Héricourt (Haute-Saône)

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Héricourt
Diverses vues de Héricourt.
Héricourt (mairie).jpg
2013-08-28 10-22-51-Fontaine-lavoir-du-Savourot.jpg Héricourt, Viaduc de la Lizaine.jpg
Cour.jpg 2013-08-27 11-38-14-musee-minal.jpg Eglise Saint-Christophe d'Héricourt4.jpg
2013-11-26 12-14-35 lizaine-hericourt.jpg
Blason de Héricourt
Blason
Logo
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Haute-Saône
Arrondissement Lure
Canton Héricourt-1
Héricourt-2
Intercommunalité communauté de communes du Pays d'Héricourt
Maire
Mandat
Fernand Burkhalter
2014-2020
Code postal 70400
Code commune 70285
Démographie
Gentilé Héricourtois
Population
municipale
9 896 hab. (2013)
Densité 547 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 34′ 42″ Nord, 6° 45′ 44″ Est
Altitude Min. 320 m – Max. 541 m
Superficie 18,08 km2
Localisation

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Héricourt
Liens
Site web hericourt.com

Héricourt est une commune française située dans le département de la Haute-Saône en région Bourgogne-Franche-Comté.

Elle est le siège de la communauté de communes du Pays d'Héricourt et le bureau distributeur des cantons d'Héricourt-1 et Héricourt-2.

Son territoire vallonné fait partie des collines pré-jurassiennes, il est arrosé par la Lizaine et desservi par des axes de transports ferroviaires (LGV Rhin-Rhône et ligne de Dole-Ville à Belfort) et par la route européenne 54. Héricourt est la deuxième ville la plus peuplée du département après Vesoul. Elle se situe dans l'aire urbaine de Belfort-Montbéliard-Héricourt-Delle qui compte 300 000 habitants.

L'histoire de la ville est marquée par l’influence de la principauté de Montbéliard et le protestantisme local. La ville à connu plusieurs conflits : l'incursion de Charles le Téméraire, les invasions de 1587-1588, la bataille de la Lizaine lors de la guerre franco-prussienne et enfin la Libération à l'issue de la Seconde Guerre mondiale.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Le territoire communal dans son contexte local.

Localisation[modifier | modifier le code]

Héricourt est située à la limite sud-est du département de la Haute-Saône (70), à proximité de Belfort et de Montbéliard. Elle fait partie de l'aire urbaine de Belfort-Montbéliard-Héricourt-Delle. La ville forme un triangle urbain avec Belfort et Montbéliard[1].

Le territoire de la commune est limitrophe à ceux de onze communes :

Rose des vents Luze
Couthenans
Échenans-sous-Mont-Vaudois Belfort (Territoire de Belfort) Rose des vents
Coisevaux
Verlans
N Brevilliers
O    Héricourt    E
S
Tavey Vyans-le-Val
Montbéliard (Doubs)
Bethoncourt (Doubs)

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Paysage entre Héricourt et Bussurel.

La superficie de la commune est de 1 808 hectares ; son altitude varie de 320 à 541 mètres[2]. L'altitude de la mairie d'Héricourt est de 334 m.

Héricourt est construite sur le plateau de Haute-Saône et s'appuie sur le versant septentrional du massif du Jura[3]. La majeure partie du territoire repose sur un sol daté du Jurassique supérieur. Les abords de la Lizaine sont couverts d'alluvions du Quaternaire. Le Jurassique moyen effleure au nord[4]. Du minerai de fer est extrait vers 1826 sur l'ancienne commune de Bussurel[5], il fait partie d'une zone particulièrement exploitée, de Belfort à Montbéliard[6].

La commune se trouve dans le voisinage immédiat de deux bassins houillers : le bassin houiller keupérien de Haute-Saône, notamment exploité pour son gypse, son sel gemme (sous forme de saumure) et sa houille à Saulnot et Gémonval[7]. Le bassin houiller stéphanien sous-vosgien est également proche, il englobe l'est de la Haute-Saône, le Territoire de Belfort et le sud du Haut-Rhin[8],[9].

La ville se situe sur le territoire vallonné des collines pré-jurassiennes[10] dont le sommet est le Mont Vaudois où un fort est édifié entre 1874 et 1877.

Héricourt, comme le département, se situe entre le massif des Vosges et le massif du Jura[1].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La Lizaine dans le centre.

Héricourt est arrosée par la Lizaine, qui est notamment alimentée par le ruisseau de l'étang et le ruisseau des Epenottes. La commune comporte plusieurs étangs[1].

Climat[modifier | modifier le code]

Héricourt connait un climat océanique dégradé, semi-continental[11]. L'hiver apporte des manteaux neigeux d'épaisseur variable, de 5 à 40 cm, et inversement, les températures atteignent jusqu'à 40 °C au soleil au plus fort de l'été.

Faune et Flore[modifier | modifier le code]

Héricourt est couverte d'une forêt de feuillus en partie située à l'étage collinéen du massif du Jura. La commune compte 386 espèces indigènes (en particulier les genres Viola, Geranium, Euphorbia, Dryopteris, Carex, Leucanthemum vulgare, sapin, chêne), 39 espèces introduites dont 9 envahissantes, deux espèces cryptogènes (Eupatorium cannabinum et Melilotus albus), une domestique (Symphyotrichum novi-belgii) et une douteuse (Vaccaria hispanica)[12].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Quartiers[modifier | modifier le code]

Héricourt est divisée en plusieurs quartiers. L'Insee découpe la ville en quatre grands quartiers, munis eux-mêmes de plusieurs secteurs. Au nord d'Héricourt se trouvent les Chenevières, la ZUP et les nouveaux quartiers, quartier possédant de nombreux logements sociaux et modernes. Le quartier du centre-ville se trouve proche du centre-ancien. Le quartier du Faubourg de Belfort est un quartier qui se situe à l'est de la ville, surplombant la ville éponyme. Le quartier du Faubourg de Montbéliard est situé à l'ouest de la ville[13].

Logement[modifier | modifier le code]

En 2012, le nombre total de logements à Héricourt était de 4 930 dont 4 584 résidences principales, 30 résidences secondaires et logements occasionnels et 317 logements vacants. La commune totalisait 2 571 maisons et 2 338 appartements, soit respectivement 52,1 % et 47,4 % des logements[A 1] parmi lesquels se trouvent 1 383 HLM. La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 51,2 %[A 2]. On dénombrait 1,2 % de résidences principales constituées d'une seule pièce, 11,5 % de deux pièces, 23,3 % de trois pièces, 26,6 % de quatre pièces et enfin 37,4 % de cinq pièces ou plus[A 3].

Urbanisme et paysage[modifier | modifier le code]

La commune dispose d'un PLU[14], elle comprise dans le Schéma de cohérence territoriale (SCOT) de la communauté de communes du pays d'Héricourt[15] et fait partie du syndicat mixte de l'aire urbaine Belfort-Montbéliard-Héricourt-Delle[16].

Risques naturels et technologiques[modifier | modifier le code]

La commune est installée sur une zone sismique de niveau 3. Il existe des risques géologiques localisés à cause de la présence de cavités souterraines naturelles et au tassement du sol. Il existe des risques de rupture de barrage et d’autres liés au transport de matières dangereuses[17].

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

La gare d'Héricourt.

La gare d'Héricourt est établie sur la ligne de Dole-Ville à Belfort La LGV Rhin-Rhône passe au sud de la ville, qui est desservie par la gare de Belfort - Montbéliard TGV située à 10 km[1].

Héricourt est desservie par la double-voie expresse E54 et les routes départementales 16, 130, 204 et 683. Ce réseau routier est connecté à l'autoroute A36 et la nationale 19[1]. Les Lignes Saônoises intègrent Héricourt à leur réseau[18]. La commune est également desservie par Hériva, un service de transport à la demande de la communauté de communes du pays d'Héricourt[19]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom Oriecourt est attesté sur une charte en 1173, Oriecourt est mentionnée en 1196 dans une bulle du pape Celestin III. La dénomination Héricourt proviendrait de deux mot latins orae (frontière) et cortis (habitations) signifiant donc « habitation à la frontière »[20].

Histoire[modifier | modifier le code]

Héricourt vit au cours des siècles nombre d’événements marqués par l’influence des différents courants politiques et religieux de l’histoire européenne : ambitions territoriales bourguignonnes, guerres de religion au XVIe siècle, guerre de Trente Ans, conquête et Révolution française…

La région est très tôt habitée, pour preuve : les vestiges d'une enceinte préhistorique, datant du néolithique, au sommet du Mont-Vaudois, détruite pendant la construction du Fort du même nom en 1874.

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

L'enceinte préhistorique était longue de 400 mètres et formait un triangle. Sa hauteur variait de 2,50 à 3,30 m et sa base de 22 à 32 mètres d'épaisseur. Ce genre d'enceinte, appelée vallum, est ici particulier d'après Félix Vaulot qui y conduisit des fouilles avant la construction du fort. Ce serait un « vallum funéraire », une sorte de nécropole puisqu'il y a découvert des squelettes inhumés à l'extérieur, à l'intérieur et au sein même de l'enceinte. Il n'a trouvé aucune trace de blessure violente sur les ossements, ce qui laisse penser que le vallum était bien à dessein funéraire. Il parle également de traces de rituels comme l'incinération partielle d'une femme de 17-21 ans sur le corps de laquelle on aurait sacrifié un sanglier[21].

Pendant l'époque celtique, le site d'Héricourt appartient au territoire des Séquanes qui couvrait approximativement l'actuelle Franche-Comté, puis tombe sous domination romaine après la guerre des Gaules. Puis, quand l'Empire romain chute, le territoire passe sous domination burgonde. Les Burgondes verront leur territoire conquis par les Francs et Héricourt et la région suivront les aléas de ce dernier peuple.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 843, le traité de Verdun scinde l’empire carolingien en trois royaumes distincts. Le comté de Montbéliard, dont Héricourt fait partie, confond alors son destin avec la Lotharingie. En 860, Francie et Germanie se partagent la Lotharingie. Ce partage scelle l’avenir d’Héricourt dans le monde germanique pour plus de neuf siècles.

La fondation de la ville[modifier | modifier le code]

La ville est citée pour la première fois en 1173 dans une charte par laquelle Walon de Oriecourt est nommé comme témoin à la donation de l'église de Voujeaucourt à l'abbaye Notre-Dame de Belchamp[22].

La châtellenie se compose à cette époque de la ville, de vingt-deux villages et hameaux (Bians, Brevilliers, Bussurel, Chagey, Champey, Chenebier, Coisevaux, les Combottes, Darnin, Echenans, Échavanne, Frenebie, Genéchie, Laire, Luze, Mandrevillars, Saint-Valbert, Semondans, Tavel, Trémoins, Verlans et Vians) et de plusieurs fiefs[22].

Le testament de Renaud de Bourgogne[modifier | modifier le code]

Le , peu de temps avant sa mort, Renaud de Bourgogne, alors comte de Montbéliard, et qui affectionnait résider au château d'Héricourt, y rédige un second testament, le premier disposait que « les châtel et ville d'Héricourt et mille livrées de terre, dont cinq cents lui seront assises sur ladite ville et ses appartenances, et sur les plus prochaines villes, finaiges et territoires, issues et appartenances de ladite ville d'Héricourt; et le châtel d'icelle ne doit être compté ni estimé » et avait été rédigé en faveur de son épouse Guillemette de Neufchâtel morte avant lui en 1317 au château d'Étobon. Dans le second, il précise que si son fils Othenin (handicapé mental, mort en 1339) n'est pas en état de gouverner, ses biens devaient être partagés entre ses quatre filles (Agnès, Jeanne, Marguerite et Alix) ; Belfort, Héricourt et la suzeraineté sur le Châtelot revenant à Jeanne mariée à Raoul-Hesse, marquis de Bade. Jeanne à son tour partagea ses terres entre ses quatre filles Jeanne, Ursule, Marguerite et Adélaïde. Marguerite, épouse de Frédéric, marquis de Bade, son cousin, hérite des seigneuries d'Héricourt et de Florimont[22].

Marguerite de Bade est une femme très dépensière, plus que ne le permettent les ressources dont elle dispose. Aussi elle à souvent recours à des « aliénations » qui lui permettent de « tenir son rang ». En l'espace de deux ans, elle vend plusieurs domaines dont Echenans à Thomas de Beurnevesin en (celui-ci originaire de l'évêché de Bâle et gentilhomme fera élever une forteresse sur le plateau dominant le village) et Semondans avec des parts dans la châtellenie d'Étobon et du Chastel-Thierry à son oncle le comte de Montbéliard en . C'est aussi pour la même raison qu'elle accorde des lettres d'affranchissements à « tous ses hommes et femmes de la terre d'Héricourt » le pour la somme de 250 livres bâloises. Avec ces franchises viennent s'appliquer dans la seigneurie d'Héricourt « les us et coutumes du comté de Ferrette » ainsi elle formait un domaine « de propre et franc-alleu, placé ès bornes de ferrette, près de Bourgogne ». Le , Albert et Léopold tous deux ducs d'Autriche et fils de Jeanne de Ferrette, viennent compléter l'acte de franchise[22].

Selon les dernières volontés de Marguerite de Bade la seigneurie est transmise à sa fille, nommée également Marguerite, épouse de Geoffroy, comte de Linange et de Richecourt[22].

Darnin[modifier | modifier le code]

Darnin, village limitrophe de Brevilliers et de Bussurel, s'étend le long d'un coteau boisé maintenant nommé « bois du Mont Danin » converti en vignoble dès le début du XVIIe siècle. L'église Saint-Maimbœuf de Montbéliard avait des possessions à Darnin qui furent confirmées par Célestin III en 1196. Ce chapitre les cède en 1333 à Henri de Montfaucon, seigneur de Montfaucon, comte de Montbéliard. Déjà au début du XIVe siècle, Renaud de Bourgogne, beau-père d'Henri, avait réuni à ses terres le fief que Jean de Belmont, écuyer tenait en ce lieu. Un autre noble avait des biens à Darnin, il s'agit de Renaud de Bavans. Après la mort de ce dernier ses fils Vuillemein et Huguenin, écuyers, vendaient en 1303 à Thiébaud IV de Neuchâtel ce qu'ils tenaient à Darnin. En 1321, le prieuré de Saint-Valbert possédait le bois dit « la Roche-Salamon ». Darnin devait disparaître vers 1362[23].

Un XIVe siècle de prospérité[modifier | modifier le code]

Blason des seigneurs de Neuchâtel-Bourgogne.

L'acte de 1374 est important pour la seigneurie et sera le fondement du régime municipal sous lequel la ville prospérera plusieurs siècles. En plus de déclarer les habitants « francs et quittes de toutes tailles, exactions, impositions, services et servitudes, quels qu'ils soient » il autorise l'élection annuelle d'un magistrat composé de neuf membres ayant la charge de gouverner la communauté. Ainsi à côté d'un tribunal dit « de la mairie » s'élevait bien vite une « justice de la prévôté » formée d'un prévôt et de cinq « prud'hommes » choisis parmi les maires des communes voisines. Ces deux cours pouvaient voir leurs sentences être soumises en appel à la cour du bailli. Thiébaud VI de Neuchâtel, propriétaire de la seigneurie confirme ces franchises le . Il l'avait acheté aux ducs en novembre de l'année précédente pour la somme de 11 200 florins d'or sous la réserve de ré-achat et « du droit d'ouverture du château pour les ducs et leurs gens à toute réquisition »[22].

Ces transferts de propriété sont la source de désolation pour Héricourt dès le début du XIVe siècle où elle fait l'objet d'un indivis entre les seigneurs de Neuchâtel-Bourgogne et l'évêque de Bâle. Le refus de Thiébaud de Neuchâtel-Bourgogne de restituer la seigneurie malgré la clause de remboursement, signifiée dans l'acte d'achat de 1377, entraîne la venue à main armée de l'évêque Jean de Fleckenstein accompagné du comte de Thierstein en . La ville et le château sont pillés et incendiés de même que ceux de Clémont. Quelques années plus tard, en 1444, le dauphin, futur Louis XI, menace à son tour la seigneurie lors de sa campagne contre les bandes de « routiers » qui écumaient la région. L'habileté de Thiébaud VIII de Neuchâtel à protéger ses biens de même que ceux de Granges et d'Étobon, qui appartenaient aux jeunes comtes de Wurtemberg Louis IV et Ulrich V, ses neveux qu'il avait sous sa protection, réussit à éviter le désastre. La gouvernance des Neuchâtel-Bourgogne permet une époque de prospérité pour la communauté d'autant que ceux-ci entretiennent de bonnes relations avec Montbéliard comme en témoigne la lettre adressée à Herman d'Eptingue, alors bailli de la cité : « Très chier et grant amy. Je me recommande a vous; quant je suis venu en ce lieu d'Ericourt, j'ai sceu que vous vous doubtez fort a Montbéliart et y fait-on grant guet et garde. Veuillez moy faire savoir de qui c'est que vous doubtez. Mon propos a tousiours esté et est encor de deffendre et revanger Montbéliart et la seigneurie a tout ce que honneste et possible me serait; se chose voulu que je puisse, je le feray voluntiers. Nostre seigneur vous ayt en sa garde. Escript aud. Éricourt, le Xe jour de may, l'an LXVII. T. de Neufchastel, d'Espinal et de Chastel sur Mozelle, maréchal de Bourgongne »[22].

L'incursion de Charles le Téméraire[modifier | modifier le code]

Charles le Téméraire.

Dès les années 1474-1477, la région subit les dégâts causés par la guerre de Bourgogne que livre Charles le Téméraire contre les cantons suisses. Les seigneurs de Neuchâtel, par leur position de vassaux du duc de Bourgogne, sont obligés de s'unir à lui pour affronter la Confédération Suisse. Celle-ci s'empare des châteaux d'Héricourt, du Châtelot, de L'Isle-sur-le-Doubs, de Blamont et de Clémont. Malgré la présence d'Étienne de Hagenbach et la venue de 15 000 Bourguignons à son secours, Héricourt tombe après 15 jours de siège et la ville est laissée à l'archiduc d'Autriche. Celui-ci, en 1481, consentait sur l'insistance d'Henri de Neuchâtel et de Claude, tous deux fils de Thiébaud IX, à leur restituer la ville ainsi que Châtelot et L'Isle. Mais la guerre avait ruiné la seigneurie qui se trouvait en péril à tel point que « si quelque aide ou provision n'y estait mise, la ville estait en voie de brief demeurer inhabitée ». Au début du XVIe siècle s'éteignait la lignée de Neuchâtel. L'héritage de Thiébaud IX était transmis à la branche de Neuchâtel-Montaigu en la personne de Jean son frère. Furieux d'être dépossédés de cette riche succession, les époux des petites-filles de Thiébaud IX, Félix de Werdemberg et Guillaume de Furstemberg, s'emparent des terres[22].

Guillaume de Furstemberg reçoit Héricourt ainsi que Châtelot, L'Isle et Clémont. Il prend le titre de « souverain-seigneur » et entreprend d'élargir les droits de commerce et d'octroyer de nouvelles franchises. La maison de Montaigu n'était pas restée sans rien faire devant la spoliation de son héritage. Ses membres avaient entamé une procédure de restitution qui sera poursuivie par Ulrich VI de Wurtemberg après qu'il eut acheté la seigneurie pour 6 000 florins d'or. L'affaire trainait en longueur et deux prétendants s'affrontaient pour s'emparer des terres, d'un côté le duc de Wurtemberg qui l'avait achetée aux Montaigu, de l'autre Gabriel de Salamanque, comte d'Ortembourg qui la tenait de l'archiduc Ferdinand qui avait lui aussi acheté la seigneurie mais cette fois à Guillaume de Furstemberg. L'affaire se régla par l'affrontement, aux pieds des murailles de la ville, d'un corps de troupe du duc, fort de 4 000 hommes et de 200 cavaliers, face aux milices de Montbéliard en [22]. Héricourt et sa seigneurie deviennent officiellement montbéliardaises. Dès lors, cette seigneurie et celles de Blamont, Châtelot et Clémont formeront les Quatre Terres ou Quatre Seigneuries. Et deux ans plus tard, Héricourt et sa seigneurie deviennent luthériennes.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Les invasions de 1587-1588[modifier | modifier le code]

Lors des guerres de Religion le comté de Montbéliard subit les incursions des troupes du duc de Guise et Héricourt se voit sommée de se rendre par Ehrard de Reinach. Le traité de capitulation est signé le [Note 1]. Très mécontent de la soumission des habitants de la ville, le comte Frédéric fera abattre les murs et les portes de la ville en obligeant les Héricourtois à faire eux-mêmes ce travail. Il leur retira leurs franchises ainsi que leurs revenus municipaux le lors d'une cérémonie sur la place devant le château d'Héricourt où il leur fit la remontrance : « ce n'est à vous autres rebelles d'avoir des privilèges, ains à mes bourgeois de Montbéliard qui les ont mieux mérités que vous » ; ceci dit il déchira les originaux des franchises et les jeta au sol. Sept des habitants furent jugés et pendus à des arbres aux avenues de la ville et plusieurs sont conduits dans les prisons du château de Montbéliard. Les habitants n'auront de cesse de supplier le duc de revenir sur sa décision et plusieurs fois, en 1588, 1589, 1590 et 1602, ils lui adresseront leurs suppliques : « Qu'il vous plaise donc, très juste et benin prince, accorder la requête des pauvres supplians ; qu'ils ne soient du tout détruits et ruinés et exposés comme à la merci de vos ennemis et des leurs ; démonstrez un témoignage très louable et perpétuel de votre bénigne clémence envers la pauvre ville d'Héricourt ; rendez par ce moyen la moitié de la vie à vos pauvres bourgeois et sujets ; munissez leur peu de biens ; garantissez des brigands et des voleurs la pudicité de leurs femmes et de leurs filles, ayant compassion de vingt ou trente villages qui n'ont ou n'avalent aultre refuge propre pour retirer leurs biens en temps de guerre qu'audit Héricourt ; rappeliez leur jeunesse et aultres de leurs bourgeois, manans et habitans, qui, pour la désolation de leur ville, absentent le pays ; que votre bonne excellence s'assure que, moyennant l'aide de Dieu, les supplians se maintiendront mieux que jamais sous son obéissance, et qu'ils abandonneront plutôt leurs vies et leurs biens que de jamais rencheoir en telle faute qu'il y a deux ans ». Le duc Frédéric refusera toujours de revenir sur sa décision. Il faudra attendre le pour que son fils Jean-Frédéric de Wurtemberg consente à répondre positivement à la requête des habitants[24].

XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

Héricourt sur la carte de Cassini.

La princesse Magdalena-Sibylla de Wurtemberg, veuve du duc Léopold-Frédéric vient s'installer au château d'Héricourt à partir de 1662. L'un de ses amis d'enfance, le compositeur Johann Jakob Froberger la rejoint peu après. Il y mourra en .

Un autre souverain européen s'intéresse à Héricourt. Suivant sa fameuse Politique des Réunions et après avoir conquis la Franche-Comté, Louis XIV s'empare de la seigneurie d'Héricourt en occupant la principauté de Montbéliard de 1676 à 1699. Bien que le Montbéliard retrouve par la suite son indépendance, les Quatre Terres (dont Héricourt) restent occupées par les forces françaises.

Le « roi très chrétien » impose alors un curé royal pour convertir les protestants. Toutefois, les protestants ne se convertissent que peu.

Petit à petit, la France administre la ville et sa seigneurie, via les actions de l’intendant de Franche-Comté et du Parlement de Besançon, ou encore par la réunion juridique des Quatre Seigneuries au bailliage d’Amont. Cette mainmise de la France est même confirmée par les Wurtemberg sous le règne de Eberhard-Louis, par un décret publié le . En effet, le duc décida que « les [Quatre] seigneuries continueraient à être gouvernées suivant les droits et coutumes du comté de Bourgogne et suivant les ordonnances de la France, ajoutant que dans tous les cas où l’on pourrait s’en écarter, on devoit y suivre les ordonnances du comté de Montbéliard pour les affaires ecclésiastiques, économiques et financières »[25]. Toutefois, la domination montbéliardaise et son influence sur Héricourt restent importantes, puisque les mêmes institutions, et surtout la même religion, restent présentes jusque, au moins, en 1748. Les princes de Montbéliard avaient toujours régi cette seigneurie jusqu’à l’occupation française, car avant la conquête française, le nouveau magistrat (équivalent du conseil municipal actuel), lorsqu’il était élu, prêtait serment sur les Évangiles qui étaient entre les mains du « maire », le représentant du prince. Enfin, le lien avec la domination princière ne se coupa jamais véritablement, ne serait-ce que sur le plan religieux.

Mais cette occupation française ne pouvait rester officieuse. Ainsi, une convention entre la France et le Wurtemberg se tint en 1748 à Versailles.

La Convention de Versailles de 1748[modifier | modifier le code]

Le se tient à Versailles une convention qui réunit le roi de France et le duc de Wurtemberg, dont le sujet est le statut des Quatre Seigneuries. Avec cette Convention, « le Prince [de Montbéliard recouvre] ses revenus et droits seigneuriaux et le droit de nommer tous les fonctionnaires attachés aux justices des 4 seigneuries mais ils doivent obligatoirement être choisis parmi des catholiques et recevoir l’agrément du roi pour pouvoir entre[r] en fonction »[26]. En clair, le prince reconnait la souveraineté du roi de France sur les Quatre Seigneuries et devient, en ce qui concerne ces dernières, le vassal du Roi Très Chrétien. Héricourt devient alors française de jure et les catholiques s'installent en ville.

Dès lors, la seigneurie d’Héricourt est rattachée à la Franche-Comté. Elle appartient au bailliage d’Amont et au bailliage secondaire de Vesoul, mais elle dépend de la subdélégation de Baume-les-Dames : le subdélégué de l’intendant qui y réside reçoit les comptes de la ville d’Héricourt ou tout autre acte pris par la commune, les vérifie, puis les renvoie à l’intendant.

Étant ainsi reconnu comme seigneur d’Héricourt et des autres Seigneuries, le prince de Montbéliard peut alors toucher les revenus de son domaine utile, c’est-à-dire « tous droits de justice haute, moyenne et basse ; plusieurs domaines, fiefs, arrières fiefs, foi, hommages, cens, rentes, tailles, dixmes, corvées, terreages, champarts, mainmorte, droits de lods et vente de commises, plusieurs bois, étangs, rivières, ruisseaux, moulins, prels, vignes, et autres droits seigneuriaux »[27]. Cela se traduit par la remise en fonction d’un système médiéval le mi-partisme. Ce système se résumait ainsi : les différentes communautés de la Seigneurie étaient coupées en deux, une partie payait ses impôts au prince, l’autre au roi. Selon Émilie Cardoni, « la partie non montbéliardaise de la population des villages mi-partis représentait en fait les sujets appartenant [autrefois] aux seigneurs de Neuchâtel[-Urtière], vassaux du Comté de Bourgogne ainsi qu’une partie des terres des villages »[28]. Ces possessions entrèrent dans le domaine de la maison de Poitiers qui les céda juridiquement aux Wurtemberg à la suite d'un procès perdu en 1688 – ces terres étaient montbéliardaises de facto depuis la fin du XVIe siècle, ce qui explique pourquoi le système n’apparut pas sous la domination des princes, puisque ces derniers étaient les seigneurs des deux parties de ces communautés.

Dans la Seigneurie, plusieurs villages sont mi-partis : Aibre, Bussurel, Champey, Coisevaux, Echenans-sous-Mont-Vaudois, Laire, Tavey et Trémoins, qui entourent la ville d’Héricourt qui, rappelons-le, n’était pas une communauté mi-partie. Ainsi, dans ces villages, certaines personnes étaient assujetties directement au roi de France, d’autres au prince de Montbéliard. Mais un tel système ne pouvait fonctionner, car il était difficile de savoir quel foyer devait payer au prince ou au roi. Ainsi, beaucoup d’habitants de la Seigneurie auraient profité de la confusion fiscale qui s’était installée depuis 1700. Le prince demanda donc au roi de l’aider, ce que ce dernier fit en publiant un « Mandement au terrier » en 1759 qui obligea tous les habitants à justifier leurs titres de propriété, mandement qui énuméra la nature et l’étendue des droits du prince sur la Seigneurie... et qui le rendit impopulaire.

Bien que la convention fût signée en 1748 entre le roi et le prince, elle était difficilement applicable. Le prince et le roi se rendirent compte de cela et décidèrent, le , de signer un traité qui établissait des échanges commerciaux entre le duché et le royaume, et qui devait régler le problème des villages mi-partis : un échange territorial fut projeté entre les deux souverains. Le duc devait retrouver ses pleins pouvoirs dans plusieurs villages dont des villages mi-partis, d’autres villages mi-partis échoueraient en totalité au roi. Dans la Seigneurie d’Héricourt, les communautés attribuées au duc étaient : Trémoins, Laire, Bussurel, Champey, Coisevaux, Aibre, Tavey, l’actuel Vyans-le-Val, Byans et Saint-Valbert (maintenant un quartier d'Héricourt) ; la communauté d’Echenans-sous-Mont-Vaudois, elle, irait au roi de France. Les deux souverains promirent aussi de respecter les religions catholique et luthérienne qui étaient présentes sur leurs territoires respectifs. Cependant, comme le dit Jean-Pierre Dormois, ce traité « ne reçut jamais d’application du fait de l’opposition du parlement de Besançon, et ce, malgré le lit de justice du  : en 1789, il est encore sur ses bureaux »[29].

Sur place, les autorités royales locales ne mettent que peu d’ardeur à défendre les revendications du vassal du roi de France. Le « Mandement au terrier » est particulièrement impopulaire dans la Seigneurie d’Héricourt. L’image du Prince est ternie depuis la Convention de Versailles. Précisons aussi que le duc de Wurtemberg s’était converti au catholicisme, ce qui n’était pas pour plaire aux luthériens. De ce fait, des conflits naissent entre la Seigneurie d'Héricourt et le Prince pour des causes diverses : par exemple, en 1757 débute un procès entre le Prince et les bourgeois d’Héricourt, à propos de la perception des droits sur la distribution du sel, les lods, et les ventes ; en 1789, le procès est encore en instance. Les gens d’Héricourt avaient l’impression que les autorités seigneuriales et les autorités montbéliardaises s’étaient mises de concert avec les autorités royales pour chercher à imposer la ville le plus possible. Ainsi, le Prince de Montbéliard ne semblait plus être, pour les Héricourtois, le défenseur idéal de leurs franchises face à l’affirmation du pouvoir royal.

Révolution française et Empire[modifier | modifier le code]

1789 : les habitants d'Héricourt rédigent deux cahiers de doléance : un pour la ville et un pour les protestants.

1790 : Héricourt est rattachée au département de la Haute-Saône et devient chef-lieu de canton.

Gravure représentant Héricourt au XIXe siècle.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Industrie textile[modifier | modifier le code]

Cheminée témoins du passé industriel.

L'industrie textile est particulièrement développée à Héricourt entre le début du XVIIIe siècle et la fin du XXe siècle avec une période de prospérité entre les années 1870 et 1950. Les deux principales entreprises sont les établissements Méquillet-Noblot et la maison Schwob[M 1].

La guerre de 1870[modifier | modifier le code]

Les 15, 16 et 17 janvier 1871, l’armée de l’Est commandée par le général Bourbaki livre la bataille dite de la Lizaine ou d'Héricourt. Les Prussiens sont en retraite depuis la victoire française de Villersexel. Tandis que les Prussiens bombardés et en voie d'encerclement s'apprêtent à se replier, les Français, malades, doivent renoncer à poursuivre l'offensive et sont ensuite contraints de se réfugier en Suisse.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, Héricourt est occupée par les Allemands et sera libérée le par des troupes françaises.

Depuis la libération[modifier | modifier le code]

Les deux communes de Bussurel et Byans fusionnent avec Héricourt le [30].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La Deuxième circonscription de la Haute-Saône sur une carte départementale.

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

Héricourt fait partie de l'arrondissement de Lure du département de la Haute-Saône, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Pour l'élection des députés, la commune fait partie de la deuxième circonscription de la Haute-Saône depuis le redécoupage des circonscriptions législatives françaises de 2010.

La commune était, depuis la Révolution française, le chef-lieu du canton d'Héricourt. En 1985, ce canton fut scindé en deux pour former les cantons de Héricourt-Est et de Héricourt-Ouest[31]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, la commune est désormais le bureau centralisateur de deux nouveaux cantons, Héricourt-1 et Héricourt-2.

La géographie des quatre cantons, ceux existants entre 1985 et 2015, et ceux créés en 2015, est synthétisée sur les cartes départementales suivante :

La commune d'Héricourt se trouve dans le ressort des tribunaux d'instance, paritaire des baux ruraux et du conseil de prud'hommes de Lure, des tribunaux de grande instance et de commerce ainsi que de la cour d'assises de Vesoul et du tribunal des affaires de Sécurité sociale du Territoire de Belfort. Ces juridictions sont rattachées à la cour d'appel de Besançon.

Dans l'ordre administratif, la commune se trouve dans le ressort du tribunal administratif de Besançon et de la cour administrative d'appel de Nancy[32],[33].

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Carte départementale représentant en rouge la communauté de communes du Pays d'Héricourt.

La commune est le siège de la communauté de communes du Pays d'Héricourt, intercommunalité créée au .

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Au référendum sur le traité constitutionnel pour l'Europe du , le pourcentage d’habitants qui ont voté contre la Constitution européenne est de 69,86 %[34], alors qu'il est de 54,67 % pour la France[35].

À l'élection présidentielle française de 2007, le premier tour a vu se démarquer Ségolène Royal (PS) avec 29,89 %. Concernant le second tour, Ségolène Royal récolte 53,97 % des votes contre 46,03 % pour Nicolas Sarkozy (UMP)[36]. À l'élection présidentielle française de 2012, le premier tour voit François Hollande (PS) arriver en tête des listes avec 31,26 % des suffrages exprimés, suivie de Marine Le Pen (FN) qui totalise 26,22 %. Au second tour, François Hollande obtient 58,77 % des suffrages exprimés contre 41,23 % pour Nicolas Sarkozy (UMP)[37].

Administration municipale[modifier | modifier le code]

L'hôtel de la ville.

Le nombre d'habitants au dernier recensement étant compris entre 10 000 et 19 999, le nombre de membres du conseil municipal est de 33[38].

Composition du conseil municipal de Héricourt (2014-2020)[39]
Président de groupe Effectif Statut
     PS Fernand Burkhalter 24 Majorité
     FG Gilles Lazar 5 Opposition
     UMP Didier Tribout 4 Opposition

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[40]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1947 1971 Georges Tournu SFIO Conseiller général de Héricourt (1961 → 1967)
1971 1983 André Girard PSD Conseiller général d'Héricourt-Ouest (1985 → 1992)
Président du Conseil général de la Haute-Saône (1979 → 1982)
1983 2004 Jean-Pierre Michel PS, puis MDC
et AGR
Magistrat
Député de la Haute-Saône (2e circ.) (1981 → 2002)
Sénateur de la Haute-Saône (2004 → 2014)
Conseiller général de Héricourt-Ouest (1992 → 2011)
2004 2014[41],[42] Jean-Michel Villaumé PS Enseignant
Député de la Haute-Saône (2e circ.) (2007 → )
Conseiller général de Héricourt-Est (1985 → 2007)
avril 2014[43] en cours
(au 28 janvier 2016)
Fernand Burkhalter[44] PS Président de la CC du Pays d'Héricourt (2008 → )
Conseiller général de Héricourt-Ouest (2011 → 2015)
Conseiller départemental d’Héricourt-2 (2015 → )
Vice-président du SMAU[45] ( ? → )

Jumelages[modifier | modifier le code]

La commune d'Héricourt est jumelée avec :

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune d'Héricourt comptait 9896 habitants. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Les autres « recensements » sont des estimations.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 511 1 462 1 498 1 998 2 838 3 353 3 518 3 526 3 770
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 485 3 551 2 856 2 826 3 558 3 646 3 759 4 720 5 499
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
6 230 6 610 6 850 6 054 5 552 5 811 6 136 5 437 6 794
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
7 160 7 485 8 578 10 014 9 742 10 133 10 361 10 547 10 239
2013 - - - - - - - -
9 896 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[47] puis Insee à partir de 2004[48].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'éducation à Héricourt est assurée de la maternelle au lycée[M 2].

Écoles maternelles

  • École maternelle Petit
  • École maternelle des Chenevières
  • École maternelle du Centre
  • École maternelle Gabrielle Paris

Groupes scolaire

  • Groupe scolaire André Borey
  • Groupe scolaire Robert Ploye
  • Groupe scolaire Eugène Grandjean
  • École Privée Saint Joseph
  • École de Bussurel
  • Pôle des écoles liées

Collèges

  • Collège Pierre et Marie Curie
  • Collège Privé Saint-Joseph

Lycées

  • Lycée Louis Aragon

En ce qui concerne les études supérieures, les établissements les plus proches sont situés dans l'aire urbaine de Belfort-Montbéliard.

Santé[modifier | modifier le code]

Les services hospitaliers sont assurés par le centre hospitalier de Belfort-Montbéliard, implanté à mi-chemin entre les deux villes, à Trévenans[49].

Services et équipements publics[modifier | modifier le code]

La commune possède des services techniques consacré à la voirie, à l'eau potable, à l'assainissement, à l'éclairage publique et au cimetière[M 3]. La collecte des déchets ménagers et le tri sélectif sont assurés par la communauté de communes du Pays d'Héricourt[M 4]. La « Cavalerie » est une salle polyvalente de 1 000 m2 destiné à l’accueille de conférences, foires, expositions, salons et spectacles[M 5]. La ville possède aussi une médiathèque[M 6].

Sécurité et secours[modifier | modifier le code]

Se trouvent à Héricourt une caserne de pompiers (SDIS)[50], un centre du SAMU, une brigade de gendarmerie, un commissariat de police nationale.

Sports[modifier | modifier le code]

Article connexe : Sport dans la Haute-Saône.

La commune dispose de neuf terrain de footballs (le principal étant celui du Mougont avec ses gradins couverts), de trois terrains de basket, de trois salles multipsort, de deux stades d'athlétisme, de deux murs d’escalade, de deux courts de tennis, d'un mur de tennis, trois plateaux d'EPS, un parcours santé, un bassin de natation, une salle de dojo, une salle de musculation, une salle de gymnastique, un skatepark et d'un terrain de pétanque[51].

Médias[modifier | modifier le code]

La presse écrite est représentée par le quotidien régional L'Est républicain[52] ainsi que par le journal hebdomadaire Les Affiches de la Haute-Saône. La ville est couverte par les programmes de France 3 Franche-Comté[53].

Cultes[modifier | modifier le code]

Les deux églises en enfilade.
Article détaillé : Protestantisme à Héricourt.

Héricourt possède deux églises principales consacrées à Saint Christophe, l'une de culte catholique, l'autre de culte luthérien. Un autre temple luthérien existe sur l'ancienne commune de Bussurel, au sud.

Une mosquée est construite en 2009, elle possède un minaret et un dôme[54].

Concernant la religion juive, la synagogue de Belfort est le lieu de culte le plus proche.

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

En 2012, 59 % des foyers fiscaux d'Héricourt étaient imposables[A 4].

La même année, le revenu fiscal médian par ménage était de 18 002 €[A 4].

Emploi[modifier | modifier le code]

L'agglomération d'Héricourt-Belfort-Montbéliard concentre beaucoup d'emplois (plus de 39 % de la population d'Héricourt travaille dans ces deux dernières villes en 2004[A 5]).

En 2012, la population âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 6 574 personnes, parmi lesquelles on comptait 71,7 % d'actifs dont 60,3 % ayant un emploi et 11,5 % de chômeurs[A 6].

On comptait 3 801 emplois dans la zone d'emploi, contre 3 507 en 2007. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la zone d'emploi étant de 4 006, l'indicateur de concentration d'emploi est de 94,9 %[A 7].

Le taux d'activité parmi les 15 ans ou plus a atteint 56,0 % en 2012[A 7].

Entreprises et secteurs d'activité[modifier | modifier le code]

Au , la commune d'Héricourt comptait 664 établissements dont 11 dans l'agriculture, 49 dans l'industrie, 74 dans la construction, 414 dans le commerce-transports-services divers et 116 relatifs au secteur administratif[A 8]. En 2014, 66 entreprises ont été créées à Héricourt [A 9], dont 55 sous le régime auto-entrepreneur[A 10].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le château d'Héricourt.
  • Le Fort du Mont-Vaudois (1874-1877), camp retranché de Belfort, construit pour 667 hommes avec toute l'infrastructure nécessaire à leur hébergement, fait partie des fortifications chargées de la défense de la Trouée de Belfort contre l'invasion possible venant de l'Est.
  • La « Grosse Tour » : C'est pratiquement tout ce qui reste de l'ancien château féodal d'Héricourt. Ses créneaux d'origine ont fait place à une toiture à 4 pans, lors d'une opération de sauvegarde. Dans la cour, l'ancien puits du château subsiste sous une dalle, et le cellier a été aménagé en salle de réception.
Article détaillé : Château d'Héricourt.
  • La maison du bailli ou « Petit Château » : Construite vers 1525 par Guillaume de Furstemberg, il est à peu près certain qu'elle a servi d'habitation aux baillis de la seigneurie jusqu'au début du XVIIIe siècle. Elle est aujourd'hui englobée dans le collège St-Joseph. Elle comporte encore un escalier à vis ou « viret » et une salle médiévale dite « salle du bailli Sirebon » avec un pilier central sculpté et fenêtres géminées. Une porte secrète construite dans la muraille entourant la maison, appelée aussi « Porte de Fer », donnait d'un côté sur les prés et de l'autre sur les dépendances de la maison du bailli. Elle servait d'issue à la ville en cas d'attaques ou de sièges.
  • Le temple (ou Église luthérienne Saint-Christophe) : Construit au XIe siècle ou XIIe siècle, il s'agissait au départ d'une église catholique dédiée à saint Christophe. Son architecture est un mélange de Roman et de Gothique. En 1565, les ducs de Wurtemberg imposèrent la réforme protestante dans le pays de Montbéliard ; l'église devint alors un temple. En 1700, après l'annexion de la Franche-Comté par Louis XIV, le catholicisme fut rétabli. Le temple accueillit alors les deux cultes, les catholiques dans le chœur et les protestants dans la nef. Ce « Simultaneum » a perduré jusqu'à la construction de l'église Saint-Christophe en 1887. À côté du temple (à la place de l'actuel « parking de l'église »), jusqu'en 1823, se trouvait le cimetière.
  • Les portes : La ville ne possédait que deux entrées : à l'ouest, la porte de Saint-Valbert et à l'est la porte de Brevilliers. Entre ces deux portes s'étendait la Grande Rue. Ces portes étaient défendues par des tours et des fossés, sur lesquels il y avait des ponts-levis et des corps de gardes.
Le musée Minal.
  • Les halles : Au cœur du centre-ville, en plein centre de la Grande Rue, se trouvait le bâtiment des Halles (38 mètres de longueur sur 16 mètres de largeur). Les Halles furent probablement construites vers 1585 et ont été détruites en 1853. Dans le rez-de-chaussée ouvert se tenaient le marché hebdomadaire et les deux foires annuelles (23 avril et 28 octobre). On y trouvait le Corps de Garde ainsi que les pompes à incendie. Au premier étage, plusieurs grandes salles dans lesquelles on stockait les grains et où se tenaient les audiences de justice du bailliage. À côté des Halles se trouvaient l'école, la prison ainsi que le Four banal. C'est sur l'emplacement de ce bâtiment des Halles que l'on a construit l'actuel Hôtel de Ville.
  • La fontaine du Savourot, en demi-cercle, et la chapelle de Saint-Valbert, au lieu-dit du même nom.
  • À la Grand-Pré, subsiste la dernière cheminée d'usine d'Héricourt, rappelant son activité passée de filatures et tissages.
  • Le musée Minal : Ce bâtiment (de style néoclassique en briques et pierres) fut dès son origine conçu pour être un musée. Il tient son nom de Héloïse Durif (1836-1917), veuve de Charles Émile Minal (1817-1899). Ce dernier, natif d'Héricourt, amassa une importante collection d'œuvres d'art. À sa mort en 1917, Héloïse Minal fit don de cette collection (composée de tableaux, de bijoux, de vaisselle et de meubles) à la ville d'Héricourt, avec les subsides nécessaires à la construction d'un musée destiné à accueillir cette collection. Le musée fut inauguré en 1923. Il accueille aujourd'hui des expositions temporaires.

Personnalités liées à Héricourt[modifier | modifier le code]

Plaque rendant hommage à Johann Jakob Froberger devant le château d'Héricourt.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Héricourt 70.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

d’argent au tau de gueules, au chef du même chargé d’une balance d’or.

Les anciennes armoiries portaient : « de gueules à la potence de sable, au chef d'azur chargée d'une potence d'argent » (une chronique du XVIe siècle indique : « d'argent à la potence de gueules, au chef de gueules chargé d'une balance d'or »[57].
Logo de la ville.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • L. Suchaux, La Haute-Saône: dictionnaire historique, topographique et statistique des communes du département, (lire en ligne). 
  • Charles Canel, Histoire d'Héricourt,
  • Pierre-Frédéric Beurlin, pasteur de la paroisse d'Etobon, 1881, Recherches historiques sur l'ancienne seigneurie d'Héricourt
  • Charles Duvernoy, Les villages ruinés du comté de Montbéliard, avec quelques autres d'origine moderne, (lire en ligne), p. 19 à 21
  • Charles Duvernoy, Notice sur l'ancienne seigneurie d'Héricourt jusqu'en l'année 1561, (lire en ligne)
  • Revue des études historiques, Société des études historiques, (lire en ligne), p. 25, 29, 30, 3

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Traité de capitulation du 14 janvier 1588 :
    • Que le capitaine et soldats ayants fait garde de la dite place, en nombre de cent vingts ou environ, se pourront librement retirer où bon leur semblera, avec enseignement et saufconduit, afin qu'aulcuns tort, moleste, ny recherche ne leur soit fait en leurs personnes ou biens, pour cause de leur service ou autrement, et particulièrement sera conduit ledit capitaine avec toute sûreté de sa dite personne et biens, deux, trois ou plus de lieues vers la part qu'il voudra tirer.
    • Que lesdits sieurs entreront avec leur suite en ladite ville et de plus avec vingt-cinq soldats arquebouziers, pour aider à la garde d'icelle avec les bourgeois, sans aultres garnisons ou charges de gens de guerre pour le présent, s'il n'est de besoing et ils en requirent.
    • Que lesdits bourgeois et habitans seront reçus et maintenus en la garde, protection et défense de sa dite M. C. avec promesses qu'à leurs personnes, biens, femmes, enfans ou familles ne sera fait aulcung tort, moleste, ne recherche pour chose que ce soit, virant en l'obéissance déhue à sa dite M., et comme tous aultres habitans et bons subjets de ses pays, terres, villes et seigneuries, et ceulx de ses bons vassaux catholiques font, et promptement ils feront serment déhu et requis audit sieur de Montcointin, qui demeurera leur chef et gouverneur tant et si longuement qu'il plaira à S. M.
    • Que moyennant ce, ils seront maintenus en leurs anciennes franchises, privilèges et libertés, sans aucunement faire ny permettre être fait du contraire par quelques rançons, impositions de deniers, ou aultres charges extraordinaires.
    • Que s'il advient aulcung séjour de la dite armée et troupes estant ez environs, ils n'entreprendront rien à rencontre ny au préjudice du présent traité, ains s'ils veulent quelques soulagement et assistance de la dite ville, ce sera avec payement raisonnable.
    • Que si aulcuns desdils bourgeois et habitans de ladite ville ont volonté d'eux retirer d'icelle pour vivre ailleurs, faire le pourront promptement, empourtans leurs biens et meubles à leur volonté et sans empeschement quelconque.
    • Comme aussi lesdits bourgeois-forains, ayans aulcuns biens, meubles ou vivres retirés en la dite ville et château, les en pourront sortir et transporter ailleurs sans contredits.
    Lesquels points et articles susdits, en général et particulier, iceulx sieurs de Montcointin et de Cobreville pour une part, et les dits de la ville pour l'aultre, ont promis et par ceste promettent sous leurs foys d'honneur et serement respectivement de tousiours et inviolablemcnt accomplir, effectuer et maintenir, sans aller du contraire, ayant iceux sieurs pour assurances et tesmoignage de vérité signés cesles de leurs noms, comme aussi ont faist honorables hommes Nicolas Jacquin, procureur ; Guillaume Vuillot, maire ; Jean Perdrix d'Argent, Pierre Bichardot, maîtres-bourgeois ; Henri Oudot, Jean Mourel, Eslienne Paignot, jurés ; Henri Perdrix, Jean Carpet, Gaspard George, Michel Tuette, Begnauld du Vaulx, Jacques Barbauld, Servois Barbauld, Nicolas Barbauld le jeune, Jean Belot, Nicolas Belot le jeune, Jacques Bichardot, Nicolas Dargent, Guidot Veronet, Pierrot Dormois, Jacques Charpiot, Jean Charpiot, Antoine Receveur, tous bourgeois, députés et représentans la généralité des dits bourgeois et habitans dudit Héricourt. Ainsi fait, passé, capitulé et accordé, le 14° jour du mois de janvier 1588

Références[modifier | modifier le code]

Site de l'Insee[modifier | modifier le code]

  1. LOG T2 - Catégories et types de logements.
  2. LOG T7 - Résidences principales selon le statut d'occupation.
  3. LOG T3 - Résidences principales selon le nombre de pièces.
  4. a et b REV T1 - Impôts sur le revenu des foyers fiscaux.
  5. [PDF] Insee, Pays de l'aire urbaine Belfort-Montbéliard-Héricourt-Delle : Les salariés résident de plus en plus en dehors des pôles d'emplois, coll. « L'essentielle » (no 115), (lire en ligne), p. 4.
  6. EMP T1 - Population de 15 à 64 ans par type d'activité.
  7. a et b EMP T5 - Emploi et activité.
  8. CEN T1 - Établissements actifs par secteur d'activité au 31 décembre 2013.
  9. DEN T1 - Créations d'entreprises par secteur d'activité en 2014.
  10. DEN T2 - Créations d'entreprises individuelles par secteur d'activité en 2014.

Site de la mairie[modifier | modifier le code]

  1. « Résultats de recherche Histoire - Trois siècles d'activité textile à Héricourt » (consulté le 22 janvier 2016).
  2. « L'enseignement à Héricourt » (consulté le 30 décembre 2012).
  3. « Services techniques » (consulté le 10 octobre 2015).
  4. « Le service des déchets ménagers » (consulté le 10 octobre 2015).
  5. « La cavalerie » (consulté le 10 octobre 2015).
  6. « La médiathèque » (consulté le 10 octobre 2015).

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Carte IGN d'Héricourt sur Géoportail.
  2. Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, [lire en ligne].
  3. « Le Massif du Jura », sur franche-comte.gouv.fr,‎ (consulté le 8 octobre 2015).
  4. « Montbéliard : carte géologique », sur ac-besancon.fr (consulté le 8 octobre 2015).
  5. Annuaire du département de la Haute-Saône, Préfecture de Haute-Saône, (lire en ligne), p. 61.
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