Charles de Mayenne

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Charles de Lorraine
Mayenne-charles.jpg

Charles, duc de Mayenne (vers 1580)

Titre de noblesse
Duc de Mayenne
-
Successeur
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 57 ans)
SoissonsVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
AristocrateVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Mère
Frères
Sœur
Conjoint
Henriette de Savoie-Villars (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Autres informations
Distinctions
Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit (d)
Chevalier de l'ordre de Saint-Michel
Amiral de FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Armoiries ducs de Mayenne.svg

Charles de Mayenne

Charles (II) de Lorraine[1], duc de Mayenne ( à Alençon - à Soissons), est un noble français de la maison de Guise et un chef militaire de la Ligue pendant les guerres de Religion.

Il est le frère cadet du duc Henri de Guise. Capitaine de guerre durant les guerres de Religion, il participe à plusieurs campagnes militaires sous le règne d'Henri III. Gouverneur de Bourgogne, il possède à la cour de France la charge honorifique de grand chambellan. Après l'assassinat de ses frères en 1588, il prend la tête de la Ligue mais, à la suite de plusieurs défaites (Arques, Ivry, Fontaine-Française), il fait sa soumission au roi Henri IV en 1595.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le second fils de François Ier, duc de Guise, et d'Anne d'Este, et donc le frère d’Henri Ier de Guise le Balafré.

Le capitaine obéissant du roi[modifier | modifier le code]

Impatient de se battre, Charles quitte à 18 ans le royaume de France pour aller affronter les Turcs au sein de la Sainte-Ligue[2]. Il arrive trop tard pour participer à la bataille de Lépante. De retour dans son pays, il bénéficie de la mort de son oncle Claude de Lorraine en le remplaçant comme gouverneur de Bourgogne et grand chambellan du roi. Cette même année, en 1573, Charles IX érige son marquisat de Mayenne en duché-pairie[3].

En 1576, son mariage avec Henriette de Savoie-Villars, fille du maréchal de Villars, lui assure d'importantes ressources[3]. Quand son beau-père meurt, le duc de Mayenne hérite de sa charge d'amiral de France qu'il tient jusqu'en 1582, quand duc de Joyeuse, l’un des deux « archimignons » d’Henri III, lui est préféré.

Lors des guerres de Religion, il se montre un obéissant commandant de l'armée royale. Il prend Brouage, place forte huguenote lors de la sixième guerre de religion (1577)[4], et enlève La Mure aux protestants du Dauphiné en 1580 lors de la septième[5].

Le Ligueur[modifier | modifier le code]

Dès 1584, Henri de Guise refonde la Ligue pour en prendre la tête[6]. Ses frères dont le duc de Mayenne le soutiennent ; Ensemble, ils signent le mystérieux traité de Joinville le 17 janvier 1585, une alliance entre l'Espagne et les Guise dans le but de soutenir les prétentions du cardinal de Bourbon à la succession au trône de France[7],[8]. Pour les conjurés, il est hors de question d'accepter le protestant Henri de Navarre comme successeur.

Le roi Henri III maintient toutefois Charles dans un commandement militaire. Accompagné de Matignon, le Ligueur est envoyé combattre les protestants dans l'ouest et le sud-ouest (Dordogne, Montségur). Il se trouve en Dauphiné quand il apprend l'assassinat de ses deux frères les 23 et 24 décembre 1588. Après s'être assuré du soutien de la Bourgogne, son gouvernement, il se dirige vers Paris, où les Ligueurs, en quête d'un nouveau chef, l'attendent impatiemment[9].

Dans la capitale, le duc de Mayenne, paré du titre inédit de lieutenant général de l'État et Couronne de France, met en place un véritable contre-État ligueur, notamment en s'entourant d'un conseil de gouvernement[9],[10]. Il s'appuie sur le Conseil général de l'Union, cinquante-quatre représentants de la noblesse, du clergé et du tiers-état. Henri III essaie de négocier avec ce nouveau chef de la Ligue. En vain. Le roi faillit même être capturé par son adversaire à Tours. Le duc de Mayenne échoue cependant à empêcher le souverain et Henri de Navarre à s'approcher de Paris pour en faire le siège. Il se résout, semble-t-il, à organiser l'assassinat d'Henri III, par le religieux Jacques Clément[11]. Le roi meurt d'un coup de couteau le 2 août 1589. Le contesté Henri de Navarre lui succède.

Henri IV le vainc à Arques (1589) et à Ivry (1590) mais le duc tient Paris. En décembre 1591, il fait pendre les dirigeants les plus extrémistes de la Ligue parisienne qui, eux, venaient de faire pendre Barnabé Brisson, premier président du Parlement de Paris, scellant ainsi la rupture entre la Ligue nobiliaire et la Ligue urbaine. En juin 1592, il convoque les États généraux qui se réunissent à Paris en 1593 afin de désigner un souverain catholique à la place d'Henri IV. Les manœuvres du duc de Mayenne échouent notamment parce que le Béarnais fait savoir son désir de se convertir. Le , allié à une armée espagnole, le duc est une nouvelle fois battu par Henri IV à la bataille de Fontaine-Française. Cette défaite et le ralliement de nombreux princes incitent Mayenne à faire acte de soumission solennelle à Henri IV en novembre 1595, en échange de 2 640 000 livres[12] et de trois places de sûreté (Seurre, Soissons, Chalon-sur-Saône) pour six ans[13]. Il conserve son titre honorifique de grand chambellan mais perd le gouvernement de Bourgogne. En janvier 1596, l'édit de Folembray consacre ce ralliement négocié.

Il acquiert l'Hôtel de Mayenne à Paris en 1605.

Portrait[modifier | modifier le code]

Au point de vue militaire, c'est un capitaine expérimenté mais dépourvu de génie[3]. Ses défaites lors des batailles d'Arques et d'Ivry démontrent de piètres qualités militaires mais, à sa décharge, la faible qualité de ses soldats, notamment les milices urbaines, ne l'aide pas dans ces moments critiques[14]. Au fil de sa carrière, le duc s'affirme de plus en plus brutal.

Bien que Charles se montre solidaire de ses frères, le cardinal et Henri de Guise, dans la défense du lignage et le combat politique, une sourde rivalité pointe entre ce dernier et lui à partir de 1584[3]. Autant Henri a du charisme et des manières agréables, autant Charles séduit difficilement les foules d'autant qu'il s'empâte et acquiert une réputation de pingrerie[15];[16]. Sans grand sens politique, ni esprit de décision, il est défiant et rusé[17].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il a épousé, le , Henriette de Savoie-Villars († 1611), fille du maréchal de Villars. Ils avaient eu :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les historiens ont donné à ce duc le titre de Charles II car il est le deuxième Charles à être seigneur de Mayenne. Le précédent était Charles Ier, duc baillistre de Bretagne et baron de Mayenne, également appelé Charles de Blois (fils du comte de Blois).
  2. Boucher 1998, p. 1088
  3. a, b, c et d Boucher 1998, p. 1089
  4. Le Roux 2014, p. 218
  5. Le Roux 2014, p. 222
  6. Garrisson 1991, p. 116
  7. Garrisson 1991, p. 117-118
  8. Le Roux 2014, p. 238
  9. a et b Boucher 1998, p. 1090
  10. Le Roux 2014, p. 274
  11. Boucher 1998, p. 1090-1091
  12. Pierre Miquel, Les Guerres de Religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8) p. 394
  13. Nicolas Le Roux, Les guerres de Religion 1559-1629, Belin, 2009, p. 314
  14. Constant 1990, p. 222
  15. Boucher 1998, p. 1089-1090
  16. Le Roux 2014, p. 236
  17. Henri Drouot, Mayenne et la Bourgogne : étude sur la Ligue (1587-1596), éditions Picard, 1937

Bibliographie[modifier | modifier le code]