Pâques

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Pâques
La résurrection de Jésus-Christ par Altdorfer.
La résurrection de Jésus-Christ par Altdorfer.

Observé par Chrétiens
Signification Commémoration de la résurrection de Jésus-Christ
Date 2013 31 mars (Occident)
5 mai (Orient)
Date 2014 20 avril (Orient et Occident)
Date 2015 5 avril (Occident)
12 avril (Orient)
Célébrations Veillée pascale
Observances Prière, communion
Lié à Calendrier chrétien

Pâques est la plus importante fête de la chrétienté. Elle commémore la résurrection de Jésus-Christ énoncée par la Bible, le troisième jour après sa passion. La solennité commence le dimanche de Pâques, qui pour les catholiques marque la fin du jeûne du carême, et dure huit jours (semaine de Pâques, semaine radieuse ou semaine des huit dimanches) (voir calendrier chrétien). Le pluriel de Pâques ne fait pas référence à une pluralité de dates. La langue française distingue en effet « la » Pâque originelle juive et la fête chrétienne de Pâques. La première commémore la sortie d'Égypte par un repas rituel qui s'appelle aussi « la Pâque ». La fête chrétienne est multiple. Elle commémore à la fois la sortie d'Égypte, l'institution eucharistique lors du repas de la Pâque, la crucifixion du Christ et son repos au tombeau durant trois jours, sa résurrection, passage de la mort à la vie, et la nouvelle création inaugurée le troisième jour.

La date de Pâques est fixée au premier dimanche après la pleine lune suivant le 21 mars ce qui, selon le calendrier de référence, donne souvent un jour de célébration différent pour les Églises occidentales et les orthodoxes. Il existe aussi certaines Églises chrétiennes qui choisissent de pratiquer cette cérémonie en concordance avec la Pâque juive.

Étymologie[modifier | modifier le code]

« Pâque », du latin populaire *pascua, altération (par influence de pascua « nourriture », du verbe pascere « paître ») du latin ecclésiastique Pascha[1], emprunté au grec πάσχα / páskha, lui-même emprunté à l'hébreu פסח Pessa'h « il passa [par-dessus] », d'où « passage », est le nom de la fête juive qui commémore la sortie d'Égypte[2]. D'après les Évangiles, c'est pendant cette fête juive (qui dure 8 jours) qu'eut lieu la résurrection de Jésus ; c'est pourquoi le nom en a été repris pour désigner la fête chrétienne.

Origines[modifier | modifier le code]

  Il est attesté que les traditions de pâques, tout comme la fête elle même puisent leurs origines dans le paganisme, notamment le culte du soleil et de la fécondité.Ainsi d'après le Dictionnaire Westminster de la Bible Pâques était “à l’origine la fête printanière célébrée en l’honneur de la déesse teutone de la lumière et du printemps connue chez les Anglo-Saxons sous le nom d’Eastre”. L'encyclopédie britannique quand à elle indique Qu' “On ne trouve aucune trace de l’observance de Pâques (...) dans le Nouveau Testament.” — Encyclopédie britannique.

 Socrate dira: “Il m’apparaît que la fête de Pâques a été introduite dans l’Église par quelque ancien usage, tout comme ont été établies bien d’autres coutumes.” Le prêtre catholique Francis Weiser a reconnu: “Quelques-unes des traditions populaires du Carême et de Pâques remontent à d’anciens rites de la nature.” À l’origine, ces rites printaniers étaient destinés à “chasser les démons de l’hiver”.[3]

  Le lapin “était l’attribut de la déesse germanique Ostera”. — Dictionnaire Funk et Wagnalls du folklore, de la mythologie et des légendes (angl.).

  Les œufs: “On disait [qu’ils] étaient teints et mangés lors des fêtes printanières qui se tenaient dans l’Antiquité en Égypte, en Perse, en Grèce et à Rome.” — Célébrations (angl.).

  La tradition d'offrir des œufs remonte à l'Antiquité. Déjà, les Égyptiens et les Romains offraient des œufs peints au printemps car ils étaient le symbole de la vie et de la renaissance, ils étaient offert à la déesse mère (Vénus, Isis, Sémiramis...). À l’époque pharaonique, on écrivait en couleurs des vœux sur les œufs, on les déposait le soir dans un panier qui, au matin était inondé par les bienfaits de Ra, le Soleil. Les premiers Chrétiens Coptes ont supprimé l’écriture des vœux et peint les œufs en rouge pour symboliser le sang du Christ. Cette tradition païenne s'est répandue dans toute la chrétienté jusqu'à nos jours.

  Le chapeau de Pâques, quand à lui, “était une couronne de fleurs ou de feuilles. Le cercle ou la couronne représentait le rond du soleil et sa course dans le ciel qui amenait le retour du printemps”. Porter des habits neufs à pâques est dû au fait qu’“il était considéré comme impoli, et donc dangereux, de saluer la déesse scandinave du printemps (Eastre) vêtu autrement que de neuf étant donné que la déesse elle-même revêtait la terre de nouveaux atours”. — Le grand livre des superstitions (angl.).

  Les petits pains chauds ornés d’une croix: “À l’instar des Grecs, les Romains consommaient des pains marqués d’une croix (...) lors des sacrifices publics.” Les païens saxons en mangeaient également en l’honneur d’Easter. — Encyclopédie britannique.

  Les offices au lever du soleil sont le reflet des rites pratiqués “lors de l’équinoxe de printemps (...) pour accueillir le soleil et son magnifique pouvoir de donner un souffle nouveau à toute chose vivante”. — Célébrations.

Date de Pâques[modifier | modifier le code]

Dates de Pâques
2000–2022
Calendrier grégorien
Année Occidt Orient
2000 23 avril 30 avril
2001 15 avril
2002 31 mars 5 mai
2003 20 avril 27 avril
2004 11 avril
2005 27 mars 1er mai
2006 16 avril 23 avril
2007 8 avril
2008 23 mars 27 avril
2009 12 avril 19 avril
2010 4 avril
2011 24 avril
2012 8 avril 15 avril
2013 31 mars 5 mai
2014 20 avril
2015 5 avril 12 avril
2016 27 mars 1er mai
2017 16 avril
2018 1er avril 8 avril
2019 21 avril 28 avril
2020 12 avril 19 avril
2021 4 avril 2 mai
2022 17 avril 24 avril
Article détaillé : Calcul de la date de Pâques.

Le jour de Pâques est un dimanche situé à des dates variables du calendrier grégorien comprises entre le 22 mars et le 25 avril. Des dates de jours fériés et de fêtes dépendent de ce jour de Pâques, comme le lundi de Pâques, l'Ascension, la Pentecôte, le lundi de Pentecôte.

À titre d'exemple, les dates contemporaines de Pâques sont les dimanches :

  • 31 mars 2013,
  • 20 avril 2014,
  • 5 avril 2015.

Ces dates sont celles du calendrier grégorien, qui suit le mouvement du soleil et les saisons.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Calcul de la date de Pâques.

Pâques est la première fête célébrée dans les calendriers liturgiques chrétiens ; elle est attestée dès le IIe siècle. Elle commémore la dernière Cène, la Passion et la Résurrection du Christ[4], événements dont les quatre évangiles situent le déroulement lors des festivités de la Pâque juive à Jérusalem, le 14 Nissan du calendrier juif. La fête de Pâques était célébrée de façon diverse par les églises chrétiennes primitives. Certaines des premières Églises continuaient à célébrer la Cène le jour de la Pâque juive, en particulier les Églises syriaques attachées à la tradition johannique qui identifiait le sacrifice du Christ à l'offrande pascale[5]. D'autres, telles l’Église de Rome, fêtaient Pâques le dimanche suivant la Pâque juive, mettant ainsi l'accent sur la Résurrection au lendemain du Shabbat[6].

Le calendrier hébreu étant lunisolaire, tous les mois commencent à la Nouvelle Lune ; le 14 du mois de Nissan correspond donc en général à la Pleine Lune à quelques jours près (c'est-à-dire le quatorzième après la nouvelle lune visible depuis jérusalem la plus proche de l'équinoxe. Voir ci-après les détails sur la définition du Concile de Nicée). L'année du calendrier juif compte 12 ou 13 mois lunaires ; pour que Nissan reste le premier mois du printemps, l'intercalation d'un mois complémentaire était décidée par le Sanhédrin quand c'était nécessaire pour respecter le rythme des saisons[7]. Après le Ier concile de Nicée en 325, il fut décidé que le calcul de la date de Pâques se ferait selon une règle fixe[8]. Ainsi, « Pâques est le dimanche qui suit le 14e jour de la Lune qui atteint cet âge le 21 mars ou immédiatement après » , donc le dimanche après la première pleine lune advenant pendant ou après l'équinoxe de printemps. Un problème, apparu plus tard, est la différence des pratiques entre les églises occidentales et les églises orthodoxes. Les premières adoptent en 1582 le calendrier grégorien pour calculer la date de Pâques, alors que les autres continuent à utiliser le calendrier julien originel. Le Conseil œcuménique des Églises proposa une réforme de la méthode de détermination de la date de Pâques lors d'un sommet à Alep (Syrie), en 1997. Cette réforme aurait permis d'éliminer les différences de dates entre églises occidentales et orientales[9] ; elle devait entrer en application en 2001, mais elle échoua.

Le calcul de la date de Pâques est assez complexe ; il est connu sous le nom de comput. Il existe des tables traditionnelles, mais aussi des algorithmes plus mathématiques pour la retrouver. La première méthode développée par Carl Friedrich Gauss présentait quelques erreurs : en 1954 (la formule donnait le 25 avril au lieu du 18 avril) et en 1981 (le 26 avril au lieu du 19 avril). De nombreux autres mathématiciens ont depuis développé d'autres formules. Voir des calculs détaillés dans l'article du calcul de la date de Pâques.

Certains groupes religieux choisissent de pratiquer cette cérémonie en concordance avec la Pâque juive , c'est-à-dire le jour de la Pâque quartodécimaine pour l'Église de Dieu (Septième Jour) et certains Baptistes du Septième Jour [réf. nécessaire] ou le jour du Mémorial pour les Témoins de Jéhovah[10].

Jours fériés[modifier | modifier le code]

La résurrection du Christ, Sainte Barbe, Sainte Catherine, triptyque de Lucas Cranach l'Ancien

Le dimanche de Pâques, comme tous les dimanche, est reconnu comme jour férié par tous les pays de tradition chrétienne. Le lundi de Pâques est également férié dans de certains pays, comme la France (depuis la loi du ) mais pas aux États-Unis, en Espagne, au Mexique et en Argentine, ni au Portugal où le lundi est travaillé au moins dans certaines régions.

Le vendredi saint est aussi férié dans de nombreux pays : Brésil, Mexique, Argentine, Allemagne, Royaume-Uni, certains cantons de Suisse, Canada, certains États des États-Unis, certaines régions d'Espagne, etc. Dans les départements français de l'Alsace, de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de la Moselle, le vendredi saint, qui précède le dimanche de Pâques, est également férié[11].

Célébrations religieuses[modifier | modifier le code]

Église catholique[modifier | modifier le code]

Image de la Résurrection du Christ par Dieric Bouts

Pâques (aussi appelé le dimanche de Pâques) est la solennité la plus importante (juste devant Noël) de l'Église catholique, c'est-à-dire qu’il est obligatoire de chômer et d'assister à la messe. En fait, la liturgie spécifique à Pâques commence par la vigile pascale, célébration aussi respectée par certains anglicans et luthériens. Souvent, la vigile pascale est l'occasion, pour les croyants, de recevoir le sacrement du baptême ou de la confirmation. La nuit du matin du dimanche de Pâques se font donc l'allumage du feu nouveau du cierge pascal, la bénédiction des fonts baptismaux, la lecture des prophéties et le chants des litanies. Normalement, Pâques est le jour de l'année que choisissent les fidèles qui ne vont à la messe qu'une fois par an pour communier (d'où l'expression « faire ses Pâques »), ce qui leur impose d'aller se confesser au préalable. En effet, depuis le Jeudi saint, il n'y a pas eu d'Eucharistie, seulement des célébrations liturgiques telles que la surnommée « Messe des présanctifiés » du Vendredi Saint. Symboliquement, pour les catholiques, la veillée pascale et son cierge traduisent la Résurrection du Christ, le renouvellement solennel de l'engagement de leur baptême par l'ensemble des chrétiens.

Ainsi, le Carême est terminé et l'accent est mis sur l'innocence retrouvée et sur la valeur de l'initiation chrétienne. Lorsque le jour est levé, s'ensuit alors l'office suivant : la messe de la Résurrection. Le Christ, aussi appelé le Rédempteur, a vaincu pour les mortels le péché, le démon et la mort même. Jésus-Christ s'est donc fait l'agneau de Dieu, l'Agnus Dei, sacrifié lors de la crucifixion, et qui enlève les péchés du monde par sa mort et sa résurrection. Cette messe de Pâques a donc une symbolique qui exprime ainsi l'apex de toute l'année liturgique des catholiques, car elle leur rappelle leurs devoirs de chrétiens grâce à ce renouveau spirituel. Pâques est aussi l'une des rares occasions pour le Pape de prononcer la célèbre bénédiction urbi et orbi. Enfin, ce dimanche vient clore le triduum et la Semaine sainte.

Spécificités selon les pays[modifier | modifier le code]

En Belgique, en France et en Italie, les cloches sont rendues silencieuses lors du Jeudi saint pour éviter qu'elles ne sonnent pendant les deux jours suivants. Durant le carême, on omet de chanter le Gloire à Dieu, en signe de pénitence. Alors, au Canada, quand arrive la vigile pascale, on fait sonner les cloches pour manifester la joie qu'on a de sortir de la pénitence pendant qu'on le chante.

Aux Philippines, au matin de Pâques (appelé localement Pasko ng Muling Pagkabuhay ou les Pâques de la Résurrection), la célébration est marquée par des actes de joie. À l'aube, Salubong, le premier d'entre eux, fait mettre ensemble de grandes statues de Jésus et Marie illustrant la première réunion de Jésus et de sa mère Marie après la Résurrection. Peu de temps après, la messe de Pâques commence dans l'allégresse.

Au Tyrol, l'effigie du Christ ressuscité apparaît par un procédé théâtral au centre du décor baroque des Ostergräber.

Églises orthodoxes et orientales[modifier | modifier le code]

Procession de Pâques dans le nord de la Russie (1887), Illarion Prianichnikov.

La fête de Pâques est célébrée avec beaucoup de solennité par les chrétiens orthodoxes. Cette fête n'a pas de date fixe, elle se célèbre après la Pâque juive et dans la première semaine après la pleine lune. Bien que certaines Églises orthodoxes divergent selon le calendrier de référence (grégorien ou julien), la date de Pâques est cependant commune à toutes les Églises orthodoxes (à l'exception de l’Église autonome de Finlande) parce qu'elle est partout fixée à partir du calendrier julien quel que soit le calendrier liturgique suivi.

Dans le calendrier grégorien, cela signifie qu'elle est fêtée entre le 4 avril et le 8 mai au plus tard.

Spécificités orthodoxes et orientales[modifier | modifier le code]

Dans certains pays de tradition orthodoxe, les cloches rendues silencieuses sont remplacées par la simandre.

À l'annonce de la Résurrection, les fidèles reprennent en chœur les paroles suivantes: "Christ est ressuscité des morts. Par sa mort, il a vaincu la mort. Et aux morts il a donné la vie". La "lumière sainte" se propage dans l'assemblée des fidèles.

Fêtes et traditions populaires[modifier | modifier le code]

Souvenir d’Azov, œuf de Fabergé, créé pour le Tsar de Russie.

De nombreuses coutumes datant de la plus haute antiquité destinées à accueillir le retour du printemps se rattachèrent à la fête de Pâques. L’œuf est le symbole de la germination qui se produit au début du printemps. De même le lapin est un symbole antique qui a toujours représenté la fécondité[12]. En France et surtout au Québec, certains mythes populaires parlent de la cueillette de l'Eau de Pâques. Dans l'Église catholique québécoise, la cueillette de l'Eau de Pâques n'est pas un mythe, puisque lorsque la vigile pascale ou la messe du matin de Pâques termine, il est réellement possible de remplir un petit pot avec un peu de l'eau qui vient d'être bénie pendant la célébration pour en rapporter chez soi. Le mythe à proprement parler voulait qu'on recueille l'eau de pluie tombée au matin de Pâques. On disait de cette eau ainsi recueillie qu'elle permettait de guérir des maladies. En Allemagne, en Suisse, en Autriche, en France dans la région d'Alsace et le département de la Moselle ainsi qu'en Martinique, Guyane, Guadeloupe et à la Réunion, le lundi de Pâques s'accompagne d'un autre jour férié : le « Karfreitag », soit le Vendredi saint. Pâques ressemble à Noël et il n'est pas rare que les gens s'offrent des cadeaux entre eux à cette occasion.

En Alsace, le traditionnel « Osterlammele » en biscuit.

En Allemagne et en France, le repas de Pâques est souvent l'occasion de partager un gigot d'agneau rôti accompagné de flageolets. En Alsace et dans certaines régions d'Allemagne, on confectionne un biscuit en forme d’agneau appelé Osterlammele ou Lamala. Cette tradition alsacienne catholique du Lammele est attestée par le théologien catholique Thomas Murner en 1519 : le fiancé offrait un agneau pascal à sa promise. On l’offrait aussi aux enfants au retour de la messe du jour de Pâques. Après le temps du Carême, ce biscuit riche en œufs permettait d’écouler le stock d’œufs accumulé avant Pâques et dont la consommation était déconseillée, en attente de Pâques. L’agneau était décoré d'un étendard aux couleurs du Vatican (jaune et blanc) ou de l’Alsace (rouge et blanc). Cette tradition, comme la plupart, a perdu son caractère confessionnel et s'est sécularisée.

Pâques a donné naissance au prénom Pascal[réf. nécessaire].

Œufs de Pâques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Œuf de Pâques.
La tradition pascale en Slovaquie.

Dans les pays chrétiens, l’œuf de Pâques est le cadeau préféré distribué le jour de Pâques. En Belgique et dans le sud-ouest de la France, ce sont les cloches de Pâques qui apportent les œufs de Pâques. Depuis le Jeudi saint, les cloches des églises catholiques sont silencieuses, en signe de deuil. La tradition populaire pour les enfants dit qu'elles sont parties pour Rome, et elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des œufs qu'elles sèment à leur passage.

Comme pour Noël, les Alsaciens et les Allemands décorent leur maison à l’approche de Pâques. Les œufs de Pâques sont apportés par le lapin de Pâques (Osterhase)[13]. Chocolats et décorations diverses, souvent en forme de lapin, ornent ainsi les boutiques et les appartements. On y fait aussi des bouquets de Pâques sur lesquels on accroche divers sujets et des œufs peints. Les arbres dans les jardins ont droit également à une parure multicolore avec l’arrivée du printemps ; les œufs et lapins poussent partout. Les Allemands, les Alsaciens et les Américains décorent des œufs cuits durs avec de la peinture ou des feutres.

Les Américains espèrent que l’Easter Bunny leur apportera des lapins en chocolat et des sucreries dans un panier tressé.

En Pologne, un panier garni est préparé le vendredi, conservé sans être mangé le samedi, et béni le jour-même par le prêtre.

Colombe de Pâques, une tradition italienne.

Dans les pays à majorité chrétienne orthodoxe, il y a beaucoup de coutumes qui plaisent particulièrement aux enfants. Des œufs sont peints pour cette journée, essentiellement en rouge, mais on utilise aussi d'autres couleurs. Il existe plusieurs traditions populaires et religieuses liées à Pâques :

  • On[Qui ?] s'échange ces œufs colorés, pendant toutes les fêtes de pâques et la semaine qui suit ;
  • le premier œuf peint est considéré comme étant le gardien de la maison et il est donc conservé ;
  • la pâques orthodoxe véhicule aussi une autre tradition, très populaire qui a été perdue dans les sociétés de rite catholique (sauf en Pologne et en Croatie). Une fois les œufs coloriés ou peints, on peut choisir un œuf et le décréter comme son œuf porte-bonheur. Cet œuf servira a toquer l'œuf d'une autre personne. Si jamais, lorsque vous toquez l'œuf de votre adversaire et que vous brisez celui-ci, vous remportez son œuf ; si c'est votre œuf qui succombe, alors vous perdez votre œuf au profit du vainqueur et il ne vous reste alors plus qu'à choisir un nouvel œuf ;
  • en Grèce, en Russie et en Roumanie il est d'usage de ramener chez soi la « lumière sainte », le Jeudi saint après la lecture des douze évangiles, et de faire un signe de croix au-dessus de sa porte avec la flamme. Conserver la lumière sainte quarante jours, sans qu'elle ne s'éteigne, porterait bonheur, selon la tradition.

Tous les peuples orthodoxes, respectent à Pâques la coutume suivante. Pendant toute la semaine les chrétiens orthodoxes se saluent par l’exclamation « Christ est ressuscité ! » (Христос васкрсе, en serbe cyrillique) à laquelle on répond « Il est vraiment ressuscité ! » (Ваистину васкрсе, en cyrillique). En Hongrie, en Roumanie, en République tchèque et en Slovaquie, les jeunes filles colorent les œufs durs. Elles utilisent également de la cire qu'elles mettent autour de l'œuf. Une fois l'œuf coloré, la cire enlevée crée des motifs. Les garçons tressent avec des roseaux et des rubans colorés des fouets. Le matin du lundi de Pâques, les garçons « s'habillent » et font le tour de leur voisinage pour « fouetter »[réf. souhaitée] et arroser les jeunes filles en leur souhaitant des vœux. Les filles leur offrent a manger et a boire, ou à défaut un verre d'alcool. Les garçons repartent avec des œufs décorés, des chocolats, etc. La tournée se termine a midi. Cette ancienne tradition est encore célébrée avec plaisir pour les garçons, moins pour les filles qui doivent accepter ce châtiment affectueux avec le sourire.

Œufs de Pâques ukrainiens.

L'Église ayant instauré au IVe siècle l'interdiction de manger des œufs pendant le Carême et les poules continuant à pondre, les œufs pondus depuis le début du Carême – n'ayant pas été mangés – étaient alors décorés et offerts. De nos jours, le jeûne n'est plus prescrit aussi strictement mais la tradition d'offrir des œufs, y compris en chocolat, est restée.

L’œuf de Pâques est un œuf décoré que l’on offre le matin du dimanche de Pâques. Il est souvent comestible et fait de chocolat ou de sucre.

Souhaits donnés[modifier | modifier le code]

Drapanka, œuf de Pâques de Pologne.
  • En Albanie : « Gëzuar Pashkët »
  • En Allemagne : « Frohe Ostern »
  • En Angleterre: « Happy Easter »
  • En arabe : « المسيح قام » ; «عيد فصح مجيد»
  • En Belgique : « Joyeuses Pâques » / « Vrolijk Pasen »
  • En berbère : Tafaska Tameggazt
  • Au Canada, le jour de Pâques : « Joyeuses Pâques », « Happy Easter »
  • En Espagne : Felices Pascuas- le dimanche de Pâques
  • En finnois : « Hyvää pääsiäistä »
  • En France : « Joyeuses Pâques »
  • En Italie : « Buona Pasqua »
  • En kabyle : Tafaska Tameggazt
  • En lituanienne : « Linskmų Šventų Velykų! »
  • En maltais : « L-Ghid it-Tajjeb »
  • Au Portugal : Feliz Páscoa
  • En Roumanie : « Paşte Fericit »
  • En Vieux-slave : « Христос васкрс (Hristos vaskrs) (Le Christ est ressuscité!) » et la réponse « Ваистину васкрс (Vaistinu vaskrs) ( Il est ressuscité pour de vrai !) »
  • En Suède : « Glad Påsk »
  • En Suisse romande : « Joyeuses Pâques »
  • En Turquie : « Iyi Paskalyalar »
  • En Baoulé : « Paquinou »
  • En Hongrois :« Kellemes húsvéti ünnepeket! »

Dans la plupart des pays de tradition des églises orthodoxes ou orientales : « Christ est ressuscité ! », et on répond « Il est vraiment ressuscité ! ». Par exemple, en grec : « Χριστός Ανέστη! » - « Αληθώς Ανέστη! », en roumain « Hristos a înviat! » - « Adevărat a înviat!, en russe : « Христос воскресе! » - « Воистину воскресе! » ou encore en arabe : «  ! المسيح قام, حقا قام  ». En serbe, «Христос васкрсе», à laquelle on répond « il est vraiment ressuscité ! » «Ваистину васкрсе». Ou encore, en Arménien, "Քրիստոս հարեաւ ի մերելոց" (Le Christ est ressuscité des morts), phrase à laquelle on répond: "Օրհնեալ է յարութիւնն Քրիստոսի" (Bénie soit la résurrection du Christ ! )

Grammaire et orthographe[modifier | modifier le code]

  • Pâque[15], nom féminin singulier, est la fête solennelle des Juifs célébrée chaque année en mémoire de leur sortie d'Égypte, soulignant leur affranchissement de l'esclavage sous le règne pharaonique. Par exemple, on écrit « c'est la pâque ».
  • Pâques[15] ou Pâque, nom masculin singulier, est la fête solennelle célébrée chaque année en mémoire de la résurrection du Christ Jésus, qui s'est offert en sacrifice au moment de la pâque juive. On écrit par exemple « à Pâques prochain », « la semaine de Pâques ». Sous cette forme, ce mot n'est jamais précédé d'un article défini (comme le ou du), et s'écrit toujours avec une majuscule.
  • Pâques[16] est un nom féminin pluriel lorsqu'on parle ou écrit à propos des événements qui entourent soit la fête de Pâques, soit plus rarement de l'eucharistie ; autrement dit, chaque fois qu'on ajoute une épithète à Pâques. Par exemple, on écrit « joyeuses Pâques », « des Pâques pluvieuses ».

L'expression « faire ses Pâques » signifie de faire pénitence et de communier au corps du Christ au moins une fois l'an lors des commémorations pascales, généralement durant le Carême et à Pâques[17] ou à un autre moment propice[15]. Paul VI a dit en audience : « La formule consacrée, populaire, "faire ses pâques" a précisément cette signification pratique, celle de rectifier le cours de notre vie en se référant à son orientation suprême, son orientation religieuse. »[18]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire étymologique et historique du français (Larousse).
  2. Qu’est-ce que Pâques ?, Questions Essentielles, Catholique.org, portail catholique francophone. Consulté le 02-03-2012.
  3. Réveillez-vous 22/3/1986 p.6 "la vérité sur les coutumes de pâques".
  4. Michel Rouche, Les origines du christianisme 30-451, Hachette, p. 48
  5. Pâque juive et Pâques chrétienne : un même calendrier ? Article de Jean-Paul Michaud sur le site Interbible
  6. Pierre Maraval, Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, p. 236-238
  7. La Bible indique que Pessah doit avoir lieu quand l'orge est bon à couper. Aussi le mois précédent Nissan, Adar, était redoublé en Veadar en fonction du murissement des épis. Cf Jean Lefort, La saga des calendriers, Bibliothèque pour la science,‎ 1998, p. 93
  8. Christian Bonnet/Bertrand Lançon, L'Empire romain de 192 à 325, Ophrys, 1998, p.242.
  9. Site du Conseil Œcuménique des Églises
  10. Bernard Blandre, Les Témoins de Jéhovah, un siècle d'histoire,, Éditions Desclée de Brouwer,‎ 1987, p. 116-118
  11. Stras.info
  12. (en) The Catholic Encyclopedia (1913), tome V, p. 227
  13. Article dans paysagesblog – « Les cloches de Pâques introuvables sur Wikipedia.fr (24.4.2011) » comparant les traditions populaires de Pâques allemandes & franco-alsaciennes
  14. « Quelques Fêtes traditionnelles en Lituanie », euro-info-tourisme.com (consulté en 12/04/09)
  15. a, b et c Émile Littré. (1872). Pâque. In Dictionnaire de la langue française, 2e éd. Paris.
  16. André Jouette. (1993). Dictionnaire Robert d'orthographe et d'expression écrite, 6e éd. Paris : Le Robert.
  17. Académie française. (1932). Dictionnaire de l'Académie française, 8e éd. Paris.
  18. Paul VI. (1979). Audience Générale. Tiré de http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/audiences/1978/documents/hf_p-vi_aud_19780301_fr.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Autres Pâques

Liens externes[modifier | modifier le code]