Martin de Tours

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Saint Martin
Image illustrative de l'article Martin de Tours
Saint Martin de Tours
Naissance en 316 ou en 317
Sabaria (ou Savaria) de Pannonie (aujourd'hui Szombathely, Hongrie)
Décès 397 
Candes
Vénéré à Basilique Saint-Martin de Tours
Fête 11 novembre
Saint patron Maréchaux-ferrants, policiers[Note 1], commissaires des armées, soldats

Saint Martin de Tours, aussi nommé Martin le Miséricordieux est né dans l’actuelle Hongrie, en 316 ou en 317. Il est mort à Candes en France le 8 novembre 397. Il est un des principaux saints de la chrétienté.

Saint Martin est le patron de plusieurs lieux : Tours, Buenos Aires, Mayence, Utrecht, Rivière-au-Renard et Lucques, Martina Franca. Sa vie nous est essentiellement connue par la Vie de Martin de Sulpice-Sévère 363-429 qui fut un de ses disciples.

Saint Martin est fêté le 11 novembre (funérailles en 397). Il était localement fêté, également, le 4 juillet (consécration épiscopale en 371), cette fête du jour de la Saint Martin (en) est appelée Saint Martin le bouillant ou Saint Martin d'été[réf. nécessaire].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Représentation traditionnelle la plus fréquente de saint Martin, coupant son manteau pour le partager avec un pauvre. Détail de la façade du Duomo di san Martino de Lucques, Italie

Martin est né[Note 2] en l’an 316 ou 317 dans la province romaine de Pannonie dans la cité de Sabaria[Note 3], l’actuelle ville de Szombathely en Hongrie. C'est l’époque du développement de la Chrétienté et l’enfant a été vraisemblablement en contact avec des chrétiens [réf. nécessaire].

Son père dont la famille est originaire de Pavie (en Italie du nord), était tribun militaire de l'Empire romain[Note 4], c'est-à-dire un officier supérieur chargé de l’administration de l’armée, et ce n’est probablement pas un hasard si le nom de Martin signifie « voué à Mars », Mars étant le dieu de la guerre à Rome.

Quoi qu’il en soit, vers l’âge de 10 ans, l’enfant veut se convertir au christianisme et il se sent attiré par le service du Christ[Note 5].

Vie dans l’armée[modifier | modifier le code]

En tant que fils de magistrat militaire, Martin suit son père au gré des affectations de garnison ; il est pour ainsi dire héréditairement lié à la carrière de son père, voué au culte impérial. Ce père est irrité de voir son fils tourné vers une foi nouvelle : alors que l'âge légal de l’enrôlement est de 17 ans, il force son fils de 15 ans à entrer dans l’armée[Note 6]. Il est probable que Martin ne s’est laissé convaincre que pour ne pas nuire à la position sociale de ses parents tant sa vocation chrétienne est puissante.

Saint Martin renonce à sa vie militaire et de chevalier, par le peintre italien Simone Martini

Il n’en reste pas moins vrai que ce n’est pas en simple soldat que Martin entre dans l’armée romaine : en tant que fils de vétéran, il a le grade de circitor[réf. nécessaire] avec une double solde ; le rôle du circitor est celui de mener la ronde de nuit et d’inspecter les postes de garde et la surveillance de nuit de la garnison. Il possède alors un esclave, mais selon ses hagiographes, il le traite comme son propre frère.

Affecté en Gaule, peut-être pour sa connaissance du gaulois[réf. nécessaire], c’est lors d’une de ces rondes de nuit[réf. nécessaire] qu’un soir d’hiver 338 à Amiens[Note 7] il partage son manteau avec un déshérité transi de froid car il n’a déjà plus de solde après avoir généreusement distribué son argent[Note 8]. Il tranche son manteau ou tout du moins la doublure de sa pelisse et la nuit suivante le Christ lui apparaît en songe vêtu de ce même pan de manteau[Note 9]. Il a alors 18 ans[Note 10]. Le reste de son manteau, appelé « cape » sera placé plus tard, à la vénération des fidèles, dans une pièce dont le nom est à l'origine du mot : chapelle[Note 11] (cappella en italien, chapel en anglais, Kapelle en allemand).

C’est aussi le temps où les grandes invasions germaniques se préparent ; les Barbares sont aux portes de l’empire ; depuis longtemps déjà les milices auxiliaires des légions sont composées de mercenaires d’origine germanique. En mars 354, Martin participe à la campagne sur le Rhin contre les Alamans à Civitas Vangionum en Rhénanie[Note 12] ; ses convictions religieuses lui interdisent de verser le sang et il refuse de se battre[Note 13]. Pour prouver qu’il n’est pas un lâche et qu’il croit à la providence et à la protection divine, il propose de servir de bouclier humain. Il est enchaîné et exposé à l’ennemi mais, pour une raison inexpliquée, les Barbares demandent la paix[Note 14].

Selon Sulpice Sévère, Martin sert encore deux années dans l'armée[Note 15] puis il se fait baptiser à Pâques toujours en garnison à Amiens[réf. nécessaire] ; cette époque est un temps de transition, la fin d’un règne et le début d’un autre règne où tous, même les soldats, sont pénétrés par les idées nouvelles.

Vie d'ermite[modifier | modifier le code]

Détail de la façade de la basilique San Martino de Martina Franca dans la même représentation de style baroque.

En 356, ayant pu quitter l’armée il se rend à Poitiers pour rejoindre Hilaire[Note 16], évêque de la ville depuis 350. Hilaire a le même âge que lui et appartient comme lui à l’aristocratie, mais il a embrassé la foi chrétienne tardivement, et est moins tourné vers la mortification et plus intellectuel ; l’homme lui a plu cependant et il a donc décidé de se joindre à lui.

Son statut d’ancien homme de guerre empêche Martin de devenir prêtre : aussi refuse-t-il la fonction de diacre que lui propose l’évêque. Il devient donc simplement exorciste[Note 17]. Au cours du même voyage, il rencontra le Diable[1].

Dans la région des Alpes, il fut un jour attaqué par des brigands. L'un des voleurs lui demanda s'il avait peur. Martin lui répondit qu'il n'avait jamais eu autant de courage et qu'il plaignait les brigands. Il se mit à leur expliquer l'évangile. Les voleurs le délivrèrent et l'un d'eux demanda à Martin de prier pour lui[1].

La Chrétienté est alors déchirée par des courants de pensée qui se combattent violemment et physiquement ; les ariens sont les disciples d’un prêtre, Arius qui nie que le Christ soit Dieu fils de Dieu au contraire des trinitaires de l’Église romaine ; à cette époque les ariens sont très influents auprès d’un pouvoir politique qui se cherche une foi nouvelle dans un empire décadent qui sent sa fin proche[réf. nécessaire]. Alors que Hilaire, un trinitaire, victime de ses ennemis politiques et religieux tombe en disgrâce et est exilé, Martin est averti « en songe » qu’il doit rejoindre ses parents en Illyrie afin de les convertir[Note 18]. Il réussit à convertir sa mère mais son père reste étranger à sa foi[Note 19] ; cette position peut du reste n’être que tactique, le père essayant de défendre son statut social privilégié.

En Illyrie c’est la foi arienne qui est la foi dominante et Martin qui est un fervent représentant de la foi trinitaire doit sans doute avoir de violentes disputes avec les ariens car il est publiquement fouetté puis expulsé. Il s’enfuit et se réfugie à Milan mais là aussi les ariens dominent et Martin est à nouveau chassé[Note 20]. Il se retire en compagnie d'un prêtre dans l’île déserte de Gallinara non loin du port d'Albenga et se nourrit de racines et d’herbes sauvages[Note 21]. Martin s’empoisonne avec de l’hellébore et il s’en faut de peu qu’il ne meure[Note 22].

En 360, avec les canons du concile de Nicée, les trinitaires regagnent définitivement leur influence politique et Hilaire retrouve son évêché. Martin en est informé et revient lui-même à Poitiers[Note 23].
Alors âgé de 44 ans, il s’installe sur un domaine gallo-romain qu'Hilaire lui indique près de Poitiers. Martin y crée un petit ermitage[Note 24], que la tradition situe à 8 km de la ville : l’abbaye de Ligugé où il est rejoint par des disciples. Il crée ici la première communauté de moines sise en Gaule. Ce premier monastère est le lieu de l’activité d’évangélisation de saint Martin pendant dix ans. Il accomplit ses premiers miracles et se fait ainsi reconnaître par le petit peuple comme un saint homme.

Évêque de Tours[modifier | modifier le code]

En 371 à Tours, l’évêque en place Lidoire vient de mourir ; les habitants veulent choisir Martin mais celui-ci s’est choisi une autre voie et n’aspire pas à l'épiscopat. Les habitants l’enlèvent donc et le proclament évêque le 4 juillet 371 sans son consentement[Note 25] ; Martin se soumet en pensant qu’il s’agit là sans aucun doute de la volonté divine[réf. nécessaire] (Un cas identique de contrainte face à un non-consentement se reproduira en 435 pour Eucher de Lyon).

Reliquaire de la fin du XIVe siècle ; réputé abriter la tête de saint Martin, argent et cuivre, originellement exposé dans l’église de Soudeilles, aujourd’hui conservé au Louvre

Les autres évêques ne l’aiment guère car il a un aspect pitoyable dû aux mortifications et aux privations excessives qu’il s’inflige, il porte des vêtements rustiques et grossiers[Note 26].

Désormais, même s’il est évêque, il ne modifie en rien son train de vie[Note 27]. Il crée un nouvel ermitage à 3 km au nord-est des murs de la ville : c’est l’origine de Marmoutier[Note 28] avec pour règle la pauvreté, la mortification et la prière. Les moines doivent se vêtir d’étoffes grossières sur le modèle de saint Jean-Baptiste qui était habillé de poil de chameau. Ils copient des manuscrits, pêchent dans la Loire ; leur vie est très proche de ce que l’on peut lire dans les Évangiles sur la vie des premiers apôtres, jusqu’aux grottes qui abritent dans les coteaux de la Loire des habitations troglodytes où s’isolent des moines ermites.

Le monastère est construit en bois ; Martin vit dans une cabane de bois dans laquelle il repousse les « apparitions diaboliques et converse avec les anges et les saints » : c’est une vie faite d’un courage viril et militaire[réf. nécessaire] que Martin impose à sa communauté.

Tout ce monde voyage à travers les campagnes à pied, à dos d’âne et par la Loire ; car Martin est toujours escorté de ses moines et disciples, sans doute en grande partie pour des raisons de sécurité car il ne manque pas de voyager très loin de Tours. Ailleurs l’autorité de l’évêque est limitée à l’enceinte de la cité, avec Martin elle sort des murs et pénètre profondément à l’intérieur des terres. Martin semble avoir largement sillonné le territoire de la Gaule ; là où il n’a pas pu aller, il a envoyé ses moines.

À cette époque les campagnes sont païennes, il les parcourt donc faisant détruire temples et idoles. Il fait par exemple abattre un pin sacré[Note 29].

Il prêche avec efficacité les paysans, forçant le respect par l’exemple et le refus de la violence. Il prêche par la parole et par sa force, il sait parler aux petits et il utilise à merveille la psychologie par sa connaissance des réalités quotidiennes et l'utilisation de paraboles simples que le petit peuple comprend, tel que le Christ le faisait : ainsi il dit d’une brebis tondue qu’elle accomplit le précepte de l’évangile basé sur le partage[réf. nécessaire].
Il remplace les sanctuaires païens par des églises et des ermitages et comprenant fort bien l’homme de la campagne et ses besoins, il se donne les moyens de le convertir alors que la foi chrétienne est encore essentiellement urbaine.

Marmoutier sert de centre de formation pour l’évangélisation et la colonisation spirituelle des campagnes ; c’est pour l’essentiel la première base de propagation du christianisme en Gaule.

Martin de Tours est présent à Trèves lorsque les évêques d’Espagne Hydace et Ithace demandent à l'empereur Maxime la condamnation de Priscillien. Celui-ci est condamné (pour motifs civils) au chef de magie. Rejoint par Ambroise de Milan (délégué par le jeune empereur Valentinien II), Martin demande la grâce pour Priscillien. Bien qu’Ambroise, menacé de mort par l’empereur, ne le soutienne pas, Martin obtient que les disciples de Prisicillien ne soient pas poursuivis. Le pape Sirice s’élevera contre les procédés de Maxime[Note 30].

Par la suite, Martin de Tours refusa toujours de participer aux assemblées épiscopales, ce qui, avec ses efforts pour sauver de la mort Priscillien, le fit suspecter d’hérésie. L’empereur Théodose Ier déclara nulles les décisions de Maxime dans cette affaire ; Ithace sera déposé quelques années plus tard, et Hydace démissionnera de lui-même de sa charge.

Marmoutier comptait 80 frères vivant en communauté, issus pour la plupart de l’aristocratie ce qui permettait à Martin de jouir d’une grande influence et de se faire recevoir par les empereurs eux-mêmes. Il existe désormais une complicité entre les empereurs et les évêques, entre le pouvoir de la nouvelle foi et le pouvoir politique. Mais cela n'empêche pas Martin, à la table de l'empereur, de servir en premier le prêtre qui l'accompagne et d'expliquer que le sacerdoce est plus éminent que la pourpre impériale.

Un jour, voyant des oiseaux pêcheurs se disputer des poissons, il explique à ses disciples que les démons se disputent de la même manière les âmes des chrétiens. Et les oiseaux prirent ainsi le nom de l'évêque ; ce sont les martins-pêcheurs[réf. nécessaire].

Représentation de la mort du saint, par Simone Martini

Au soir de sa vie, sa présence est requise pour réconcilier des clercs à Candes sur Loire, à l'ouest de Tours ; l'urgence de l'unité de l'Église fait que malgré sa vieillesse, il décide de s'y rendre. Son intervention est couronnée de succès, mais le lendemain, épuisé par cette vie de soldat du Christ, Martin meurt à Candes, à la fin de l’automne, le 8 novembre 397 sur un lit de cendre comme mouraient les saints hommes ; disputé entre Poitevins et Tourangeaux, son corps est subtilisé par ces derniers et rapidement reconduit par le fleuve jusqu'à Tours où il est enterré le 11 novembre.

Une légende veut que les fleurs se soient mises à éclore en plein novembre, au passage de son corps sur la Loire entre Candes et Tours. Ce phénomène étonnant donnera naissance à l’expression « été de la Saint-Martin[Note 31] ». Son successeur est Brice, un de ses disciples. Une église lui est consacrée à Renaix, ville de Belgique (province de Flandre-Orientale).

Postérité[modifier | modifier le code]

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Bien que les miracles de Martin de Tours fussent déjà connus de son vivant par delà les frontières de son diocèse, qu'il ait prêché l'évangile dans les campagnes et que Sulpice Sévère en fasse l'égal des apôtres, il ne semble pas qu'il ait organisé son action.

En Gaule[modifier | modifier le code]

Représentation d'éléments de la vie du saint
Sculpture contemporaine devant l'école Martinusschule dans la vieille ville de Mayence.

L'importance historique de Martin de Tours tient surtout au fait qu'il a créé les premiers monastères en Gaule et qu'il a formé des clercs par la voie monastique. D'abord admiré par ses amis qui l'ont pris pour modèle (Sulpice-Sévère, Paulin de Nole), son culte a été instauré par ses successeurs au trône épiscopal de Tours, qui surent faire de leur basilique un sanctuaire. La place prise par le culte de Martin dans la liturgie et la littérature pieuse est surtout due à l'action de Perpetuus († vers 490), avec un Indiculus des miracles qu'il a fait versifier par Paulin de Périgueux, et de Grégoire de Tours († 594), qui de même dressa une liste des miracles qu'il fit mettre en vers par Venance Fortunat[Note 32]. Ainsi, dès le Ve siècle, Tours était le premier lieu de pèlerinage des Gaules ; le choix de Martin de Tours comme seigneur tutélaire des Mérovingiens est fait sous Clovis. Tours reste par la suite un foyer spirituel important. À l'époque carolingienne, Alcuin, conseiller de Charlemagne, fut nommé abbé de Saint-Martin de Tours et de Cormery. Ces abbayes furent des foyers importants de la renaissance carolingienne aux alentours de l’an 800. La cathédrale de Mayence, au cœur de la Germanie franque, est également dédiée à saint Martin.

La cape de saint Martin de Tours, qui fut envoyée comme relique à la Chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle pour Charlemagne, est elle-même à l'origine du mot « chapelle », c'est-à-dire l'endroit où l'on gardait la « c(h)ape » du saint qui était emportée lors des batailles et portée en bannière.

Elle est aussi à l'origine du mot « Capet », nom de la dynastie des Rois de France : Francs Capétiens[2]. Ainsi, du royaume d'Austrasie jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, saint Martin reste le symbole de l'unité franque (resp. française).

Aujourd’hui plus de 236 communes portent son nom en France et plus de 4 000 églises sont placées sous son vocable ; son nom de baptême est devenu le nom de famille le plus fréquent de France.

Une communauté de prêtres et de diacres séculiers, la communauté Saint-Martin, fondée en 1976 et présente principalement en France, s'est placée sous son patronage.

La Fête de la Saint-Martin en Flandre et en Belgique[modifier | modifier le code]

On fête sur le territoire de la Flandre historique (principalement dans le Westhoek, la vallée de la Dendre et à Beveren), la Saint-Martin le soir du 10 novembre (ainsi que le soir du 11 novembre avant la Seconde Guerre mondiale).

Selon la légende, en effet, saint Martin portant la bonne parole sur les côtes flamandes, aurait perdu son âne parti brouter ailleurs, alors qu’il tentait d’évangéliser les pêcheurs d'un petit village, futur Dunkerque. À la nuit tombée, les enfants du pays se mettant à sa recherche, avec force lanternes, l'ont retrouvé dans les dunes, en train de manger des chardons et des oyats. Pour les remercier, saint Martin a transformé toutes les petites crottes de l’âne en brioches à la forme particulière, que l'on appelle folard (Voolaeren, et flamand occidental), ou craquandoules.

Les enfants chantent en Flandre française, cette chanson, le soir de la Saint-Martin :

« Saint Martin
Boit du vin
Dans la rue des Capucins
Il a bu la goutte
Il a pas payé
On l’a mis à la porte avec un
Coup d'balai »[3]

en défilant dans la rue, avec une lanterne en forme de tête, creusée dans une betterave à sucre. Après le défilé, on leur donne un folard et une orange, et le concours de la plus belle lanterne est organisé.

Cette façon de fêter la Saint-Martin montre bien qu’on a cherché à christianiser des usages anciens liés à la « fête païenne de Samain » qui survit sous le nom d’Halloween aux États-Unis. À la différence d'Halloween qui est une fête de la nuit et de la mort, la Saint-Martin est la fête de la vie et de la lumière. Samhain représente le renouveau et donc les 2 aspects à la fois. De plus, selon le calendrier de Coligny, cette période était celle du nouvel an chez les Gaulois.

Une tradition similaire existe aussi en Alsace et en Allemagne dans le Pays de Bade ainsi qu'aux Pays-Bas.

Bien que commémoration chrétienne, en Flandre, la Saint-Martin est comme Noël fêtée dans les écoles laïques. Il est aussi fêté à Visé (Province de Liège) puisqu’il est le patron des arquebusiers depuis 1579, lesquels le fêtent toujours depuis l'origine de leur guilde[4]

Dans les cantons de l’est également il reste comme en Allemagne un saint très populaire dont la fête donne lieu à des réjouissances similaires à celles qu'on trouve en Flandres.

La Fête de la Saint-Martin en Suisse[modifier | modifier le code]

La fête de la Saint-Martin en Suisse est une fête gastronomique célébrée en Ajoie dans le canton du Jura.

Article détaillé : Saint-Martin (fête suisse).

La Fête de la Saint-Martin en Allemagne, et en Autriche[modifier | modifier le code]

Carte postale ancienne représentant une statue de StMartin et une foule portant des lampions
Carte postale de 1913. Meilleurs vœux de la Saint-Martin à Erfurt (Allemagne).

Cette date tombe à la fin des récoltes et autrefois les gens se rendaient avec des torches sur une place, où ils faisaient un grand festin, éclairés par un grand feu. En Allemagne et Autriche la Saint-Martin, symbole de partage, est toujours célébrée par des retraites au flambeau dans les rues, les lampions étant généralement portés ou même confectionnés par les enfants. On organise aussi des feux de joie. C’est une fête de la lumière. Certains enfants vont de maison en maison demander des bonbons aux voisins dans leur quartier, en échange d'une chanson. Les villes sont parfois décorées de lampions le soir et des foires commerciales coïncident avec l’événement[5]. Le plat traditionnel est une oie rôtie (MartiniGansl en Autriche), volailles qui sont grasses à point début novembre et qui rappellent la légende selon laquelle elles auraient dénoncé le saint homme qui s'était caché au milieu d'elles, ne voulant pas être fait évêque de Tours. On prépare aussi certaines sucreries, comme les Weckmänner, appelés aussi Stutenkerle, ou les Martinsbrezeln[5].

C’est un des saints les plus populaires de Belgique où rien qu’en Wallonie près de 500 églises et chapelles lui sont consacrées. St Martin est aussi depuis 1579 le patron des arquebusiers à Visé en Province de Liège[6]. Les Francs Arquebusiers dégustent l’oie de la Saint-Martin le 11 novembre lors d’un repas particulier, l'oie est en outre la spécialité culinaire de la ville de Visé où on la prépare avec une sauce blanche à l'ail depuis des siècles. On fête également St Martin dans le nord du pays dans les Flandres ainsi que dans les cantons jadis prussiens et comprenant des communes comme Eupen (germanophone) ou Malmedy (francophone).

Saint Martin patron de Buenos-Aires[modifier | modifier le code]

Selon une tradition ancienne, les fondateurs de la cité se réunirent en octobre 1580 pour lui donner un saint, protecteur et patron. On organisa un tirage au sort, saint Martin fut désigné. N’étant pas satisfaits d'avoir un saint français, on recommença, et le sort confirma saint Martin.

Aujourd’hui, la cathédrale de Buenos Aires abrite, côte à côte, trois « San Martín » :

Divers[modifier | modifier le code]

Dans les années 1920, à l'initiative d'un prêtre du diocèse de Tours, le chanoine Rutard[7], un foyer-séminaire fut créé et s'installa dans un bâtiment adossé à l'est de la Basilique Saint-Martin, au 3 rue Baleschoux. Les jeunes formés par le chanoine Rutard et son équipe, les « Petits Clercs de Saint-Martin », provenaient de diocèses de France « riches » en vocation (essentiellement Centre et Ouest), des milieux ruraux mais également urbains. Les élèves, instruits à l'origine sur place, ont ensuite suivi leur scolarité dans les collèges et lycées des alentours. Assurant un service religieux quotidien et dominical à la Basilique de Saint Martin, formés au chant grégorien qu'ils chantaient à la Basilique, les Petits Clercs, après être passé par le Grand Séminaire diocésain, intégraient le clergé du diocèse de Tours. Soutenue par la générosité tourangelle, cette institution était gérée comme une grande famille chaleureuse. La pédagogie familiale y éduquait les jeunes vers le sens de la responsabilité basé sur la confiance mutuelle, et se traduisait souvent par une forme d'autodiscipline assez librement acceptée, le groupe « remettant en place » le contrevenant. Ce mode de discipline collective et individuelle, sorte de contrat de vie, a souvent étonné les visiteurs. L'institution forma environ une centaine de prêtres pour le diocèse de Tours. Les « Petits Clercs de Saint-Martin », « la chère maison » pour tous les anciens, cessèrent d'exister en 1970.

Saint-Martin de Tours est également le Patron de la paroisse Saint-Martin-de-Rivière-au-Renard en Gaspésie dans la province de Québec (Canada) et des églises à Buják, Feldebrő, Gyöngyösfalu, Halászi, Hévízgyörk, Hollókő, Kemenesszentmárton, Kópháza, Ólmod, Rajka, Söpte, Doba, et à Szombathely en Hongrie.

Galerie d'illustrations[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Fresques de Simone Martini (1312-1318) dans la Basilique Saint-François d'Assise

Le Dôme Saint-Martin de Lucques[modifier | modifier le code]

La vie de saint Martin est représentée par quatre bas-reliefs au-dessus des portes d’entrée du Dôme Saint-Martin de Lucques ; en légende, les inscriptions latines figurant sous chaque bas-relief.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il a été reconnu et accepté saint patron des policiers par la Conférence des évêques de France le 22 mars 1993.
  2. Les dates de Martin nous sont connues par l’Histoire des Francs de Grégoire de Tours : « Constantin devint le trente-quatrième empereur des Romains et régna heureusement pendant trente ans. La onzième année de son règne, ... le bienheureux évêque saint Martin naquit à Szombatel... » (Romanorum tricesimus quartus imperium obtinuit Constantinus, annis triginta regnans feliciter. Huius imperii anno undecimo, ... beatissimus praesul Martinus apud Sabariam Pannoniae civitatem) (livre I, chap. 36) ; « La seconde année du règne d'Arcadius et d’Honorius, saint Martin, évêque de Tours, rempli de vertus et de sainteté, après avoir comblé de bienfaits les infirmes et les pauvres, sortit de ce monde pour aller heureusement vers Jésus-Christ, dans le bourg de Candes de son diocèse, dans la quatre-vingt-unième année de son âge, la vingt-sixième de son épiscopat. » (Arcadi vero et Honori secundo imperii anno sanctus Martinus Turonorum episcopus, plenus virtutibus et sanctitate, praebens infirmis multa beneficia, octuaginsimo et primo aetatis suae anno, episcopatum autem vicissimo sexto, apud Condatinsem diocisis suae vicum excedens a saeculo, filiciter migravit ad Christum.) (livre I, chap. 42).
  3. « Itaque Martinus Sabaria Pannoniarum oppido oriundus fuit... » (Sulpice-Sévère, Vita Beati Martini, chap. II, l. 161B)
  4. « Pater ejus miles primum, post tribunus militum fuit... » (ibid.)
  5. « Nam cum esset annorum decem, invitis parentibus ad ecclesiam confugit, seque catechumenum fieri postulavit... » (Vita Beati Martini, chap. II, l. 161C)
  6. Sulpice-Sévère précise que son père l'a emmené ligoté : « Prodente patre, ..., cum esset annorum quindecim, captus et catenatus sacramentis militaribus implicatus est. » (Sulpice-Sévère, Vita Beati Martini, chap. II, fol. 161C)
  7. « Quodam itaque tempore... media hieme obvium habet in porta Ambianensium civitatis pauperem nudum... » (Vita Beati Martini, chap. III, fol. 162A)
  8. « Nihil præter chlamydem, qua indutus erat, habebat : jam enim reliqua in opus simile consumpserat. » (ibid.)
  9. « Nocte igitur insecuta, cum se sopori dedisset, vidit Christum chlamydis suæ, qua pauperem texerat, parte vestitum. » (Vita Beati Martini, chap. III, fol. 162B)
  10. « Quo viso... cum esset annorum duodevigintis... » (fol. 162C)
  11. Cf. Guillaume Durand (évêque), Le Rational des Divins Offices [« Rationale divinorum officiorum »], vol. II,‎ 1459 (réimpr. 1672), « X, §8 » : « Dans plusieurs endroits on appelle les prêtres chapelains (capellani), car de toute antiquité les rois de France, lorsqu'ils allaient en guerre, portaient avec eux la cape du bienheureux saint Martin, que l'on gardait sous une tente qui, de cette chape, fut appelée chapelle (a capa capella vocatachapele 1080; lat. pop. capella « lieu où l'on gardait la chape de saint Martin », de cappa) Cf. le Petit Robert ».
  12. « Interea irruentibus intra Gallias barbaris, Julianus Cæsar, coacto in unum exercitu apud Vangionum civitatem... » (Vita Beati Martini, chap. IV, fol. 162D)
  13. « Christi ego miles sum ; pugnare mihi non licet. » (ibid.)
  14. D'après Vita Beati Martini, chap. IV.
  15. Selon une autre tradition, il aurait été versé dans le corps d’élite des Alæ Scolares, une unité d’élite de la garde impériale dont il fut membre pendant 20 années[réf. nécessaire] ; cela porterait la durée totale de son service à 25 ans, durée légale dans les corps auxiliaires de l’armée romaine.
  16. La date est, là encore, donnée approximativement par Grégoire de Tours : « Dans la dix-neuvième année de Constance le Jeune, saint Hilaire, évêque de Poitiers, fut envoyé en exil à l’instigation des hérétiques (...) À cette époque, notre lumière commença à paraître... c'est-à-dire que dans ce temps Martin commença à prêcher dans les Gaules » (Histoire des Francs, livre I).
  17. Sulpice Sévère, Vita…, cap. V.
  18. « Nec multo post, admonitus persoporem ut patriam parentesque... religiosa sollicitudine visitaret... » (Sulpice Sévère, Vita…, cap. V).
  19. « Itaque... matrem gentilitatis absolvite errore, patre in malis perseverante. » (Sulpice Sévère, Vita…, cap. VI, fol. 164A).
  20. « Mediolani sibi monasterium statuit. Ibi quoque eum Auxentius, auctor et princeps Arianorum... de civitate exturbavit. » (Sulpice Sévère, Vita…, cap. VI, fol. 164B).
  21. « ...ad insulam Gallinariam nomine secessit, comite quodam presbytero. (...) Hic aliquamdiu radicibus vixit herbarum... » (Sulpice Sévère, Vita…, cap. VI, fol. 164B).
  22. « ...quo tempore helleborum, venetatum ut fuerunt, gramen in cibum sumpsit ; sed cum vim veneni in se grassantis vicina jam morte sensisset, imminens periculum oratione repulit, statimque omnis dolor fugatus est. » (Sulpice Sévère, Vita…, cap. VI, fol. 164B). L’hellébore, chez les Anciens, passait pour guérir de la folie, comme le rappelle l'adage d'Érasme helleborum sumpsit (« il bat la campagne »).
  23. « Nec multo post, cum sancto Hilario comperisset regis pænitentia potestatem indultam fuisse redeundi, Romæ ei tentavit occurrere, profectus ad urbem est. » (Sulpice Sévère, Vita…, cap. VI, fol. 164B-C).
  24. « Cum jam Hilarius præterisset (...) cumque ab eo gratissime fuisset susceptus, haud longe sibi ab oppido monasterium collocavit. » (Sulpice Sévère, Vita…, cap. VII, fol. 164C).
  25. « Sub idem fere tempus ad episcopatum Turonicæ Ecclesiæ petebatur, sed cum erui a monasterio suo non facile posset, ... sub quadam custodia ad civitatem usque deducitur (...) Una omnium voluntas, eadem vota, eademque sententia, Martinum episcopatum esse dignissimum. » (Sulpice-Sévère, Vita…, chap. IX, fol. 165B)
  26. « ...nonnulli ex episcopis... impie repugnabant, dicentes scilicet : contemptibilem esse personam, indignum esse episcopatu, hominem vultu despicabilem, veste sordidum, crine deformem. » (Sulpice-Sévère, Vita…, chap. IX, fol. 165C)
  27. « Idem enim constantissime perseverabat qui prius fuerat. » (Sulpice-Sévère, Vita…, chap. X, fol. 166A)
  28. Marmoutier signifie « grand monastère » (en gaulois « grand » se dit « mar »)
  29. Sulpice-Sévère, Vita…, chap. XIII.
  30. Cet épisode n’est connu que par les Chroniques de Sulpice-Sévère, livre II, chap. 46-51.
  31. La première mention connue de cette expression se trouve dans une lettre de Madame de Sévigné à sa fille, datée du 10 novembre 1675 : « Nous avons un petit été de Saint-Martin, froid et gaillard, que j'aime mieux que la pluie; je suis toujours dehors faite comme un loup-garou : le dessus de mon humeur dépend fort du temps ; de sorte que pour savoir comme je suis, vous n'avez qu'à consulter les astres : mais votre Provence vous dira toujours des merveilles ; le beau tems ne vous est de rien ; vous y êtes trop accoutumée ; pour nous, nous voyons si peu le soleil, qu'il nous fait une joie particulière. »
  32. Grégoire de Tours choisit d'ailleurs la mort de Martin comme terme du premier livre de son Histoire des Francs

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.saintmartindetours.eu/personnage/histoire-interactive.html
  2. Cf. Colette Beaune, Naissance de la nation France, vol. III : Le roi la France et les Français, Gallimard, coll. « Folio histoire », « VIII - Les lys de France », p. 324.
  3. http://www.youtube.com/watch?v=NXinG0ComWg
  4. les Arquebusiers de Visé
  5. a et b La Fête de St. Martin
  6. http://www.1579.be
  7. Hyppolite Grangette et Mgr Louis-Joseph Gaillard, Le Chanoine Rutard : 1867-1928, fondateur de l’Œuvre des Petits clercs de Saint-Martin, Arrault,‎ 1952

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (la) Sulpice-Sévère (dir.), Vie de saint Martin [« De vita Beati Martini liber unus »], vol. 20, Patrologie Latine,‎ 1845 (lire en ligne)
  • Paulin de Périgueux (dir.), De vita sancti Martini, vol. 16, Vienne, Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum,‎ 1888, p. 16-159
  • Venance Fortunat (dir.), Vita s. Martini metrica, vol. AA IV/1, Munich, Monumenta Germaniae Historia,‎ 1881
  • Grégoire de Tours (dir.), Historiae, vol. srm I/12, Monumenta Germaniae Historia
  • Grégoire de Tours (dir.), De Virtutibus S. Martini, vol. srm I/2, Monumenta Germaniae Historia, p. 134-211;
  • Collectif. Conception, réalisation, maquette Jean-Loup Fontana, Michel Foussard, photograhies Michel Graniou, Saint Martin dans les Alpes-Maritimes, Nice, Art et Culture des Alpes-Maritimes (ACAM),‎ 31 janvier 1997, 74 p. (ISBN 2-906 700-16-9)
    Cahier des Alpes-Maritimes n°13 édité par le Conseil général des Alpes-Maritimes (ACAM) constituant le catalogue de l’exposition consacrée au seizième centenaire de la mort de Saint Martin. Presses d’Imprimix Nice

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]