Gizia

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Gizia
Vue du village de Gizia
Vue du village de Gizia
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Jura
Arrondissement Arrondissement de Lons-le-Saunier
Canton Saint-Amour
Intercommunalité Communauté de communes Porte du Jura
Maire
Mandat
Michel Nicod
2014-2020
Code postal 39190
Code commune 39255
Démographie
Population
municipale
239 hab. (2014)
Densité 33 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 31′ 42″ nord, 5° 25′ 16″ est
Altitude Min. 220 m – Max. 633 m
Superficie 7,35 km2
Localisation

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Gizia

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Gizia

Gizia est une commune française située dans le département du Jura en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune actuelle présente un territoire composite comprenant :

Gizia : la reculée
Vue de la reculée de Gizia
  • La reculée, longue de 2 km, ouverte à l'ouest sur la Bresse et fermée à l'est par une spectaculaire falaise (dénivelé de 220 m) dans laquelle se sont installés différents hameaux, chacun à proximité d'un moulin. D’amont en aval, on trouve Gizia proprement dit, le Petit-Gizia, les Pachots et les Bretonneaux. Elle présente la particularité d’être perpendiculaire à la direction générale du relief environnant, le faisceau de plis de Lons-le-Saunier, qui constitue le Revermont, et la Petite Montagne du Jura.

Cette orientation est-ouest lui vaut d'avoir un versant exposé plein sud, l'autre plein nord et d’offrir ainsi des micro-climats particulièrement différenciés. Le versant exposé plein sud s'est avéré particulièrement favorable à la culture de la vigne et lui valait aux foires d'Orgelet (au XVIIIe siècle) une renommée comparable à celles de L'Étoile, d'Arbois ou de Château-Chalon.

La vallée est parcourue par une rivière appelée la Gizia par les cartographes actuels, mais auparavant nommée la Salle ou Saale (voir la notice hydrologique). Elle est alimentée par la résurgence des eaux du synclinal de Lamarre, appelée la Doye de Gizia et située au pied de la roche. Un important réseau souterrain a fait l'objet d'explorations spéléologiques.

  • Le versant ouest du synclinal de Lamarre dont la faible pente lui a permis de constituer le terroir agricole du hameau du Chanelet.
  • Les versants Nord et Nord-Ouest de la Chalentine (636 m), partie du premier pli du Revermont
  • La colline de Chatel, promontoire en avant de la Chalentine, et de ce fait, dès l'Antiquité, position stratégique dominant la Bresse.
Gizia : fond de la Doye
Gizia : Fond de la Doye

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Cuisia Rose des vents
Cousance N Rosay
O    Gizia    E
S
Digna Chevreaux

Histoire[modifier | modifier le code]

Le dictionnaire étymologique de Dauzat indique le nom d’homme germanique de Giso, accolé au suffixe –acum comme étant à l’origine de la forme ancienne du nom : Giziacum, ce qui suggère une origine contemporaine des migrations puis invasions qui accompagnèrent le délitement de l’empire romain. Aussi les habitants sont-ils des Giziaciens. La véritable origine de Gizia se trouve toutefois sur la colline de Chatel, d’abord Castrum gallo-romain, et peut être auparavant oppidum celte : autour de la vallée de Gizia, de la Chalentine au Sud, à la Côte d’Ageon au Nord, diverses traces de constructions laissent supposer une importante occupation humaine dès l’Age du Fer. La colline surplombe en effet deux itinéraires clés du monde gaulois puis romain : la voie Rhône-Rhin, la voie Lutèce-Genève. Tandis que la colline jumelle de Chevreau conservait une occupation militaire puis féodale Chatel vit s’ériger (206 ?) une des premières églises de l’est de la Gaule, dédiée à saint Étienne comme ses sœurs de Coldres et de Besançon. C’était alors la seule église d’un vaste territoire s’étendant loin en Bresse, dont les « paroissiens » étaient appelés non par des cloches, insuffisantes, mais par des feux. C’est sur ce territoire que se produisit en 302 un évènement qui changea le cours de l’histoire : l’apparition de la Croix du Christ à Constantin, préliminaire à sa conversion, en un lieu qui s’appelle maintenant, très logiquement, Sainte-Croix-en-Bresse.

Le morcellement féodal du royaume de Bourgogne place Gizia dans les possessions de descendants des rois de Bourgogne : les Coligny, puis les comtes de Damas, seigneurs de Chevreau. Une donation faite par Manassès III de Coligny en 974 permet à Chatel de devenir un prieuré bénédictin lié à Gigny, une des fondatrices, avec Baume, de Cluny. Gizia subit les tragédies qui marquent la fin du Moyen Âge : l’épidémie de peste de 1349, les dévastations des grandes compagnies. Comme tout le sud de la Franche Comté actuelle, Gizia se trouve alors dans le diocèse de Lyon, donc peu tournée vers la Franche-Comté, formée sur le territoire du diocèse de Besançon. Les différentes dynasties de comtes de Bourgogne parviennent à établir leur ordre dans la région face à l’anarchie féodale facilité par le morcellement du relief. De ce fait, Gizia se trouve pleinement impliqué dans les conflits répétés entre la France et l’ensemble austro-espagnol. Cette situation lui vaut destruction et dépeuplement lors de l’intervention française de 1636-1638, puis, dit-on, d’être le théâtre d’un des ultimes combats de Lacuzon pour l’indépendance comtoise, en 1674, près du site de l’oratoire, à la limite de Digna et Gizia.

GIZIA oratoire
GIZIA-DIGNA Oratoire

Sur le terrain ou sur la carte de Cassini (XVIIIe siècle) on trouve les traces de propriétés viticoles des seigneuries et abbayes voisine : pressoir de Cressia, pressoir de Rosay et surtout grange de l’abbaye du Miroir, sur la butte de Monferrand, qui sert malheureusement de carrière de pierre au début du XXe siècle. Toutefois, des fouilles exécutées par la DRAC, ont débuté en 2007 sous la direction de Nathalie Bonvalot, avec le soutien du propriétaire des lieux, Alain Monnet, permettant de préciser les dimensions du cellier.

GIZIA pressoir
GIZIA Pressoir dit de de Cressia
 GIZIA Monferrand
GIZIA Ancienne grange de Monferrand

Gizia présente la particularité d'avoir reçu, dans la seconde moitié du XIVe siècle, une charte de franchise de la part de Guido de Vienne, seigneur de Chevreau. On ne la connait que par une copie incomplète.

On sait qu'au XVIIIe siècle, la Communauté de Gizia est administrée par deux échevins assistés de deux commis, désignés par des représentants des familles, à charge pour eux d'entretenir les chemins, de gérer les biens fonciers de la communauté : pâturages, bois et de recourir à des hommes de loi lors de litiges entre la communauté et d'autres communautés ou personnes.

Une mémoire de 1756 conservé aux Archives Départementales du Jura nous en donne les noms prévu pour les 19 années suivantes, étant entendu que les défunts, possibles sur une aussi longue période, seraient remplacés par le suivant de la liste.

Année Echevin Echevin Commis Commis
1757 Jean Pommier Pierre Antoine Lamy Bernard Pachoz Claude Brazier
1758 Claude Gauthier Benoist Rayderet François Nicolet Pierre Clerc
1759 François Féaut Benoist Nicolet Claude Jacottin Juste Flamier
1760 Joseph Féaut fils de Bernard Benoist Brazier Pierre Ponard Pierre Brazier
1761 Jacques Barthet Claude Landroz Jacques Daniel Jean Pommier
1762 Claude Clerc Jacques Féaut Claude Guay Claude Guyard
1763 Pierre Nicolet Joseph Féaut fils de Benoist Henry Nicolet Jean-Baptiste Gautheron
1764 Pierre Ponard Pierre Brazier Joachim Perron Jacques Gautheron
1765 François Bonot Claude Jorré Benoist Clerc Louïs Nicolet
1766 Claude Pachoz fils de Bernard Claude Brazier Pierre Féaut Bernard Bonot
1767 Claude Jacottin Jean Pommier l'Aîné Claude Jorré François Bonot
1768 Pierre Clerc Jean-Baptiste Viret François Féaut Joseph Proby
1769 Juste Flamier Pierre Romand Jean Pommier le jeune Claude Gauthier
1770 Philibert Brunet Claude Gay Jacques Féaut Benoist Rayderet
1771 Claude Guyard Jacques Daniel Claude Clerc Claude Féaut
1772 Henry Nicolet Jean-Baptiste Gautheron Joseph Féaut fils de Bernard Benoist Brazier
1773 Jacques Gautheron Joachim Perron Benoist Nicolet Claude Landroz
1774 Benoist Clerc Louïs Nicolet Pierre Nicolet Joseph Féaut
1775 Pierre Féaut Bernard Bonot Pierre Romand Henry Beynier


La Révolution fragmente la terre de Chevreau en de nombreuses communes, dont La Chanelet, les Bretonneaux et Gizia, regroupées ensuite sous le nom de Gizia. La période de la Restauration voit la construction de la jolie église néoclassique de Gizia, qui reçoit une partie du mobilier liturgique de Chatel. Châtel se réduit à un hameau. En mauvais état la vieille église est restaurée grâce à un don d’Adrien de Thoisy en 1838. Surtout, en 1850, la congrégation des sœurs de la Présentation de Marie, fondée en 1829 par l’abbé Perrey, à Arinthod, transfère sa maison mère à Chatel et construit le couvent actuel. Cette congrégation de consacre à des œuvres d’enseignement et de soins. À noter qu’une grande partie du contenu du présent article provient d’une brochure qu’elles ont éditée. C’est également au cours du XIXe siècle que le château de Gizia, acquis par la famille de Thoisy prend son aspect actuel.

Le morcellement extrême de la propriété paysanne rend de plus en plus difficile une véritable activité viticole et en particulier la lutte contre les maladies de la vigne : dès 1845, l’oïdium, dès 1863 le phylloxera, dès 1878 le mildiou. La fin du XIXe siècle et le début du XXe voient encore le maintien d’une population nombreuse mais peu prospère grâce à une polyculture de subsistance, comme en témoigne une fréquentation scolaire importante.

L’absence des hommes valides pendant la Grande Guerre et la mort de onze d’entre eux précipitent le déclin agricole puis démographique de Gizia qui perd 60 % de sa population au cours du siècle dernier malgré l'arrivée de quelques nouvelles familles. Les friches et les bois remplacent les vignes, puis, à partir des années 1960, les champs et des prés trop en pente ou insuffisamment accessibles pour recevoir le matériel agricole actuel.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
  1996 Gérard Guillemin    
1996 2008 Patrick Caniotti    
2008 2014 René Cadot[1]    
2014 en cours Michel Nicod SE Retraité

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[3],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 239 habitants, en augmentation de 7,17 % par rapport à 2009 (Jura : -0,23 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
579 717 672 643 654 608 593 558 552
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
512 533 547 463 527 537 500 470 427
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
406 372 369 366 342 290 324 317 296
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2012 2014
289 287 294 274 223 221 221 202 239
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La colline de Chatel[modifier | modifier le code]

Chatel intérieur
Intérieur de l'église de Chatel
Chatel façade
Église de Chatel (1973)

Le sommet de la colline porte la vieille église. Précédée du clocher-porche du XIXe siècle, elle comprend une nef en berceau brisé conduisant à un chœur couvert de 2 croisées d’ogive, la clé de la première porte la croix de Bourgogne. Le mur du fond du chœur montre, à l’extérieur, les traces d’une baie en ogive qui a été non seulement murée, mais dont les pierres de taille ont été retirées. Le visiteur prêtera attention :

  • sur la droite, au pied de l’escalier de la tribune, à une pierre portant un poisson en bas-relief, symbole chrétien antique. Ictus est l’acronyme grec de Jésus Christ, Fils de Dieu Sauveur.
  • sur la droite, toujours, dans la niche du chœur, les reliquaires de sainte Félicité, saint Prudent, saint Claudius.
  • sur la gauche, à l’entrée du chœur, en hauteur, à la date de 1023 gravée sur le pilastre.

Autour de l’église s’étend le cimetière communal, en terrasse soutenue par un mur à l’appareillage spectaculaire par la taille de ses blocs.

Une Association pour la Sauvegarde de Saint-Étienne-de-Chatel (ASSEC) est maintenant constituée en vue de rassembler des moyens financiers et humains pour la restauration de l'édifice. Une procédure d'inscription à l'Inventaire des Monuments historiques a été introduite.

Eglise
Église de Gizia

L’église de Gizia[modifier | modifier le code]

Achevée en 1828, elle a remplacé celle de Chatel comme église paroissiale. L'intérieur, bien restauré par la commune avec la participation de bénévoles dans les années 1990, contient du mobilier liturgique provenant de Chatel : maître-autel du XVIIIe siècle, fonts baptismaux, dont la vasque est médiévale, tout comme les bénitiers du porche. De nombreux tableaux ont été offerts au XIXe siècle par des paroissiens.

Le château[modifier | modifier le code]

On peut apercevoir de l’extérieur cette construction, remaniée à l’époque romantique, et qui englobe des éléments antérieurs, de la fin du Moyen Âge au XVIIIe siècle.

Chateau
GIZIA Le Chateau

Le belvédère de la Croix[modifier | modifier le code]

Accessible depuis le Chanelet ou Chatel, le belvédère de la Croix offre une vue d’ensemble de la vallée et permet d’entrevoir à l’est, le début de la Petite Montagne.

vue
GIZIA Vue du belvédère

Un réseau dense de chemins agricoles et de sentiers de traverse permet aux promeneurs de découvrir la commune dans le détail.

Galerie photos[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Préfecture du Jura, Liste des maires élus en 2008, consultée le 2 mai 2010
  2. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]