Maine (province)

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Province du Maine

IXe siècle – 1790

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
La province du Maine (avec le Perche, qui dépendait du gouvernement du Mans).
Informations générales
Statut Province du royaume de France
Capitale Le Mans
Histoire et événements
IXe siècle Premier comte attesté : Rorgon Ier
1204 Philippe Auguste rattache le comté au domaine royal
1790 Suppression de la province du Maine
Comtes
(1er) 820-839 Rorgon Ier
(Dépossédé) 1199-1204 Jean sans Terre
Comtes en apanage
(1er) 1226-1232 Jean de France
(Der) 1472-1481 Charles V
Ducs en apanage
(1er) 1670-1736 Louis Auguste Ier
(Der) 1755-1775 Louis Charles Ier

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Maine est une région historique et culturelle française, correspondant à une ancienne province et dont la capitale est Le Mans. Le Maine fut aussi un comté et un duché. Ses limites correspondent historiquement depuis l'époque carolingienne jusqu'à la révolution à l'évêché du Mans de l'ancien régime.

Bien que la province ait disparu, le terme « Maine » est encore utilisé pour définir le territoire de la Sarthe et de la Mayenne. Le territoire du Maine correspond en effet à ces deux départements. Ils ont toutefois aussi reçu des territoires de l'Anjou et, dans le cas de la Sarthe, du Perche.

La province doit son nom au peuple gaulois des Cénomans. Le terme « Maine » est encore utilisé aujourd'hui par plusieurs institutions et entreprises, principalement dans la Sarthe, comme le quotidien Le Maine libre, l'université du Maine, France Bleu Maine et le parc naturel régional Normandie-Maine.

Le Maine couvre approximativement 10 000 km2 et compte 800 000 habitants, appelés Mainiots et Mainiotes. En dehors de la capitale historique, Le Mans, les principales villes sont Laval, Sablé-sur-Sarthe, Mayenne, Mamers et La Ferté-Bernard.

Les autorités de l'État américain du Maine, initialement colonisé par les Français, reconnaissent officiellement le Maine français comme étant à l'origine du nom de leur État[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Maine.

Situation et limites[modifier | modifier le code]

Le Maine se trouve au nord-ouest de la France, il est sans accès à la mer, mais Landivy, située au nord-ouest de la Mayenne, n'est qu'à une trentaine de kilomètres de la baie du Mont-Saint-Michel. Le Maine forme un rectangle irrégulier, orienté sur un axe est-ouest. À l'ouest, il est limitrophe de la Bretagne, avec l'Ille-et-Vilaine, au nord du Perche et de la Normandie, avec la Manche et l'Orne. À l'est, il est bordé par la Touraine et l'Orléanais (région Centre-Val de Loire), avec l'Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher. Enfin, au sud, le Maine est bordé par l'Anjou, qui correspond approximativement au Maine-et-Loire. Tout comme l'Anjou, le Maine se retrouve inclus dans les Pays de la Loire. Il est au carrefour des routes reliant Paris à la Bretagne et la Normandie au val de Loire. La division en Bas-Maine et Haut-Maine, correspondant globalement aux deux départements Mayenne et Sarthe, a des justifications historiques et géographiques mais la cohésion de la province est justifiée et correspond à l'évêché du Mans de l'ancien régime. Au nord des deux départements le Passais et le Saosnois correspondant à la Seigneurie de Bellême originellement dans le Maine sont le plus souvent rattachés à la Normandie depuis le XIe siècle. Au Sud le nord de l'Anjou a été intégré aux deux départements post-révolutionnaires.

Géopolitique[modifier | modifier le code]

Le Maine est bordé au nord par la Normandie, au sud par l'Anjou, à l'est par l'Orléanais et la Touraine et fait face à la Bretagne. Il joue un rôle important de marche face à la Bretagne dès l'époque mérovingienne. Cette province sous contrôle royal à l'époque carolingienne à cause des guerres contre les bretons est confié militairement à un comte et même à un duc dont l'autorité est censée s'exercer de la Seine à la Loire face aux frontières bretonnes. Le contrôle de cette province malgré des périodes d'indépendance relève souvent de ses puissants voisins, les comtes d'Anjou et les ducs de Normandie, puis les Plantagenêt, avant de repasser sous contrôle royal lors de la reconquête de Philippe Auguste, roi de France[2].

Sur le plan intérieur, l'ouest du Maine, le Bas-Maine issu du territoire des Aulerques Diablintes est moins peuplé, il est constitué d'une large région forestière servant de zone tampon face à la Bretagne. Il n'a jamais été le siège d'un évêché, son rattachement au territoire des Aulerques Cénomans dont la capitale est Le Mans est donc naturel à la chute de Jublains mais l'autorité du comte du Maine sur les vicomtes du Maine et les barons de Laval et de Mayenne qui ne peut pas toujours s'appuyer sur celle de l'évêque du Mans du fait de l'histoire de la christianisation qui a l'ouest a été surtout le fait d'ermites plus ou moins indépendants, est à plusieurs reprises contestée et remise en cause.

Paysages[modifier | modifier le code]

Le mont Rochard, qui culmine à 357 mètres, vu depuis un étang.

Le Maine possède dans son ensemble un relief peu marqué, c'est une région de transition entre la Bretagne, la Normandie et l'Anjou, des régions très différentes. Le Maine est aussi formé de deux ensembles relativement distincts, avec le Haut-Maine (Sarthe) à l'est, et le Bas-Maine (Mayenne) à l'ouest. Le premier se trouve sur la zone de transition entre le bassin parisien et le massif armoricain, tandis que le second est intégralement situé sur le massif armoricain.

Le Bas-Maine est plus élevé en altitude que le Haut-Maine, mais cette distinction fait surtout une différence économique et démographique : le Haut-Maine est ainsi la partie où se trouve Le Mans[3].

Le Bas-Maine est composé de collines bocagères fortement domestiquées, de forêts, de quelques landes et de vallées calcaires encaissées à l'est, dans les Coëvrons[4]. Il est aussi marqué par quelques sommets, et son point culminant, le mont des Avaloirs, atteint 417 mètres. C'est le point le plus haut du massif armoricain ainsi que de tout le Grand Ouest français[5]. Le Haut-Maine se caractérise par un réseau de rivières très dense ainsi que par un territoire vallonné à l'ouest qui descend en openfield à l'est. Les paysages du sud, le long du Loir, se rapprochent de ceux du val de Loire[6].

Géologie[modifier | modifier le code]

Paysage autour de Congé-sur-Orne.

Le Bas-Maine, qui fait partie du massif armoricain, a été formé au Paléozoïque, notamment grâce à l'activité volcanique, puis a été recouvert par des formations tertiaires diverses, notamment des alluvions dans les vallées fluviales. Le sous-sol est surtout constitué de schistes précambriens. Le Nord et le Centre du Maine, avec le mont des Avaloirs, la forêt de Pail, la forêt de Charnie et les Coëvrons, est principalement fait de grès du Silurien, mais on y trouve aussi des sous-sols calcaires karstiques. Le Bas-Maine est marqué dans son centre par le bassin sédimentaire de Laval, datant du Carbonifère et du Dévonien et qui s'étend d'est en ouest de Sablé-sur-Sarthe à Saint-Pierre-la-Cour. Similaire au bassin de Châteaulin dans le Finistère, il forme une zone de faiblesse au sein du massif armoricain, il est comprimé entre les blocs rigides mancellien au nord et rennais au sud[7]. Il est composé de schistes et de calcaires carbonifères formant des couches plissées. La chaux y a été abondamment exploitée, notamment à Louverné, Grez-en-Bouère et Saint-Pierre-la-Cour[5].

Le Haut-Maine possède un sous-sol typique du bassin parisien, mais il est altéré et irrégulier. Il n'y a par exemple aucune trace du Trias. Au nord, la forêt de Perseigne, qui culmine à 349 mètres, est un îlot avancé du massif armoricain. D'autres affleurements sont visibles à travers le territoire, comme des calcaires, des argiles et des marnes jurassiques, qui se sont formés lorsque le bassin était recouvert par la mer. Le Haut-Maine comprend aussi des régions sableuses, datant du Cénomanien, une période qui tient son nom de la ville du Mans[3].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le Bas-Maine est presque entièrement compris dans le bassin versant de la Mayenne, vaste de 4 358 km2. La Mayenne est une rivière longue de 202 km qui prend sa source sur le versant nord du mont des Avaloirs, dans l'Orne. Elle descend ensuite vers Angers, où, avec la Sarthe et le Loir, elle forme la Maine, un affluent de la Loire. La Mayenne possède elle-même un certain nombre d'affluents, comme la Jouanne, la Colmont, l'Ernée et le Vicoin, qui drainent le territoire[8].

Le Haut-Maine forme de son côté un système parallèle, puisqu'il correspond au bassin de la Sarthe. Cette rivière longue de 313 km prend sa source dans le Perche puis descend, tout comme la Mayenne, vers Angers, où elle se jette dans la Maine. Elle possède elle aussi de nombreux affluents, comme l'Huisne, la Vègre, l'Erve, la Vaige, et surtout le Loir, qui forme la frontière sud du Maine. Cette dernière rivière prend elle aussi sa source dans le Perche et contribue elle aussi aux eaux de la Maine à Angers.

La plupart des rivières du Maine sont donc tributaires de la Loire, mais l'extrémité nord-ouest du territoire fait aussi partie des bassins de la Sélune et du Couesnon, deux fleuves côtiers qui se jettent dans la baie du mont Saint-Michel. Enfin, quelques territoires de l'ouest font partie du bassin de la Vilaine, qui y prend sa source.

Climat[modifier | modifier le code]

Le Maine, grâce à la proximité de la Manche et de l'Atlantique, possède un climat océanique. Le temps est souvent humide, avec des températures régulières et modérées. Les températures extrêmes, -10°C en hiver et 32°C en été, sont rares. Les précipitations sont étalées sur l'année et sont donc rarement abondantes. Le Centre et le Sud du département reçoivent 60 à 70 cm d'eau par an. Le Nord, au relief plus marqué, est aussi plus humide, tandis que l'Est est plus continental, avec des amplitudes de températures plus importantes en hiver et en été[5].

Données pour Le Mans :

Relevé météorologique du Mans
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 1,2 1,5 2,8 4,9 8,2 11,3 13,1 12,6 10,5 7,6 3,8 1,9 6,6
Température moyenne (°C) 4,1 5 7,2 9,8 13,3 16,7 18,8 18,3 16 12,1 7,3 4,8 11,1
Température maximale moyenne (°C) 7,1 8,5 11,6 14,7 18,4 22 24,5 24 21,4 16,6 10,8 7,7 15,6
Record de froid (°C)
date du record
−18,2
1987
−17
1956
−11,3
1971
−4,9
1956
−3,7
1957
1,6
1975
3,9
1954
3,2
1956
−0,5
1952
−5,4
1997
−12
1956
−21
1964
−21
1964
Record de chaleur (°C)
date du record
17,2
1975
21
1960
24,9
1955
30,3
1949
32,4
1953
37,1
2011
40,4
1952
40,5
2003
34,6
1961
29,7
1985
21,9
1955
18,3
1953
40,5
1952
Nombre de jours avec gel 12,1 10,8 9 3 0,5 0 0 0 0 1 6,9 11,1 54,3
Ensoleillement (h) 62,7 86,9 141,5 179,2 204 227,3 248,9 222,4 182 133,2 79,7 57,1 1 824,9
Précipitations (mm) 64,8 59,4 58,7 50,7 60,8 45,6 49,6 45,1 54,1 57,7 67,7 63,8 678
Source : Météo-France[9],[10] , Infoclimat.fr[11] et Linternaute.com[12]


Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le Maine tient son nom des Aulerques Cénomans, peuple gaulois dont le territoire correspondait approximativement au Haut-Maine[13],[14]. Le territoire est nommé in Cinomanico au VIe siècle, puis in pago Cilimanico en 690, in pago Celmanico en 765, in pago Cinomannico en 938. Ces mentions sont en latin et in pago signifie « dans le pays (des Cénomans) ». Le français Maine est attesté au XIIe siècle. Le terme a évolué de Cenomana regio en latin (« région des Cénomans ») à Cen(o)maine puis Cemaine. Ce- a disparu au XIIe siècle au profit de l'article le car il a été interprété comme l'adjectif démonstratif ce[15].

La cité des Cénomans, Vindunum, doit elle aussi son nom actuel, Le Mans, aux Cénomans. Le remplacement du -ce par l'article « le » a eu lieu pour les mêmes raisons que pour « Maine »[15]. Beaucoup d'autres peuples gaulois ont donné leur nom à la fois à une ville et à une province, par exemple les Andécaves avec l'Anjou et Angers, les Bituriges avec le Berry et Bourges, les Turones avec la Touraine et Tours, etc[14].

Le nom du département de Maine-et-Loire n'a aucun lien avec le Maine, car il fait référence à la rivière Maine qui traverse Angers. L'étymologie de cette rivière n'a d'ailleurs aucun rapport avec celle de la province du Maine[16],[17]. Néanmoins, l'existence de cette province a influencé l'usage du terme « Maine-et-Loire » : alors que le fleuve et la rivière sont féminins, l'usage a rendu « le » Maine-et-Loire, et non « la » Maine-et-Loire[18].

Le nom de la province du Maine semble être à l'origine de celui de l'État américain du Maine. En tout cas cette étymologie a été officialisée par les autorités de l'État en 2001, lors de l'instauration d'une journée franco-américaine locale[19].

Origines préhistoriques et antiques[modifier | modifier le code]

Le dolmen des Erves à Sainte-Suzanne (Mayenne).

La région des Coëvrons, située au centre du Maine, est la plus riche en vestiges préhistoriques. Les traces les plus anciennes d'occupation humaine datent de 400 000 av. J.-C., soit pendant le Paléolithique inférieur. La vallée de l'Erve aux environs de Saulges semble ensuite avoir été occupée par l'homme de Néanderthal, puisque des objets du Moustérien y ont été découverts. Ensuite, la région est régulièrement occupée au Paléolithique supérieur. Les communes de Thorigné-en-Charnie et Saint-Pierre-sur-Erve comprennent, dans un canyon calcaire, une trentaine de grottes et d'abris sous roche. Deux de ces grottes, la grotte Margot et Mayenne-Sciences, sont respectivement gravée et ornée. Le site de Saulges est surtout occupé pendant l'Aurignacien puis au Solutréen. Le Magdalénien et l'Azilien sont eux aussi représentés, mais une occupation gravettienne n'est pas totalement confirmée[20]. La présence de l'homme de Néanderthal est par ailleurs attestée près de Sablé-sur-Sarthe.

L'enceinte gallo-romaine du Mans.

Au Néolithique, plusieurs mégalithes sont édifiés, comme le menhir de Saint-Thomas-de-Courceriers, le dolmen des Erves à Sainte-Suzanne (4 500 ans av. J.-C.), le dolmen de la Pierre couverte de Vaas, celui de Lhomme, etc. Pendant la Protohistoire, la région est envahie par les Celtes et le Bas-Maine est occupé par les Aulerques Diablintes tandis que le Haut-Maine devient le territoire des Cénomans. Les Diablintes ont laissé plusieurs traces d'occupation, dont l'oppidum de Moulay, l'un des plus grands oppida de Gaule, qui était probablement leur capitale[21]. La capitale des Aulerques Cénomans était Vindunum, l'ancêtre du Mans.

Les Romains envahissent l'Ouest de la Gaule en 57 av. J.-C. Auguste place le Maine dans la Gaule lyonnaise et l'oppidum de Moulay des Diablintes est délaissé au profit d'une ville nouvelle, Noviodunum (actuelle Jublains). Les Gaulois avaient occupé le site depuis environ 450 av. J.-C. et y avaient fondé un sanctuaire en bois. Il est remplacé par un temple vers 66 ap. J.-C. Une vingtaine d'années plus tard, les Romains construisent un théâtre et Noviodunum devient une ville romaine à part entière. De son côté, Vindunum est conservée et réorganisée. À la fin du IIIe siècle, alors que les invasions barbares commencent, l'entrepôt fortifié de Jubains est probablement transformé en forteresse[22], tandis que Vindunum est fortifiée et dotée d'une enceinte dans les années 275-280. Ces temps troublés correspondent à un appauvrissement de la région livré au pillage des Bagaudes malgré la reprise en main partielle par Aetius aidé d'auxiliaires germains les Letes

Article détaillé : Comté du Maine.

Domination franque, Mérovingiens, Carolingiens et début des Capétiens[modifier | modifier le code]

Domination franque[modifier | modifier le code]

Les francs sous la conduite du roi des francs Clovis poursuivent l'expansion de leur territoire à partir de Tournai et de Soissons et après avoir vaincu Syagrius considéré comme un usurpateur romain et d'autres petits royaumes germains contrôlent un territoire qui va du Rhin à la Loire dès 486. Les deux ennemis de ces Francs sont les Wisigoths et les Bretons. La prise de contrôle de la Neustrie, vaste territoire entre Seine, Loire et Villaine centré sur la future province du Maine se fait sans véritable violence vis à vis des populations Gallo-romaines dont les élites s'assimileront rapidement à l'aristocratie franque[23]; il n'y a pas de trace archéologique dans le Maine en particulier à Jublains ou à Le Mans d'incendie ou de destruction importante au moment de leur installation. Trois facteurs favorisent cette prise de pouvoir, la bonne connaissance et le respect du monde romain et de ses lois, Childéric Ier roi des Francs et père de Clovis se fait enterrer avec une tenue de général romain, le lien fort et le soutien, qui sera réciproque, du clergé gallo-romain, saint Remi évoque Clovis en l'appelant « custos patriae »; Clovis qui se recueille sur la tombe de saint Martin avant de combattre les Wisigoth au nom de la lutte contre l'arianisme en fait le saint des Francs. Le choix pour les élites gallo-romaines de cette dynastie franque est facilité par le fait que dans le délitement du pouvoir romain était considéré comme francs ceux qui refusaient l’impôt romain. Clovis représente la meilleur garantie du maintien du droit et de la protection des populations et de l'église. Il maintient une organisation civile et militaire calquée sur l'organisation romaine mais dont les responsables sont des proches appartenant aux familles aristocratiques de son entourage[24]. les titres de Duc et de Comte doivent s'entendre comme une charge essentiellement militaire mais également judiciaire et fiscale confiée par le roi et dont le caractère héréditaire sera postérieur, l'émergence de la féodalité sera une évolution carolingienne. Les spécificités de la société franque traduites dans la Loi salique sont la notion de famille ou plutôt de clan familial avec ses règles de transmission d'héritage et de responsabilité collective avec sa conséquence la faide et, d'autre part le rassemblement d'hommes libres liés par un serment à leur chef ou à leur roi, la truste, celles-ci sont le germe des dynasties royales et aristocratiques[25]

Les temps mérovingiens (481-751)[modifier | modifier le code]

L'enjeu à cette époque est de protéger l'ouest de la Neustrie des bretons sur lesquels l'influence franque n'a jamais été établie durablement et de servir de base de départ pour les expéditions en direction de la Bretagne et de l'Aquitaine. A l'ouest dans le Bas-Maine le pays est peu peuplé et une zone tampon forestière fait face à la frontière. A l'est le Haut-Maine plus peuplé abrite la capitale du Maine Le Mans, ancienne cité gallo-romaine de Vindunum entourée d'une enceinte fortifiée et siège de l'évêché fondé au IVe siècle suite à l'évangélisation de Julien du Mans; il aura au départ surtout une autorité urbaine et sub-urbaine et l'enjeu sera la christianisation et l'extension de son autorité vers l'ouest réalisées au VIIe siècle. Le Mans devient le siège des comtes du Maine et Tours une ville de repli. L’intérêt royal se marque par une politique visant le maintien d'une autorité à l'ouest qui s'appuie sur des chefs militaires et un évêque choisi et dévoué; Jublains malgré sa faible population reste le siège d'un tribun avec un statut de Vicaria ou de condita. Le Bas-Maine est considéré rattaché à l'évêché en 650, l'évêque Hadouin fonde l'Abbaye Notre-Dame d'Évron en 648 et la christianisation de l'ouest s’appuie sur les ermites (saint Cénéré, saint Longis, Saint Ernier, Saint Fraimbaut, saint Trèche, saint Contantien); malgré leur indépendance les actes de l'évêché revendiquent le fait qu'ils soient les envoyés de l'évêque[26].

Clovis, après avoir vaincu Syagrius à Soissons en 486 et éliminé physiquement d'autres chefs francs à la fonction imprécise dont ses trois cousins Ragnacaire, Riquier et Rignomer que Gregoire de Tours dans son Histoire des Francs situe malgré les incohérences comme roi du Mans[27], organise l'ouest de son royaume (l'appellation Neustrie apparait en 643[28]). Il s'appuie, comme ses successeurs, sur l'évêché du Mans et les fondations religieuses sur tout le territoire. Militairement un dux limitis est attesté par Gregoire de Tours avec la responsabilité des Marches de Bretagne, le duc Beppolene. Son autorité s'étend théoriquement du Rennais à l'Anjou et inclus probablement le Vannetais. De façon inhomogène il tient cette mission de Gontran roi franc des Burgonds et de Clotaire Ier roi franc de Neustrie ; avec d'autres ducs de Chilpéric rassemblant des Tourangeaux,des Poitevins, des Manceaux, des Baïocasses (saxons) il conduit une expédition contre le chef breton Waroch II en 578 qui sera un échec. En 580 les Bretons dévastent Rennes ; une contre offensive du duc des marches est suivie de nouvelles incursions bretonnes entre 580 et 587 dans le Nantais le Vannetais et le Rennais. En 590 et 594 les luttes continuent avec les bretons de Waroch sur les Marches de Bretagne. À l'occasion de ces conflits une ambassade de l'évêque du Mans Bertand associé à l'évêque d'Orléans Numatius est envoyée en Bretagne par Gontran, preuve du rôle laïque d'envoyé royal de ces évêques. Jublains, malgré la faible population du Bas-Maine est maintenu dans son rôle administratif et juridique avec maintien d'une Condita et frappe de monnaies. L'évêque Hadoin (623-655) fonde l'abbaye Notre-Dame d'Évron richement dotée ; celle-ci et les autres fondations du Bas-Maine favorisent la fixation et le développement d'une population agricole [29].

Au Mans, à cette époque, si des comtes du Mans sont attestés on ne connait que deux noms Roger et son fils Hervé au début du VIIIe siècle. Le développement urbain intra et extra-muros se fait surtout autour de la cité épiscopale : quatorze basiliques, chapelles et monastères sont cités dans le testament de Bertrand dont huit grandes basiliques sub-urbaines. Chacun de ces lieux cherche à drainer des pèlerins et le commerce associé par la vénération des reliques en particulier de saint Julien du Mans dans les cryptes de la cathédrale depuis saint Aldric (sa sépulture initiale était à l'abbatiale Saint Julien hors les murs[30]) et de Bertrand à la collégiale de l'Abbaye Saint-Pierre de la Couture qu'il a fondé. En plus d'un important domaine foncier les évêques s'arrogent des droits régaliens en matière de justice et de monnayage[29].

Les temps carolingiens et l'émergence des féodalités (751-987)[modifier | modifier le code]

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Les grandes familles aristocratiques, soutien de la dynastie carolingienne et souvent apparentés à elle, forment le fondement de la féodalité. Rorgon Ier de la famille des Rorgonides, gendre de Charlemagne est nommé comte du Maine en 832 après avoir été comte d'Alet sur les marches de Bretagne. À cette époque les charges deviennent le plus souvent héreditaires. le pouvoir du comte s'appuie sur le vicomte à partir du Xe siècle qui, outre seconder le comte, a des possessions à l'ouest du Haut-Maine et dans le Bas-Maine, ces possessions le font ensuite appelé vicomte de Beaumont, de Sainte-Suzanne et du Lude. Au XIe siècle se développent dans le Bas-Maine deux importantes baronnies, celle de Laval au sud sans l'accord du comte et celle de Mayenne au nord. Cela marque les limites de l'autorité du comte sur l'ensemble de la province et ouvre le champs à des luttes d'influence. Ces lutttes sont croquées par François Rabelais dans Pantagruel.

Le Maine, partie ouest de la Neustrie, subit les incursions et pillages normands et bretons. A ce titre les rois carolingiens continuent à gérer de près ce territoire.

Les Capétiens et reprise en main par Philippe Auguste (987-1223)[modifier | modifier le code]

Guerre de Cent Ans et guerres de Religion[modifier | modifier le code]

Le comté de Laval a été créé en 1429, et distrait du comté du Maine par le roi Charles VII, qui en est le suzerain direct.

Article détaillé : Comté de Laval.

En 1481, Charles V d'Anjou, comte du Maine et de Provence, lègue à sa mort ses états au roi de France Louis XI. Après la Bourgogne, ce dernier rattache ainsi un nouvel apanage au domaine royal. En 1508, l'écriture de la coutume du Maine est achevée. Le président du Parlement de Paris vient en personne au Mans lire le texte devant les trois états.

La guerre de Cent Ans laisse le Maine dans une situation économique difficile. Des villages sont en ruines et la population augmente rapidement alors que les terres à défricher se font de plus en plus rares. Les guerres de Religion, qui ont lieu pendant la seconde moitié du XVIe siècle, opposent des seigneurs locaux, comme le duc Charles de Mayenne, chef militaire de la Ligue, et Guy XIX de Laval, qui était huguenot. Ces guerres freinent l'économie, et les activités ne reprennent totalement qu'en 1589, après la prise par Henri IV de la ville du Mans, tenue par les protestants.

Coutume du Maine[modifier | modifier le code]

Le comte de Laval Guy XVI de Laval envoie en 1508, pour le représenter à l'assemblée liée à la réforme de la Coutume du Maine, deux commissaires : François de la Pommeraie[31] et Jean Hennier, juge ou sénéchal du comté. C'est pour la première fois que l'on voit deux hommes de loi de Laval prendre part aux assemblées de la province. On reprocha à ces commissaires de n'avoir pas soutenu avec assez de force les droits de leur seigneur ; surtout de ne pas s'être opposé à ce que le comté de Laval fût regardé comme susceptible d'être divisé, malgré les privilèges dont il jouissait de toute ancienneté[32].

Article détaillé : Coutume du Maine.

Néanmoins, la Coutume du Maine réformée en 1508 porte à l'article II : « Nous avons le Roi, le comte du Maine, le comte de Laval, etc. », ce qui marquait distinction et parité de droits entre les deux comtes.

De 1600 à la Révolution[modifier | modifier le code]

De la fin du XVIe siècle jusqu'au XIXe siècle, le Maine développe une économie basée sur la production textile. Le chanvre est cultivé et tissé dans le Haut-Maine, tandis que le Bas-Maine produit des toiles de lin. L'activité textile fait travailler un grand nombre de personnes, des paysans, aux tisserands et aux négociants. Les toiles de lin de Laval et le chanvre du Haut-Maine sont exportés jusqu'en Amérique. À la même époque, le Maine s'industrialise et un grand nombre de fours à chaux apparaissent, notamment autour de Laval, où les carrières de pierres à chaux sont nombreuses. Le Mans se spécialise dans la fabrication de bougies, Sablé-sur-Sarthe dans l'extraction du marbre, et localement, des petites villes et des villages développent le tannage, la boissellerie, la verrerie et la métallurgie. Ces deux dernières activités sont de grandes consommatrices de bois et contribuent à la disparition des forêts. Dans le Bas-Maine, celles-ci ont obtenu leur taille actuelle dès le XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, la métallurgie prend de l'ampleur et les forges mainiotes produisent des poêles, des clous, du fer plié ou de la fonte moulée. Les plus grandes emploient des centaines d'ouvriers[33].

Le comté du Maine, attribué en apanage depuis 1328 à divers membres de la famille royale de France, devient un duché en 1670. Il est alors offert à Louis-Auguste de Bourbon, fils légitimé de Louis XIV et Madame de Montespan. Le rendez-vous de chasse du duc du Maine près du Montparnasse a d'ailleurs donné son nom à l'avenue du Maine, à Paris.

La Révolution[modifier | modifier le code]

La bataille du Mans en 1793.

Le Maine disparaît au début de la Révolution française, en même temps que toutes les autres provinces françaises. La Mayenne et la Sarthe, comme 81 autres départements, sont créés le . Le Haut-Maine, centré sur Le Mans, devient la Sarthe, et le Bas-Maine, centré sur Laval, devient la Mayenne. L'Anjou, situé au sud, étant trop grand pour former un seul département, est diminué et devient le Maine-et-Loire (d'abord appelé « Mayenne-et-Loire »). Des parties sont cédées à l'Indre-et-Loire, à la Vienne et aux Deux-Sèvres, et la frange nord est répartie entre la Mayenne et la Sarthe. La Sarthe reçoit la région de La Flèche, et la Mayenne celle de Craon et Château-Gontier. Le lin étant un trait marquant de l'économie mayennaise, sa limite méridionale de culture sert à déterminer la frontière entre la Mayenne et le Maine-et-Loire[34].

La constitution civile du clergé et l'instauration de la conscription mécontentent une grande part de la population. La Chouannerie, une guerre civile qui oppose royalistes et républicains à partir de 1792, naît en partie grâce à Jean Cottereau, dit Jean Chouan, originaire de Saint-Ouen-des-Toits en Mayenne. Il prend la tête du mouvement royaliste local et mène plusieurs batailles contre la Garde nationale, par exemple au Bourgneuf-la-Forêt. En 1793, la région connaît une certaine accalmie, mais au sud de la Loire, la guerre de Vendée est toujours en cours. Les royalistes vendéens, qui souhaitent obtenir du renfort d'Angleterre, tentent d'atteindre la côte normande et lancent la virée de Galerne. Avec l'aide des Chouans, ils traversent facilement la Mayenne, remportant des victoires à Laval, Entrammes ou Ernée, mais à Dol-de-Bretagne, les républicains mettent les Vendéens en déroute. Ils retraversent la Mayenne vers le sud puis ils perdent le siège d'Angers. Ils retentent alors une expédition vers le nord mais sont à nouveau défaits à l'issue de la bataille du Mans. Les Chouans poursuivent toutefois leur guérilla jusqu'à l'arrivée au pouvoir de Napoléon.

Depuis 1800[modifier | modifier le code]

L'écluse et le viaduc de Mayenne au début du XXe siècle.

Au XIXe siècle, le Maine connaît d'importants changements économiques. D'abord, les forges et les fours à chaux cessent de consommer le bois des forêts et utilisent la houille. La Sarthe voit apparaître les premières grandes forges industrielles après 1810. L'extraction des pierres à chaux devient elle aussi de plus en plus importante, notamment autour de Laval. On dénombre ainsi 247 fours à chaux en Mayenne en 1872 et la chaux ainsi produite permet de mettre en valeur les terrains agricoles pauvres. Toutefois, l'activité périclite vers 1890, à cause de l'arrivée des engrais chimiques. Grâce à la chaux puis aux engrais, les landes disparaissent au profit du bocage et de l’élevage. À la suite de l'effondrement des prix, la culture du lin et du chanvre est abandonnée. Des filatures se maintiennent toutefois en travaillant du coton importé. Le chemin de fer, qui apparaît en 1855 avec la ligne Paris-Brest, facilite le commerce[35].

Prisonniers allemands au camp de Mulsanne en 1946.

Lors de la guerre franco-allemande de 1870, la bataille du Mans, qui a lieu les 11 et est une défaite décisive de la France contre la Prusse. À la même époque, les grands groupes industriels sarthois voient le jour, notamment les compagnies d'assurances, et le constructeur ferroviaire Carel et Fouché. La tradition automobile du Mans naît au début du XXe siècle et même dans la deuxième moitié du XIXe siècle avec la dynastie Bollée, inventeurs et constructeurs d'automobiles et de tricycles[36]; l'activité de cette famille et sa production au Mans et dans la Sarthe de cloches (activité initiale), d'éoliennes, de béliers hydrauliques de moteurs à explosion et d'automobile est caractéristique de l'industrialisation du Mans de cette période. La vocation automobile de la Sarthe se prolonge avec la création des 24 Heures du Mans en 1923 puis l'ouverture d'ateliers Renault en 1936[37].

Lors de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands traversent le Maine en se dirigeant vers la Bretagne et arrivent en Mayenne le . Le camp de Mulsanne, construit par les Nazis, accueille des prisonniers, puis des nomades et des Juifs. La Résistance commence ses actions en juin 1944 avec l'organisation d'un maquis à Lignières-Orgères. Au même moment, Le Mans et Laval sont touchés par plusieurs bombardements alliés. Les Américains arrivent dans le Nord de la Mayenne en août 1944 et doivent mener une bataille de quelques jours avant de prendre la ville de Mayenne le 12 août. Entre-temps, ils entrent dans la Sarthe le 7 août. Le Maine est entièrement libre le 12[38],[39].

Pendant les années 1950, l'agriculture commence à se mécaniser. L'exode rural, important au début du XXe siècle, diminue et le retard industriel de certaines zones comme la Mayenne est partiellement rattrapé par l'implantation d'usines agro-alimentaires, notamment spécialisées dans la production laitière. La construction de l'autoroute A81 et de la LGV Atlantique intègrent définitivement la région au réseau national[40].

Organisation administrative sous l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des vicomtes du Maine.
  • Un acte de 1484, signale que, à cette date, la baronnie de Mondoubleau relevait du comté du Maine.
  • La baronnie de Château-Gontier offre la particularité historiquement intéressante que sa limite nord était comme indécise entre le Maine et l'Anjou. L'autorité civile et féodale du comte d'Anjou avait empiété par droit de conquête sur le territoire manceau, avant le XIe siècle, mais à une époque où les paroisses étaient déjà constituées. Aussi l'évêque du Mans avait-il maintenu sa juridiction sur l'étendue de son diocèse. C'est ainsi, du moins, que l'abbé Angot croit devoir comprendre et expliquer ce phénomène anormal.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Le château de Gallerande, résidence des marquis de Gallerande sous l'Ancien Régime.

En 1542, le Maine fut intégré à la nouvelle généralité de Tours, une circonscription administrative qui comptait aussi la Touraine et l'Anjou.

La province comptait en 1697 deux duchés-pairies (Beaumont et Mayenne), treize marquisats (Ballon, Courtevaux, Gallerande, Gesvres, Lavardin, Lassay, Montfort, Sablé, Sourches, Sainte-Suzanne, Vassé, Vibraye et Villaines), deux comtés-pairies (Laval et le Maine en lui-même), quatre comtés (le Belin, Bresteau, La Suze et Tessé), trois vicomtés (Terchant, Neuvillette et Foulletorte) et le vidame du Mans. La province comptait aussi un grand nombre de baronnies, dont deux baronnies-pairies (La Ferté-Bernard et Montdoubleau)[41].

La province comptait en outre quatre pays d'élection qui servaient à la collecte des impôts. Il y avait les pays du Mans, de Laval, de Château-du-Loir et de Mayenne. Par ailleurs, quatre pays d'élection de provinces voisines empiétaient sur le Maine. 76 paroisses dépendaient de l'élection de La Flèche (Anjou), 13 relevaient de l'élection de Château-Gontier (Anjou), 39 de celle de Vendôme (Orléanais) et 52 de celle de Normandie[41].

Le Maine était administré par un gouverneur et un lieutenant-général qui avaient aussi autorité sur le Perche[41].

La province correspondait approximativement au diocèse du Mans, dépendant de l'archidiocèse de Tours. Il comptait sept districts : celui du Saosnois, celui de Château-du-Loir, celui de Sablé-sur-Sarthe, qui s'étendait dans le Vendômois jusqu'à Troo, celui de Laval, celui de Montfort, et celui de Passais, à cheval sur le Maine et la Normandie[42]. Le diocèse du Maine était le plus grand de la généralité de Tours. Au début du XVIIIe siècle, il regroupait environ 740 paroisses et douze villes : Le Mans, Laval, Château-du-Loir, Mayenne, La Ferté-Bernard, Mamers, Beaumont-le-Vicomte, Fresnay-sur-Sarthe, Sablé-sur-Sarthe, Évron, Saint-Calais et Domfront[43]. En 1697, il a payé 29 000 livres tournois de décime (impôt sur les biens du clergé)[44].

Limites[modifier | modifier le code]

Carte des provinces de France. Le Maine est en rose.

Les limites des provinces de l'Ancien Régime étaient parfois floues parce qu'elles pouvaient changer selon les critères administratifs, religieux, militaires, etc. Par ailleurs, l'appartenance d'une ville à une province pouvait changer dans le temps : Saint-Calais, par exemple, était à l'origine dans le Maine, mais elle passa dans le Vendômois au XVe siècle après avoir été achetée par le duc de Vendôme. Enfin, certaines paroisses frontalières faisaient partie de deux provinces à la fois. Les limites du Maine présentées ici sont celles indiquées sur la Carte des Provinces du Maine et du Perche de Guillaume Delisle (1719) et dans le Dictionnaire topographique du Maine d'André René Le Paige (1777).

La province du Maine comprenait l'essentiel des départements de la Sarthe et de la Mayenne, à l'exception notable de la Mayenne angevine, c'est-à-dire le tiers sud de la Mayenne, et du Maine angevin, qui forme l'extrémité sud de la Sarthe. Ces deux régions étaient en Anjou.

Mayenne[modifier | modifier le code]

Tout le territoire de la Mayenne faisait partie du Maine, sauf la Mayenne angevine, qui correspond approximativement à l'arrondissement de Château-Gontier et qui regroupe les communes mayennaises qui faisaient partie de l'Anjou, notamment Château-Gontier, Craon, Renazé, Grez-en-Bouère et Cossé-le-Vivien.

Par ailleurs, certaines communes mayennaises faisaient à la fois partie du Maine et de la Normandie. Elles avaient été coupées en deux en 1790, une partie rejoignant la Mayenne, l'autre l'Orne. Cette situation peu pratique persista jusqu'en 1832 pour douze communes. Une loi puis une ordonnance font alors réunifier la plupart des communes, qui intègrent l'un des deux départements[45].

Sarthe[modifier | modifier le code]

Tout le territoire de la Sarthe faisait partie du Maine, sauf une partie du Perche, quelques communes de l'Est du département, et le Maine angevin. Ce dernier regroupe toutes les communes sarthoises qui faisaient partie de l'Anjou, notamment La Flèche et Le Lude.

Loir-et-Cher[modifier | modifier le code]

Quelques communes du Loir-et-Cher faisaient partie du Maine : Baillou, Choue, Souday et Saint-Agil.

Indre-et-Loire[modifier | modifier le code]

La commune de Chemillé-sur-Dême faisait partie du Maine. Elle forme une exclave car elle n'est pas frontalière de la Sarthe. Elle est séparée de ce département par Épeigné-sur-Dême, qui faisait partie de l'Orléanais.

L'ancienne province du Maine et les communes actuelles.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Dornic, Histoire du Maine, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », , 2e éd., 128 p.
  • Louis Gallouédec, Le Maine, Les Éditions du Bastion, , 2e éd., 265 p. (ISBN 2-7455-0149-6)
  • François Neveux, La Normandie des ducs aux rois Xe-XIIe siècles, Rennes, Ouest-France,
  • Auguste Bry, Le Maine et l'Anjou, historiques, archéologiques et pittoresques. : Recueil des sites et des monuments les plus remarquables sous le rapport de l'art et de l'histoire des départements de la Sarthe, de la Mayenne et de Maine-et-Loire, Nantes et Paris, 1856-1860.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Joint resolution recognizing Franco-American day ».
  2. Annie Renoux (dir.) et al., « Aux marches du Palais ». Qu'est-ce qu'un palais médiéval ? Données historiques et archéologiques : Actes du VIIe Congrès international d'Archéologie Médiévale, Le Mans, Société d'Archéologie Médiévale (Caen) et Publications du LHAM, Université du Maine (Le Mans), coll. « Actes des Congrès de la Société d'Archéologie Médiévale », , 290 p. (ISBN 2-9516981-0-0, lire en ligne), « Le vocabulaire du pouvoir à Mayenne et ses implications politiques et architecturales (VIIe - XIIIe siècle) », p. 247-271. .
  3. a et b René Musset, Le relief du Haut-Maine, vol. 38, Annales de Géographie, , chap. 214, p. 305-329.
  4. « Atlas des paysages du département de la Mayenne », Préfecture de la Mayenne, .
  5. a b et c « Mayenne, géographie et régions agricoles du département », Chambre d'agriculture de la Mayenne, .
  6. « Aperçu de l'atlas des paysages de la Sarthe », Préfecture de la Sarthe.
  7. Éric Houlgatte, Alain Le Hérisse, Annik Pelhate, Joël Rolet, « Évolution géodynamique du bassin carbonifère de Laval », Géologie de la France, .
  8. « Bassin de la Mayenne », SAGE du bassin versant de la Mayenne, .
  9. (fr) Météo-France, « Le climat en France », sur meteofrance.com (consulté le 10 avril 2010).
  10. « Premières fortes chaleurs de l'été », sur le site de Météo-France, (consulté le 28 juin 2011).
  11. (fr) « Statistiques météorologiques sur la période 1961-1990 », sur Infoclimat.fr (consulté le 10 avril 2010).
  12. (fr) « Le Mans - Sarthe », sur Linternaute.com (consulté le 10 avril 2010).
  13. Jacques Lacroix, Les noms d'origine gauloise - La Gaule des combats, Errance, (ISBN 2-87772-264-3).
  14. a et b Pierre-Louis Augereau, Les secrets des noms de communes et lieux-dits du Maine-et-Loire, Éditions Cheminements, , p. 20.
  15. a et b Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : Tome 1, Formations préceltiques, celtiques, romanes : étymologie de 35 000 noms de lieux, Librairie Droz, (ISBN 9782600028837), p. 153.
  16. Pierre-Louis Augereau, Les secrets des noms de communes et lieux-dits du Maine-et-Loire, Éditions Cheminements, , p. 227.
  17. Albert Dauzat, Gaston Deslandes et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de rivières et de montagnes en France, Klincksieck, .
  18. « Genre, nombre et prépositions des départements ».
  19. « Journal of the Senate », State of Maine.
  20. Romain Pigeaud, « The Mayenne-Sciences Decorated Cave (Thorigné-en-Charnie, Mayenne). The Quercy in the West of France? », Inora.
  21. Elven Le Goff, « Moulay, ville gauloise fortifiée », Inrap, .
  22. « La forteresse », Commune de Jublains.
  23. Karl Ferdinand Werner, « La « conquête franque » de la Gaule : itinéraires historiographiques d'une erreur », Bibliothèque de l'école des chartes, Paris / Genève, Librairie Droz, t. 154,‎ 1996, 1re livraison, p. 7-45 (lire en ligne)
  24. Karl Ferdinand Werner et al., Bibliothèque de l'école des chartes. 1996. : Clovis chez les historiens., t. 154, , 271 p. (ISBN 2600055924, lire en ligne), p. 7-45. .
  25. Régine Pernoud, Histoire du peuple français : des origines au moyen age, t. 1, Paris, Nouvelle librairie de France, (lire en ligne), p. 377
  26. Daniel Pichot, Le Bas-Maine du Xe au XIIIe siècle : étude d'une société, Laval, SAHM, , 456 p., p. 40-53.
  27. Michel Rouche, Clovis, Paris, Éditions Fayard, (ISBN 2-2135-9632-8) p. 187
  28. Karl Ferdinand Werner, Hartmut Hatma (dir.) et al., La Neustrie. Les pays au nord de la Loire de 650 à 850, t. 1 (Colloque historique international), Sigmaringen, Institut historique allemand, (ISBN 3-7995-7316-X, lire en ligne), « Faire revivre le souvenir d'un pays oublié: La Neustrie »
  29. a et b Philippe Le Maître, « Évêques et moines dans le Maine : IVe-VIIIe siècles », Revue d'histoire de l'Église de France, no 168,‎ , p. 91-101 (ISSN 2109-9502, lire en ligne).
  30. Gilles Sourdin, « Sur les lieux du tombeau de Saint Julien, évangélisateur du Maine », (consulté le 3 mai 2018).
  31. Seigneur du Verger, dans l'actuelle commune de Montigné-le-Brillant.
  32. Guillaume Le Doyen n'a pas fait mention de ce fait important qui se passa de son temps, et auquel, comme notaire, il dut cependant prendre de l'intérêt. Charles Maucourt de Bourjolly, qui écrivit, deux siècles plus tard, des Mémoires sur Laval, n'en parle pas non plus.
  33. « Les constituants en évolution : la genèse des paysages », Préfecture de la Mayenne.
  34. « Un territoire rassemblé autour de la culture du lin », Préfecture de la Mayenne.
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  36. « Histoire », sur Fonderie Bollée (consulté le 20 mars 2018).
  37. « Histoire », Conseil général de la Sarthe.
  38. Aubin Laratte, « La Seconde Guerre mondiale en Mayenne », La Mayenne, on adore !.
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  40. « Des paysages agricoles liés à la modernisation des outils après les années 50 », Préfecture de la Mayenne.
  41. a b et c André René Le Paige, Dictionnaire topographique du Maine, Toutain, , p. 30.
  42. André René Le Paige, Dictionnaire topographique du Maine, Toutain, , p. 38.
  43. André René Le Paige, Dictionnaire topographique du Maine, Toutain, , p. 29.
  44. André René Le Paige, Dictionnaire topographique du Maine, Toutain, , p. 32.
  45. Isabelle Séguy et Christine Théré, Communes d'hier, communes d'aujourd'hui : Les communes de la France métropolitaine, 1801-2001 : Dictionnaire d'histoire administrative, INED, (ISBN 9782733210284), p. 151.