Ficaire

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Ficaria verna

La ficaire fausse-renoncule (Ficaria verna, Ficaria ranunculoides ou Ranunculus ficaria), plus simplement ficaire est une plante herbacée vivace de la famille des Ranunculaceae.

C'est une espèce très commune en Europe, en Asie de l'Ouest, en Afrique du Nord et, plus récemment[précision nécessaire], en Amérique du Nord (États-Unis et Canada) où elle a été introduite et est parfois considérée invasive[1],[2].

Appellations[modifier | modifier le code]

Son nom Ficaire vient du latin ficus (figue) en raison de ses tubercules qui en rappellent la forme.

Couramment appelée bouton d'or, comme plusieurs espèces de renoncules à fleurs jaunes, on lui donne aussi le nom d'herbe aux hémorroïdes en référence à ses propriétés curatives contre la pathologie hémorroïdaire. Elle était également nommée autrefois petite Chélidoine, petite Scrofulaire (Scrophularia minor), ou encore herbe au fic, car on la croyait capable, tout comme la grande Chélidoine, de lutter contre les verrues et les petites lésions cutanées (scrofule, du latin scrofulae ou scrofellae)[3],[4],[5],[6]. Enfin, elle porte aussi les noms beaucoup moins courants de billonée, clair-bassin, épinard des bûcherons, ganille, grenouillette, herbe du siège, jauneau ou jaunereau, petit bassinet, petite éclaire ou éclairette, pissenlit rond ou pissenlit doux et pot au beurre[7],[8],[9],[10].

Description[modifier | modifier le code]

Des tubercules typiques de Ficaria verna. Ces structures se séparent facilement et peuvent devenir de nouvelles plantes, permettant à la plante de coloniser rapidement de nouveaux espaces.
La ficaire est pollinisée par des insectes, ici par le grand bombyle.

C'est une plante basse hémicryptophyte, allant de 5 à 25 cm, aux feuilles cordiformes (ou cordées).

Ranunculus ficaria (Hérault, France)

Ses fleurs jaune brillant comportent 3 sépales et de 6 à 12 pétales assez allongés[11]. Elle est nyctinastique, ses fleurs se referment par temps couvert.

Les fruits sont plus ou moins fertiles selon les sous-espèces. Toutes les sous-espèces peuvent se propager grâce à leurs tubercules. La sous-espèce bulbilifer est tétraploïde et produit également à la base des pétioles des feuilles de petits bulbilles qui tombent au sol en mai pour pousser la saison suivante. Elle se multiplie donc plutôt de façon végétative grâce aux bulbilles. La forme ancestrale diploïde du Sud de l'Europe (Ficaria subsp. Fertilis) ne produit pas de bulbilles et se multiplie donc seulement par graines ou tubercules.

Ses tubercules crus sont toxiques.

Il est possible de confondre la ficaire avec l'Éranthe d'hiver, une autre renonculacée basse à fleurs jaunes qui fleurit cependant un peu plus tôt dans l'année (de janvier à mars).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La floraison a lieu entre mars et mai. Son apparition dans le paysage est considéré par beaucoup comme un signe avant-coureur du printemps. L'inflorescence est une cyme unipare hélicoïde. La pollinisation est entomogame.

Le fruit est un akène, le plus souvent disséminé par les fourmis.

Le tubercule de la ficaire est une racine modifiée. Son rôle est de stocker des sucres sous forme d'amidon au sein des amyloplastes.

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Les ficaires forment souvent des communautés importantes dans les sous-bois des forêts caducifoliées d'Europe tempérée. Leurs fleurs d'un jaune brillant sont visibles au printemps alors que les arbres n'ont pas encore leurs feuilles.

Bois frais, lisières, haies, talus, prés jusqu'à 1 600 m d'altitude en Europe tempérée. La ficaire préfère les sols sablonneux, nus et humides.

Vertus médicinales[modifier | modifier le code]

La ficaire contient des hétérosides aux propriétés vasoconstrictrices, ce qui lui confère des vertus antihémorroïdales, d'où son nom vernaculaire d'herbe aux hémorroïdes[12]. En phytothérapie, certains ouvrages orientés dans ce domaine proposent la confection d'une pommade à partir de cette plante médicinale. Elle est récoltée en décembre, laissée à sécher quelques jours, pressée très fortement pour en récupérer la sève, assez pour en produire 1 ou 2 cl, et mélangée dans une à deux cuillères à café de saindoux fondu, la préparation étant prête à l'usage une fois solidifiée[9]. Faiblement toxique, la ficaire peut toutefois provoquer des irritations ou des inflammations de la peau, pouvant conduire à l'apparition d'une ampoule par simple contact. Pour ces raisons, son usage devrait être réservé à une application externe[12], excluant de ce fait le recours aux suppositoires.

Riche en vitamine C, la ficaire aurait été utilisée par les marins en prévention contre le scorbut en la mélangeant à leur sel[13].

Toxicité[modifier | modifier le code]

La plante est toxique en cas d'ingestion crue et potentiellement mortelle pour les animaux de pâturage et d'élevage tels que les chevaux, les bovins et les moutons. Pour ces raisons, plusieurs États américains ont interdit la plante répertoriée comme une mauvaise herbe nuisible.

Toutes les plantes de la famille des renoncules (Ranunculaceae) contiennent un composé connu sous le nom protoanémonine. Lorsque la plante est blessée, la ranunculine, un glucoside instable, se transforme en toxine protoanémonine. Le contact avec les feuilles endommagées ou écrasées de Ficaria peut provoquer des démangeaisons, des éruptions cutanées ou des cloques sur la peau ou les muqueuses. L'ingestion de la toxine peut provoquer des nausées, des vomissements, des étourdissements, des spasmes, voire une paralysie. Il est arrivé qu'un patient ait contracté une hépatite aiguë et une jaunisse après la prise de chélidoine non traitée en interne comme remède à des hémorroïdes[14].

Synonymes[modifier | modifier le code]

D'après ITIS (10 mars 2016)[15] :

  • Ranunculus ficaria var. ficaria L.
  • Ranunculus ficaria ssp. bulbifera (Marsden-Jones) Lawalrée
  • Ficaria ficaria (L.) H. Karst.
  • Ficaria verna Huds.
  • Ranunculus ficaria var. bulbifera Marsden-Jones

Nomenclature et systématique[modifier | modifier le code]

  • Ranunculus ficaria L. subsp. ficaria des lisières et clairières vivaces médioeuropéennes, eutrophiles, mésohygrophiles
  • Ranunculus ficaria L. subsp. bulbilifer (Lambinon) des sous-bois herbacés médioeuropéens, basophiles, hygrophiles
  • Ranunculus ficaria L. subsp. ficariiformis (Rouy & Foucaud) des lisières et clairières vivaces médioeuropéennes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Swearingen, J., K. Reshetiloff, B. Slattery, and S. Zwicker, « Lesser Celandine », sur National Park Service and U.S. Fish & Wildlife Service, Washington, D.C, Plant Invaders of Mid-Atlantic Natural Areas,‎
  2. (en) National Park Service, University of Georgia Center, « lesser celandine, fig buttercup », sur Invasive Plant Atlas of the United States
  3. La presse médicale belge, Université de Gand, Lelong, , chap. 22, p. 174
  4. Antoine Jacques Louis Jourdan, Pharmacopée universelle, ou Conspectus des pharmacopées d'Amsterdam, Anvers, Dublin, Edimbourg, Ferrare, Genève, Londres ... des dispensaires de ... des pharmacopées militaires de ... de la pharmacopée des pauvres de Hambourg, vol. 1, Paris, J.-B. Bailliere, (OCLC 902458304), p. 398
  5. Dictionnaire raisonné universel de matière médicale : Concernant les Végétaux, les Animaux & les Minéraux qui sont d'usage en Médecine ; leurs descriptions, leurs analyses, leurs vertus, leurs propriétés, etc. recueillis de Manuscrits originaux, & des meilleurs Auteurs anciens & modernes, tant étrangers que de notre pays ; Avec une Table raisonnée de tous les noms que chaque pays a donné aux même végétaux, animaux & minéraux., vol. 4, Université de Gand, P. F. Didot le jeune, , p. 695
  6. Dominique Fournier, Fleurs de Galarne, Editions Cheminements, (ISBN 9782844780966), p. 35-36
  7. Jean-Claude Rameau et G. Dumé, Flore forestière française guide écologique illustré, Forêt privée française, (ISBN 9782904740411), p. 1959
  8. « Ficaire », sur Meyer C., ed. sc., 2015, Dictionnaire des Sciences Animales. Montpellier, France, CIRAD. (consulté le 3 février 2015)
  9. a et b Yves Rocher, 100 plantes, 1000 usages, Paris, Hachette, (ISBN 9782010033865)
  10. Théodore Derive, Flore vénéreuse de la province de Liège, ou des plantes nuisibles ou suspectes que croissent spontanément dans cette partie du royaume, Université de Gand, Remacle, , p. 17
  11. Bernard Boullard, Plantes médicinales du monde : réalités et croyances, De Boeck Secundair, (ISBN 9782843711176), p. 443
  12. a et b « Ficaire », sur Futura-Sciences
  13. François Couplan, Le régal végétal: Plantes sauvages comestibles : Encyclopédie des plantes sauvages comestibles et toxiques de l'Europe, vol. 1, Editions Ellebore, (ISBN 9782869851849), p. 136[réf. insuffisante]
  14. Yilmaz, Bulent; Yilmaz, Barış; Aktaş, Bora; Unlu, Ozan; Roach, Emir Charles (2015-02-27). "Lesser Celandine (Pilewort) Induced Acute Toxic Liver Injury: The First Case Report Worldwide". World Journal of Hepatology 7 (2): 285–288. doi:10.4254/wjh.v7.i2.285. ISSN 1948-5182. PMC 4342611. PMID 25729484.
  15. ITIS, consulté le 10 mars 2016

Liens externes[modifier | modifier le code]

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