Broglie (Eure)

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Broglie
Village de Broglie.
Village de Broglie.
Blason de Broglie
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Eure
Arrondissement Bernay
Canton Breteuil
Intercommunalité Communauté de communes Bernay Terres de Normandie
Maire
Mandat
Roger Bonneville
2014-2020
Code postal 27270
Code commune 27117
Démographie
Gentilé Broglien (anc. broglion)
Population
municipale
1 099 hab. (2014 en diminution de 0,99 % par rapport à 2009)
Densité 138 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 00′ 34″ nord, 0° 31′ 49″ est
Altitude Min. 132 m
Max. 197 m
Superficie 7,96 km2
Localisation

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Broglie (prononcée brogli) est une commune française située dans le département de l’Eure, en région Normandie, appelée Chambrais (orthographié parfois Chambray ou Chambrois) jusqu'au milieu du XVIIIe siècle.

Ses habitants sont appelés les Brogliens (anc. et toujours courant Broglions).

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune de Broglie se situe dans la vallée de la Charentonne, affluent de la Risle qui se jette elle-même dans l'estuaire de la Seine. La Risle est la limite naturelle entre le pays d'Ouche à l’est et le plateau du Lieuvin à l’ouest. Broglie se situe à une dizaine de kilomètres de Bernay et une cinquantaine d'Évreux.

Communes limitrophes de Broglie[1]
Ferrières-Saint-Hilaire Grand-Camp
Saint-Aubin-du-Thenney Broglie[1] Chamblac
La Chapelle-Gauthier La Trinité-de-Réville

Toponymie[modifier | modifier le code]

« La dénomination actuelle de Broglie s’est substituée en 1742 à celle de Chambrais à l'occasion de l’érection de cette terre en duché en l'honneur du maréchal de Broglie, dont la famille était d’origine italienne[2]. »

L'origine du toponyme originel Chambrais est mal éclaircie. La forme la plus ancienne (latinisée) est Cambrense vers 1000 apr. J.-C., ensuite on trouve Cambrest, Chambrescum en 1155 - 1158[3].

La première forme Cambrense peut être rapprochée de Camarès (Aveyron, Cambarensis 883), mais la seconde est plus proche de Combrée (Maine-et-Loire, Combaristum IIIe siècle)[3].

Le radical cambar, combar / camar se retrouve dans de nombreux toponymes en France : Cambrai, Cambayrac, Camalès, Combrée, etc.[4]. Il est cependant probable que le type toponymique *Camar(i)acum qui explique Cambrai, Cambeyrac, Chambray, etc. soit basé sur le nom de personne gaulois Cambarius dérivé [?] de Cambo « Courbé, Tordu »[5],[6], suivi du suffixe celtique de localisation et de propriété -acum.

Broglie est la francisation de Broglio (italien [broljo]), nom de personne tiré d'un toponyme Broglio, dont il existe quelques exemples au nord de l'Italie et en Suisse[7]. Il est issu du même étymon gaulois brogilos « petit bois » que les toponymes du type le Breuil, Breil, Brieul, Bruel, etc.[8].

Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Chambrois[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Broglie est une fondation d'origine celtique (gauloise) qui se situait à la croisée de voies romaines des routes du sel et du fer. On y trouve d'ailleurs de nombreux fours à fondre le minerai ainsi que des châteaux et églises qui furent pillés et brûlés à de nombreuses reprises.

C'est probablement une fondation gauloise ancienne qui doit sûrement son développement au fait qu'il était situé à la croisée de routes, mais ce lieu ne doit cependant pas être confondu avec Chambray, autre commune de l'Eure, dont l'étymologie est peut-être la même.

Le bourg figure dans la dot de Judith de Bretagne et devient au Xe siècle partie intégrante du domaine du duc Richard II.

Au XIe siècle, Chambrais devint propriété de Henri Ier de Ferrières. La seigneurie passe à la famille Lecomte de Nonan en 1653. Puis, en 1682, Simon Arnauld de Pomponne, qui vient d'être disgracié de sa charge de secrétaire d'État des Affaires étrangères, achète la baronnie de Chambrais, Ferrières et autres lieux.

Enfin, en 1716, François Marie, comte de Broglie, achète la baronnie au fils de Pomponne, qui est érigée en duché héréditaire en 1742 par Louis XV, sous le nom de Broglie pour récompenser la famille de Broglie des éminents services rendus au royaume, notamment lors des guerres de Succession d'Espagne, de Pologne et d'Autriche.

Les constructions militaires de l’ancienne forteresse ont été remplacées par un vaste château moderne entouré d’un beau parc qui domine la vallée de la Charentonne.

Plusieurs personnages célèbres ont séjourné à Broglie :

Augustin Fresnel (1789-1827), auteur de la théorie ondulatoire de la lumière ;

Louis de Broglie, prix Nobel de physique, décédé en 1987, dont les travaux se rapprochent très directement des découvertes de Fresnel ;

et, enfin, Léonor Mérimée, père de Prosper Mérimée, écrivain du XIXe siècle, qui, lors de la Révolution de 1789, aurait évité le pillage du château en livrant ses archives aux émeutiers ; son nom a été donné à un pavillon de la demeure.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Broglie

Ces armes peuvent se blasonner ainsi aujourd’hui :

D'or au sautoir ancré d'azur.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1955 1976 Jean de Broglie RI député et ministre
janvier 1977 février 1995 Claude Cordier RPR notaire
mars 1995 février 2001 Victor-François Marie Léon Amédée de Broglie DVD conseiller général
mars 2001 février 2008 Jean Quatravaux Sans étiquette chef d'entreprise
mars 2008   Bruno Leclercq Sans étiquette  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[11].

En 2014, la commune comptait 1 099 habitants[Note 1], en diminution de 0,99 % par rapport à 2009 (Eure : +2,66 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
955 977 972 950 1 007 1 052 1 024 1 265 1 232
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 204 1 214 1 252 1 176 1 140 1 122 1 025 1 034 966
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
963 923 1 017 917 992 974 919 1 012 982
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
1 057 1 051 1 132 1 126 1 168 1 105 1 111 1 113 1 115
2013 2014 - - - - - - -
1 096 1 099 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Martin.
  • Église Saint-Martin : l'église actuelle fut édifiée au cours de la deuxième partie du XIe siècle par Henri II de Ferrières. Six colonnes romanes supportent des arcatures entrecroisées ; au-dessus, une ogive abrite la statue du saint patron et les piliers nord de la nef sont de style roman. Le collatéral sud a été construit au XVe siècle par Jean IV de Ferrières. À noter, un joli vitrail représentant saint Martin qui coupe son manteau pour en donner la moitié à un pauvre (en tant que membre de l'armée romaine, il ne possédait « en propre » que la moitié de cet équipement militaire).
    L'édifice est Logo monument historique Classé MH (1862) [14]
  • Château de Broglie : « Le prototype des châteaux « sérieux » est celui des ducs de Broglie[15]…»
    Vers 1900, il est décrit ainsi par Pauline de Broglie, petite-fille du duc Victor (époux en 1816 d'Albertine de Staël) :
    « La grande maison, fermée depuis de long mois, mal nettoyée. L'immense salle à manger était sombre, les portraits d'ancêtres à peine éclairés par les grosses lampes à pétrole suspendues aux plafonds et qui se balançaient au bruit des chaînes de cuivre (…) ». Elle est aussi séduite par la célèbre bibliothèque aménagée par son grand-père, contenant 40 000 volumes : « Les rayons de livres qui, sur les quatre murs, vont du plancher au plafond, sont entièrement en pitchpin. Un petit escalier à vis monte jusqu'à une galerie légère qui fait le tour des rayons sans qu'on puisse comprendre sur quoi elle prend son appui (…). Le plafond en bois est formé de caissons ornés de rosaces en pâte plastique ton sur ton.
    La toile du baron Gérard.
    Sur les travées du haut se trouvent tous les livres qui ont appartenu à Mme de Staël et sont venus de Coppet après la mort de son fils Auguste en 1827 (…) ». Les in-folio rangés à plat dans les meubles du centre, les fauteuils couverts d'andrinople rouge, « un superbe bureau Empire qui venait, disait-on, de la Malmaison », une lourde statue de Moïse en bronze, le maître à penser d'une digne bibliothèque de « doctrinaire »[16].
    Le portrait par le baron Gérard de Mme de Staël en Corinne, coiffée d'un turban blanc barré par un tortil de couleur noués « à la créole » qui surmonte la cheminée de la bibliothèque, serait une réplique de celui conservé au château de Coppet, selon Léandre Vaillat (Le château de Coppet - "L'Art et les Artistes", 1913, p. 171 - arch. pers.) ; une autre copie est au château de Versailles.
    Selon une expression populaire (non vérifiée), il est dit que le château compte « autant de fenêtres qu'il y a de jours dans l'année ». Situé en surplomb, entouré d'un vaste parc et d'une dense hêtraie, il est très peu visible et peu accessible aux visites.
    L'édifice est  Inscrit MH (1974) [17]

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

La Charentonne à Broglie.

Natura 2000[modifier | modifier le code]

  • Site Natura 2000 « Risle, Guiel, Charentonne »[18].

ZNIEFF de type 2[modifier | modifier le code]

  • ZNIEFF 230009189 – La moyenne vallée de la Charentonne, le bois de Broglie[19].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Mairie et église de Broglie.

Particularité[modifier | modifier le code]

  • Dans l'œuvre de Frédéric Dard, le célèbre inspecteur principal Bérurier, adjoint fidèle du commissaire San-Antonio, est originaire de Saint-Locdu-Le-Vieux. Selon plusieurs experts, cette commune serait Broglie[20].
  • L'assemblée générale des Amis de San Antonio s'est tenue à Broglie en juin 2004 et a été l'occasion d'y inaugurer la nouvelle bibliothèque Frédéric-Dard.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Géoportail (IGN), couche « Communes » activée ».
  2. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, , 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154), p. 78-79
  3. a et b François de Beaurepaire, Op. cit.
  4. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6)
  5. François de Beaurepaire, op. cit., p. 87.
  6. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise. Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Paris, éditions Errance, (ISBN 2-87772-237-6), p. 99-100, sous cambo-
  7. Dictionnaire étymologique de l'italien (lire en ligne), entrée Bròglio, Bruòlo, Bròlo
  8. Xavier Delamarre, op. cit., p. 91.
  9. Notice communale - Broglie (consulté le 11 janvier 2013)
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  14. « Église », notice no PA00099364, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  15. Juliette Benzoni, Cent ans de vie de château, ch. I. La Belle Époque, C. de Bartillat, 1992, p. 172.
  16. Comtesse de Pange, Comment j'ai vu 1900, Paris, Grasset, 1962, 1965, 1968, (trois tomes); rééd. 2013-2014.
  17. « Château », notice no PA00099363, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  18. « Risle, Guiel, Charentonne », sur Muséum national d'Histoire naturelle - Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le 25 février 2015)
  19. « La moyenne vallée de la Charentonne, le bois de Broglie », sur Muséum national d'Histoire naturelle - Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le 16 juin 2015)
  20. Assemblée générale de l'Association des Amis de San-Antonio en juin 2004

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]