribu de Lévi avec Joseph de la descendance de Juda paraît une rupture qui pourrait être liée à la tendance spirituelle récente à unifier les traditions sacerdotales et royales. Le fait que Marie à l'Annonciation soit déjà mariée à Joseph, mais que le mariage ne soit pas encore consommé, Marie étant peut-être trop jeune, la situe chez des parents pieux se conformant au précepte selon lequel le mariage est un véritable commandement[9].

Marie mère de Jésus[modifier | modifier le code]

L'Evangéliste Jean ne mentionne jamais Marie par son nom, mais toujours par son titre de "mère de Jésus". Les nazaréens disent de Jésus qu'il est "le fils de Marie" (Marc 6, 3). Or, désigner un homme comme fils de sa mère est rare chez les Anciens qui privilégient la filiation paternelle. Est-ce là l'indice de la difficulté qu'auraient rencontrée ses contemporains à définir la filiation de Jésus, ou bien celui d'une mort précoce de Joseph, ou bien encore celui de la mystérieuse paternité céleste revendiquée par Jésus. Ce nom de "fils de Marie" octroie une dignité à la femme décrite comme la mère d'un tel fils.

Premiers siècles[modifier | modifier le code]

Pères apostoliques et premiers Pères de l'Église[modifier | modifier le code]

Söll a récapitulé les points de vue suivants des Pères apostoliques et des premiers Pères de l’Église concernant Marie : Ignace d'Antioche (mort martyr au début du second siècle) a parlé dans sa Lettre aux Éphésiens (7, 2) du grand mystère de Marie qu'est la virginité de Marie qu'il place à côté de ceux de la conception et de la mort du Seigneur. Justin de Naplouse a défendu surtout la virginité de Marie avant l'enfantement, et introduisit pour la première fois un parallélisme entre Ève et Marie (Dialogue, 100, 5) permettant de préciser la contribution de Marie au caractère salvifique de l'incarnation. Irénée de Lyon (mort à la fin du second siècle) approfondit la comparaison entre Ève et Marie, définissant Marie comme avocate d'Ève (Contre les hérésies II, 22, 4). Tertullien (mort après 220) a défendu la virginité de Marie lors de la conception de Jésus (De monog, 82, De carne Christi, 24) tandis que Clément d'Alexandrie (mort avant 215) et Origène (mort en 254) soutinrent la virginité perpétuelle de Marie (avant la conception de Jésus, après son enfantement et jusqu'à la fin de la vie de Marie). Hippolyte de Rome (mort en 235) parla de la liberté de Marie face au péché[15]. Enfin Irénée de Lyon, (140-202) qui fut le disciple de Polycarpe lequel fut dans sa jeunesse un familier de Jean, enseigne que la Vierge Marie est devenue par son obéissance la Nouvelle Eve qui a permis de revenir sur la désobéissance d'Eve lors du péché originel (Contre les hérétiques 19, 1)[16].

Prière adressée à Marie datant du troisième siècle[modifier | modifier le code]

Le tropaire Sub Tuum Praesidium est une prière adressée à Marie que l'on rencontre dans les liturgies copte, grecque, ambrosienne et romaine. Il est actuellement la plus ancienne prière mariale connue. En effet, selon les examens paléographiques du papyrus Rylands 470 découvert en Egypte en 1917, dans lequel on a découvert cette prière déjà connue, celle-ci remonterait au troisième siècle qui était encore une période de persécutions. Son contenu est le suivant : "Sous ta miséricorde, nous nous réfugions, Mère de Dieu (théothokos); dans les nécessités, ne repousse pas nos prières, mais délivre-nous du danger, ô seule chaste, ô seule bénie." Ce tropaire égyptien est le plus ancien document connu avant le concile d'Ephèse de 430 attribuant à Marie le vocable mère de Dieu. Si certains exégètes ne veulent pas lui attribuer une date aussi haute que le troisième siècle, à cause de la nomination théothokos, toutefois cette appellation destinée sans doute à l'office de Noël qui était en Egypte une fête mariale, pourrait avoir été adoptée en liturgie bien avant les discussions concernant la signification théologique du terme. En outre en qualifiant Marie de "seule chaste, seule bénie", le tropaire lui reconnaît une sainteté spécifique bien à part. Enfin, via sous l'invocation "sous ta miséricorde nous nous réfugions", il exprime la foi de l'orant en l'intercession de Marie auprès de Dieu son fils, afin de le protéger des nécessités sans doute en lien avec les persécutions[17].

Textes apocryphes[modifier | modifier le code]

L'éducation de La Vierge Marie, par Charles Antoine Coypel (1735-1737)

Marie est l'objet de nombreux développements dans les textes apocryphes à partir du IIe siècle. C'est de là que viennent la plupart des traditions qui la concernent.

Les apocryphes mentionnent notamment le nom de ses parents, Anne et Joachim, sa nativité, son adolescence, sa vie à Éphèse, sa Dormition et son Assomption. Bien que ces textes n'appartiennent pas au canon biblique, certaines fêtes liturgiques des calendriers catholique et orthodoxe se rapportent directement à ces traditions. Les églises sont pleines d'œuvres représentant des épisodes de la vie de Marie tirés des apocryphes, notamment du Protévangile de Jacques, de La Nativité de Marie et de La Dormition de Marie.

Si la plupart des apocryphes sont plus tardifs que le Nouveau Testament, certains d'entre eux, qui concernent Marie, semblent antérieurs aux récits de la naissance de Jésus dans les Évangiles selon Matthieu et selon Luc[18]. Enrico Norelli observe que l'étude de ces récits renseigne sur la place de Marie dans le christianisme ancien et permet de comprendre pourquoi les traditions sur Marie n'ont pas été intégrées dans les écrits canoniques, alors même que Marie continuait d'occuper une place importante dans les prédications et la tradition chrétiennes.

Marie dans les Églises chrétiennes[modifier | modifier le code]

Catholicisme et orthodoxie[modifier | modifier le code]

La vénération de Marie[modifier | modifier le code]

Les Églises catholique et orthodoxe accordent une place essentielle à Marie, qu'elles appellent « Marie de Nazareth »[19],[20], « Sainte Vierge », « Vierge Marie », « Notre-Dame » (plus souvent chez les catholiques) ou « Mère de Dieu ».

L'Église catholique voue un culte particulier à Marie, le culte d'hyperdulie, supérieur au culte rendu aux saints et aux anges. Cette vénération est différente de l'adoration, due à Dieu seul[21]. Au quatrième siècle, Épiphane de Salamine écrivit contre ceux qui vénéraient Marie comme une déesse: "Bien que Marie soit pleine de grâce, sainte et digne de vénération, elle ne mérite pas pour autant l'adoration"[22].

Cette pratique, qui n'existe pas dans la Bible, provient de traditions culturelles et de livres apocryphes. On trouve notamment dans le Protévangile de Jacques, un texte du IIe siècle, le nom de ses parents, Anne et Joachim, et dans divers écrits le récit de sa nativité, de son adolescence, ceux de sa vie à Éphèse, de sa Dormition et de son Assomption.

Intercession de Marie[modifier | modifier le code]

A la cour de Juda, la place de la reine mère était importante car elle avait sur le roi une influence réelle, en sorte que le peuple qui en était conscient s'adressait souvent à elle pour qu'elle intercède en sa faveur. Marie la mère de Jésus qui est le Roi par excellence, intercède auprès de lui en faveur des hommes ployant sous leurs péchés qui la prient, chacun pouvant lui demander ce que disait Mardochée à la reine Esther: " Prie le Seigneur, parle pour nous au roi, arrache-nous à la mort". Or c'est ce que fit Marie auprès de Jésus lors des noces de Cana, où elle obtint que son fils fasse son premier miracle. (Jean 2, 1-10)[23].

Les dogmes mariaux[modifier | modifier le code]

Les deux premiers dogmes mariaux sont communs aux différentes confessions chrétiennes : Marie est déclarée Théotokos (« Mère de Dieu ») par le concile d'Éphèse (431) et sa virginité perpétuelle est officialisée par le deuxième concile de Constantinople (553)[5].

A l'époque moderne, l'Église catholique ajoute le dogme de l'immaculée conception et celui de l'Assomption. En 1477, le pape Sixte IV invita à rendre grâce pour l'admirable conception de la Vierge immaculée[24]. Et en 1854, Pie IX proclama l'Immaculée Conception un dogme qui signifie que la Vierge Marie était libre du péché originel dès le moment de sa conception grâce aux mérites de son fils Jésus-Christ[25].

Par ailleurs, en 1169 Alexandre III enseigna quel le corps de Marie est demeuré incorruptible après sa mort.[26] Pie XII proclama en 1950 le dogme de l'Assomption qui affirme que la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste [27],[5].

Marie a été également présentée par Paul VI comme étant la ,mère de l'Eglise dans son discours du 21 novembre 1964[28].

Ces deux dogmes catholiques de l'immaculée conception et de l'Assomption sont rejetés par la Réforme protestante et ignorés par le christianisme oriental, malgré sa grande vénération envers Marie[5]. Pour l'Église orthodoxe, en effet, Marie a été enfantée dans le péché originel comme tout être humain, et, si elle est « immaculée », c'est par son adhésion à la volonté de Dieu, par sa pureté intérieure et par le fait qu'elle n'a jamais péché.

Lors du concile Vatican II, l'Église catholique a inclus la mariologie dans le cadre de l'ecclésiologie générale[29] afin d'éviter les dérives de la piété populaire[5].

Le débat sur « Marie corédemptrice »[modifier | modifier le code]

Dans la première moitié du XXe siècle, un courant s'est formé au sein du catholicisme traditionaliste[30] pour demander un cinquième dogme, qui aurait déclaré Marie « corédemptrice » au côté de Jésus-Christ, l'unique rédempteur pour les chrétiens[31].

Ce titre controversé s'inscrit dans une tradition populaire qui qualifie Marie de redemptrix à partir du Xe siècle : il s'agit là d'un transfert de titres initialement attribués à l’Église et au Saint-Esprit[32]. Au XVe siècle, des théologiens franciscains parlent de « Marie corédemprice » et se heurtent à l'opposition des Dominicains[32],[33]. Par la suite, le terme se fait rare dans les textes du magistère romain[32].

Le concept ne réapparaît qu'à la fin du XIXe siècle, avec une mention par Léon XIII dans une encyclique de 1894 sur le rosaire[34], mais surtout avec plusieurs déclarations de Pie X, selon lequel Marie participe au pouvoir rédempteur du Christ[35]. L'expression « Marie corédemptrice » est utilisée par deux de ses successeurs. Pie XI s'exprime ainsi en 1935 : « Ô Mère aimante et miséricordieuse [...], vous vous êtes tenue debout près de Lui, souffrant avec Lui comme Corédemptrice[36],[37]... » De même, Pie XII emploie une fois ce mot[38].

Le concile Vatican II aborde les questions mariologiques dans la constitution Lumen Gentium[39]. Or Marie demeure parfois à cette époque l'objet de dévotions héritées des croyances du Moyen Âge[32],[39]. Bernard Sesboüé précise que les pères conciliaires ont donc « exprimé un refus net de continuer dans cette voie, qui ne correspond ni à la nature ni à la visée des définitions dogmatiques »[39]. Le concile met fin au débat en rappelant que Jésus-Christ est l'unique rédempteur et que Marie ne saurait être « corédemptrice »[40].

Toutefois, plusieurs années après le concile, le débat se poursuit sous forme de requêtes individuelles et de pétitions en ligne adressées au Vatican[30],[32]. Celui-ci, en 1996, réunit à cet effet une commission de quinze théologiens[39]. Cette commission décide à l'unanimité de confirmer la position de Vatican II[41],[39]. L'Académie pontificale mariale internationale reprend ensuite à son compte les termes de la commission[42],[39]. Le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, développe ce point en 2001 : « Le concept de corédemptrice s'écarte aussi bien de l'Écriture que des écrits patristiques. [...] Tout vient [du Christ], comme le soulignent les Épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens. Marie aussi est tout ce qu'elle est par lui. Le terme de corédemptrice obscurcirait cette donnée originelle[43]. » Pour sa part, le pape François rappelle fermement que Marie ne saurait être considérée comme « corédemptrice » et ne s'est jamais présentée comme telle[44],[30].

La Dormition et l'Assomption[modifier | modifier le code]

En 374, Épiphane de Salamine écrivit que l'on ne savait si Marie était morte ni si elle avait été ensevelie. Plus tard, Théotecnè de Livias (mort vers 600) et Modeste de Jérusalem (mort vers 630) ont cherché à étudier le mystère de l'élévation de Marie au ciel en le mettant en rapport avec les dogmes mariaux déjà reconnus. Ils inaugurèrent la formule sumpta quia immaculata (montée au ciel parce que immaculée).

Dormition de la Vierge, mosaïque orthodoxe de l'église Saint-Sauveur-in-Chora, Istanbul.

Par ailleurs, Germain de Constantinople (mort en 733), André de Crète (mort en 740) et Jean Damascène (mort en 749) ont approfondi la foi en l'élévation corporelle au ciel de Marie[45].

Pour les orthodoxes comme pour les catholiques, Marie est restée toute sa vie sans jamais pécher, de sa naissance à son « endormissement » dans la mort. Les orthodoxes parlent de Dormition et non de mort, tandis que les catholiques évoquent son Assomption.

L'Assomption est un dogme catholique selon lequel, au terme de sa vie terrestre, Marie a été « enlevée corps et âme » au ciel. Le , ce point de foi, en réalité fort ancien dans la mémoire de l'Église, est finalement défini sous forme de dogme par la constitution apostolique Munificentissimus Deus du pape Pie XII, sous le sceau de l'infaillibilité pontificale. Les catholiques fêtent l'Assomption le 15 août.

Les orthodoxes emploient le terme de Dormition depuis le Ve siècle. Ce dogme signifie que la Vierge, morte sans souffrir, est vivante dans un état de paix spirituelle. Ils critiquent le nom d'Assomption, qui entretient l'ambiguïté en laissant croire que la Vierge a été enlevée au Ciel de son vivant. La fête de la Dormition, le , se présente comme une célébration de la vie éternelle : « Tu es passée à la Vie, toi qui es la mère de la Vie[46]. »

Protestantisme[modifier | modifier le code]

Luther et Calvin[modifier | modifier le code]

Luther insiste sur l'humilité de Marie et son accueil de la grâce[47]. Calvin affirme qu'elle a besoin du pardon, et refuse, à la différence de Luther, de célébrer les fêtes mariales. Il n'accepte pas l'appellation « Mère de Dieu ».

C'est à partir du dogme de l'Immaculée Conception en 1854 puis de celui de l'Assomption en 1950 que se creuse à nouveau l'écart avec le catholicisme. Ces dogmes établis tardivement ne peuvent en effet constituer une réalité historique ou spirituelle selon les membres des Églises protestantes, qui dénoncent les excès du culte marial (Mariolâtrie).

Ils récusent aussi le titre de « Reine du Ciel ».

Méthodisme[modifier | modifier le code]

Les méthodistes n'ont pas d'écrits officiels ou d'enseignements sur Marie, sauf ce qui est mentionné dans l'Écriture et les enseignements œcuméniques. Ils considèrent essentiellement que le Christ a été conçu dans son sein par l'Esprit-Saint et qu'elle a donné naissance au Christ en étant vierge. John Wesley, le principal fondateur du mouvement méthodiste au sein de l'Église d'Angleterre, estime que Marie « est restée une vierge pure et sans tache »[48]. L’Église méthodiste considère que Marie était vierge avant, pendant et immédiatement après la naissance du Christ[49].

De ceci, les Églises méthodistes unies rejettent les notions de Marie corédemptrice ou médiatrice. Ils rejettent également la vénération des saints, de Marie et des reliques : ils estiment que le respect et la louange sont réservés à Dieu seul. Cependant, ils approuvent l'étude de la vie de Marie et des biographies de saints, car celles-ci sont considérées comme des exemples pour les bons chrétiens[50].

Conception virginale et virginité perpétuelle[modifier | modifier le code]

L'Annonciation, par Francisco de Goya (vers 1785)

Les premières mentions de la conception virginale (le fait que Jésus-Christ ait été conçu et soit né alors que Marie était vierge) se trouvent dans les prologues des évangiles selon Matthieu et selon Luc qui s'inspirent chacun de deux traditions différentes. Ces prologues sont des ajouts tardifs, datés habituellement de la fin du Ier siècle, voire du début du IIe. Les évangiles selon Marc et selon Jean sont muets sur cette question[réf. souhaitée].

La conception virginale est acceptée par tous les chrétiens puisqu'elle est rapportée par les prologues ajoutés aux évangiles selon Luc et selon Matthieu[réf. souhaitée].

Se fondant notamment sur l'ouvrage de Raymond Edward Brown, The Birth of Messiah (1999), Enrico Norelli observe que les « énoncés sur la conception de Jésus par une vierge chez Matthieu et Luc » n'ont « qu'une fonction christologique, et non mariologique » : ils servent à étayer l'idée d'une identité divine de Jésus, qui ne serait pas né comme tout autre être humain, bien plus qu'ils ne procèdent d'une idéalisation de la figure de Marie. Ainsi, au moment où ont été rédigés les évangiles, l'intérêt porté à Marie était « orienté par la personne de Jésus »[51].

Il n'en va pas de même pour la virginité perpétuelle de Marie, qui est acceptée par les théologies catholique et orthodoxe mais refusée par la majorité des théologies protestantes. Les premiers dirigeants protestants croyaient à la virginité perpétuelle de Marie, notamment Martin Luther, Jean Calvin, Ulrich Zwingli[52] et John Wesley, l'un des fondateurs du méthodisme[53].

Les évangiles mentionnent les « frères de Jésus » (Mt 12,46 ; Mc 3,31 ; Lc 8,19) qui ont eu des interprétations différentes. L'Église catholique, à la suite de Jérôme, conclut que les «frères de Jésus» étaient les cousins de Jésus (enfants de la sœur de la vierge Marie, que Jérôme identifie avec Marie, femme de Cleopas), tandis que l'Église orthodoxe orientale, à la suite d'Eusèbe et d'Épiphane, affirme qu'ils étaient les enfants de Joseph d'un mariage antérieur à celui de Marie[54].

Marie en dehors du christianisme[modifier | modifier le code]

Hypothèse de la naissance illégitime de Jésus[modifier | modifier le code]

Selon Enrico Norelli, « au plus tard au IIe siècle, mais vraisemblablement déjà au premier (d'après certains savants, déjà du vivant de Jésus) circulait l'accusation d'une conception adultérine de Jésus »[55]. Jane Schaberg (en)[56], une théologienne américaine, émet l'hypothèse que les évangélistes « Matthieu et Luc auraient travesti en conception surnaturelle ce qui était la suite d'un viol[57] ou d'une union hors mariage[58] ». Les détails biographiques concernant l'enfance de Marie, confiée aux prêtres dès l'âge de trois ans et vouée à une virginité perpétuelle, détails produits dans le Protévangile de Jacques et qui insistent sur la pureté de Marie, étaient destinés initialement à « réfuter des accusations d'illégitimité de Jésus avancées par des juifs non chrétiens » des Ier et IIe siècles[59].

Daniel Marguerat pense au contraire que les accusations de naissance illégitime sont une réponse polémique à l'affirmation chrétienne de la conception virginale[60].

Ces accusations se trouvent notamment dans le Discours véritable du philosophe Celse (rapporté par Origène) écrit à la fin du IIe siècle. Celse y affirme que « un juif » lui aurait déclaré Jésus était un enfant adultérin que Marie, pauvre fileuse, aurait eu d'un soldat romain du nom de Pantera[61]. Cette conception s'inscrit dans un contexte polémique, Celse parlant de la doctrine chrétienne comme d'une "doctrine barbare et nuisible au genre humain."[62]

Jusqu'au milieu du IIe siècle, ces rumeurs s'inscrivent dans un processus de séparation, non pas entre juifs et chrétiens, mais entre les pharisiens-tannaïtes et les chrétiens d'origine juive[61]. Il ne s'agit pas encore du conflit plus général qui éclate à partir des années 135-140 et voit cette fois s'opposer les deux religions[61].

Marie dans l'islam[modifier | modifier le code]

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Miniature persane de Marie et Jésus.

Maryam, Mariam ou Meryem (en arabe : مريم), est le nom de la mère de Îssâ (nom de Jésus dans le Coran). Elle est la fille d'Imran (Joachim), et est aussi appelée « sœur d'Aaron »[C 1].

La sourate 19 se nomme « Marie » ( مريم)[63],[C 2].

Guillaume Dye souligne le fait que Marie, mentionnée 33 fois dans le Coran, l'est plus dans ce livre sacré que dans le Nouveau Testament[64]. Selon Claude Gilliot, « la place que Marie occupe dans les apocryphes chrétiens, c'est le terreau du Coran »[65] ; le Protévangile de Jacques par exemple (apocryphe du IIe siècle), fait de Marie un personnage central, et aurait inspiré en particulier le récit de l'Annonciation dans le Coran (sourate 19, versets, 17-21).

La mère de Jésus est considérée comme vierge dans le Coran, tournée vers Dieu dès sa naissance, jamais fiancée ou mariée (mais seulement protégée et guidée par Zakarie, « Zakaria » (en arabe : زكريا). Le Coran reprend une tradition proche de celle retenue par la « Grande église » sur la conception miraculeuse de Jésus (ou Îsâ) par l'action du souffle de Dieu (Rûh)[C 3].

Le prophète Mahomet la décrit comme étant l'une des rares femmes ayant atteint le degré de « perfection », à travers sa dévotion intense à Dieu et sa patience lors de l’épreuve de l'enfantement miraculeux, que sa communauté accueillera par la suspicion et l'accusation. Le Coran la présente à l'opposé des femmes maudites de Loth et de Noé, comme l'une des deux femmes bien accueillies au paradis, elle et Assiya (l'épouse du pharaon rencontré par Moïse), dans la sourate « Les femmes »[C 4] et dans la sourate dite de « la table servie »[C 5]. Selon Michael Marx, le respect à l'égard de Marie renforce l'image positive de Jésus dans le Coran[65].

Le culte marial[modifier | modifier le code]

Culte de Marie dans les Églises catholique et orthodoxe[modifier | modifier le code]

Il semble que Marie n'a fait l'objet d'aucune dévotion particulière dans les débuts du christianisme. Le culte marial se développe à partir du IIIe siècle en Orient et Ve siècle en Occident[66],[67].

« En Orient comme en Occident, à partir de la seconde moitié du Ve siècle, c'est-à-dire à l'époque où s'est probablement posée la question du sort final de Marie, le culte des reliques mariales a commencé à se développer ». Étant donné son assomption, la vénération se porte non pas sur les traditionnelles reliques corporelles, mais sur des reliques de contact (vêtements funèbres, ceinture…)[67].

De nombreuses églises et sanctuaires mariaux revendiquent la possession de ce type de reliques en se fondant sur des récits légendaires issus de traditions probablement originaires de Jérusalem[68], comme le vêtement de la Vierge conservé dans l'église Sainte-Marie-des-Blachernes[69].

Au cours des siècles, de nombreux miracles et « apparitions » ont été attribués à Marie dans l'Église catholique, qui n'en a toutefois reconnu que 18 à ce jour. Plusieurs sites d'apparitions mariales sont devenus des lieux de pèlerinages importants (Guadalupe, Médaille miraculeuse, Lourdes, La Salette, Fatima). Certains ont revendiqué des guérisons après avoir prié Marie (comme Thérèse de Lisieux lors de sa maladie en 1883). L’Église catholique indique que « par son intercession répétée [Marie] continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel »[70].

Les Églises protestantes[modifier | modifier le code]

Sans vénération et dévotion comme les catholiques et les orthodoxes, l'Église anglicane reconnait tout de même la maternité divine, la virginité et la sainteté exemplaire de Marie[71], et la position luthérienne affirme qu’un protestant peut exprimer avec joie dans sa foi la place que le Credo attribue à Marie. Il est à même de louer Dieu pour ce qu’il a donné à Marie d’être et de faire[72].

Cela étant, les théologiens protestants ont tendance à souligner le fait que le culte marial, et certains aspects de la théologie mariale qui le justifient, ne sont étayés par aucun texte biblique. Le pasteur de l'Église réformée Alain Houziaux rend compte de cette divergence dans ces termes : « Il est bien évident que le développement de la théologie mariale n'a pas son fondement dans l'Écriture sainte. Quel problème cela peut-il poser ? Aucun pour l'Église catholique. Pour celle-ci, la source de la vérité promulguée et révélée ne réside pas seulement dans l'Écriture mais aussi dans la Tradition et le Magistère »[73].

De plus, le protestantisme ne reconnaît pas Marie comme médiatrice, intermédiaire entre le Christ et les hommes ; le culte marial perd ainsi sa justification. Selon Alain Houziaux, dans le catholicisme, « c'est Marie qui a pris la place qui était primitivement dévolue au Christ. Au fond, c'est elle qui est devenue médiatrice, rédemptrice, avocate auprès du Juge suprême. [...] Certes, la théologie [catholique] officielle ne substitue jamais Marie au Christ qui reste unique Médiateur conformément à ce que dit 1 Timothée 2,5. [...] Mais la piété populaire, peut-être parce qu'elle n'a jamais compris et admis la théologie du sacrifice vicaire et rédempteur du Christ, voit en la Vierge Marie l'image du pardon, du salut et de la miséricorde et substitue souvent cette image à celle du Christ trop complexe et incompréhensible puisqu'il est à la fois crucifié et Juge, victime et Tout puissant, homme et Dieu »[73].

Certains chrétiens évangéliques, considèrent Marie comme une simple servante du Seigneur qui ne peut donc pas posséder de pouvoir, guérir les gens ou révéler des choses nouvelles. Toujours selon ces théologiens évangéliques, les miracles attribués à Marie ne permettent pas de rapprocher quelqu'un du Dieu de la Bible et ne peuvent donc être considérés comme étant d'origine divine[74].

Critique et analyse du culte marial[modifier | modifier le code]

Point de vue de Calvin[modifier | modifier le code]

Jean Calvin, dans son Traité des reliques (1543), « énumère les nombreuses reliques dont les églises d’Europe se font les sanctuaires et dont l’amoncellement suffit à les dévaloriser, quand ce n’est pas le ridicule de certaines pièces. Calvin écrit par exemple à propos des « reliques de la Grotte du Lait »[75], et donc du lait de Marie vénéré dans les églises, que « tant y a que si la sainte vierge eût été une vache et qu’elle eût été nourrice toute sa vie, à grand peine en eût-elle pu rendre telle quantité »[76],[77]. En effet, d'innombrables couvents et villes exposent, dit Calvin, des fioles contenant du lait de Marie.

Iesus Maria, devise des Oratoriens, dans le Temple protestant de l'Oratoire du Louvre, Paris.

Point de vue de Alain Houziaux[modifier | modifier le code]

Le pasteur Alain Houziaux discerne « un conflit profond et fondamental entre la piété populaire (que la dogmatique mariale catholique tente d'assumer) et l'enseignement qu'ont voulu dispenser saint Paul, saint Augustin, Luther et même le concile de Trente »[78]. Comment expliquer ce culte que nombre de croyants vouent à Marie ? « L'idée d'une mère restée vierge constitue un fantasme qui remue profondément notre inconscient et notre imagination. Freud insiste sur l'effroi que suscite chez l'enfant l'idée et l'image qu'il est né d'un coït de ses parents[78]. » De plus, « le fait que le christianisme se soit construit, à la différence du judaïsme, autour de trois figures masculines (le Père, le Fils et l'Esprit) n'a sans doute pas été étranger au développement du culte de la Vierge Marie et au fait qu'elle ait pu, très tôt, être considérée comme une figure céleste. La carence de la Trinité chrétienne en images féminines peut donc expliquer le développement de la mariologie »[78].

Hypothèse d'un refus de la sexualité dans le culte de la Vierge Marie[modifier | modifier le code]

Le refus du culte marial a partie liée dans le protestantisme avec une réhabilitation de la sexualité et une conception de la femme différente de celle du catholicisme : en revalorisant « le corps et l'amour charnel, Luther rompait définitivement avec l'idéalisation de la femme dans le culte marial et avec sa diabolisation en tant que pécheresse et séductrice »[79]. « Marie immaculée heurte non seulement la foi des protestants mais elle entre aussi en complète confrontation avec leur idéal féminin. Dès la Réforme, ceux-ci privilégient le mariage au célibat, le travail à la contemplation, et font de la femme, bonne ménagère éduquée, une aide et une alliée de l’homme. La sexualité s’en trouve peu à peu complètement réhabilitée, ouvrant la voie à une évolution plus générale des rapports hommes-femmes. Ni Ève ni Marie devient ainsi l’un des slogans de la pensée féministe chrétienne. La formule, utilisée comme titre d’un ouvrage paru à la fin des années 1990, exprime le refus de porter le poids de la faute et de la condamnation d’Ève, archétype de la femme, ou encore d’être jugée à l’aune du modèle de soumission qu’a pu être Marie »[80].

Traditions apocryphes[modifier | modifier le code]

On a prêté à la Marie du Ier siècle des pratiques qui correspondaient en réalité aux traditions monastiques en vigueur au Moyen Âge, dans une réécriture du Protévangile de Jacques (apocryphe du IIe siècle), effectuée au VIIe siècle et, connue sous le nom d'Évangile du Pseudo-Matthieu. Dans ce texte tardif, Marie « préside une véritable communauté monastique de jeunes filles, idée absurde pour le judaïsme, mais qui convenait parfaitement à l'esprit de l'époque mérovingienne »[81].

La Présentation de Marie au Temple, épisode qui n'est relaté que par le Protévangile de Jacques. Icône russe, vers 1600, Walters Art Museum.

Dans un apocryphe du IIe siècle, l'Ascension d'Isaïe, Marie n'a pas accouché de Jésus : elle « regarda soudain de ses yeux et vit un petit enfant, et elle fut effrayée »[82]. Selon une homélie du IVe siècle, Marie n'est pas une femme : elle est l'archange Michel[83]. Selon l'Épître des apôtres, un apocryphe du IIe siècle, Marie n'est pas enceinte par l'opération du Saint-Esprit, car l'archange Gabriel n'est autre que Jésus lui-même, qui entre alors en elle[84].

Une tradition syrienne jacobite datant au plus tôt du IXe siècle raconte que Marie fut emmenée près d'Éphèse par Jean l'Évangéliste après la Crucifixion pour fuir la persécution à Jérusalem. Marie est supposée y avoir terminé sa vie terrestre, dans la « maison de la Vierge Marie ». Cette tradition vise probablement à légitimer le siège épiscopal d'Éphèse[85].

Elle est ensuite ramenée miraculeusement à Jérusalem pour être enterrée dans le jardin de Gethsemani, ce qui a engendré la tradition du sépulcre de Marie : l'église bâtie à cet emplacement sous le règne de Constantin passe également pour être la maison de la Vierge, ce qui explique que cette tradition, concurrente de la « maison de la Vierge Marie » à Éphèse et de l'abbaye de la Dormition de Jérusalem, y fixe aussi la tombe de ses parents Anne et Joachim[86]. Toutefois, on ne sait pas où se trouvait ce jardin de Gethsemani. Plusieurs textes apocryphes indiquent que ce jardin se trouvait près du lieu où Jésus a été crucifié. Or il y a une distance importante entre le Golgotha et le lieu appelé Gethsemani depuis le IVe siècle et qui se trouve de l'autre côté de la vallée du Cedron.

De nombreux apocryphes affirment que le corps de Marie « n'est pas resté dans le tombeau » et se trouve « au ciel ». Mais les textes divergent quant à savoir si ce corps a été réuni à l'âme, et si oui, où et quand cela s'est produit »[87].

Art consacré à Marie[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Présentation de la Vierge au Temple, enluminure de Jean Colombe folio 137r, Les Très Riches Heures du duc de Berry.

De très nombreuses cathédrales et églises sont dédiées à Marie. Par exemple, parmi les plus connues, à Rome, Sainte Marie Majeure, et en France, des cathédrales gothiques comme Notre-Dame de Strasbourg, Notre-Dame de Paris, Notre-Dame de Chartres, Notre-Dame d'Amiens ou Notre-Dame de Reims.

Peintures et fresques[modifier | modifier le code]

Sculptures[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Chants grégoriens[modifier | modifier le code]

  • O, Gloriosa Domina de Venance Fortunat, hymne des fêtes de la Vierge Marie (VIe siècle)
  • Alma Redemptoris Mater, hymne du temps de l'Avent (XIe siècle);
  • Ave Regina caelorum, hymne du temps de Noël (XIIe siècle);
  • Regina caeli, laetare, hymne du temps de Pâques (XIIIe siècle)
  • Salve Regina, hymne du temps liturgique ordinaire.
  • Stabat Mater dolorosa, séquence du Vendredi-Saint et de la fête de la Vierge des douleurs du .
  • Ave Maris Stella, hymnes de Vêpres de certaines fêtes de Marie (VIIIe siècle)

Musique sacrée[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Alain Houziaux, « Le culte de la vierge Marie, pourquoi ? », sur protestantsdanslaville.org, Protestants dans la Ville, (consulté le ).
  • Élie Mélia, Cahier d'Orgemont, vol. 58, (lire en ligne), « Marie dans l'Église orthodoxe ». Exposé de l'archiprêtre Élie Mélia dans le cadre des rencontres du Groupe d'échanges et de travaux œcuméniques.
  • Thierry Murcia, « Marie de Magdala et la mère de Jésus », dans Revue des Études Tardo-antiques, Figures du premier christianisme : Jésus appelé Christ, Jacques “frère du Seigneur”, Marie dite Madeleine et quelques autres, (Textes de la session scientifique THAT, Paris-Sorbonne, 3 février 2018), Supplément 6, 2018-2019, p. 47-69

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Marie (mère de Jésus).

Vatican[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L'ange entra chez elle, et dit : « Je te salue, toi à qui une grâce a été faite ; le Seigneur est avec toi. » Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L'ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus… Marie dit à l'ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? L'ange lui répondit : Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi « Le Saint Enfant » qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu (Lc 1:21-35). »
  2. « Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint-Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble. Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint-Esprit ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Tout cela arriva afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : « Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous » (Mt 1:18-23). »

Sources bibliques[modifier | modifier le code]

Sources coraniques[modifier | modifier le code]

  1. Le Coran, « Marie », XIX, 29, (ar) مريم
  2. Le Coran, « Marie », XIX, (ar) مريم
  3. « Le Messie, Jésus, fils de Marie, est l'Apôtre de Dieu et son verbe qu'il jeta dans Marie : il est un esprit venant de Dieu. » Le Coran, « Les Femmes », IV, 169, (ar) النساء
  4. « Les femmes » verset 171
  5. « la table servie » versets 116 et 117.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Simon Claude Mimouni, Dormition et assomption de Marie. Histoire des traditions anciennes, Éditions Beauchesne, , p. 478
  2. Simon Claude Mimouni, op. cit., p. 361
  3. (en) Geoffrey W. Bromiley, The International Standard Bible Encyclopedia, Volume 4, Wm. B. Eerdmans Publishing, , p. 267.
  4. Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, Labor et Fides, , p. 15
  5. a b c d e f g h i j et k Silke Petersen (de), « Maria, Mutter Jesu », lien permanent, 2011.
  6. Simon Butticaz, « L'Épître aux Galates », in Camille Focant et Daniel Marguerat (dir.), Le Nouveau Testament commenté, Bayard/Labor et Fides, 2012, 4e éd. (ISBN 978-2-227-48708-6), p. 830-832.
  7. Vladimir Lossky, The Meaning of Icons, 1982 (ISBN 978-0-913836-99-6) p. 173.
  8. Dictionnaire Jésus, p. 637.
  9. a et b Dictionnaire Jésus, p. 635-636.
  10. Agnès Walch, Histoire de l'adultère, Librairie Académique Perrin, , p. 54.
  11. (Mt 2,1-6; Lc 2,4-7), où son fils reçoit la visite des bergers, et plus tard des mages (Mt 2,7-12 ; Lc 2,15-21)
  12. (en) Geoffrey W. Bromiley, The International Standard Bible Encyclopedia, Volume 4, Wm. B. Eerdmans Publishing, , p. 269.
  13. Dictionnaire Jésus, p. 638-639.
  14. Dictionnaire Jésus, p. 640.
  15. G. I. Söll, Dictionnaire encyclopédique du Christianisme ancien, vol. II, Paris, Cerf, , 1362 p. (ISBN 978-2204041829), p. 1553-1554
  16. Irénée de Lyon, Contre les hérésies, préface, Paris, Cerf, , p. 6.
  17. Dictionnaire encyclopédique du christianisme ancien, vol II, Paris, Cerf, , 2641 p., p. 2332
  18. Enrico Norelli (trad. de l'italien), Marie des apocryphes : Enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, Genève, Labor et Fides, , 177 p. (ISBN 978-2-8309-1340-8, lire en ligne), p. 9
  19. Jean Longère, La Vierge Marie dans l'enseignement de la théologie et la catéchèse mariale adulte : communications présentées à la 58e Session de la Société française d'études mariales, vol. 58, Sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes, Mediaspaul Éditions, coll. « Études mariales », , 266 p. (ISBN 978-2-7122-0841-7, lire en ligne), p. 25.
  20. Francesco Rossi de Gasperis, Marie de Nazareth : icône d'Israël et de l'Église, vol. 64, Parole et Silence, coll. « Cahiers de l'école cathédrale », , 139 p. (ISBN 978-2-84573-228-5).
  21. Catéchisme de l'Église catholique : Édition définitive avec guide de lecture (trad. du latin), Italie, Bayard/Cerf/MAME, , 845 p. (ISBN 978-2-7189-0853-3, lire en ligne), p. 971.
  22. G. I. Söll, In Dictionnaire encyclopédique du christianisme ancien, Vol II., Paris, Cerf, , p. 1553.
  23. Dictionnaire Jésus, p. 641.
  24. Denzinger, Paris, Cerf, , n° 1400.
  25. Denzinger, Paris, Cerf, , n° 2803.
  26. Denzinger, Paris, Paris, , n° 748.
  27. C, Catéchisme de l'Eglise Catholique, Paris, Mame Plon, , n° 966
  28. Catéchisme de l'Eglise Catholique, Paris, Mame Plon, , n° 963
  29. « La bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l'Église », chapitre 8 de la constitution dogmatique Lumen Gentium (1964).
  30. a b et c « Once again, Pope Francis says Mary is not the ‘co-redemptrix’ », Crux (en), 24 mars 2021.
  31. Michael O'Carroll, C.s.sp., Mediatress of All Graces, Newman Press, Westminster, MD, 1958, p. 167-170 et p. 189-193.
  32. a b c d et e Hendro Munstermann, « Marie corédemptrice ? ». Marie corédemptrice ? Débat sur un titre marial controversé, éditions du Cerf (coll. « Théologies »), 2006, 104 p. Présentation du livre et résumé du débat.
  33. Ludwig Ott, Fundamentals of Catholic Dogma, Mercier Press Ltd., Cork, Ireland, 1955, p. 256.
  34. Léon XIII, « Iucunda semper expectatione », archives du Vatican.
  35. Dans la lettre encyclique Ad Diem illum laetissimum du 2 février 1904, Pie X écrit : « Quand vint pour Jésus l’heure suprême, on vit la Vierge debout auprès de la croix, saisie sans doute par l’horreur du spectacle, heureuse pourtant de ce que son Fils s’immolait pour le salut du genre humain [...]. La conséquence de cette communauté de sentiments et de souffrances entre Marie et Jésus, c’est que Marie “mérita très légitimement de devenir la réparatrice de l’humanité déchue” (Eadmeri Mon., De Excellentia Virg. Mariæ, c. 9), et, partant, la dispensatrice de tous les trésors que Jésus nous a acquis par sa mort et par son sang […]. Du fait que Marie l’emporte sur tous en sainteté et en union avec Jésus-Christ et qu’elle a été associée par Jésus-Christ à l’œuvre de la Rédemption, elle nous mérite de congruo, comme disent les théologiens, ce que le Christ Jésus nous a mérité de condigno, et elle est le ministre suprême de la dispensation des grâces. »
  36. Clôture solennelle du jubilé de la Rédemption, 28 avril 1935. Cf. L'Osservatore Romano, 29-30 avril 1935. Voir aussi L'Osservatore Romano, 1er novembre 1933.
  37. Le 30 novembre 1933, Pie XI déclare : « Le Rédempteur se devait, par la force, d’associer sa Mère à son œuvre. C’est pour cela que nous l’invoquons sous le titre de Corédemptrice. Elle nous a donné le Sauveur. Elle l’a conduit à son œuvre de rédemption jusqu’à la croix. Elle a partagé avec lui les souffrances de l’agonie et de la mort en laquelle Jésus consommait le rachat de tous les hommes. ». Cf. L'Osservatore Romano, 1er décembre 1933.
  38. « Pour avoir été associée avec le Roi des Martyrs dans son ineffable œuvre de la rédemption humaine, comme Mère et comme corédemptrice... » Pie XII, Émission à la radio aux pèlerins à Fatima, 13 mai 1946, Acta Apostolicae Sedis 38, 1946, p. 266.
  39. a b c d e et f Bernard Sesboüé, s.j., « Peut-on encore parler de Marie ? », in Christus, no 183, janvier 1999, p. 264-273 Texte en ligne.
  40. « C’est pourquoi la bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, auxiliatrice, secourable, médiatrice, tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l'unique Médiateur, le Christ », « Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même pied que le Verbe incarné et rédempteur. » Cf. Lumen Gentium, VIII, 62.
  41. « Tels qu'ils sont proposés, les titres apparaissent ambigus, car on peut les comprendre de manières différentes. Il est apparu, de plus, que l'on ne doit pas abandonner la ligne théologique suivie par le concile de Vatican II, qui n'a voulu définir aucun d'entre eux. Dans son magistère, il n'a pas employé le mot Corédemptrice et il a fait un emploi très sobre des titres de Médiatrice et d'Avocate. En réalité, le terme de Corédemptrice n'est pas employé par le magistère des Souverains Pontifes, dans des documents importants, depuis l'époque de Pie XII. »
  42. « Il n'est pas opportun d'abandonner le chemin tracé par le concile de Vatican II. »
  43. Voici quel est notre Dieu, Plon/Mame, 2001, p. 215-216.
  44. « Pape François : Marie ne s'est jamais présentée comme corédemptrice », La Croix, 13 décembre 2019.
  45. R. G. Söll, In Dictionnaire encyclopédique du christianisme ancien. Vol II, Paris, Cerf, , p. 1553-1554.
  46. Olivier Clément, L'Eglise orthodoxe, Paris, PUF, coll. Que sais-je ? n° 949, , p. 85-86.
  47. Annick Sibué, Luther et la Réforme protestante, Paris, Eyrolles, , 183 p., p. 118-119.
  48. (en) « Mary's perpetual virginity before, during and after Jesus' birth », sur catholicbridge.com, Catholic Bridge.com (consulté le ). anciennement Présent sur wesley.nnu.edu « Copie archivée » (version du 5 novembre 2011 sur l'Internet Archive) mais aujourd'hui cette page est inexistante.
  49. (en) « Comparing Christian Denominations - Beliefs (Part 1) », sur christianity.about.com, About Religion (consulté le ).
  50. (en) « What does The United Methodist Church teach about the Immaculate Conception and the Virgin Birth? », sur umc.org, United Methodist Church (consulté le ).
  51. Enrico Norelli, Marie des Apocryphes, Labor et Fides, 2009, p. 46.
  52. (de) Ulrich Zwingli, Huldreich Zwinglis Sämtliche Werke, vol. I, Heinsius, (lire en ligne), p. 385. « Je crois fermement que [Marie], selon les paroles de l'évangile en tant que Vierge pure a enfanté pour nous le Fils de Dieu et dans l'accouchement et après l'accouchement est resté pour toujours une Vierge pure et intacte »
  53. (en) John Wesley, The Works of the Rev. John Wesley, Londres, Thomas Cordeux, , 427 p. (lire en ligne), p. 112. « Je crois qu'il s'est fait homme, joignant la nature humaine à la nature divine en une seule personne ; étant conçu par l'opération singulière du Saint-Esprit, et né de la bienheureuse Vierge Marie, qui, aussi bien après qu'avant qu'elle l'ait enfanté, a continué une vierge pure et sans tache »
  54. (en) FL Cross, « Brethren of the Lord », The Oxford Dictionary of the Christian Church, New York, Oxford University Press,‎ (ISBN 9780192116550).
  55. Enrico Norelli, Marie des Apocryphes. Enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p. 51. Pour cette version des faits contemporaine de Jésus, Norelli renvoie aux ouvrages de J. Schaberg, The Illegitimacy of Jesus, 2006, et de M. Smith, Jesus the Magician, 1978.
  56. (en) Jane Schaberg, The Illegitimacy of Jesus. A Feminist Theological Interpretation of the Infancy Narratives, Harper and Row, , p. 117
  57. Plusieurs biblistes évoquent la possibilité du viol de Marie par les troupes légionnaires de Varus lors de la répression en 4 av. J.C. de la révolte menée par Judas le Galiléen dans la ville de Sepphoris et ses environs. Cf (en) John Dominic Crossan, A Long Way from Tipperary, Wipf and Stock Publishers, , p. 50-51, (en) Jane Schaberg, The Illegitimacy of Jesus. A Feminist Theological Interpretation of the Infancy Narratives, Harper and Row, , p. 117.
  58. Daniel Marguerat, Vie et destin de Jésus de Nazareth, Seuil, , p. 46
  59. Enrico Norelli, Marie des Apocryphes, Labor et Fides, 2009, p. 52.
  60. Daniel Marguerat, Vie et destin de Jésus de Nazareth, Seuil, , p. 51
  61. a b et c Simon-Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, , 261 p. (ISBN 978-2-226-15441-5), p. 102-121.
  62. Ecole Biblique de Jérusalem, Dictionnaire Jésus, Paris, Laffont, , p. 156.
  63. (en) « Le Coran/Sourate 19 : Marie (Maryam) - Bibliowiki », sur biblio.wiki (consulté le )
  64. Jésus et l'islam. Documentaire de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat diffusé sur Arte en 2015 ; 3e épisode.
  65. a et b Jésus et l'islam. Documentaire de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat diffusé sur Arte en 2015, 3e épisode.
  66. Sylvie Barnay, « Les origines du culte marial », sur La Croix, (consulté le )
  67. a et b Simon Claude Mimouni, Dormition et assomption de Marie : histoire des traditions anciennes, Éditions Beauchesne, , p. 599
  68. Simon Claude Mimouni, Dormition et assomption de Marie : histoire des traditions anciennes, Éditions Beauchesne, , p. 615-616
  69. Cette relique, rapportée de Palestine vers 472 par deux patrices, est déposée dans une châsse et placée dans cette église sur ordre de l'empereur Léon I. Cf. Pierre Maraval, Lieux saints et pèlerinages d'Orient : histoire et géographie des origines à la conquête arabe, Cerf, , p. 98.
  70. Catéchisme de l'Église catholique : Édition définitive avec guide de lecture (trad. du latin), Italie, Bayard/Cerf/MAME, , 845 p. (ISBN 978-2-7189-0853-3, lire en ligne), p. 969.
  71. Marie chez les anglicans, article du journal La Croix (16/03/2018)
  72. La Vierge Marie chez Luther et Calvin, article de L’Église catholique romaine à Genève
  73. a et b Alain Houziaux, "Le culte de la vierge Marie, pourquoi ?", http://protestantsdanslaville.org/documents-archive/M34.htm
  74. « Les apparitions de Marie, comme Notre-Dame de Fatima, sont-elles de véritables messages de Dieu ? », sur GotQuestions.org/Francais (consulté le )
  75. La « grotte du Lait », près de Bethléem, est gérée par la Custodie franciscaine de Terre sainte.
  76. Jean Calvin, Traité des reliques, texte présenté par Irena Backus, Genève : Labor et Fides ; Paris : diff. du Cerf, 2000, quatrième de couverture, http://www.laboretfides.com/?page_id=3&product_id=80001
  77. Irena Backus, dans Jean Calvin, Traité des reliques, texte présenté par Irena Backus, Genève : Labor et fides ; Paris : diff. du Cerf, 2000, quatrième de couverture, http://www.laboretfides.com/?page_id=3&product_id=80001. Calvin consacre un chapitre aux "Reliques de la sainte Vierge Marie" : "De ses cheveux, il y en a à Rome, à Sainte-Marie sur Minerve, à Saint-Salvador en Espagne, à Macon, à Cluny, à Noërs, à Saint-Flour, à Saint-Jaquerie, et en autres plusieurs lieux. Du lait, il n'est à métier de nombrer les lieux où il y en a, et aussi ce ne serait jamais fait; car il n'y a si petite villette ni si méchant couvent, soit de moines, soit de nonnains, où l'on n'en montre"
  78. a b et c Alain Houziaux, « Le culte de la Vierge Marie, pourquoi ? », Lire en ligne.
  79. Liliane Crété, Le Protestantisme et les femmes : aux origines de l'émancipation, Labor et Fides, 1999, p. 41.
  80. Sarah Scholl, "Marie dans le protestantisme, ou l’apprivoisement d’une figure féminine", La Vie protestante, mai 2013, no 4, http://www.vpge.ch/marie-dans-le-protestantisme/
  81. Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p. 97.
  82. Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p. 38-39
  83. Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p. 68.
  84. Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p. 85.
  85. Simon Claude Mimouni, Dormition et assomption de Marie. Histoire des traditions anciennes, Éditions Beauchesne, 1995, p. 588-590
  86. Pierre Maraval, Lieux saints et pèlerinages d'Orient : histoire et géographie des origines à la conquête arabe, Cerf, , p. 264.
  87. Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p. 105. Ces textes ont été étudiés aussi, notamment, par M. Van Esbroeck dans "Les textes littéraires sur l'Assomption avant le Xe siècle", in Les Actes apocryphes des apôtres. Christianisme et monde païen, Labor et Fides, 1981, p. 265-285, et par Stephen Shoemaker dans Ancient Traditions of the Virgin Mary's Dormition and Assumption, Oxford UP, 2002.
  88. Catherine O'Brien, The Celluloid Madonna : From Scripture to Screen, Wallflower Press, , 224 p. (ISBN 978-0-231-50181-1, lire en ligne)
  89. (en) Catherine O'Brien, The celluloid Madonna : from scripture to screen, Wallflower Press, , 224 p. (ISBN 978-0-231-50181-1, OCLC 811410372, lire en ligne)