Poitevin-saintongeais

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Poitevin-Saintongeais
Pays France
Région Vienne, Deux-Sèvres, Vendée, Charente, Charente-Maritime, extrême ouest de la Dordogne, nord et est de la Gironde, sud de la Loire-Atlantique, et nord-est du Lot-et-Garonne (petite gavacherie).
Typologie SVO
Classification par famille
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français) Le munde trtouts avant naeçhu libres trtouts parélls den la dégnetai é den lés dréts. L'avant de l'aeme é de la cunsience é le devant coméyàe trtouts fratrnaument.
Exemple de poitevin-saintongeais normalisé
Le Subiet des Chérentes et dau Pouétou, Jhorneau des bons bitons et des bounes bitounes (1946). Non normalisé

Le poitevin-saintongeais[1], ou parlanjhe, est une langue d’oïl marquée par le substrat occitan[2],[3],[4]. Le terme recouvre l'ensemble linguistique d’entre Loire et Gironde, réunissant parlers poitevins et saintongeais, dont l'unité relative a été mise en évidence dès le début du XIXe siècle[5].

Comme il fait transition entre l'occitan et les autres parlers d’oïl bien plus proches du français, certains auteurs décrivent le poitevin-saintongeais comme une langue franco-occitane, sur le modèle du francoprovençal[6],[7],[8],[9],[10].

Le poitevin-saintongeais apparaît dans la liste de langues de l’Atlas Unesco des langues en danger dans le monde[11]. Il est enseigné à l'université de Poitiers[12].

Le poitevin et le saintongeais ont eu une influence dans le québécois, l'acadien et le cadien.

Aire linguistique du Poitevin-Saintongeais, avec les noms de villes (et autres) en parlanjhe.
Les 3 langues de la nouvelle Nouvelle Aquitaine dont le Poitevin-Saintongeais.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le poitevin-saintongeais est parlé sous ses variétés poitevin ou saintongeais[13] essentiellement dans cinq départements de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (deux-tiers ouest de la Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vienne et nord de la GirondePays Gabay du Blayais et du nord-Libournais), dans la Vendée, dans le sud de la Loire-Atlantique (Pays de Retz), dans quelques communes d'Indre (vers Le Blanc, Bélâbre, Argenton-sur-Creuse), ainsi que de façon plus anecdotique dans l'extrême ouest de la Dordogne aux alentours de La Roche-Chalais[14], et sur le bord du département de Lot-et-Garonne proche de l'enclave saintongeaise de Monségur en Gironde, ainsi qu'autrefois à la pointe de Grave[14]; en somme, dans les anciennes provinces du Poitou, de l'Aunis, de l'Angoumois et de la Saintonge, en France[15].

Dénomination[modifier | modifier le code]

La dénomination « poitevin-saintongeais »[modifier | modifier le code]

Le terme poitevin-saintongeais est attesté dès 1905[16]. Il a maintes fois été utilisé dans les années 1940[17],[18], 1950[19],[20], et 1960[21],[22]. Puis il a été vulgarisé dans les années 1970 pour donner une nouvelle impulsion au poitevin et au saintongeais, en particulier à la SEFCO, où on trouve, dès 1970, dans la revue Aguiaine de cette association, le terme poitevin-saintongeais sous la plume de Pierre Bonnaud [23], universitaire auvergnat spécialiste de l'auvergnat[24], et d'origine en partie saintongeaise[25].

La dénomination « poitevin » (au sens large)[modifier | modifier le code]

Auparavant (dans la littérature spécialisée) on donnait le nom de "poitevin" (au sens large) à ce groupement du poitevin et du saintongeais, en particulier au XIXe siècle[26],[27],[28], mais aussi dès le XVIIe siècle[29].

La dénomination « parlange » ou « parlanjhe »[modifier | modifier le code]

Le mot « parlange » ou « parlanjhe », qui signifie « langue, parler », est attesté en Deux-Sèvres, Vendée, Charente et Charente-Maritime[30]. On en trouve mention (écrit "prelonge") dès le XVIIIe siècle, dans un Noël en poitevin paru en 1741[31].

Il se diffuse très vite fin XIXe siècle, à la faveur de l'explosion de la littérature d'expression poitevine-saintongeaise, et on en trouve mention tant en Deux-Sèvres (1861)[32], qu'en Charente-Maritime (1897)[33], qu'en Vendée (1898)[34], ou qu'en Gironde saintongeaise (1899)[35].

Durant tout le XXe siècle on le retrouve très fréquemment dans la littérature saintongeaise[36],[37],[38] ou poitevine[39],[40]. Et dès 1901 on le trouve en vedette du bandeau du journal d'expression saintongeaise et poitevine Le Subiet.

Fin XXe siècle et début XXIe siècle, ce mot, qui à l'origine signifiait "langue, parler", a fini, en particulier dans la mouvance de l'UPCP, par désigner la langue poitevine-saintongeaise elle-même[41], sens toutefois aussi utilisé à la SEFCO[23], et, bien que rarement, déjà attesté fin XIXe siècle[34].

Classification[modifier | modifier le code]

Le poitevin-saintongeais dans la liste des langues de France de la DGLFLF[modifier | modifier le code]

Le poitevin-saintongeais est mentionné en 1999 dans le rapport Cerquiglini[42] puis sur le site de la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France. Entre début 2007 et début 2010, il est séparé entre poitevin et saintongeais, avant d'être joint début 2010, sous le libellé « poitevin-saintongeais, dans ses deux variétés : poitevin et saintongeais »[43].

La première mention de l'ensemble poitevin-saintongeais au XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

La première mention de l'ensemble poitevin-saintongeais se trouve en 1640, sous la plume d'Edward Brerewood, dans ses Recherches curieuses sur la diversité des langues et religions, par toutes les principales parties du monde", lorsqu'il écrit : "De [cet] idiome françois, il y a deux dialectes [...] à scavoir le wallon et le poictevin. [...] Le langage de Poictou est celuy qui se parle entre Tours et Bordeaux."[44]

La mise en évidence de l'ensemble poitevin-saintongeais par les érudits au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'unité de l'ensemble poitevin-saintongeais a été affirmée par de nombreux auteurs, en particulier saintongeais ou angoumoisins, depuis le XIXème siècle[45],[46],[47],[48].

Citation d'un de ces érudits: En 1831, Coquebert de Mombret, dans son Essai d'un travail sur la géographie de la langue française, écrit: "à quelques distance au-delà de la Loire commence le patois poitevin usité dans les départements de la Vendée, des Deux-Sèvres, et de la Vienne, et auquel succède, comme simple variété, le patois saintongeois en usage dans la partie orientale [il voulait évidemment écrire : occidentale] des deux départements de la Charente."[5]

La mise en évidence de l'ensemble poitevin-saintongeais par les universitaires aux XXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

L'unité de l'ensemble linguistique poitevin-saintongeais a été confirmée tout au long des XXe et XXIe siècles par des travaux d'universitaires des universités de Liverpool[49], Angers[50] Poitiers[51],[52], Lyon[53], Nantes[54], Clermont-Ferrand [55], et Caen [56], ou de l'Institut national de la langue française de Nancy[57].

Analyse lexicale: En 1926 le linguiste charentais Adolphe-Louis Terracher, né à Vindelle en Charente, université de Liverpool puis Strasbourg, auteur d'une thèse sur Les aires morphologiques dans les parlers populaires du Nord-Ouest de l'Angoumois, caractérise l'ensemble linguistique poitevin et saintongeais en ces termes : « Il suffit de parcourir les cent premières cartes de l’Atlas linguistique de la France de MM. Gilliéron et Edmont pour s’apercevoir que les parlers du Centre-Ouest (Poitou, Aunis, Saintonge et Angoumois) gardent, aujourd’hui encore et à les prendre d’ensemble, une indéniable originalité. Comme toutes les originalités, elle s’affirme dans ce qu’ils ont en propre, dans ce qui ne se retrouve normalement ni au nord de la Loire (Touraine et Anjou), ni aux lisières occidentales du Massif Central (Limousin et Périgord), ni au sud de la Gironde et de la Dordogne (Gascogne), à savoir : des termes spéciaux (tels que brelière, anse de panier, ou borde, arête de poisson), des déplacements très particuliers d’accent (par exemple, dans les troisièmes personnes du pluriel des verbes : i devant, ils doivent ; il avant, ils ont), etc. Mais cette originalité est faite encore – et pour une part tout aussi importante sans doute – de l’accord qu’offrent alternativement ces parlers, soit avec ceux de l’ouest de la langue d’oïl (de la Manche à la Gironde règne le type j’allons, nous allons, tandis que le Limousin emploie n’ ou nous comme pronom sujet des premières personnes du pluriel, que le Midi n’exprime pas ; aller, avoine… s’y opposent à ana, civada… du sud et de l’est), - soit avec ceux de la langue d’oc (des Pyrénées à la Loire abeille contraste avec l’avette tourangeau et angevin et la mouche à miel du Berry et de l’Orléanais ; fisson, aiguillon de guêpe, vergne, aune, se disent aussi en Limousin et au Midi, mais ne dépassent guère la Loire au nord ; cf. encore les types français aile, tel, brebis… qui sont, dans les pays d’ « au-delà Loire », ale, tau, oueille…) »[49].

Analyse phonétique: En 1960 le linguiste Jacques Pignon, né à Latillé dans la Vienne, (université de Poitiers puis Sorbonne), dans sa thèse : L'évolution phonétique des parlers du Poitou (Vienne et Deux-Sèvres) dit dans sa conclusion « Il est évident que l’évolution phonétique des parlers poitevins et celle des parlers saintongeais est à peu près parallèle. Ils constituent, à l’ouest du domaine gallo-roman, une aire originale où se rencontrent, d’une part, traits d’oc et traits d’oïl, de l’autre quelques développements particuliers, inconnus dans les provinces limitrophes situées au Nord et au Sud» expliquant avoir trouvé[58] :

  • 16 traits absents du français mais communs au poitevin et aux parlers du nord-ouest (Touraine, Anjou, Maine, Haute-Bretagne et parfois Basse-Normandie) dont 5 communs avec le saintongeais et 5 l'étaient autrefois,
  • 2 traits absents du français moderne (présents autrefois en français) mais communs au poitevin et aux parlers du nord-ouest, les 2 étant communs aussi avec le saintongeais,
  • 7 traits absents du français et des parlers du nord-ouest, mais particuliers au poitevin, tous les 7 communs avec le saintongeais,
  • 16 traits absents du français et des parlers du nord-ouest, mais communs au poitevin et à l'occitan, tous les 16 communs avec le saintongeais.

Analyse dialectométrique: En 2003, le linguiste Hans Goebl, de l'université de Salzburg, publie son analyse dialectométrique de 1421 cartes de l'Atlas linguistique de la France. Au niveau de l'analyse supra-dialectale (carte 20) il montre que le domaine d'oïl se divise en plusieurs groupes : picard-wallon, lorrain-franc-comtois-bourguignon-morvandiau... et poitevin-saintongeais. À un niveau plus fin, celui de l'analyse dialectale (carte 22), les groupes se scindent : picard d'un côté et wallon de l'autre, bourguigon-morvandiau séparé du franc-comtois et du lorrain... mais le poitevin-saintongeais reste un bloc, constituant une unité dialectale de même niveau que le picard, le champenois, le lorrain, le franc-comtois ou le bourguigon-morvandiau... À ce niveau d'analyse le groupe normand-gallo-angevin n'est toujours pas scindé mais le serait à un niveau plus fin encore (carte 21)... où le poitevin-saintongeais reste là encore un bloc[59].

Limite nord et limite interne[modifier | modifier le code]

En 2010, Éric Nowak, synthétisant les données disponibles dans les Atlas dont celui du CNRS et les divers monographies et travaux universitaires, met en évidence l'existence :

Controverse[modifier | modifier le code]

En février 2007, la DGLFLF a disjoint le saintongeais et le poitevin dans sa liste des langues d’oïl, entraînant une polémique sur cette individualisation du saintongeais par rapport au poitevin. Cette séparation était la conséquence d'une demande d'un Collectif pour la défense de l’identité saintongeaise. La réponse de Xavier North, délégué général de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, datée du 27/02/2007, fut la suivante : « Il me semble par conséquent légitime de faire droit à votre demande de reconnaissance, […]. Le saintongeais figurera donc dans la liste des langues de France utilisée par la DGLFLF, au même titre que le poitevin et les autres langues d’oïl[61]
Le président de Défense et promotion des langues d’oïl (association nationale fédérant les langues d’oïl dont le poitevin-saintongeais), fit part de son étonnement à la Délégation générale à la langue française et aux langues de France. Voilà la réponse donnée, le 26/04/2007, par le même Xavier North : « Ma décision ne vaut bien entendu que pour la liste de langues diffusées par mes services (et qui n’a d’ailleurs pas de valeur juridique) : au sein des langues d’oïl, une virgule y prend la place d’un trait d’union. […] Il va de soi que l’appellation “poitevin-saintongeais” garde toute sa légitimité partout où elle est reçue : nous savons que la vitalité d’une langue ne se décrète pas, et que les noms qu’on lui donne sont de peu d’importance par rapport aux œuvres de l’esprit qui s’expriment en elle. »[62]

Début 2010, une nouvelle présentation du poitevin est faite, le poitevin-saintongeais réapparaissant dans la liste des langues de France, langues d'oïl, sur le site de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), service du ministère de la Culture, sous le libellé suivant : « poitevin-saintongeais [dans ses deux variétés : poitevin et saintongeais] »[63].

En 2014, la ministre de la culture Aurélie Filippetti déclare : "Pour la zone qui s'étend de la Loire à la Gironde, le ministère de la culture et de la communication a réuni, il y a quelques années, une commission de linguistes qui ont considéré que le poitevin et le saintongeais ne pouvaient être présentés comme deux langues séparées, sans référence à une unité supérieure. Ils ont donc proposé une désignation, qui a été retenue comme la plus adéquate : « poitevin-saintongeais (dans ses deux variétés, poitevin et saintongeais) ». Cette formulation marque à la fois la cohérence du domaine par rapport aux autres langues d'oïl et les particularités propres à chacune des deux composantes."[64]

Codification[modifier | modifier le code]

Langue standard[modifier | modifier le code]

Bien qu'il existe des normes orthographiques (voir chapitre ci-dessous) aucune "langue standard" n'a été créée pour le poitevin-saintongeais[65]. Il n'y a donc pas de parler directeur, pas de standardisation de la langue, pas de "poitevin-saintongeais standard", ce qui fait que la littérature comme l'usage se déclinent en autant de particularismes qu'il y a de variétés et sous-variétés de "poitevin-saintongeais". Pour de plus amples renseignements sur la littérature ou la description linguistique du poitevin-saintongeais, il faut donc se reporter aux articles décrivant les deux principales variétés du poitevin-saintongeais :

Article détaillé : poitevin (langue).
Article détaillé : saintongeais.

Notons toutefois qu'à la suite du succès de la littérature en poitevin de Poitiers des XVIe siècle et XVIIe siècle, dans le sillage de "La Gente poitevinrie", il semble bien qu'un début de standardisation littéraire autour de la variante poitevine de Poitiers ai eu lieu au XVIIe siècle. En effet Jean Drouhet, apothicaire à Saint-Maixent-l'École (Deux-Sèvres) où il est né, écrit en poitevin saint-maixentais de nombreux textes dont "La Mizaille à Tauni" parue à Poitiers en 1661 ou 1662, mais ses textes parus dans l’édition de 1660 du Rolea ne sont pas en poitevin saint-maixentais mais en poitevin de Poitiers[66]...

Orthographe[modifier | modifier le code]

Graphies patoisantes[modifier | modifier le code]

L'écriture en poitevin-saintongeais (en poitevin ou en saintongeais) fait le plus souvent appel à autant d'orthographes qu'il y a d'auteurs, faute de norme graphique largement diffusée ou acceptée. Ces orthographes "patoisantes" se basent souvent sur les solutions orthographiques du français[67]. On constate toutefois, dans ces orthographes "patoisantes", l'utilisation de quelques graphèmes spécifiques comme la palatalisation du "k" notée "çh" (utilisé dès le XIXe siècle en saintongeais[68] comme en poitevin) et "thi" (là encore utilisé dès le XIXe siècle aussi bien en saintongeais[69] qu'en poitevin[70]); et aussi de quelques solutions inspirées de langues étrangères comme la mouillure du "l" notée à l'espagnole "ll" (utilisé dès le XIXe siècle en saintongeais[68] comme en poitevin[70]), ou notée à l'italienne "gl" (utilisée dès le XVIe siècle en poitevin[71]).

Normes graphiques[modifier | modifier le code]

Pourtant, durant le dernier tiers du XXe siècle plusieurs normes graphiques ("orthographes") ont été successivement et/ou concurremment élaborées pour le poitevin-saintongeais. Toutes ces graphies du poitevin-saintongeais ont été conçues en notant les parlers, sans fixer une variété standard de poitevin-saintongeais, et sans non plus se limiter à une de ses variétés (toutes ayant été conçues d'emblée pour être utilisées aussi bien pour le poitevin que le saintongeais). Voilà la liste de ces six normes graphiques successives et/ou concurrentes :

  • Jacques Duguet propose en 1971 une graphie pour le poitevin-saintongeais (présentation dans : Graphie normalisée du dictionnaire, Aguiaine, 1971) : il l'utilise dans son Anthologie Poitou – Aunis – Saintonge –Angoumois (1973) puis l'abandonne[72],
  • À la SEFCO (Société d'Ethnologie et Folklore du Centre-Ouest) une graphie pour le poitevin-saintongeais est élaborée :
    • sous une première version, due à Jacques Duguet, utilisée dans le premier fascicule du dictionnaire de la SEFCO (Jacques Duguet, Glossaire des parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois, 1er fascicule : lettre A, 1978)[72],
    • sous une seconde version, légèrement modifiée, utilisée dans la version définitive du dictionnaire de la SEFCO (Ulysse Dubois, Jacques Duguet, Jean-François Migaud, Michel Renaud, Glossaire des Parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois, 4 tomes, 1992 - 1999), et dans d'autres publications de la SEFCO : Lexique Français / Poitevin-Saintongeais (2004), Cots de Subiet (3 tomes 2000 - 2008)[72],
  • Pierre Bonnaud propose en 1982 une orthographe pour le poitevin-saintongeais (présentation dans : Pour une graphie adaptée aux caractéristiques de notre langue, Aguiaine, 1982), adaptée de la graphie qu'il a proposé pour l'auvergnat : elle ne sera jamais utilisée[72],
  • À l'UPCP (Union Poitou-Charentes-Vendée Pour la Culture Populaire) deux graphies pour le poitevin-saintongeais sont successivement élaborées :
    • une orthographe phonétique ( "une lettre ou un groupe de lettres code un son et un seul"[73]) dite « localisée », due en particulier à Michel Gautier, finalisée en 1982[73] : utilisée dans les années 1980-1990 dans les publications de l’association Arantéle, de l’éditeur Soc & Foc, et au début de Geste éditions[72], c'est celle de l'anthologie Ecrivajhes : anthologie en poitevin-saintongeais (1985),
    • une orthographe diasystémique[74] ("une lettre ou un groupe de lettre vaut pour plusieurs réalisations phonétiques possibles selon la variante de parler"[73]), dite « normalisée», due en particulier à Vianney Piveteau, finalisée en 1989[73] (présentation dans : Michel Gautier, Grammaire du Poitevin-Saintongeais : parlers de Vendée, Deux-Sèvres, Vienne, Charente, Charente-Maritime, nord Gironde, sud Loire-Atlantique, 1993) largement diffusée depuis par Geste éditions[72], c'est celle de l'anthologie Paroles d'oïl : choix de textes en langues d'oïl (1994).

La dernière de ces graphies, dite « normalisée», s'écartant beaucoup des habitudes du français, cristalise autour d'elle beaucoup d'opposition[72]. Vulgarisée sous le nom d'"orthographe normalisée du poitevin-saintongeais" elle est parfois dans le grand public confondue avec la notion de "poitevin-saintongeais" qui n'a pourtant rien à voir[72] (voir chapitre "Classification" ci-dessus).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Références 2009. Les langues de France
  2. Liliane Jagueneau (linguiste, université de Poitiers) : « Le lexique poitevin-saintongeais a un grand nombre de termes en commun avec l’occitan, et on peut dire que sur le plan lexical en particulier, le poitevin-saintongeais est le prolongement de l’occitan en domaine d’oïl » (Liliane Jagueneau, chapitre La langue, dans Charente, éditions Bonneton, 1992.)
  3. Pierre Bonnaud (université de Clermont-Ferrand) avait auparavant quant à lui établi une liste de 1200 vocables communs au poitevin-saintongeais et à l'occitan et déclaré « Dans ce domaine, il n’est pas exagéré de dire que quelqu’un qui voudrait choisir ses mots avec soin en poitevin-saintongeais pourrait pratiquement parler un occitan en phonétique d’oïl ! ». (Pierre Bonnaud, Correspondances phonétiques morphologiques et lexicales entre le poitevin-saintongeais et l'occitan, dans : Aguiaine, numéro spécial, septembre 1972.) Voir le résumé de Correspondances phonétiques morphologiques et lexicales entre le poitevin-saintongeais et l'occitan de Pierre Bonnaud sur le site du CNRS : http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=21885957
  4. Jacques Pignon (linguiste, université de Poitiers) avait quant à lui dès 1960 établi la présence en poitevin de neuf traits phonétiques et de sept formes grammaticales communs avec l'occitan. (Jacques Pignon, L'évolution phonétique des parlers du Poitou, éditions d'Artrey, 1960.)
  5. a et b Coquebert de Mombret : Essai d'un travail sur la géographie de la langue française, dans Mélanges..., 1831. copie numérisée sur Google Livres
  6. « Ce recul des éléments occitans [entre Loire et Gironde] a eu pour conséquence la création, en Poitou, Aunis, Saintonge et Angoumois, d’une entité linguistique qui, au premier examen, paraît appartenir au domaine français, mais qui s’en distingue si nettement qu’on pourrait la définir comme du franco-occitan » Jacques Duguet (1922- ); Anthologie Poitou-Aunis-Saintonge-Angoumois, de Guillaume de Poitiers à Burgaud des Marets, 1973, Société d'études folkloriques du Centre-Ouest, La Rochelle, 176 p.
  7. « Il faut dire que l’ensemble linguistique poitevin-saintongeais, est le pendant occidental de l’ensemble franco-provençal ou arpitan, qui, en région Rhône-Alpes et alentours, constitue une zone de transition entre oc et oïl, à l’instar du groupe poitevin-saintongeais qui, bien que classé en oïl, constitue lui aussi, mais entre Loire et Gironde, une zone de transition entre oc et oïl. » Éric Nowak ( - ), Tropisme aquitain, ou plus généralement d’oc, de la littérature d’expression poitevine en ligne
  8. Le "Parlange" attestations, usage, origine & ancienneté du mot en Vendée, Poitou, Charentes, Pays Gabaye, Pays de Retz; Éric Nowak ( - ), Ed. Pyrémonde-Princi Negue, 2008, ISBN 284618609X, ISBN 9782846186094
  9. Le parler "franco-provençal" d'Aiript, commune de Romans, canton de Saint-Maixent, Deux-Sèvres, - contribution à l'étude des dialectes poitevins -, G. Pougnard, 1952.
  10. « En 1952 l'infortuné chercheur G. Pougnard produisait sa thèse intitulée le Parler franco-provençal d'Aiript. Pour tout lecteur de bonne foi, il était évident qu'il ne voulait pas dire que le parler de ce gros village poitevin [...] était "du" franco-provençal, mais qu'il représentait, comme le franco-provençal, un type de langue autonome, intermédiaire entre oc et oïl. Et c'est précisément parce qu'on l'avait très bien compris qu'on fit semblant de croire qu'il avait voulu dire qu'Aiript parlait "du" franco-provençal : caricaturer la position d'un gêneur est un procédé éprouvé pour se débarrasser de lui sans débat [...]. » Pierre Bonnaud (1931 - ), Autour du "croissant", dans Regards sur le Centre-ouest, numéro spécial de Médioromanie (no 5), 2006.
  11. Unesco, Atlas international des langues en danger. Version interactive en ligne
  12. Voir la présentation de l'enseignement du poitevin-saintongeais à l'université de Poitiers : http://www.metive.org/IMG/pdf/Langues_regionales_Faculte.pdf
  13. Sur le site de la DGLFLF, dans le document Méthodes d’apprentissage des langues de France, dans le chapitre « Langue(s) d’oïl », à l'article « Poitevin et saintongeais », on lit : « Comme le picard, ce parler d'oïl [on note le singulier pour "poitevin et saintongeais à la fois"] couvre une région importante et est subdivisé en plusieurs dialectes intercompréhensibles. Il concerne de nombreux locuteurs. Il est lui aussi scindé entre plusieurs régions administratives, les Pays-de-la-Loire (département de Vendée), Poitou-Charentes et l'Aquitaine (nord de la Gironde). » Voir la page : http://www.dglf.culture.gouv.fr/lang-reg/methodes-apprentissage/Listes_d_ouvrages_d_apprentissage/Langues_d_oil.htm
  14. a et b Ch. de Tourtoulon et O. Bringuier, Étude sur la limite de la langue d’oc et de la langue d’oïl, 1876. [Premier rapport à monsieur le ministre de l’Instruction publique, des Cultes et des Beaux-Arts]
  15. http://www.troospeanet.com/article.php3?id_article=148
  16. La Revue du Bas Poitou et des provinces de l’Ouest, volume 13, 1905 : « notre parler poitevin-saintongeais » : http://books.google.fr/books?id=a_JLAAAAMAAJ&q=notre+parler+poitevin-saintongeais&dq=notre+parler+poitevin-saintongeais&cd=4.
  17. La langue de Rabelais : les influences du Bas-Poitou, Adolphe D. Poirier, 1944 : « ce vocable bas-poitevin-saintongeais »
  18. Le Français moderne, volumes 8-9, 1940 : "notre collaborateur J. Pignon, qui fera l’Atlas linguistique poitevin-saintongeais pour le futur ALFR"
  19. Mémoires et documents de la Société de l’École des chartes, 1955 : « comme en Poitevin-Saintongeais » : http://books.google.fr/books?cd=6&id=L_PVAAAAMAAJ&dq=poitevin-saintongeais+%C3%A9cole+des+chartes&q=poitevin-saintongeais
  20. Phonétique historique du Français, volume 3, Pierre Fouché, 1952 : « chai en poitevin-saintongeais : http://books.google.fr/books?id=XytcAAAAMAAJ&q=chai+en+poitevin-saintongeais&dq=chai+en+poitevin-saintongeais&cd=2.
  21. Grand Larousse encyclopédique en dix volumes, 1962 : « Parmi ces parlers, le berrichon et le poitevin-saintongeais représentent des conquêtes très anciennes des parlers d’oïl sur les parlers d’oc »
  22. Les noms de lieux en France, Ernest Nègre, 1963 : « à l’Est, le Champenois, le lorrain, le bourguignon ; au Sud-Ouest le groupe poitevin-saintongeais »
  23. a et b Pierre Bonnaud , La tribune du Parlange, dans : Aguiaine, Janvier-Février 1970
  24. Actuellement professeur honoraire de l'université de Clermont-Ferrand. On lui doit un colossal travail lexicographique sur l'Auvergnat: http://books.google.fr/books?id=iIkx9IPwQD4C&printsec=frontcover&dq=Pierre+Bonnaud+dictionnaire&cd=1#v=onepage&q=&f=false
  25. Dans l'ouvrage Medioromanie : Études sur la France médiane : no 5 (2006) : Regards sur le Centre-Ouest publié en 2007 par le Groupe de Souvigny, Pierre Bonnaud écrit en page de garde : « Avec l'autorisation du groupe, le rédacteur [lui-même donc] dédie les textes de ce recueil à la mémoire de ses ancêtres paternels, originaires les uns de Coulonges-sur-l'Autize, les autres du Pays d'Arvert, et à son père, né à Javrezac (Charente).
  26. Coquebert de Mombret : Essai d'un travail sur la géographie de la langue française, dans Mélanges..., 1831.
  27. Boucherie, Le dialecte poitevin au XIIIe siècle, 1873.
  28. Charles de Tourtoulon, Olivier Bringuier, La Limite de la langue d’oc et de la langue d’oïl, 1876.
  29. Edward Brerewood, "Recherches curieuses sur la diversité des langues et religions, par toutes les principales parties du monde", 1640.
  30. Ulysse Dubois, Jacques Duguet, Jean-François Migaud, Michel Renaud, Glossaire des parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois, tome III, SEFCO, 1994.
  31. La Bible des Noels tant vieux que nouveaux composez en l’honneur de nostre Sauveur Jesus Christ et de la Vierge Marie, exactement reveus et corrigez, Poitiers, chez Faulcon : « Quand fumes in in canton Nau, nau, Michea d’in joli prelonge Nous venguit foire in sermon, Nau, nau, De la vision de l’onge, [...] ».
  32. "Noutre parlange est bea, Coume l’ève le coule.". Gabriel Lévrier, alias In Pinzant, journal « le Mellois », 1861.
  33. "Ine feuye convenab’ye ne det pas non pû chanfrouêzé, coume thiellée drolesse d’aneut qu’avant jhonte de noute parlanjhe.", E. Peneau, alias Evarisse des Pibias, Carthejhime de la jhénesse thi veut se marié, 1897.
  34. a et b "Netre feïll’ qui sait la mu de coudre, Qu’nu baicop mu l’parlange que tchu." Constant Thomas, In voyage à Moïl’rin, 1898.
  35. "Les Gabayes de Monségur ont donc bien mérité de la Saintonge. Certes leur patois n’est pas le vrai parlanghe saintonjhoué ; il a subi l’empreinte indélébile et le baiser caressant du gascon ; cependant il est infiniment savoureux.", François (dit Émile) Bodin d’Abzac en Gironde saintongeaise, alias Meîte Grandgorjhe, dans : Le Ventre Rouge, 1899.
  36. Docteur Jean Athanase, alias Yan Saint-Acère, Prologue, dans : La Mérine à Nastasie, 1903).
  37. Louis Brion, alias Lexis Chabouessa, dans le journal Le Piron, 1921
  38. Evariste Poitevin, alias Goulebenéze, Point d’ tabat !, dans Le Subiet, 1941.
  39. L. Troussier, Essai de Glossaire du Patois Noirmoutrin,dans Le Phare, 1933.
  40. A.D. Poirier, Éléments d’unité : le parler, le folklore, l’art, dans la Revue du Bas Poitou, 1941
  41. Éric Nowak, Poitou-Charentes en Aquitaine ! ...Et la Vendée aussi !, Éditions des régionalismes, Cressé, 2015. (ISBN 978-2-8240-0433-4)
  42. http://www.culture.gouv.fr/culture/dglf/lang-reg/rapport_cerquiglini/langues-france.html
  43. DGLFLF - Ministère de la Culture
  44. Edward Brerewood, Recherches curieuses sur la diversité des langues et religions, par toutes les principales parties du monde, 1640.
  45. Le Saintongeais Pierre Jônain (né à Gémozac en Charente-Maritime), Dictionnaire du patois saintongeais, 1869.
  46. Boucherie (natif de Challignac près de Barbezieux en Charente), Le dialecte poitevin au XIIIe siècle, 1873 : « Fallot a désigné sous le nom de dialecte poitevin l’ancienne langue écrite des provinces du Sud-Ouest, comprises entre l’embouchure de la Loire et celle de la Gironde. Il serait plus exact de l’appeler dialecte saintongeais, parce que c’est à la Saintonge et spécialement à l’Aunis qu’appartiennent la plupart des documents authentiques qui nous l’ont conservé. Cependant, comme le Poitou était la plus importante des provinces du Sud-Ouest, et que la classification et la dénomination des dialectes de la langue d’oïl, telles que les a établies Fallot, ont été acceptées par les philologues, j’ai cru qu’il fallait me conformer à la tradition. Je comprends donc sous le nom de dialecte poitevin la langue écrite de l’ancien Poitou, de l’Aunis, de la Saintonge et de l’Angoumois. »
  47. De Tourtoulon et Bringuier, La Limite de la langue d'oc et de la langue d'oïl, 1876
  48. Jérôme Bujeaud (né à Angoulême en Charente), Chants et chansons populaires des provinces de l’Ouest, Poitou, Saintonge, Aunis et Angoumois, 1895 : « dans ce vaste et plantureux pays qui se nommait jadis l’Angoumois, l’Aunis, la Saintonge et le Bas-Poitou, vous signalerez peu de différences génériques de langage, mais seulement des diversités de prononciation qui ne seront jamais assez tranchées pour empêcher un paysan de l’une de ces provinces de comprendre les paysans des autres provinces, ses voisines ».
  49. a et b Adolphe-Louis Terracher, La rencontre des langues entre Loire et Dordogne, dans : Le Centre-Ouest de la France, encyclopédie régionale illustrée, 1926.
  50. A.-D. Poirier, professeur de philologie romane à l’université catholique d’Angers, dans Éléments d’unité : le parler, le folklore, l’art, dans La Revue du Bas-Poitou écrivait en 1941 : « Dans le Haut-Poitou, comme dans la Vendée, comme dans l’Aunis, la Saintonge et l’Angoumois, les mêmes termes, issus du dialecte, se retrouvent [...], avec la même physionomie, je pourrais dire, le même costume, en tout cas avec un air de proche parenté qu’un œil exercé saisit au passage. »
  51. Jacques Pignon (linguiste poitevin professeur à l'université de Poitiers, natif de Latillé dans la Vienne), L’évolution phonétique des parlers du Poitou, 1960.
  52. Liliane Jagueneau, linguiste poitevine (née à Ulcot près de Thouars en Deux-Sèvres) professeur de poitevin-saintongeais et d’occitan à l’université de Poitiers)), )Les Traits linguistiques du poitevin-saintongeais, dans : La langue poitevine-saintongeaise : identité et ouverture, 1994 « Tout d’abord le poitevin-saintongeais correspond aux cinq départements de Poitou-Charentes-Vendée, auxquels s’ajoute une partie du nord de la Gironde, le pays gabaye. […] les points du domaine poitevin-saintongeais sont suffisamment proches dans l’analyse (distance linguistique faible) pour être considérés comme formant un ensemble cohérent. Il n’apparaît pas en effet de partition entre la Vendée et Poitou-Charentes, ni entre l’ensemble de la façade maritime et l’intérieur, ni entre le nord et le sud […]. […] il existe des différences entre le nord et le sud, mais elles sont moins nombreuses que les ressemblances. »
  53. Brigitte Horiot (linguiste spécialiste des parlers d’entre Loire et Gironde, CNRS et université Lyon-III), Les Parlers du Sud-Ouest, dans : Français de France et Français du Canada : Les parlers de l’Ouest de la France, du Québec et de l’Acadie, Centre d’études linguistiques Jacques-Goudet, université Lyon-III, 1995, p. 228), 1995 : «  La description linguistique du domaine de l’ALO [Atlas linguistique de l’Ouest : Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois] met en évidence l’existence entre Loire et Gironde d’un domaine linguistique important, forgé par sa situation géographique et par son histoire, et dont la particularité est d’être une marche entre le Nord et le Midi, entre les pays bretons et la région du Centre. »
  54. Pierre Gauthier linguiste vendéen (de Saint-Vincent-sur-Jar), professeur honoraire de l’université de Nantes, Langue et littérature : la langue régionale : Les parlers vendéens dans l’espace linguistique poitevin-saintongeais, dans : Vendée, Encyclopédie Bonneton (écrit avec Guy Perraudeau), 2003 : « Rappelons d’abord que la Vendée, avant d’être un département, formait sous l’Ancien Régime, ce que l’on appelait le Bas-Poitou et que pour comprendre ce que sont les parlers vendéens, leur origine, leur vie, leur devenir, il faut les situer dans un espace linguistique, culturel et historique plus vaste, celui délimité par la Loire et la Gironde d’une part, l’océan Atlantique et le Massif central d’autre part, où vivent encore dans les zones rurales des parlers locaux d’une cohérence suffisante pour constituer une langue minoritaire, le poitevin-saintongeais. »
  55. Pierre Bonnaud (professeur de géo-histoire à l'université de Clermont-Ferrand), « Esquisse géohistorique du Poitou médioroman », dans le chapitre intitulé La langue régionale (au singulier, et qu’il nomme d’ailleurs « poitevin-saintongeais »), 2006 : « Il est impossible de traiter séparément poitevin et saintongeais, mais ils sont à la fois solidaires et un peu distincts, tant dans leurs origines que dans leur évolution. La quasi-totalité des Charentes et le sud du Poitou ont eu parlé un langage voisin du limousin. De l’Aunis au Loudunais, il existait un langage voisin du Limousin, mais différent […]. Le poitevin […] a été relativement résistant […]. En Saintonge, la perturbation a été plus violente […]. Le saintongeais donne donc une impression à la fois plus méridionale (du fait de sa position ; il y a même un héritage gascon dans la Gavacherie du sud [enclave de Monségur] ) et plus francisée que le poitevin. En Poitou même c’est à l’Est (Seuil : couloir de passage ; Brandes aux sociétés paysannes moins compactes […] ) que la francisation est la plus importante, tandis que, toutes choses égales d’ailleurs, les “Plaines” [Niortais, Mellois…] aux sociétés plus stables ont conservé un profil dialectal plus original. » (N.B. : les passages entre parenthèses sont de l'auteur, les passages entre crochets sont des compléments explicatifs ajoutés ici.)
  56. Jean Renaud, Le patois Rétais, éditions CPE, 2012 (ISBN 978-2-84503-940-7). "Le patois de l'île de Ré, davantage apparenté aux parlers d'Aunis et du Bas-Poitou qu'à ceux de la Saintonge, fait partie d'une aire linguistique qu'on a coutume d'appeler le poitevin-saintongeais et qui appartient au domaine d'oïl, sachant que la limite d'oc n'est pas loin."
  57. Jean-Paul Chauveau (de l'Institut national de la langue française de Nancy), Unité et diversité lexicales dans l’Ouest, dans : Français de France et Français du Canada : Les parlers de l’Ouest de la France, du Québec et de l’Acadie, Centre d’études linguistiques Jacques-Goudet, université Lyon-III, 1995, p. 81), 1995 : « Plus ou moins parallèlement à la Loire se révèle dans le sud du Nantais et de l’Anjou une zone notable de discordances lexicales. Toute une série de types lexicaux, qui couvrent de façon compacte et cohérente l’Angoumois, la Saintonge, l’Aunis et le Poitou, brusquement cessent d’avoir cours. »
  58. Jacques Pignon, L'évolution phonétique des parlers du Poitou (Vienne et Deux-Sèvres), D'Artrey, 1960
  59. Hans Goebl, Regards dialectométriques sur les données de l'Atlas linguistique de la France (ALF): relations quantitatives et structures de profondeur, in: Estudis Romànics XXV, 2003, pages 59-121. Lire en ligne:
  60. Pour une analyse plus précise voir Éric Nowak (2010). Histoire et géographie des parlers poitevins et saintongeais. Cressé: Éditions des Régionalismes (ISBN 978-2-84618-677-3).
  61. http://www.culture.gouv.fr/culture/dglf/lgfrance/lgfrance-presentation.htm
  62. http://www.arantele.org/bernancio/B91-p123.pdf
  63. L'extrait concerné de la liste en question étant le suivant : "Langues régionales : alsacien, basque, breton, catalan, corse, flamand occidental, francique mosellan, francoprovençal, langues d’oïl (franc-comtois, wallon, champenois, picard, normand, gallo, poitevin-saintongeais [dans ses deux variétés : poitevin et saintongeais], lorrain, bourguignon-morvandiau), parlers d’oc ou occitan (gascon, languedocien, provençal, auvergnat, limousin, vivaro-alpin)."Voir site de la DGLFLF : DGLF - Ministère de la Culture
  64. Réponse du Ministère de la culture et de la communication publiée dans le JO Sénat du 16/10/2014 - page 2350.
  65. Dominique Sumien, Les langues romanes centrales vers une nouvelle convergence: catalan, occitan, aragonais, aguiainais (poitevin-saintongeais), dans : Hápax: Revista de la Sociedad de Estudios de Lengua y Literatura, 2013, no 6, p. 135-163. Lire : "Actuellement, une seule norme [orthographique] est vraiment diffusée grâce à l’Union Poitou-Charentes pour la culture populaire ( UPCP ). Implicitement, elle ne dépasse pas le niveau de l’orthographe et on ne parle pas ouvertement de langue standard"
  66. Pierre Gauthier, (édition critique du) Rolea, recueil de textes anonymes en poitevin du XVIIe siècle, 2002. ISBN 2-84561-065-3
  67. Liliane Jagueneau (1999), Le parlanjhe de Poitou-Charentes-Vendée, Nord-Gironde et Sud-Loire-Atlantique en Trente questions, Geste Éditions, 1999. ISBN 2-910919-82-X
  68. a et b Pierre Jônain, Dictionnaire du patois saintongeais, 1869.
  69. Marcel Pellisson, In Jharbot de bouquets saintonjhouês, 1886.
  70. a et b René-Marie Lacuve, "La Gronde et Belle Histouère de la Meurlusine, Tote en bea lingage poitevin", 1893.
  71. Jacques Pignon, La Gente Poitevinerie, Recueil de textes en patois poitevin du XVIe siècle, D'Artrey, 1960.
  72. a, b, c, d, e, f, g et h Éric Nowak, Poitou-Charentes en Aquitaine !...Et la Vendée aussi !, Éditions des régionalismes, Cressé, 2015. ISBN 978-2-8240-0433-4
  73. a, b, c et d http://pivetea.free.fr/graphie.htm
  74. Dominique Sumien, Les langues romanes centrales vers une nouvelle convergence: catalan, occitan, aragonais, aguiainais (poitevin-saintongeais), dans : Hápax: Revista de la Sociedad de Estudios de Lengua y Literatura, 2013, no 6, p. 135-163. Lire :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Nowak (2010). Histoire et géographie des parlers poitevins et saintongeais. Cressé: Éditions des Régionalismes. ISBN 978-2-84618-677-3.
  • Outi Merisalo, La langue et les scribes. Étude sur les documents en langue vulgaire de La Rochelle, Loudun, Châtellerault, Mirebeau au XIIIe siècle (« Societas scientiarum Fennica. Commentationes Humanarum Litterarum », 87), Helsinki, 1988, 336 p.
  • Liliane Jagueneau, La langue, dans : Charente, Bonneton, 1992
  • Pierre Bonnaud, Correspondances phonétiques morphologiques et lexicales entre le poitevin-saintongeais et l’occitan, dans : Aguiaine, numéro spécial, septembre 1972
  • Jacques Pignon, L'Évolution phonétique des parlers du Poitou, 1960, 586 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]