Bonaventure Des Périers

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Bonaventure Des Périers

Autres noms Eutychus
Thomas Du Clénier
Sarcomoros[1]
Activités écrivain, humaniste
Naissance vers 1510
Arnay-le-Duc
Pavillon royal de la France.svg Royaume de France
Décès 1543 ou 1544
Lyon
Pavillon royal de la France.svg Royaume de France
Langue d'écriture français
Genres Conte, Nouvelle, Poésie

Œuvres principales

  • Les disciples et amys de Marot contre Sagon, La Hueterie et leurs adherentz
  • Cymbalum mundi en françoys
  • Les Nouvelles récréations et joyeux devis

Bonaventure des Périers (ou Bonaventure Des Périers selon la graphie d’époque), né vers 1510, probablement à Arnay-le-Duc en Bourgogne, mort en 1543 ou 1544 à Lyon, est un auteur de contes français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une formation d’humaniste, il collabora en 1535, sous le nom latinisé d’Eutychus Deperius, à la traduction de la Bible de Pierre Robert Olivétan[2], parue la même année, et travailla avec Étienne Dolet, qui préparait ses Commentarii linguae latinae. En 1536, il entra au service de Marguerite de Navarre, sœur de François Ier, en qualité de valet de chambre[1]. Il publia des poèmes, défendit Clément Marot dans la querelle qui l'opposa au poète et ecclésiastique François de Sagon. En 1544 parut, grâce aux soins d'Antoine Du Moulin un Recueil des Œuvres de feu Bonaventure des Périers : sa mort remonterait donc à 1543 ou 1544. D’après un texte d’Henri Estienne de 1566, des Périers se serait suicidé en se jetant sur son épée.

Une tradition remontant au pasteur André Zébédée, dans une lettre du 31 juillet 1538[2], lui attribue la paternité de Cymbalum mundi (Carillon du monde), en français, avec quatre dialogues poétiques, forts antiques, joyeux et facétieux, son œuvre la plus connue. Publié à Paris en 1537 et peu de temps après à Lyon en 1538, cet ouvrage fut saisi par le Parlement sur ordre direct et exceptionnel du roi, et détruit [Note 1]. Le Cymbalum est prétendument adressé par Thomas Du Clénier[Note 2] à Pierre Tryocan[Note 3]. Une des hypothèses concernant l'interprétation de l'ouvrage le fait émaner du milieu évangélique de l’entourage de Marguerite de Navarre. D’autres hypothèses en font au contraire un livret orthodoxe raillant les chefs protestants et les réformés. Enfin, d’autres voient dans cet ouvrage l’œuvre d’un auteur pratiquement athée qui, dans une série d’allégories, ridiculise toute forme de croyance et de connaissance, à la fois catholiques et protestantes.

Des Périers est un conteur au style charmant, plein d’esprit et de finesse. Il reprend de la tradition des contes populaires. Il emprunte aussi aux Italiens et à François Rabelais, de courtes anecdotes satiriques (apologues) qui brocardent les travers individuels et les abus de pouvoirs de toute sorte.

« Bonaventure des Périers, une des figures les plus caractéristiques des lettres françaises du XVIe siècle, continue à poser, par son destin d'homme et d'écrivain, des énigmes qui sont loin d'être dévoilées. Tôt disparu, mort sans doute par suicide, il n'est connu que grâce à des allusions disparates susceptibles d'interprétations fort diverses. Novateur timide dans le champ de la poésie qu'il avait marquée de quelques inventions formelles et surtout de sa sensibilité fraîche, un peu naïve; novateur hardi, aux dires de plusieurs critiques, dans le domaine des idées religieuses; auteur incertain d'un recueil de contes qui reste un des chefs-d'œuvre du genre de son époque, il a laissé un héritage varié et contradictoire[3]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les disciples et amys de Marot contre Sagon, La Hueterie et leurs adherentz, On les vend à Paris en la rue sainct Jacques... : à l'enseigne du Croissant, en la boutique de Jehan Morin,‎ 1537, in-8, 73 p. (notice BnF no FRBNF33349284q)
  • La prognostication des prognostications non seulement de ceste presente année MDXXXVII, mais aussi des aultres à venir, voire de toutes celles qui sont passées, composée par Maistre Sarcomoros, natif de Tartarie et secretaire du tres illustre et tres puissant roy de Cathai, serf de vertus, Paris, s.n.,‎ 1537, in-8, 12 p. (notice BnF no FRBNF33553070k)
  • Cymbalum mundi en françoys : contenant quatre dialogues poétiques, fort antiques, joyeux et facétieux, Lyon, B. Bonnyn,‎ 1538, Sign. A-D : car. goth. ; in-8 (notice BnF no FRBNF303342570)
  • Les Nouvelles récréations et joyeux devis de feu Bonaventure Des Périers, valet de chambre de la royne de Navarre, Lyon, R. Granjon,‎ 1558, In-4° , pièces liminaires, CVIII ff., car. de civilité (notice BnF no FRBNF303342679)
  • Recueil des oeuvres de feu Bonaventure Des Périers, Lyon, Jean de Tournes - Antoine Du Moulin (éditeur scientifique),‎ 1544, in-8, 196 p. (notice BnF no FRBNF30334281v)

Auteur avec Élie Vinet[4] et Jacques Peletier[5] :

  • Discours non plus mélancoliques que divers de choses mesmement qui appartiennent à notre France, et à la fin la manière de bien et justement entoucher les lucs et les guiternes, Poitiers, Enguilbert de Marnef,‎ 1557, in-4, 112 p. (notice BnF no FRBNF30334265m)

Commentaires[modifier | modifier le code]

L'existence de la critique a permis de développer maintes études sur les sujets plus importants autour de l'œuvre de Bonaventure des Périers. On trouve les recherches faites sur les sujets de la naïveté, l'ironie, l'aspect sombre, les juges et les criminels, les animaux, l'aspect comique, le narrateur masqué et bien sûr les origines italiens par rapport à originalité des nouvelles.

L'un des commentateurs des textes de Des Périers fut Bernard de La Monnoye au XVIIIe siècle, bourguignon lui-même, qui servit de référence jusqu'à la fin du XIXe siècle. La Monnoye introduit surtout des notes expliquant le sens du vocabulaire employé par Des Périers au XVIe siècle[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Nodier, Bonaventure Desperiers ; Cirano de Bergerac, Paris, J. Techener,‎ 1841, in-16, 112 p. (notice BnF no FRBNF31021157d)
  • Adolphe Chenevière, Bonaventure Des Périers, sa vie, ses poésies, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie,‎ 1886, In-8°, II-261 p. (notice BnF no FRBNF302326594)
  • Bonaventure Des Périers, un Arnétois de la Renaissance, Arnay-le-Duc, les Amis du pays d'Arnay,‎ septembre 1986, catalogue d'exposition, 27 p.
  • Bernard Leblanc, Bonaventure des Périers, Viévy (21230 Arnay-le-Duc), Éd. des Druyères,‎ 1986, 21 cm, 202 p. (notice BnF no FRBNF34988772v)
  • Lionello Sozzi, Les contes de Bonaventure Des Périers : contribution à l'étude de la nouvelle française de la Renaissance, Genève, Slatkine reprints,‎ 1998, 23 cm, 501 p. (ISBN 2-05-101680-1, notice BnF no FRBNF37008914f)
  • Dominique Bertrand (Directeur de publication) et Bénédicte Boudou (Collaboratrice), Lire les "Nouvelles récréations et joyeux devis" de feu Bonaventure des Périers, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, coll. « CERHAC »,‎ 2009, 21 cm, 260 p. (ISBN 978-2-84516-399-7, notice BnF no FRBNF414499134)
cette dernière édition contient :
  • Dominique Bertrand, Des Nouvelles Récréations qui ne “sont pas comme les marchandises” : falsification cynique de la “valeur”
  • Jean-Claude Arnould, Le joyeux devis des nouvelles récréations
  • Amélie Blanckaert & Romain Weber, Nouvelles Récréations et joyeux devis: pour qui ? pourquoi ?
  • Nicolas Le Cadet, L'éloge de la naïveté
  • Nicolas Lombart, L'éloge de l'habileté mercurienne: Bonaventure Des Périers face aux “coupeurs de bourses” (nouvelles 79, 80, 81)
  • Anne-Laure Metzger-Rambach, Figure du fol et réflexion sur le monde tel qu'il va »
  • Guy Demerson, « Éthique et esthétique de l'idiotisme
  • Marie-Claire Thomine, Étude littéraire de la “Première Nouvelle en forme de préambule”
  • Daniel Ménager, La sixième nouvelle des Joyeux Devis
  • Véronique Montagne, La rhétorique de la séduction dans la nouvelle 16
  • Pascale Mounier, Densité narrative et dissonance énonciative: le début de l'histoire de maître Arnaud. Étude stylistique d'un extrait de la nouvelle 24
  • Bruno Meniel, Rire caustique ou rire fraternel ? Une lecture de la nouvelle 68

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il reste un exemplaire de la première édition et deux de la seconde.
  2. Le pseudonyme "Thomas Du Clénier" est l'anagramme de Thomas l'incrédule.
  3. Anagramme de Pierre croyant.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice d'autorité personne : (notice BnF no FRBNF118997359)
  2. a et b André Zébédée à Charles de Candeley, de Genève, 31 juillet 1538 :
    ... L'article suyvant dit que France es par grans espritz tiré à l'enseigne de Epicure et que celluy qui a faict Cymbalum Mundi ne tendit jamais à aultre chose. Lequel (ce dit) estoit sorty de eulx et avoit esté clerc de Olivetain à mectre la bible en françoys. Le IIIIe article contient ce propoz : « il me souvient bien de Dolet, Rabelez et Marot et je m'estonne quant je rememorre ce qu'on m'en a dit à Lyon ».
    extrait de : Lionello Sozzi, Les contes de Bonaventure Des Périers : contribution à l'étude de la nouvelle française de la Renaissance, Genève, Slatkine reprints,‎ 1998, 23 cm, 501 p. (ISBN 2-05-101680-1, notice BnF no FRBNF37008914f), p. 58
  3. Bonaventure Des Périers, Nouvelles récréations et joyeux devis ; édition critique avec introduction et notes par Krystyna Kasprzyk, Paris, H. Champion,‎ 1980, 19 cm, 376 p. (ISBN 2-86503-171-3, notice BnF no FRBNF34653192g)
  4. Notice d'autorité personne : (notice BnF no FRBNF121335606)
  5. Notice d'autorité personne : (notice BnF no FRBNF122992680)
  6. Bonaventure Des Périers, Les Contes ou les Nouvelles récréations et joyeux devis de Bonaventure Des Périers... Nouvelle édition augmentée et corrigée avec des notes historiques et critiques, par M. de La Monnoye., Amsterdam, Z. Chatelain,‎ 1735, 3 vol. in-12 (notice BnF no FRBNF30334272w)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]