Guiseniers

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Guiseniers
Guiseniers
La mairie.
Blason de Guiseniers
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Eure
Arrondissement Les Andelys
Intercommunalité Seine Normandie Agglomération
Maire
Mandat
Philippe Fleury
2020-2026
Code postal 27700
Code commune 27307
Démographie
Gentilé Guisenois
Population
municipale
469 hab. (2018 en augmentation de 5,39 % par rapport à 2013)
Densité 44 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 12′ 57″ nord, 1° 28′ 29″ est
Altitude Min. 84 m
Max. 158 m
Superficie 10,71 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton des Andelys
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Guiseniers

Guiseniers est une commune française située dans le département de l'Eure en région Normandie.

Ses habitants sont appelés les Guisenois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Située sur le plateau du Vexin normand, non loin (7 km environ) des Andelys et de la vallée de la Seine, la commune de Guiseniers proprement dite comporte deux hameaux, la Bucaille et Pavée.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Guiseniers est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4]. La commune est en outre hors attraction des villes[5],[6].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Gisamacas (v. 830, cacographie pour *Gisiniacas), Gisiniacus 1025[7].

Le suffixe -iers de Guiseniers est le produit d'une réinterprètation du suffixe originel -ies. En effet, on trouve encore Guisegnies en 1235 et Gysegnies en 1237[8].

Ce suffixe est issu du bas-latin d'origine celtique -iacas, pluriel de i-acum, "lieu de" puis "propriété de"[9]. La forme à l'accusatif pluriel -iacas est typique du Nord, de la Picardie et de la Belgique, mais rare en Normandie, d'où son évolution parfois aberrante (cf. Dardez, Aupenais), alors que dans les régions citées, elle conserve généralement sa forme -ies.

Le premier élément est souvent un nom de personne germanique, vu la localisation de ces formations et leur aspect tardif. Ici, c'est sans doute le nom de personne germanique Giso / Gisinius, hypocoristique de gīsel, otage (voir le prénom allemand Geisel, otage, prénom francisé en Gisèle) que l'on trouve au cas régime dans Gisancourt qui, par contre, est une forme française avec [ʒ] initial.

Homonymie avec Ghissignies (Nord), également de type normanno-picard avec [g] initial.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fréquentée depuis les temps préhistoriques, à l'époque gauloise puis gallo-romaine, Guiseniers dépendait au VIIe siècle de l'abbaye de Fontenelle (fondée en 650) qui devint ensuite l'abbaye de Saint-Wandrille.

Le patronage de l'église fut cédé en 980 à l'abbaye de Jumièges dont elle dépendit jusqu'à la Révolution Française. Jumièges fut, à Guiseniers, la bénéficiaire de nombreuses libéralités en terres et rentes de la part des barons du duc de Normandie au XIe siècle ; elle s'enrichit au temps de Roger Thorel (dans le tout début des années 1200), qui passa des accords avec les religieux de Jumièges et le chapitre de la cathédrale de Rouen.

C'est en 1224 que le hameau de la Bucaille fut rattaché, avec la chapelle Saint-Nicolas, à la paroisse de Guiseniers, alors que, jusqu'en 1150, la Bucaille avait conservé son château de défense érigé sur une motte subsistante [10]. Lors de la succession de Roger Thorel, plusieurs fiefs furent attribués à ses gendres : de Fontenil, Daubeuf, du Cardonnay.

À la Révolution, Guiseniers comptait sept fiefs. Entre-temps, et selon les époques, de nombreuses institutions religieuses, outre l'abbaye de Jumièges, y détinrent terres, fiefs ou rentes : l'abbaye du Trésor, l'abbaye de Poissy, l'abbaye Notre-Dame de Fontaine-Guérard, l'abbaye du Bec, l'abbaye de l'Isle-Dieu, le prieuré de Sausseuse, le chapitre de la cathédrale de Rouen, le chapitre de la collégiale Notre-Dame des Andelys, l'abbaye Saint-Jean d'Andely, les Ursulines des Andelys. C'est par Guiseniers que passèrent, en 1655, les reliques de sainte Clotilde transférées aux Andelys.

En , comme dans toutes les paroisses, les habitants rédigèrent leur cahier de Doléances en vue des États généraux de mai. Les habitants de Guiseniers participèrent ensuite à la Révolution française et en connurent les divers épisodes : création de la commune et du département, proclamation de la République, contribution aux efforts de guerre, Terreur puis effets du 9 thermidor.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2008 Philippe Fleury    
mars 2008 15 mars 2020 Patrick Lemullier    
mars 2020 En cours Philippe Fleury    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[12].

En 2018, la commune comptait 469 habitants[Note 2], en augmentation de 5,39 % par rapport à 2013 (Eure : +0,83 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
626637604548550485466450424
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
420395397395407399380360358
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
374348350291313361349361366
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
325289237291388382418428460
2018 - - - - - - - -
469--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le portail du manoir.
Logo monument historique Inscrit MH (1954)
L'église Saint-Denis.
Logo monument historique Inscrit MH (1954)
  • Le manoir seigneurial Logo monument historique Inscrit MH (1954)[15], fondé en 1304 sous l'autorité de l'abbaye de Jumièges et dont il reste le double portail à arche gothique, le pigeonnier et une très belle grange dîmière visible de la rue en fond de cour.
  • L'église Saint-Denis Logo monument historique Inscrit MH (1954)[16],[17] : des éléments remontent au XIIe siècle; l'édifice est fortement remanié au XVIe siècle et le clocher refait au XVIIIe siècle.
  • Le manoir de la Bucaille[18] avec pigeonnier et les restes de la chapelle Saint-Nicolas, du XIIe siècle ainsi que les vestiges de la motte castrale [10].
  • Presbytère[19].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Guiseniers (Eure).svg

Les armoiries de Guiseniers se blasonnent ainsi :

D'azur à la croix alésée et engrêlée d'or cantonnée au 1er d'un coq du même, au 2e d'un fer de pique d'argent, au 3e d'un chevron alésé du même, au 4e de deux léopards d'or l'un au-dessus de l'autre.

Création Denis Joulain, présentée le .

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Après les seigneurs Crespin (Xe - XIe siècle) qui y détenaient des terres, Roger Thorel (vers 1200) négocia en 1224 avec les religieux de Jumièges le rattachement de la Bucaille à Guiseniers. Ses trois filles se marient respectivement à ceux qui deviendront ainsi les seigneurs de trois fiefs de Guiseniers : Daubeuf, du Cardonnay, de Fontenil au début du XIVe siècle. Plus tard, Toussaint Canival (1734 - 1814)[20] s'illustre au cours de la Révolution française : il est entre autres procureur de la commune après avoir joué un rôle local sous l'Ancien Régime en qualité de trésorier et releveur d'impôts. Néanmoins, à l'époque de la Terreur, poursuivi par ses ennemis devant le Tribunal révolutionnaire de Paris pour propos inciviques (son avocat y fut Tronson du Coudray, celui-là même qui défendit Marie-Antoinette), il fut finalement acquitté. Il en alla de même lors d'un épisode suivant lorsqu'il fut déféré devant le Comité de sûreté générale qui finalement ne le poursuivit pas devant le Tribunal. Enfin, Léon Coutil, archéologue, étudia la Normandie de façon approfondie, comme en témoignent ses œuvres, ainsi que l'abbé Lecoq (nommé à la cure de l'église locale) qui y fit également des recherches archéologiques[21].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Géoportail (IGN), couche « Communes 2016 » activée ».
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 26 mars 2021).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 26 mars 2021).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 26 mars 2021).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 26 mars 2021).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 26 mars 2021).
  7. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, éditions Picard 1981. Préface de Marcel Baudot. p. 121.
  8. François de Beaurepaire, Op. cité.
  9. François de Beaurepaire, Op. cité.
  10. a et b « Château fort », notice no IA00017556.
  11. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  15. Notice no PA00099442.
  16. « église, inscription », notice no PA00099441.
  17. « église, inventaire », notice no IA00017553.
  18. Notice no IA00017557, 49° 12′ 15″ N, 1° 28′ 37″ E.
  19. Notice no IA00017551.
  20. Toussaint Canival (1734-1814) Histoire d'un citoyen remarquable de Guiseniers en Normandie, pendant la Révolution française.
  21. Coutil Léon. Haches-marteau et pics, avec perforation centrale, trouvée en Normandie. In: Bulletin de la Société préhistorique de France, tome 5, n°5, 1908. pp. 227-232.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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