L'Argentière-la-Bessée

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L'Argentière-la-Bessée
La gare de L'Argentière-les Écrins.
La gare de L'Argentière-les Écrins.
Blason de L'Argentière-la-Bessée
Blason
Logo
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Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Briançon
Canton L'Argentière-la-Bessée
(bureau centralisateur)
Intercommunalité Communauté de communes du Pays des Écrins
(siège)
Maire
Mandat
Patrick Vigne
2017-2020
Code postal 05120
Code commune 05006
Démographie
Gentilé Argentiérois
Population
municipale
2 307 hab. (2015 en diminution de 0,82 % par rapport à 2010)
Densité 36 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 47′ 43″ nord, 6° 33′ 36″ est
Altitude Min. 945 m
Max. 3 243 m
Superficie 64,55 km2
Localisation

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L'Argentière-la-Bessée

L'Argentière-la-Bessée est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Argentiérois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Chef-lieu du canton de l'Argentiérois, recouvrant le pays des Écrins, situé aux confluents de la Gyronde, vallée de Vallouise, et du torrent du Fournel avec la Durance, à environ 1 000 m d'altitude.

Géologie[modifier | modifier le code]

Géologie et ici

Toponymie[modifier | modifier le code]

En occitan alpin, la commune se nomme L'Argentièra e la Beçaa.

« L'Argentière », du fait de la présence de minérai d'argent (mine du Fournel) ; en occitan, argentièra signifie « mine d'argent ». « La Bessée » (la Beçaa) est un lieu où poussent des bouleaux (en occitan, beç ; généralement retranscrit « Bez » en français).

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune est issue de la fusion en 1791 des anciennes communes de L'Argentière, sur la rive droite de la Durance, et de La Bessée, sur la rive gauche, sur la route de Briançon.

Sur le territoire de la commune, des fouilles ont découvert une ville romaine à Champcella[1].

Le village de La Bessée[modifier | modifier le code]

Le village de La Bessée est connu depuis le XIIe siècle, il a été érigé en paroisse le 15 février 1843.

C'est dans ce village que se trouvaient les services administratifs, le juge, les notaires, le relais de poste et de diligence.

Cinq chanoines de la congrégation d'Oulx y desservaient un prieuré sous le vocable de Saint-Michel ; il semblerait que la maison adjacente à la sacristie de l'église actuelle fut le prieuré des chanoines d'Oulx. La chapelle Saint-Michel qui datait du Moyen Âge fut détruite au XIXe siècle pour permettre l'édification d'une église plus grande. Dans le registre historique rédigé par le curé Lagier de l'Argentière, ce dernier fait allusion à l'existence d'un monastère de religieuses installé à La Bessée Haute à là même époque que les chanoines d'Oulx, c'est-à-dire dès le XIIe siècle. Mais le père Lagier ne précise pas de quelle congrégation il s'agissait ; la présence d'un couvent à La Bessée peut nous conduire à émettre une hypothèse sur l'étymologie de ce nom. Jusqu'au début du XXe siècle en effet, le nom de ce village s'écrivait L'Abessée ou L'Abbessé ; on retrouve cette écriture dans certains titres notariés, ainsi que dans le cadastre napoléonien. Ce nom pourrait donc provenir de la présence d'une abbaye de femmes dirigée par une mère supérieure, une abbesse.

D'autres ont avancé l'hypothèse que le nom de La Bessée venait de la présence de nombreux bouleaux appelés bessede ou bessedo ; il existe effectivement dans la région plusieurs lieux plantés de bouleaux appelés Les Besses, mais dans ce cas précis le terme est toujours au pluriel, de plus on dénombre peu de bouleaux à proximité du hameau.

Sur les limites du village et de Saint-Martin-de-Queyrières, existait le Pertuis Rostan, mur de rochers dans une faille duquel passait l'ancienne route. Pendant la plus grande partie du Moyen Âge, il servit de limite entre le Briançonnais et l'Embrunais. Pertuis-Rostan

La commune de L'Argentière[modifier | modifier le code]

Stade de slalom de L'Argentière-la-Bessée

La commune doit son nom aux mines d'argent qui étaient exploitées dès l'époque médiévale sur son territoire. Proche de l'entrée de la vallée de la Vallouise, à la porte du parc national des Écrins, et dominé par des sommets calcaires, dont celui de Montbrison (2 800 m). À l'ouest, le vallon du Fournel est un site d'escalade sur cascades de glace réputé.

La paroisse date du XIIe siècle et a été fondée probablement par Oulx. Des documents de 1208, 1266 et 1276 mentionnent l'existence de l'église Saint-Apollinaire.

Elle faisait partie anciennement du fief des Rame et le très ancien château dont on voit encore les vestiges, dans une situation particulièrement forte, au-dessus du village, doit avoir été construit par cette famille princière. Elle devint le chef-lieu du mandement lorsque la ville de Rame fut ruinée par les crues de la Durance, son mandement fut divisé en deux, celui de Pallon et celui de l'Argentière.

En 1155, le Dauphin se fit concéder par l’empereur germanique Frédéric Ier Barberousse, les mines des gorges du Fournel et s'empara de l'Argentière, rattachant ce bourg au Briançonnais. Cette concession fut renouvelée en 1238.

Le castrum de L'Argentière est mentionné depuis 1202, date à laquelle il est confié au dauphin Guigues André par le comte de Forcalquier, Guillaume II, en gage du mariage du dauphin et de la petite-fille du comte. Le dauphin est seigneur majeur du castrum et perçoit notamment une partie des revenus de la mine de cuivre argentifère. Un châtelain, les Auruce, originaires de cette région, représentant du dauphin, réside à l'Argentière dès 1246. Ceux-ci firent édifier dans la plaine un autre château et une chapelle, autour desquels se groupèrent les maisons du bourg primitif. Seize hameaux composaient ce bourg, ancienne résidence de seigneurs où différentes constructions se sont succédé : donjon s'élevant près des mines, transformé dès le Moyen Âge en château fort ; château seigneurial, dans la vallée, et enfin le château Saint-Jean.

L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem possédait une petite commanderie dénommée dans les pouillés de 1208 : « preceptori Sancti Johannis de Gradibus Karuli. » Il subsiste la chapelle de Saint-Jean, l'un des plus beaux édifices de l'architecture romane dans la région.

En 1315 l'abbaye de Boscodon y détenait un hôpital. Aux XIIIe et XIVe siècles, le village principal se trouvait dans la grande enceinte repérée à Ville. De nombreux casales (exploitations rurales) étaient situés au pied du château, c'est-à-dire en contrebas du rocher. D'autres maisons étaient également établies à l'extérieur de l'enceinte, près des portes.

Au XIVe siècle, la famille Auruce vendit ses droits seigneuriaux à d'autres notables et c'est alors que fut bâti le troisième château de l'Argentière (XVe siècle) auprès de la chapelle de Saint-Jean.

À l'époque moderne, celle-ci s'est étendue du côté du pont de la Durance.

Révolution française[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'activité minière redémarre dans la 2e moitié du XIXe siècle et le train arrive à l'Argentière dans les années 1880.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

L'usine et le quartier de la Gare.

L'activité minière cesse au tout début du XXe siècle mais le relais est pris par la métallurgie de l’aluminium. C'est en 1909 que la centrale hydroélectrique de l'Argentière construite par François Gilbert Planche est mise en service pour la Société Électro-Métallurgique française (SEMF). Cette centrale électrique est construite pour l’électrolyse du minerai de bauxite pour produire de l'aluminium. Alimentée par quatre conduites forcées, dont deux autoportées pour le franchissement de la Durance, dotée de dispositions qui permettaient d'utiliser une hauteur de chute de 173 mètres, elle est à son inauguration en 1910 la plus puissante usine hydroélectrique d’Europe avec de 40 000 ch[2]. Sa puissance est de 52 MW dès la création, mais l'énergie que la centrale fournit à l'usine se réduit en hiver au quart de ce qu'elle est en été[3].

L'usine d'aluminium est ouverte au moment du rachat du site en 1910 par la Société électrométallurgique de Froges (SEMF), devenue ensuite Péchiney lors de la fusion de 1921 avec la Compagnie des produits chimiques d'Alais et de la Camargue.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs depuis la Libération de la France
Période Identité Étiquette Qualité
Aristide de Bardonnèche SFIO Conseiller général de L'Argentière-la-Bessée
Sénateur
Auguste Gérard    
Pierre Auguste Giraud DVG puis DVD Conseiller général de L'Argentière-la-Bessée
Auguste Toye    
Joël Giraud PRG puis EM/REM Vice-président de la CC du Pays des Écrins
Vice-président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur
Député
en cours Patrick Vigne   1er adjoint au maire (-2017)

Politique de développement durable[modifier | modifier le code]

La commune a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21[4].

L'usine désaffectée de Pechiney (fermée en 1987) a laissé un crassier de 60 000 m3 situé près des berges de la Durance. Il est contaminé par des fluorures. Une déchèterie communale s'y est installée[5].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[7].

En 2015, la commune comptait 2 307 habitants[Note 1], en diminution de 0,82 % par rapport à 2010 (Hautes-Alpes : +2,88 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
982 782 910 946 1 196 1 225 1 233 1 256 1 330
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 268 1 250 1 202 1 149 1 143 1 290 1 056 964 961
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
977 957 1 383 1 611 1 871 1 911 1 671 2 008 2 110
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
2 238 2 395 2 434 2 497 2 191 2 289 2 302 2 304 2 318
2015 - - - - - - - -
2 307 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

École maternelle du Plan d'Ergue. Rue du Plan d'Ergue

École maternelle et primaire de l'église. Quartier de l'église

École Élémentaire de La Bessée. Rue des écoles

Collège des Giraudes. Rue des écoles

L’accompagnement scolaire

Pour les élèves du primaire (CP au CM2) sur inscription. Accueil au Centre social : le mardi et jeudi de 15h45 à 17h45 et le vendredi de 15h15 à 17h15 - hors vacances scolaires.

Pour les collégiens. Accueil au Service jeunesse : le mardi, jeudi et vendredi de 16h45 à 19h sur inscription

Santé[modifier | modifier le code]

La Maison de santé du Pays des Écrins

Plan de l'Ergue 05120 L'Argentière-La Bessée

Dans cette Maison de santé il y a deux médecins généralistes, ce qui permet une présence 6 jours sur 7, puisqu'un seul présent

dans les Cabinets nomades on peut obtenir un rendez vous avec les médicaux suivants ; médecin dermatologue ; kinésithérapeute ; podologue pédicure ; ostéopathe ; psychologue ; diététique ;

Dans le même bâtiment existe une Pharmacie

Un cabinet d'infirmières se trouve dans une maison proche, 8 Rue du Plan de l'Ergue

Culte[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

La commune de L'Argentière, à laquelle est unie l'ancienne paroisse de La Bessée, sur l'autre rive de la Durance, a repris les armes des Auruce. Ces armes ont été adoptées par délibération du conseil municipal du [10].


Blason de L'Argentière

D'azur à la truite d'argent, lorée et mitraillée de gueules, posée en barre, au chef bastillé aussi d'argent.[10]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Les mines d’argent[modifier | modifier le code]

L'origine du nom de la localité vient de la présence de mines de plomb argentifère. Dès l'an mille sont attestés d'importants sites d'extraction du minerai de plomb argentifère dans la vallée du Fournel. Leur agencement surprend pour l'époque : galeries de circulation, d'aération et d'écoulement. Prospère jusque dans les années 1870, elle est la plus importante et la mieux organisée du département, employant jusqu'à 500 ouvriers. Elle décline ensuite, et une ultime relance eut lieu de 1901 à 1908. Elle est reconnue au plan national pour la qualité de son minerai et ses performances (introduction de techniques nouvelles). Depuis 1991, des fouilles archéologiques mettent au jour de vieilles machines et permettent une bonne approche des vestiges de la révolution industrielle. Le site, remarquable par son cadre physique et son histoire mouvementée, est en cours de valorisation. Des visites sont organisées, elles connaissent un succès croissant. Visite du musée et des mines d'argent du Fournel à L'Argentière la Bessée et les mines d'argent dans le détail

La Tour de l'Horloge[modifier | modifier le code]

Construite dans l'axe de l'entrée des usines métallurgiques, la Tour de l'Horloge des Hermes est un témoignage de l'industrie florissante du début du XXe siècle.

L'église Saint-Apollinaire[modifier | modifier le code]

Érigée sur la rive droite de la Durance à la fin du XVe siècle, elle est composée d'une nef unique, surmontée d'un clocher à flèche pyramidale.

Le portail principal s'ouvre sur la face sud. Le linteau, orné d'entrelacs gothiques, et les vantaux sont du XVIe siècle.

Les peintures murales du mur extérieur sud de l'abside datent de 1516. Elles figurent le thème des vertus, des vices et de leurs châtiments. L'église est classée monument historique en 1913 et 1933[11].

La chapelle Saint-Jean[modifier | modifier le code]

Datant du XIIe siècle, elle a été classée monument historique le 22 juillet 1886[12].

L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem possédait à l'Argentière-la-Bessée une petite commanderie dénommée dans les pouillés de 1208 : « preceptori Sancti Johannis de Gradibus Karuli ». L'emploi du terme «gradibus» reposerait sur le fait qu'à l'est de l'édifice, situé sur un promontoire, quelques marches descendaient en direction de la Durance, dont le lit au Moyen Âge était tout proche. Au XIXe siècle des historiens locaux évoquent la découverte de constructions environnantes, à appareil en arêtes de poisson. S'agissait-il des ruines de la maison hospitalière ? Les dispositions architecturales de Saint-Jean témoignent de l'attachement aux formes de la tradition lombarde.
La chapelle Saint-Jean

Saint-Jean est composé d'une nef unique de trois travées, voûtées d'un berceau en plein cintre. Une abside semi-circulaire de 2,70 m de profondeur, voûtée en cul de four prolonge l'édifice à l'est. La largeur hors œuvre est de 5,80 m pour 13,40 m de longueur et l'épaisseur des murs varie entre 0,95 m et 1 m. Chaque travée reçoit la lumière par d'étroites fenêtres hautes en forme de meurtrières, fortement ébrasées : une à l'ouest, deux au sud, trois au nord, trois encore dans l'abside. Il existe deux accès au sud, dont le plus important a été aménagé plus tard et se situe dans l'axe de la baie opposée au nord. Sur le linteau que des sommiers soutiennent, prennent place une croix pattée et des motifs stylisés. Ces profils sont courants dans la région aux XVe et XVIe siècle. Le clocher est de section carrée avec des baies géminées aux deuxième et troisième étages ; il coiffe l'extrémité orientale de la nef. L'abside est surbaissée par rapport au corps de la chapelle et lui donne cette allure archaïque si typique.

La chapelle à l'origine en tuf blond, qui est dans la région un matériau traditionnel, a subi les méfaits de la pollution : ici et là l'appareil semble en être définitivement marqué. Les façades septentrionale et occidentale ne présentent pas un grand intérêt.

Sur la façade méridionale, sous les meurtrières, cinq modillons en tuf font saillie (il devait en exister un sixième), ils servaient de supports à un auvent en bois. Au sud encore, les baies plus récentes sont appareillées de moellons plus sobres et surmontées d'un élégant petit arc en plein cintre. Le chevet a davantage retenu l'attention des bâtisseurs. Bien que modeste, sur une voie de passage, il était bien visible par le pèlerin du Moyen Âge. La décoration y a été soignée, des ouvertures en « trompe-l'œil », où se mélangent des retraits dans l'appareil, se succèdent avec des espaces vides, des arcs en plein cintre. Les proportions du clocher carré parlent le langage d'une architecture discrète, mais qui veut se faire remarquer ! Ainsi toutes les baies sont géminées, c'est-à-dire double, sauf à l'est où elles sont triples.

À l'intérieur, les voûtes qui séparent les trois travées ont été refaites, tout comme les arcs en plein cintre et l'arc à double rouleau de l'abside. Les trois baies de l'abside malgré un air d'austérité dans leur facture, invitent à un recueillement dépouillé. Au-dessus d'elles, un fin cordon délimite l'espace entre les baies et la naissance de la voûte en cul de four. À la retombée des arcs en plein cintre qui délimitent les travées, un bandeau en pierres arasées épouse le mur. Dans ce pays de montagne, même le roc affleure dans le lieu saint ! Malheureusement Saint-Jean ne resplendit pas par sa décoration inférieure. Les colonnes engagées s'arrêtent à peu près à mi-hauteur du mur sur des culs de lampe terminés par une scotie et un boudin, et enfin en forme de trapèze inversé. Seuls, trois chapiteaux sur les huit sont dotés d'un astragale, mais les corbeilles sont plus récentes, du XIIIe ou du XIVe siècle. L'emploi de motifs végétaux en forme de palmettes, arabesques ou rinceaux, rappelle également des formes plus modernes. Un seul chapiteau à boutons paraît plus ancien.

À l'extérieur, sur le plan décoratif, le visiteur ne manquera pas de s'attarder plutôt à l'abside : elle est divisée par quatre colonnes engagées qui délimitent cinq pans. Des lésènes, qui composent treize arcatures, ont à leur retombée des culots ornés de masques humains ou d'animaux. Les baies axiales sont un peu décalées par rapport aux espaces réservés par les colonnes engagées. D'anciens clichés de 1908 montraient nettement la composition du matériau du bahut.

L’église comporte d’intéressants les protomés d'animaux (bovidé, cheval, loup ?) ou les visages humains aux rictus expressifs. L'un d'eux garde sa facture «lombarde» de diable, avec ses yeux saillants dans un espace évidé, le nez aplati, et la bouche grimaçante. Pour le XIIe siècle comme tout cela reste archaïque, mais si suggestif. Les structures de ce monument Modeste mais typique sont aussi un rappel et un hommage insistant à la Trinité. Ne retrouve-t-on pas dans toutes les parties de l'édifice cette présence symbolique marquée par trois travées, l'abside à trois baies, l'éclairage ternaire, le rythme d'arcades triplées au chevet ? L'empreinte lombarde est profonde, elle nous rappelle dans la rusticité de son vocabulaire, et la modestie avec laquelle elle s'est implantée aux portes du majestueux massif des Écrins, que le prestigieux modèle d'Embrun n'est pas éloigné.

La campagne de fouilles du côté de l'abside de la chapelle, en 2000 a permis la mise au jour de 7 remarquables tombes rupestres avec plusieurs phases de remploi depuis le XIIe siècle jusqu'à l'époque moderne. Le mobilier archéologique associé est également remarquable : céramique et verre médiévaux, céramique décorée du XVIe siècle, éléments de parure ou de vêtement en bronze...

Le cellier de la maison Planche[modifier | modifier le code]

Ce cellier est un témoignage du passé viticole de la région. Presser le vin relevait de pratiques individuelles et chaque famille possédait son pressoir, son cellier. Ce pressoir est du type pressoir à Martin ou pressoir à banc ou à long fût. Le principe a été utilisé pour la fabrication de l'huile d'olive, du cidre et du vin. Le cellier est inscrit au titre des monuments historiques en 1993[13].

le Kiosque[modifier | modifier le code]

Le kiosque de l’Argentière est un petit chapiteau rose dont se servent souvent les associations locales lors des fêtes telles que l'harmonie (l’Écho des glaciers), le 21 juin fête de la musique, le stand de Noël en période de fin d'année ou encore la vente de muguet le 1er mai ... C'est un des nombreux symboles qui font de l’Argentière une petite ville accueillante.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Aristide de Bardonnèche
  • André Lagarrigue, né à Aurillac (1924-1975), issu de Polytechnique, il prend contact avec la physique expérimentale en proposant ses services à l'équipe de recherche animée par son professeur, Louis Leprince-Ringuet. Celui-ci, décelant son goût naissant et ses solides qualités, l'incite à demander son détachement et à s'orienter vers la recherche scientifique. Lagarrigue participe alors à des expériences destinées à déterminer, au moyen de la chambre de Wilson, à L'Argentière-la-Bessée, la masse de la particule appelée alors méson m, actuellement nommée muon.
  • En 1909, Gilbert Planche, ingénieur lyonnais construit la plus grande centrale hydroélectrique d'Europe à L'Argentière, dont il deviendra ensuite député.

Événements sportifs[modifier | modifier le code]

  • Tous les ans a lieu le tout à blocs, une compétition d'escalade de blocs très connue en France. Cette rencontre a généralement lieu l'été ;
  • Au mois de janvier, se déroule l'Ice Climbing Ecrins, une rencontre qui existe depuis 1980 et qui tourne autour de la cascade de glace ;
  • Tous les ans des compétitions d'envergure nationale, voire internationale, de canoë-kayak sont organisées dans le stade d'eau de la Pierre Sainte à l'Argentière. En 2011, une manche de la coupe du monde de slalom a eu lieu ici. Le stade d'eau vive a été construit en 1993 dans le lit de la Durance. Il est un terrain d’entraînement des équipes de France ;
  • Durant le mois de juillet 2015, les championnats de France de kayak de slalom et de kayak descente eurent lieu successivement au stade d'eau vive.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Amouretti, « Pourtant, la vallée de la Durance a toujours été un axe de passage », Direction de l'environnement, du développement durable et de l'agriculture, La Durance : lien de vie du territoire régional, Conseil régional PACA, p 27
  2. Samantha Mugnier, « Extrême en Durance », in Jacques Sapiega, La Durance, parcours & regards, Conseil régional PACA, 2004 (DVD)
  3. 3L'usine de l'Argentière (Hautes-Alpes)" par Raoul Blanchard - Revue de géographie alpine - 1950 [1]
  4. FICHE | Agenda 21 de Territoires - L'Argentière-la-Bessée, consultée le 26 octobre 2017
  5. Note de l'ONG Robin des bois, intitulée "Les casseroles de Pechiney", datée du 6 oct 2003
  6. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  10. a et b Banque du Blason
  11. Notice no PA00080519, base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. Notice no PA00080517, base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. Notice no PA05000012, base Mérimée, ministère français de la Culture