Bergues

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Bergues
La tour carrée de l'abbaye de Saint Winoc.
La tour carrée de l'abbaye de Saint Winoc.
Blason de Bergues
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Arrondissement Dunkerque
Canton Coudekerque-Branche
Intercommunalité Communauté de communes des Hauts de Flandre
Maire
Mandat
Sylvie Brachet (PRG)
2014-2020
Code postal 59380
Code commune 59067
Démographie
Gentilé Berguois, Berguoises
Population
municipale
3 805 hab. (2015 en diminution de 2,08 % par rapport à 2010)
Densité 2 883 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 58′ 00″ nord, 2° 26′ 00″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 22 m
Superficie 1,32 km2
Localisation

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Liens
Site web bergues.fr

Bergues est une commune française, située dans le département du Nord en région Hauts-de-France. Historiquement, la ville et ses alentours ont appartenu au Comté de Flandre et relèvent de la zone linguistique flamande.

Bergues est notamment connue aujourd'hui pour avoir accueilli le tournage du film Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon en 2008.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Bergues se situe dans le Blootland, à environ 10 km au sud de Dunkerque et 55 km au nord-ouest de Lille[1], ainsi qu'à 10 km de la frontière avec la Belgique.

Bergues est une place fortifiée par Vauban, qui peut inonder par ses écluses la plaine marécageuse où elle est située (des inondations préventives auraient ainsi été provoquées en 1573, 1646, 1793[2]) ; elle a pour ouvrage détaché le Fort Français (parfois autrefois aussi nommé Port françois), situé sur le canal de Bergues à Dunkerque, et qui, en se liant au Fort Louis, fait des deux villes un même système de défense. Bergues est traversé par le canal de la Colme qui part de Watten et va à Furnes[3].

Communes limitrophes de Bergues
Cappelle-la-Grande Téteghem-Coudekerque-Village Hoymille
Bierne Bergues Warhem
Crochte Socx Quaëdypre

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La place des zones humides et cours d'eau (Watringue) à Bergues et dans la communauté de commune fait de cette sous-région un lieu important pour la trame bleue, et la trame verte et bleue du Nord-Pas-de-Calais, ainsi que pour les corridors de migration aviaire[4].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Climat du Nord-Pas-de-Calais.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Bergues est reliée à l'autoroute A25 (Dunkerque-Lille).

Elle abrite également une gare SNCF desservie par des TER Nord-Pas-de-Calais sur la ligne Arras-Lens-Béthune-Hazebrouck-Dunkerque.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

On y fait allusion en 857 sous le nom de Gruono(m)bergou qui devient Groen Berg en 877, Bergan en 944[5].

Le nom de la ville vient du néerlandais groene berg qui signifie « colline verte »[6].

Le nom se dit Sint-Winoksbergen en néerlandais[7] (littéralement « Monts-Saint-Winoc »), et Bergen en flamand occidental.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bergues a eu une riche histoire, une place politique longtemps importante, avant que le développement de Dunkerque ne l'éclipse quelque peu. Ce passé glorieux se marque entre autres par le passage par la ville de nombre de personnages illustres tout au long de son histoire.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Sous l'Empire Romain, ce qui sera la ville de Bergues faisait partie de la Gaule belgique et était habitée par les Ménapiens.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Selon la légende, Winoc (ou Winox), fils de roi breton (c'est-à-dire de Grande-Bretagne selon François-Joseph Grille), accompagné de trois amis anglais, aurait été envoyé par Saint Bertin évangéliser les cantons maritimes, alors souvent des marais[8].

Winoc se serait retiré entre 665 et 675 avec quelques compagnons sur le « Groenberg (Le mont vert) », une colline isolée en bordure des anciens marais côtiers.

Héremard (ou Heremare), seigneur de Wormhout, serait allé voir Saint Bertin pour y donner des possessions en novembre 695. Il y exprima son souhait d'élever sur ses domaines un monastère et un hospice pour les pauvres, malades et pèlerins. Il obtint de Saint Bertin que Winoc vienne diriger l'établissement de Wormhout. Winoc en devint le 1er abbé et y décède en 717[9]

Le cartulaire de saint Bertin, écrit par les moines de l'abbaye de Sithiu à partir du VIIe siècle (actuellement Saint-Omer) mentionne que Bergues était jadis appelée le « Mont Baal », ce qui pourrait dénoter l'existence d'un culte païen antérieur à l'installation de religieux chrétiens. Baal aurait été une divinité invoquée aux sommets des collines.

Vers 800, sur une carte de Malbrancq qui représente la partie orientale du delta de l'Aa, le village Grunberga (Bergues) est indiqué, entouré de Burgus in broco (Bourbourg), Ecclesia in broco (Brouckerque), Saint-Wilbrordi (Gravelines), Koudekerke (Coudekerque-Village), Spikere (Spycker) ou Loo berga (Looberghe)[10].

Vers 900 ou dans la deuxième moitié du IXe siècle, alors que les Normands commençaient leurs incursions dans cette région, le comte de Flandre Baudouin II le Chauve y construisit une fortification primitive (Berg-Saint Winox, ou Mont Saint Winoc) et y fonde une église dédiée à Saint-Martin et Saint-Winoc sur le lieu de l'ancienne chapelle de Winoc. Il y fait déposer en 910 (ou 902[11]) le corps de Saint-Winoc, les moines survivants de Wormhout s'y installent et il donne le nom de Saint-Winoc au bourg qui se développe à proximité[12]'[11]. Le Comte de Flandres multiplie les donations à l'église et le culte de Saint-Winoc commença à se répandre, notamment lors de neuvaines réalisées sur place[11]. Selon la légende, des miracles eurent lieu, dont une jeune fille tombée dans la Colme qui réapparut saine et sauve lorsqu'on plaça la châsse du saint dans un cercueil de plomb sur la rivière[13].

La ville sera attaquée et prise par les vikings en 918 et 928, les fortifications rétablies en 931 ou 932 par Everard, châtelain et vicomte de Bergues, puis de nouveau détruite en 942[14].

Baudouin III de Flandre, dit Baudouin le jeune, fortifie (murailles en terre, fossés) de nouveau Bergues, Furnes, Ypres, Bruges, Bourbourg, en 958. Il meurt à Bergues en 961 et sera enterré dans l'abbaye de Saint-Bertin de Saint-Omer[15].

Plus tard, vers 1022, le comte Baudouin IV le Barbu, réforme les chanoines de Saint-Martin aux mœurs dissolues, les chasse, fait venir des bénédictins de Saint-Omer et érige l'abbaye Saint-Winoc sur les cendres laissées par les normands, lui donne les biens des chanoines de Saint-Martin et le village de Wormhout et y fait déposer les ossements du saint[15]. L'église des chanoines devient une simple église paroissiale.

La châtellenie de Bergues daterait de cette époque[16]. Folcran, Châtelain de Bergues participe en 1096 à la première croisade. Son nom figure dans la 1re salle des croisades du château de Versailles.

Lors de l'affrontement en 1071 entre Robert Ier de Flandre, dit Robert le Frison, et Richilde de Hainaut pour la possession du Comté de Flandres, Bergues comme la plupart des villes flamandes prend parti pour Robert[17]. Celui-ci érige à Bergues qui s'est développée une seconde paroisse dédiée à Saint-Pierre[16].

En 1072, Philippe, deuxième fils de Robert Ier de Flandre dit Robert le Frison, meurt à Bergues suite à une chute et sera enterré à Saint-Winoc[18].

Un incendie (les maisons sont en bois, les toits en chaume, les rues étroites, tous facteurs qui favorisent les incendies jusqu'à la construction des bâtiments en pierre ou brique, bien plus tard) ravage la ville et l'abbaye de Saint-Winoc en 1083. Entre 1123 et 1125, Bergues connait la famine, le Comte Charles le Bon secourut les pauvres, et un nouvel incendie[18].

En 1150, Baudouin, fils aîné du Comte de Flandres Thierry d'Alsace meurt à Bergues[19].

En 1206, Bergues est assiégée par une faction flamande opposée à Mathilde de Portugal, veuve de Phillippe d'Alsace Comte de Flandre (affrontement entre les Ingrekins soutenus par Mathilde et les Blavoetins; ceux ci viennent assiéger Bergues qui fait partie du douaire de Mathilde). Les assiégeants menés par Herbert de Wulveringhem et Walter d'Hondschoote sont écrasés par les partisans de Mathilde sous les murs de Bergues[20].

Bergues est de nouveau ravagée par des incendies en 1212-1215, les manufactures de toile et de serge florissantes sont détruites[20].

En 1240, la ville de Bergues obtient, en même temps que Bourbourg, une « keure » (charte, c'est-à-dire un ensemble de lois, établi en accord avec le comte et les échevins, ancêtres des conseillers municipaux) du Comte Thomas de Savoie (Thomas II de Piémont) et de la comtesse Jeanne de Flandre[10], donnant ainsi à la ville un élan supplémentaire. Cette charte sera confirmée en 1406 par Jean Sans Peur, Duc de Bourgogne et Comte de Flandre[21].

En 1250, Giselbert de Bergues accompagne Saint Louis dans la septième croisade, se retrouve captif avec lui, de même que Guillaume châtelain de Saint-Omer et ils participent à payer la rançon demandée pour qu'ils retrouvent la liberté[22].

Le châtelain de Bergues est l'un des héros du Tournoi de Chauvency qui eut lieu en 1285. Le trouvère Jacques Bretel raconte ses exploits lorsqu'il est aux prises avec Joffroi d'Âpremont, pendant la mêlée générale qui opposa plus de 500 chevaliers venus se mesurer lors de ces fêtes et jeux guerriers. Le châtelain se trouve en compagnie des seigneurs de Hondschoote, Haussy, Fléchin, Ligne, Lalaing, Montigny, Auberchicourt, ainsi que du fils du comte de Flandres, et du fils de Jean d'Avesnes, Florent de Hainaut.

Guy de Dampierre, fils de Marguerite de Constantinople, rassemble, sous la pression du roi de France, en 1286 à Bergues Saint-Winoc les délégués des villes et pays de Flandre pour leur faire approuver la Paix de Melun signée en 1225 entre la Flandre et la Flandre (paix survenant après la défaite de la Flandre lors de la bataille de Bouvines) en présence des envoyés du Roi de France, Philippe IV le Bel. Cette approbation les amène à s'engager à prendre le parti du Roi si le Comte ne respectait pas les dispositions du traité. Ce Comte de Flandre, conscient que la guerre avec la France pouvait reprendre, fortifie de nouveau Bergues[23]. En 1297, Philippe le Bel entre en Flandres, les français remportent la bataille de Furnes, le châtelain de Bergues qui tenait pour les français, livre la ville sans combattre, ce qui vaut à Bergues de voir le Roi lui confirmer la même année ses anciennes franchises mais lui imposer de verser une rente annuelle[24]. Philippe le Bel visite Bergues lors de sa tournée en Flandre en 1301 et il ordonne des réparations pour renforcer ses défenses[25].

XIVe siècle-XVe siècle[modifier | modifier le code]

An début du XIVe siècle, Bergues se retrouve partie prenante dans l'opposition de la Flandre à la volonté de main-mise de la France, l'incarcération du Comte Guy de Dampierre, à la confiscation du Comté de Flandre et à l'autorité mal supportée du représentant du Roi Jacques Ier de Châtillon.

La Flandre se révolte dès 1301. Les français subissent en 1302 deux défaites : les Matines de Bruges, et la bataille des Éperons d'Or à Courtrai. Bergues gardée par un gouverneur français avec une forte garnison est assiégée par Guillaume de Juliers (Guillaume de Juliers). La population favorable à la cause flamande favorise la prise de la ville, le gouverneur français dut s'enfuir[26]. Pendant l'année 1303, les escarmouches plus ou moins meurtrières se poursuivent : les flamands gagnent un affrontement à Pont à Vendin mais sont vaincus ensuite par les Audomarois : 1000 berguois des milices de Bergues figurent parmi les victimes flamandes[27]. L'épisode se conclut par la victoire française lors de la bataille de Mons-en-Pévèle en 1304 et le traité d'Athis-sur-Orge en 1305.

En 1325, Bergues fait partie des opposants menés par la ville de Bruges au nouveau Comte Louis de Nevers (Louis Ier de Flandre). L'affaire se termine par la bataille de Cassel de 1328, où les flamands sont écrasés par le Roi de France Philippe VI de Valois, venu porter secours à Louis de Nevers. L'intercession de Nicolas abbé de l'abbaye des Dunes évite à Bergues le pillage par les Français[26].

À cette époque, en 1326, les documents disponibles montrent que la châtellenie de Bergues ne dispose pas de sceau communal et qu'elle utilise celui de la commune de Bergues pour authentifier un acte, le sceau communal pouvant se prêter[28].

Par la suite, la ville est prise dans les tourments de la Guerre de Cent Ans.

La ville de Bergues est encore retrouvée au côté des flamands et des français cette fois en 1340, sous Guillaume van Artevelde, au siège de Tournai ou encore au siège de Saint-Omer[26]. Celui-ci est mené par Robert III d'Artois, prétendant au Comté d'Artois, il se conclut par un échec[29].

Le 1er mars 1347, ont lieu à l'abbaye Saint-Winoc, les fiançailles du Comte Louis II de Flandre également connu sous le nom de Louis de Male, avec Isabelle, fille du Roi d'Angleterre , Edouard III, lequel compte sur la Flandre dans son opposition au Roi de France. Le Roi et la Reine d'Angleterre y assistent ainsi que les grands seigneurs de la Flandre. Louis de Male qui n'a accepté que sous la pression de la ville de Gand, s'enfuit dès que possible vers Paris afin d'éviter la conclusion du mariage et il épousera finalement Marguerite, fille du Duc de Brabant (Marguerite de Brabant)[26].

Louis de Male revient à Bergues le 30 août 1350 pour se faire reconnaitre Comte de Flandres par les notables flamands. Il promet à la ville de respecter et faire respecter ses privilèges[26].

En 1381-1382, les représentants des châtellenies de Bergues, Cassel, Bourbourg sont tentés un temps de rejoindre Philippe van Artevelde, leader de Gand, en guerre contre Louis de Male. À l'arrivée des français de Charles VI Roi de France, venu soutenir le Comte, ils se rangent derrière ce dernier et font ainsi partie des vainqueurs lors de la bataille de Roosebeke où les flamands révoltés sont écrasés[30].

En 1383, les français mettent la ville à sac dans le cadre de la Croisade d'Henri le Despenser : la ville prise d'abord par les Anglais arrivés en Flandre est ravagée par les Français à la suite du repli anglais, quelques édifices restèrent debout dont l'abbaye de Saint-Winoc, le couvent des Dominicains, l'église Saint-Martin[26]'[31].

L'année suivante, le Duc de Bourgogne Philippe II de Bourgogne, dit Philippe le Hardi, Comte de Flandre par son mariage avec Marguerite III de Flandre, fille et héritière de Louis de Male, restaure la ville, fait revenir les habitants réfugiés à Saint-Omer et confirme ses privilèges. Les fortifications sont refaites au début du XVe et financées au moyen de taxes spécifiques[32]. La ville et l'abbaye de Saint-Winoc favorisées par le Duc et ses successeurs purent se développer[33].

En 1470, le Duc Charles II de Bourgogne ( II de Flandre ) dit Charles le Téméraire, prête le serment de Comte de Flandre à Bergues[34].

En 1486, c'est au tour de l'Archiduc d'Autriche Maximilien (Maximilien Ier ), Comte de Flandres par son mariage avec Marie de Bourgogne, fille et héritière du Duc de Bourgogne et Comte de Flandres Charles le Téméraire, de venir à Bergues pour se faire reconnaitre Comte de Flandres. Quelques années plus tard, en 1509, il accorde à Bergues le droit de tenir une franche foire (foire ou marché avec exemption de certains droits et taxes ce qui favorise le succès de cette manifestation). Cette décision va contribuer à assurer le développement économique de Bergues[35].

Bergues connait un nouvel grand incendie en 1494[36].

La Cité marchande[modifier | modifier le code]

La proximité de la mer, d'une région agricole et de la présence d'un centre spirituel important tel que l'abbaye ont stimulé la croissance de la ville. L'indépendance administrative a trouvé son expression dans le beffroi dont la construction a été autorisée par le comte en 1240. Les comtes flamands ont également renforcé les fortifications de tours. Les personnes qui gèrent la ville sont appelées le Magistrat.

Bergues devint un port et un centre textile d'importance régionale et produit, à partir de 1276 son propre marché de laine. Au cours des siècles suivants elle produit également 2 marchés d'étoffes et de toiles très courus. Au XIe siècle, la ville possède un atelier monétaire et au XIIIe siècle, elle fait partie de la Hanse de Londres et, ses métiers à tisser battant avec entrain, ses marchands tentent le grand commerce.

La situation défavorable à la frontière avec la France ennemie n'a pas eu véritablement d'influence économique, bien que la guerre soit manifeste dans l'histoire de saint Winoksbergen cf, mise à sac de 1383 déjà citée ; en 1494, le coq rouge a crié au-dessus du centre.

Un des plus importants moyens de défense de Bergues, outre ses fortifications fut la possibilité d'inonder les alentours en manœuvrant les écluses ou autres moyens de régulation des marais (des inondations préventives auraient ainsi été provoquées en 1573,1646, 1793[2]) cf.Watringue.

Les échanges se font longtemps par voie d'eau en raison du mauvais état des routes pendant des siècles  : une barque, capable d'emporter marchandises et voyageurs, tractée par des chevaux utilisant le chenin de halage le long des rivières, relie Bergues à Saint-Omer sur la Colme, deux fois par semaine, une autre quotidienne assure la liaison Bergues-Dunkerque[37].

La prospérité de Bergues est également liée à l'obtention par ses suzerains d'une franche foire (foire où les vendeurs et acheteurs sont exonérés de certaines taxes d'où le nom de franche) en octobre pendant une durée de 9 jours et d'un marché hebdomadaire le lundi[38]

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Aux XVIe et XViIe siècles, Bergues comme toute la Flandre, sera prise dans l'affrontement entre la France et la Maison d'Autriche puis l'Espagne, devenus Comtes de Flandres, après les Ducs de Bourgogne.

Elle reçoit la visite de Philippe IV le Beau en 1500, et encore la visite de Charles Quint en 1549, après avoir reçu en ses murs sa sœur Marie de Hongrie , gouverneure des Pays-Bas espagnols en septembre 1534. Le 27 juillet 1549, Charles Quint vient donc à Bergues pour un double motif : voir le nouvel hôtel de ville dont il avait autorisé la reconstruction en 1541, le bâtiment abritant également entre autres une prison, et surtout pour y faire reconnaitre son fils Philippe II (Philippe II (roi d'Espagne)) en tant que Comte de Flandres. Le lendemain, l'empereur et son fils continuèrent leur tournée effectuée dans ce but en se rendant à Dunkerque, à Gravelines, Bourbourg, avant de gagner Saint-Omer[39].

En 1554, l'abbé de Saint-Winoc est présent à la réception dans la cathédrale de Saint-Omer des chanoines fugitifs de Thérouanne rasée sur ordre de Charles-Quint en 1553. De par la disparition de l'évêché de Thérouanne à cette même date, Bergues est rattachée à l'évêché d'Ypres[40]

Le 4 juillet 1558, Bergues subit le passage du Maréchal de Thermes (Paul de La Barthe de Thermes) à la tête des troupes françaises : la France a repris Calais en 1558 aux Anglais, alliés de Charles Quint, et depuis cette base, le Maréchal mène une expédition en Flandres : il prend Dunkerque, puis après un siège de deux jours, Bergues. Comme partout lors de cette équipée, les Français pillent et ravagent : la ville est incendiée et l'abbaye de Saint-Winoc n'est pas épargnée[41]. L'affaire se terminera par la bataille de Gravelines où les français sont battus.

Bien qu'aux mains des français, Bergues sera rendue à l'Espagne par le traité du Cateau-Cambrésis du 3 avril 1559. Le nouveau Comte de Flandre Philippe II, fils de Charles Quint la fortifie de nouveau. Bergues connait quelques années de prospérité (draps, serge...)[42].

En 1566, Bergues est au cœur des violentes manifestations iconoclastes (Furie iconoclaste), nées du développement du protestantisme, qui s'acharnèrent sur les objets de culte catholique. Par deux fois, en 1566 et 1578, la ville reçoit la visite d'iconoclastes fanatiques[43].

En 1570, Bergues participe aux débats tenus par les flamands, outrés de la dureté de la main mise espagnole, des excès de l'Inquisition et de la répression anti protestante, qui conduisirent à vouloir s'affranchir de cette tutelle, ce qui amena la Guerre de Quatre-Vingts Ans, également appelée révolte des Pays-Bas[44].

La France ne reste pas inactive et cherche à profiter de cette situation pour reprendre des territoires à l'Espagne : en 1579-1580, pour éviter une destruction par les français, Bergues se met sous la protection de la France[44].
Dans ce contexte, Bergues est assiégée en 1583 par Alexandre Farnèse, duc de Parme, qui agit pour les Espagnols et qui la prend. Bergues reste donc à l'Espagne. Le roi d'Espagne, Philippe II, a permis sa reconstruction (un acte qui détermine fortement encore à présent l'aspect de Bergues) et fait reprendre ses fortifications et en 1586 a rétabli ses privilèges en même temps qu'il fusionnait en un seul organisme la ville et la châtellenie, dirigées désormais par un seul "magistrat" au lieu de deux entités séparées auparavant[45]. Cette fusion correspondait à une demande de la ville, la châtellenie y étant opposée; Bergues connut cette évolution à la même époque que Furnes[45]. Selon Henri Piers, la ville reçut ses armoiries à cette date[46].

La ville conserve néanmoins une fonction administrative et juridique, et reste un centre spirituel florissant. Elle loge une garnison. L'implantation de familles nombreuses dans de magnifiques maisons de maître en a été une conséquence. Le port sur la Colme a pu héberger à ce moment-là 40 à 50 navires, reliés à la mer par le canal de Bergues. [réf. nécessaire]

Le XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

La ville arme en 1623 et 1624 des navires de guerre, dont un mené par Jacques Colaert, corsaire dunkerquois[47].

La région de Bergues est ravagée par la peste en 1635, et l'année suivante par une "fièvre noire"[48].

Mais ce siècle est aussi celui de nouveaux affrontement entre la France et l'Espagne pour la maîtrise de la région. Le 30 juillet 1646, Bergues est assiégée et prise par les français menés par Gaston Duc d'orléans (Gaston de France) qui y nommèrent comme gouverneur le Maréchal de Rantzau (Josias Rantzau)[49].

L'Espagne profite des années troubles de la Fronde en France pour reprendre l'avantage et les villes perdues dont Bergues en octobre 1651[50].

Bergues au XVIIe siècle (par Antoine Sandérus dans Flandria Illustrata - 1641)

Les armées de Louis XIV reprennent la ville en 1658 (bataille des Dunes remportée par Turenne). Dans le même temps Dunkerque devient anglaise. La possession anglaise recouvre non seulement la ville de Dunkerque mais aussi des territoires dont certains jusque là relevaient de la châtellenie de Bergues (voir ci-dessous) : Mardyck, Grande Synthe, Petite Synthe, une partie d'Armbouts-Cappel, Cappelle la Grande, une partie de Coudekerque, Téteghem, Uxem, Ghyvelde, Leffrinckoucke, Zuydcoote. En 1662, Louis XIV racheta ce territoire aux Anglais. Les communes dépendant de la châtellenie de Bergues comprises dans ce territoire deviennent donc françaises alors que le reste de la châtellenie reste espagnol[50].

Le traité des Pyrénées du 7 novembre 1659 rend Bergues à l'Espagne, les français en sortent le 3 mars 1660, pour quelques années[50].

La France reprend Bergues en 1667. La ville est définitivement rattachée à la France par la paix d'Aix-la-Chapelle en 1668.

À cette date, la châtellenie de Bergues contient 30 paroisses : Armbouts-Cappel, Bambecque, Bierne, Bissezeele, Brouckerque, Capelle, Coudekerque, Crochte, Esquelbecq, Ghyvelde, Herzeele, Hondschoote, Houtkerque, Hoymille, Killem, Leffrinckoucke, Looberghe (en partie), Oost-Cappel, Pitgam, Quaëdypre, Rexpoëde, Socx, Spycker, Steene, Téteghem, Uxem, Warhem, West-Cappel, Wormhout, Wylder. Ces paroisses relevaient toutes du diocèse d'Ypres, sauf Brouckerque, Pitgam et Spycker qui dépendent du diocèse de Saint-Omer[10]. Mais une partie d'entre elles sont incluses désormais dans le territoire de Dunkerque (voir ci-dessus).

Le 28 mai 1670, Bergues reçoit la visite du Roi soleil lors de sa tournée d'inspection en Flandres. Il accorde à la ville un marché franc (marché avec réduction des droits perçus sur les commerçants pour faciliter le commerce) hebdomadaire le lundi[51]. Il y revient en avril 1677 après avoir signé la capitulation de Saint-Omer à Thérouanne[52]

Le fort François proche de la ville est pris par Vauban, qui sera nommé plus tard commandant de Bergues[52], en 1676[53], qui revoit largement les fortifications de Bergues en 1679. La ville se voit confirmé le droit d'avoir des armoiries qui sont proches de celles d'aujourd'hui : "d'argent au lion de sable, au champ parti, coupé et fascé de sable, au 1er canton d'or au lion de sable et à al bordure de gueules"[51].

La paix rétablie, Bergues pourra continuer de prospérer.

Le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Blason de la Châtellenie de Bergues en 1696 par Charles d'Hozier[54]

En 1701, la châtellenie de Bergues compte 12 893 habitants (contre 37 969 à Cassel et 13 084 à Bailleul)[10].

La paix revenue, la ville ne doit plus compter qu'avec les aléas du climat ou des épidémies : un hiver très rigoureux en 1740, où il gela fortement quasi sans interruption du 6 janvier au 7 mars, le grain mourut en terre, la population connut la misère en raison d'une forte hausse du prix du blé; en 1744 , une épizootie frappe la châtellenie et provoque une forte mortalité du bétail[55].

Bergues, qui abritait en 1714 sept cent quatre-vingt-six maisons et trois mille cent soixante-quinze habitants, est restée le chef-lieu d'une châtellenie jusqu'à la Révolution, celle ci ayant aboli toutes les anciennes circonscriptions ou divisions du territoire.

Le 22 juin 1741, Bergues reçut en grande pompe un membre de la famille royale Louis-Philippe d'Orléans, duc de Chartres, accompagné de toute une suite, venant d'Ypres et se rendant à Dunkerque. L'équipage passa la nuit à l'abbaye de Saint Winoc[56].

Est également signalée la visite le 27 novembre 1754 de l'intendant des Flandres, représentant du Roi, avec son épouse. Ils passèrent la nuit à Saint-Winoc. Comme à chaque passage de notabilité, la ville était parée pour l'occasion[56].

En 1763, deux navires, l'un de Nantes, l'autre de Rotterdam arrivant de la mer parvinrent jusqu'à Bergues sans rupture de charge à Dunkerque, en utilisant le canal de Bergues. Cette possibilité représentait une ancienne revendication de la ville combattue par Dunkerque qui voyait le danger de cette rivalité. Cette situation ne dura qu'une vingtaine d'années : en 1788, une ordonnance de l'intendant de Flandres interdit la navigation maritime de Bergues à l'océan : Dunkerque développée par Louis XIV pour en faire une grande base maritime et une ville portuaire avait définitivement gagné la partie dans la longue compétition entre les deux villes[57].

Une épizootie frappe le canton de Bergues en 1770[58].

Le 19 juillet 1774, ce fut au tour du Roi Louis XV de faire un bref passage par Bergues, il descendit la Colme pour se rendre à Saint-Omer[56].

Les années suivantes, Bergues fut encore visitée par des membres de la Cour royale : en juin 1775, le Comte d'Artois futur Roi sous le nom de Charles X, en juillet 1788 le Prince de Condé (Louis V Joseph de Bourbon-Condé) avec son petit-fils[59].

Dans les années précédant la Révolution française, furent signalés à Bergues de légers tremblements de terre sans grandes conséquences : en 1756, 1760, 1776[59].

La Cour féodale ou Perron de Bergues[modifier | modifier le code]

Sur Bergues se trouvait également une particularité, la Cour féodale (seigneurie faisant partie du domaine du Roi) appelée le Perron de Bergues. Etroitement imbriquée avec la châtellenie, elle ne dépendait pas de cette dernière. En 1350, Louis de Male, lors de sa venue à Bergues, régla son fonctionnement[60]

Elle s'étendait sur plusieurs paroisses faisant partie de la châtellenie ou relevant de la châtellenie de Cassel, et englobait :

- la prévôté de Saint-Donat, appartenant à l'évêque de Bruges possédant des domaines sur Bissezeele, Looberghe, Killem, Hondschoote, Warhem, Quaedypre, Wylder, Téteghem, Uxem, Wormhout.

- la seigneurie et baronnie d'Esquelbecq.

- la seigneurie de Ledringhem appartenant au baron d'Esquelbecq.

- la seigneurie d'Hondschoote.

- la seigneurie d'Houtkerque.

- la seigneurie de Pitgam.

- la seigneurie de Caple à West-Cappel.

- deux seigneuries sur Bambecque dont une appartenant au chapitre de Saint-Omer.

- la seigneurie de l'évêque d'Ypres sur Herzeele.

- la seigneurie et la prévôté de Saint-Winoc à Wormhout ainsi que deux autres seigneuries sur la même paroisse.

- la seigneurie d'Aring à Wylder.

Il faut rappeler que les seigneuries étaient de taille très variable à l'époque, parfois très petites et ne donnant pas toujours droit à un titre de noblesse, mais cet enchevêtrement de pouvoirs conduisait inévitablement à des conflits incessants entre les différentes parties prenantes, chacune cherchant à défendre ou étendre ses prérogatives[61].

L'enseignement primaire à Bergues avant 1789[modifier | modifier le code]

  • À la date du 28 août 1545, deux écoles fonctionnent à Bergues : l'une tenue par Liévin Boone, l'autre par Me Maillart Maertens, prêtre. À cette date, ils eurent un procès au sujet des 5 patars par an, pour chaque enfant qu'on instruisait, et qui devaient, depuis un temps immémorial, être payés au maître d'école. La sentence, prononcée par le Conseil ecclésiastique d'Ypres, le 21 novembre 1545, condamne Me Martens à payer les 5 patars au sieur Boone.
  • 28 août 1587 : École des filles, dite Dyserinscoole (école d'Iserin), pour laquelle dame Paschalie Walleux, veuve de J. Maertens, fait une donation de 12 livres de gros, à la condition que les anciens statuts de la fondation ne seront jamais changés qu'avec l'agrément des deux curés et du Magistrat de Bergues. Delle L. Van der linde, femme de de P. de Conninck, y fonda cinq bourses, pour trois filles de Cassel et deux de Bergues, qui devaient rester à l'école jusqu'à dix-huit ans; Anne Looten la dirigeait en 1786. On y apprenait aux filles la couture et la filature. Elle existait encore en 1789 et disparut au XIXe siècle.
  • École des pauvres, fondée, en 1620, par Ch. Jansoone, curé de Saint-Martin. Une ordonnance du Magistrat, du 30 septembre 1624, prescrit aux Administrateurs de la Pauvre-École de restituer partie de la collecte faite par eux au-delà de l'autorisation. En 1651, un décret royal porte que celui qui aura accepté les fonctions de boursier ou de receveur de cet établissement, devra les remplir pendant au moins 3 ans. À cette date, les élèves étaient au nombre de 80.
  • École du Pauvre Catéchisme, fondée en 1685, dirigée par le curé de Saint-Pierre de Bergues. Quelques particuliers y fondèrent des bourses pour quelques élèves.
  • École flamande appelée Hoogeschoole, fondée le 17 mars 1752, (ou en 1511[36]?) par Winoc Kien ; on y apprenait gratuitement, à épeler, lire, écrire, les principes de la religion et des bonnes mœurs, sous la direction du Magistrat.
  • École française, ouverte en 1781. À cette époque le sieur Quévreux dirigeait l'école[62].
  • Séminaire De Cupère : fondé en 1583 (ou en 1601[63]?) par Pierre de Cupère, greffier-pensionnaire de la ville et châtellenie de Bourbourg, qui lui donna son nom. Il fonda en même temps 40 bourses pour les étudiants pauvres se destinant à l'état ecclésiastique.
  • Séminaire Van den Bush : fondé en 1620 par Charles Van den Busch, curé de Saint-Pierre de Bergues.
  • Collège des jésuites : créé en 1600 par les archiducs Albert (Albert d'Autriche) et Isabelle (Isabelle-Claire-Eugénie d'Autriche), il reçut les biens de l'hôpital de La Madeleine pour sa fondation; on y enseigne les humanités. Il rivalisait avec celui de Saint-omer. Les jésuites furent renvoyés de Bergues comme de toute la France en 1764. Le magistrat de Bergues assura la continuité du collège en le prenant en mains[64]. Avant 1789, le collège comptait 120 élèves, ainsi qu'une académie de dessin et de peinture et une école de musique, la seule du Nord[65].

Édifices religieux à Bergues avant 1789[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution française, Bergues comptait 10 édifices religieux : deux églises paroissiales (Saint-Martin et Saint-Pierre), deux abbayes (Saint-Winoc et les filles de Saint-Victor, abbaye appelée le nouveau cloître), cinq couvents (dominicains, capucins, capucines-pénitentes, annonciades, sœurs noires), un ermitage[66].

  • L'église Saint-Martin, dans le centre historique, fondée au Xe siècle par le Comte de Flandre Baudouin le Chauve, rebâtie au XVIIe.
  • L'église Saint-Pierre fondée en 1073 par Robert le Frison, d'abord une chapelle puis une église paroissiale reconstruite en 1563 et qui était le lieu de sépulture des seigneurs de Coudecasteele en Coudekerque.
  • L'abbaye de Saint-Winoc.
  • La maison des templiers : ceux-ci possédaient une maison à Bergues, elle fut détruite après la suppression de l'ordre en 1312[67]
  • L'abbaye des filles de Saint-Victor, fondée par Marguerite de Constantinople, Comtesse de Flandres, et le seigneur de Spycker, en 1248[22], suivait la règle de Saint-Augustin, adoptée en 1420[68], située d'abord hors la ville, incendiée en 1383 lors de l'épisode de la Croisade d'Henri le Despenser, intégrée à la ville après cet évènement, reconstruite en 1761 d'où son nom de nouveau cloître, fermée le 31 septembre 1793.
  • Le couvent des Capucins, religieux appelés à Bergues en 1611 par Pierre de Cupère, greffier pensionnaire de la ville et châtellenie de Bourbourg, monastère construit en 1612, les moines suivant la règle de Saint-François, vivant d'aumônes, prêchant la foi. En 1731, se tint dans le couvent le chapitre général de l'ordre. Le couvent fut démoli en 1791.
  • Le couvent des Dominicains, moines également appelés frères-Prêcheurs de l'ordre de Saint-Dominique, fondé par Marguerite de Constantinople, Comtesse de Flandres en 1240. Leur mission était de prêcher l'Evangile, d'où leur nom. Dans le couvent se trouvait le tombeau de Maximilien de Cupère, écuyer, époux de Charlotte de Wintère. Couvent détruit en 1791.
  • Le couvent des Capucines pénitentes, du tiers ordre de Saint-François, fondé en 1620 par François Durant de Bergues, les sœurs vivant cloîtrées.
  • Le couvent des Annonciades ou sœurs grises, du tiers ordre de Saint-François, créé par Jeanne de France, femme du Roi Louis XII, les religieuses vivaient cloîtrées, démoli en 1792.
  • Le couvent des sœurs du Rosendaël ou Sœurs noires de l'ordre de Saint-Augustin, fondé par Philippe de Haverskerque, doyen de chrétienté et curé de Saint-Martin de Bergues en 1480, les religieuses soignaient les malades[69]. Selon Henri Piers, ce curé aurait fondé le couvent des Soeurs grises et non celui des Soeurs noires[70]

À cela s'ajoutaient plusieurs hôpitaux ou hospices, établissements charitables généralement tenus par des religieuses :

  • L'hôpital Saint-Jean, fondé par Marguerite de Constantinople Comtesse de Flandre et Guy de Dampierre son fils[23], en 1251, dirigé par les chanoinesses religieuses de l'ordre de Saint-Augustin, recevait les pauvres malades de la ville.
  • L'hôpital Saint-Jacques, asile pour vieillards, existait déjà en 1480, supprimé en novembre 1789.
  • L'hôpital-léproserie de la Madeleine, situé à l'extérieur de la ville, existait déjà en 1236, placé sous la protection du Pape par Innocent IV le 19 septembre 1246, administré par un gouverneur sous la surveillance du magistrat de la ville, supprimé en 1619, ses biens furent donnés aux Jésuites.
  • L'hôpital militaire, construit en 1568, financé par une taxe spécifique sur la bière, desservi par des religieuses, le médecin et le chirurgien étant nommés par la ville, soignait les soldats qui disposaient également d'un cimetière particulier, abandonné au début du XIXe siècle. Louis XIV confirma sa destination d'hôpital militaire[71]
  • La gouvernance des pauvres qui portait assistance aux pauvres.
  • Le Mont de piété, crée en 1629 par Wenceslas Cobergher, qui assécha les Moëres, succédait au Lombard ou la table de prêt, créé en 1460, encore en activité au XIXe siècle[72].

Les confréries[modifier | modifier le code]

Sont appelées confréries des regroupements libres de personnes, généralement des bourgeois de la ville, se rassemblant pour des activités communes. Elles étaient très fréquentes en Flandre et peuvent être retrouvées dans de nombreuses villes.

  • Confrérie de Saint-Georges : existait déjà en 1654, société d'arbalétriers.
  • Conférie de Saint-Sébastien : antérieure à 1446, société d'archers. Le Duc de Bourgogne Philippe II de Bourgogne, dit Philippe le Hardi, confirme ses privilèges (ex : droit d'être armé lors des déplacements dans le pays) en 1384 contre la promesse de répondre aux convocations du Duc de Bourgogne pour les combats qu'il aurait à mener[32].
  • Confrérie de Sainte-Barbe : existait déjà en 1509, société d'arquebusiers et couleuvriers.

Ces confréries reçurent en 1512 de Maximilien d'Autriche (Maximilien Ier) confirmation de leurs privilèges, (Charles Quint, qui voyait dans ces sociétés les bases de milices locales utiles et entrainées en cas de conflit, avait déjà accordé ce genre de privilèges ailleurs en Flandre à ces confréries).

  • Confrérie de Saint-Winoc : instituée au XVIe siècle, chargée de porter les reliques du saint aux processions.
  • Société de rhétorique : crée au XVIe siècle, réorganisée en 1697, regroupait des amateurs de poésie flamande, de mystères, de comédies, de tragédies. Au début du XVIe, en 1516, le nouveau Comte de Flandres et Empereur Charles Quint, confirme les privilèges de la Société de rhétorique de Bergues, en même temps que celle d'Ypres[73].

Peuvent également être mentionnées les communautés ou jurandes : elles regroupaient les marchands ou artisans par corps de métier. Destinées à regrouper les personnes disposant d'un savoir-faire, elles étaient devenues au fil du temps des organes bloquant l'évolution de la société, gênant la libre installation de toute personne non affiliée, ce qui explique leur suppression par la révolution française (décret contre les corporations : Décret d'Allarde)[74].

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Dès le 24 juillet 1789, à Bergues, tous portent la cocarde tricolore[75].

En octobre 1789, le prix du pain qui avait beaucoup augmenté est source d'agitation populaire à Bergues. En réaction, pour protéger les biens des possédants, se crée à Bergues une garde bourgeoise composée de 30 compagnies de 40 hommes[76].

La Révolution française (1789) donne à Bergues un rôle politique important. Dans le cadre de la réorganisation territoriale de la France en 1789-1790, Bergues devient en effet chef-lieu du district qui deviendra plus tard l'arrondissement de Dunkerque (déplacement du chef-lieu en 1803). C'est depuis Bergues que la Convention fait appliquer ses lois en Flandre maritime. Tous les objets du culte, les biens des émigrés et les réquisitions sont envoyés à Bergues. Sous la Terreur, le district de Bergues envoie dans ses prisons, plusieurs maires des communes environnantes qui avaient pris du retard dans les réquisitions de blé qu'il leur avait imposées… jusqu'à ce que le rôle du district décline avec le 9 thermidor et la chute de Robespierre.

L'élection des premiers conseillers municipaux eut lieu le 26 janvier 1790. Louis Clays Van der Hulst fut élu et proclamé maire[77].

En 1790, l'Assemblée Nationale décrète la vente des biens des couvents, ordonne le recensement de leurs propriétés. Les conseillers municipaux récemment élus sont chargés d'en dresser l'inventaire[77].

Un Club des Amis de la Constitution ou des Jacobins, sur le modèle de ce qui s'était passé à Paris, se crée à Bergues en mai juin 1790. Regroupant des citoyens se voulant patriotes et révolutionnaires, il demanda son affiliation au club des Jacobins parisien. On y débat de divers sujets liés à la révolution, on y vote des motions à l'adresse de l'Assemblée Nationale....toutes activités communes aux clubs de même type se mettant alors en place en France. En mai 1791, le Club reçoit lors d'une de ses séances, Monseigneur Primat, évêque constitutionnel (Claude François Marie Primat). En juin 1791, on y applaudit à la nouvelle de l'arrestation du Roi lors de l'affaire de la fuite de Varennes[77]. Après la mort de Louis XVI, la société des amis de la Constitution fut remplacée par la société populaire ou club des Montagnards se voulant plus radicale et plus révolutionnaire[78].

Les représentants de la Convention établissent également à Bergues un conseil de surveillance chargé de veiller à la bonne observance des principes de la Révolution. Il n'eut pa d'action déterminante[79].

En octobre 1792, la municipalité de Bergues, jugée trop tiède vis à vis de la Révolution, est suspendue par les envoyés de la Convention nationale auprès de l'armée du Nord, Antoine Dubois de Bellegarde, Jean-François Delmas et Pierre Joseph Duhem. François Bouchette, homme de loi, ancien membre de l'assemblée Nationale pour le tiers-état en 1789, devient et reste maire par intérim jusqu'aux élections générales des 18 et 19 novembre 1792. Celles ci le confirmèrent dans ce poste[80].

Le 15 avril 1793, il est à son tour suspendu puis arrêté par les représentants du peuple Joseph Duquesnoy et Lazare Carnot. Il sera réhabilité par la suite[80].

En 1793, lors du siège de Dunkerque, Bergues, commandée par le général Carrion (Martin Jean François de Carrion de Loscondes), résista aux ennemis coalisés cf. Bataille de Hondschoote.

Le représentant Jacques Isoré installe le 7 décembre 1793 un comité révolutionnaire inspiré par les Jacobins[81].

En 1803, Napoléon Ier, pas encore empereur à cette date, passa par Bergues pour se rendre à Dunkerque. Il semblerait que l'accueil de la ville parut manquer d'enthousiasme par rapport à Dunkerque. Quoi qu'il en fut, le 23 septembre 1804, le Premier Consul prit un décret déplaçant le siège de la sous préfecture de Bergues à Dunkerque[82] et en février 1805 il transfère le siège du tribunal d'arrondissement de Bergues à Dunkerque[83]. Napoléon serait également passé une nouvelle fois à Bergues en 1810, avec sa jeune épouse Marie-Louise d’Autriche[84].

Durant cette période révolutionnaire, les autorités révolutionnaires donnèrent à Bergues-St Vinoc le nom de Bergues-sur-Colme.

La Révolution française marque aussi pour Bergues le début d'un effondrement économique, un déclin et un appauvrissement qui dureront. Toutes les institutions ecclésiastiques y sont supprimées et la plupart de leur patrimoine détruit ; à part le commerce des grains, toutes les activités ont disparu et l'ancien port berguois est éclipsé par le port de Dunkerque ; plus aucun navire ne vient à Bergues qui perd en outre l'intérêt militaire séculaire de par la proximité de la forteresse dunkerquoise, par laquelle les fonctions redondantes et superflues sont supprimées.

« En 1792. On abattit l'église de son couvent, et l'on n'en conserva que la tour. Une autre église, celle de Saint-Pierre, était placée tout vis-à-vis, on la jeta de même par terre, et de même aussi on en conserva seulement le clocher. Ces deux tours, en face l'une de l'autre, et qui existent encore à présent (en 1825), font un effet extraordinaire au milieu de la place où elles sont demeurées : on les voit jusqu'à cinq ou six lieues en mer, quoique Bergues soit à deux lieues dans les terres ; elles servent de guides aux marins qui cherchent la rade de Dunkerque, ou qui veulent entrer dans le port. À l'endroit où étaient les églises, on élève maintenant un fort. » écrivait en 1825 le chroniqueur François-Joseph Grille.
À noter que des tours, celle dite « pointue » n'est pas celle contemporaine de l'ancienne abbaye. En effet, fragilisée par la destruction des bâtiments attenants, elle s'effondra en 1812 et fut reconstruite sur place avec réemploi des matériaux[réf. nécessaire].

Bergues au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La ville est déjà connue pour ses fromages faits du lait des vaches flamandes : « Aux halles de Bergues, il se vend une quantité considérable de fromages façon de Hollande, et que les correspondants de Paris donnent, au marché des Innocents, pour des fromages de Groningue »[85].

Bergues a perdu de son éclat, mais François-Joseph Grille précise que « La ville de Bergues est forte par ses remparts et surtout par ses inondations provoquées ; et ces flaques d'eau qui l'emprisonnent, peuvent aussi parfois la sauver. »
Bergues fait partie d'un dispositif militaire qui la lie à Dunkerque : « De Bergues à Dunkerque, la grande route est tracée le long du grand canal. À l'est de ce canal, au milieu de la distance, entre les deux villes, est le port Saint-François, qui lie les fortifications des deux places. À portée de canon » rappelle JF Grille.
À cette époque Bergues qui réunit 3 canaux (de Dunkerque, de Saint-Omer -canal de la Colme- et de Furnes) est encore un vrai port : « Des embarcations partent à toutes les heures pour ces villes, ou reviennent dans ces directions. On a fait un port intérieur qui fait arriver les marchandises jusqu'à la porte des magasins, et l'on a multiplié les écluses, qui font la fortune du pays, par les irrigations qu'elles facilitent et par la navigation qu'elles assurent : chacune a son numéro ; en les ouvrant toutes à la fois, on submergerait dix lieues de prairies, et on rendrait l'accès de la ville impraticable. Si ces digues venaient à se rompre par quelque circonstance fortuite, on conçoit quel serait le danger. L'habitude fait qu'on vit là-dessus fort tranquille, en attendant le refoulement des vagues de la mer du Nord, et quelque catastrophe du genre de celle de Cronstadt et de Saint-Pétersbourg »[86].

C'est aujourd'hui le syndicat des Watringues qui gère grâce à des pompes électriques, qui ont remplacé les moulins à vent, ces niveaux d'eau. Lors de la sècheresse de 1846, ce syndicat a tenté de remédier à la sécheresse des sols en manoeuvrant les petites écluses mais rencontra l'opposition de l'administration des ponts et chaussées qui préféra privilégier la navigation[55].

Bergues bénéficie économiquement du renom de son marché et de sa foire des rameaux, foire encore réputée de nos jours.

Louis XVIII confirme le droit pour la ville de Bergues de posséder des armes, celles connues de nos jours, le 11 novembre1815[87].

Charles X est de passage à Bergues le 14 septembre 1827[88]. Il serait également passé en mai 1829, à l'occasion d'un voyage en Angleterre[89]

Le 6 juillet 1831, Paul Lemaire, maire de Dunkerque est désigné député de Bergues[88].

Ce siècle est également marqué par l'élection comme député de Berguesd'un homme illustre : Alphonse de Lamartine en 1833 (le 10-12-1832) et 1834.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les canons à longue portée et les bombardements aériens ont ravagé la commune, comme une grande partie de la région, au cours de la Première Guerre mondiale.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de la défense de Dunkerque, en 1940 lors de la Seconde Guerre mondiale, Bergues a été la scène de combats vifs, des tirs d'artillerie et des bombardements qui l'ont touchée au cœur : lorsque le 2 juin de cette année une brèche a été portée dans la défense, la ville avait été ravagée à 60 %. Quant au beffroi, dynamité le 16 septembre 1944, il a été reconstruit en 1961.

Bergues aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Bergues n'a plus qu'une importance régionale faible de nos jours entre autres dans le domaine de l'enseignement. À proximité de Dunkerque l'industrieuse, on voit entre les nombreux monuments, restes d'un passé riche.

La vocation de la ville se trouve maintenant dans le tourisme qui s'est développé fortement ces dernières années, surtout depuis le succès du film Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon[90].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Situation administrative[modifier | modifier le code]

Tendance politique[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[modifier | modifier le code]

En 1795, le maire fut Louis Clays Venderhulst[91].

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1738 1744 Benoit de Hau de Staplande[92]    
octobre 1792 avril 1793 François-Joseph Bouchette   Membre de l'Assemblée constituante de 1789[93].
septembre 1799 septembre 1800 Nicolas Vernimmen de Vinckhof   Député au Conseil des Anciens[94],[95],[96].
septembre 1800 1803 Nicolas-Marie Deschodt   Sous-préfet de l'Arrondissement de Dunkerque de 1806 à 1826[97].
1803 1821 Jacques Minart[98]    
1821 1830 Pierre, François, Winocq de Hau de Staplande[99] Majorité ministérielle Député du Nord de 1820 à 1823[100],
Conseiller général du Canton de Bergues de 1821 à 1829.
1830 1832 Zyloff d'Obigny[98] Républicain Noble
1832 1848 Stanislas de Meezemacker[98]    
1848 1848 Louis van de mickeel[98]    
1848 1852 Louis de Hau de Staplande[98] légitimiste Député du 7e collège du Nord (Bergues) de 1838 à 1851 puis de 1871 à 1876,
Sénateur du Nord de 1876 à 1877,
Conseiller général pour le Canton de Bergues, du Canton d'Hondschoote et du Canton de Wormhout de 1833 à 1848,
Conseiller général pour le Canton de Bergues de 1848 à 1851[101].
1852 1855 Charles Delaroiere[98]    
1855 1861 Charles Verleye[98]    
1862 1870 Louis Joos Monarchiste Député du Nord de 1876 à 1880[102],
Conseiller général du Canton de Bergues de 1852 à 1880[103].
1871 1873 Auguste Guilbert[98]    
1874 1875 Léonce Guillebert[98]    
1876 1877 Léon Claeys Gauche Sénateur du Nord de 1888 à 1906,
Conseiller général du Canton de Bergues de 1880 à 1919[104].
1877 1880 Charles de Meuninyck[98]    
1880 1912 Léon Claeys Gauche Sénateur du Nord de 1888 à 1906,
Conseiller général du Canton de Bergues de 1880 à 1919[104].
1912 1930 Louis Sapelier[98]   Conseiller général du Canton de Bergues de 1921 à 1931[105],[106]
1930 1944 André Vandroy[98]    
1944 1953 Henri Billiaert MRP puis CD Conseiller général du Canton de Bergues de 1949 à 1979.
1953 1995 Roger Drapie DVD Conseiller général du Canton de Bergues de 1985 à 1998.
1995 2001 Christian Jarolewski RPR Président de la Communauté de communes du canton de Bergues de 1995 à 2001[107].
2001 2008 André Declercq UMP  
en cours Sylvie Brachet DVG puis PRG[108] Membre du Bureau de la Communauté de communes du canton de Bergues de 2008 à 2014[109],
Conseillère communautaire à la Communauté de communes des Hauts de Flandre depuis le [110].
Les données manquantes sont à compléter.

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Allemagne Erndtebrück (Allemagne), dans la Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[111]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[112].

En 2015, la commune comptait 3 805 habitants[Note 1], en diminution de 2,08 % par rapport à 2010 (Nord : +1,1 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
6 108 5 085 5 667 5 528 5 962 5 968 6 045 5 967 5 968
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
5 665 6 022 5 738 5 774 5 368 5 385 5 435 5 380 5 258
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
5 227 5 032 4 856 3 922 3 878 3 756 3 839 3 237 3 842
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
4 469 4 545 4 485 4 488 4 163 4 209 3 959 3 923 3 910
2015 - - - - - - - -
3 805 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[113] puis Insee à partir de 2006[114].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Bergues en 2007 en pourcentage[115].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
3,4 
6,9 
75 à 89 ans
14,6 
11,5 
60 à 74 ans
14,9 
20,1 
45 à 59 ans
17,1 
19,7 
30 à 44 ans
17,6 
22,5 
15 à 29 ans
18,3 
19,1 
0 à 14 ans
14,2 
Pyramide des âges du département du Nord en 2010 en pourcentage[116].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
5,0 
75 à 89 ans
8,7 
11,5 
60 à 74 ans
12,7 
19,5 
45 à 59 ans
19,3 
20,5 
30 à 44 ans
19,4 
21,9 
15 à 29 ans
20,3 
21,4 
0 à 14 ans
18,9 

Santé[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

Bergues fait partie de l'académie de Lille.

Sports[modifier | modifier le code]

Média[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Depuis le Moyen Âge, se tient à Bergues le dimanche des Rameaux (dimanche avant Pâques) la Foire des Rameaux très connue dans la région et qui draine de très nombreux visiteurs[117]. En 1893, cette foire ou franc marché durait trois jours[118].

À côté de cette manifestation d'importance régionale, un marché a lieu tous les lundis matin (il existait déjà en 1893, époque où la ville de Bergues comptait deux marchés par semaine : le lundi et le vendredi[118]).

Le tourisme s'est développé à la fin des années 2000 à la suite du film Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon, la visite des lieux de tournage faisant partie des attractions locales.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le Beffroi (17 novembre 2004)

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Pierre Beyens né à Bois-le-Duc en 1564 décédé à Anvers en 1638 âgé de 54 ans, conseiller receveur et dépositaire général en l’Amirauté établie à Bergues-Saint-Winoc, mort Surintendant collecteur et receveur des droits des licences sur le Rhin et sur la Lippe.
  • Maurice Caullery, zoologiste français né à Bergues (1868-1958).
  • Maurice Cornette, docteur vétérinaire, député de Flandre, mort à Bergues (1918-1983).
  • Léon Danchin, peintre animalier, mort à Bergues (1887-1938).
  • Fernand Deligny, pédagogue, écrivain et réalisateur né à Bergues (1913-1996).
  • Jean-Jacques Elshoecht dit Carle Elshoecht (3 mai 1797 à Bergues - le 25 février 1856 à Paris), sculpteur. Œuvres : - Thérèse Elssler dans le rôle de la reine Mab, conservée au Musée du Louvre (département des sculptures) / Jacques Lisfranc de Saint-Martin, médecin (1787-1847) / Ferdinand-Philippe, duc d’Orléans (1800-1842), conservée au Musée du Louvre / Baron Larrey, conservée au château de Prunay / Médaillon ; Relief Marceline Desbordes-Valmore (1843), conservée au Musée de la Chartreuse à Douai / Le duc d’Orléans, Ferdinand-Philippe-Louis-Charles-Henri-Joseph, (1844), conservée au Musée du Louvre / Eloa (qui, lors de l’exposition universelle de mars 1858, fut déposée au Palais de l’Industrie) / etc.
  • Alphonse de Lamartine, écrivain, député de Bergues en 1833 et 1839.
  • Émile-Louis-Cornil Lobbedey, né à Bergues (1856-1916), évêque de la basilique Notre-Dame-de-l'Immaculée-Conception de Boulogne-sur-Mer.
  • Emmanuel Looten, poète et dramaturge né et mort à Bergues (1908-1974).
  • Christophe Looten, compositeur[119] né à Bergues en 1958
  • Gérard de Meckeren (van Meckeren) né à Bergues-Saint-Winoc ; Capitaine de la flotte flamande en 1528. Vice-amiral de Flandres sous Charles Quint.
  • Charles Nombret Saint-Laurent, auteur dramatique et librettiste né à Bergues (1791-1833).
  • Robert Noote, historien de Bergues et de la Flandre, né en 1952.
  • Charles Pacôme, lutteur né à Bergues (1903-1978), champion olympique de lutte gréco-romaine en 1928.
  • Paul Reynaud, homme politique (1878-1966) député du Nord de 1946 à 1962.
  • Maurice Ringot, sculpteur né à Bergues (1880-1951)..
  • Jean-Noël Vandaele, artiste peintre né en 1952 vivant aux États-Unis. Il découvre la peinture au Musée de Bergues en 1966..
  • Louis Joseph Zylof de Steenbourg (né à Bergues le 17 mars 1786) de la famille qui a possédé le château de Zilof de Steenbourg, de 1679 à 1957. Château qui fut construit par un ancien bourgmestre de Bergues : Vigorus de Raepe en 1574

Héraldique[modifier | modifier le code]

Le drapeau de Bergues.
Coat of Arms of Bergues.svg

Depuis le 15 novembre 1815[120] et par un arrêt royal de Louis XVIII, les armes de Bergues se blasonnent ainsi :

« Parti : au 1, d'argent au lion contourné de sable, lampassé de gueules ; au 2, d'argent à une fasce de sable, et un franc-quartier d'or, bordé de gueules et chargé d'un lion de sable. » .

Culture, folklore et traditions[modifier | modifier le code]

Bergues relève de la zone linguistique flamande, et les anciens y parlent encore le flamand occidental[123]. Jadis, Bergues a connu trois chambres de rhétorique, opérant en néerlandais : De Baptisten, De Royaerts et Wild van zinnen.

L'Électeur de Lamartine est géantifié en 1913. Depuis, il préside, assis dans un fauteuil, toutes les grandes manifestations locales, comme la foire agricole des Rameaux, créée par Léon Claeys, sénateur-maire de Bergues.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

La ville a donné son nom au fromage de Bergues, produit dans des fermes des environs.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis de Baecker, Recherches historiques sur la ville de Bergues, lire en ligne.
  • Henri Piers, Histoire de la ville de Bergues-Saint-Winoc: notices historiques sur Hondschoote, Wormhoudt, Gravelines, Mardick, Bourbourg, Watten, etc., Imprimerie de Vanelslandt, 1833 Lire en ligne [archive].
  • François Caron, Un créquier et trois pommes de pin : de la greffe au collage ou notes sur les familles Zylof, Créquy et Wandonne en Flandre maritime, dans l'Oreiller du Roy no 4, décembre 2009, lire en ligne .
  • Robert Noote, Bergues de A à Z, éditions Sutton, 2011.
  • Guy Rommelaere, Bergues, 1914-1919 : il y a cent ans, la Grande guerre au jour le jour, Esquelbecq, Guy Rommelaere, 2017.
  • Guy Rommelaere, Bergues, 1939-1945 : du martyr à la résurrection[124], Esquelbecq, Guy Rommelaere, 2014.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Orthodormie : Calcul de distance (à vol d'oiseau) entre deux villes sur www.lion1906.com
  2. a et b Henri Piers citée dans la bibliographie page 63
  3. Géographie physique, historique et militaire par Théophile Lavallée - 1876.
  4. Charles-Henri Decool, Guillaume Dore, Florence Godineau, Natahalie Maeght, Anne Magnolia ; Élaboration d'une trame verte et bleue au sein de la Communauté de Communes du Canton de Bergues, Projet de groupe 2004, Faculté libre des sciences de Lille, ISA, Région Nord-Pas-de-Calais. 53p et annexes
  5. Ernest Nègre - Toponymie générale de la France - Volume 2 - Page 718 - (ISBN 2600001336).
  6. Dominique Drapie / Généalogie et Histoire du Dunkerquois / G.H.Dk.
  7. http://proussel.voila.net/pages/noms_flamands.htm
  8. Henri Piers cité dans la bibliographie page 2
  9. Henri Piers cité dans la bibliographie pages 3-4
  10. a, b, c et d Aymard Drieux et Yves Lemaire, Brouckerque, Coppenaxfort, 2005, (ISBN 2-9525621-0-5)
  11. a, b et c Henri Piers option citée page 5
  12. Louis de Baecker cité dans la bibliographie page 9
  13. Henri Piers option citée page 6
  14. Louis de Baecker option citée pages 9-10
  15. a et b Louis de Baecker option citée page 10
  16. a et b Henri Piers option citée page 12
  17. Louis de Baecker option citée page 16
  18. a et b Louis de Baecker option citée page 18
  19. Henri Piers option citée page 16
  20. a et b Louis de Baecker option citée page 22
  21. Louis de Baecker option citée page 24
  22. a et b Henri Piers option citée page 18
  23. a et b Louis de Baecker option citée page 26
  24. Louis de Baecker option citée page 29
  25. Henri Piers option citée page 19
  26. a, b, c, d, e et f Louis de Baecker option citée page 31
  27. Louis Piers option citée page 20
  28. Mémoire de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts Année 1853-1854 page 154 lire en ligne
  29. Henri Piers option citée page 25
  30. Henri Piers option citée pages 26-27
  31. Henri Piers option citée pages 29-30
  32. a et b Louis de Baecker option citée pages 39 et 44
  33. Henri Piers option citée page 33
  34. Henri Piers option citée page 34
  35. Louis de Baecker option citée pages 44 et 50
  36. a et b Henri Piers option citée page 35
  37. Henri Piers option citée page 63
  38. Henri Piers option citée page 67
  39. Louis de Baecker option citée pages 54 et 58
  40. Henri Piers option citée page 36
  41. Louis de Baecker option citée page 59
  42. Henri Piers option citée page 40
  43. Henri Piers option citée pages 40 et 42
  44. a et b Louis de Baecker option citée page 64
  45. a et b Louis de Baecker option citée pages 68-69
  46. Henri Piers option citée page 46
  47. Louis de Baecker option citée page 78
  48. Henri Piers option citée page 49
  49. Henri Piers option citée page 50
  50. a, b et c Louis de Baecker option citée page 83
  51. a et b Louis de Baecker option citée page 89
  52. a et b Henri Piers option citée page 53
  53. Martin Barros, Nicole Salat et Thierry Sarmant. Vauban - L’intelligence du territoire. Éditions Nicolas Chaudun et Service historique de l'armée, Paris, 2006. Préface de Jean Nouvel. 175 p, (ISBN 2-35039-028-4), p. 167
  54. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1105894/f570.image
  55. a et b Louis de Baecker option citée page 99
  56. a, b et c Louis de Baecker option citée page 102
  57. Louis de Baecker option citée pages 102 106
  58. Henri Piers option citée page 55
  59. a et b Louis de Baecker option citée page 113
  60. Henri Piers option citée page 26
  61. Louis de Baecker option citée page 131
  62. Histoire de l'enseignement primaire dans les communes qui ont formé le département du Nord par M. le comte de Fontaine de Resbecq - 1878.
  63. Henri Piers option citée page 47
  64. Louis de Baecker option citée pages 152 155
  65. Henri Piers option citée page 55
  66. Louis de Baecker option citée page 138
  67. Henri Piers option citée page 22
  68. Henri Piers option citée page 32
  69. Louis de Baecker option citée page 140 et suivantes
  70. Henri Piers option citée page 85
  71. Henri Piers option citée page 61
  72. Louis de Baecker option citée page 149 et suivantes
  73. Louis de Baecker option citée page 54
  74. Louis de Baecker option citée pages 169 à 174
  75. Louis de Baecker option citée page 116
  76. Louis de Baecker option citée page 180
  77. a, b et c Louis de Baecker option citée page 196
  78. Louis de Baecker option citée pages 207 à 213
  79. Louis Piers ption citée page 56
  80. a et b Louis de Baecker option citée page 201
  81. Henri Piers option cité page 56
  82. Louis de Baecker option citée page 218
  83. Henri Piers option citée page 63
  84. Henri Piers option citée pages 68 et 85
  85. (F-J Grille, 1825)
  86. F.J Grille, déjà cité
  87. Henri Piers option citée page 68
  88. a et b Henri Piers option citée page 69
  89. Henri Piers option citée page 85
  90. Un film à Bergues
  91. « Le village de Bierne »
  92. https://books.google.fr/books?id=EJelw-bUxkYC&pg=PA73&lpg=PA73&dq=Pierre,+Fran%C3%A7ois,+Winocq+de+Hau+de+Staplande&source=bl&ots=yKbbMSQrT6&sig=uAqH1FEVyQNMkIRPiEFFPv218vI&hl=fr&sa=X&ei=OcxkVKLaOI7zas_NgpgC&ved=0CEoQ6AEwCA#v=onepage&q=Pierre%2C%20Fran%C3%A7ois%2C%20Winocq%20de%20Hau%20de%20Staplande&f=false
  93. http://www.westhoekpedia.org/francois-joseph-bouchette-1735-1810/
  94. http://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&p=nicolas+lievin+omer&n=vernimmen
  95. http://www.forgottenbooks.com/readbook_text/Les_Deputes_Au_Corps_Legislatif_1200011875/193
  96. https://books.google.fr/books?id=EJelw-bUxkYC&pg=PA73&lpg=PA73&dq=Nicolas+Vernimen+Bergues&source=bl&ots=yKbbNMWyV7&sig=PlxvGxO1EOvyWXevTA9PBely9X8&hl=fr&sa=X&ei=u4JlVJjZHYTxaPf8gKgH&ved=0CEEQ6AEwBg#v=onepage&q=Nicolas%20Vernimen%20Bergues&f=false
  97. http://www.culture.gouv.fr/LH/LH049/PG/FRDAFAN83_OL0745060v004.htm
  98. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l archives de la ville de Bergues
  99. https://books.google.fr/books?id=EJelw-bUxkYC&pg=PA73&lpg=PA73&dq=pierre,+François,+Winocq+DE+HAU+DE+STAPLANDE+maire+de+Bergues+de&source=bl&ots=yJe7
  100. http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=16927
  101. http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=8858
  102. http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=8449
  103. https://books.google.fr/books?id=XvJvtvBDfbAC&pg=PA281&lpg=PA281&dq=Louis+Joos+bergues&source=bl&ots=hoTaMQyajX&sig=9o-T6lOOJz534Vy-M-0MbJpFR64&hl=fr&sa=X&ei=lJ3hT5_aDsPM0QXTvZGLAw&ved=0CFoQ6AEwBQ#v=onepage&q=Louis%20Joos%20bergues&f=false
  104. a et b http://www.senat.fr/senateur-3eme-republique/claeys_leon1385r3.html
  105. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5531409f/f7.image
  106. http://www.culture.gouv.fr/LH/LH224/PG/FRDAFAN84_O19800035v1275788.htm
  107. http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Dunkerque/actualite/Autour_de_Dunkerque/Littoral_Flandre/2009/10/28/article_christian-jarolewski-ancien-maire-fait-c.shtml
  108. Sylvie Brachet a rejoint le parti de Christiane Taubira
  109. http://www.cccbergues.org/index.php?option=com_content&view=article&id=47:le-bureau&catid=83:les-elus&Itemid=55
  110. http://cluster011.ovh.net/~cchautsdts/wp-content/uploads/2014/12/installationconseilvalide17-06-14.pdf
  111. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
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  118. a et b Annuaire Ravet Anceau 1893
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  120. Les armoiries de Bergues, des châtelains de Berghes Saint-Winoc à aujourd’hui
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  122. a, b et c http://villedebergues.pagesperso-orange.fr/armoiries.htm
  123. p. 362 de L'Aventure des langues en Occident (d'Henriette Walter, éd. Robert Laffont)
  124. Rommelaere, la première et la deuxième guerre à Bergues, Bergues, Guy Rommelaere, 2014 et 2017