Pierre (apôtre)

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Pierre
Saint chrétien
Image illustrative de l'article Pierre (apôtre)
Saint Pierre avec les clefs du salut des âmes et du Paradis, par Pierre-Étienne Monnot, archibasilique Saint-Jean-de-Latran de Rome
Biographie
Naissance Date inconnue
Galilée
Décès vers 64-70
à Rome
Lin Suivant

Blason

Pierre (saint Pierre dans certaines Églises chrétiennes), de son vrai nom Simon ou Simon Bar-Jona (ou Barjona, le révolutionnaire en araméen ou « fils de Jonas » selon la tradition chrétienne), aussi appelé Kephas (« le roc » en araméen) ou Simon-Pierre, est un Juif de Galilée ou de Gaulanitide, connu pour être l'un des disciples de Jésus de Nazareth. Il est répertorié parmi les apôtres au sein desquels il semble avoir tenu une position privilégiée du vivant de Jésus avant de devenir, après la mort de ce dernier, l’un des dirigeants majeurs des premières communautés paléochrétiennes. Il est né vraisemblablement au tournant du Ier siècle av. J.-C. et serait mort selon la tradition chrétienne vers 64-70 à Rome. Les historiens soulignent le caractère très incertain de la date et des circonstances de sa mort et doutent de la pertinence du lieu traditionnellement retenu pour son exécution.

La tradition chrétienne en fait le premier évêque de Rome et l'Église catholique revendique sa succession apostolique pour affirmer une primauté pontificale que lui contestent les autres confessions au sein de la chrétienté et dont l'actuel pape est le représentant[1].

Il a suscité un grand nombre d'œuvres artistiques, en particulier dans l'Occident latin.

Sources[modifier | modifier le code]

« On ne dispose que de fort peu d'informations sur le personnage historique ». « Le portrait de Pierre qui ressort des textes anciens est aussi diversifié que controversé : de ce fait, il est difficile d'en rendre compte seulement en postulant une personnalité aux traits contrastés. En réalité, les documents qui parlent de Pierre reflètent surtout la croyance et la mémoire des divers milieux chrétiens qui les ont produits [...]. Comme pour Jésus et d'autres personnalités "apostoliques", il est plus facile d'atteindre le Pierre de la tradition que celui de l'histoire. »[2]

Les sources principales sont les suivantes : le Nouveau Testament (les évangiles, les Actes des Apôtres, les épîtres pauliniennes) ; la littérature apocryphisée (dont certains textes datant du IIe siècle) ; les textes des Pères de l'Église (en particulier Eusèbe de Césarée, auteur de la Chronique ecclésiastique).

Son nom[modifier | modifier le code]

Simon-Pierre[modifier | modifier le code]

S'appelant initialement Symon[3] ou Simon[4], Jésus lui donne le nom de Simon Kephas (grec Σιμων Κηφᾶς Simōn Kēphas ; araméen Šimʻōn Kêfâ ; syriaque Sëmʻān Kêfâ), d'après son surnom araméen hellénisé[5] Kephas - également orthographié en français Cephas ou Képhas - , qui signifie « le roc »[6]. Selon l'évangile attribué à Matthieu, Jésus, à partir de ce surnom, fait un jeu de mot par paronomase d'où viendrait son nom dans l'espace gréco-latin Pierre (Petros ou petra en grec, ou Petrus en latin) : « Pierre (Kephas), tu es roc (grec petros) et sur cette pierre (grec petra) je bâtirai mon assemblée (ekklésia, « assemblée » donne Église) »[7].

Ce surnom semble souligner un trait de caractère marquant de ce disciple qui tient une place prééminente dans le groupe des douze apôtres de Jésus[8], aux côtés de deux autres « colonnes », Jacques le Juste et Jean de Zébédée[9],[10]. Il renvoie dans la culture araméenne aux notions de rocher de fondation, et/ou de solidité[11], de dureté ou d'inflexibilité. C'est aussi la traduction araméenne du nom grec Petro. Jésus a ainsi pu initialement donner ce sobriquet à Simon équivalent à « Rocky » pour signifier qu'il passait pour un rustre ou un dur, l'évangéliste procédant tardivement à une reconstruction théologique par l'usage de la paronomase[12].

Simon Bar-Jona[modifier | modifier le code]

Dans les Évangiles, il est aussi appelé « Simon Bar-Jona » c'est-à-dire selon la tradition chrétienne « Simon, fils de Jonas ». Simon bariona[13], renvoie à la forme araméenne de Simon biryoné, qui est la façon dont sont appelés les sicaires et les zélotes dans la littérature talmudique[14]. Bariona-biryoné est la traduction du mot grec lestai (brigands)[14]. L'auteur de l'évangile attribué à Jean aurait séparé bariona en deux mots bar et iona et traduit « bar » par « fils » pour donner « fils de Jonas ». Cela ressemble à ce qui est pratiqué pour Simon le Zélote qui par précaution est appelé Simon le Qannaim (Kananaios, « Cananéen ») dans l'évangile attribué à Marc, ce qui correspond à « zélotes » en langues hébraïques[15]. L'auteur de l'évangile attribué à Luc devait se sentir beaucoup plus libre d'appeler ce disciple du nom de Zélote et celui de l'évangile selon Matthieu devait aussi se sentir plus libre que celui ayant écrit l'évangile selon Jean pour appeler l'apôtre Pierre du nom de Simon Bariona. En effet, les formes « fils de Jonas » et « Qannaim » étaient incompréhensibles par des lecteurs hellénophones[15], alors qu'elles étaient immédiatement compréhensibles par toutes personnes ayant une culture hébraïque minimum. Les deux auteurs avaient vraisemblablement le souci de ne pas présenter un zélote ou un Sicaire, c'est-à-dire des rebelles, comme appartenant au groupe des disciples de Jésus, précaution qu'inspirait aux auteurs le contexte politique dans lequel ils ont écrit leur évangile[16] respectif.

Pierre dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Dans les Évangiles[modifier | modifier le code]

D'après l'Évangile selon Jean, Simon Bar-Jonas est originaire, avec son frère André et l'apôtre Philippe, de Bethsaïde[17]. Les autres évangiles sont muets sur ses origines mais laissent penser à une activité à Bethsaïde voire à Capharnaüm : pêcheur sur le lac de Tibériade. Simon doit certainement parler l'araméen, sa langue maternelle, l'hébreu la langue liturgique et le grec, langue du commerce et des affaires dans cette région sur laquelle règne Philippe le Tétrarque, hellénisant qui y développe la culture gréco-romaine[18]. Simon s’installe à l'occasion de son mariage dans la maison de sa belle-famille dans cette ville d'où il est peut-être lui-même originaire[19]. La maison familiale semble servir de base pour le début de la mission itinérante de Jésus (Mc 1,29-39). Avec son frère André, il décide d'abandonner famille et foyer pour suivre Jésus à la demande de celui-ci[20] et reçoit de lui le nom de « Kephas »[21], les évangélistes se contredisant sur le contexte dans lequel se produit l'imposition de ce nom[22].

Pierre est toujours cité en premier de la liste des « douze » (Mc 3,16 ; Ac 1,13) (appelés par la suite les douze apôtres). À plusieurs reprises, dans les récits, Jean et Paul reconnaissent son importance, toutefois l'auteur de l'évangile attribué à Jean cite en premier son frère André. Simon-Pierre manifeste sa foi au nom de tous les disciples : « Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis ? Pierre lui répond : Tu es le Christ. » (Mc 8,29). Jésus lui déclare alors solennellement : « Et moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon assemblée. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux. Ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux » (Mt 16,18-19).

Pierre a assisté et participé à plusieurs miracles ou événements majeurs de la vie de Jésus, comme la Marche sur les eaux (Mt 14,28-31), la Transfiguration, l'arrestation de Jésus, son procès, puis sa Passion. Décrit dans les Évangiles comme enthousiaste, emporté, mais parfois hésitant et faillible, il abandonne Jésus pendant la Passion malgré l'assurance qu'il avait manifestée auparavant : « Si tous viennent à tomber, moi je ne tomberai pas » (Mc 14,29). Il a regretté amèrement ce reniement : « Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite : Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. Et en y réfléchissant, il pleurait. » (Mc 14,72).

Selon l'historien Simon Mimouni, "des divergences semblent avoir eu lieu entre Jésus et Pierre", comme en témoignent l'épisode du reniement de Pierre, unanimement rapporté par les quatre évangiles canoniques, ainsi que "le "Derrière moi Satan" du Mc 8, 33 // Mt 16, 23", parole très dure que Jésus adresse à son disciple[23].

Selon l'historien Geza Vermes, Pierre "totalement dévoué à la personne de Jésus, d'après le quatrième évangile, est prêt à se servir du glaive pour le protéger [Jn, 18, 10]. Pourtant sa dévotion ne l'a pas empêché de se comporter comme un lâche quand l'heure du danger sonne pour Jésus. Interrogé par le grand prêtre sur le parvis du Temple, il prétend ne pas faire partie des disciples de Jésus, jure même qu'il n'a jamais connu "cet homme", avant de s'enfuir[24]".

Dans "l'évangile de Jean, Pierre, tout comme d'ailleurs son frère André, semble avoir été le disciple de Jean le Baptiste, avant de devenir disciple de Jésus (Jn 1, 35-42)". Dans ce même évangile Pierre apparaît en concurrence avec le disciple bien-aimé, parfois identifié à Jean, fils de Zébédée[25].

À l'annonce par Marie la Magdaléenne que le tombeau de Jésus avait été trouvé vide, il fut le premier à y entrer, le « disciple bien-aimé[26] » lui ayant laissé la préséance (Jn 20,5s ; Jn 21,7). Par la suite, il bénéficia avant les douze d'une apparition du Christ ressuscité (1Co 15,5).

Lors de la dernière apparition du Christ à ses disciples, il est réhabilité par Jésus à la suite de sa négation et ré-instauré dans sa mission de pasteur de l'Église : « Il lui dit pour la troisième fois : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre fut attristé de ce qu’il lui avait dit pour la troisième fois : M’aimes-tu ? Et il lui répondit : Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Fais paître mes brebis. » (Jn 21,15-17).

Dans les Actes des Apôtres et les épîtres pauliniennes[modifier | modifier le code]

Les Actes des Apôtres le montrent comme un des principaux dirigeants de la communauté chrétienne. Après la Pentecôte, c'est lui qui prend la parole et commence la prédication du message chrétien. Lors du concile de Jérusalem (vers l'an 50), il prend position en faveur de l'admission des païens dans l'Église sans leur imposer les prescriptions mosaïques telles que la circoncision ; cependant Paul lui reprochera de ménager le point de vue des judaïsants menés par certains chrétiens juifs de la communauté de Jacques le mineur, « frère du Seigneur », chef de la communauté de Jérusalem soit le premier évêque de la première communauté chrétienne (Ac 21,18) : « Mais quand Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il s'était donné tort. En effet, avant l'arrivée de certaines gens de l'entourage de Jacques, il prenait ses repas avec les païens ; mais quand ces gens arrivèrent, on le vit se dérober et se tenir à l'écart, par peur des circoncis.» (Ga 2,11-12).

Lors du premier concile de Jérusalem, Pierre aurait reconsidéré son attitude. Il ouvre le débat en défendant clairement les thèses de Paul de ne pas imposer les prescriptions mosaïques aux chrétiens païens. Jacques le Juste, chef de l'Église locale (le premier évêque de Jérusalem), clôture le conseil en approuvant Pierre et Paul. Les chrétiens d'origine païenne sont libérés de l'obligation de suivre les traditions juives. Selon l'historien Geza Vermes, cependant, "il s'agit probablement d'une tentative de l'auteur des Actes de combler le fossé entre les deux personnalités de l'Église [Pierre et Paul], en présentant Pierre comme un champion des non-Juifs". La proposition de Pierre, favorable aux chrétiens païens, serait "d'une historicité douteuse", "vu la position de Pierre prise à Antioche, et dans la mesure où il poursuivait sa mission exclusivement parmi les Juifs - n'était-il pas, selon les termes colorés de Paul "l'apôtre des circoncis", lui-même étant "l'apôtre des incirconcis" (Ga, 2, 7) ?[27]".

Après le Concile de Jérusalem, les Actes ne disent plus rien de sa vie.

Pierre dans la littérature patristique[modifier | modifier le code]

Les Pères de l'Église rapportent que Pierre, après sa fuite de Jérusalem, a exercé sa mission en d'autres lieux[28].

D'Antioche à Rome[modifier | modifier le code]

Saint Pierre prêchant lors de la Pentecôte, Benjamin West, XVIIIe siècle.

Fuyant la persécution, Pierre semble avoir gagné Antioche ; selon S. Mimouni, la chronologie d'Eusèbe de Césarée, qui date ce départ de 42, cadre mal avec celle tirée des Actes des Apôtres, qui situent Pierre en 42 à Jérusalem, et ce jusqu'en 43-44[29]. La tradition de l'Église catholique attribue à Pierre la direction de l'Église d'Antioche. Premier évêque de cette ville, une fête de « la chaire de saint Pierre à Antioche » est célébrée le 22 février depuis le IVe siècle[30]. Il serait resté sept ans à Antioche.

"La tradition [chrétienne] atteste la présence de Pierre à Rome, mais la date de son arrivée à Rome et la durée de son séjour (ou de ses séjours) sont inconnues de manière précise[31]".

Selon l'historien Geza Vermes, "Eusèbe affirme que [...] d'Antioche, Pierre se rendit à Rome sous le règne de Claude (41-54), à la poursuite de son adversaire de l'époque samaritaine [quand il prêchait en Samarie ], Simon le Magicien. Il débarrassa Rome du bonhomme et de son influence. Dans la capitale impériale, Pierre prêcha le message chrétien[32]".

Selon certains critiques qui se fondent sur l'épître aux Corinthiens (1 Co 1,12) de Paul de Tarse, Pierre aurait quitté Rome pour un voyage missionnaire qui le voit passer en Achaïe, et il a l'occasion de visiter Corinthe.

Dans la première moitié des années 50 (ou au plus tôt en 48), il est à Jérusalem. Là, lors des réunions qui seront par la suite appelées « Concile de Jérusalem », il propose la solution qui est adoptée par Jacques le Juste en conclusion de l'assemblée, sur les obligations que doivent suivre les chrétiens venant du polythéisme. Il faut que ces derniers observent un minimum de préceptes de la Torah en s'abstenant des souillures de l’idolâtrie, de l'immoralité, de la viande étouffée et du sang[33].

Selon la tradition, il aurait été présent à Rome lorsque Paul rédige l'Épître aux Romains, mais la critique s'interroge sur la raison pour laquelle Paul ne lui adresse pas ses salutations, dans la longue liste des disciples qui termine sa lettre.

Cette chronologie est hypothétique, mais elle est cependant compatible avec la tradition du Liber Pontificalis (rédigé en 530, ce catalogue chronologique de tous les papes repose sur des données légendaires sans que cela ne diminue l’intérêt de ce document comme source historique[34]), selon lequel Pierre est demeuré à Antioche pendant sept ans, et s'est fixé à Rome sous le règne de Néron. Sa trace historique était déjà hypothétique et confuse, mais elle disparaît complètement bien avant les années 60.

Pierre et Paul, gravure sur une pierre tombale en marbre, IVe siècle, musée du Vatican.

Dans la littérature clémentine, Pierre est décrit comme un prédicateur itinérant dans les villes de la province romaine de Syrie. Il remporte de nombreux succès contre la prédication de Simon le Mage et initie au cours de ses déplacements le futur évêque Clément qui l'accompagne. Il se rend ensuite à Rome où il gagne un affrontement contre Simon le Mage devant l'empereur Néron. La légende raconte que ce serait la prière de Pierre qui aurait provoqué la chute et la mort de Simon le Magicien, qui pour remonter dans l'estime de Néron aurait tenté de voler lors d'un spectacle dans un amphithéâtre.

De nombreux lieux à Rome gardent des traces, souvent légendaires, du séjour de l'apôtre : église Domine Quo Vadis, basilique di Santa Francesca Romana, église Santi Nereo e Achilleo, tempietto dans l'église San Pietro in Montorio (autre lieu traditionnel de son martyre), Tullianum (lieu de son emprisonnement), basilique Saint-Pierre-aux-Liens[35]. Ces lieux sont issus de traditions orales ou des récits légendaires regorgeant de prodiges fabuleux (miracles et guérisons de Pierre), tels les apocryphes Actes de Pierre, les Actes de Pierre et Paul (en), la Passion de Pierre[36].

La tradition du martyre à Rome[modifier | modifier le code]

Pour la tradition catholique, le séjour de Pierre à Rome semble attesté par la Première épître de Pierre (écrit que la plupart des historiens modernes, cependant, considèrent comme apocryphe, attribué à tort au disciple de Jésus ; voir à ci-dessous, la section "Écrits attribués à Pierre") : « L’Église des élus qui est à Babylone vous salue, ainsi que Marc, mon fils » (1P 5,13), sous réserve d'admettre que le mot Babylone désigne de façon péjorative Rome en tant que ville corrompue et idolâtre, une image familière aux lecteurs de la Bible. Même si certaines traditions orientales, comme celle de l'Église nestorienne, professent que Simon-Pierre a rédigé son épître depuis Babylone[37], que des humanistes comme Calvin ou Érasme ont pu prendre l'indication au pied de la lettre suivis par certains savants protestants[38], pour la recherche contemporaine, il s'agit bien d'une allusion chiffrée à Rome[39], allusion que l’on retrouve chez l'auteur de l'Apocalypse[38].

Une tradition moins assurée qui apparaît pour la première fois chez saint Jérôme en fait le premier évêque de Rome 25 ans avant son martyr[40].

Plusieurs textes antiques font allusion au martyre de Pierre, ainsi qu'à celui de Paul, qui se seraient produits lors des persécutions ordonnées par Néron, notamment dans l'enceinte du Circus Vaticanus construit par l’empereur Caligula, situé sur la colline Vaticane, à l'emplacement approximatif de l'actuelle basilique Saint-Pierre[41], les suppliciés une fois morts pouvant être remis à leur famille pour être inhumés ou crématisés mais le plus souvent jetés dans le Tibre[42]. Ainsi, une tradition place même ce martyre : inter duas metas - entre les deux bornes - de la spina (pour l'explication des termes « metas » et « spina », voir l'article : Cirque romain). Le plus ancien de ces textes, la Lettre aux Corinthiens de Clément de Rome datée de 96, ne cite pas explicitement de lieu, même s'il y a diverses raisons pour penser qu'il s'agit de Rome[43]. Sixte V fait transférer en 1586 l'obélisque ornant cette spina sur la place Saint-Pierre.

Une vingtaine d'années plus tard, une lettre d'Ignace d'Antioche aux chrétiens de Rome comporte ces mots : « Je ne vous donne pas des ordres comme Pierre et Paul »[44].

Un passage, de la fin du IIe siècle, cité par Eusèbe de Césarée, indique qu'à un certain Proclus, qui se vantait que sa patrie possédait la tombe de l'apôtre Philippe, le Romain Gaïus a répondu : « Mais moi, je puis te montrer les trophées des saints apôtres. En effet, si tu veux te rendre au Vatican ou sur la voie d'Ostie, tu trouveras les trophées de ceux qui ont fondé cette Église. »[45] ; le mot « trophée », du grec τροπαιον, monument de victoire, dans le contexte, désignerait ici les tombes de Pierre et Paul. C'est en tout cas sur ces sites que seront édifiées au IVe siècle les basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul-hors-les-murs qui leur sont dédiées.

Eusèbe rapporte aussi les témoignages de Denys de Corinthe[46] et de Zéphyrin de Rome[47].

Clément de Rome affirme que son martyre serait dû à une « injuste jalousie » et à la dissension entre les membres de la communauté chrétienne[48] : il y aurait eu vraisemblablement dénonciation. Selon un apocryphe, les Actes de Pierre, il aurait été crucifié la tête vers le sol[49]. Selon la tradition, l'apôtre demande ce type de supplice par humilité, ne se jugeant pas digne de mourir comme le Christ, selon une autre version, il peut s'agir d'une cruauté supplémentaire de Néron[50].

Un des éléments en faveur de la « tradition romaine » de la présence de la tombe de Pierre est l'absence de toute autre revendication de sa tombe par une autre cité antique. Le séjour de Pierre et son martyre à Rome sont « quasi certains » selon l'exégète protestant Oscar Cullmann[51]. Cependant, selon Simon Mimouni, "la fin de Pierre restera pour l'historien dans une certaine obscurité" ; "Pierre est censé avoir subi le martyre à Rome, au cours de la persécution organisée par Néron en 64 après l'incendie de la ville - accomplissant ainsi la prophétie de Jésus qui, en Jn 21, 18-19, lui a prédit "le genre de mort par lequel il devait glorifier Dieu"[52]".

La présence de Pierre à Rome a-t-elle un caractère historique ?[modifier | modifier le code]

« Sur la présence de Pierre à Rome, seuls des textes postérieurs font état de sa venue, notamment Clément de Rome (Epître aux Corinthiens, fin du Ier siècle) et Irénée de Lyon (fin du IIe siècle). La mission et le martyre de Pierre dans la ville éternelle sont développés dans les écrits pseudo-clémentins, dans les Actes de Pierre, et dans les Actes de Paul, qui datent, dans le meilleur des cas, de la deuxième moitié du IIe siècle. L'insistance sur la mission de Pierre à Rome est sans doute significative du type de christianisme qui s'est répandu dans la capitale impériale - autrement dit un christianisme de type pétrinien, plus attaché à la loi, et non de type paulinien, moins attaché à la loi[53]. »

En 64, les chrétiens de Rome ont été poursuivis par Néron « non pas en tant que tels » mais sous l'accusation d'avoir incendié Rome. « La tradition chrétienne postérieure a considéré Néron comme le premier des persécuteurs[54] », alors qu'on ne peut pas parler de persécution stricto sensu et qu'il est « préférable de considérer qu'il y a eu des troubles[54]. » Il faut d'ailleurs noter « qu'il n'y a pas eu de victimes en dehors de Rome[54]. »

Cette même tradition chrétienne ultérieure a rangé Pierre et Paul au rang des victimes de cette « persécution »[54]. Selon Simon Claude Mimouni, « la tradition chrétienne la plus ancienne affirme que Pierre a été tué en 68 et que Paul l'a été en 64 », mais pour lui « il est tout à fait envisageable de penser que c'est Pierre qui a disparu le premier en 64, et Paul le second en 68[54]. » Toutefois, d'autres critiques font remarquer qu'il n'existe aucune source qui établisse un lien entre cette répression et la condamnation de Paul ou de Pierre[55]. En outre, la lettre de Clément de Rome (5,7 et 6,1) distingue clairement le martyre des deux apôtres et la « persécution » de 64[56]. Les plus anciennes indications chronologiques au sujet de sa mort datent du IVe siècle (Eusèbe de Césarée, Jérôme de Stridon) et placent la mort de Pierre peu après celle de Paul, elle même située dans les années 67-68[55]. Il semble que c'est seulement par la suite que la mort de Paul a été située au moment où se termine le récit des Actes des Apôtres, six ans plus tôt. L'association des deux « apôtres » donnés comme mourant le même jour de la même année, dans deux endroits différents avec deux modes d'exécutions différent, reflète probablement la totale incertitude dans laquelle se trouvaient les chrétiens au sujet de la mort de Pierre.

Les écrits attribués à Pierre[modifier | modifier le code]

Textes canoniques[modifier | modifier le code]

Dans le Nouveau Testament, deux textes sont attribués à Pierre : la Première et la Deuxième épître de Pierre. Leur auteur s'identifie nettement au premier apôtre : l'incipit de la première épître est « Pierre, apôtre de Jésus-Christ » (1P 1,1), renforcé dans le corps de la lettre par les mots « témoin des souffrances du Christ » (1P 5,1), et celui de la deuxième « Simon Pierre, esclave et apôtre de Jésus-Christ » (2P 1,1). Selon l'historien Geza Vermes, "la quasi totalité des experts considèrent les deux épîtres qui portent son nom comme apocryphes : 1 Pierre date d'environ 100 ap. J.-C. et 2 Pierre, d'au moins 125 ap. J.-C., voire plus tardivement, autrement dit, ces textes sont postérieurs au décès de l'apôtre Simon Pierre[57]". Ce fait ne met pas en cause leur canonicité.

Écrits apocryphes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Apocryphes (Bible).

Un grand nombre d'apocryphes sont attribués à Pierre ou parlent de lui, mais ne sont pas reconnus comme canoniques par les Églises chrétiennes : les Actes de Pierre[58], dont la fin, dans une version remaniée, constitue la Passion de Pierre (dite du « Pseudo-Linus »)[59], l’Évangile de Pierre [60], l’Apocalypse de Pierre[61], une Lettre de Pierre à Philippe[62], les Actes de Pierre et André[63].

Importance ou prééminence de Pierre ?[modifier | modifier le code]

La statue de saint Pierre tenant les clefs du paradis sur la place saint Pierre à Rome

Dans les Évangiles, aucun exégète ne conteste l'importance de Pierre par rapport aux autres disciples de Jésus ; il en est de même au début des Actes des Apôtres, bien que ceux-ci, ensuite, s'attachent plutôt à suivre Paul qui fait ainsi figure de tête spirituelle de la naissante église pagano-chrétienne.

L'importance de Pierre est reconnue par tous les chrétiens. Les difficultés entre les confessions chrétiennes, et en particulier entre catholiques et orthodoxes, sont dues à la définition exacte de la primauté de Pierre (distinction entre importance et prééminence) : pour les catholiques, il s'agit d'une primauté de juridiction, alors que pour les orthodoxes — rejoints ensuite par les anglicans –, il ne s'agit que d'une primauté d'honneur. Les protestants aussi, ne reconnaissent que cette "importance" de Pierre, sans vouloir lui reconnaître une autorité prééminente. La problématique principale est que la notion de prééminence semble s'être développée dans l'Église aux IIIe et IVe siècles ; elle n'apparaît pas nettement dans les écritures, ni dans les documents des deux premiers siècles. Pierre est clairement le principal porte-parole de la première communauté chrétienne. Il a eu l'honneur de démarrer et guider les premiers pas de la communauté, mais par la suite il n'y a pas d'évidence d'un rôle de chef administratif ou spirituel. Jacques le mineur devient le premier évêque de l'église primitive et Paul le théologien l'artisan de la théologie ecclésiastique. Selon les traditions syriaques du premier et deuxième siècle, Pierre aurait été attaché géographiquement à l'Église d'Antioche à 30 km au nord de Jérusalem où Barnabas était l'évêque fondateur (Actes, 11, 19-26).

Les protestants et les orthodoxes ne considèrent pas qu'il y aurait une prééminence juridique ou spirituelle ni besoin d'un successeur.

Article détaillé : Primauté pontificale.
Saint Pierre, Ier pape, Rubens

Dans l'évangile selon Matthieu (16:19-19) Jésus déclare « (...)je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon assemblée. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux. Ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux ». L’interprétation de ce passage oppose les catholiques d'une part aux orthodoxes et aux protestants d'autre part.

Selon l'interprétation catholique, Jésus annonce à Pierre qu'il sera le fondement de son Église (ekklésia, « assemblée ») en usant d'une triple image :

  • la pierre : de même que Jésus est la pierre angulaire (1P 2,6-7), ainsi Pierre, en devenant son délégué sur cette terre, sera l’élément stabilisateur de son Église ;
  • les clés du royaume des cieux : de même que Jésus est la Porte (Jn 10,7), ainsi Pierre, en devenant son délégué sur cette terre, aura les « clés de la ville », c’est-à-dire exercera l’autorité sur la portion terrestre du Royaume des cieux (= l’Église) ;
  • le pouvoir de lier et de délier : de même que Jésus a le pouvoir de remettre les péchés (Mc 2,10), de même les Apôtres, ses délégués, pourront remettre les péchés en son nom (Jn 20,22).

Pour les protestants et les orientaux (mais aussi pour les gallicans jusqu'en 1870), c'est la déclaration de Pierre en elle-même qui serait la première pierre d'un édifice spirituel composée des pierres vivantes (tous les chrétiens) posés sur la grande pierre (rocher) qui est le Christ lui-même (1P 2,4-5). Ainsi, pour eux, l'origine de la fonction du pape romain résulterait d'une évolution historique de l'Occident et n'est pas inscrite dans le Nouveau Testament.

Les orthodoxes - qui sont organisés en patriarcats - et les protestants reconnaissent que le siège de Rome avait la primauté d'honneur, selon le canon no 6 du concile de Nicée et le canon 28 du concile de Chalcédoine. En occident et même chez les tridentins, cette compréhension était largement soutenue: ainsi, Bossuet dans la Déclaration des quatre articles et, avant, le décret Sacrosancta du concile de Constance.

Fêtes de saint Pierre dans les Églises orthodoxe et catholique[modifier | modifier le code]

La Saint-Pierre[modifier | modifier le code]

Le crucifiement de saint Pierre par Cimabue, église inférieure de la basilique Saint-François d'Assise.

La Saint-Pierre est fêtée par l'Église, aussi bien catholique qu'orthodoxe, le 29 juin[64], date à laquelle la tradition situe le martyre de Pierre, crucifié la tête en bas dans le circus vaticanus. C'est aussi la Saint-Paul. Paul serait mort le même jour (soit la même année, soit deux à trois ans plus tard, selon les sources), décapité sur la route d'Ostie. L'apôtre des juifs et l'apôtre des gentils sont ainsi unis dans leur mort et leur fête : l'Église y voit un symbole de l'union ecclésiale.

Chaire de saint Pierre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chaire de saint Pierre.

Chaire de saint Pierre à Antioche[modifier | modifier le code]

Le 22 février[65], la Tradition fête le premier siège épiscopal de Pierre. C'est dans cette ville du Moyen-Orient, à cette époque troisième grande ville de l’empire romain après Rome et Alexandrie, que Pierre ouvre son apostolat vers les gentils. La Tradition y voit aussi le lien intrinsèque qu'il y a entre les Églises latines et orientales. La fête de la chaire de saint Pierre est très ancienne, étant attestée avec certitude à Rome au IVe siècle[66]. Pour autant, ce n'est qu'au XVIe siècle que la « titularisation » du siège est effectuée, avec l'apparition de la deuxième fête en l'honneur du siège pétrinien.(super) pavrai

Chaire de saint Pierre à Rome[modifier | modifier le code]

Le 18 janvier[67], la tradition fête le siège romain du pontife : cette fête, qui semble d'origine gallicane, est adoptée dans le calendrier romain tardivement : elle est fixée par le Pape Paul IV en 1557. C'est à cette époque que la fête de février est attribuée au siège d'Antioche. Après la réforme du calendrier qui a suivi le concile Vatican II, les deux fêtes ont été réunies au 22 février.

Fête de saint Pierre-aux-liens[modifier | modifier le code]

Le 1er août[68] dans l'Église catholique et le 16 janvier dans l'Église orthodoxe sous le vocable « Chaînes de Saint Pierre »[69]. Cette fête rappelle l'épisode raconté dans les Actes des Apôtres au chapitre 12 (Ac 12,*) : Alors que Pierre est dans une prison de Jérusalem, un ange vient le délivrer et faire tomber ses liens. Il peut alors, croyant avoir rêvé, revenir chez ses amis, à leur grande surprise.

Fête de la dédicace des basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul[modifier | modifier le code]

Le 18 novembre[70], les deux grandes basiliques romaines, consacrés à Pierre et Paul sont fêtées ensemble : c'est encore une fois l'occasion pour l'Église d'unir ses deux apôtres.

Pierre dans les arts et la littérature[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Un grand nombre d'églises ont été dédicacées à saint Pierre. La plus importante et certainement la première en ancienneté est la basilique Saint-Pierre de Rome, bâtie sur la tombe de l'apôtre. Les autres églises construites, à toutes les époques et en tous les lieux, marquent souvent un attachement particulier à l'apôtre et à la papauté : c'est par exemple le cas lorsque Prosper Guéranger restaure l'abbaye de Solesmes.

Arts figuratifs[modifier | modifier le code]

Mosaïque représentant la scène de la Traditio legis (it).

Une image représentant les visages des apôtres Pierre et Paul est gravée sur la « tombe de l'enfant Asellus » au IVe siècle[71].

En peinture, l'une des premières figuration de Pierre est une icône du VIe siècle. Au cours des siècles le personnage reste un thème classique d'inspiration. Les épisodes évangéliques sont représentés mais on rencontre aussi couramment des scènes issues des textes apocryphes, telle son crucifiement la tête en bas.

Dans toute la chrétienté, les statues et les peintures représentant saint Pierre sont innombrables : il est traditionnellement montré comme un homme de forte stature, à la chevelure abondante, portant la barbe. Il peut être figuré debout, siégeant sur un trône, tirant des filets de pêche ou même pleurant, et souvent tenant en mains les clefs du paradis avec parfois un coq à ses pieds. Les statues de saint Pierre sont toujours présentes dans les églises cathédrales des diocèses.

Les fresques de La Vie de saint Pierre par Masolino da Panicale, Masaccio et Filippino Lippi dans la chapelle Brancacci du cloître de l'église Santa Maria del Carmine de Florence constituent un exemple de fresques de la Renaissance sur la vie du saint.

Antoine van Dyck, le représente en portrait, Tête de saint Pierre, vers 1617-1618. Le tableau est conservé au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg.

Son martyre, crucifié la tête en bas, en signe d'humilité, est une figure typique de l'art religieux depuis la Renaissance.

Article détaillé : Martyre de saint Pierre.

Littérature[modifier | modifier le code]

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  • Les vies de saint Pierre sont multiples et diverses : la Légende dorée de Jacques de Voragine au Moyen Âge (hagiographies des saints intégrée dans les textes avec les Évangiles canoniques) a été une large source de l'iconographie chrétienne et un moyen efficace de faire connaître saint Pierre pour les prédicateurs de l'époque.
  • La nouvelle de Villiers de L'Isle-Adam, Chant du Coq parue dans les Nouveaux contes cruels traite du reniement de Simon-Pierre "avant que le coq chante deux fois". Des Juifs de Rome rétorquent aux chrétiens qui s'efforcent de les convertir que "l’on n’eût pas trouvé un coq vivant dans tout Jérusalem. Celui qui eût introduit, dans la cité de Sion, l’un, vivant, de ces animaux, – surtout la veille de ce jour de la Pâque où l’on immolait, sur les parvis du Temple, des milliers d’holocaustes, – eût encouru, comme sacrilège, la lapidation" ; selon eux, cette impossibilité infirmerait la parole des Évangiles dictés, en principe, par l’Esprit-Saint. Mais un vieux rabbin juif répond à cette objection en rappelant l'existence du "coq solitaire du Temple, le veilleur sacré, nourri des grains que lui jetaient les vierges" ; il y aurait donc bien eu UN coq vivant à Jérusalem.
  • Le roman historique Quo vadis ? de Henryk Sienkiewicz, dont l'action se place sous Néron, reprend une légende notée dans les Actes de Pierre (§ 35) : « À la demande des chrétiens de Rome, Pierre quitte la ville pour fuir les persécutions et rencontre le Christ. Pierre demande : « Domine, quo vadis ? » (« Seigneur, où vas-tu ? ») et Jésus répond qu'il entre dans Rome pour y être crucifié à nouveau. Alors Pierre revient sur ses pas et affronte le martyre. »

Cinéma[modifier | modifier le code]

Le roman de Henryk Sienkiewicz, Quo vadis ?, après avoir été présenté au théâtre de la Porte Saint Martin en 1901 dans une adaptation d'Emile Moreau, a été porté à l'écran à plusieurs reprises. L'adaptation la plus connue est celle, sous le même titre, de Mervyn Le Roy (1951). Le roman de Lloyd C. Douglas, Simon le pêcheur (The Big Fisherman) a, quant à lui, été porté à l'écran par Frank Borzage (1959).

Le tombeau de saint Pierre au Vatican : les fouilles archéologiques[modifier | modifier le code]

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Basilique Saint-Pierre de Rome construite autour de l'emplacement du tombeau de Saint Pierre
Relique de Pierre dans la Basilique Saint-Pierre de Rome
Tombeau de Saint Pierre, Basilique Saint-Pierre de Rome
Article détaillé : Tombe de saint Pierre.

La tradition localise le tombeau de saint Pierre sur l'emplacement d'une nécropole située au nord du Circus Vaticanus, dont elle était séparée par une route secondaire : la via Cornelia[42]. Bien qu'aucun texte chrétien ne parle de la prédication de Pierre à Rome ou de sa mort dans cette ville avant la fin du IIe siècle et que les premiers textes qui en parlent (Actes de Pierre, Itinéraire de Pierre) aient été écartés par la « Grande Église », comme des textes apocryphes écrits — probablement dans la province romaine d'Asie pour le premier et de celle de Syrie pour le second — par des auteurs que les Pères de l'Église appellent des ébionites, la mort de Pierre à Rome est en général acceptée par la critique[72],[73]. On s'interroge toutefois sur les raisons pour lesquelles les auteurs des Actes des Apôtres évitent soigneusement de relater toute prédication de Pierre en dehors de l'espace palestinien et en particulier à Rome.

Un auteur chrétien de la seconde partie du IIe siècle, Gaïus, fait état du « trophée » qui recouvrait la tombe de Pierre au Vatican. Les fouilles de la nécropole du Vatican ordonnées en 1940 par Pie XII dans les Grottes du Vatican à l'occasion de la mise en place du sarcophage de Pie XI, ont mis en évidence un cimetière païen et chrétien contenant de nombreuses tombes et, au-dessous de l'autel et à la verticale exacte du sommet de la coupole, un monument culturel au-dessus d’une de ces tombes, trouvée vide (tombe thêta)[74]. Ce mémorial, qui serait le « trophée de Gaïus », a par la suite été inclus dans un monument de marbre et de porphyre d'époque constantinienne puis recouvert par des autels construits sous Calixte II (1123), Clément VIII (1594) et enfin par le baldaquin de Saint-Pierre construit de 1624 à 1633[42],[75]. Bien que ce soit disputé, certains critiques estiment que les restes humains qui ont été détectés dans l'un des murs de soutien (mur rouge) sur lequel a été incisé un graffito dont subsistent les quatre premiers caractères du nom PETRO (ΠΕΤR), sont ceux de Pierre[42]. Le sépulcre a depuis été aménagé de façon que chaque visiteur puisse voir les reliques de saint Pierre et le « trophée de Gaïus »[50].

L'empereur Constantin Ier y fit édifier une première basilique (occupant le site de l'édifice actuel) et dont l'abside fut construite autour de l'emplacement de la tombe, cela malgré les difficultés considérables du terrain, à flanc de colline, obligeant à d’énormes travaux de terrassement, et bien qu'il ait fallu modifier un cimetière.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généralistes
  • Yves-Marie Hilaire, Histoire de la papauté : 2 000 ans de missions et de tribulations, Paris, Folio, coll. « histoire »,‎
  • (en) James D. G. Dunn, Jesus Remembered, vol. 1, Wm. B. Eerdmans,‎ (ISBN 9780802839312)
  • Odon Vallet, Petit lexique des idées fausses sur les religions, Paris : A. Michel, 2002 ; Une autre histoire des religions, Paris, Gallimard, 2001
  • Malachi Martin, La saga des Papes, Paris, Exergue, 1999
  • Jeannine Siat, Pierre et ses successeurs. Histoire des premiers papes du Ier au VIIe siècle, Salvator, 2014
Ouvrages spécialisés
  • (en) George E. Demacopoulos, The Invention of Peter : Apostolic Discourse and Papal Authority in Late Antiquity, University of Pennsylvania Press,‎ (ISBN 9780812245172)
  • (en) Markus N. A. Bockmuehl, Simon Peter in Scripture and Memory : The New Testament Apostle in the Early Church, Baker Academic,‎ (ISBN 9781441239600)
  • (en) Martin Hengel, Saint Peter : The Underestimated Apostle, Wm. B. Eerdmans Publishing,‎ (ISBN 9780802827180)
  • (en) Markus N. A. Bockmuehl, The Remembered Peter : In Ancient Reception and Modern Debate, Mohr Siebeck,‎ (ISBN 9783161505805)
  • (en) Bruce Chilton (éd.) et Craig Evans (éd.), The Missions of James, Peter and Paul, Brill,‎ (ISBN 9780802839329)
  • Alain Decaux, La révolution de la Croix, Néron et les chrétiens, Perrin, 2007, 322 p.
  • Bradford B. Blaine, Jr., Peter in the Gospel of John : The Making of an Authentic Disciple, Brill,‎ (ISBN 9789004157323)
  • Pierre Pegheon, Saint Pierre, Paris, Éditions de l'Atelier, 2003, 156 p. (ISBN 2-7082-3674-1)
  • Raymond E. Brown, Karl P. Donfried et John Reumann (dirs.), Saint Pierre dans le Nouveau Testament, Cerf, 1974, 224 p. (ISBN 2204037990), épuisé.
  • (en) Margherita Guarducci, The tomb of St Peter, Hawthorn Books, 1960, ouvrage disponible en ligne
Ouvrages anciens
Auteurs antiques
Essais
  • Bernard Lecomte, Les derniers secrets du Vatican, Perrin, 2012 (Chap 1 : Le tombeau de sainte Pierre)

Iconographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En fait, la communauté chrétienne de Rome releva d'une direction collégiale au moins jusqu'à 217, date du sacerdoce apostolique de Calixte Ier qui fut le premier souverain individuel de l'Église romaine et le premier à être désigné sous le titre de « pape » ; cf.Yves Marie Hilaire, Histoire de la papauté : 2 000 ans de missions et de tribulations, p.
  2. Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, Paris, éd. P.U.F., 2006, p. 175.
  3. Nom hébreu, cf Actes des Apôtres 15:14
  4. Nom masculin grec provenant de l'hébreu shimeone ou Sim’ôn et qui signifie littéralement « Dieu a entendu ma souffrance » ou « Yahvé a entendu » selon Genèse 29,33. Simon est le prénom masculin le plus fréquent en Palestine au Ier siècle : 1/ Simon 10,2 %, 2/ Joseph 9,2 %, 3/ Juda 7,1 %, 4/ Éléazar 7,1 % , 5/ Johanan 5,1 %, 6/ Joshua (Jésus) 4,1 %, 7/ Hananiah 3,4 %, 8/ Jonathan 3 %, 9/ Mattathias 2,5 %, 10 / Ménahem 1,8 %. Les pourcentages ont été calculés à partir des occurrences de chacun des noms par rapport au nombre total des noms recensés, 2 509 hommes et 317 femmes. Source : (en) Tal Ilan, Lexicon of Jewish Names in Late Antiquity. Part I. Palestine 330 BCE - 200 CE, Mohr Siebeck,‎ , p. 1-4, 54-58.
  5. André Sauge, Jésus de Nazareth contre Jésus-Christ, Editions Publibook,‎ , p. 186
  6. Marie-François Baslez, Saint Paul, Paris, éd. Pluriel, 2012, p. 188.
  7. 1 Co 15. 5, Ga 1. 18
  8. Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, éd. PUF/Nouvelle Clio, 2007, p. 175
  9. Le conflit d'Antioche et la réunion de Jérusalem, que l'on date des années 48-52, « peuvent être considérés comme les deux premiers épisodes connus de la longue saga de l'opposition, qui s'est développée à l'intérieur même du mouvement des disciples de Jésus, entre deux tendances : l'une maximalisant la portée de l'observance de la Torah, avec Jacques et Pierre comme figures principales, et l'autre la valeur de la croyance au Messie, avec Paul essentiellement – les autres péripéties ont été conservées dans les lettres de Paul en Ph 3 et en 2Co 10-13 »; cf. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 133-134.
  10. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 253-254.
  11. Pierre Perrier, Évangiles de l'oral à l'écrit, Éditions Le Sarment, 2000
  12. Gérard Mordillat, Jérôme Prieur, Jésus après Jésus. L'origine du christianisme, Seuil,‎ , p. 38
  13. 16 16-18
  14. a et b Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 434.
  15. a et b André Paul, Encyclopædia Universalis, Article Simon le Zélote, saint ( Ier s.).
  16. cf. André Paul, Encyclopædia Universalis, Article Simon le Zélote, saint ( Ier s.).
  17. Jn 12. 21 cité par Markus Bockmuehl, cf. infra
  18. Pierre Debergé, Saint Pierre, Éditions de l'Atelier,‎ , p. 12
  19. cf. notamment (en) Markus Bockmuehl, « Simon Peter and Bethsaida », dans Bruce Chilton et Craig Evans (éds.), The Missions of James, Peter, and Paul, Brill,‎ , p. 53-90
  20. Mt 4. 18
  21. cf. Jn 1. 42, Mc 3. 16), Lc 6. 14) et Mt 16. 18).
  22. Pierre Debergé, Saint Pierre, Éditions de l'Atelier,‎ , p. 13
  23. Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, Paris, éd. P.U.F., 2006, p. 177.
  24. Geza Vermes, Dictionnaire des contemporains de Jésus, Bayard, 2008, article "Pierre", p. 293.
  25. Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, Paris, éd. P.U.F., 2006, p. 177.
  26. Rodolpho Felices Luna, Qui est le disciple bien-aimé ?. Dans Découverte du monde biblique, Faculté de théologie et d'études religieuses, université de Sherbrooke, Québec. 21 février 2014.
  27. Geza Vermes, Dictionnaire des contemporains de Jésus, Bayard, 2008, 296.
  28. Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, Paris, éd. P.U.F., 2006, p. 183.
  29. Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, Paris, éd. P.U.F., 2006, p. 183.
  30. Article « Chaire de Pierre » in Dictionnaire de l'Antiquité, dir. Jean Leclant, éditions PUF, 2005 (ISBN 2-13-055018-5)
  31. Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, Paris, éd. P.U.F., 2006, p. 183.
  32. Geza Vermes, Dictionnaire des contemporains de Jésus, Bayard, 2008, p. 299.
  33. Simon Claude Mimouni, Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004, pp. 134-135.
  34. (en) Philippe Levillain, Gaius-Proxies, Routledge,‎ (lire en ligne), p. 942
  35. (it) Roberta Bernabei, Chiese di Roma, Electa,‎ , p. 242, 338
  36. Louis Leloir, Écrits apocryphes sur les apôtres : Pierre, Paul, André, Jacques, Jean, Brepols,‎ , p. 68
  37. Nestorian patriarchs, www.nestorian.org.
  38. a et b (en) A. W. Fortune, « Babylon in the NT », dans The International Standard Bible Encyclopedia, vol. I:A-D, Wm. B. Eerdmans Publishing,‎ , p. 391
  39. (en) Peter H. Davids, « James and Peter : The Literary Evidence », dans Bruce Chilton et Craig Evans (éds.), The Missions of James, Peter, and Paul, Brill,‎ , p. 32
  40. Frank Leslie Cross, Elizabeth A. Livingstone, The Oxford Dictionary of the Christian Church, Oxford University Press,‎ , p. 1269
  41. Tacite, Annales, Livre XV.44
  42. a, b, c et d (en) Jocelyn Toynbee, John Bryan Ward-Perkins, The Shrine of St. Peter and the Vatican Excavations, Longmans, Green and Co,‎ , 293 p.
  43. Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens, V, 3-5.
  44. « Lettre aux Romains » in Les écrits des pères apostoliques, éditions du Cerf, 2001, p. 185 et s.
  45. Histoire ecclésiastique II, 25, 7
  46. Histoire ecclésiastique II, 25, 8
  47. Histoire Ecclésiastique V, 28, 3
  48. à rapprocher de ce que dit Paul en 1 Phil 1, 15
  49. Ac Pierre 38 (d'où le nom de croix de Saint-Pierre donné à la croix latine inversée). Cette position est justifiée dans le texte par des considérations gnostiques liées à un mythe des origines.
  50. a et b Saint Pierre
  51. « Témoignage protestant » in Daniel-Rops, Histoire de l'Église du Christ, t. II, 1965
  52. >Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, Paris, éd. P.U.F., 2006, p. 185 et 184.
  53. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 753.
  54. a, b, c, d et e Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 754.
  55. a et b Marie-Françoise Baslez, Saint Paul, Paris, 2012, éd. Pluriel, p. 291.
  56. Marie-Françoise Baslez, Saint Paul, Paris, 2012, éd. Pluriel, p. 448, note no 79.
  57. Geza Vermes, Dictionnaire des contemporains de Jésus, Bayard, 2008, p. 299.
  58. cf. François Bovon et Pierre Geoltrain (dirs.), Écrits apocryphes chrétiens I, Bibliothèque de la Pléiade 442, Éditions Gallimard, Paris 1997, p. 1039-1114.
  59. cf. Pierre Geoltrain et Jean-Daniel Kaestli (dirs.), Écrits apocryphes chrétiens II, Bibliothèque de la Pléiade 516, Éditions Gallimard, Paris 2005, p. 709-734.
  60. cf. François Bovon et Pierre Geoltrain (dirs.), Écrits apocryphes chrétiens I, Bibliothèque de la Pléiade 442, Éditions Gallimard, Paris 1997, p. 239-254.
  61. cf. François Bovon et Pierre Geoltrain (dirs.), Écrits apocryphes chrétiens I, Bibliothèque de la Pléiade 442, Éditions Gallimard, Paris 1997, p. 745-774.
  62. La lettre de Pierre à Philippe sur le site religions.free.
  63. cf. Pierre Geoltrain et Jean-Daniel Kaestli (dirs.), Écrits apocryphes chrétiens II, Bibliothèque de la Pléiade 516, Éditions Gallimard, Paris 2005, p. 521-538.
  64. « Fête des saints Pierre et Paul » Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950, sur le site Magnificat
  65. « Fête de la chaire de saint Pierre à Antioche » Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950, sur le site Magnificat
  66. article « Chaire de Pierre » in Dictionnaire de l'antiquité dir Jean Leclant, édition Puf, 2005, ISBN 2-13-055018-5
  67. « Fête de la chaire de saint Pierre à Rome » Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950, sur le site Magnificat
  68. « Fête de la dédicace de saint-Pierre-aux-liens » Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950, sur le site Magnificat
  69. Fête des chaines de saint Pierre sur le site orthodoxe saint Materne
  70. « Fête de la dédicace des Basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul » Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950, sur le site Magnificat
  71. Musée du Vatican, Rome
  72. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 753-754.
  73. Michel Trimaille, Que sait-on de Paul aujourd'hui ?, in Pierre Geoltrain (Dir), Aux origines du christianisme, 2000, Paris, Gallimard, p. 319.
  74. (en)Is it really the Tomb of Saint Peter under Saint Peter’s Basilica?
  75. (en)The Evolution of St Peter's Tomb under Saint Peter's Basilica, Les différentes étapes de la construction de la tombe de Saint Pierre (vidéo)

[[Catégorie:Date de naissance incertaine (Ier siècle av. J.-C.)]]