Charles IV du Maine

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Charles IV d'Anjou
Armorial de Gilles le Bouvier BNF Fr4985 f75v.jpg

Charles IV, comte du Maine, enluminure sur parchemin, Armorial de Gilles Le Bouvier, dit Berry, héraut d'armes du roi Charles VII, ms. 4985, fo 75 vo, XVe siècle, BnF.

Titres de noblesse
Comte de Guise
-
Prédécesseur
Successeur
Comte du Maine
-
Successeur
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Famille
Maison de Valois-Anjou (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Père
Mère
Frères
Sœurs
Marie d'Anjou
Yolande d'Anjou (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Cambella Ruffo (d)
Isabelle de Luxembourg (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Jean Louis Marin d'Anjou (d)
Louise d'Anjou
Charles V d'AnjouVoir et modifier les données sur Wikidata
Blason du Maine.svg

d'azur semé de lys d'or et à la bordure de gueules, chargée au franc-quartier d'un lion d'argent[1].

Charles IV d'Anjou, né le 14 octobre 1414 à Montils-lès-Tours, mort le 10 avril 1472 à Neuvy-le-Roi, comte du Maine de 1434 à 1472, de Guise de 1444 à 1472, fils de Louis II d'Anjou et de Yolande d'Aragon, était un prince de sang français qui fut notamment le favori de Charles VII de 1433 à 1445.

Biographie[modifier | modifier le code]

Favori de Charles VII[modifier | modifier le code]

Il épouse d'abord Cambella Ruffo († 1433), fille de Carlo Ruffo, comte de Montaldo, et de Ceccarella Sanseverino. Ils ont un fils, Jean Louis Marin (1433- ), mort jeune.

Politiquement proche de sa mère Yolande d'Aragon, Charles d'Anjou participe en 1433 au complot entraînant la chute de Georges de la Trémoille, le tout-puissant favori de Charles VII.

Il entre ensuite au Conseil du roi son beau-frère, et y joue un rôle de premier plan durant de nombreuses années, devenant de fait le nouveau favori royal. Avec sa mère et son frère le roi René, il peuple le gouvernement de conseillers angevins ou proche de ce clan. Parmi les personnalités qui l'entourent, on retrouve Prigent de Coëtivy, Jean de Bueil, le puissant connétable de Richemont et le jeune écuyer angevin Pierre de Brézé, ainsi que certains anciens proches de La Trémoille, tels que Dunois ou le chancelier Renault de Chartres.

À partir de 1437, il participe aux campagnes de Charles VII contre les Anglais, dont il est parfois le maître d'œuvre : prise de Montereau (1437), prise de Pontoise (1441), campagne de Normandie (1449-1450) et campagne de Guyenne (1453). En 1440, le roi le nomme gouverneur du Languedoc.

La même année, Maine doit faire face à la Praguerie. Les principaux meneurs de cette révolte nobiliaire, les ducs d'Alençon et de Bourbon, exigent en effet son renvoi ainsi celui du Connétable de Richemont. Mais le pouvoir royal tient bon et les rebelles sont obligés de se soumettre.

Veuf de sa première épouse, il songeait à récupérer la terre de Guise qui appartenait à son père puis à son frère, avant que Jean de Luxembourg se la fasse attribuer et en fasse la conquête en 1425. Il commence par réclamer Guise à Charles VII, qui l'a confisqué à Louis de Luxembourg-Saint-Pol, le neveu de Jean de Luxembourg, et épouse en 1443 Isabelle de Luxembourg, la sœur de Louis. Finalement, le roi lui donne Guise en 1444. De ce second mariage, Charles a une fille, Louise (1445 † 1477), qui épousera Jacques d'Armagnac, duc de Nemours et un fils Charles (1446 † 1481).

Vers 1442-1443, le comte du Maine commence à subir le concurrence de nouveaux conseillers, comme Brézé ou le financier Jacques Cœur. Grâce à ses victoires, Dunois est en mesure de contester sa position de « principal ministre ». La mort de Yolande d'Aragon en 1442 a en effet fragilisé sa position.

Une disgrâce temporaire[modifier | modifier le code]

Charles du Maine perd finalement sa prédominance au Conseil en 1445 au profit de Pierre de Brézé et subit avec son frère René la disgrâce royale. La favorite Agnès Sorel, proche de Brézé, n'est sans doute pas étrangère à sa chute. En 1446, il intrigue avec le dauphin Louis pour faire renvoyer Brézé, ce qui ne fait qu'augmenter le ressentiment du roi contre son fils.

Toutefois, il retrouve vers 1455 une place au Conseil, qu'il domine jusqu'à la mort de Charles VII en compagnie de Brézé et de Dunois.

Sous Louis XI : de la fidélité à la trahison[modifier | modifier le code]

Tombeau de Charles IV d'Anjou, comte du Maine, dans la cathédrale du Mans. Sculpture attribuée à Francesco Laurana.

Après la mort de Charles VII, Maine commence par épauler son neveu Louis XI. Il parait s'attacher à ce monarque, qui le charge de régler ses différends avec le duc de Bretagne, mais sa négociation n'aboutit qu'à envenimer la haine des deux partis.

II tient une conduite encore plus équivoque pendant la Ligue du Bien public, soit en Normandie, où il néglige de contenir les Bretons du duc François II. Lié par le sang ou l'amitié à plusieurs princes composant la ligue, circonvenu par leurs émissaires, il combat mollement. Il participe à la bataille de Montlhéry le 16 juillet 1465, où il abandonne le roi et prend la fuite. Néanmoins, Charles, dont la lâcheté ou la perfidie parait devoir être punie du dernier supplice, n'est même pas inquiété dans un premier temps. En septembre, Louis XI, bien que n'étant pas dupe sur sa duplicité, lui confie même la direction des premières négociations menées avec les princes rebelles, en marge du siège de Paris.

En 1466, le comte du Maine subit la disgrâce de Louis XI, après que son neveu le duc de Calabre l'a trahi en remettant au roi son sceau, qui prouve sa trahison à Montlhéry. Intéressé à ménager le roi René, Louis XI se contente de lui retirer son gouvernement du Languedoc et lui permet de se retirer sur ses terres, à condition de ne plus faire parler de lui. Le comte du Maine obéit et meurt oublié en 1472.

Enfants naturels[modifier | modifier le code]

Charles laisse plusieurs enfants naturels :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Charles IV du Maine » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (Wikisource)
  • Guy Duboscq, « Le mariage de Charles d'Anjou, comte du Maine, et le comté de Guise (1431-1473) », Bibliothèque de l'école des chartes, t. 96,‎ , p. 338-366 (lire en ligne).
  • Guy Duboscq, Le Budget de Charles d'Anjou comte du Maine (1414-1473), Laval, Imprimerie-librairie Goupil, , 27 p.
    Tiré à part de la revue La Province du Maine, 1936.
  • Jean Favier, La Guerre de Cent ans, Paris, Fayard, , 678 p. (ISBN 2-213-00898-1, présentation en ligne).
  • Paul Murray Kendall (trad. Éric Diacon), Louis XI : « l'universelle araigne » [« Louis XI: The Universal Spider »], Paris, Fayard, , XXVIII-584 p. (ISBN 2-213-00038-7). Réédition au format poche : Paul Murray Kendall (trad. Éric Diacon), Louis XI : l'universelle araigne [« Louis XI: The Universal Spider »], Paris, Pluriel, coll. « Pluriel », , 702 p. (ISBN 978-2-8185-0428-4).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ottfried Neubecker, Roger Harmingues, Le Grand livre de l'héraldique, Bordas, (réimpr. 1982), 288 p. (ISBN 2-04-012582-5), p. 99.