Louis de France (1775-1844)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Louis de France.
Louis de France
Description de cette image, également commentée ci-après

Le duc d'Angoulême

Titres

Roi de France et de Navarre


(durant 20 minutes)

Nom revendiqué Louis XIX
Prédécesseur Charles X
Successeur Henri V (non proclamé)
Louis-Philippe Ier (roi des Français)

Prétendant légitimiste
aux trônes de France et de Navarre


(7 ans 6 mois et 28 jours)

Nom revendiqué « Louis XIX »
Prédécesseur Charles X
Successeur Henri d'Artois,
comte de Chambord

Prince héritier de France et de Navarre


(5 ans 10 mois et 17 jours)

Prédécesseur Charles, comte d'Artois
Successeur Ferdinand-Philippe,
prince royal
Biographie
Dynastie Maison de Bourbon (branche d’Artois)
Nom de naissance Louis Antoine d’Artois,
duc d’Angoulême
Naissance
Versailles (France)
Décès (à 68 ans)
Görz (Autriche)
Père Charles X
Mère Marie-Thérèse de Savoie
Conjoint Marie-Thérèse de France
Description de cette image, également commentée ci-après

Prétendants au trône de France

Louis-Antoine d’Artois, né le à Versailles, France, et mort à Görz, Autriche — actuellement Nova Gorica (Slovénie) — le , duc d’Angoulême (1775-1824), devenu Louis-Antoine de France, dauphin de France (1824-1830), puis Louis de France est un prince de la maison royale de France, fils de Charles-Philippe de France, ce dernier étant comte d'Artois et le futur roi Charles X, et de Marie-Thérèse de Savoie.

Lors des événements de la révolution de Juillet (1830), moins d'une heure après l’abdication de son père Charles X, il abdique lui-même en faveur de son neveu Henri (futur comte de Chambord). Il s’exile ensuite avec le titre de courtoisie de « comte de Marnes ». À la mort de son père (1836) jusqu'à son propre décès (1844), il devient l’aîné des Capétiens et le « chef de la maison de France », prétendant à la couronne de France et reconnu comme roi par les légitimistes sous le nom de « Louis XIX ».

Parmi les distinctions militaires qui lui ont été données, le duc d’Angoulême était notamment colonel général des cuirassiers et dragons, grand-amiral de France et généralissime de l’armée d'Espagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Louis-Antoine d'Artois, duc d'Angoulême

Né le à Versailles, il est le fils aîné de Charles X de France (1757-1836) et de son épouse Marie-Thérèse de Sardaigne (1756-1805), de la maison de Savoie. Il est titré à sa naissance duc d’Angoulême par Louis XVI de France. Il est ondoyé le jour de sa naissance à Versailles par Joseph de Cheylus, évêque de Cahors, en présence de Louis XVI et de Marie-Antoinette ainsi que du futur Louis XVIII et de son épouse Marie-Joséphine de Savoie[1].

Louis Antoine d'Artois est baptisé tardivement, le , le même jour que son frère Charles Ferdinand d'Artois, dans la Chapelle royale du château de Versailles par Jean Armand de Roquelaure, évêque de Senlis. Son parrain est le roi Louis XVI et sa marraine est la reine Marie-Antoinette[2].

Il émigre le 16 juillet 1789 avec son père, et rejoint l’armée de Condé en 1792 financée pour grande part par le gouvernement britannique.

Premier Empire, Première et Seconde Restaurations[modifier | modifier le code]

Pendant l'Empire, les communications entre le continent et l'Angleterre étant coupées, son oncle Louis XVIII charge Monseigneur de La Fare, évêque de Nancy, de lui verser, ainsi qu'à son frère Charles Ferdinand de Bourbon, le duc de Berry, des sommes importantes versées depuis des maisons de banque de Vienne pour l'entretien de sa Maison, pour les pensions de l'armée des princes et pour assurer la subsistance de ses compatriotes. Pour les mois de mars et d'avril 1807 le versement fut ainsi de 18 676 livres tournois (soit l'équivalent de 1 634 150 euros).

Le duc d'Angoulème combat en Espagne aux côtés de Wellington en 1814. Il rentre en France à la Restauration.

En mars 1815, il est en voyage officiel à Bordeaux quand il apprend le débarquement de Napoléon à Golfe Juan. Il lève dans le Midi une petite armée, remporte quelques succès locaux. Toutefois il échoue et se voit contraint de licencier sa division et d'envisager d'émigrer. Le 3 avril 1815 dès le début des Cent-Jours, il réclame, à Donzère, l'exécution de la convention de La Palud à Grouchy, qui en réfère à Napoléon. Sur l'ordre exprès de ce dernier, le général Radet arrête le duc et l'envoie à Sète pour lui permettre de s'exiler.

La commune de Villeneuve-lès-Maguelonne change de nom pour Villeneuve-Angoulême en son honneur (1816).


En 1823 il conduit la victorieuse Expédition d'Espagne, qui gagne la bataille du fort du Trocadéro, s'empare de Cadix et restaure, en monarque absolu, Ferdinand VII d'Espagne.

À l'avènement de son père Charles X en 1824 il devient dauphin de France.

« Roi de France » durant vingt minutes[modifier | modifier le code]

À la suite des émeutes parisiennes dites des « Trois Glorieuses », son père Charles X abdique le en faveur de son petit-fils Henri d'Artois (1820-1883), abdication contresignée par Louis-Antoine de France qui déclare renoncer à ses droits en faveur de son neveu[3]. Cette abdication, contraire aux lois fondamentales du royaume, est de toute façon sans effets, car Louis Philippe d’Orléans se fait proclamer roi des Français par les chambres le 7 août, et la famille royale part en exil le 16 août. Le prince Louis prend alors le titre de « comte de Marnes ».

Entre le moment de l'abdication de son père et la signature de son acte de renoncement, s'écoulèrent vingt minutes, pendant lesquelles il fut théoriquement Louis XIX[réf. nécessaire]. Cependant, si l'on s'en tient au principe d’indisponibilité de la couronne des lois fondamentales du royaume, l'abdication étant impossible, celle de Charles X est donc nulle : « Louis XIX » n'aurait donc jamais régné, fût-ce pendant vingt minutes. Toutefois, ces vingt minutes feraient de lui le roi ayant régné durant le laps de temps le plus court (Jean Ier a pour sa part régné cinq jours, tout comme Henri d'Artois aussi appelé Henri V qui lui succéda)[réf. nécessaire]. À la mort de Charles X, il devint l'héritier du trône pour le mouvement légitimiste.

Second exil et dernières années[modifier | modifier le code]

Tombeaux de Charles X (« C.X ») et de Louis de France (« L.XIX ») à Kostanjevica

À la mort de son père à Göritz (Autriche) le 6 novembre 1836, Louis-Antoine de France devient l’aîné des descendants de la famille royale selon la tradition de primogéniture mâle. La plupart des légitimistes le reconnaissent alors comme roi de France et de Navarre sous le nom de « Louis XIX », contre Louis-Philippe d'Orléans (certains lui préférant son neveu Henri V, en vertu de l'acte d'abdication).

À sa mort en exil à Göritz le 3 juin 1844, son neveu, le comte de Chambord (1820-1883), succèda comme aîné des Capétiens et « chef de la maison de France » sous le nom de « Henri V ».

Il est enterré à Nova Gorica, en Slovénie.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Le 10 juin 1799, il épousa au palais de Mittau (Russie) sa cousine germaine Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI. Le couple n'eut pas d'enfants[4].

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Registre des baptêmes (1775) de l'église Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines
  2. Registre des baptêmes (1785) de l'église Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines
  3. d’après Blanche-Joséphine Le Bascle d'Argenteuil dans ses Souvenirs, Charles X eut du mal à convaincre son fils de signer
  4. Dans sa biographie sur Marie-Thérèse, Madame Royale, André Castelot affirme que le duc était impuissant (p.146)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]