Judas Iscariote

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Judas Iscariote (ou Iscariot ou Iscarioth) est selon la tradition chrétienne l'un des douze apôtres de Jésus de Nazareth. Selon les évangiles canoniques, Judas a facilité l'arrestation de Jésus par les grands prêtres de Jérusalem, qui le menèrent ensuite devant Ponce Pilate.

Figure controversée dans l'historiographie chrétienne, Judas « reste une figure évanescente dont l'historicité peut à bon droit susciter le doute tant il ne paraît exister que pour sa place dans l'économie du Salut »[1].

Judas regarde le spectateur dans La Cène de Rubens

Le nom de Judas Iscariot[modifier | modifier le code]

« Iscariot »[modifier | modifier le code]

La signification du surnom Iscariot fait débat. Pour saint Jérôme, Judas l'Iscariot tira son nom soit du bourg où il est né, soit de la tribu d'Issachar[2]. L'explication traditionnelle est que ce nom aurait été donné à Judas car il était de la ville de Qeriyyot, localité du pays de Juda, dont parle le livre de Josué 15(25). Toutefois, l'existence de cette ville de Qeriyyot du IXe siècle av. J.-C. n'est pas attestée à l'époque de Jésus. D'autre-part la formulation n'est pas la formulation habituelle « Judas de Qeriyyot », mais « Judas de la population de Qeriyyot », formulation dont l'usage n'est attestée nulle-part ailleurs. Les étymologistes et les spécialistes de l'onomastique ont donc de sérieux doutes à ce sujet. Simon Claude Mimouni estime d'autant plus difficile de penser que Iscarioth soit une référence à ce village de Judée, que dans l'Évangile des Ébionites , un texte contemporain ou antérieur aux évangiles synoptiques, il est précisé que Judas est d'origine galiléenne comme tous les autres apôtres[3]. Une autre hypothèse a été émise. Son nom pourrait être la forme sémitisée de l'épithète latine Sicarius, en considérant que le « i » a été placé devant le surnom pour lui donner une forme sémitique[3]. En latin, le mot sicarius signifie le porteur de dagues[4]. Dans la Peshitta, version araméenne des évangiles, il est appelé Judas sikariot. Sicaire étant probablement un nom péjoratif pour désigner les Juifs révoltés contre le pouvoir romain comme les Zélotes[5], les Galiléens[6] et autres « brigands » ou « bandits »[7] (lestai en grec[8]). Robert Eisenman fait remarquer que la plupart des consonnes et des voyelles correspondent, entre le Sicarioi/Sicariōn de Flavius Josèphe et le Iscariot du Nouveau Testament[4]. Le suffixe -ote dénote l'appartenance à une communauté — dans ce cas, celle des sicaires.

« Judas » et « Jude »[modifier | modifier le code]

Judas n'apparaît que six fois dans les évangiles qui ont été canonisés[9]. Le diminutif Jude semble avoir été privilégié pour les autres Judas des évangiles afin d'éviter la confusion avec « le traître Judas »[10],[11]. Il convient de ne confondre Judas Iscariote ni avec Jude frère de Jésus (Matthieu 13:55), ni avec Judas de Jacques[12] que celui-ci soit un frère de Jacques et donc le même que le précédent[13], ou qu'il soit le fils de Jacques, appelé Judas le Juste, dans la Liste des évêques de Jérusalem, où il est le troisième de la liste[14]. De même, il ne faut pas le confondre avec « Jude Didyme Thomas », c'est-à-dire l'apôtre Thomas, tel qu'il est appelé dans l'Évangile attribué à Thomas[15] ainsi que dans l'Évangile attribué à Jean[16].

Récits du Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Les trente deniers de Judas

"Sur la trahison de Judas et sur sa mort, les seules informations que l'on ait proviennent de sources chrétiennes". "L'historicité de ce personnage [...] reste fragile et ne se fonde sur aucune certitude historique" selon Simon Mimouni. En effet, les récits de la mort de Jésus dans les évangiles (ou récits de la Passion) "sont destinés à l'édification des fidèles lors des pratiques liturgiques" et n'ont pas été conçus comme des documents historiques[17].

La trahison de Judas[modifier | modifier le code]

D'après l'évangile attribué à Matthieu [18], Judas, qui assurait le rôle de trésorier, livre Jésus aux grands prêtres de Jérusalem, et obtient pour cela trente pièces d'argent (les deniers de Judas) (30 est la valeur numérique de יהודה, Yéhudah, « Judas » en hébreu). Dans les évangiles synoptiques, Jésus se trouvait au jardin de Gethsémani. Judas le désigne aux gardes en l'embrassant.

Le Sanhédrin, rassemblant les autorités religieuses juives, et favorable au gouvernement colonial romain, condamna Jésus à mort (Matt. 26, 65-66), puis le mena devant Pilate, gouverneur romain de Judée.

Mort de Judas[modifier | modifier le code]

Le Nouveau Testament livre deux versions de la mort de Judas. Celle de l'évangile attribué à Matthieu le fait mourir peu de temps après la mise à mort de Jésus : « pris de remords, il rapporta les pièces d'argent aux grands prêtres et aux anciens, en disant : j'ai péché en livrant un sang innocent [...]. Alors, il se retira en jetant l'argent du côté du sanctuaire et alla se pendre » (Matt. 27,5, TOB / Traduction œcuménique de la Bible, éd. Cerf).

Les Actes des Apôtres (1, 18), indiquent, quant à eux : « Cet homme, ayant acquis un champ avec le salaire du crime, est tombé, s'est rompu par le milieu du corps, et toutes ses entrailles se sont répandues ».

Interprétations modernes : la réécriture d'épisodes de la Bible hébraïque[modifier | modifier le code]

Comme la quasi totalité des évangiles et des propos attribués à Jésus, les péricopes qui concernent Judas sont des références à la Bible hébraïque (Ancien testament). Ainsi le nom de Judas fait-il référence à celui de Juda, quatrième fils de Jacob, et celui d'Iscariote à celui d'Issachar, cinquième fils de Jacob et Léa.

Le personnage traditionnel du traître[modifier | modifier le code]

Le récit de la trahison de Judas serait pour une grande part une réécriture d'un épisode de la biographie de David relaté dans le deuxième livre de Samuel, selon Paul Verhoeven, qui prend appui sur les études des théologiens Thomas Francis Glasson et L. Paul Trudinger, et relève les points communs entre les textes de la Bible hébraïque et des Evangiles. Par exemple, Jésus a été livré par Judas comme David a été trahi par son fidèle conseiller Achitophel ; les deux voient clair dans le cœur de leur ennemi, mais s'abandonnent à la volonté de Dieu. Dans ces circonstances, le vassal de David, Ittaï, lui jure fidélité, comme Pierre le fait avec Jésus. Les lieux sont identiques dans les deux cas (passage par le Mont des Oliviers). Au dénouement, les deux traîtres, Achitofel et Judas, se suicident etc[19].

Il faut en conclure, selon P. Verhoeven, que les prétendus "faits" empruntés au livre de Samuel sont "dénués de valeur historique", et que les "évangélistes ne possèdent pratiquement aucune information sur ce qui s'est réellement passé ce soir-là", quand Jésus a été arrêté[20].

Paul (saint Paul pour les chrétiens) "ne semble pas avoir la moindre idée de l'identité de celui qui a trahi Jésus. Une vingtaine d'années après la mort de Jésus, il se contente d'écrire : "Dans la nuit où le Seigneur a été livré [aux autorités]...". Paul ne connaît pas Judas, ou du moins, il ne le nomme nulle part dans ses lettres", ajoute P. Verhoeven[21].

"Le mauvais serviteur qui vole son maître, l'ami qui le trahit, est un midrash [en l'occurrence, une sorte de parabole] provenant du Psaume 41, 10-11", selon S. Mimouni[22].

La mention de Satan[modifier | modifier le code]

"La mention que Satan a pénétré dans Judas [par exemple dans Luc, 22, 3 ; Jn, 13, 27] provient sans doute de Zacharie 3, 1-2 - pratiquement un des seuls récits bibliques où apparaît Satan"[23].

Les trente deniers[modifier | modifier le code]

"L'épisode des trente pièces d'argent remises à Judas semble, lui, découler de Zacharie 11, 12[22]".

Le genre littéraire du midrash[modifier | modifier le code]

"La forme propre au contexte culturel et religieux des deux évangélistes qui ont donné le plus de détails sur Judas, Matthieu et Jean, renvoie au midrash - c'est-à-dire au commentaire exégétique, en forme de récit, du texte sacré - : de la sorte, le personnage de Judas se voit recomposé selon des données tirées de la Bible ou de ses commentaires midrashiques". Judas aurait donc été transcrit selon un genre littéraire en usage dans le judaïsme[17].

Judas se pend, illustration du folio 147 des Très Riches Heures du duc de Berry, manuscrit du musée Condé, à Chantilly

L'Évangile de Judas[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Évangile de Judas.

L’Évangile de Judas est un évangile gnostique du IIe siècle déclaré apocryphe dès le IIIe siècle par la « Grande Église ». Il relate une discussion entre Jésus et Judas, dans laquelle Jésus demande à Judas de le débarrasser de son enveloppe charnelle. Cet évangile décrit ainsi une relation de complicité et d'amitié entre ces deux personnages, et non, comme le font les évangiles canoniques, une relation fondée sur la tromperie.

Les traditions chrétiennes[modifier | modifier le code]

D'après une scholie d'Apollinaire de Laodicée (qu'on retrouve peut-être dans un texte de Théophylacte), vers 130 Papias d'Hiérapolis connaissait une autre tradition sur la mort de Judas, devenu tellement enflé qu'il ne pouvait plus passer là où une charrette passait aisément et qui finit écrasé par ladite charrette en répandant ses boyaux dans la rue.

La Légende Dorée du dominicain Jacques de Voragine (1228-1298) rapporte la même tradition concernant la mort de Judas, relayée par Eusèbe de Césarée qui cite Papias d'Hiérapolis, reprise plus tard par Euthyme Zigabène (mort vers 1120) et Théophylacte d'Ohrid (mort après 1126) : Judas aurait survécu à sa pendaison, mais serait devenu affreusement hydropique et aurait fini écrasé par un char[24],[25] pour ensuite, selon ce dernier, « se retrouver au ciel ». Pierre le Chantre (mort en 1197) explique pour sa part que Judas aurait accepté l'argent pour des raisons honorables, sa famille étant dans le besoin[26].

Judas dans l'histoire de l'antisémitisme chrétien[modifier | modifier le code]

"Judas est une des pièces maîtresses du dossier de l'antijudaïsme chrétien" selon l'historien S. Mimouni[27].

Fonction du personnage[modifier | modifier le code]

« Si la tradition s'est focalisée sur ce personnage, c'est à des fins très précises, car il est bien évident qu'on ne s'étend pas sur un traître sans raison. Cette question trouve peut-être sa solution dans la formule souvent reprise dans les évangiles pour désigner Judas comme "l'un des Douze" (Mc 14, 10.43). Ce groupe des Douze aux yeux de la tradition est le signe des douze tribus [d'Israël] : il symbolise l'annonce d'un nouvel Israël en construction. Or l'événement de la mort de Jésus, qui dément en quelque sorte cette annonce, est ainsi attribué à la trahison de Judas, un des Douze - de la sorte, ce personnage représente symboliquement ceux qui refusent de reconnaître Jésus dans sa messianité, on lui attribue la mort de Jésus. En bref et en clair, le personnage de Judas symbolise l'ensemble des Judéen qui ont refusé de reconnaître en Jésus le Messie attendu par Israël[28]. »

« De Judas à Judaeus [Judéens en latin] ou à Ioudaios [Judéen en grec], il n'y a qu'un pas qui semble avoir été franchi allègrement, bien que rien dans les premiers textes chrétiens ne permette de le franchir". C'est à partir du IIIe siècle que l'on trouve le thème des "Judéens aimant Judas", dans le Contre les Judéens du Pseudo-Cyprien[29]. »

Usages de son nom[modifier | modifier le code]

Judas est devenu l'archétype du traître dans la culture chrétienne et son nom même passe dans l'usage commun. Le dictionnaire Littré renvoie dans l'article « traître » à l'expression « Traître comme Judas : se dit d'un homme qui, sous le masque de l'amitié, trahit de la manière la plus cruelle ». L'expression « baiser de Judas » désigne un baiser de traître.

Maurice Barrès assimile Alfred Dreyfus, officier juif soupçonné à tort de trahison au profit de l'Allemagne, à la figure néo-testamentaire de Judas, dans « La Parade de Judas » (texte publié dans M. Barrès, Scènes et doctrines du nationalisme, 1902).

Le nom Juda renvoie aussi à la Judée et au peuple juif. Le fait que ce nom soit porté par celui qui a trahi Jésus pour de l'argent a un lien avec les accusations de déicide et de vénalité dont les Juifs ont été victimes au cours des siècles.[réf. nécessaire].

Théologie chrétienne[modifier | modifier le code]

Catholicisme[modifier | modifier le code]

La damnation de Judas reste considérée comme évidente jusqu'au début du XXe siècle. Tous les Pères de l'Église ont affirmé comme une vérité révélée la damnation de Judas.[réf. nécessaire] Ainsi, au cours des trois premiers siècles de l'Église, tous ceux qui défendaient le salut de Judas étaient déclarés hérétiques[30]. De même, le catéchisme du concile de Trente[31], écrit au XVIe siècle, contient trois passages enseignant explicitement que Judas n’a pas profité de la Rédemption et qu’il a perdu son âme.

Un livre récent, Judas est en Enfer[32] montre que la damnation de Judas a toujours fait partie de la foi de l'Église au regard de l'Écriture sainte : Jn 6.70, 13.10, 17.12 ; Mt 26.24 ; 27.6, de la tradition de l'Église, qui ni n'a jamais fêté la saint Judas ni prié pour qu'il soit délivré du purgatoire, en sorte qu'elle montre ainsi qu'elle sait qu'il est en enfer, et de son magistère.

Cela étant, la majeure partie des théologiens considère aujourd'hui que ce n'est pas tant la trahison de Judas qui pose problème, car elle est pardonnable puisque pour tout péché, miséricorde, pour peu qu'il y ait au moins un début de regret. Mais le problème est surtout le suicide de Judas qui, dans ce cas précis, marque un refus de l'espérance, donc de la miséricorde et du pardon, ce qui est attesté par le fait que Jésus a, d'avance, formellement désigné Judas comme « démon » : '« N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les Douze ? Et pourtant l'un d'entre vous est un démon. » (Jean 6,70)[réf. nécessaire].

Pour l'exégèse théologique contemporaine, la version des Actes des Apôtres et celle de Matthieu (27,5) ne sont pas contradictoires : la première, par la bouche de l'apôtre Pierre, fournit des détails (Ac 1, 18) dans lesquels l'apôtre Matthieu n'a pas voulu entrer dans le cadre du récit proprement évangélique (des cas modernes, en médecine légale, ont montré que dans certaines pendaisons improvisées, le bois à partir duquel pend le corps peut se briser et entraîner la chute de ce dernier. Si la chute s'effectue depuis une certaine hauteur, une dislocation et éclatement des entrailles peuvent se produire). Ainsi, ce qui est indiqué en Ac 1,18 serait un détail possible qui viendrait éclairer davantage le récit laconique de l'évangéliste Matthieu[réf. nécessaire].

Théologie anglicane[modifier | modifier le code]

John Shelby Spong, dont les thèses se veulent à la fois chrétiennes et antithéistes, tente de montrer l'évolution de la représentation de Judas vers un rôle de traître dans les versions successives de l'Évangile.

Essai[modifier | modifier le code]

Armand Abécassis montre, dans son livre Judas et Jésus, une liaison dangereuse, que le verbe paradidonaï, traduit par « livrer » ne doit pas être interprété au sens de trahir, mais qu'au contraire, il existe une véritable connivence entre Judas et Jésus. Judas n'a toutefois pas bien compris le message de Jésus qui refuse l'usage de la violence pour prendre le pouvoir. Il le livre, avec l'assentiment de celui-ci, pour que Jésus se manifeste publiquement comme chef politique et religieux des Juifs et, selon Abécassis, il croit que cette confrontation le fera reconnaître comme tel. Jésus sait que, sauf à fuir et à renoncer à tout enseignement, il ne peut plus échapper à une arrestation et accepte d'être livré pour annoncer sa messianité, mais il sait aussi qu'il ne sera pas reconnu comme tel et qu'il sera condamné à mort. Mais ce faisant, A. Abécassis renouvelle une très vieille thématique, jamais admise par l'Église : celle de l'apocryphe « Évangile de Judas », écrit gnostique mentionné par Irénée de Lyon (IIe siècle) émanant du milieu caïnite.

Judas dans l'art[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Le Baiser de Judas, de Giotto di Bondone

L'attribut de Judas est la bourse d'argent. Dans l'iconographie, Judas porte une bourse qui représente non seulement sa charge de trésorier au sein de la communauté des apôtres, mais aussi et surtout le salaire de sa trahison.

Sur La Cène de Léonard de Vinci, Judas est représenté tenant une bourse dans sa main droite.

Dans l'iconographie classique, Judas est souvent représenté vêtu de jaune. C'est en particulier de cet état de fait que découle l'association du jaune et de la notion de traîtrise[réf. nécessaire].

Romans[modifier | modifier le code]

  • Thomas de Quincey dans Judas Iscariote et autres essais tente une réhabilitation en faisant agir sciemment Judas pour accomplir le destin d'un Christ hésitant.
  • Ferdinando Petruccelli della Gattina, dans Les Mémoires de Judas (1867), le décrit comme un révolutionnaire qui se bat contre l'oppression romaine.
  • Jorge Luis Borges, dans sa nouvelle « Trois versions de Judas » (in Fictions, Folio), imagine un théologien danois du XIXe siècle dont la thèse était que Dieu s'était fait homme jusqu'à l'infamie, Judas étant en fait le fils de Dieu, et non pas le Christ...
  • Giuseppe Berto, Évangile selon Judas, trad. de l'italien par René de Ceccaty, 1982 (titre original, La Gloria, 1978) ; dans ce roman, « Judas devine l'attraction que la mort exerce sur son maître » ; il s'aperçoit que « Jésus se rapproche de lui chaque fois que son désir de mort se fait lancinant »[33].
  • Pierre Bourgeade dans son roman Mémoires de Judas lui fait accepter de livrer Jésus pour accomplir l'Écriture.
  • Jean Ferniot en fait un martyr dans Saint Judas (1984).
  • Dominique Reznikoff: Judas Iscariote. Arles (Actes Sud) 1993 résumé ici
  • José Saramago, dans son roman l'Évangile selon Jésus-Christ (O Evangelho segundo Jesus Cristo, 1991) évoque le fait que c'est à la demande de Jésus lui-même que Judas, le disciple dont il était le plus proche et qui avait le plus confiance en lui, l'a dénoncé. Éric-Emmanuel Schmitt, dans son roman épistolaire L'Évangile selon Pilate, 2001, reprend cette idée de José Saramago.
  • Jean Van Hamme, La Malédiction des trente deniers, t. 1 & 2 (2009/2010).

Poésie[modifier | modifier le code]

Dans la Divine Comédie, œuvre composée, selon la critique, entre 1307 et 1321, Dante situe Judas dans le neuvième cercle de l'Enfer réservé aux traîtres et lui attribue le pire châtiment : être éternellement dévoré par Satan.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • De la crèche à la croix (1912), film muet de Sidney Olcott. Judas fut interprété par Robert G. Vignola.
  • Charles Robert Carner, Judas, 2004 (2h) - Internet Movie Database
  • National Geographic, L'évangile selon Judas, 2006 (1h26), YouTube - Redlist
  • Rabah Ameur-Zaïmeche, Histoire de Judas, 2015
  • Judas apparaît dans les films consacrés à Jésus. Dans La Dernière tentation du Christ (1988) de M. Scorsese, il est un disciple fidèle à qui Jésus demande de le livrer pour que s'accomplissent les Écritures. Cependant, le caractère négatif du personnage de Judas n'a pas totalement disparu, il est transféré sur le groupe auquel Judas appartenait à l'origine, celui des zélotes ; ces amis de Judas assassinent Lazare ressuscité, pour effacer les preuves de la divinité de Jésus ; les zélotes du film reprochent à Jésus de ne pas combattre le pouvoir colonial romain avec suffisamment de détermination.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Lémonon, Ponce Pilate, Éditions de l'Atelier,‎ 2007, p. 5
  2. Issachar signifie « Homme du salaire » (voir Genèse 30, 18) ; explication citée par Pierre-Emmanuel Dauzat (Pierre-Emmanuel Dauzat sur data.bnf.fr), Judas. De l'Évangile à l'Holocauste, Bayard, 2006, p. 54. Après l'épisode des mandragores, Léa dit: Dieu m’a donné mon salaire (שְׂכָרִי, SKRY, Sekari), parce que j’ai donné ma servante à mon mari. Et elle appela son nom Issacar (יִשָּׂשכָר, YSSKR, Yishaskar), homme du salaire".
  3. a et b Simon Claude Mimouni, La figure de Judas et les origines du christianisme : entre tradition et histoire quelques remarques et réflexions, in The Gospel of Judas in Context: Proceedings of the First International Conference on the Gospel of judas, publié par Maddalena Scopello, éd. Brill, 2008, Danvers, USA, p. 136.
  4. a et b cf. par exemple Robert Eisenman (Robert Eisenman sur data.bnf.fr), James the Brother of Jesus: The Key to Unlocking the Secrets of Early Christianity and the Dead Sea Scrolls, p. 179.
  5. Voir par exemple André Paul, dans l'Encyclopedia Universalis
  6. Xavier Levieils, Contra Christianos: la critique sociale et religieuse du christianisme des origines au concile de Nicée (45-325), éd. Walter de Gruyter, Berlin, 2007, p. 138.
  7. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 438.
  8. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 434.
  9. Simon Claude Mimouni, La figure de Judas et les origines du christianisme : entre tradition et histoire quelques remarques et réflexions, in The Gospel of Judas in Context: Proceedings of the First International Conference on the Gospel of judas, publié par Maddalena Scopello, éd. Brill, 2008, Danvers, USA, p. 135.
  10. Cipriani, S. (2000). « Judas Tadeo », in Leonardi, C.; Riccardi, A.; Zarri, G., (es) Diccionario de los Santos, Volumen II. España: San Pablo, p. 1409-1410, (ISBN 84-285-2259-6)
  11. JoAnn Ford Watson, Anchor Bible Dictionary, article Thaddeus (person), p. 8 762.
  12. Simon Claude Mimouni, La figure de Judas et les origines du christianisme : entre tradition et histoire quelques remarques et réflexions, in The Gospel of Judas in Context: Proceedings of the First International Conference on the Gospel of judas, publié par Maddalena Scopello, éd. Brill, 2008, Danvers, USA, p. 135-136.
  13. Robert Eisenman, James the Brother of Jesus: The Key to Unlocking the Secrets of Early Christianity and the Dead Sea Scrolls, éd. GDP, Nashville, 2012, p. 339.
  14. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 450 et 455.
  15. Jean-Yves Leloup, L'Évangile de Thomas, éd. Albin Michel, Paris, 1986.
  16. (en) « Saint Thomas (Christian Apostle) – Britannica Online Encyclopedia », Britannica.com (consulté en 03/o8/2015)
  17. a et b Simon Claude Mimouni et Pierre Marval, Le Christianisme des origines à Constantin, PUF, 2006, p.120.
  18. Mt 26. 15, suivant Za 11. 12
  19. Paul Verhoeven, Jésus de Nazareth, trad par A-L Vignaux, 2015, p.230-231. Les références aux théologiens anglo-saxons sont les suivantes : T.F. Glasson, "Davidic Links with the Betrayal of Jesus", Expository Times 85, 1973-1974, p.118_119 ; et L.P. Trudinger, "Some Further Observations", Expository Times 86, 1974-1975, p.278_279
  20. Paul Verhoeven, Jésus de Nazareth (2010), trad par A-L Vignaux, 2015, p.231, 232.
  21. Paul Verhoeven, Jésus de Nazareth, trad par A-L Vignaux, 2015, p.225 ;
  22. a et b Simon Claude Mimouni et Pierre Marval, Le Christianisme des origines à Constantin, PUF, 2006, p.121.
  23. Simon Claude Mimouni et Pierre Marval, Le Christianisme des origines à Constantin, PUF, 2006, p.120-121.
  24. J. B. M. Roze, in La légende Dorée de Jacques de Voragine, Paris, 1967, p. 217, note n° 1.
  25. Joseph Wheless, Forgery in Christianity, éd. Cosimo, 2007, p. 138.
  26. Pierre-Emmanuel Dauzat, Judas : de l’Évangile à l'Holocauste, éd. Bayard, 2006
  27. Simon Claude Mimouni et Pierre Marval, Le Christianisme des origines à Constantin, PUF, 2006, p.122.
  28. >Simon Claude Mimouni et Pierre Marval, Le Christianisme des origines à Constantin, PUF, 2006, p. 119.
  29. Simon Claude Mimouni et Pierre Marval, Le Christianisme des origines à Constantin, PUF, 2006, p. 121.
  30. Les Caïnites à l'origine de « l'Évangile de Judas », F. Banchini, « Giuda Iscariota ; tra condanna e assoluzione. Testimonianze letterarie ed epigrafiche dei primi tre secoli di cristianesimo », Vivens homo 16 [2005] p.143-155
  31. Catéchisme du concile de Trente, Bouère, Dominique Martin Morin, 1998, p. 216, 251 et 305.
  32. Guy Pages, Judas est en Enfer, éditions François-Xavier de Guibert, Paris, 2007.
  33. B. Westphal, Roman et évangile, PULIM, 2002, p.89.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • James M. Robinson, Les Secrets de Judas. Histoire de l’apôtre incompris et de son évangile, éd. Michel Lafon, 2006
  • Hans-Josef Klauck, Judas un disciple de Jésus. Exégèse et répercussions historiques, éd. du Cerf, coll. « Lectio divina », n° 212, 2006 (trad. Joseph Hoffman), recension en ligne

Articles[modifier | modifier le code]

  • Simon Claude Mimouni, « La figure de Judas et les origines du christianisme : entre tradition et histoire. Quelques remarques et réflexions », in M. Scopello (éd.), The Gospel of Judas in Context. Proceedings of the First international conference on the Gospel of Judas Paris, Sorbonne October 27th-28th, 2006, Leyde-Boston, 2008, pp. 135-143,
  • Oscar Cullmann, « Qui est Judas ?  », in Historia, no  30, 1982, pp. 69-73

Édition critique[modifier | modifier le code]

L'Évangile de Judas est publié dans une version intégrale commentée chez Flammarion se référant aux études de National géographique, en français, en juin 2006.

Essais[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Emmanuel Dauzat, Judas : de l'Évangile à l'holocauste, Bayard, 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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