Le Fau

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Le Fau
Image illustrative de l'article Le Fau
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Cantal
Arrondissement Mauriac
Canton Mauriac
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Salers
Maire
Mandat
Abel Lapeyre
2014-2020
Code postal 15140
Code commune 15067
Démographie
Population
municipale
29 hab. (2014)
Densité 1,5 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 06′ 08″ nord, 2° 35′ 06″ est
Altitude Min. 793 m
Max. 1 650 m
Superficie 19,46 km2
Localisation

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Le Fau est une commune française, située dans le département du Cantal en région Auvergne-Rhône-Alpes.La commune appartient au canton de Mauriac depuis le 1er janvier 2016 et à la communauté de communes du Pays de Salers.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Fau se trouve au sein du parc naturel régional des volcans d'Auvergne. La commune est mitoyenne de Fontanges, Saint-Projet-de Salers, le Falgoux, Saint-Paul de Salers et Mandailles-Saint Julien. Les monts du Cantal constituent la base d'un seul et unique volcan qui, par l'érosion et les glaciers, s'est transformé en de nombreuses vallées et plusieurs sommets dont le Puy Chavaroche. Le volcan du Cantal est de par ses dimensions le plus grand d'Europe.

La commune est située entre le Puy Violent et le Puy Chavaroche. La rivière Aspre la traverse avant de se jeter après 14 km dans la Maronne (affluent de la Dordogne). De nombreux ruisseaux traverse la commune : le ruisseau des Issards, le ruisseau de Rauffet, le ruisseau de la Chazette ou encore le ruisseau de Sartre. De magnifiques cascades se trouve sur l'Aspre : Chavaspre a environ 1270 mètres d'altitude puis suivi de la cascade du bois-noir, de la Courbe, du trou du loup, de la cascade de Pissa d'El Coin et du Gourd de la Berti. Sur le ruisseau du Rauffet qui prend sa source vers 1400 mètres d'altitude, on peut citer la cascade d'Embleau. Le point culminant de la commune est de 1650 mètres d'altitude.

La commune a une altitude moyenne de 1000 mètres environ. C'est un village de montagne situé dans le massif des monts du Cantal. Une partie du territoire est occupé par des pâturages d'estives. Au village de la Bastide coule une fontaine minérale aux eaux ferrugineuse. Dans le lit du ruisseau de Chavaspre coule une source sulfureuse. Au pied de la cascade du Gourd de la Berti se trouve un gouffre qui selon les habitants plonge à 7 mètres de profondeur. Parmi les lieux dits citons la Bastide, la Peyre-del-Cros ou la Jourdanie.

Langue traditionnelle[modifier | modifier le code]

La population utilise actuellement le français, mais le territoire parlait encore majoritairement l'auvergnat comme une majorité de l'Auvergne il y a encore soixante ans.[1] La frontière avec l'aurillacois, variante du languedocien, est située non loin plus au sud dans le département.[2]

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine, le territoire des monts du Cantal était peuplé par les Arvernes, ce peuple gaulois qui combattit notamment à Gergovie.Ils étaient éleveurs et pratiquaient certainement l'estive. Au Moyen-Âge, la région était inhospitalière avec ses forêts denses, le relief accidenté, les animaux sauvages et des hivers longs. L'église Saint-Roch est édifiée au milieu du XIXe siècle. Dans un écrit des années 1850, un visiteur passionné de géologie nous décrit la commune qui était alors dépendante de Fontanges : on y apprend que l'alun présent dans la rivière Aspre faisait le bonheur des blanchisseuses de Fontanges à qui on confiait du linge venu de fort loin. La Bastide était le dernier endroit de la vallée où l'on pouvait trouver le gîte et le couvert, la fontaine du village attire de nombreux curieux des villages alentours et les chasseurs nombreux se rencontre très régulièrement en ces lieux. En 1870, Le Fau est érigée en commune par démembrement de Fontanges.

Autrefois, le bourg ainsi que le village de la Bastide abritait commerces et hôtels. Il y avait une école et une ligne autobus reliait, jusque dans les années 1950, la commune à Aurillac en passant par Fontanges et Saint-Martin-Valmeroux. La commune, comme l'ensemble du Cantal, a connu un long déclin démographique. Les conditions de vie rudes, les hivers longs, le travail agricole souvent pénible ont poussé les jeunes générations à partir faire fortune en ville, à Paris notamment ; bon nombre d'habitants de la vallée sont partis grossir le nombre de bougnats. D'autres sont devenus marchands ambulants, tisserands, ferronniers... Le peu de perspectives et la baisse du nombre d'agriculteurs ont eu raison du nombre d'habitants qui, au fil des décennies, a baissé considérablement ; ses commerces ont fermé ; les fermes ont été laissées à l'abandon.

Aujourd'hui les maisons sont transformées en résidences secondaires, gîtes ou abandonnées. Dur d'imaginer qu'il y a eu jadis tant de vie : des potagers, des jardins entretenus, des commerces, des marchands ambulants, des rires d'enfants dans les rues, des bûcherons descendant du bois noir avec chevaux chargés.. toutes ces scènes de vie dont quelques anciens se souviennent encore. Après la Seconde Guerre mondiale, le déclin démographique se poursuit. Aujourd'hui le Fau offre un terrain de jeux idéal pour la pratique des sports de pleine nature (randonnée, canyoning, ski de fond au col de légal, escalade,...).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1977 mars 1983 Dominique Rouchy    
mars 2001 mars 2008 Paul Magne    
mars 2008 avril 2014 Michel Favier    
avril 2014 en cours
(au 16 juillet 2014)
Abel Lapeyre[3] DVD Agriculteur retraité

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1872. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[5],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 29 habitants, en augmentation de 11,54 % par rapport à 2009 (Cantal : -1,2 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
505 415 411 403 416 387 351 383 262
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
259 270 263 271 237 201 214 152 89
1982 1990 1999 2008 2013 2014 - - -
80 60 37 27 28 29 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

La commune n'abrite plus de commerces, ni d'artisans. L'agriculture est la seule activité de la commune en particulier l'élevage bovin. Plusieurs gîtes sont présents sur le territoire ainsi qu'une aire naturelle de camping permettant entre autres d'héberger les nombreux randonneurs traversant la commune à partir du sentier de grande randonnée (GR 400) venant du Puy Chavaroche et à destination du Puy violent. Une auberge est présente au bourg et ouverte en saison. Il y a également d'anciens burons aménagés en refuge pour les randonnées. Sur le Fau, on peut bénéficier de la présence de commerces ambulants (épiciers, boucher).

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat du Cantal est en ces lieux de type montagnard. Les hivers sont longs et très souvent enneigés. Les hauteurs au delà de 1500 mètres peuvent rester enneigées plusieurs mois d'affilée. Les étés peuvent être chaud mais sans excès, il n'est toutefois pas rare d'avoir des températures au delà de 30 degrés. À partir de mi août la fraîcheur se fait sentir et il est fréquent d'avoir sur les hauteurs des relevés proches de 0 voire de faibles gelées.

L'automne est plutôt agréable malgré des températures fraiches le matin. Les dernières gelées ont lieu en vallée durant le mois de mai. En hiver les températures sont régulièrement en dessous de -10 degrés lors des épisodes de froid. La neige autrefois très abondante tend à diminuer depuis quelques décennies. Il ya environ 70 jours de gelées au plus bas de la vallée, beaucoup plus au fur et à mesure que l'on monte en altitude. La pluie est fréquente en automne ce qui fait le bonheur des amateurs de champignons.

Environnement[modifier | modifier le code]

La commune du fait de son très faible peuplement est préservée et présente des caretactéristiques écologiques remarquables. Le relief particulièrement accidenté favorise des sites naturels comme de nombreuses cascades et des arbres fossilisés sont visibles au sein du Bois Noir.[réf. nécessaire] Les hauteurs abritent des pâturages qui servent d'estives aux vaches pendant l'été. Ces terrains sont parsemés de restes d'anciens burons ; ces constructions servaient de lieu d'habitation saisonnière pour les vachers. Ils sont les témoins d'une activité pastorale intense qui a eu lieu jusqu'au milieu du siècle dernier. On rencontre ici chamois, mouflons et marmottes. Les vallées abritent martres, blaireaux, renards, hermines, chevreuils, hérissons, sangliers ainsi que quelques lièvres. On peut aussi observer plus difficilement la genette ou parfois même le chat forestier. La rivière est encore riche en truites sauvages, plus rarement en vairons. On y rencontre parfois la loutre. Sont également présents plusieurs rapaces : éperviers, milans noir et royal, busards, circaètes, faucon pèlerins. Il ya aussi sur le massif des observations régulières de vautour fauve, de vautour moine ou d'aigle royal; notamment près du Puy-Mary. On trouve des reptiles comme le lézard des murailles, le lézard vert, la couleuvre à collier ou la vipère aspic. Des variétés de chauves-souris rares sont presentes ainsi que des coucous, martinets ou hirondelles. Autrefois, le loup était présent mais le dernier spécimen présent dans le département fut tué en 1927.

Au niveau des insectes, on peut citer l'Apollon arverne, espèce endémique de papillon présent essentiellement dans les monts du Cantal. Autrefois était présent sur le département le lynx boréal (probablement disparu vers 1860), l'ours brun (disparu vers 1600). Aujourd'hui le loup semble recoloniser petit à petit le territoire national et on peut penser que dans un avenir proche, l'espèce sera de nouveau présente sur la commune ; le tissu forestier dense, la faiblesse démographique et l'abondance de nourriture (chamois, chevreuils...) pourrait favoriser son retour. La gentiane, plante emblématique des monts d'Auvergne servant à fabriquer un apéritif local est présent sur la commune. Dans les bois, le hêtre domine, on y trouve quelques chênes pédoncule et des résineux qui pour la plupart ont été plantés par l'homme en particulier du Douglas ou de l'épicéa. Parmi les plantes que l'on peut trouver sur le massif Cantalien, citons la Digitale, la Centaurée des montagnes, l'Aconit tue-loup, l'Ancolie commune, l'Arnica des montagnes le lys-martagon ou la Circée Alpine. Les jardins et anciens vergers abritent quelques variétés de fruitiers anciens surtout des pommiers. Les plantes sauvages comestibles sont les myrtilles, fraises des bois, noisetier commun et framboisiers. Des signalements de renouée du Japon, espèce végétale invasive, ont été signalés. Les dernières exploitations agricoles ainsi que les patûres d'estives permettent d'entretenir le territoire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Karl-Heinz Reichel, Grand dictionnaire général auvergnat-français, Nonette, Créer, , 878 p. (ISBN 2-8481-9021-3)
  2. Pierre Bonnaud, De l'Auvergne : 2600 ans au cœur de la Gaule et de la France Centrale, Nonette, Créer, , 328 p. (ISBN 2-84819-001-9, lire en ligne)
  3. Liste des maires du Cantal, site de la préfecture du Cantal (consulté le 16 juillet 2014).
  4. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .