Toponymie normande

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On appelle toponymie normande l'étude de noms de lieux en Normandie. La forte présence d'anthroponymes de Normands, ainsi que l'emploi d'appellatifs norrois et vieil anglais sur un substrat romanisé en font la spécificité et l'intérêt.

Historique[modifier | modifier le code]

Principales villes anciennes de Normandie, cinq d'entre-elles : Dieppe (nom ancien inconnu), Cherbourg (attesté Coriallo au Haut Moyen Âge), Honfleur (nom ancien inconnu) et Barfleur (nom ancien inconnu) portent un nom d'origine scandinave (ou anglo-scandinave) ; Harfleur (attesté Caracotinum encore au Haut Moyen Âge), important port avant la fondation du Havre à côté, n'est pas mentionné sur la carte.

La toponymie normande est basée sur un substrat celtique et gallo-roman conséquent, ainsi que sur une mince couche de toponymes (comme Hodeng, Barc, Bouafles, Avesnes, etc.) et d'appellatifs toponymiques affixés (comme -bourg, -ham, etc.) empruntés aux langues germaniques occidentales (vieux bas francique, saxon) notamment dans le pays de Bray et le Bessin. En revanche, les anthroponymes germaniques entrant dans la formation des noms de domaines basés sur des appellatifs romans affixés (comme -court[Notes 1], -ville, -bosc, -mesnil) au Moyen Âge, sont beaucoup plus nombreux (pour toute cette partie, se référer à toponymie française). Ces caractéristiques générales ne concernent pas tous les pays normands de manière uniforme, ainsi les anthroponymes d'origine scandinave ou anglo-scandinave dominent dans le pays de Caux, le Roumois, le Clos du Cotentin[1], les côtes ouest du Cotentin, la basse vallée de la Seine et les environs de Caen. Ils se combinent généralement à des appellatifs toponymiques issus du vieux scandinave, de l'anglo-saxon ou du gallo-roman pour former un ensemble caractéristique propre à la seule Normandie, qualifié parfois de toponymie norman[n]ique[Notes 2]. On y rencontre également des adjectifs qui procèdent aussi du vieux scandinave et de l'anglo-saxon en composition avec des appellatifs de même origine. Dans ces régions, les éléments normaniques ont souvent supplanté les toponymes antérieurs. Ils restent des témoins de l'emploi d'une variété ou de plusieurs variétés de langues nordiques jusqu'au XIe siècle, même si le clerc tourangeau Benoît de Sainte-Maure affirme que l'on parlait encore « danois » sur les côtes normandes au XIIe siècle. En revanche, les pays normands du sud (Campagne de Saint-André, pays d'Ouche, Hiémois, Bocage virois, Domfrontais, pays d'Houlme, pays d'Andaine, Mortainais), ainsi que l'Avranchin et une partie du Bessin ont été peu touchés par l'installation des colons nordiques et ils ont conservé un substrat pré-normanique significatif.

L'article n'a pas pour sujet les créations toponymiques postérieures aux XIe siècle - XIIe siècle, comme les noms en -ière basés sur un patronymes ou encore ces noms de famille pris absolument que l'on rencontre principalement dans les microtoponymes.

La spécificité régionale des noms en -ville[modifier | modifier le code]

Noms de communes de France composés avec l'appellatif -ville. Manque sur la carte, les formations languedociennes et gasconnes en -viale, -vielle et -fielle.

Les formations toponymiques les plus répandues en Normandie sont les composés médiévaux en -ville qui signifie anciennement « domaine rural ». Cet appellatif toponymique est issu du gallo-roman VILLA de même sens. Il trouve son origine dans le latin villa rustica « grand domaine rural », mais n'a vraisemblablement jamais servi de mode de formation des toponymes à l'époque gallo-romane. Il est noté vile en ancien français (d'où vilain « paysan du Moyen Âge »). L'exemple le plus anciennement cité (précisément daté) dans cette province est celui de Bourville en 715, sous la forme latinisée Bodardi villa et qui se traduit par « le domaine rural de Bodard(us) », Bodard(us) étant un anthroponyme germanique qui survit dans les patronymes Bouard et Buard[2]. Les colons anglo-scandinaves ont perpétué l'usage de -ville, que les autochtones gallo-francs avaient initié. C'est de l'époque de leur installation aux IXe, Xe et XIe siècles que datent la plupart de ces formations toponymiques. L'appellatif suffixé -ville (parfois préfixé Ville- dans l'Avranchin ex : Villechien) est généralement précédé d'un nom de personne ou beaucoup plus rarement d'un autre appellatif ou d'un adjectif. Parfois, on rencontre plusieurs toponymes contigus basés sur le nom du même personnage dans les limites d'une seule commune ou de deux communes voisines, ils forment des couples toponymiques. Il arrive ainsi de voir associés : Gatteville et son étang de Gattemare ; Illeville-sur-Montfort et sa mare d’Illemare ; Honnaville et sa rivière de Honfleur ; Crémanville et sa rivière de Crémanfleur ; Muneville-sur-mer (Mulevilla, s. d., Mulleville sur la Mer 1503) et son ruisseau Le Mulambec ; Vatteville et son port de Vatteport ; Étoupeville (à Sotteville, Estobavilla 1093) et son bois d’Étoublon (Stobelont vers 1000) ; Cideville et Cidetot ; Hattenville et Hattentot ; Appeville, Aptot et Aptuit ; Iville et Vitot ; Acqueville (anciennement Acheville) et Achelunda en 1070 - 79, etc.

Par ailleurs, François de Beaurepaire a émis l'hypothèse d'un lien familial entre propriétaires de domaines fonciers, lorsque l'on identifiait un même élément au sein de toponymes (en -ville ou non) situés à proximité les uns des autres. En effet, on peut remarquer que dans quelques cas, des éléments anthroponymiques germaniques analogues se trouvent dans des noms de domaines contigus, par exemple : Heudebouville, Fontaine-Heudebourg et Heudreville-sur-Eure[3]. On constate que l'élément de base des anthroponymes ci-dessus est le germanique hild. Or, on sait par ailleurs que ces unités linguistiques se transmettaient par filiation de génération en génération chez les Germains. On peut donc supposer qu'il s'agissait de membres d'une même famille. Le même système de dérivation anthroponymique a peut-être existé chez les Anglo-Saxons, ce que pourrait suggérer la proximité d'Allouville-Bellefosse, d'Alvimare et d'Alvimbusc, formés peut-être respectivement avec les noms Æthelwold et Æthelwin/ Alwin sur la base du même thème æthel, à moins qu'il ne s'agisse là encore de noms de personnes issus du germanique continental indépendants les uns des autres, puisque ce type de formation anthroponymique n'a sans doute pas pu se perpétuer dans le domaine roman jusqu'au Xe siècle, les appellatifs -busc et -mare n'étant pas antérieurs à cette époque.

Le même auteur remarque que le nom de personne associé à l'appellatif -ville n'est jamais au cas régime, comme on peut le voir ailleurs. Par exemple, le nom d'homme germanique Boso extrêmement fréquent dans cette province, apparaît toujours sous la forme Beuze- comme dans les nombreux Beuzeville, typiques de l'aire normande, alors qu'ailleurs on trouve Bouzonville, Bouzanville, etc. avec la désinence -on caractéristique du cas régime de ce type de nom de personne[4],[Notes 3].

Nombre de ces toponymes en -ville sont basés sur un nom de personne analogue, le plus souvent norrois, de sorte qu'il existe de nombreux homonymes vrais. On ne compte plus les Colleville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie ; les Amfreville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie ; les Tocqueville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie ; les Tourville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie ; les Touffreville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie ; les Trouville ; les Bretteville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie ; les Beuzeville ; les Épreville ; les Auzouville ; les Sotteville et les Grainville, etc. On constate aussi une fréquence remarquable des types Englesqueville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie et Anglesqueville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie (anciennement Englesqueville), littéralement « ferme anglaise », ainsi que Bretteville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie « ferme du Breton », qui signalent l'installation de colons originaires de Grande-Bretagne à l'époque viking. On ne rencontre pas ces types toponymiques à l'extérieur des frontières historiques du duché de Normandie.

À noter également la rareté des noms en -ville, construit avec un adjectif ou un appellatif. On trouve bien quelques Belleville, Neuville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Granville, Longueville et Hauteville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, formés respectivement avec les adjectifs romans belle, neuve, grand, longue et haute[Notes 4].

On peut enfin souligner que la Normandie est avant la Lorraine romane, la région où se concentre le plus grand nombre de formations en -ville (Cf. carte ci-dessus). On estime à 20 % environ, le nombre total des communes de Normandie formées avec l'élément -ville. D'autres estimations font part de l'existence en France de 36591 communes au total, dont seulement 1068 se terminent par -ville (si l'on exclut les variantes du Sud de la France en -fielle, -vielle et -viale). Sur 1068, 460 se trouvent en Normandie (plus d'1/3), alors qu'elle ne compte que 3232 communes, soit 14,2 %[5].

On note aussi, dans l'Avranchin principalement, quelques formations toponymiques caractéristiques de la formule inverse Ville- + anthroponyme (ex : Villechien, Villebaudon). Ce type toponymique est rare en Normandie, mais fréquent dans la Beauce, l'autre grand pourvoyeur de noms en -ville en France. Villedieu (villa Dei) n'entre pas réellement dans cette liste, puisqu'il s'agit d'une formation toponymique plus tardive liée au développement de l'ordre des templiers.

Description d'appellatifs proprement normands[modifier | modifier le code]

Carte de la Normandie aux Xe et XIe siècles, basées sur la diffusion approximative de la toponymie normannique (en bleu).

Dans les différents pays normands cités ci-dessus, on retrouve d'innombrables noms de communes ou de lieuxdits composés avec des appellatifs norrois ou vieil anglais caractéristiques. Les principaux appellatifs toponymiques (-tot; -bec; -dal[le]; -lon[de]; -fleur; -mare; -tuit; -tot) n'apparaissent jamais dans des toponymes attestés dans les textes datant de l'époque mérovingienne ou carolingienne, mais dans des documents qui datent au plus tôt de la fin du Xe siècle. En revanche, les appellatifs romans (-court, -mont, -val, -ville) sont bien attestés dans les textes mérovingiens ou carolingiens, mais semblent se multiplier par la suite, à l'exception de -court qui n'est plus en usage au Xe siècle en Normandie.

Formes romanes d'appellatifs issus du norrois ou du vieil anglais[modifier | modifier le code]

  • Acre, -acre « champ » > « mesure de surface agricole » du vieux norrois akr (cf. islandais akur « champ »). Rarement utilisé dans son sens de « champ » : Herboutacre, lieu-dit à Grainville-Ymauville (De campo Herboutacre 1209). Le premier élément Herbout- représente probablement le nom de personne germanique Herbold resté comme patronyme sous la forme Herbout dans le pays de Caux (Valliquerville, etc.)
  • -bec, Bec-, Bec (le), du vieux norrois bekkr « ruisseau » cf. norvégien bekk : deux communes Caudebec (Caudebec-lès-Elbeuf, Caldebec Xe siècle, Caudebec-en-Caux, anciennement Caldebec cf. Caldbeck GB), Bolbec, Bricquebec, Clarbec, Foulbec (cf. Fulbeck, GB, Fulebæk, DK), Filbec, Beaubec-la-Rosière, etc. Diminutif fréquent : le Becquet
  • -beuf (certains -bœuf par attraction graphique du français bœuf) ou -bot, du vieux norrois bóð, variante de búð « cabane, habitation » (vieux danois both) cf. anglais booth « cabane », d'origine norroise, et danois bod. Il semble qu'en Normandie, il a pris le sens qu'à le vieux norrois býr « établissement », d'où l'appellatif -by fréquent au Danemark et en Grande-Bretagne. Il existe une variante bœr « ferme, village » > islandais bær « ferme, village », norvégien « terrains agricoles ». Toujours est-il qu'une confusion entre les deux appellatifs s'observe par exemple pour Haddeby dans le Schleswig-Holstein, désigné Hadæboth en 1285. Ainsi, les toponymes de Grande-Bretagne en -by présentent un certain nombre de correspondances avec les toponymes normands en -beuf :
Exemples
Normandie Grande-Bretagne
Elbeuf (*Welleboth[Notes 5]) Welby (en)
Criquebeuf (*Kirkeboth) Kirkby Ce lien renvoie vers une page d'homonymie
Daubeuf (*Dalboth) Dalby
Trois Elbeuf (Wellebuoth-[sur-Seine] 1070-1081, cf. Welby (en) GB), Quillebeuf [?], Cricquebœuf, plusieurs Criquebeuf (cf. Kirkby GB) , Quittebeuf, plusieurs Daubeuf (Dalbuoth 1011, Dalbuth-[la-Campagne] v.1025 cf. Dalby, GB), Coimbot, Butot (Buthetot XIe siècle), etc. Si le premier élément de Carquebut (Kerkebu 1228) s'explique bien par le vieux norrois kirkja (tout comme les noms en Crique-), en revanche le second élément n'a pas la même origine que -beuf, il n'est donc pas équivalent aux Criquebeuf, Criquebœuf. En effet, selon la majorité des toponymistes, il s'agit bien plutôt du vieux norrois ou du vieil anglais « résidence, village ». Il est donc un équivalent strict des Kirby / Kirkby anglais, des Kirkeby danois et Kyrkeby suédois.
  • -bourg de buhr, burg « village ». En Normandie le mot bourg n'a pas en toponymie l'origine germanique continentale (ou bas latine) qu'il a ailleurs en France. Il peut remonter soit à l'installation des Saxons aux Ve et VIe siècles ou à la colonisation anglo-scandinave au Xe siècle. Cabourg (Cadburgus 1077 cf. Cadborough, Cadbury GB) ; Jobourg et Jerbourg à Guernesey (composé anglo-scandinave, d'après eorðburg, norrois jorð terre), Caillebourg (nom de personne scandinave Karli), Wambourg (ancien nom de Saint-Aubin-sur-Quillebeuf), etc.
  • Bri(c)que-, -brè(c)que du vieux norrois brekka « déclivité, pente » : Bricquebec, Bricqueboscq (Brichebot v.1100, Brikebo 1224, cf. ci-dessus), Bricqueville, Briquedalle, Briquemare et peut-être le chemin de la Briquetonne à Saint-Aubin-sur-Risle, Bré(c)quecal, Brecqhou (îlot des Îles de la Manche), Houllebrè(c)que à Saint-Gilles-de-Crétot, etc.
  • -broc ou Bruque- du vieil anglais brōc « ruisseau », moderne brook, même sens : Bruquedalle (anciennement Brokedale 1185-89, cf. Brookdale GB) ; ruisseau du Brocq (Manche), ruisseau du Fouillebroc cf. Fulbrook, GB, ful « sale ». cf. Foulbec (Fulbeck, GB), Fultot, etc.
  • -busc, Buc du vieux norrois busk « buisson, arbrisseau » utilisé en Normandie au sens de bois, dont la forme régionale est bosc, bosq avec lequel il s'est souvent confondu. Etennebosc (la Gaillarde, Esteinebusc XIIIe siècle); Bornambusc
  • Cher-, -cher, ou -quier du vieux norrois kjarr « marais » : Gonfreville-l'Orcher (jadis Aurichier Cf. Ellerker GB, Elkier D) ; Villequier (Wilikier, Willeker en 1178), Cherbourg (Carisburg XIe siècle, Chierebourc au XIVe siècle chez Froissart) de kjarr suivi du vieux norrois borg, c'est-à-dire « le château des marais »[6], Carry (Carrwic en 1207).
  • -clif, Cli-, Clé-, du vieux norrois klif ou du vieil anglais clif « rocher », cf. anglais cliff : ancien Risleclif dans la vallée de la Risle ; Witeclif maintenant Côte Blanche, ancien vignoble à Évreux ; Verclives (Warcliva 1025) ; Clitourps (Clitorp 1164 - 1180) ; Cléville (Calvados, Cliville 1066 - 1077 ; Seine-Maritime, Clivilla 1121 - 1133) ; Carquelif (Kareclif 1226), Mont Étenclin (Estenclif 1262) ; Mont de Doville, ancien Mont d'Escaulequin 1499 (Dodville 1082, Sanctus Martinus d'Escalleclif XIIe siècle, Escaulleclif 1213, Dovilla vers 1280) ; Clairefougère (Clivefeugeriam en 1133 et plus tard au XIIIe siècle)[7]; le Clif à Yainville.
  • -cotte, Cotte- de cot « petite masure » cf. cottage et cottin mots normands (peut aussi représenter le norrois kot) : Vaucotte (homonyme de la pointe Vaucotte à Omonville-la-Rogue, équivalent des Walcott anglais), Cottévrard, Caudecotte, Caudecôte, Côte-Côte, Cotte-Cotte (correspondant des Caldecott anglais), etc.
  • Croc(q) ou Crotte, -crocq (quand ce n'est pas le français crotte « grotte ») du vieil anglais Croft (« pièce de terre ») : Bec-de-Croc (anciennement Bethecrot); Vannecrocq (Wanescrotum XIe siècle ; cf. Walshcroft GB), Roucrotte, le Crocq, etc.
  • Crique, -crique, Crique- ou Carque- du vieux norrois kirkja « église » : plusieurs Criquetot, Yvecrique, Carquebut, Querqueville, etc.
  • Dalle, -dalle, -dal ou Dal- du vieux norrois dalr « vallée », vieil anglais dale : Val-Didale (Nolléval, vallis Didale 1211), Saint-Vaast-Dieppedalle, Dieppedalle (Cf. Deepdale GB), Oudalle, Eudal (Nacqueville, Usdale 1256), Biédal, Becdal (Acquigny, Becquedal 1335), Mordal (Varengeville-sur-Mer, la cavée de Mordalle 1680, cf. Mordal N), Rodal (Biville, Rodal fin XIe siècle, cf. Rodal DK), Tourdal / Torte-Dalle (Senneville-sur-Fécamp, costa de Tordal vers 1240), Briquedalle (Seine-Maritime, Saint-Paër, Brakedale 1207), plusieurs Daubeuf, Les Petites-Dalles, Les Grandes-Dalles, le Dallet, etc.
  • Dick, Dic(q), -dike du vieux norrois díki « fossé rempli d'eau, embanquement, canal » dans le Dick (Portbail; Vains [Grand-]; Carentan [Haut-]), le Moulin du Dic (Quettehou), le Dicq ancien hameau à Criquetot-l'Esneval, hamel du Dic 1524; Le Dicq 1757), Hague-Dik (la Hague, fossatum de Hagedith 1232), nombreux le Diguet (diminutif). Peut-être Val-Didalle (Didale 1211) d'un *Dicdale. Ce mot se poursuit dans l'islandais díki de sens proche.
  • -écal, Écal-, écalle du vieux norrois skáli « chalet, habitation temporaire » dans Bré(c)quecal, Escalleclif[8], Écalles-Alix, Touffrecal (Fresnoy-Folny, Torfrescalis en 1156-1161, formation parallèle par exemple au lieu islandais Ásolfsskáli), etc.
  • E(s)ta(i)n-, -éta(i)n, dans la plupart des cas du vieux norrois steinn (scandinave stein) « pierre », mais parfois aussi du vieil anglais stān (moderne stone) « pierre » : Fatouville-Grestain (Grestano vers 1050 Cf. Garston, GB, jadis Grestan); Etalondes (Stanelonde 1059, Stenelunda 1119); Etainhus (Esteinhues fin XIIe siècle, Esteinhus 1222) ; Etaintot à Saint-Wandrille-Rançon (Staintot 1074, Esteintot 1142 et XIIIe siècle) et à Mautheville (Esteintot 1198, 1222); Etangval (aux Pieux); Mont Étenclin (Estenclif 1262); la Roche Gélétan (à Saint-Germain-des-Vaux, rocam le Jalestain vers 1200); Esteinvei vers 1320 à Fresville (nom disparu. « le gué de pierre », normand vei, vey « gué » cf. la Baie des Veys, le Vey, etc.) ; Etennemare à Limésy (Esteinemare, sans date) et à Saint-Valery-en-Caux (Esteinmare en 1252) (voir aussi Tennemare); Taintal (Extendala pour *Estendala 1025 (?), Esteindale 1268, Stendala fin XIIe siècle, Steindale 1314); Rocher de Croquetun (Cosqueville, Croquestain); Pointe d'Etimbert (Omonville-la-Rogue, *Esteinberc [?] cf. Steinberg, Norvège), Etennebosc (la Gaillarde, Estemebusch Esteinebusc au XIIIe siècle), s'est conservé dans le nom de famille Boutrolle d'Estaimbuc), etc.
  • -ey du vieux norrois ey « île », qui a permis de former le nom de la quasi intégralité des iles Anglo-Normandes : Chausey, Jersey, Guernesey, Alderney (Aurigny). On retrouve cet élément toponymique, entre autres, dans un archipel situé au nord de l'Écosse : les Iles Orcades qui sont appelées Orkney en anglais.
  • -fleur du vieil anglais flēot « fleuve côtier, rivière se jetant dans la mer », croisé avec l'ancien scandinave fljót « rivière » : Harfleur (Herolfluot en 1035), Honfleur (Hunefleth en 1025 ; Hunefloth vers 1062), Barfleur (Barbefloth, Barbeflueth en 1066-77), Vittefleur (Witeflue en 1130-64), Fiquefleur, la Gerfleur (à Carteret), le Fleu-le-Roi (Aboute au fleu, d'un quief… la planche du Fleu le Roy, 1309), Ruisseau à Ingouville, le Havre.
  • -gate, -gatte; du vieux norrois gata « voie, rue » dans les nombreux Houlgate, Hiégatte, Bregatte (A Briefgate 1412), lieu-dit, commune de Saint-Pierre-en-Port
  • Hague, -hague; du vieux norrois hagi « enclos »: la Hague, Hague (à Boos (Seine-Maritime)), la Hague (à Paluel), les Hagues (à Butot); etc. composés : les Tohagues (à Beaumont-Hague, jadis l'Etohague) et Etauhague (à Imbleville) « enclos pour les chevaux » de stod, anglais moderne stud, (cf. Stodday GB), etc.
  • Ham, -ham, certains -a(i)n du saxon ou de l'anglo-saxon hām « maison, hameau ». Existe ailleurs en France, mais ici d'origine anglo-scandinave. On le trouve dans des régions à forte densité de toponymes anglo-scandinaves. Le Ham ; Ouistreham ; Étréham ; Huppain ; Surrain ; Hemevez, puis le Hamel ; Hamel-, etc.
  • Hoc, du vieil anglais hōc qui avait également le sens de « pointe de terre, cap ». Il a donné l'anglais hook « crochet », mais qui conserve également, dans de rares usages, le sens de « cap étroit ». Il s'est hypothétiquement croisé avec l'ancien scandinave haka « menton » employé à l'accusatif, c'est-à-dire höku, et l'ancien scandinave haki « crochet »[9]. La pointe du Hoc (Calvados), dont il existe de nombreux homonymes en Normandie, notamment dans le Cotentin, le pays de Caux et le Roumois, comme le havre et la pointe du Hoc près d'Harfleur, le pré du Hoc à Martin-Église, le Hoc à Saint-Pierre-en-Port et à Aizier, etc.
  • Hou, -hou, Hau-, selon les uns du vieil anglais hōh « terrain en pente, promontoire en forme de talon, dominant la plaine ou la mer ; escarpement rocheux, rivage abrupt », selon d'autres, dans certains cas, du scandinave holmr (îlot)[10]. cf. Hotot, Hautot, le Hou, Tatihou, Quettehou (Chetehulmum 1066-83), Jéthou, Brecqhou, Écréhou, etc. En Grande-Bretagne, l'emploi de hōh serait parallèle. Il aboutirait en finale à -hoo ou -hoe, parfois -(h)ow : ainsi Northoo (Suffolk) ; Poddinghoo (Worcestershire); Millhoo (Essex) ; Fingringhoe (Essex) ; Rainow (Cheshire), etc. Employé seul, on le trouve sous la forme Hoe, Hoo, Hooe ou the Hoe, comme the Hoe à Plymouth (Dorset), éminence surplombant le port, parallèle aux nombreux "le Hou" de Normandie[11].
  • Houl-, Houle; du vieux norrois hol « trou, cavité », nombreux la Houle, diminutif la Houlette « terrier de lapin » en normand, a donné le mot français houle. A pu être confondu avec le suivant
  • -houlle(s), -holle(s), Houlle-; du vieux norrois hollr « colline, butte » dans les nombreux Bréhoulles, Bréholles et dans Houllebrecque.
  • -homme / -houme, Hom(me), beaucoup plus rarement -onne ; du vieux norrois holmr « îlot, prairie au bord de l'eau ». Emploi autonome : Le Houlme / Le Hom(me) : Le Houlme, le Homme (de Hulmo v. 1160), Robehomme (Raimberti Hulmus 1083), nombreux le Hom.
  • Hougue ou Hogue de haugr « colline, hauteur » : Saint-Vaast-la-Hougue, nombreux les Hogues, la Hoguette, le Houguet.
  • -hout / -hoult, certains -ou / -oux / -ault du vieux norrois holt « bois » : bois de Crapault (Manche, Carolles, Crapout [silvula] en 1027 - 1035); bois de Bacoux (Seine-Maritime, Fécamp)
  • -(h)us de hūs « maison », peut représenter plutôt le norrois hús de même sens : Etainhus ; Sahurs (Salhus v. 1024) ; Cf. Salhus en Norvège.)
  • -lan(d) du vieux norrois ou du vieil anglais land « terrain » : Heuland, Etelan (Esteilant vers 1050-1066; Esteland au XIIIe siècle, se poursuit dans le nom de personnage Simon of Steland ou Steyland, de Esteilant, de Esteyland) , Etelan (à Catz), Etolan, Rosserant (Rosselant 1260, avec hross « cheval ») ancienne vigne à Gaillon, le Tingland à Jobourg, Hougueland à Biville (Manche), Langland (Ypreville-Biville, Langelon vers 1210; Lenguelant en 1495). NB : la forme la plus ancienne laisse supposer un toponyme en lundr (voir suivant), peut-être s'agissait-il à l'origine de deux lieux distincts mais contigus ?
  • Londe, -lon, -ron, du vieux norrois lundr « bois, forêt » : Faguillonde (Lammerville, Fagerlanda 1133 - 1134; Fagherlunda 1155; Faghelunda 1189), Bouquelon (Cf. Boklund, Böklund. Schleswig-Holstein D), Écaquelon (Esquaquelont 1236 - 1234), Catelon (Catelunti 1096 - 1101), Yquelon, Iclon (Ichelunt 1088), Étoublon, Yébleron (Eblelont v. 1210), nombreux La Londe, etc. Le terme londe faisait encore sens en dialecte normand au XVe siècle.
  • Mare, mar-, -mare de marr (genre masculin = mer) croisé avec le vieil anglais mere (genre féminin parfois = « eau stagnante, lac », éventuellement « mer ») : L'emploi du mot mare comme nom commun est attesté vers 1175 chez Benoît de Saint-Maure, dans l’Estoire des Ducs de Normandie au sens de « nappe d'eau stagnante peu profonde »[12] et chez Marie de France à la fin du XIIe siècle[13] qui écrit en anglo-normand. Il s'agit d'un terme essentiellement normand avant le XVIe siècle[14]. Il est issu du vieux norrois marr (masculin)[15],[16], peut-être croisé avec le terme anglo-saxon mere (féminin)[17],[12] de sens proche, généralement « lac », il a pris le sens d'« étang », puis le sens actuel en Normandie. Le terme y est en outre directement attesté dès 1042 - 1066 dans un acte des ducs de Normandie[18]. L'ancien scandinave marr se perpétue également dans le norvégien mar « mer », le norn des Shetlands mar « mer, zone de pêche en eau profonde » et surtout le féroien marrur « vase, bourbe »[19], évolution sémantique qui le rapproche du terme français.
    Cependant les attestations documentaires sont tardives par rapport à la date de formation de composés toponymiques anglo-scandinaves en -mare de Normandie. En effet, les spécialistes estiment que ces formations sans article défini et avec postposition du déterminé datent au plus tard de la fin du Xe siècle[20]. Les attestations de toponymes en -mare remontent un peu antérieurement au seul nom commun mare : Longuemare (Langomarra Xe siècle); Roumare (Rolmara 1035) ; Guitricmara en 1011, etc.
    Il n'existe aucun nom de lieu en -mare ayant cette même origine dans les autres régions (sauf dans des cas de transferts comme Croismare, du nom de Croixmare (Seine-Maritime), Croismare 1084).
    Ces types toponymiques en -mare sont généralement composés avec un anthroponyme (anglo-saxon, scandinave ou germanique), un autre appellatif toponymique (scandinave ou anglo-saxon) ou un adjectif (anglo-scandinave ou roman) :
  1. avec un nom de personne : Alvimare (Alvimara 1156, NP Adalwin, Æthelwin ou Alwin) ; Angommare (Ansgomare 1241, NP Ásgautr > Angot); Saint-Vincent-d'Aubermare (Osbermara 1264, Ásbjorn > Osbern > Auber) ; Catemare (Catemara 1199, NP Kati); Colmare (Colmare fin XIIe siècle, NP Koli) ; Lignemare (Anedini mare 1059 Anelini ? NP Anelinus) ; Mélamare (Mellomara XIIIe siècle, NP *Merlo, Mello) ; Quatremare (Guitricmara 1011 ?) ; Roumare (Rolmara 1035, NP Hrófr > Rouf > Rou); Vicquemare (Wiguemare vers 1210, NP Vigi), Torgemare (La Poterie-Cap-d'Antifer, NP Thorgisl > Turgis), etc.
  2. avec un autre appellatif : Étainmare (Estainmare sans date, de steinn « pierre ») ; Briquemare (brekka « pente, déclivité »); Honguemare (Hanguemara vers 1060[21], hang- « pente »), Londemare (lundr « bois »> Londe), Vignomare (*hvein, graminée, top. norvégiens en Hveina-, danois hvene. Normand vignon, vignot, vène « ajonc »), etc.
  3. avec un adjectif norrois ou anglo-saxon : Houllemare (holr « profond ») ; Lillemare (à Boncourt, lítill petit > norvégien lille cf. Lilletot, Licteltot vers 1055) ; Longuemare (Langomarra Xe siècle, langr « long ») ; Ymare (Wimara vers 1240, viðr « large » ou hvítr « blanc »), etc. N.B : les appellatifs romans d'origine bas latine (-ville, -mesnil, -mont, etc.) ne sont jamais associés à des adjectifs anglo-scandinaves dans la toponymie normande.
  4. avec un adjectif roman : Fongueusemare (Fanguosemare 1252, « fangeuse mare ») ; Parfondemare (au Hanouard, « profonde mare »); Sausseuzemare (Salicosa mara 1080, « sausseuse mare », c'est-à-dire « mare aux saules » AF saus « saule »)
  5. avec un autre nom de lieu : Hectomare (Quetomare 1374, Esquetomare 1658, « la mare d'Ecquetot »)
  6. avec un élément mal identifié (anthroponyme, adjectif ou autre) : parmi les nombreux autres toponymes en -mare, souvent sans formes véritablement anciennes, on note : Aumare (à Daubeuf-près-Vatteville), Bauquemare (disparu, resté comme patronyme), Bimare (à Saint-Germain-des-Essourts), Binemare (à Fresquiennes), Blacquemare (à Beuzeville), Blésimare (à Angerville-l'Orcher), Bottremare (à Fontaine-Heudebourg), Brémare (à Saint-Aubin-de-Crétot), Château de Brumare, Caillemare (à Saint-Ouen-de-Thouberville), Caumare (disparu, resté comme patronyme), Cliquemare (à Sainte-Hélène-Bondeville), Cornemare (à Bolleville), Croix Commare (à Foucart), Drumare (La Cerlangue), Éneaumare (à Saint-Martin-du-Manoir), Endemare (disparu, resté comme patronyme), Équinemare (à Bosc-Bordel), Étennemare (à Limesy), Flamare (à Louvetot), Havre de Flicmare (à Gatteville-le-Phare), Frémare (Forêt Domaniale d'Arques, Arques-la-Bataille), la Gaudimare (à Allouville-Bellefosse), Gattemare (à Gatteville-le-Phare), Germare (à Saint-Mards-de-Blacarville), Goudemare (à Yquebeuf), Gremare, Grémare (disparu, resté comme patronyme), Hecquemare (à Illeville-sur-Montfort), Himare (à Berville-en-Roumois), Homare (à Saint-Léger-du-Gennetey), Inglemare (à Fermanville, à Amfreville-la-Campagne, à Étréville, à Belbeuf et à Ocqueville), Ingremare (à Ailly), Intremare (à Venon), Limare (disparu, resté comme patronyme), Loumare (à Écalles-Alix), Normare (à Belbeuf), Ordemare à (Saint-Maclou-de-Folleville), Péromare (à Touffreville-la-Cable), Platemare (à Houetteville), Plattemare (à Millebosc), Rétimare (à Yvetot), Rucquemare (à Cliponville), Saussemare (à Saint-Aubin-sur-Mer (Seine-Maritime)), Tennemare (à Écrainville), Trottemare (à Valletot), Vandrimare, Videmare (à Oudalle), Pellamare (à Limpiville et Hattentot, Peslamare 1278), Pellemare (à Notre-Dame-de-Gravenchon), etc. Ils sont tous situés dans le pays de Caux, le Roumois, l'Entre-Caux-Vexin, le Vexin normand, le pays de Bray normand et le Cotentin dans les zones de diffusion de la toponymie anglo-scandinave.
  7. avec Mar- comme premier élément : on peut ajouter dans la même ère de diffusion : les types scandinaves Martot (Pont-de-l'Arche, Marethot vers 1160) de *Marrtopt « la ferme de l'étang » et Marbeuf (Le Neubourg, Marbuet XIe siècle) de *Marrbóð « la cabane de l'étang », dans ce cas l'usage de Mar- comme premier élément d'un composé toponymique est semblable à celui de Mar- dans des toponymes danois et suédois, cf. Martofte (DK), Martofta (S) « Martot ».
  8. Grande-Bretagne : on trouve des types toponymiques parallèles en Grande-Bretagne, comme Windermere (GB) « le lac de Vinandr » ou Buttermere (GB) « le lac de Buthar »
  • Nez, du vieux norrois nes « cap » : Nez de Jobourg, Nez de Voidries, le Nez Bayard et la Pointe du Nez à Saint-Germain-des-Vaux, le Nez du Magazin à Auderville, la Couronne du Nez à Gréville, le Nez (ou Nais) de Tancarville, le Nez à Vaucottes, etc. NB : ce n'est pas le mot français nez (appendice nasal), même si la graphie moderne peut laisser croire qu'il s'agit du même mot. En effet, il est exclusivement attesté en Normandie (îles anglo-normandes comprises) et dans l'extrême nord de la France (cap Gris-Nez, cap Blanc-Nez). En outre, les patoisants de la Hague faisaient la distinction entre le [no:] « nez » et le [ne:] « cap ». Dans le Nord de la France, le terme est issu de l'ancien flamand nes « nez, cap »
  • Raz du vieux norrois rás « course, courant marin dans un chenal » : Raz de Barfleur (Ras de Catte en 1120, Cataras en 1149), Raz de la Percée, le Raz Blanchard, le Raz de Bannes, le Gros du Raz à la Hague. NB : le mot ras a été emprunté à l'ancien normand par le français et est notamment utilisé dans le composé raz-de-marée. Contrairement à une opinion répandue, due à la réputation de la pointe du Raz et à la graphie -z qui peut sembler bretonne à première vue, l'ancienneté des attestations normandes et leur fréquence, font du mot breton un emprunt au normand par l'intermédiaire des marins.
  • Thuit ou -tuit du vieux norrois thveit « essart » Cf. danois tvæd, noms de lieux anglais en thwaite : Bracquetuit (avec brakni, buisson Cf. Brackenthwaite GB, Bregentved DK), Vautuit, Criquetuit, Le Thuit-Simer, etc.
  • -tonne fréquent dans le Roumois : Brotonne (nom d'une ferme à l'origine), Hautonne à Bosgouet8 km de Hauville), Martonne à Éturqueraye), ainsi que (la) Briquetonne à Saint-Aubin-sur-Risle dans le pays d'Ouche, est probablement d'origine norroise : tún « champ entourant une habitation, terrain enclos, cour de ferme » dans Sigtuna, Fjelltuna, Haugtuna, etc. Le terme vieux norrois tún a dû subir l'attraction phonétique de l'ancien français tonne issu du latin tardif tunna, tonna attesté au VIIIe siècle au sens de « vaisseau pour garder l'huile, le blé ; jarre, tonneau »
  • T(h)ot, -tot, -tôt, du vieux norrois topt « emplacement, ferme » Cf. scandinave moderne toft « maison, emplacement » : Yvetot, Routot, Colletot, Fourmetot, Valletot, Criquetot, Bouquetot, les nombreux Hautot (jadis Hotot, Cf. Huttoft GB.) et Hotot, Vergetot, Martot, Anxtot, Coquetot à Bourg-Beaudouin, etc. L'appellatif tot est l'élément d'origine norroise le plus répandu, en effet, on recense environ 350 toponymes en -tot, -tôt ou du type le T(h)ot.
  • Tourp(s), Torp(s), -torp ou -tour(ps), du vieux norrois torp « village » : Clitourps (pron. [klitur]), Saussetour à Fréville, Sauxtour (se prononce « Saussetour ») à Théville, Guénétours, Le Torp-Mesnil, le Torp, le Torpt, Torps.
  • Vic(q), -vi(c) ou -vy du vieux norrois vík « anse, crique, entrée d'un port » (cf. normand viquet « petite porte » > français guichet) : Sanvic (Sanwic 1035), Vasouy (Wasvic 1035), Plainvic, Cap Lévi (pour *Capelvy, jadis Kapelwic au XIIe siècle), Silvy (Selevy en 1570, de selr « phoque » ?), Carry (Carrwic en 1207, de kjarr « marais ») ou Pulvy (de píll « saule » ?), Le Vicq, Houlvi, Brévy, etc.
NB : Sans rapport direct avec le latin vicus qui a donné les finales -vy ou -vic également, et dont il n'existe qu'une seule occurrence assurée en Normandie : Neuvy-au-Houlme. Ainsi, Vicques peut être expliqué par le vieil anglais wīc, anglais dialectal wick (« village, hameau, ferme ») lui-même d'origine latine, et qui explique le maintien de l'occlusive [k] dans Vicques.

Adjectifs norrois et vieil anglais en composition dans les toponymes[modifier | modifier le code]

Ils sont plus rares que les appellatifs et les noms de personne.

  • breiðr « large, grand » dans Brestot (Breitot v. 1080, homonymie avec Bratoft, jadis Breitoft GB), Brétot, Bréhoulles, Bréhoulle, Brévy, Brévolle, Brébec et Brémare.
  • burning « brun » ou « bringe » en dialecte dans Brennetuit
  • djúpr « profond » ou dans certains cas, son équivalent vieil anglais deop dans Dieppe, Dieppedalle (Seine-Maritime, Életot, Doupedal; de Duppedal; Dupedal; Doupeval 1412; Dieppedalle 1540), Saint-Vaast-Dieppedalle, Dieppedalle (Seine-Maritime, Canteleu) et Dipdal (Manche, Rauville-la-Place). Dans le cas de Dieppe, nom ancien de la Béthune qui a donné son nom à la ville (cf. Eu et Fécamp), l'hypothèse retenue par les spécialistes est généralement celle d'une substantivation de l'adjectif djúpr à la mode romane avec -a analogique au nom antérieur de la rivière Tella, d'où le sens de « la Profonde ». Cependant, pareil type toponymique serait insolite dans la toponymie normande, en effet les noms de rivières d'origine anglo-scandinave sont systématiquement composés avec les éléments -fleur ou -bec. C'est pourquoi Jean Renaud émet l'hypothèse d'un emploi du terme scandinave á signifiant « rivière ». Dans ce cas, le nom de Dieppa serait l'équivalent exact du nom de la rivière islandaise Djúpá.
  • engelsk « anglais », adjectif à la fois scandinave et roman, forme normande -esque équivalent de l'ancien féminin français des adjectifs de nationalité en -ois, français -esche, -èche dans les Anglesqueville (jadis Englesqueville) et Englesqueville de Normandie, situés dans la zone de colonisation anglo-scandinave.
  • fagr « beau » (apparenté par l'indo-européen au latin pulcher « beau ») dans Faguillonde (Lammerville, Fagerlanda 1133 - 1134; Fagherlunda 1155) sans doute homonyme de Fauguernon (anciennement Fag(u)ernon, Fagellon avant le XVIe siècle), c'est-à-dire « beau bois », à comparer avec les noms de famille norvégiens et suédois Fagherlund, Fagerlund, issus de noms de lieux. Voir aussi le microtoponyme islandais Fagrilundur.
  • fúll « sale » dans Fultot ; Foulbec et le Fouillebroc.
  • great vieil anglais pour « grand » dans Grétain (à moins qu'il ne s'agisse du norrois grá « gris »).
  • holr « creux » dans les nombreux Houlbec et Houlgate (chemin creux), rue Catteholle (anc. à Caen)
  • kaldr « froid » dans Caudebec et Caudecotte
  • langr « long » dans Lanquetot (cf. Langtoft, GB) et Lanquetuit (nom de différents lieux-dits, conservé comme patronyme, ex : Longtuit (jadis Lanquetuit)), le Val Landal (jadis Lenguedale 1245, Cf. Langdal N et DK), Longuemare (jadis Langomara), Langland (Ypreville-Biville, Langelon vers 1210; Lenguelant en 1495)
  • lítill « petit » dans Lilletot (Cf. Lilletofte DK), Lillebec (écrit aussi fallacieusement Lislebec, lieu-dit à Pont-Audemer) et Lillemare
  • rauðr « rouge » dans le Robec, rivière de Rouen
  • stórr « grand » dans Étretat et Eturqueraye (Storcreta vers 1040)

Noms d'arbres norrois et vieil-anglais en composition dans les toponymes[modifier | modifier le code]

  • æppel (vieil anglais), « pomme ». Il s'agit probablement d'un collectif pour "pommiers" dans Auppegard (Appelgart v. 1160) et Épégard (jadis Alpegard), composé avec l'appellatif norrois garðr (cf. Applegarth Town, Appelgard v. 1160, GB, Yorkshire)
  • bóki (norrois) « hêtre » dans Bouquelon (+ lundr « bois », nombreux toponymes) et plusieurs Bouquetot, très nombreux au nord-est de la Normandie ou cet arbre est plus commun qu'à l'ouest. En concurrence avec les types romans : Fy ; Fay ; Foutelaye de foutel « hêtre » en dialecte. Le nom de lieu « Hêtraie » est rare car « hêtre » est d'origine flamande et moderne.
  • eik (norrois) « chêne » dans Yquelon ; Iclon (+ lundr « bois ») et Yquebeuf (+ vieux norrois de l'est boð « barraque, édicule »). Dans la zone de diffusion des toponymes scandinaves, on trouve aussi la forme romane du normand septentrional Quesney ou Quesnay, dont Eiki-lundr constitue l'équivalent norrois.
  • epli (norrois) « pomme » en norrois, danois moderne æble, dans Yébleron (jadis Eblelont, + lundr « bois »)
  • eski (norrois) « frêne » très fréquent, peut-être à cause de son importance dans la mythologie scandinave dans tous les Ectot (jadis Esketot, + topt « emplacement habitable, ferme ») ; Hectot parfois (cf. Eastoft GB, jadis Esketoft), Hecquemare à Illeville-sur-Montfort et peut-être Azelonde (Esclonde vers 1210) à Criquetot-l'Esneval.
  • espi (norrois) « peuplier tremble » dans Epelont (Bernonville, Espelonc vers 1379), Epelont (Manneville-es-Plains, Espelont 1238) et Eperonde (L') (Mesnières -en-Bray, Ventes d'Esperonde 1540; L'Esperonde, bois taillis séparé de la forêt du Hellet, 1732).
  • hesli (norrois) « noisetier » dans (bois du) Hellon Helonde vers Fontaine-la-Mallet 1553); Hellonde (apud Helelonde 1252; Heselonde 1253.); Hellande; Hellemare; Heltuit (In Helletuito 1282; En Heletuyts 1291; Heltuit, au Houlme 1488).
  • lind (norrois) « tilleul » dans Lindebeuf (+ vieux norrois de l'est boð « barraque, édicule ») et les Lintot (+ topt « emplacement habitable, ferme »)
  • plūma (vieil anglais) « prune, prunier » plutôt que du vieux norrois plóma (cf. islandais plóma) dans Plumetot
  • pyriġ / pere (vieil-anglais) ou vieux norrois pera « poire, poirier » dans les Prétot (ancien Peretot)
  • selja (norrois) « saule marsault » cf. islandais selja, norvégien selje dans Seltot (+ topt « emplacement habitable, ferme » Seilletot en 1088 et 1112; Seletot en 1261. Cf. Selletoft, Seltoft DK), Silleron (+ lundr « bois », Seillerunt en 1227 à Angiens) et sans doute Sillemare (à Bracquetuit, S-M, et à Fourmetot, E) et Silvy (anse de) (+ vík « baie », Selevy 1570 cf. Seljavík, Islande)
  • weliġ, wiliġ (vieil-anglais) « saule » dans Villequier (Wilikier, Willeker en 1178, Williquier en 1181-89)

Noms d'animaux norrois et vieil-anglais en composition dans les toponymes[modifier | modifier le code]

Le principale difficulté dans leur identification résulte du fait que ces noms d'animaux sont aussi employés souvent comme anthroponymes

  • asni « âne » dans Annebecq (Calvados, Asnebec 1198)
  • crāwe (vieil anglais) « corneille » dans Croixdalle (Seine-Maritime, Craudalle jusqu'à l'époque moderne), Crodalle (Calvados, Longues-sur-Mer)
  • haukr « buse, busard » dans Houglon (Grand- et Petit-, Seine-Maritime, Ancourteville-sur-Héricourt, in campo de Monte Hoquelont 1248) et Hoquedalle (Fécamp, Chemin coste de Hoquedalle 1423), correspondance en Islande avec Haukalundur et Haukadalur, ainsi qu'en Norvège avec Haukdal.
  • ulfr « loup » dans Oudalle, à moins qu'il ne s'agisse du nom d'homme Ulfr (cf. ci-dessous).
  • valr « faucon », dans Vaucottes (Seine-Maritime, Vattetot-sur-Mer, Vaucote 1461-62 et Manche, Omonville-la-Rogue) et Vautuit (Seine-Maritime, Doudeville, Wautuit (sans date); Wathuyt 1227), peut-être le Veau-d’Huit (Annebecq). Il peut s'agir du nom de personne Valr / ValR dérivé de celui de l'animal comme dans les Vauville.

Autres éléments[modifier | modifier le code]

  • boði « rocher à fleur d'eau » a été identifié comme second élément du rocher Quillebœuf (au large de Gatteville-le-Phare), où se sont produits de nombreux naufrages. On ignore la nature du lien qui unit ce toponyme à Quillebeuf, au bord de la Seine, endroit également dangereux où de nombreux navires ont sombré. François de Beaurepaire a inclus ce dernier dans la série des -beuf (voir ci-dessus) en écrivant que les formes anciennes (Quelibos en 1018, Cheliboey ou Cheliboy en 1025, ainsi que Chileboi en 1170) étaient « suspectes », or elles peuvent très bien s'expliquer par l'évolution romane régulière du vieux norrois boði. Le premier élément Quille- est sans doute le même que le mot quille en français, issu du vieux norrois kilir « quilles », bien que certains spécialistes y voient le vieux norrois kill « long bras de mer, crique étroite, estuaire ». Le terme dialectal de la Hague boue ou bau « rocher lointain dégagé par la marée basse » procède de boði. On le retrouve dans la Grande Boue, rocher au large de Sulvy à Saint-Germain-des-Vaux et dans les différents le Bau nom de plusieurs rochers au large de la Hague.
  • *fiskigarðr « enclos à poisson ». composé de fiskr, poisson, que l'on retrouve peut-être dans Fiquefleur (Ficquefleu 1221) « cours d'eau poissonneux » [?] et garðr, enclos, que l'on décèle dans Auppegard ou Épégard (cf. ci-dessus). É. Ridel a tracé la carte de ce toponyme le long des côtes normandes[22] . Le terme est attesté comme nom commun en 1030 à Dieppe dans une charte de Robert le Magnifique sous la forme latinisée fisigardum, il devait donc traduire le terme dialectal *fisigard d'après E. Ridel[23]. Un lieu Figart est mentionné à Fécamp en 1238 et de nos jours, la carte du littoral indique un rocher Figar à Lion-sur-Mer et un autre connu oralement [figar], jadis noté Figard, mais de localisation imprécise à Agon-Coutainville. Le terme est parallèle à l'islandais fiskigarður « structure de bois qui permet de faire sécher le poisson ». On trouve aussi le toponyme Fishgarth dans le Cumberland (GB).

Par ailleurs l'élément -gard, issu de garðr, se retrouve dans quelques toponymes, par exemple Auppegard et Épégard, déjà cités, mais aussi l'Étigard (à Fresquiennes), Sennegard (à Heudreville-sur-Eure), etc.

  • vǫllr « plaine » dans Brévolle [?] (sans forme ancienne), le premier élément serait le vieux norrois breidr « large » déjà reconnu dans Brestot, Brébec, Brémare, Brévy, Bréhoulle et Brébœuf, toujours associé à un appellatif norrois.
  • spegla [?] « reflets, miroirs » (accusatif pluriel de spegill) dans Les Roches d’Espiègle situées au bord de la Seine, entre Port-Mort et Notre-Dame-de-l'Isle. Sans doute nommées ainsi à cause de leur reflet dans la Seine, la forme actuelle a dû être influencée par l'adjectif français espiègle issu du nom du personnage Eulenspiegel

Formes romanes au pluriel d'appellatifs issus d'un pluriel anglo-scandinave[modifier | modifier le code]

La désinence -as correspond au féminin pluriel latin.

  • Boos de Both(a)s pluriel anglo-roman du vieux norrois de l'ouest bóð (qui a donné l'élément -beuf) ; dans les Boos (cf. Booths, Yorkshire).
  • Ecalles de *Scalas pluriel anglo-roman du norrois skáli « habitation temporaire » (qui a donné l'élément -écal-) ; dans Foucart-(Escalles), Estouteville-Écalles, Écalles-Alix, Villers-Écalles, (cf. nombreux Scales au nord de l'Angleterre).
  • Eslettes de Slett(a)s pluriel anglo-roman du norrois sletta « terrain plat » ; dans Eslettes (cf. DK Sletten, mais GB Sleights).
  • Étigue(s) (la Haie d'), ancien port et vallée, de Stig(a)s (Vattetot-sur-Mer, Stigas vers 1025; Portus maris d'estigas en 1144-1151; Apud Stigas en 1165-1183). Pluriel anglo-roman du vieux norrois stiga, accusatif de stigi « escalier » (cf. islandais stigi, même sens). Il a sans doute désigné dans ce cas un escalier permettant d'accéder à la plage.
  • Tôtes ou Tostes de *Topt(a)s pluriel anglo-roman du norrois topt (qui a donné par ailleurs l'élément -tot et Tot) ; dans Tôtes et Tostes (cf. GB Tofts).
  • Veules de Well(a)s pluriel de wella « source, cours d'eau » (qui a donné les éléments el(le)-, -vel(le), -veuille et -gueule dans les différents Elbeuf, jadis Welleboth ; Rouelles, Jadis Rodewella 1035, comparable aux Rothwell anglais) ; dans Veules-les-Roses (Wellas 1025, cf. GB Wells) ; Cresseveuille (Cresseveula en 1350 cf. Cresswell GB) ; Moulin de Quétivel (Jersey) ; Moulin de Quenarville (Seine-Maritime, Moulin de Quenarvelle en 1539) ; Radegueule, affluent de la Béthune (Seine-Maritime, Radevele XIIe siècle cf. Radwell GB).
  • Vicques de *Wicas, pluriel anglo-roman du vieux saxon ou du vieil anglais dialectal wīc « village, hameau, habitation, château », voire « ferme laitière ». Il s'agit d'une variante correspondant au vieil anglais wiċ (cf. toponymes en -wich) qui, au pluriel, pouvait avoir le sens de « camp ».

D'autres restent encore à déterminer.

Localisation[modifier | modifier le code]

Ces appellatifs ne se retrouvent quasiment pas au sud de la Normandie, loin des centres côtiers, dans des régions boisées restées peu peuplées au Moyen Âge (sud du pays d'Auge, sud de l'Orne, pays d'Ouche, Bocage…). Bizarrement, le Bessin, qui a une importante façade maritime, présente une faible toponymie scandinave (sauf sur une étroite bande côtière), alors que les noms celtiques et de domaines gallo-romains en -*(I)-ACU (du celtique -(i)āko-[24] , terminaison en -y, -ay) y sont pléthoriques, seule la microtoponymie y a un caractère nettement anglo-scandinave. Il en existe aussi quelques exemples dans l'Avranchin, région très riche en toponymes celtiques et gallo-romans (suffixe -*ACU en -ey) par ailleurs.

Microtoponymes normands après l'an mil anglo-scandinaves ou romans[modifier | modifier le code]

L'affermissement du dialecte normand dans l'ancien duché a fait évoluer les toponymes décrits ci-dessus jusqu'à leur forme actuelle. Une lecture moderne, parfois littéraliste, de l'orthographe ancienne les déforme souvent phoniquement : l'exemple de Cosqueville ou Isneauville, dont le s ne se prononçait plus ; Menesqueville dont le s purement graphique indiquait la prononciation è [ɛ] ou encore Sauxemesnil qui se prononce [sosmeni], le [l] final s'étant amuï, comme dans la plupart des mesnil de Normandie.

Les Normands de l'époque ducale ont nommé les lieux avec les mots de leurs propres parlers, comme n'importe quel habitant de n'importe quelle région. C'est pourquoi, notamment au nord de la ligne Joret, on rencontre un certain nombre de toponymes du type :

Toponymie normande et anthroponymie[modifier | modifier le code]

La fréquence des anthroponymes scandinaves, anglo-scandinaves et anglo-saxons dépasse nettement le cadre des appellatifs de même origine, puisque la plupart des noms de personnes scandinaves, anglo-scandinaves ou anglo-saxons se trouvent associés à des appellatifs romans d'origine latine (type : -ville ; -mesnil- ; -val ; -mont ; etc.).

Nom de personne scandinaves : surnoms et hypocoristiques en [i][modifier | modifier le code]

appellatif norrois / appellatif roman.

Autres anthroponymes norrois[modifier | modifier le code]

  • Arnketill / Arnkætill dans Arthéglise (Manche, Archetiglise vers 1150). Ce type de formation nom de personne scandinave + église ou (-glise, par aphérèse de /i/) se rencontre également dans Buglise (Seine-Maritime, Ecc. de Buiglise vers 1240, sur nom de personne scandinave Búi) et dans l'Ecluse, lieu-dit de la commune de Saint-Martin-le-Gréard (Manche, Coleclesia vers 1000 : *Coliglise, *Coleglise, sur nom de personne scandinave Koli). Ces formations toponymiques romanes septentrionales, de type précoce, sont parallèles aux toponymes germaniques occidentaux et scandinaves en -kirch(e), -kerk(e), -kirk « église » souvent précédés d'un nom de personne. En Normandie, la version scandinave de ce type toponymique est illustrée par Yvecrique (Seine-Maritime), basé sur l'ancien norrois kirkja « église » et le nom de personne d'origine germanique Ivo > Yves. L'évolution *Arnketil- > *Archete(u)- > *Artete- > *Arthe- est comparable en toponymie à celle observée pour d'autres anthroponymes comprenant l'élément ketill / kætill « chaudron » cf. ci-dessous Teurthéville-Hague (Manche, Torquetevilla XIIe siècle) ou Ancteville (Manche, Ansketevilla 1196, Anschetelvilla, sans date). Le digramme ch (ou trigramme sch) note parfois [k] (ou [sk]) (cf. aussi Ancourteville, Seine-Maritime, Anschetilvilla vers 1024 ou Turquetil d'Harcourt souvent noté Turchetel, Turchetil). Cette formation toponymique archaïque ne peut donc pas être rattachée à un personnage connu tardivement, frère Archer, dont aucune forme ancienne du type *Archeri ecclesia ne vient d'ailleurs conforter le rapport avec ce toponyme.
  • ÁslæikR / Asleikr dans Annebecq [?] / tous les Anneville cf. Anneville-Ambourville (Anslecvilla 1057)  ; ancien anthroponyme Anlec (attesté à Jersey en 1306, Hémevez vers 1320) cf. latinisation en Ansleicus.
  • Bifurr ou Bifliði dans Bifreville [?] (Saint-Martin-aux-Buneaux, Bifreville 1419)
  • Blaeingr, anthroponyme que l'on retrouve dans le Möðruvallabók par exemple [31]. Il est contenu dans Blainville-sur-Mer (Manche, Blainvilla 989 - 996), en revanche les autres Blainville sont basés sur le thème BLAD. On retrouve aussi en Angleterre Blingsby, village disparu du Derbyshire : Blanghesbi, DB.
  • Blakkr dans Blactot (Manche, anciennement Blachetot en ancien français le digramme ch note souvent [k]) cf. peut-être également dans le lieu Blacktoft GB) / Blacqueville (jadis Blacrevilla XIe siècle) et Chamblac (Campus Blaque 1234, devrait être écrit « Le Champ-Blaque » avec l'article selon l'usage local et -aque, car ce n'est pas la terminaison -ac (issue du suffixe -acum) qui n'existe pas en Normandie, où le suffixe -acum a régulièrement abouti à -ay / -ey et dans sa version (i)acum a -y /
  • Brandr ou vieux danois Brand[32] : Branville (Seine-Maritime, Saint-Aubin-Épinay, Brant villa vers 1025[33]); Branville (Eure) (Branvilla XIe siècle); Branville-Hague (Manche). En revanche Branville (Calvados, Dozulé, hameau) est un ancien Brandeville comme Brandeville (Seine-Maritime, Vattetot-sur-Mer) et signifie « domaine rurale de Brandi », nom de personne vieux norrois, variante de Brandr[34], ou « de Brande », vieux danois[35].
  • Breiðr ou Breði[36], dans Bréville, Brestot (anciennement Breitot)
  • Brestir dans Bertelonde (Criquetot-sur-Longueville, Bois de Brestelonde ou Bræstelonde en 1380)
  • Bretakollr : Brectouville (Britecolvilla 1159)
  • *Eiðmóðr : nom qui ne semble pas attesté et que l'on retrouverait dans Ymauville (Seine-Maritime, Idmotvilla 1154) plutôt qu'un hypothétique germanique *Widmodus. L'élément germanique MOD > vieux norrois móðr se retrouve dans l'anthroponyme Þormóðr (voir ci-dessous) bien attesté dans des toponymes et sous la forme francisée Tormod.
  • Farmaðr / Farmann (vieux danois Farman) : Ferambosc (Vattetot-sous-Beaumont, Farmanboc 1198), Fermanville (Manche, Farmanvilla fin XIIe siècle).
  • Fastúlfr / FastulfR ou vieux danois Fastulf : Fatouville-Grestain (Eure, Fastovilla 1140), Fatouville, etc., Fastolessart (Saint-Vaast-d'Equiqueville, XIIe siècle).
  • Flottamaðr dans Flottemanville-Bocage (Manche, Flotemanvilla en 1147 et Flottemanvilla en 1250) et Flottemanville-Hague (Manche, villam que noncupatur Flotomannum en 1051 - 1066). Extrait du TVEGGIA P0STOLA SAGA PETRS OK PALS « Eigi em ek flottamaðr, helldr hraustr riddari mins konungs. Ef ec vissa eigi vist, at ek skyllda fyrir 4° þenna dauða koma til lifs oc dyrðar, þa munda... »[37].
  • Fótr dans les Fauville (dont les formes anciennes sont toutes du type Fodvilla et Foville)
  • Grímr / GrímR ou vieux danois Grim (souvent sous la forme Grinius en latin médiéval) dans les nombreux Grainville, Grimbosq et Mesnil-Grain, Grainval. Islandais moderne Grimur.
  • Grímketill (parait attesté) / *Grimkætill (formes contractées en Grímkell et vieux danois Grimkil) ou Geirsteinn dans Grinthéville (Manche, Clitourps, anciennement Grainthéville, Gerstenvilla [?]) dont le premier élément est vraisemblablement le même que dans Grímr / GrímR ci-dessus et le deuxième, la forme prise dans la Manche par ketill / kætill comme second élément devant un appellatif, c'est-à-dire réduit à -the- (alias -thé-) cf. ci-dessus Arthéglise, Ancteville et ci-dessous Teurthéville. Cependant, si la forme Gerstenvilla est juste, par métathèse *Grestenvilla > *Grentesville, sur Geirsteinn en vieux norrois.
  • Gunnvǫr ou vieux danois Gunnur (norvégien Gonnor), nom de femme, dans la Haie-Gonnor (ou la Haie-Gonord, Haia-Gonnor 1172; Haiam Gonnor 1199; la Haie-Gonnor 1762; La Haie-Gonnor 1953). Gonnor est la graphie régulière depuis le Moyen Âge, les formes modernes -Gonor ou -Gonord sont erronées.
  • Háls / Hals ou vieux danois Hals : Hauville (Halsvilla 1014)
  • *Helgimaðr dans Hecmanville (Eure, Heuguemanville 1331), le nom commun helgimaðr étant attesté en vieux norrois. Extrait du Morgunblaðið du 11 janvier 2001 : GEIRLAUGARSÝNIR « Æpti hún Geirlaug,. þá út í tún kom. Heyrðist henni helgimaðr. hringja klukku. Þá var þetta trítill,. sem hristi brók sína. Svo var hún heimsk »[38]
  • HolmgæiRR / Hólmgeirr ou vieux danois Holmger dans Hougerville (Seine-Maritime, Holgervilla sans date; Hogervilla, Hougervilla en 1207)
  • Hugleikr dans Heugleville-sur-Scie (Seine-Maritime, Huglevilla vers 1135) vers 1135 et Hugleville-en-Caux (Seine-Maritime, Huglevilla vers 1071). Islandais moderne Hugleikur. Ce nom est illustré par le Hygelac anglais du Beowulf. Chrétien de Troyes le latinise en Chlocilaicus.
  • Húskarl dans le toponyme latinisé disparu Vallis Huscalli à Flottemanville mentionné en 1274 et dans l'anthroponyme Huscaille cité à Omonville-la-Rogue en 1263. Remarque : Karli / Karl a souvent évolué en Caille- (exemple : Cailletot) devant un autre appellatif, cela correspond généralement à la francisation de Calle- (exemple Calletot) qui en est l'évolution régulière (effacement de [r] devant [l], assimilation)
  • *Ímbrandr dans Imbranville (Manche). Anthroponyme hypothétique. Comparer avec Brandr ci-dessus qui a donné les Branville et Brainville. L'hypothèse d'un premier élément Im- se justifie par exemple pour son utilisation dans *Ímvaldr forme reconstruite d’Ímaldr bien attesté[39].
  • klakkr / KlakkR ou vieux danois Klak dans les Clasville, Mesnil-Claque (Seine-Maritime, jadis Mesnilclac) (cf. Clacton GB et Harald Klak)
  • Krákr dans Crasville, Craville, peut-être Craque-Mesnil (Manche, Brix)
  • Krókr / KrókR ou vieux danois Krok dans Cropus, Crosville-sur-Scie (Crocvilla v. 1020), Le Mesnil-Croc (aujourd'hui Faubourg du Pré à Saint-Lô ; Maisnillum Croc en 1174), Crosville-sur-Douve, etc.
  • Liðsmaðr dans Limanville ([W. de] Letmanvilla vers 1060) à Saint-Vaast-Dieppedalle. La forme ancienne Letmanville incite plutôt à identifier une variante apparemment non attestée *Liðmaðr.
  • *Marrfold ou *Marrfolk, anthoponymes norrois de circonstance servant à expliquer l'élément Marfo- du toponyme Marfauville à Fontenay, (Marfoville XIIIe siècle), bien qu'en principe les éléments FOLK et FOLD ne se retrouvent jamais en seconde position des noms de personnes. (voir ci-dessous : autre explication)
  • Móðurfaðir « grand-père maternel » > vieux danois et anglo-scandinave Morfar : Montfarville (Morfarvilla 1260), peut-être Marfauville à Fontenay, (Marfoville XIIIe siècle) par métathèse *Morfa(r)ville > Marfoville, motivée principalement par les noms en Mare- (mare)
  • Óspakr ou ÓspakR: Le Mesnil-Opac (Manche, Maisnillo Ospac 1180 - 1189)
  • Randr ou vieux danois Rand dans Ranville (Ranvilla 1066), Rantot (Manche), Randal (Manche)
  • Skarpheðinn (cf. islandais moderne Skarphéðinn)[40] ou *Skarphiðinn dans Écrepintot (pays de Caux, Scripintot, fin XIIe siècle) et Pont-Écrepin (Pons Eschrepin en 1131)
  • *Skorbarðr ou anglo-scandinave *Skorbarda : Écombarville (Escobardevilla 1210). Anthroponyme conjecturel formé des éléments SKOR « incision, précipice, score » (comme dans le nom Skorargeirr) et BARD > ancien norrois barð « bord, rebord, nez d'un bateau, bateau » ou ancien saxon barda « petite hache » (comme dans le nom Ráðbarðr). La forme de 1210 ne permet pas de prouver l'évolution *Escor- > Esco- qui reste hypothétique. Cependant, on peut noter la présence du patronyme Scobard à Campneuseville au XIXe siècle[41] et Scobart dans le pays de Bray également. Cependant, le patronyme devrait être *Écobart / -d. IL semble bien qu'il soit en réalité une altération du nom de personne Cobart. En effet, un personnage est attesté deux fois l'un sous la forme Narcisse Cobart et l'autre sous la forme Narcisse Scobart, par mécoupe entre le prénom et le nom de famille[42].
  • Seiðmaðr « sorcier, chamane » ou plutôt vieux danois *Sethman dans Septimanville à Saint-Martin-aux-Buneaux (Seine-Maritime ; Setdemannivilla, Sedemanvilla vers 1060) et Sidman (Manche, anciennement Syd-man). Cependant dans cette position, [ð] aurait dû s'amuïr complètement. On note qu'il existe un nom de famille Sedemann bien attesté en Norvège.
  • *Sigbrandr dans Cibrantot (Terre de Sibrantot, 1676, mem. de la Société des antiquaire de Normandie, 1852). Forme reconstuite d'après l'ancien suédois, le norvégien Sigbrand et l'islandais Sigurbrandur, anthroponyme principalement norvégien[43].
  • *Sigfriðr (nom masculin et féminin), forme reconstruite d'après le vieux danois Sighrith et l'islandais Sigfríður[44], dans Chiffretot / Chiffrevast, Chiffreville (Sigefridisvilla 1035), Cheffreville-Tonnencourt (Sigefredivilla 1135, Seicfredi villa XIIe siècle)
  • Siggarðr (cf. norvégien Siggard) dans le Mesnil-Sigard. Seul l'emploi de cet anthroponyme postérieurement au IXe siècle et la consonne géminée g peuvent justifier du maintien d'un [g] intervocalique, excluant du même coup l'anthroponyme germanique Sighard, qui aurait abouti à *Siard par amuïssement régulier du [g] intervocalique, comme dans le patronyme franco-provençal Siard (en revanche la langue d'oc conserve régulièrement la consonne intervocalique d'où la forme Sicard issue du germanique continental).
  • Siggautr dans Mesnil-Sigot (Mesnillum Segot, début XIIIe siècle; Mesnil-Segot 1451; Le Mesnil Sigot 1460-1461), Sigosville, ferme au Ham., Sigosville, hameau à Sainte-Mère-Église. Ne pas confondre avec le nom d'origine germanique continentale Sig(w)ald qui aurait donné *Siaud par amuïssement régulier du [g] intervocalique, comme le patronyme franco-provençal Siaud (conservation régulière de la consonne intervocalique en occitan d'où Sigaud, parfois orthographié Sigot, issu du germanique continental et porté comme patronyme dans le midi).
  • Skammhals > vieux danois Skammel : Équemauville (Scamelli Villae 1048), le Scamelbec (ancien ruisseau à Moulineaux), Cannetot (anciennement Scameltot)
  • Smiðr : Émiéville (Esmitvilla 1129), Émainville (Smit villa vers 1024)
  • *Snægeir : Négreville (Esnegervilla 1185 - 1189), ad Pratum Esnerguier 1242 à Anglesqueville-Lestre.
  • SpáR (variante vieux suédois Spa, donc on peut supposer un vieux danois *Spa) : Épaville, nom de trois hameaux au moins : à Heuqueville (Espaville 1482), Sainte-Croix (Montivilliers, Épaville 1620), Épaville (Cotentin)
  • Sprot dans Épretot / plusieurs Épreville, Épremesnil, le Havre (cf. Sproatley et Sprotborough, GB)
  • Starr ou vieux danois Star : Éterville (Starvilla XIIe siècle)
  • Styrkárr ou vieux danois Styrkar : Turcaville (Manche, Sturgarvilla 1048)
  • Teitr : Théville (Tedvilla, Teivilla, Theyvilla, Villa Teth en 1021-1025)
  • Þormóðr ou vieux danois Thormoth : Trémauville (ex. : Trémauville, canton de Fauville-en-Caux, Tormodi villa en 1023[45], Tormot villa vers 1025) et Tourmauville de Normandie (cf. Tourmauville, hameau de Baron-sur-Odon, Calvados, Tormovilla en 1172)
  • Þórr ou vieux danois Thor dans tous les Tourville : les formes anciennes sont du type Tor villam 996 - 1026 (Tourville-la-Rivière); Turvilla 1025 - 1026 (Tourville-la-Chapelle); Torvilla vers 1060 (Tourvile-sur-Arques) ne permettent pas de proposer comme anthroponymes Þórðr (forme contractée de Þórfreðr) ou Þórfi.
  • Valgerðr (féminin) ou Valgarðr (masculin) dans Vergetot (Walgertot fin XIIe siècle) qui se superpose au nom francique Waldger ou Wal(a)gerius?
  • Valr ou ValR (ou Váli dans certains cas) : Vaucottes, Valletot, Vautuit (Wautuit XIIIe siècle) / Vauville (Walvilla 1054)
  • Vifíll ou Vifill dans Veauville-les-Baons (Wivelvilla vers 1050)
  • Wiburgh (nom féminin vieux danois) ou plutôt son correspondant germanique occidental Wiburgis dans Ybourville (Seine-Maritime, Bouville, Wiborvillam fin XIIe siècle).
  • *Ysteinn dans Inthéville (Fermanville, Usteinvilla vers 1170), variante du vieux norrois Eysteinn et Oysteinn, cf. ancien norvégien dialectal (Vestlandet) Ystein.

D'autres noms de personne se trouvent presque exclusivement associés à des appellatifs romans.

Anciens prénoms norrois ayant donné des noms de famille normands[modifier | modifier le code]

  • Ásketill dans Ancretteville-sur-Mer ; Anquetierville ; Ancourteville-sur-Héricourt ; Anctoville ; Ancteville… pour un seul Anquetot. Noms de familles : Anquetil ; Anctil ; Anquetille ; Anquety ; Amptil ; etc.
  • Ásfríðr dans les Amfreville. Noms de familles : Anfry ; Lanfry ; Anfray ; etc.
  • Ásgautr dans les Angoville. Noms de familles : Angot
  • Ásulfr / ÁsulfR ou vieux danois Asulf ou anglo-scandinave Osulf dans les Auzouville, Ozeville, peut-être Austhot (Manche, Ostot 1753 - 1785). Noms de familles : Auzou, Auzout (Seine-Maritime), Osouf (Cotentin)
  • Bjǫrnulfr / Björnúlfr dans Bénouville (Calvados, Burnolfivilla en 1066). Noms de familles : Burnouf
  • Gunnulfr / GunnulfR ou vieux danois Gunnulf dans les Gonneville, Guenouville et Gonnetot. Noms de familles Gounouf et Gounout
  • Gunnfríðr (nom de femme) dans les Gonfreville et Mesnil-Gonfroi. Noms de familles Gonfray ; Gonfrey et Gonfroy
  • Ingulfr / IngulfR ou vieux danois Ingulf dans Ingouville et Digosville (Manche, Dingouville pour *d'Ingouville). Noms de familles Ingouf, Ygout
  • Osbern forme anglo-scandinave pour Ásbjǫrn / Ásbiǫrn dans tous les Aubertot (lieu-dit à Hattenville, Osbertot 1210), Aubermare (Lieu-dit à Veulettes, Osbermare 1234); Auberville ; Auberbosc ; Aubermesnil (sauf Auberville-sur-Eaulne et Auberville-sur-Yères qui ont pour formes anciennes Albertivilla). Noms de familles Auber sans t final (avec t final = forme populaire d'Albert)
  • Osmund forme du vieux danois, variante du vieux norrois Ásmundr / Osmundr dans tous les Omonville et Osmonville. Noms de famille Osmont; Omont ; Osmond; etc.
  • Njáll (cf. la saga de Njáll le Brûlé) dans Néville-sur-Mer, Néville et Néhou. Nom de famille Néel). Il s'agit d'un emprunt du norrois au gaélique Nial
  • Ketill ou Kætill dans Quettehou, Quettetot, Quetteville, Cretteville. Noms de familles Quétil, Quétel
  • Styrr ou vieux danois Styr (noms de familles Estur, Étur) dans Eturville (Sturvilla 1165, Manche), Etreville (Sturivilla v. 1054, Esturvilla v. 1148, Eure), latinisé en Esturus dans les textes
  • Þórgarðr / Þorgarðr ou vieux danois Thorgarth / Thorgard (nom plutôt féminin) (> nom de famille Tougard : peu représenté dans la toponymie, ferme Tougard (Tocqueville-les-Murs) et sans doute Toucard (Bosc-le-Hard, Vav. nommée Toucard 1600)
  • Þórgautr ou vieux danois Thurgot (nom de famille : Turgot) dans Turgotuit (Torgotuit 1252) sur la commune d'Ypreville-Biville (Seine-Maritime), composé avec le vieux normand thuit « essart » et dans Turgauville (Torgovilla 1215) à Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime).
  • Þórgísl / Þorgils ou vieux danois Thorgisl « otage de thor » (nom de famille Turgis, Tourgis) dans Tourgéville et Turgisville (ancien nom de Saint-Jean-de-la-Rivière). Noms de famille Sturgis / Sturges formes contractées de Fitz Turgis = Þorgilsson « fils de Turgis »
  • Þórkætill : patronymes Turquetil, Teurquetil, Turquety, Teurquetille, Truptil dans Teurthéville-Hague (Manche, Torquetevilla XIIe siècle), etc.
  • Þórlakr / ÞórlakR ou vieux danois latinisé Torlacus : (nom de famille disparu Tourlaque cf. la Rue Tourlaque à Paris) dans Tourlaville (Torlachvilla 1063 - 1066), Toulaville (Torlavilla 1198), Tous-les-Mesnil (Tourlamesnil,Toulamesnil 1328).
  • Þórsteinn très peu répandu en toponymie alors qu'il est le nom de famille normand d'origine scandinave le plus fréquent (Toutain, Tostain, Toustain), sans doute parce qu'il existe un Saint-Toutain dans la Sarthe et qu'il a été donné comme nom de baptême ! dans Toutainville, dans un lieu-dit près de Bacqueville : la pierre Toutain, Toutain signifiant précisément « la pierre de Thor », Puits-Toutain (Seine-Maritime, rue du Puits Toutain en 1586), Bois-Toutain (Le) (Seine-Maritime, Fief de Saint-Martin-aux-Arbres dit vulgairement le Bois Toustain relevant de la bar. de Saint-Gervais en 1776), le Lieu-Toutain (Calvados, Bonnebosq)
  • Thorold anglo-scandinave pour Þórvaldr (noms de famille Throude, Troude, Théroude, Thouroude, Touroude…) dans Turretot / les Trouville, Bourgtheroulde et Thérouldeville
  • Ulfr / UlfR / Úlfr ou vieux danois Ulf : (Nom de famille Ouf) dans Ouville ; par contre Oudalle contient plutôt ulfr au sens littéral de « loup » cf. Croixdalle (jadis Craudalle) formé avec crāwe (corneille, mod. crow).
  • Vígautr (vieux danois Wigot) dans le Mesnil-Vigot (Manche, Maisnillum Wigoti 1206) et Igoville (Eure, Vigovilla vers 1240), d'où le nom de famille Vigot, attesté essentiellement dans la Manche à époque ancienne. Il existe un autre foyer du patronyme Vigot en Bourgogne, mais il remonte au francique Widgaud ou plus probablement au burgonde.
  • Vímundr ou vieux danois Wemund / *Wimund : peut-être noms de famille Ymont et Vimont dans Bois-Himont (Bosco Wimont 1224), Saint-Vigor-d'Ymonville (Wimondevilla vers 1180). En revanche Ymonville (Seine-Maritime, La Poterie-Cap-d'Antifer, Witmundivillam vers 1040; Wimontvilla 1210) semble contenir le nom de personne francique Widmund(us). Le patronyme étant nettement centré sur la Normandie, il y a dû y avoir collusion entre les deux anthroponymes.

Il en existe quelques autres encore…

Noms de personne anglo-scandinaves ou anglo-saxons dans la toponymie normande[modifier | modifier le code]

noms en -a
composés avec l'élément stān (pierre)
  • Æthelstan, forme réduite Alestan dans Lestanville (Calvados) anciennement Alestanvilla 1195. cf. L'Etantot (Seine-Maritime), anciennement Alestantot.
  • Dunstan dans Dénestanville (Dunestanvilla 1142)
  • Leodstan ou Leofstan, forme réduite Lestan dans Lestanville (Seine-Maritime) et Létantot.
  • Winstan anglais mod. Winston dans Vénestanville (Wenestanvillam XIIe siècle).
composés avec l'élément man (homme) ou le scandinave maðr de même sens
  • Kirkeman dans Criquemanville, aussi Cricquemanville[46], nom anglo-scandinave
  • Floteman « viking » dans 2 Flottemanville (jadis Flotemanville, Cf. Flotmanby, GB, Yorkshire). La forme du vieil anglais est flot-mån(n) « marin, pirate ». Parait cependant emprunté au scandinave.
autres composés
  • Æðelwine ; Alwin : Alvintot, Alvimare, Alvimbuc (Alvinbusc w. d.)
  • Æðelwold : Allouville-Bellefosse (Adelolvilla vers 1050)
  • Ætting / Ættinc dans Étienville (Manche, Aitinvilla XIIe siècle, Aytinvilla 1278)
  • Baldhere dans Beautot (Baltretoth vers 1025; Baudretot 1210)
  • Bæling dans Notre-Dame-de-Bliquetuit (jadis Belinguetuith) et peut-être Belintot… (Cf. Badlingham, jadis Belincgesham GB)
  • *Blacward dans Saint-Mards-de-Blacarville (Blacuardi villa XIe siècle)
  • Calvert : Cauverville-en-Roumois (Calvervilla 1236 - 1244), etc. cf. GB Calverton, Calverhall, Calverley
  • *Culvert, variante du nom de personne norrois kilvert dans les nombreux Cuverville (Culvertvilla XIIe siècle, Culverti villam 1034, etc.), nom anglo-scandinave
  • Burning : Bournainville-Faverolles (Burnenvilla 1155), Bourneville (Burnenvilla XIIe siècle), Bonneville-sur-le-Bec (Burnencvilla 1044, attraction de l'adjectif français bonne, comme dans la plupart des Bonneville), Le Mesnil-Bonent (Mesnilum Bornenc XIIIe siècle), Bornambusc (Bornenbusc XIIIe siècle)
  • Hardekin dans Harcanville (Harkenvilla XIIe siècle)
  • Kenewald dans Canouville (Kenualdi villa 1025-26)
  • Leodgrim ou Leofgrim : Lingreville (Legrinvilla 1056 - 1066)
  • Leofred ; Levred : Linverville (Livervilla 1175)
  • Ōswid : Anvéville (Ovevillam vers 1210, Onvéville XIIIe siècle → XVIIIe siècle), issu du nom norrois Ásviðr ou vieux danois Aswith.
  • Pening, Penning dans Pénitot (Manche) [?]
  • Sæwald / Siwold dans Saumont-la-Poterie (Seiwaltmont 1043), Siouville (Seolvilla v. 1200) et Sciotot
  • *Scarding : Écardenville-sur-Eure (Scherdanvilla ar. 1055 - 1067), Écardenville-la-Campagne (Esquardenville 1327) cf. GB, Scarthingwell (Scardingwell 1202), Scredington (Scredintune, Domesday Book), peut-être basé sur l'anthroponyme vieux norrois Skarði (vieux danois Scarthi) + suffixe -ing
  • *Skelder (norrois Skialdari) : Équeurdreville-Hainneville (Sceldrevilla 1063 - 1066) cf. GB Skelderskew, Skeldergate, anglo-scandinave
  • *Snuter : Sainte-Opportune-la-Mare (Esnutrivillam 1025), Nètreville (Esnetrevilla vers 1160) cf. GB, Snitterton (Snuterton 12th C.), Sniterley (Snuterlea XIe siècle)
  • *Swartkin : Sorquainville (Soartichin villa 1032 - 1035)
  • Wivar dans Viertot / Virville (Wivarevilla v. 1210) et Vierville (Manche, Calvados, Wiarevilla 1158) (cf. Weaverthorpe, jadis Wiveretorp v. 1110, GB et Wiverton, jadis Wivreton fin XIe siècle), variante du nom de personne norrois Víðfari. Anglo-scandinave

Noms de baptême romans ou germaniques occidentaux associés à des appellatifs scandinaves[modifier | modifier le code]

Il en existe quelques-uns, mais ils sont beaucoup plus rares que les formules "nom d'homme norrois + appellatif roman". Peut-être résultent-ils du baptême d'hommes scandinaves ayant pris un autre patronyme comme Hrolfr (Rouf, Rou, Rollon), comte de Rouen, baptisé sous le nom de Robert. Il convient de distinguer ses anthroponymes germaniques de leurs hypocoristiques (diminutifs) en -o (Bero, Gero, Boso, etc.) qui n'était plus en usage à l'époque des créations toponymiques avec un appellatif scandinave

Remarque générale[modifier | modifier le code]

Certes, ces listes ne sont pas exhaustives, mais elles donnent un aperçu de l'importance de la colonisation anglo-scandinave en Normandie à partir du Xe siècle. De plus, la répartition de ces toponymes ne donne aucune idée du nombre de colons par rapport à la population autochtone. Toujours est-il que les régions du sud du pays ont toujours été peu peuplées, comparées à celles du nord ou se trouve la majorité de ces toponymes.

Le problème des noms de lieux bretons et des Bretteville[modifier | modifier le code]

Léon Fleuriot écrit que « la Normandie est particulièrement riche en toponymes bretons. Il y aurait là un sujet de recherches. On a signalé qu'autour de Saint-Samson-de-la-Roque (Pentale), nous trouvons Saint-Thurien et trois Saint-Maclou. Villers-Canivet et Saint-Pierre-Canivet dans le Calvados (Quenivetum en 1150, Kenivet en 1195) peuvent contenir l'anthroponyme vieux breton Catnimet, aujourd'hui Canevet. » [47]

Rappelons que cet auteur cherche à mettre en évidence un flux migratoire breton de la Grande-Bretagne vers la Normandie entre les IVe et VIe siècles .

Ses affirmations appellent trois remarques : d'une part, le culte de saints bretons n'implique pas une colonisation bretonne, pas plus que le culte de saints italiens (cf. Saint-Cénery-le-Gérei) ou le culte de saints irlandais (cf. Saint-Saëns) n'impliquent celles d'italiens ou d'irlandais à la même époque. Certes, les futurs saints peuvent avoir été présents, souvent individuellement, ou bien ce culte peut-il n'être lié qu'à la simple possession de reliques. D'autre part, Canivet s'explique aussi bien phonétiquement par la forme normande de chanvre, jadis aussi chanve, issu du bas-latin canava (fem.) et cannapus (masc.) suivi du suffixe -etu(m)[48],[49]. Quant à la graphie avec K, elle est souvent utilisée dans la documentation propre à la Normandie ducale, et au-delà en ancien français. Même remarque pour Carnet (Avranchin, Kerneth 1151, Chernetum 1168), qui n'est pas un nom breton isolé en Ker-, mais plus vraisemblablement un ancien *Carnate gaulois « lieu où il y a des pierres » ou un ancien *CARPINETU gallo-roman « endroit où poussent des charmes ».

On distingue bien quelques patronymes bretons à la mode (Harscouët dans Saint-Hilaire-du-Harcouët ou Meurdrac dans Courtonne-la-Meurdrac), surtout dans l'Avranchin, mais qui remontent là-encore à la Normandie ducale.

Bretteville est une formation médiévale de type Brete vil(l)e « domaine rural ou village breton ».

De nombreux auteurs identifient l'existence de ce type toponymique (9 communes ou anciennes paroisses, ainsi que de nombreux hameaux) à une colonisation bretonne sur les côtes normandes, contemporaine à celle de l'Armorique.

Léon Fleuriot[50] compte en tout 19 Bretteville, dont 4 seulement dans le Cotentin, et affirme qu'il n'y a « aucune raison de supposer une colonisation bretonne entre Bayeux et la Seine à la fin du IXe siècle ». Pour lui ils sont « en rapport avec les premières vagues de migrations bretonnes du IVe au VIe siècles » (en italique dans le texte).

Or, François de Beaurepaire constate[51] que l'on peut fixer comme dates les plus anciennes pour les toponymes en -ville de la Seine-Maritime et de la Manche, le VIIe ou VIIIe siècle (cf. ci-dessus). En outre, il fait observer qu'ils sont tous situés dans la zone de diffusion des toponymes anglo-scandinaves (tout comme les Anglesqueville et Englesqueville « domaine rural anglais » contigus)[52]. De même, le toponyme Brectouville va dans ce sens, puisque ce toponyme en -ville est généralement considéré comme composé avec l'anthroponyme scandinave *Bretakollr, sur la base de Breta- « (du) Breton ». De plus, il n'y a aucun Bretteville dans l'Avranchin, zone pourtant contiguë de la Bretagne nord (où les spécialistes discernent nettement la présence de toponymes brittoniques bien identifiés qui s'arrêtent bien en Bretagne à l'ouest du Couesnon). Ernest Nègre note[53] que l'hypothèse de François de Beaurepaire est « la plus invraisemblable » sans toutefois donner de raisons. Toujours est-il, qu'outre l'anomalie d'une datation des formations en -ville antérieurement à la fin du VIe siècle, on ne voit pas pourquoi les immigrés bretons des premières vagues qui ont touché l'Armorique, auraient systématiquement évité l'Avranchin (aussi quasiment exempt de toponymes norrois) pour ne s'installer que dans les seules zones de futur peuplement anglo-scandinave. Il s'agit donc bien plutôt d'immigrés arrivés de Grande-Bretagne avec les colons nordiques.

Il existe bien quelques toponymes qui évoquent la présence de Brittus ou de Brittanus dans la toponymie normande, antérieurs à la pénétration anglo-scandinave du IXe siècle, mais ils ne sont ni différents, ni plus nombreux qu'ailleurs en France, comme le type toponymique Brétigny Ce lien renvoie vers une page d'homonymie (cf. Brétigny, Eure, Breteni au XIIe siècle) ou Brétignolles (cf. la variante Bretagnolles, Eure, Bretegniollis vers 1210), à mettre en rapport avec la présence de Bretons en Gaule à la fin de l'Empire Romain. Le nom Brittanus a aussi été utilisé dans un composé roman en -val : Berneval-le-Grand (Seine-Maritime, Brittenevalle en 750 et 775).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Du bas latin curtis, évolution du latin classique cohors, d'abord « cour de ferme » puis « domaine rural ».
  2. Ce concept a d'abord été forgé par Jean Adigard des Gautries dans « Études de toponymie normannique, 1 : Les noms en -torp » in Études germaniques 6 (1951), p. 3-10 et « Études de toponymie normannique, 2 : Les Caudecote » in Études germaniques 8 (1953), p. 1-5, etc.
  3. Certains toponymistes ont d'ailleurs émis l'hypothèse que la fréquence de ce nom de personne a pu être renforcée par l'existence d'un anthroponyme norrois Bósi qui lui ressemble phonétiquement, mais dont le sens est tout autre. Le nom de famille Beux est fréquemment attesté dans le pays de Caux, par contre, jusqu'à époque récente les patronymes Boson, Bozon Ce lien renvoie vers une page d'homonymie et Beuzon ne semblent pas avoir été fréquemment attestés en Normandie (on ne connaît pas par exemple l'origine géographique de Nicole Bozon, écrivain considéré comme anglo-normand.
  4. Il n'y a apparemment aucun exemple de nom en -ville associé à un adjectif norrois ou vieil anglais.
  5. L'astérisque indique le caractère supposé et non pas attesté de la forme.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cantons de Valognes, Saint-Sauveur-le-Vicomte et Bricquebec
  2. François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, , 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150), p. 51.
  3. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, , 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154), p. 127 - 128.
  4. François de Beaurepaire, op. cit.
  5. Site Linuxfr.org : communes de France finissant par -ville
  6. D’après René Lepelley, cité par Jacqueline Vastel, La fondation de Cherbourg, 1998 [En ligne sur le site de la ville de Cherbourg-Octeville]
  7. Jean Adigard des Gautries & Fernand Lechanteur, « Les noms de communes de Normandie », in Annales de Normandie XIX (juin 1969), § 715.
  8. Dans Escalleclif, il s'agit plutôt du nom d'homme scandinave Skalli, puisque l'on trouve le manoir d'Escolleville à côté. Cf. François de Beaurepaire, ouvrage cité.
  9. Jean Renaud, Les Vikings et la Normandie, Éditions Ouest-France, , p. 170
  10. Frédéric Durand, Les Vikings, Paris : P.u.F., 1965, p. 38.
  11. Dominique Fournier, « l'élément -hou » in Wikimanche [1]]
  12. a et b Site du CNRTL : étymologie de mare
  13. Albert Dauzat, Jean Dubois, Henri Mitterand, Nouveau dictionnaire étymologique et historique, éditions Larousse 1971. p. 445.
  14. Ibid. p. 445.
  15. Ibid. p. 445
  16. Elisabeth Ridel, Les Vikings et les mots; l'apport de l'ancien scandinave à la langue française, éditions Errance, 2009, p. 243.
  17. Walther von Wartburg, Französisches Etymologisches Wörterbuch. Eine darstellung des galloromanischen sprachschatzes (Dictionnaire étymologique du français. Une représentation du trésor lexical galloroman), 25 vol. Bonn/Berlin/Bâle : Fritz Klopp/B. G. Teubner/Zbin, t. 16, p. 533 - 534.
  18. Marie Fauroux, Actes des ducs de Normandie n°186 in Elisabeth Ridel, op. cit.
  19. Elisabeth Ridel, op. cit.
  20. cf. Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, François de Beaurepaire, préface Marianne Mulon, Picard, 1979, Paris. P. 27 : « La formule A correspond au mode de composition déterminant + appellatif.....le formule B présente l'ordre inverse....à partir du XIe siècle elle a fait la conquête pacifique des provinces du nord de la France. » P. 31 : « A partir du XIe siècle l'emploi de l'article paraît s'être généralisé..., ainsi que le prouvent les formes anciennes...du hameau de la Mare à Sainte-Opportune-la-Mare (la Mara 1059 - 1066) »
  21. Jean Adigard des Gautries, « Les noms de lieux de l'Eure attestés de 911 à 1006 », Annales de Normandie, 1955 (lire en ligne) [2]
  22. L'héritage maritime des Vikings en Europe de l'ouest, Presses universitaires de Caen 2002. p. 364.
  23. ibid.
  24. Pierre-Yves Lambert, La Langue gauloise, édition errance 1994.
  25. Site de Nordic Names (anglais) : étymologie de l'anthroponyme Amundi [3]
  26. Nordic Names : Aghi
  27. Nordic Names : Aki
  28. Nordic Names : Api
  29. Nordic Names : Baggi
  30. Site de Nordic Names (anglais) : étymologie de l'anthroponyme Siggi [4]
  31. [5]
  32. Site de Nordic Names : Brandr (lire en ligne) [6]
  33. Charles de Beaurepaire et dom Jean Laporte, Dictionnaire topographique du département de la Seine-Maritime, Paris, 1982-1984, p. 138 (lire en ligne) [7]
  34. Site de Nordic Names : Brandi (lire en ligne) [8]
  35. ibidem
  36. site de Nordic Names : nom de personne Breiðr (lire en anglais) [9]
  37. LEGENDARISKE FORTÆLLINGER OM A PO S T L E R N E S L I V DERES KiMP FOR KRISTENDOMMENS UDBREDELSE SAMTDERES MARTYRD0D, C R. U N G E R, CHRISTIANIA, T I I Y K T H O S B. M. B E N T Z E N, 1874, p. 313, ligne 38. [10]
  38. Morgunblaðið, 11/01/2001[11]
  39. [12]
  40. Site de Nordic Names : Skarpheðinn (anglais)
  41. Jurisprudence normande: recueil des arrêts des Cours d'appel de de Rouen et de Caen, Volume 19, Collaborateurs France. Cour d'appel (Rouen), Caen (France). Cour d'appel, France, Éditeur au greffe de la Cour d'appel, 1869 id=m1UrAQAAMAAJ&pg=PA41&lpg=PA41&dq=Scobard&source=bl&ots=sXJrXr2tuu&sig=k_nbqK5WiHWjEaZnfo0VLgh-KL0&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj-kPqr69rRAhXDSSYKHYNQD3cQ6AEINzAL#v=onepage&q=Scobard&f=false
  42. Site de GENEANET : origine du patronyme Scobart (lire en ligne) [13]
  43. [14]
  44. [15]
  45. François de Beaurepaire, op. cit., p. 157
  46. « Kirkman, Kirman, Kerman: Robert Kirkeman 1230 [source Pipe Rolls, Yorkshire]; Roger le Kirkeman 1259 [source Cavalry Charters, Yorkshire]. Old Norse kirkja and Middle English man. ‘Custodian of a church’. » in The Oxford Dictionary of English Surnames.
  47. Léon Fleuriot, Les origines de la Bretagne, éditions Payot, 1980, p. 103.
  48. Ernest Nègre, op. cit.
  49. René Lepelley, op. cit..
  50. Léon Fleuriot, op. cit., pp. 102 - 103.
  51. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, éditions Picard, 1986, p. 37.
  52. Les noms de lieux anglo-saxons contenus dans la toponymie normande, Annale de Normandie 10, 1960, p. 312.
  53. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, vol. II, Librairie Droz, 1990, p. 1010.

Sources[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, , 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150)
  • François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, , 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154)
  • François de Beaurepaire (préf. Yves Nédélec), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Paris, A. et J. Picard, , 253 p. (ISBN 2-7084-0299-4, OCLC 15314425)
  • Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6)
  • René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses Universitaires de Caen, 1996 (ISBN 2-905461-80-2)
  • L'Héritage maritime des Vikings en Europe de l'ouest, Colloque international de la Hague, sous la direction d'Elisabeth Ridel, Presses Universitaires de Caen, 2002 (ISBN 2-84133-142-3)
  • Jean Renaud, Les Vikings et la Normandie, éditions Ouest-France université, 1989 (ISBN 2-7373-0258-7)
  • Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie. Dictionnaire des toponymes d'origine scandinave en Normandie, éditions OREP, 2009 (ISBN 978-2-915762-89-1)
  • Louis Guinet, Les Emprunts gallo-romans au germanique : du Ier à la fin du Ve siècle, éditions Klincksieck, 1982
  • T. F. Hoad, English Etymology, Oxford University Press, 1993 (ISBN 0-19-283098-8)
  • A. H. Smith, English Place-names Elements, 2 volumes, Cambridge, 1972
  • W. Laur, Historisches Ortsnamenlexikon von Schleswig-Holstein, Karl Wachholtz Verlag, 1992 (ISBN 3-529-02726-X)
  • Georges Bernage, Vikings en Normandie, Éditions Copernic, 1979 (ISBN 2-85984-046-X)
  • Dominique Fournier, Dictionnaire des noms de rues et noms de lieux de Honfleur, éditions de la Lieutenance, Honfleur 2006.
  • Elisabeth Ridel, Paroles de Vikings : dictionnaire des mots issus de l'ancien scandinave dans les parlers de Normandie, des îles anglo-normandes, OREP, 2012 (ISBN 2815100991)

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Nordic Names / Noms nordiques
  • Jean Adigard des Gautries, « Les noms de lieux du Calvados attestés de 911 à 1066 », Annales de Normandie, Année 1952, Volume 2, Numéro 3, p. 209-228 (lire en ligne) [16]
  • Jean Adigard des Gautries, « Les noms de lieux du Calvados attestés de 911 à 1066 », Annales de Normandie, Année 1953, Volume 3, Numéro 2, p. 135-148 (lire en ligne) [17]
  • Jean Adigard des Gautries, « Les noms de lieux du Calvados attestés de 911 à 1066 », Annales de Normandie, Année 1953, Volume 3, Numéro 1, p. 22-36 (lire en ligne) [18]
  • Jean Adigard des Gautries, « Les noms de lieux de l'Eure attestés de 911 à 1066 », Annales de Normandie, Année 1954, Volume 4, Numéro 3, p. 237-255 (lire en ligne) [19]
  • Jean Adigard des Gautries, « Les noms de lieux de l'Eure attestés de 911 à 1066 », Annales de Normandie, 1955 (lire en ligne) [20]
  • Jean Adigard des Gautries, « Les noms de lieux de l'Eure attestés de 911 à 1066 », Annales de Normandie, Année 1954, Volume 4, Numéro 1, p. 39-59 (lire en ligne) [21]
  • Jean Adigard des Gautries, « Les noms de lieux de la Manche attestés de 911 à 1066 », Annales de Normandie, Année 1951, Volume 1, Numéro 1, p. 9-44 (lire en ligne) [22]
  • Charles de Beaurepaire et Dom Jean Laporte, Dictionnaire topographique du département de la Seine-Maritime, Paris, 1982-1984. [23] in Dictionnaire topographique de la France comprenant LES NOMS DE LIEUX ANCIENS ET MODERNES [24]
  • Ernest Poret de Blosseville, Dictionnaire topographique du département de l’Eure, Paris, 1877. [25] in Dictionnaire topographique de la France comprenant LES NOMS DE LIEUX ANCIENS ET MODERNES [26]
  • Célestin Hippeau, Dictionnaire topographique du département du Calvados, Paris, 1883 [27] in Dictionnaire topographique de la France comprenant LES NOMS DE LIEUX ANCIENS ET MODERNES [28]
  • René Lepelley, « Traces des Vikings dans la toponymie actuelle de la Normandie » [article] in Annales de Normandie, Année 2002, Volume 52, Numéro 3, pp. 195-223 (lire en ligne) [29]