Le Roman comique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Le Roman comique
Image illustrative de l’article Le Roman comique
Paul Scarron

Auteur Paul Scarron
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman
Éditeur Toussainct Quinet
Lieu de parution Teillet
Date de parution 1651-1657

Le Roman comique est un roman de Paul Scarron dont la première partie fut publiée en 1651 et la seconde en 1657. Scarron mourut alors qu'il travaillait à la troisième partie du roman, qui reste donc inachevé. L'adjectif « comique » de son titre indique à la fois qu'il s'agit d'une œuvre plaisante, humoristique, et qui relève de la comédie.

Dédicacé au cardinal de Retz, le roman débute par l'arrivée d'une troupe de comédiens au Mans et raconte leurs aventures rocambolesques dans la ville et aux environs. Il comporte une série d'histoires enchâssées : la plupart sont des nouvelles espagnoles que Scarron a traduites et adaptées. Parmi ces histoires, la plus célèbre est celle du Destin, le nom de scène de Garrigues, et de L'Étoile, en réalité Mlle de La Boissière.

Garrigues a rencontré Mlle de La Boissière à Rome, alors qu'un Français brutal tentait de lui arracher son voile. Il est tombé follement amoureux d'elle. Pour échapper à son rival, Garrigues emmène son aimée dans une troupe de comédiens rencontrée à Paris. Mais il est rattrapé par celui-ci, et de multiples aventures vont s'enchaîner.

Structure[modifier | modifier le code]

La première partie du roman contient vingt-trois chapitres ; la seconde en contient vingt.

La structure du roman repose sur une alternance entre un récit cadre qui raconte les aventures des personnages au Mans et dans ses environs, et des récits enchâssés, de deux types :

  • des récits rétrospectifs, dont la narration est prise en charge par un personnage qui s'exprime à la première personne, et qui informent le lecteur sur le passé des protagonistes. Il s'agit de l'histoire du Destin (I,13, 15 et 18), de l'histoire de La Caverne (II, 3) et de l'histoire de Léandre (II, 5)
  • des nouvelles d'inspiration espagnole, dont la narration est prise en charge par un personnage : il s'agit de L'histoire de l'amante invisible, racontée par Ragotin (I, 9) ; d'À trompeur, trompeur et demi, racontée par Inezilla (I, 22), du Juge de sa propre cause, racontée par La Garouffière (II, 14) et enfin des Frères rivaux, racontée par Inezilla (II, 19).

Aux différentes histoires enchâssées, dont la tonalité est généralement héroïque et sentimentale, Scarron mêle des épisodes les plus comiques, autour d'un personnage nain et niais, Ragotin, sorte de miroir dérisoire de Scarron lui-même, dont le corps malade était atrophié et contrefait.

Particularités narratives[modifier | modifier le code]

La structure du Roman comique repose aussi sur la variété de ses instances narratives.

Le narrateur du récit cadre, omniscient et externe, s'adresse régulièrement au lecteur. Scarron le constitue en conteur, recourant à de nombreuses marques d'oralité, mettant en scène des interruptions du récit, des réflexions adressées au lecteur et exhibant des choix narratifs : ainsi quand Ragotin raconte l'histoire de l'amante invisible, le narrateur informe le lecteur qu'il prendra en charge le récit lui-même, pour éviter au lecteur les fantaisies narratives du personnage.

Les récits enchâssés font l'objet d'une délégation de la parole narrative : dans les récits rétrospectifs, les narrateurs-personnages adoptent une focalisation interne et emploient la première personne du singulier pour parler d'eux-mêmes ; dans les histoires espagnoles, les narrateurs-personnages adoptent une focalisation externe, puisqu'ils n'ont aucune part à l'histoire qu'ils racontent.

Les personnages[modifier | modifier le code]

On peut considérer Le Destin et L'Étoile comme étant les personnages principaux. C'est un couple d'amoureux qui a intégré la troupe afin de fuir des problèmes d'argent. On trouve également La Rancune, qui est un personnage misanthrope et malicieux ; La Caverne et sa fille Angélique, ainsi que Léandre, jeune homme enrôlé pour suivre Angélique dont il est tombé amoureux. Ragotin est le personnage farcesque et bouffon par excellence : c'est un nain au tempérament vaniteux et colérique. Quant à Madame Bouvillon, elle est la figure de la matrone, femme d'un certain âge, grosse, assez laide et d'allure vulgaire.

Il aurait d'autre part immortalisé l’acteur Philandre sous les traits de Léandre, le valet de Garrigues, et sa femme sous ceux d'Angélique, dont Léandre est amoureux.

Thèmes principaux[modifier | modifier le code]

La comédie et les comédiens[modifier | modifier le code]

L'œuvre constitue également un témoignage intéressant et pittoresque des mœurs de l'époque, ainsi que l'organisation d'une troupe de théâtre. On y découvre ainsi le choix des pièces jouées, l'engouement du peuple pour ces représentants des arts ainsi que des conditions de vie nécessaires aux voyages de la troupe.

Le voyage[modifier | modifier le code]

Le voyage est le thème fondateur de cette œuvre et témoigne de sa filiation picaresque. La troupe devient alors un pícaro qui, pour manger, va enchaîner les aventures.

Fortune littéraire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laffont, Bompiani, Le Nouveau Dictionnaire des œuvres de tous les temps et de tous les pays, Bompiani, Laffont, 1994, t. I, p. 850.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claudine Nédélec, Scarron. Le Roman comique, Paris, Atlande, , 314 p. (ISBN 978-2-35030-535-6)
  • Jean Serroy, Roman et réalité : les histoires comiques au XVIIe siècle, Paris, Minard, , 777 p. (ISBN 2-85210-009-6)
  • (en) Joan de Jean, Scarron's Roman comique: a comedy of the novel, a novel of comedy, Bern, Peter Lang,
  • Pierre Bornecque, « Le Comique et le Burlesque dans Le Roman comique de Scarron », XVIIe siècle, n°110-111,‎ , p. 25-43 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]