Martin Aurell

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Martin Aurell
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Martin Aurell est un historien médiéviste d'origine espagnole, né le à Barcelone, spécialiste des Plantagenêts. Il a été naturalisé français en 1992.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est directeur du Centre d'études supérieures de civilisation médiévale depuis 2016, directeur de la revue Cahiers de civilisation médiévale depuis 2000. Il est professeur à l’université de Poitiers depuis 1994, après avoir été maître de conférences à l'Université de Rouen et à l'Université de Paris IV-Sorbonne. Il a été membre de l'Institute for Advanced Study de Princeton en 1999, et de l'Institut Universitaire de France entre 2002 et 2012.

Diplômes :

Il est fréquemment appelé à préfacer des ouvrages concernant sa période historique, et dirige également la publication de nombreux colloques et tables rondes. En tant que diplômé de l’EPHE, il participe également à l’École de l’érudition en réseau[1] .

Il a participé à un ouvrage sur la série Kaamelott.

Élève de Georges Duby, il étudie les structures de parenté aux Xe – XIIIe siècles, en relation directe avec l'évolution des pouvoirs et de la société. Il considère ainsi que la mutation des institutions princières et l'émergence de châtellenies indépendantes autour de l’an mil accélèrent le passage de la Sippe au lignage. Son principal apport intervient cependant dans le domaine des stratégies matrimoniales dont il montre trois phases successives pour les familles comtales catalanes : mariage consanguin dans le cousinage ou Sippe avant les années 950, mariage exogamique ou hypergamique entre environ 950 et 1080 et mariage conquérant, rassembleur de terres tout au long des XIIe et XIIIe siècles. Autour de 1100, le passage du douaire (système germanique de don de terres à l'épouse par son mari) à la dot (versements en numéraire à l'époux par la famille de sa femme) comporte un changement important dans les stratégies matrimoniales, où l’hypogamie des femmes (leur rang social est inférieur à leur mari) tend à s'imposer.

Sensible aux tendances postmodernes des années 1980, ayant complété par la philologie sa formation historique, il accorde une grande importance au texte et à ses discours, ainsi qu'aux problèmes liées à la communication et à la propagande médiévales. Il montre ainsi que les chansons politiques des troubadours s'insèrent dans un vaste réseau triangulaire, où interviennent le patron, le compositeur et son public. Média par excellence du Moyen Âge, la chanson engagée atteint, grâce à sa diffusion orale par les jongleurs, voire par des amateurs, une large diffusion. Enfin, les liens entre cette composante humaine ou sociale de la littérature et l'histoire au sens strict sont au cœur de son livre sur la légende arthurienne. L’analyse du discours et la propagande politique marquent ses travaux sur l’Empire Plantagenêt et sur la contestation de la croisade. Autour d’Henri II, roi d’Angleterre, d'Aliénor d'Aquitaine et de leurs enfants de nombreux écrivains proposent une image favorable de la royauté. Non pas que leur écriture soit servilement mercenaire, mais l'existence même de ce milieu intellectuel à la cour renforce le pouvoir royal. Ces clercs s'adonnent aussi à une écriture pragmatique, administrative, qui élargit l'espace de la domination des Plantagenêt.

L'attitude des intellectuels envers la croisade a fait l'objet d’un ouvrage récent, qui montre que, loin de faire l'unanimité, la guerre prétendue sainte a toujours compté sur quelques détracteurs qui, pour être minoritaires, n’en sont pas moins actifs. Ils s'adonnent à une écriture performative, apte à modifier les comportements de l'aristocratie guerrière. Ils appartiennent, plus généralement, au monde des clercs des écoles et des cours profanes dont l'influence se fait sentir dans la chevalerie, dont ils ont tenté de civiliser les mœurs. Le type social du « chevalier lettré » est issu de ces passerelles entre le christianisme et la culture profane, entre le latin et le vernaculaire et entre l’écrit et l’oral.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Seul[modifier | modifier le code]

  • Une Famille de la noblesse provençale au Moyen Âge : les Porcelet, Avignon, Aubanel-Distic, 1986
  • La Vielle et l’épée. Troubadours et politique en Provence au XIIIe siècle, Paris, Aubier, 1989
  • Thèse d'État : L’État et l’aristocratie en Catalogne et en Provence (IXe-XIVe siècles), 1994
  • Les Noces du comte. Mariage et pouvoir en Catalogne (785-1213), Paris, Publications de la Sorbonne, 1996
  • La Noblesse en Occident (Ve-XVe siècles), Paris, Armand Colin, 1996
  • Actes de la famille Porcelet. 972-1320, Comité des travaux historiques et scientifiques, 2000, collection Document inédits Histoire, numéro 27, (ISBN 2-73550446-8)
  • L’Empire des Plantagenêts (1154-1224), Paris, Perrin, 2003 :
    • édité en anglais, The Plantagenet Empire (1154-1224), Pearson-Longman, 2007, 978-0-58278439-0
    • édité en format poche
  • Kaamelott, Paris, Perrin, 2007, (ISBN 978-2262027094)
  • Avec Jean-Paul Boyer et Noël Coulet, La Provence au Moyen Âge, Aix, Publications de l’Université de Provence, 2005, p. 7-142 (359 p)., collection Le Temps de l’histoire, (ISBN 978-2-85399-617-4)
  • « Society », Europe in the Central Middle Ages (c.950-c.1320), dir. D. Power, col. Short Oxford History of Europe, Oxford, Oxford University Press, 2006, p. 28-56.
  • La Légende du roi Arthur, Paris, Perrin, 2007, (ISBN 978-2262026356)
  • Le Chevalier lettré : savoir et conduite de l’aristocratie aux XIIe et XIIIe siècles, Paris, Fayard, 2011, 539 p. (Col. «  Nouvelles études historiques »), ISBN / EAN : 9782213662336.
  • Des Chrétiens contre les croisades (XIIe-XIIIe siècle), Paris, Fayard, 2013, 407 p. (Col. «  Nouvelles études historiques »). (ISBN 2213668167 et 978-2213668161)

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Coédition avec Françoise Thelamon et Olivier Dumoulin, La sociabilité à table. Convivialité et commensalité à travers les âges. Actes du colloque de Rouen, 14-17 novembre 1990, Rouen, P.U.R., 1992, 392 p.
  • La cour Plantagenêt (1154-1204). Actes du colloque de Thouars, 30 avril-2 mai 1999, Poitiers, C.E.S.C.M., 2000 (coll. « Civilisation médiévale »), 361 p.
  • Noblesses de l’espace Plantagenêt (1154-1224). Actes de la table ronde de Poitiers, 13 mai 2000, Poitiers, C.E.S.C.M., 2001 (col. « Civilisation médiévale »), 218 p.
  • Coédition avec María Narbona, La Dama en la corte bajomedieval, Pampelune, EUNSA, 2001, 181 p.
  • Culture politique des Plantagenêt. Actes du Colloque de Poitiers, 3-5 mai 2002, Poitiers, C.E.S.C.M., 2003, (col. « Civilisation médiévale »), 386 p.
  • Aliénor d’Aquitaine, numéro 81 hors série de la revue 303, arts, recherches et création, Nantes, Conseil régional, 2004, 245 p.
  • Coédition avec Angeles García de la Borbolla, La imagen del obispo hispano en la Edad Media. Actes de la table ronde de Pampelune, 7-8 mai 2000, Pampelune, EUNSA, 2004, 300 p.
  • Le Médiéviste et la monographie familiale : sources, méthodes et problématiques. Actes du colloque de Poitiers, 20-22 novembre 2003, Turnhout, Brepols, 2004 (col. « Histoires de Famille. La parenté au Moyen Age », 1), 310 p.
  • Coédition avec Thomas Deswarte, Famille, violence et christianisation au Moyen Âge. Mélanges offerts a Michel Rouche, Paris, PUPS, 2005 (col. « Cultures et civilisations médiévales », 31), 525 p.
  • Coédition avec Anne Brenon et Christine Dieulafait, Les Cathares devant l’Histoire. Mélanges offerts à Jean Duvernoy, Actes du colloque de Foix, 12-13 mai 2003, Cahors, L’Hydre, 2005 (col. « Domaine historique »), 451 p.
  • Coédition avec Noël-Yves Tonnerre, Plantagenêts et Capétiens. Confrontations et héritages. Actes du colloque de Poitiers et Fontevraud, 13-15 mai 2004, Turnhout, Brepols, 2006 (col « Histoires de Famille », 4), 524 p.
  • Convaincre et persuader. Communication et propagande aux XIIe et XIIIe siècles. Actes des colloques de Fontevraud, Oxford, Barcelone, Saintes, octobre 2004-novembre 2006, Poitiers, CESCM, 2007 (col. « Civilisation médiévale », 18), 724 p.
  • Coédition AAVV, Signes et couleurs des identités politiques du Moyen Age à nos jours. Actes du colloque de Poitiers, 14-16 juin 2007, Rennes, P.U.R., 2008, 537 p., 58 p. de planches, (ISBN 978-2-7535-0641-1)
  • Coédition avec Frédéric Boutoulle, Les Seigneuries dans l’espace Plantagenêt (c. 1150-c. 1250). Actes du colloque de Bordeaux-Saint-Émilion organisé par l’institut Ausone et le CESCM, 3-5 mai 2007, Bordeaux, Ausonius, 2009, 471 p., (ISBN 978-2-35613-020-4)
  • La Parenté déchirée : les luttes intrafamiliales au Moyen Âge. Actes du colloque de Poitiers, 13-14 mars 2009, Turnhout, Brepols, 2010 (col. « Histoires de Famille », 10), 432 p.
  • Coédition avec Catalina Girbea, L’Imaginaire de la parenté dans les romans arthuriens (XIIe-XIVe siècles). Actes du colloque de Poitiers, 12 et 13 juin 2009, Turnhout, Brepols, 2010 (col. « Histoires de Famille », 11), 238 p.
  • Le Roi Arthur, numéro hors série de la revue 303, arts, recherches et création, Nantes, Conseil régional, 2010, 176 p.
  • Coédition avec Catalina Girbea, Chevalerie et christianisme aux XIIe et XIIIe siècles. Actes du colloque de Poitiers, 5 et 6 novembre 2010, Rennes, P.U.R., 2011, 326 p.
  • Les Stratégies matrimoniales (IXe-XIIIe siècle). Actes du colloque de Poitiers, 25-26 mai 2012, Turnhout, Brepols, 2013, 363 p.

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • Marie-Pierre Baudry, Les fortifications des Plantagenêts en Poitou 1154-1242, Comité des travaux historiques et scientifiques, (ISBN 2-73550448-4)
  • Edmond-René Labande, Pour une image véridique d’Aliénor d’Aquitaine, Société des antiquaires de l'Ouest/Geste éditions, 2005. (ISBN 2-84561-224-9)
  • Sophie de Gourcy, Le tombeau des Ducs de Bretagne. Un miroir des Princes sculpté, Paris, éd. Beauchesne, 2015.
  • Éric le Nabour. Kaamelott., tome 1 : Au Cœur du Moyen Âge, Paris, Perrin 2007. (ISBN 2262026300)
  • David Brégaint, Stéphane Coviaux et Jan Ragnar Hagland, Le Discours contre les Évêques. Politique et controverse en Norvège vers 1200, Publications de la Sorbonne 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources à lier[modifier | modifier le code]