Lillebonne

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Lillebonne
Face avant musée Juliobona.jpg
Théâtre romain de Lillebonne.jpg Notre-Dame de Lillebonne.jpg
Apollon de Lillebonne recadré 2.jpg Château de Lillebonne 06.jpg
De haut en bas et de gauche à droite : Juliobona, musée gallo-romain de Lillebonne avec le centre-ville en fond, pris depuis le théâtre antique ; théâtre antique ; église Notre-Dame de Lillebonne ; Apollon découvert à Lillebonne ; château médiéval de Lillebonne.
Blason de Lillebonne
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Le Havre
Intercommunalité Communauté d'agglomération Caux vallée de Seine
Maire
Mandat
Christine Déchamps
2020-2026
Code postal 76170
Code commune 76384
Démographie
Gentilé Lillebonnais
Population
municipale
8 797 hab. (2019 en diminution de 1,95 % par rapport à 2013)
Densité 600 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 31′ 08″ nord, 0° 32′ 03″ est
Altitude Min. 0[1] m
Max. 133[1] m
Superficie 14,66 km2
Type Commune urbaine
Unité urbaine Lillebonne
(ville-centre)
Aire d'attraction Lillebonne
(commune-centre)
Élections
Départementales Bolbec
Localisation
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Lillebonne
Liens
Site web https://www.lillebonne.fr

Lillebonne [lil(ə)bɔn(ə)] est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime, en région Normandie.

Lillebonne, de son nom latin Juliobona, fut une grande cité marchande à l'époque gallo-romaine, elle en garde des vestiges remarquables dont un théâtre antique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Lillebonne est située à 35 km en amont du Havre, sur la rive droite de la Seine, mais en retrait de quelques kilomètres du fleuve.

Lillebonne

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique franc », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[2]. En 2020, la commune ressort du type « climat océanique » dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Ce type de climat se traduit par des températures douces et une pluviométrie relativement abondante (en liaison avec les perturbations venant de l'Atlantique), répartie tout au long de l'année avec un léger maximum d'octobre à février[3].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent à la normale 1971-2000[Note 1]. Les huit principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[2]

  • Moyenne annuelle de température : 10,9 °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 3 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 1,4 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 2] : 12,7 °C
  • Cumuls annuels de précipitation[Note 3] : 824 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 12,4 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 8,3 j

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[6] complétée par des études régionales[7] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Auzebosc », sur la commune d'Auzebosc, mise en service en 1967[8] et qui se trouve à 16 km à vol d'oiseau[9],[Note 4], où la température moyenne annuelle est de 10,5 °C et la hauteur de précipitations de 933,3 mm pour la période 1981-2010[10]. Sur la station météorologique historique la plus proche[Note 5], « Rouen-Boos », sur la commune de Boos, mise en service en 1968 et à 51 km[11], la température moyenne annuelle évolue de 10,1 °C pour la période 1971-2000[12] à 10,5 °C pour 1981-2010[13], puis à 11 °C pour 1991-2020[14].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Lillebonne est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 6],[15],[16],[17]. Elle appartient à l'unité urbaine de Lillebonne, une agglomération intra-départementale regroupant 4 communes[18] et 21 856 habitants en 2017, dont elle est ville-centre[19],[20].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lillebonne, dont elle est la commune-centre[Note 7]. Cette aire, qui regroupe 6 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[21],[22].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Ses 1 466 ha[1] sont répartis ainsi : 48 % de surface agricole utile (709 ha), 20 % de surface urbanisée (298 ha), 15 % d'infrastructures (219 ha) et 15 % de surface boisée (211 ha).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (49,8 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (35,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (31,8 %), forêts (18,6 %), zones urbanisées (18 %), prairies (11,5 %), zones agricoles hétérogènes (7,4 %), terres arables (6,8 %), eaux continentales[Note 8] (6 %)[23].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[24].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Lillebonne est mentionnée au IIIe siècle dans la Géographie de Ptolémée[25] sous le nom gallo-romain de Juliobona, à l'origine du nom actuel.

Juliobona est composé de deux éléments :

  • Julio-, forme préfixée de l'anthroponyme Julius, donné en l'honneur de Jules César (Caius Julius Caesar) ;
  • bona, terme gaulois (celtique) désignant soit une « fondation urbaine » soit une « source »[26].

Juliobona est donc « la ville fondée sous Jules César » ou « la ville fondée en l'honneur de Jules César ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Lillebonne a une longue histoire qui remonte à un peuple de la Gaule belgique, les Calètes (qui ont donné leur nom au pays de Caux), dont elle fut un temps la capitale.

Les Calètes choisirent d'implanter leur capitale sur un nœud de communication stratégique pour le commerce à destination de la Britannia par la mer et du centre de la Gaule par la Seine.

La période de la paix romaine (Ier et IIe siècles)[modifier | modifier le code]

Durant la période gallo-romaine, elle connut une grande prospérité liée à la présence d'un port sur la Seine.

Elle était environnée de riches villae et de domus ainsi que de quartiers d'habitations plus modestes, parfois péri urbains, dont la connaissance a sensiblement augmenté grâce à des interventions archéologiques récentes.

Le Bas-Empire[modifier | modifier le code]

Durant cette période de troubles (invasions, guerres civiles), les pierres des édifices gallo-romains furent réemployées pour la construction de murailles de protection (et beaucoup plus tard, pour la construction de l'abbaye de Jumièges). L'enceinte délimitait alors une aire urbaine d'environ 50 hectares.

Les vestiges[modifier | modifier le code]

Des fouilles effectuées tout au long du XIXe siècle permirent cependant de mettre au jour de nombreux vestiges. Depuis l'année 2007, de nouvelles fouilles sont en cours ; elles ont permis de mieux connaître l'attribution du théâtre[27].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Confirmation des décrets du concile de Lillebonne (1080) par le duc de Normandie Henri Beauclerc, entre 1106 et 1135.

Au Moyen Âge, un concile se réunit dans la bourgade en 1080. Rassemblant le clergé de la région, il rappelle un ensemble de règles sur la morale, le dogme et la liturgie.

Le XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Pour Lillebonne, les guerres de Religion se finissent en , quand le capitaine de Bois-Rosé rallie la ville à Henri IV après sa conversion au catholicisme[28].

Chronologie d'ensemble[modifier | modifier le code]

D'après Jean Mesqui, Lillebonne a joué un rôle important dans l'histoire normande[29] :

  • Ier siècle : démarrage précoce de l'urbanisation, dès la période d'Auguste, suivie de la construction de l'amphithéâtre à la fin du Ier siècle.
  • IIe et IIIe siècles : développement urbain, avec extension maximale de la ville.
  • Fin du IIIe siècle : incendie et réduction conséquente de la surface de la cité. Construction de l'enceinte gallo-romaine (castrum).
  • XIe siècle : le château de Lillebonne fait partie des résidences préférées par les ducs de Normandie. Guillaume Le Conquérant y aurait rassemblé les nobles de Normandie pour décider de partir à la conquête de l'Angleterre en 1066. En 1080, le duc-roi tient un concile à Lillebonne.
  • 1162 : séjour au château d'Henri II Plantagenêt, qui y tient un concile.
  • Vers 1187 : le château est donné par Henri II Plantagenêt à Renaud de Dammartin.
  • 1211 : confiscation du château par Philippe Auguste et construction du donjon circulaire.
  • 1226 : Philippe Hurepel de Clermont, comte de Boulogne, confirme avoir reçu le château du roi Louis VIII.
  • Vers 1275 : Lillebonne passe à la maison d'Harcourt, par mariage de Jeanne, vicomtesse de Châtellerault, héritière de Mahaud de Dammartin, et de Jean II d'Harcourt, dit le Preux.
  • 1418 : le château est pris par les Anglais. Il est attribué à Thomas Beaufort, duc d'Exeter, puis, en 1422, à Jean de Lancastre, duc de Bedford, gouverneur de Normandie et régent de France.
  • 1449 : Charles VII reprend Lillebonne aux Anglais. Lillebonne revient à la famille d'Harcourt.
  • 1496 : Jean IV de Rieux, petit-fils de Jeanne d'Harcourt et de Jean III de Rieux, se voit confirmer la possession de Lillebonne à la suite d'un procès qui durait depuis un demi-siècle avec Marie d'Harcourt, sœur de Jeanne, et ses descendants.
  • 1517 : construction de l'église Notre-Dame en dehors de l'enceinte du castrum gallo-romain, afin de se trouver dans l'agglomération.
  • 1532 : Louise de Rieux apporte Lillebonne à René de Lorraine, marquis d'Elbeuf et comte de Brionne. La vicomté, puis comté de Lillebonne demeure ensuite dans les possessions des ducs d'Elbeuf. Charles II, banni en 1631, mourut en 1657 couvert de dettes, et pendant cinquante ans les créanciers et leurs descendants tentèrent de récupérer leurs mises.
  • 1701 : les créanciers des ducs d'Elbeuf vendent le comté de Lillebonne à Marie-Angélique Fabert, marquise de Mailleraye, épouse de François d'Harcourt, marquis de Beuvron, dont le fils Henri avait été promu duc d'Harcourt en 1700.
  • XVIIIe siècle : le comté de Lillebonne demeure dans les possessions de la famille d'Harcourt, jusqu'à François-Henri d'Harcourt, gouverneur de Normandie.
  • 1778 : visite de Louis XVI et Marie-Antoinette.
  • 1790 : M. Catel, curé de Lillebonne, devient le premier maire.
  • 1790 : émigration du duc d'Harcourt. Le domaine est vendu comme bien national et les terres servent à l'implantation d'usines. Le château est confisqué par la municipalité, qui le loue à un laboureur du Valasse. En 1802, le château est occupé par l'instituteur.
  • 1808 : le château est remis aux mains des descendants de Francois-Henri d'Harcourt.
  • 1823 : ouverture du service des diligences du Havre à Rouen.
  • 1829 : vente du château à Pierre-Abraham Levesque, manufacturier d'indiennes et de cotonnades.
  • 1856 : le projet de construction d'un port d'abordage est approuvé le  ; il reçoit le nom de Port-Jérôme[30].
  • 1861 : excursion à Port-Jérôme de l'empereur Napoléon III[31] (borne souvenir au passage d'eau du même nom de la visite d'inspection du dont Le Moniteur rend compte dans ses colonnes[32]).
  • 1871 : occupation par les Prussiens.
  • Seconde Guerre mondiale : occupation de la ville par les troupes allemandes.
  • 1944 : bombardement de la ville par l'aviation britannique.
  • 1955 : construction du premier groupe HLM.
  • 1982 : nouveau plan de circulation et aménagement piétonnier.
  • 2005 : aménagement plan de circulation et route du Patrimoine.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires depuis la Libération de la France
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1945 Léon Deslandes MRP Notaire, et maire par intérim.
1945 1953 Flueury    
1953 1977 Léon Deslandes MRP Notaire
1977 1999 Paul Dhaille PS Professeur certifié
Député de la Seine-Maritime (6e circ.) (1986 → 1993 et 1997 → 2002)
Conseiller général de Lillebonne (1979 → 1992)
Président de la communauté de communes
1999 mars 2001 Michel Édouard PS informaticien
mars 2001[33] mars 2008 Philippe Leroux RPR puis UMP Ingénieur
mars 2008 2014[34] Nicolas Beaussart PS Conseiller principal d'éducation
Conseiller général de Lillebonne (2004 → 2015)
2014 mai 2020[35] Philippe Leroux UMP Ingénieur
mai 2020[36] ,[37] En cours
(au 10 août 2020)
Christine Déchamps DVG Enseignante, suppléante du député PS Gérard Leseul

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[38]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[39].

En 2019, la commune comptait 8 797 habitants[Note 9], en diminution de 1,95 % par rapport à 2013 (Seine-Maritime : +0,08 %, France hors Mayotte : +2,17 %). Le maximum de la population a été atteint en 1975 avec 10 241 habitants.

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
5546006527722 9243 5803 6715 1245 144
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
5 0895 0955 0494 8155 3966 1086 7896 5006 450
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
6 4256 1805 6565 4885 3735 3345 7755 9566 391
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
7 7579 61510 2419 6229 3109 7389 7699 6519 190
2014 2019 - - - - - - -
9 0188 797-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[40] puis Insee à partir de 2006[41].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 37,8 %, soit au-dessus de la moyenne départementale (36,5 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 25,3 % la même année, alors qu'il est de 26,0 % au niveau départemental.

En 2018, la commune comptait 4 185 hommes pour 4 660 femmes, soit un taux de 52,69 % de femmes, légèrement supérieur au taux départemental (51,90 %).

Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.

Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[42]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,9 
90 ou +
2,0 
6,8 
75-89 ans
10,1 
14,2 
60-74 ans
16,2 
20,3 
45-59 ans
20,3 
17,2 
30-44 ans
16,1 
21,1 
15-29 ans
17,8 
19,5 
0-14 ans
17,5 
Pyramide des âges du département de la Seine-Maritime en 2018 en pourcentage[43]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,6 
90 ou +
1,7 
6,4 
75-89 ans
9,4 
16,3 
60-74 ans
17,3 
19,7 
45-59 ans
19,3 
18,5 
30-44 ans
17,7 
19,1 
15-29 ans
17,5 
19,4 
0-14 ans
17 

Économie[modifier | modifier le code]

L' industrie pétrolière est présente dans le paysage de la commune, du fait de :

En outre, le bac de Port-Jérôme relie Lillebonne à la rive gauche de la Seine à hauteur de Quillebeuf.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le théâtre antique[modifier | modifier le code]

Le théâtre gallo-romain de Lillebonne a connu trois états de construction, d'après les connaissances actuelles, entre les Ier et IIIe siècles de notre ère. Elles ne sont pas encore entièrement datées, d'où l'utilité des fouilles archéologiques menées entre 2007 et 2010, par Vincenzo Mutarelli.

Le premier état, aujourd'hui très partiellement dégagé, était semble-t-il un petit théâtre de type romain, qui fut vite remplacé par un autre édifice, plus grand, qui correspond aux états II et III identifiés par les archéologues. Cette évolution architecturale s'adapte à la demande, ce qui explique qu'il a la forme d'un « théâtre-amphithéâtre », c'est-à-dire qu'il possède un « orchestra » plus grand que pour un théâtre, pouvant servir d'arène, mais conserve un bâtiment de scène, aujourd'hui inaccessible car situé sous une route[45].

Le château[modifier | modifier le code]

Ce château ducal[46] s'est implanté à l'angle de l'ancienne cité gallo-romaine. Il en demeure aujourd'hui une tour maîtresse de Philippe Auguste[47](Logo monument historique Classée MH (1862)), qui a été modifiée dans ses parties hautes au XVe siècle. La tour octogonale date de la fin du XIIIe siècle ; elle peut être attribuée à Jean II d'Harcourt. La tour du Chartrier du XIIIe siècle a été transformée vers 1870 ; le magnifique logis roman, qui datait probablement d'Henri II, a été définitivement détruit en 1832, et une maison de maître[48] a été construite dans l'enceinte du château par Théodore Huchon[49], vers 1870, pour le propriétaire Pierre Gustave Lauger, sur le modèle du « château des Aygues » d'Étretat[50], construit quelques années auparavant pour Amédée Boyer, le propriétaire de l'eau de Mélisse[29].

L'église Notre-Dame[modifier | modifier le code]

L'église Notre-Dame

L'église Notre-Dame[51] a été construite pour remplacer l'église Sainte-Marie-du-Château détruite à la fin de la guerre de Cent Ans. Elle a été consacrée en 1517. Le clocher est terminé en 1537 par Michel Delafosse, maçon, avec du calcaire de Plaimbosc et Antoine Cachedieu, charpentier. En 1540, le maçon Michel Delafosse exécute les meneaux des baies et termine la voûte de la tour avec le maçon Michel Combart. Le portail est refait en 1553 par Henry Deshayes, maçon. En 1562, les verrières cassées par les Protestants sont refaites par Joseph Gueroult. En 1594, Richard et Jehan Lemarchand réparent et refont des verrières. Les chapelles latérales de la nef sont construites à la fin du XVIe siècle. En 1622, une verrière (conservée) est faite par Jean Lemarchand peintre-verrier. En 1729 est construite la sacristie avec les matériaux du jubé et le berceau de la nef est refait. En 1825 le côté sud de la nef est refait avec les matériaux de démolition de l'église Saint-Denis par Louis Vessel, maçon. En 1873, l'architecte Simon reconstruit le chœur. En 1884, le clocher est restauré[52] Logo monument historique Classé MH (1846).

Musées[modifier | modifier le code]

Le musée municipal

La ville possède son propre musée archéologique, le musée Juliobona, dans lequel on peut admirer des collections de poteries, de verrerie, de mobilier funéraire ainsi qu'une exposition de monnaies romaines parmi lesquelles un unique et très rare[53] denier de Galba trouvé dans la région. Au deuxième étage sont présentés des objets d'art et traditions populaires avec une large place à la poterie de Mélamare. On peut visiter également une église-musée, dans l'ancienne église du Mesnil consacré à la minéralogie et aux fossiles trouvés essentiellement dans le pays de Caux Val de Seine.

Conservatoire de musique et de danse[modifier | modifier le code]

Conservatoire à rayonnement départemental (CRD) de Caux Seine Agglo.

Lillebonne dans les arts[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Lillebonne est citée dans le poème d'Aragon, Le Conscrit des cent villages.

Peinture[modifier | modifier le code]

Plusieurs peintres ont été inspirés par Lillebonne :

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notables[modifier | modifier le code]

  • Edmond Pigoreau (1845-1926), notaire, maire, décoré en 1909 de la Légion d'honneur[57] pour « services exceptionnels rendus à la ville de Lillebonne »[58].
  • Edmond Isidore Legrain (1846-1910), amidonnier, adjoint au maire, délégué cantonal, suppléant juge de paix, officier des Palmes académiques[59].

Naissances[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Lillebonne

Les armes de la commune de Lillebonne se blasonnent ainsi :

De gueules à deux fasces d'or[60].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Héronval, Lillebonne (Juliabona ou Juliobona), Paris-Auteuil, Imprimerie des orphelins-apprentis, , 502 p. (BNF 34120063, lire en ligne), sur Gallica.
  • Claude Lechevalier, Gérard Fosse, Jean-Pierre Watté, Eric Follain, Jacques Le Maho, Jean-Marie Cahagne, Alain Avenel et al, Lillebonne : des origines à nos jours, Lillebonne, Ville de Lillebonne, , 155 p. (ISBN 2950401805, BNF 35570454).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les normales servent à représenter le climat. Elles sont calculées sur 30 ans et mises à jour toutes les décennies. Après les normales 1971-2000, les normales pour la période 1981-2010 ont été définies et, depuis 2021, ce sont les normales 1991-2020 qui font référence en Europe et dans le monde[4].
  2. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
  3. Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[5].
  4. La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
  5. Par station météorologique historique, il convient d'entendre la station météorologique qui a été mise en service avant 1970 et qui est la plus proche de la commune. Les données s'étendent ainsi au minimum sur trois périodes de trente ans (1971-2000, 1981-2010 et 1991-2020).
  6. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  7. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  8. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  9. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Répertoire Géographique des Communes (Rev 2) - 2010 », sur le site de l'IGN
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  33. Blaise Diagne, « Saga des municipales : Lillebonne 2001, Philippe Leroux s’engage dans la brèche : Histoire. Les prochaines élections municipales auront lieu les dimanches 15 et 22 mars 2020. À l’approche de ce rendez-vous, « Paris-Normandie » ouvre son livre d’histoire politique locale et revient sur les scrutins précédents qui ont marqué les vingt-cinq dernières années. Pour chaque épisode, le récit d’une victoire ou d’une grande claque », Paris-Normandie,‎ (lire en ligne, consulté le ) « Philippe Leroux, chef de file sortant de l’opposition de droite lillebonnaise, lui a ravi la mairie dans un mouchoir de poche. 1 897 voix en sa faveur, contre 1 837 voix pour le maire socialiste sortant. Un coup de théâtre qui provoque alors le « chahut dans la salle », certainement parce qu’il met fin à 24 ans de mandature socialiste ».
  34. « Municipales à Lillebonne (76) : quatre candidats pour un fauteuil : Cette ville de 9.000 habitants semble attirer les convoitises. L'actuel maire PS ne se représente pas. Mais quatre têtes de listes s'affrontent », France 3 Normandie,‎ (lire en ligne, consulté le ) « Nicolas Beaussart, maire PS de Lillebonne n'a pas obtenu la majorité au sein du PS pour se représenter. C'est donc Frédéric Noël qui part au combat à la tête d'une liste d'union PS-PRG-Front-de-Gauche-EELV. (...) En face, l'ancien maire UMP de Lillebonne Philippe Leroux se présente mais cette fois à la tête d'une liste sans étiquette ».
  35. « Lillebonne. Christine Déchamps, première femme maire de la ville », Le Courrier cauchois,‎ (lire en ligne, consulté le ) « De son côté, Philippe Leroux faisait forcément grise mine. Le maire sortant, élu par deux fois auparavant (2001 et 2014), a finalement essuyé sa deuxième défaite après celle de 2008. Sans comparer ces deux échecs, il a insisté sur "le contexte particulier", intervenant au lendemain de l'allocution du Premier ministre et du passage au stade 3 dans la lutte contre le coronavirus  ».
  36. Blaise Diagne, « Portrait. Christine Déchamps, première femme élue maire à Lillebonne : Christine Déchamps est la première femme élue maire de la commune, avec 52,85% des suffrages exprimés. Ce n’est pas la seule rupture qu’incarne la Lillebonnaise », Paris-Normandie,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  37. Laura Martin, « Municipales 2020. À Lillebonne, la nouvelle maire Christine Déchamps est installée : Mercredi 27 mai 2020, Christine Déchamps a pris ses fonctions de maire entourée de ses adjoints », Paris-Normandie,‎ (lire en ligne, consulté le ) « Christine Déchamps, première femme maire de Lillebonne, a été élue avec 22 voix et 7 votes blancs ».
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