Bas-Poitou

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Situation du Bas-Poitou dans le Poitou.

Le Bas-Poitou est l'ancienne division du Poitou, correspondant à sa partie occidentale.

Elle représente approximativement la Vendée actuelle et l'ouest des Deux-Sèvres, la Gâtine (du vieux françique wōstinna) ; la Vendée y prend sa source.

Géographie[modifier | modifier le code]

Partie géologique sud du Massif armoricain, les hauteurs des Monts et Puys de Vendée atteignent jusqu'à 290 mètres à Saint-Michel-Mont-Mercure, 269 mètres au puy Crapaud et, dans la Gâtine, 271 mètres au Terrier de Saint-Martin-du-Fouilloux ; L'Absie, à 259 mètres d'altitude est le plus haut bourg des Deux-Sèvres.

Carte géologique du nord-ouest de la France. Le Poitou est situé en bas de carte.
La province du Poitou au XVIIIe siècle, et les communes actuelles.

Paysage typique de bocage de l'Ouest de la France, fait d'une succession de champs entourés de haies, ce paysage est surtout propice à l'élevage.

La plaine vendéenne est située entre le littoral de l'océan Atlantique, le marais poitevin, et les bocages du massif granitique. Elle présente aujourd'hui encore un paysage de grande culture céréalière.

En 1242, sous l'autorité d'Alphonse de Poitiers, Fontenay-le-Comte devient la capitale du Bas-Poitou.

En 1317 Luçon, évêché par la volonté du pape Jean XXII, est devenue capitale ecclésiastique du Bas-Poitou.

En 1804, Napoléon décide de déplacer la capitale au centre du territoire, La Roche-sur-Yon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte des langues d'oïl. Le saintongeais est très proche du poitevin.

Formée dès l'Empire romain, en Gaule vers -52 av J.C. , cette région agglomère les peuples gaulois des Ambilatres et des Pictons.

Après le passage des Vandales, les Wisigoths, issus des Goths, entrent dans l'Empire romain lors des grandes invasions vers le Ve siècle. Ils créent le royaume wisigoth, qui durera en Poitou jusqu'en 507, où Clovis défait Alaric II et les wisigoths durant la bataille de Vouillé près de Poitiers.

Les Francs Saliens forment alors un groupe occidental qui s'est en partie fondu dans les territoires gallo-romains au parler roman, devenant ainsi la langue d'oïl. Ils s'installent de façon certaine en Deux-Sèvres dès l'époque des mérovingiens et jusqu'à l'île de Noirmoutier, puis, au tout début de l'époque carolingienne. Ils exploitent les mines de Melle de 602 jusqu'à ~ 995, situées sous la ville et aux alentours, ces mines fournissent la part la plus importante de l'argent produit dans l'Empire. Après l'ère du plomb sous Dagobert Ier, et la fin des mérovingiens avec Childéric III, les francs utilisent alors l'argent pour leur monnaie, deux types de monnaies d'argent y sont frappés : l'obole et le denier sous Pépin le BrefCharlemagne avec son monogramme, Louis le Pieux, Charles le Chauve.

Le nom de « Gâtine », superficie d'à peu près le tiers central du Poitou et qui est situé au nord-ouest de Melle, est directement issu de la présence des Francs saliens à cette époque, d'où l'influence du vieux bas francique sur la toponymie et l'étymologie des noms de familles toujours présentes, aux racines d'origine germanique, encore traduisible de nos jours, tantôt en néerlandais, tantôt en allemand.

Les Vikings (souvent appelés Normands dans la bibliographie ancienne) menés par leur chef Hasting [1] attaquent, puis occupent à la fin du VIIIe siècle les îles du Bas-Poitou : Yeu et Noirmoutier. Ils s'en servent ensuite de bases arrières pour leurs actions, en remontant les cours des fleuves et réseaux hydrographiques de l'Ouest de la France, détruisant les monastères de Luçon et de Saint-Michel-en-l'Herm, jusqu'à piller Melle et Poitiers de 852 à 865.

Sous l'Ancien Régime, la culture y est globalement la même qu'en Haut-Poitou : région de langue d'oïl, le Poitevin est la langue couramment parlée.

François Rabelais rejoint l'ordre franciscain au couvent du Puy Saint-Martin à Fontenay-le-Comte en 1520, où il étudia le Grec et le Latin, ainsi que les sciences, la philologie et le droit. Il y poursuit ses études et fréquente les beaux esprits de la cité dans les salons du célèbre légiste André Tiraqueau. Il y rencontre l’évêque de l’abbaye bénédictine de Maillezais, Geoffroy d’Estissac. De franciscain, dont l’autorité de l’ordre ne lui convenait guère, il devient bénédictin mais en réalité le secrétaire particulier de Geoffroy d’Estissac. C’est un moine en « demi-congé »[2]. Le langage poitevin influence dès lors le style de la verve rabelaisienne[3].

Pour autant, du fait de la proximité de l'Atlantique, le Bas-Poitou a été beaucoup plus influencé que le reste de la province poitevine par des apports normands, bretons, anglais, hollandais, basques et espagnols, dans une moindre mesure toutefois que la ville portuaire de Nantes et l'estuaire nantais, par exemple.

Un nombre assez important de Poitevins, souvent au départ du port de La Rochelle, ont émigré vers les Antilles et La Réunion, le Québec, l'Acadie et la Louisiane, où les Acadiens sont devenus les Cajuns ; des Acadiens réfugiés du « grand dérangement » de 1755 s’installent à Belle-Île, contribuant à établir ainsi des liens importants entre le Poitou et toutes ces régions.

La guerre de Vendée, à ne pas confondre avec la chouannerie qui s'inscrit aussi dans la période de la Révolution française, est la guerre civile qui opposa dans l'Ouest de la France les révolutionnaires républicains (bleus) aux vendéens royalistes (blancs) entre l'an I et l'an IV (1793 et 1796).

Marais breton[modifier | modifier le code]

Situé au nord-ouest, vers Challans, sur le littoral de l'océan Atlantique, le marais breton marque la limite entre deux anciennes provinces françaises, la Haute-Bretagne et le Bas-Poitou.

Il s'étend sur 45 000 hectares, comprenant un réseau de canaux (étiers), des prairies humides et des polders. Il s'étend, du nord au sud, des communes des Moutiers-en-Retz à Saint-Gilles-Croix-de-Vie sur le littoral et de Machecoul-Saint-Même à Challans dans les terres, à l'est.

Marais poitevin[modifier | modifier le code]

Passerelle au-dessus d'un canal dans la « Venise verte » - Le Marais Poitevin
Passerelle au-dessus d'un canal dans la « Venise verte » : Le Marais Poitevin

Situé au sud, vers Luçon, Fontenay-le-Comte, Niort, le marais poitevin débouche dans la baie de l'Aiguillon, et la Rochelle sur le littoral de l'océan Atlantique,

Après dons et concessions faits par de grands seigneurs féodaux aux abbayes alentour, les abbayes de Maillezais, de Nieul-sur-l'Autisel'AbsieSaint-MaixentSaint-Michel-en-l'Herm, et Moreilles, ou encore le monastère de Luçon ont aménagé le marais poitevin à partir du VIIe siècle ; aménagé, drainé, asséché, canalisé, fait de prairies humides, de polders et d'un important réseau de canaux (étiers) permettant le transport de marchandises (denrées agricoles et vins) facilitant le commerce avec le port de la Rochelle, notamment.

La « Venise verte » s'étend ainsi sur environ 100 000 hectares.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

  • Le jambon (de Vendée) Frotté au sel de Noirmoutier, badigeonné d’eau-de-vie de prune ou de poire et généreusement aromatisé aux herbes et aux épices, puis mis au séchage pendant plusieurs mois, le jambon cru de Vendée tire de ce singulier procédé sa saveur typique.
  • Les lumas[4] Escargots Petit-gris cuisinés historiquement dans le Bas-Poitou.
  • Les grenouilles
  • Les écrevisses
  • Les anguilles vivent dans toute rivière ou ruisseau participant au réseau hydrographique du territoire, jusque dans le marais poitevin. Elle traversent l'Atlantique pour se reproduire dans la mer des Sargasses et revenir dans nos rivières.
  • La mogette est un tendre haricot blanc rapporté précieusement au XVIème siècle d’Amérique du Sud par des navigateurs qui l’offrirent au Pape Clément VII. Des moines, chargés d’étudier les conditions optimales à son acclimatation, découvrirent en périphérie du marais poitevin l’environnement propice à sa culture.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Yvon Vasselot, chevalier à Rennes avant 1340, auquel la rue Vasselot à Rennes doit son nom.

François Rabelais, étudie à Fontenay-le-Comte en 1520.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dillange, Michel., Les comtes de Poitou : ducs d'Aquitaine (778-1204), Geste éditions, (ISBN 2910919099, OCLC 35212897, lire en ligne)
  2. « François Rabelais un boulimique de connaissance - Accueil Vendée », sur http://www.accueil-vendee.com
  3. Faustin Poëy-d'Avant, De l'influence du langage poitevin sur le style de Rabelais ..., Techener, (lire en ligne)
  4. « luma — Wiktionnaire », sur fr.wiktionary.org (consulté le 28 août 2017)