Nicolas Denisot

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Nicolas Denisot (1515-1559) dit le Comte d'Alsinois, était un poète français de la Pléiade, ami Pierre de Ronsard, Jacques Peletier du Mans, Jacques Tahureau et Rémy Belleau, tous originaires ou attachés au Mans, capitale de la Province du Maine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nicolas Denisot descendait d'une « ancienne et illustre famille du Perche[1] » fixée de longue date à Nogent-le-Rotrou. D'aucuns avancent que l'origine de la famille était anglaise, se référant à un parent de Nicolas, Philippe Denisot, qui se nommait aussi Adison ou Adamson[2]. Cette famille est attestée à Nogent dès le XVe siècle, puisqu'avant 1500, Jehan Denisot, l'ancêtre commun, avait épousé Hélène Durand à Nogent[3]. À cette époque la famille possédait le manoir de Poix[4].

Les Denisot étaient nobles et portaient « trois épis de bled en champ d'azur ». Ils furent innombrables dans le Perche puis essaimèrent dans le Maine et l'Anjou aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Nicolas naquit au Mans où demeurait sa famille. Jehan Denisot l'Ancien, son père était "licencié en loix". Jeune avocat, il avait quitté Nogent, sa ville natale[5], pour s'installer dans la capitale mancelle où il se maria deux fois. Il devint ensuite bailli d'Assé-le-Riboul ([6]). Jean l'aîné de ses fils, né de Simone Moreau qui mourut peu après, était donc le demi-frère de Nicolas. Il suivit les traces de son père, fit une carrière d'avocat et fut nommé par la suite procureur au Mans. François, né du second mariage et l'aîné de Nicolas, fut d'église. Il pratiqua aussi la poésie, on a de lui quelques pièces. On sait qu'il fut abbé de La Périne et ensuite prieur d'Assé-le-Riboul.

Quant à Nicolas, troisième fils de Jehan l'Ancien, il naquit au Mans en 1515 du second mariage de Jehan. Il fit des études assez médiocres, suivant d'abord les Petites Écoles, tenues par des moines. Puis il continua probablement au collège Saint¬Benoît fondé par Pierre Carbelin[7]. Le collège était situé dans le quartier Saint-Pavin-de-Ia-Cité où demeuraient les Denisot[8]. Nicolas avait compté parmi les élèves de François Briand, maistre des Écoles de Saint-Benoist en la cité du Mans. Celui-ci avait publié un recueil de Noëls en 1512, précédant ceux de Jean Daniel, de Lucas Lemoigne et de Barthélemy Aneau[9].

Il est très important, afin de comprendre le goût de Denisot pour les chants religieux, d'insister sur le fait que ce dernier, élève intelligent et studieux, avait certainement bénéficié de l'amitié que François Briand ne manquait pas de lui témoigner. Denisot, jeune et enthousiaste, ne pouvait qu'admirer son maître avec les yeux et la fougue de l'adolescence. Et ceci ne laissa certainement pas d'influencer sa jeune imagination. Ses choix et ses œuvres, au long d'une courte vie si bien remplie, en disent assez long sur ce sujet.

Dès l'enfance, Nicolas s'était lié d'amitié avec Jacques Peletier, dit du Mans, de deux ans son cadet et orphelin de mère. D'une remarquable intelligence, Pelletier fut, plus tard, surnommé le Docte. Cette amitié, riche tant au point de vue affectif que culturel, eut probablement une influence bénéfique sur notre poète. Suivit-il avec Jacques Tahureau les cours de l'Université d'Angers? Rien ne l'indique, ce qui pourrait expliquer la légèreté du bagage de Nicolas au seuil de sa vie d'adulte. Cependant celui-ci avait reçu au berceau le goût des lettres, héréditaire dans cette famille.

Quant à son pseudonyme de comte d'Alsinois, il le prit assez rapidement comme nom de plume : c'était la mode et Nicolas sacrifia à l'usage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. H. de LA MAYNARDIERE, Poètes chrétiens du XVIe siècle, Paris, 1908, in-8°, p. 77.
  2. Abbé Godet, Nicolas Denisot, dans : Bulletin de la Société percheronne d'Histoire et d'Archéologie, t. VII (1908), n° 2, 15 avril HJ08, Bellême, p. 96.
  3. H. Chardon, Scarron inconnu, Paris, 1903-1904, 2 vol. Voir l'arbre généalogique de la famille Denisot.
  4. Au lieu-dit le Plessis-Poix, dans la commune de Sainte-Céronne-lès-Mortagne, ce manoir construit par la famille du même nom au XIIIe siècle, devint la propriété des Denisot au XVe siècle. Ce fief relevait de la seigneurie de Soligny. E. Desvaux-MarteviIJ,e, Manoirs du Perche, op. cit., p. 41.
  5. Il s'était souvenu de celle-ci en composant son épitaphe : « Or recevez 1'0raison lamentable, Que maistre Jehan Denisot jà passé, A Nostre-Dame à Nogent-le-Rotrou, A faict tel legs, à semblable charge où, Naissance prit Jésus pour tel partage, Luy donne es cieux tel héritage ». Elle était gravée sur une plaque de cuivre, au-dessus de sa tombe, dans l'église Saint-Pavin-de-Ia-Cité au Mans.
  6. Les avis sont partagés : l'abbé Godet et CI. Jugé pensent qu'il s'agit d'Assé-en- Villerny, près de Nogent-le-Rotrou. D'autres recherches tendent à prouver qu'il s'agit plutôt d'Assé-Ie-Riboul, canton de Beaumont-sur-Sarthe.
  7. Pierre Carbelin, né au Mans en 1480, était uu ancien professeur de Belles-Lettres au collège de Navarre et auteur d'un dictionnaire latin de proverbes (A. BOUTON, Le Maine ... XIVe, XVe et XVIe siècles, 419).
  8. Denisot et son ami Pierre Belon demeuraient « près la pierre de Tussé », lit-on dans une pièce de Denisot placée en tête de l'Histoire de la nature des Oyseaux de Pierre Belon, Paris, 1555, in-fol.
  9. C'est une plaquette in-4° découverte par H. Chardon à la Bibliothèque municipale de Bourg-en-Bresse. Cette publication de 31 feuillets faisait partie d'un recueil ayant appartenu aux Chartreux de Porbes de l'Ain. Elle comprenait 20 Noëls dont quatre notés à deux parties, chose rare à l'époque, plus quatre Histoires par personnages, c'est-à-dire quatre petits mystères.

Liens internes[modifier | modifier le code]