Louis de France (1775-1844)

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Louis de France
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Louis-Antoine d'Artois, duc d'Angoulême

Titres

Prétendant légitimiste
aux trônes de France et de Navarre


(7 ans, 6 mois et 28 jours)

Nom revendiqué « Louis XIX »
Prédécesseur Charles X
Successeur Henri,
« comte de Chambord »

Dauphin de France


(5 ans, 10 mois et 17 jours)

Prédécesseur Louis-Charles, prince royal
Successeur Ferdinand-Philippe,
prince royal
Biographie
Titulature Duc d’Angoulême (1775-1824)
Dauphin de France (1824-1830)
« Comte de Marnes » (1830-1844)
Dynastie Maison de Bourbon
Nom de naissance Louis Antoine d’Artois, duc d’Angoulême
Naissance
Versailles (France)
Décès (à 68 ans)
Görz (Autriche)
Père Charles X
Mère Marie-Thérèse de Savoie
Conjoint Marie-Thérèse de France
Enfants sans postérité
Description de cette image, également commentée ci-après

Prétendants au trône de France

Louis-Antoine d’Artois, né le à Versailles, France, et mort à Görz, Autriche — actuellement Nova Gorica (Slovénie) — le , petit-fils de France et duc d’Angoulême (1775-1824), puis Louis-Antoine de France, dauphin de France (1824-1830) puis « comte de Marnes » (1830-1844), puis en 1836 Louis de France, est un prince de la maison royale de France, fils de Charles-Philippe de France, ce dernier étant comte d'Artois et le futur roi Charles X, et de Marie-Thérèse de Savoie.

Lors des événements de la révolution de Juillet (1830), moins d'une heure[réf. nécessaire] après l’abdication de son père Charles X, il renonce lui-même à ses droits en faveur de son neveu Henri d'Artois. Il s’exile ensuite avec le titre de courtoisie de « comte de Marnes ». À la mort de son père (1836) jusqu'à son propre décès (1844), il devient l’aîné des Capétiens et le « chef de la maison de France », prétendant à la Couronne de France et reconnu comme roi par les légitimistes sous le nom de « Louis XIX ».

Parmi les distinctions militaires qui lui ont été données, le duc d’Angoulême était notamment colonel général des cuirassiers et dragons, grand-amiral de France et généralissime de l’armée d'Espagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Le duc d'Angoulême

Né le à Versailles, il est le fils aîné de Charles X de France (1757-1836) et de son épouse Marie-Thérèse de Sardaigne (1756-1805), de la maison de Savoie. Il est titré à sa naissance duc d’Angoulême par Louis XVI de France. Il est ondoyé le jour de sa naissance à Versailles par Joseph de Cheylus, évêque de Cahors, en présence de Louis XVI et de Marie-Antoinette ainsi que du futur Louis XVIII et de son épouse Marie-Joséphine de Savoie[1].

Louis Antoine d'Artois est baptisé tardivement, le , le même jour que son frère Charles Ferdinand d'Artois, dans la Chapelle royale du château de Versailles par Jean Armand de Roquelaure, évêque de Senlis. Son parrain est le roi Louis XVI et sa marraine est la reine Marie-Antoinette[2].

Il émigre le 16 juillet 1789 avec son père, et rejoint l’armée de Condé en 1792 financée pour grande part par le gouvernement britannique.

Premier Empire, Première et Seconde Restaurations[modifier | modifier le code]

Pendant l'Empire, les communications entre le continent et l'Angleterre étant coupées, son oncle Louis XVIII charge Mgr de La Fare, évêque de Nancy, de lui verser, ainsi qu'à son frère Charles Ferdinand d'Artois, le duc de Berry, des sommes importantes versées depuis des maisons de banque de Vienne pour l'entretien de sa Maison, pour les pensions de l'armée des princes et pour assurer la subsistance de ses compatriotes. Pour les mois de mars et d'avril 1807 le versement fut ainsi de 18 676 livres tournois (soit l'équivalent de 1 634 150 euros).

Le duc d'Angoulême combat en Espagne aux côtés de Wellington en 1814. Il rentre en France à la Restauration.

Le duc d'Angoulême en tant que grand amiral de France. Assiette exposée au Musée national de la Marine, Paris.

En mars 1815, il est en voyage officiel à Bordeaux quand il apprend le débarquement de Napoléon à Golfe Juan. Il lève dans le Midi une petite armée, remporte quelques succès locaux. Toutefois il échoue et se voit contraint de licencier sa division et d'envisager d'émigrer. Le 3 avril 1815 dès le début des Cent-Jours, il réclame, à Donzère, l'exécution de la convention de La Palud à Grouchy, qui en réfère à Napoléon. Sur l'ordre exprès de ce dernier, le général Radet arrête le duc et l'envoie à Sète pour lui permettre de s'exiler.

La commune de Villeneuve-lès-Maguelonne change de nom pour Villeneuve-Angoulême en son honneur (1816).

En 1823 il conduit la victorieuse Expédition d'Espagne, qui gagne la bataille du fort du Trocadéro, s'empare de Cadix et restaure, en monarque absolu, Ferdinand VII d'Espagne.

À l'avènement de son père Charles X en 1824 il devient dauphin de France.

Abdication de Charles X et renonciation du dauphin[modifier | modifier le code]

À la suite des émeutes parisiennes dites des « Trois Glorieuses », Charles X abdique le en faveur de son petit-fils Henri d'Artois (1820-1883), abdication contresignée par Louis-Antoine de France qui déclare renoncer à ses droits en faveur de son neveu[N 1]. Cette abdication, contraire aux lois fondamentales du royaume, est de toute façon sans effet, car Louis Philippe d’Orléans se fait proclamer roi des Français par les chambres le 7 août, et la famille royale part en exil le 16 août. Le prince Louis-Antoine prend alors le titre de « comte de Marnes ».

Entre le moment où Charles X a signé l'acte d'abdication et le moment où, sur l'ordre[N 2] du roi, Louis-Antoine a contresigné le document pour renoncer à ses droits en faveur de son neveu, s'écoula un laps de temps pendant lequel il aurait pu être « Louis-Antoine Ier », si l'abdication avait été faite en sa faveur[N 3], et si les chambres l'avaient ensuite reconnu et proclamé roi. Cependant, si l'on s'en tient au principe d’indisponibilité de la couronne des lois fondamentales du royaume, l'abdication étant impossible, celle de Charles X est donc nulle : « Louis XIX » n'aurait donc pas pu être reconnu roi par les légitimistes avant la mort de Charles X en 1836. À cette date, il devint le nouveau prétendant au trône pour le mouvement légitimiste — à l'exception de la faction henriquinquiste, qui soutenait le duc de Bordeaux depuis que Charles X avait abdiqué en sa faveur.

En droit constitutionnel, Louis-Antoine n'ayant pas abdiqué en tant que « roi » mais seulement renoncé à ses droits en tant que dauphin, et n'ayant pas été reconnu ni proclamé « roi » par les chambres, ni par le lieutenant-général nommé par les députés, il n'y a jamais eu de « roi Louis XIX ».

Second exil et dernières années[modifier | modifier le code]

Tombeaux de Charles X (« C. X. ») et de Louis de France (« L. XIX ») à Kostanjevica

À la mort de son père à Göritz (Autriche) le 6 novembre 1836, Louis-Antoine de France devient l’aîné des descendants de la famille royale selon la tradition de primogéniture mâle. La plupart des légitimistes le reconnaissent alors comme roi de France et de Navarre sous le nom de « Louis XIX », contre Louis-Philippe d'Orléans (les henriquinquistes lui préférant son neveu « Henri V », en vertu de l'acte d'abdication).

À sa mort en exil à Göritz le 3 juin 1844, son neveu, le « comte de Chambord » (1820-1883), succéda comme aîné des Capétiens et « chef de la maison de France » sous le nom de « Henri V ».

Il est enterré à Nova Gorica, en Slovénie.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Le 10 juin 1799, il épousa au palais de Mittau (Russie) sa cousine germaine Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI. Le couple n'eut pas d'enfants[N 4].

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. D’après Blanche-Joséphine Le Bascle d'Argenteuil dans ses Souvenirs, Charles X eut du mal à convaincre son fils de signer. (Maillé 1984, p. 360)
  2. « Monseigneur, Sa Majesté vous demande de signer », dit le baron de Damas au dauphin en lui tendant l'acte d'abdication signé par Charles X, sur lequel le roi a déjà écrit : « Le Dauphin, qui partage mes sentiments, renonce aussi à ses droits en faveur de son neveu. » (Cartron 1996, p. 238)
  3. « Monsieur le dauphin ne pouvait agir dans les trois journées » [27, 28 et 29 juillet] « que comme Louis-Antoine Ier par l'abdication volontaire ou forcée de son père. On n'aurait jamais obtenu l'une du Roi en faveur de son fils et l'autre n'aurait fait de Monsieur le dauphin qu'un factieux qui aurait divisé le parti royaliste, dont la plus grande partie ne l'aurait pas suivi et il n'avait aucune popularité dans Paris. Cependant, je crois que venant rappeler les ordonnances et changer le ministère il aurait pu réussir jusqu'au vendredi matin. » [30 juillet] « On peut comprendre que le rôle qu'a pris M. le duc d'Orléans et qui était le seul possible lui ait répugné contre son père. » (Maillé 1984, p. 356)
  4. Dans sa biographie sur Marie-Thérèse, Madame Royale, André Castelot affirme, p. 146, que le duc était impuissant ; il s'agit plus vraisemblablement d'un cas de stérilité lié à l'extrême consanguinité des époux.

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Duchesse de Maillé, Souvenirs des deux Restaurations : journal inédit présenté par Xavier de La Fournière, Paris, Librairie Académique Perrin, , 435 p. (ISBN 2-262-00341-6)
  • Michel Bernard Cartron, Louis XIX : roi sans couronne, Paris, Communication & Tradition, , 362 p. (ISBN 2-911029-04-6)
  • Michel-Bernard Cartron, Louis XIX, celui qui fut roi vingt minutes, Via Romana, 2010 (ISBN 978-2-916727-72-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]