Amélie-les-Bains

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Amélie-les-Bains
Amélie-les-Bains
Amélie-les-Bains
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Pyrénées-Orientales
Arrondissement Céret
Canton Arles-sur-Tech
Commune Amélie-les-Bains-Palalda
Statut Ancienne commune
Démographie
Population 1 847 hab. (1936)
Densité 2 252 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 28′ 34″ nord, 2° 40′ 21″ est
Superficie 0,82 km2
Historique
Date de dissolution
Commune(s) d’intégration Amélie-les-Bains-Palalda
Localisation

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Amélie-les-Bains est une ancienne commune du département français des Pyrénées-Orientales. Elle fait aujourd'hui partie de la commune d'Amélie-les-Bains-Palalda.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'ancienne commune d'Amélie-les-Bains est située dans la vallée du Tech, en amont et à l'ouest de Céret. Elle est également au nord de Montalba-d'Amélie et au sud-est de Palalda, communes avec lesquelles elle fusionne au XXe siècle. La commune avait une superficie de 0,82 km2[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Pour un article plus général, voir Toponymie des Pyrénées-Orientales.

En catalan, le nom de la commune est Els Banys d'Arles[2].

Le nom d'Arles viendrait des racines Ar et El, désignant une vallée se transformant en plaine et la présence d'une rivière dans cette même vallée[3]. Les Bains d'Arles étaient les sources chaudes, situées à proximité d'Arles, puis les thermes romains liés à ce lieu.

À la suite de la construction du fort par Vauban en 1670, le territoire prend le nom de Fort-les-Bains[4].

La commune change de nom en 1840 pour devenir Amélie-les-Bains en hommage à la reine Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, épouse de Louis-Philippe Ier[5]. La Reine Amélie découvre les Bains d'Arles en 1848, sans doute grâce à l'invitation du général de Castellane, gouverneur militaire du Roussillon à l'époque. Elle en devient alors une propagandiste enthousiaste[6],[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue générale d'Amélie-les-Bains et de l'établissement militaire (1862)

En 2006, lors de travaux effectué à proximité de la station thermale antique d’Aquae Calidae les fouilles ont permis de découvrir un habitat et des sépultures monumentales datées de la fin de l’âge du bronze (XeIXe siècle avant notre ère)[7].

Des blocs de pierre découverts dans le Tech témoignent d'un ancien culte, protohistorique ou galloromain, de par les signes gravés qui figurent encore dessus[5].

Le site des Bains d'Arles (El Banys) comporte des sources thermales qui ont été exploitées dès l'Antiquité. Les Romains y construisirent des thermes, dont subsistent une salle voûtée et une petite piscine[5].

Plus tard, vers 780, une abbaye y est fondée par un certain Castellan, vraisemblablement au sein même des thermes antiques, avec quelques moines fuyant l'Espagne, et connue sous le nom de Sainte-Marie de Vallespir. Dévastée par des raids normands entre les années 858 et 868, elle est reconstruite par l'abbé Hilpéric qui obtient l'aide de Charles le Chauve pour cet effort. Malgré tout, l'abbé Suniefred (en fonction de 880 à 891) décide de déplacer le monastère à Arles-sur-Tech, dans le lieu où il subsiste toujours aujourd'hui[5].

Les Bains dépendent de l'abbé du monastère transféré à Arles jusqu'en 1237, date à laquelle le seigneur du Roussillon et du Vallespir, Nuno Sanche, en fait l'acquisition. Seule l'église paroissiale Saint-Quentin demeure sous la juridiction de l'abbé d'Arles.

Vers 1670 un fort, qui subsiste encore aujourd'hui, est établi au-dessus du village afin de défendre la frontière espagnole. La localité prend alors le nom de Fort-les-Bains (nom actuel du fort).

La commune change de nom en 1840 pour devenir Amélie-les-Bains en hommage à la reine Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, épouse de Louis-Philippe Ier[5].

En octobre 1940, la ville est très éprouvée par une crue subite du Tech.

Un arrêté préfectoral du rattache, le , la commune de Palalda à celle d'Amélie-les-Bains pour former la nouvelle commune d'Amélie-les-Bains-Palalda[8].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Canton[modifier | modifier le code]

En 1790, la commune des Bains d'Arles est incluse dans le nouveau canton d'Arles, dont elle fait encore partie après sa fusion avec la commune de Palalda pour former la nouvelle commune d'Amélie-les-Bains-Palalda[8].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[9]
Période Identité Étiquette Qualité
         
1800 1812 Bonaventure Noguerer    
1812 1815 Emmanuel Gatumeau    
1815 1815 Souribes    
1815 1816 Joseph Piron    
1816 1819 Jacques Cruzet    
1819 1826 Abdon Sourribes    
1826 1828 Jacques Pellissier    
1828 1831 François Piron    
1831 1833 Pierre Tubert   chirurgien et chef de l'hôpital thermal des armées
1833 1838 Pierre Hermabessière   propriétaire des thermes Hermabessière
1838 1840 Jean Malé    
1840 1848 Pierre Hermabessière    
1848 1848 Cabassot    
1848 1852 Antoine Dubois    
1852 1852 Joseph Sourribes    
1852 1862 (décès) Pierre Hermabessière    
1863 1870 Joseph Vinyes    
1870 14 février 1874 Jean Forné    
14 février 1874 16 février 1876 Gaëtan Viaris de Lesegno    
16 février 1876 12 août 1876 Théodore Delmas    
12 août 1876 14 mai 1886 Jean Forné   député des Pyrénées-Orientales de 1878 à 1885
14 mai 1886 20 mai 1888 Sylvestre Marty    
20 mai 1888 14 août 1913 Paul Pujade    
14 août 1913 10 décembre 1919 Jacques Berdaguer    
10 décembre 1919 24 août 1941 Joseph Bouix    
10 octobre 1941 20 août 1944 François Mefler   Maire d'Amélie-les-Bains devenu maire d'Amélie-les-Bains-Palalda le

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie ancienne[modifier | modifier le code]

La population est exprimée en nombre de feux (f) ou d'habitants (H).

Évolution de la population
1358 1365 1378 1424 1470 1515 1709 1720 1730
41 f 40 f 28 f 20 f 3 f 2 f 51 f 25 f 54 f
1767 1774 1789 1790 - - - - -
297 H 40 f 55 f 310 H - - - - -
(Sources : Jean-Pierre Pélissier, Paroisses et communes de France : dictionnaire d'histoire administrative et démographique, vol. 66 : Pyrénées-Orientales, Paris, CNRS, , 378 p. (ISBN 2-222-03821-9))

Démographie contemporaine[modifier | modifier le code]

La population est exprimée en nombre d'habitants.

Évolution de la population
1794 1795 1796 1800 1804 1806 1820 1826 1831
403 199 236 221 216 226 249 727 225
1836 1841 1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876
331 371 407 574 836 1 009 1 390 1 412 1 429
1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926
1 668 1 500 1 738 1 381 1 340 1 328 1 383 1 334 1 571
1931 1936 - - - - - - -
1 699 1 847 - - - - - - -
(Sources : Jean-Pierre Pélissier, Paroisses et communes de France : dictionnaire d'histoire administrative et démographique, vol. 66 : Pyrénées-Orientales, Paris, CNRS, , 378 p. (ISBN 2-222-03821-9))

Notes :

  • À partir de 1946, les habitants d'Amélie-les-Bains sont recensés avec ceux de Palalda, voir Amélie-les-Bains-Palalda.
  • 1841 : il faut ajouter 96 personnes en garnison ;
  • 1856 : dont 168 personnes comptées à part ;
  • 1896 : dont 136 personnes comptées à part ;
  • 1901 : dont 94 personnes comptées à part.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Quentin d'Amélie-les-Bains (XIXe siècle).
Amélie-les-Bains
  • L'ancienne église Saint-Quentin est mentionnée en 869, elle avait été édifiée sans doute peu après la fondation du monastère pour les habitants qui s'étaient établis aux environs. Consacrée de nouveau en 1061 à la suite de travaux de restauration (ou d'agrandissement), elle fut remaniée à l'époque gothique puis protégée à l'époque moderne, classée monument historique. Elle est malheureusement déclassée et rasée en 1932 afin de permettre la construction de chambres d'hôtel[5].
  • L'église Saint-Quentin est l'actuelle église paroissiale d'Amélie, construite de 1868 à 1871. Elle conserve une vierge romane du XIIIe siècle, provenant de l'ancienne église Saint-Quentin. Le clocher est doté d'un carillon de 7 cloches.
  • Fort-les-Bains (Logo monument historique Classé MH (1909)) : fort surplombant la ville et construit en 1670.
  • Les thermes romains (Logo monument historique Classé MH (1905)) et l'hôpital thermal des armées ( Inscrit MH (2007)).
  • Cimetières

Amélie-les-Bains possède sept nécropoles sur son territoire : l'ancien et le nouveau cimetière, le cimetière militaire, le cimetière protestant, près de la maison du gardien, Montalba-d'Amélie, l'ancien et le nouveau cimetière de Palalada, et le cimetière du Rosaire, près de l'église Saint-Martin. Dans ces cimetières reposent toutes les personnes appartenant au peuple, au clergé, à la noblesse, et à l'armée. Leur histoire se raconte à la lecture de leur stèle, et tous ces personnages font de la principale nécropole amélienne, un petit Père Lachaise. En 1996, Jerry de Pierregot écrivit un ouvrage sur les Nécroples Améliennes à la fin du XXe siècle.

Cette commune a vu passer beaucoup de personnages célèbres. Tous n'y sont pas inhumés. Y sont morts, par exemple le maréchal Achille Baraguey d'Hilliers ou le médecin-major Ernest Duchesne, qui découvrit le pénicillium trente ans avant Fleming, et dont un square rappelle la mémoire. Quelques grandes maisons françaises sont représentées dans ces nécropoles, telles que Maupeou d'Ableiges, Arcis de Chazournes, Saint-James, Chaudoir, Gavrel de Loupiac, Juest de Mire, Lamer, Lemonier de La Haitrée, Lelarge de Lourdoueix, Viaris de Lesegno, Bradisch de Wexford, un prince indien, etc. On y trouve également des personnages hétéroclites, le fondateur de la République rouge de Palalda, un boulanger qui inventa un pétrin à pédales, un samouraï, des créateurs d'apéritif (pi-flip), des officiers.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ministère de l'Intérieur, « La situation financière des communes de France et d'Algérie en 1923 », (consulté le 11 avril 2016), p. 494.
  2. (ca)(fr)Institut d’Estudis Catalans, Université de Perpignan, Nomenclàtor toponímic de la Catalunya del Nord, Barcelone, (lire en ligne)
  3. Pyrénées catalanes
  4. a et b Fabricio Cárdenas, 66 petites histoires du Pays Catalan, Perpignan, Ultima Necat, coll. « Les vieux papiers », , 141 p. (ISBN 978-2-36771-006-8, notice BnF no FRBNF43886275) (lire en ligne)
  5. a, b, c, d, e et f Jean Sagnes (dir.), Le pays catalan, t. 2, Pau, Société nouvelle d'éditions régionales, , 579-1133 p. (ISBN 2904610014)
  6. Yves Hoffmann, Vallespir : Pays des traditions catalanes, Font-Romeu, I.S.O., , 94 p. (ISBN 2950388337)
  7. Inrap rapport d'activité 2006, page 23
  8. a et b Jean-Pierre Pélissier, Paroisses et communes de France : dictionnaire d'histoire administrative et démographique, vol. 66 : Pyrénées-Orientales, Paris, CNRS, , 378 p. (ISBN 2-222-03821-9)
  9. MairesGenWeb