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François Fillon

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François Fillon
François Fillon en 2010.
François Fillon en 2010.
Fonctions
Député français

(5 ans)
Élection 17 juin 2012
Circonscription 2e de Paris
Législature XIVe
Groupe politique R-UMP, UMP puis LR
Prédécesseur Jean Tiberi
Successeur Gilles Le Gendre
Président du groupe Rassemblement-
UMP
à l'Assemblée nationale

(1 mois et 20 jours)
Prédécesseur Création du groupe
Successeur Dissolution du groupe
Ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement

(2 mois et 17 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon III
Prédécesseur Nathalie Kosciusko-Morizet
Successeur Nicole Bricq
Premier ministre français

(4 ans, 11 mois et 23 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon I, II et III
Législature XIIIe
Coalition Majorité présidentielle
UMP - NC - RAD - LGM - MPF - CPNT
Prédécesseur Dominique de Villepin
Successeur Jean-Marc Ayrault
Sénateur de la Sarthe

(1 an, 8 mois et 30 jours)
Élection 26 septembre 2004
Prédécesseur Jacques Chaumont
Successeur Jean-Pierre Chauveau
Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

(1 an et 2 mois)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin III
Prédécesseur Luc Ferry (Éducation nationale et Recherche)
François Loos (Enseignement supérieur, ministre délégué)
Successeur Gilles de Robien
Ministre des Affaires sociales, du Travail
et de la Solidarité

(1 an, 10 mois et 23 jours)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin I et II
Prédécesseur Élisabeth Guigou
Successeur Jean-Louis Borloo
Président du conseil régional
des Pays de la Loire

(4 ans, 1 mois et 26 jours)
Prédécesseur Olivier Guichard
Successeur Jean-Luc Harousseau
Ministre délégué à la Poste,
aux Télécommunications et à l'Espace

(1 an, 6 mois et 26 jours)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Alain Juppé II
Prédécesseur Lui-même (ministre)
Successeur Christian Pierret
Ministre des Technologies
de l'Information
et de la Poste

(5 mois et 20 jours)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Alain Juppé I
Prédécesseur José Rossi
Successeur Franck Borotra
Ministre de l'Enseignement supérieur
et de la Recherche

(2 ans, 1 mois et 11 jours)
Président François Mitterrand
Gouvernement Édouard Balladur
Prédécesseur Jacques Valade (Enseignement supérieur, ministre délégué, indirectement)
Hubert Curien
(Recherche)
Successeur François Bayrou
Président du conseil général de la Sarthe

(5 ans et 11 mois)
Prédécesseur Michel d'Aillières
Successeur Roland du Luart
Président de la commission de la Défense
de l'Assemblée nationale

(2 ans, 1 mois et 6 jours)
Législature VIIIe
Coalition Louis Darinot
Successeur Jean-Michel Boucheron
Député français

(29 jours)
Réélection 10 juin 2007
Circonscription 4e de la Sarthe
Législature XIIIe
Groupe politique UMP
Prédécesseur Marc Joulaud
Successeur Marc Joulaud

(5 ans, 1 mois et 18 jours)
Réélection 1er juin 1997
Circonscription 4e de la Sarthe
Législature XIe et XIIe
Groupe politique RPR
Prédécesseur Pierre Lefebvre
Successeur Marc Joulaud

(11 ans, 9 mois et 29 jours)
Élection 14 juin 1981
Réélection
Circonscription 1981-1986 : 4e de la Sarthe
1986-1988 : Sarthe
1988-1993 : 4e de la Sarthe
Législature VIIe, VIIIe, IXe et Xe
Groupe politique RPR
Prédécesseur René Pailler
Successeur Pierre Lefebvre
Conseiller général de la Sarthe

(17 ans, 1 mois et 26 jours)
Élection
Réélection
Circonscription canton de Sablé-sur-Sarthe
Président Michel d'Aillières
Lui-même
Prédécesseur Joël Le Theule
Successeur Pierre Touchard
Biographie
Nom de naissance François Charles Amand Fillon[N 1]
Date de naissance (63 ans)
Lieu de naissance Le Mans, Sarthe, France
Nationalité française
Parti politique RPR, UMP puis LR
Mère Anne Fillon
Fratrie Dominique Fillon
Pierre Fillon
Conjoint Penelope Kathryn Clarke
Diplômé de Université du Maine
Université Paris-Descartes

Signature de François Fillon

François Fillon
Premiers ministres français

François Fillon (prononcé [fʀɑ̃ˈswafiˈjɔ̃]), né le au Mans (Sarthe), est un homme d'État français. Il est successivement membre du Rassemblement pour la République (RPR), de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) et des Républicains (LR).

Entré en politique en tant qu'assistant parlementaire du député Joël Le Theule, il reprend le fief électoral de ce dernier dans la Sarthe, où il exerce, entre 1981 et 2007, les mandats de député, de maire de Sablé-sur-Sarthe, de président du conseil général, puis de sénateur. Il est également, de 1998 à 2002, président du conseil régional des Pays de la Loire. Des dernières années 1980 à la fin des années 1990, il est proche de Philippe Séguin et du « gaullisme social ».

Il est ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement d'Édouard Balladur (1993-1995), puis ministre des Technologies de l'Information et de la Poste (1995) et ministre délégué chargé de la Poste, des Télécommunications et de l'Espace (1995-1997) dans les deux gouvernements d'Alain Juppé. Après la réélection de Jacques Chirac à l'Élysée, François Fillon est ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité (2002-2004) ; il accomplit des réformes structurelles sur la durée du travail et sur les retraites. En tant que ministre de l'Éducation nationale et « numéro deux du gouvernement » (2004-2005), il fait voter la loi Fillon pour l'éducation.

Le , à la suite de la victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, il est nommé Premier ministre. Unique chef de gouvernement du quinquennat, il conduit trois gouvernements et quitte ses fonctions le , après la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. Il est le deuxième Premier ministre, après Georges Pompidou, dans l'ordre de durée de présence en continu à Matignon sous la Cinquième République.

Il est élu député de Paris en juin 2012. Candidat à la présidence de l'UMP en novembre 2012, il conteste les résultats annoncés par les instances du parti qui placent Jean-François Copé à sa tête ; après plusieurs mois de conflit, il finit par conclure un accord avec Copé.

Il se porte candidat à la primaire présidentielle de la droite et du centre de 2016, qu'il remporte face aux favoris Alain Juppé et Nicolas Sarkozy en défendant un programme libéral-conservateur et une image de probité. Il devient le favori de l'élection présidentielle de 2017, mais sa campagne est mise en question par des révélations de la presse, puis des poursuites judiciaires l'impliquant avec son épouse. Il termine en troisième position du premier tour, avec 20,01 % des voix, ce qui empêche la droite parlementaire d'être présente au second tour d'une élection présidentielle pour la première fois sous la Cinquième République. Il se met dès lors en retrait de la vie politique.

Sommaire

Éléments personnels

Famille

François Charles Amand Fillon est le fils de l'historienne et professeur d'université Anne Soulet (1932-2012), originaire du Pays basque[1], et de Michel Fillon, notaire originaire de Vendée (Les Essarts). Tous deux ont été militants gaullistes[2].

Aîné de quatre garçons, François Fillon grandit, avec ses trois frères, Pierre, Dominique et Arnaud[3] (mort à 18 ans dans un accident[4]), dans la petite ville de Cérans-Foulletourte, dans la Sarthe, où il fréquente l'école communale.

En famille, François prend fait et cause pour sa mère quand la discussion devient orageuse, surtout au retour des traditionnelles vacances en Espagne encore franquiste. Le père, homme d'ordre, disait « au moins ça marche », la mère et le fils tempêtaient contre le dictateur, « je quittais la table avant la fin du repas »[5].

En face de l'école des garçons, l'hôtel-restaurant du Croissant est, dans les années 1960, le siège de l'écurie Austin-Healey pendant les 24 Heures du Mans : dès la fin des cours, le jeune François y admire les Austin-Healey, et y développe une passion pour cette course automobile. Il assiste à cette course dès 1955 avec son grand-père, engagé comme garagiste depuis les années 1920[6]. Son frère Pierre, passionné lui aussi, devient, en 2012, président de l'Automobile Club de l'Ouest, association organisatrice des 24 Heures du Mans et du championnat du monde d'endurance FIA.

Attiré par l'action, passionné de randonnée en montagne et d’alpinisme, il s'engage chez les scouts et, à l'âge de dix-sept ans, prend la direction d'une troupe[7].

Durant ses études il rencontre sa future femme, Penelope Clarke, née le à Llanover au sud-est du pays de Galles, en Grande-Bretagne. Tous deux, issus de familles de juristes, sont étudiants en droit à la Sorbonne[8]. Ils se marient le 28 juin 1980 et auront cinq enfants, Marie (1982), avocate[9], Charles (1984), avocat[10], Antoine (1985), banquier[11], Édouard (1989), consultant chez Roland Berger Strategy Consultants[11], et Arnaud (2001), lycéen[8].

Penelope Clarke n'exerce pas son métier d'avocate et se consacre essentiellement à sa famille. Elle devient, en 2014, conseillère municipale à Solesmes, dans la Sarthe, région d'origine de François Fillon[8].

Son « château » (comme le stipule l'acte notarié[12]) ou « manoir »[13] de Beaucé, est situé dans la commune de Solesmes[12],[14]. Il comprend notamment quatorze chambres et six hectares de terrain[15],[12] . François Fillon et son épouse l'ont acquis en 1984 pour la somme de 440 000 euros[14].

Études

Il étudie au collège privé de Saint-Michel des Perrais, à Parigné-le-Pôlin, d'où il est exclu provisoirement pour avoir jeté une ampoule lacrymogène en plein cours[7].

Il est inscrit ensuite au lycée Notre-Dame de Sainte-Croix, au Mans, d’où il est exclu pendant quelques jours pour indiscipline (pour avoir mené un rassemblement d'élèves demandant la démission d'un professeur d'anglais, qu'il jugeait incompétent) avant d'être réintégré[7],[16]. Au cours de sa scolarité, ses bulletins scolaires décrivent un élève cancre et indiscipliné, acceptant mal l'autorité[17].

Il obtient en 1972 un baccalauréat littéraire de justesse[18]. Il envisage à l'époque de devenir journaliste et effectue pendant deux ans des stages d'été à l’AFP, un premier de trois mois auprès de l'agence AFP d’Espagne[19],[20], un second, durant l'été 1973, à l’agence AFP de Bruxelles.

Il poursuit des études supérieures à l’université du Maine, au Mans, où il est l'élève de Christian Philip[21]. Il y obtient une maîtrise de droit public en 1976 (à 22 ans). L'année suivante, il obtient un diplôme d'études approfondies (DEA) en droit public de l’université Paris-Descartes[22].

Carrière politique

Débuts

En 1976, il entre dans la sphère politique comme assistant parlementaire de Joël Le Theule, député de la Sarthe, figure du gaullisme social[23],[24], et ami de longue date de la famille Fillon[25]. Il dirige la campagne électorale de ce dernier, réélu lors des élections législatives de 1978. En 1977, il adhère au Rassemblement pour la République (RPR) fondé par Jacques Chirac. De 1977 à 1978, il est le chef-adjoint du cabinet de Joël Le Theule, ministre des Transports puis en 1980, après avoir effectué son service militaire, conserve les mêmes fonctions lorsque Joël Le Theule devient ministre de la Défense.

Le 14 décembre 1980, François Fillon est témoin du décès du ministre de la Défense Joël Le Theule, victime d'un malaise cardiaque[Kelly 1],[26]. Les médecins auraient tenté pendant trois heures de le réanimer, sans succès[26]. En 1981, il devient chef du service des travaux législatifs et parlementaires au cabinet d'André Giraud, ministre de l'Industrie.

Le 17 avril 1981, son frère Arnaud Fillon, dix-huit ans, trouve la mort dans un accident de voiture[Kelly 2].

Après la mort de Joël Le Theule, François Fillon reprend progressivement les mandats de son ancien mentor[23]. Il est d'abord élu conseiller général de la Sarthe, dans le canton de Sablé-sur-Sarthe en février 1981 avec 76 % des voix.

Ascension politique locale et nationale

En juin 1981, il est élu député de la 4e circonscription de la Sarthe dès le premier tour, avec 50,14 % des voix, et reprend ainsi le siège de député de Joël Le Theule. À 27 ans, il est alors le benjamin de l'Assemblée nationale[27].

François Fillon se rapproche de Philippe Séguin, autre jeune député de droite élu en pleine vague socialiste[28]. Ils font alors partie du « Cercle », une association de jeunes députés libéraux ou partisans d'un « gaullisme social » et dans laquelle on retrouve également François d'Aubert, Charles Millon et Michel Noir. Philippe Séguin devient son nouveau mentor en politique, d'autant plus que les relations de François Fillon avec Jacques Chirac, président du RPR, sont médiocres[réf. nécessaire].

Après les élections municipales de 1983, François Fillon est élu maire de Sablé-sur-Sarthe, sa liste ayant recueilli 68,05 % des voix au premier tour. Il conduit la liste RPR dans la Sarthe lors des élections législatives au scrutin proportionnel du , et est réélu député ; il devient président de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées jusqu'à la fin de la législature, étant ainsi le plus jeune président de commission de la Ve République[29][réf. insuffisante]. Il se fait le partisan d'une armée de métier, aborde le problème du vieillissement des Mirage IV, les avantages de la bombe à neutrons[30][réf. insuffisante].

Il est réélu député dès le premier tour en juin 1988, alors qu'un mois plus tôt, lors de l'élection présidentielle, sa circonscription avait voté François Mitterrand. Il fait alors partie des « rénovateurs », aux côtés de Philippe Séguin, Michel Noir, Charles Millon, Philippe de Villiers, Bernard Bosson, Michel Barnier, Alain Carignon, François Bayrou, Étienne Pinte et Dominique Baudis[28].

En 1990, l'échec des rénovateurs lui coûte sa place au bureau national du RPR[28]. Lors du congrès du mouvement néo-gaulliste durant l’hiver 1990, il suit Philippe Séguin dans son alliance avec Charles Pasqua visant à contester la présidence du RPR à Jacques Chirac et le secrétariat général à Alain Juppé. Quand Charles Pasqua fonde l'association Demain la France en 1991, Fillon fait partie du comité d'orientation. Le but de l'alliance est alors de rénover le gaullisme, en restaurant l'idée de souveraineté nationale. Lors du congrès du RPR, la liste Pasqua-Séguin remporte 30 % des suffrages contre 70 % à la liste Chirac-Juppé[réf. nécessaire].

Durant l’été 1992, il soutient la campagne de Philippe Séguin contre la ratification du traité de Maastricht (mais n'est pas présent au vote parlementaire[31]). Séguin défend alors à l'Assemblée nationale la conception gaullienne de l’Europe des nations[32], et dénonce notamment l’établissement d'une monnaie unique avant l’attribution d'institutions politiques à l’Europe, ainsi que l'absence de politique économique et sociale. La courte victoire du vote en faveur du référendum sur le traité de Maastricht (51,04 %) est considéré par les commentateurs politiques comme une demi-victoire des opposants au traité. En avril 1992, François Fillon est élu président du conseil général de la Sarthe par 16 voix contre 15 à Roland du Luart, ce qui constitue une surprise[23]. À 38 ans, il est alors l'un des plus jeunes présidents de conseil général de France.

Ministre des gouvernements Balladur et Juppé

Lors des élections législatives de 1993, il est réélu dès le premier tour avec 58,58 % des voix. François Fillon entre ensuite au gouvernement Édouard Balladur où il devient ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Il plaide à cette fonction en faveur de l'autonomie des universités et souhaite séparer la formation des professeurs des écoles de celle des professeurs du secondaire. Finalement, sa loi sur les universités est censurée par le Conseil constitutionnel et sa réforme de la filière technologique est retirée.

En 1995, contrairement à Séguin qui choisit de soutenir Jacques Chirac, Fillon prend position en faveur d’Édouard Balladur lors de l'élection présidentielle. En dépit de l'échec de Balladur et de la victoire de Chirac, il est avec Michel Barnier et François Bayrou l'un des rares balladuriens dans le premier gouvernement d'Alain Juppé en 1995 sous la présidence de Jacques Chirac. Le , François Fillon devient le nouveau ministre des Technologies de l'information et de la Poste[33] puis en novembre 1995, ministre délégué à la Poste, aux Télécommunications et à l'Espace[34]. Il est alors chargé de la modernisation de France Télécom, notamment de la gestion de la fin de son monopole et de la transformation du statut de cette entreprise publique. Il fait voter la fin de son monopole et le principe d'ouverture de son capital, qui sera réalisé par le gouvernement de Lionel Jospin.

En 1996, il propose un amendement à la loi de réglementation des télécommunications (dit « amendement Fillon ») visant notamment à rendre les fournisseurs d’accès pénalement responsables des contenus des services ayant fait l’objet d’un avis défavorable du Comité supérieur de la télématique (émanation du CSA) et donc à censurer de façon indirecte Internet. Cet amendement a été censuré par le conseil constitutionnel le 23 juillet 1996[35],[36].

François Fillon est réélu député en juin 1997 au second tour, face à Gérard Saudubray avec 52,7 % des suffrages exprimés[37].

Rapprochement avec Jacques Chirac

Philippe Séguin décide alors de se présenter à la présidence du RPR et se rapproche de Nicolas Sarkozy pour contrer Alain Juppé. En juillet 1997, Séguin est élu président du RPR avec 78 % des voix et Sarkozy devient secrétaire général[38],[39]. François Fillon fait partie de la garde rapprochée de Séguin et devient secrétaire national du RPR, chargé des fédérations puis porte-parole de la commission exécutive.

En 1998, en concurrence avec l’ancien ministre des Affaires étrangères Hervé de Charette, il est élu président du conseil régional des Pays de la Loire en prenant la succession d'Olivier Guichard, gaulliste historique et président depuis 1974 qui lui apporte son soutien[23].

En 1999, quand Séguin démissionne soudainement de la présidence du RPR peu de temps avant les élections européennes[40], Fillon soutient et seconde Nicolas Sarkozy, président par intérim, aux côtés de Roger Karoutchi, un autre séguiniste. L'échec de la liste RPR/DL aux élections européennes, arrivée derrière celle menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers, conduit le RPR à se réorganiser. Les 50 000 militants du mouvement gaulliste sont alors appelés pour la première fois à élire leur président, lors d'une consultation organisée le 20 novembre et le 4 décembre 1999[41]. Bien qu'ayant d'abord apporté son soutien à Nicolas Sarkozy encore hésitant sur l’idée de concourir au poste, François Fillon décide finalement de se présenter à la présidence du parti[42]. Sarkozy renonce finalement et Fillon se retrouve alors face à Jean-Paul Delevoye, Michèle Alliot-Marie et Patrick Devedjian[42]. Réalisant le score de 25 % des suffrages exprimés, Fillon n'accède pas au second tour [43]. Il apporte son soutien à Alliot-Marie qui est élue présidente du RPR[43]. Il reste conseiller politique du RPR jusqu'en mars 2001[44].

À partir de 2000, avec le soutien de Jérôme Monod[23],[45], conseiller politique à l'Élysée, Fillon se rapproche du président Jacques Chirac avec qui les rapports avaient toujours été froids. Sur le plan local, pour cause de cumul des mandats, Fillon ne se représente pas aux élections municipales à Sablé en mars 2001[46]. Il laisse à son successeur UMP, Pierre Touchard[46], une ville où le taux de chômage est inférieur à 4 %, des quartiers rénovés, plus de 40 % de logements sociaux, une gare TGV reliant la petite ville à Paris et une centaine d'entreprises spécialisées principalement dans l’agro-alimentaire, l’électronique, la métallurgie et la transformation de plastique[réf. nécessaire]. Il garde un ancrage local en devenant président de la communauté de communes de Sablé-sur-Sarthe en [47]. En tant que président du conseil régional des Pays de la Loire, il soutient tout particulièrement une plus grande coopération avec son homologue breton Josselin de Rohan (entamée en 1990 par leurs prédécesseurs respectifs, Olivier Guichard et Yvon Bourges). Il milite ainsi pour la constitution d'un « Grand Ouest » réunissant les deux régions plutôt que le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Dès juin 1999, les deux conseils régionaux sont réunis en une assemblée plénière à Rennes, tandis que les deux collectivités défendent ensemble des projets touchant le développement de leurs territoires respectifs, tels que la mise en place d'un « Pôle agro ouest » (structure de recherche commune dans le domaine de l'agroalimentaire), le lancement de programmes d'installation de réseaux de communication à haut débit, le choix de Saint-Nazaire comme l'un des sites d'assemblage du futur avion Airbus A3XX (devenu l'A380) ou encore le rapprochement des candidatures jusque là concurrentes pour le projet de LGV Ouest qui donne naissance à l'objectif commun d'une LGV Bretagne-Pays de la Loire[48][réf. insuffisante].

Au niveau national, aux côtés de Philippe Douste-Blazy, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, Fillon participe à la mise au point du programme électoral du président de la République pour la campagne présidentielle de 2002[49]. Pour la première fois, le député de la Sarthe lui apporte son soutien politique dès le premier tour d’une campagne présidentielle. Contre l’avis de la présidente du RPR[50], Michèle Alliot-Marie, du président de Démocratie libérale[50], Alain Madelin, et du président de l'UDF François Bayrou[50], François Fillon suggère à Jacques Chirac la création d'un grand parti unique présidentiel dont les prémices sont Alternance 2002 puis l'Union en mouvement (UEM)[50]. Il rédige le discours de politique générale de Jacques Chirac pour la première convention de l’UEM.

Au début de l'année 2002, François Fillon devient l'un des premiers ministrables aux côtés de Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy.

Ministre des Affaires sociales des gouvernements Raffarin I et II

Au lendemain de la réélection de Jacques Chirac, le , Jean-Pierre Raffarin est nommé Premier ministre[51]. François Fillon devient le numéro 3 du gouvernement Raffarin, derrière Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur[52]. Alors qu'il espérait obtenir le portefeuille de la Défense, François Fillon se voit attribuer celui du ministère des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité sur recommandation notamment de Nicole Notat, ancienne patronne de la CFDT, et de Jérôme Monod[53].

Il démissionne alors de son mandat de président du conseil régional des Pays de la Loire, étant remplacé par Jean-Luc Harousseau[54], et se fait réélire député (dorénavant UMP) en juin 2002, dès le premier tour de scrutin, avec 55,21 %, des voix. Étant ministre, il laisse son siège de député à son suppléant, âgé de 34 ans, Marc Joulaud.

François Fillon préside la fédération UMP de la Sarthe jusqu'à sa candidature aux élections législatives de 2012 à Paris[55],[56].

Réforme des retraites de 2003

François Fillon conduit la réforme sur le régime des retraites, qui est alors déficitaire. Cette loi étend notamment la réforme Balladur de 1993 à la fonction publique, repousse l’âge de départ à la retraite, augmente les cotisations et favorise l'épargne individuelle[57]. Le 13 mai 2003, un à deux millions de salariés manifestent à Paris et dans les grandes villes de France contre cette réforme, une mobilisation sans précédent depuis le mouvement de 1995[58].

Deux jours plus tard, le 15 mai 2003, un accord est conclu entre le gouvernement et cinq syndicats, dont la CFDT et la CGC, ce qui marque la rupture de l'unité syndicale[58]. François Fillon fait des concessions sur la gestion des longues carrières sur ordre de Jean-Pierre Raffarin. La CGT et FO, majoritaires dans la fonction publique et hostiles à l’accord, tentent sans succès des actions pour contrer l'alignement de la durée de cotisation des fonctionnaires sur celle des salariés.

Pour bénéficier d'une retraite à taux plein, la loi prévoit l'allongement à 40 années d'activités pour tous les actifs en 2008, 41 ans en 2012 et 42 ans en 2020. Le journal La Tribune estime que François Fillon est parvenu à gagner des « galons d'homme d'écoute et de dialogue », « l'estime des organisations syndicales » et qu'il a démontré « une bonne connaissance des dossiers »[59]. Selon la Caisse nationale d’assurance vieillesse, le bilan de la réforme « apparaît mitigé »[60].

Autres réformes économiques

Parallèlement, François Fillon annonce plusieurs initiatives comme le contrat initiative emploi, la création du revenu minimum d'activité (RMA), le contrat d'insertion dans la vie sociale et un train de mesures pour favoriser l'emploi des plus de 45 ans[Kelly 3].

Il conduit également un assouplissement des 35 heures (en modifiant le calcul des heures supplémentaires) et mène de front plusieurs réformes comme celles concernant les contrats jeune en entreprises pour les 16-22 ans sans qualification (en procédant à l'exonération des cotisations sociales pendant deux ans), supprimant au passage les « emplois-jeunes » créés en 1997 par Martine Aubry (380 000 jeunes concernés) et réduisant considérablement les « contrats Emploi Solidarité » de Michel Rocard (contrats aidés pour 260 000 travailleurs en situation difficile)[61], ou l’harmonisation des 6 SMIC existants (dont le niveau est relevé pour deux tiers des bénéficiaires).

L'une de ses mesures les plus impopulaires est le projet de limiter à deux ans le versement de l'allocation de solidarité spécifique pour les chômeurs en fin de droits, qui suscite de vives réactions à l'Assemblée nationale et l'indignation de François Bayrou ; Jacques Chirac fera suspendre ce projet le 1er avril 2004 avec le changement de gouvernement[61].

Canicule de 2003

La crise de la canicule européenne de 2003 occulte l'aboutissement de la réforme des retraites. François Fillon prend en charge le problème le 12 août, avec Hubert Falco, son secrétaire d'État aux Personnes âgées. Il est le premier membre du gouvernement à reconnaître les dysfonctionnements de l’État[réf. nécessaire], ce qui lui attire les critiques de Jean-Pierre Raffarin. Les médias dénoncent l'attitude de ce dernier et du ministre de la Santé, Jean-François Mattéi[Kelly 4]. En septembre, François Fillon annonce 40 millions d'euros de crédits d'urgence pour les personnes âgées (13 millions pour les services de soins infirmiers à domicile et 27 millions pour les maisons de retraite) pour financer les heures supplémentaires et les remplacements de personnels[62].

Alternative potentielle à Nicolas Sarkozy

Peu après le début du quinquennat de Jacques Chirac, François Fillon apparaît « premier ministrable ». Les médias soulignent alors ses prises de position contre Nicolas Sarkozy, membre le plus populaire du gouvernement. Quand ce dernier propose, en novembre 2003, d'instituer la discrimination positive[63], François Fillon s'y oppose en déclarant qu'elle est « techniquement, juridiquement et politiquement inconcevable »[64].

À la fin de l'année 2003, François Fillon déclare s'être senti instrumentalisé par Jacques Chirac[65] lorsqu'il se rend compte, que son train de réformes est gelé et que, notamment, sa réforme de l'ANPE et de l'Unédic, qu'il estime fondamentale, est refusée par le président de la République. Il refuse alors de poursuivre l’acharnement contre Nicolas Sarkozy quand celui-ci se présente pour succéder à Alain Juppé à la présidence de l'UMP. Son revirement transparaît quand il récuse le « tout sauf Sarkozy » dans une interview au journal Le Parisien le 12 février 2004 et reconnaît la légitimité de ce dernier à être candidat à l'élection présidentielle. Ce rapprochement avec Sarkozy, que Fillon justifie par la nécessité de conclure des alliances pour progresser, lui vaut alors l'hostilité des chiraquiens en général et de Jean-Pierre Raffarin, potentiel candidat à la présidence de l'UMP, et de Jérôme Monod en particulier. Fillon impose néanmoins ses conditions à Nicolas Sarkozy pour officialiser cette alliance et relance son association France.9. Il exige du candidat à la présidence de l'UMP que ce dernier accepte en son sein l'existence de différentes mouvances politiques. Finalement, Fillon est intégré dans la nouvelle équipe dirigeante proposée par Nicolas Sarkozy pour prendre en charge le projet de réforme des statuts de l’UMP et il participe à leur premier meeting commun à Bourges le 7 octobre 2004[Kelly 5]. Une fois Nicolas Sarkozy président de l'UMP, François Fillon devient conseiller politique de l’UMP.

Défaite aux élections régionales de 2004

Ayant dû céder la présidence du conseil régional à la suite de son entrée au gouvernement, il se représente en Pays de la Loire lors des élections régionales de mars 2004, à la tête d'une liste soutenue par Philippe de Villiers (MPF) en Vendée, par Jean Arthuis (UDF) en Mayenne et par Roselyne Bachelot en Maine-et-Loire. En 2003, il avait lancé le pôle santé Sarthe et Loir au Bailleul pour favoriser la venue de spécialistes de toutes disciplines pour que les habitants soient mieux pris en charge sur le plan médical[Kelly 6].

Au soir du premier tour, le 21 mars 2004, la liste conduite par François Fillon arrive en ballotage favorable face à la liste de gauche conduite par Jacques Auxiette alors que sur le plan national, les résultats sont une déroute pour la droite, y compris dans ses bastions autrefois traditionnels comme l’Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d'Azur ou l'Auvergne. La région Pays de la Loire est cependant considérée comme difficilement prenable par la gauche[Kelly 7].

Pourtant, le 28 mars 2004, les Pays de la Loire basculent à gauche par 52,35 % des voix contre 47,65 % à la liste de la majorité[66]. Le choc est d'autant plus rude pour François Fillon que c'est son département, la Sarthe, qui provoque son échec, la Vendée, la Mayenne et le Maine-et-Loire ayant voté majoritairement pour sa liste. Il annonce lui-même sa défaite alors que les résultats ne sont pas définitifs, en parlant de « 21 avril à l'envers », formule qui lui est ensuite reprochée par Jacques Chirac et les chiraquiens, et précise également que l'« on ne peut pas réformer sans avoir le soutien du peuple ». Lors d'une conférence de presse dans la soirée, commentant les résultats nationaux, il dit espérer que « le président de la République en tirera les enseignements »[Kelly 8].

François Fillon connaît ainsi son premier échec électoral en 23 ans de carrière. Cette défaite le retire de la liste des premiers ministrables même si, selon lui, elle ne traduit pas un rejet de la politique sociale du gouvernement, mais une impatience face aux changements trop lents à se mettre en place. Ce constat n'est pas celui de Jacques Chirac[Kelly 9].

Ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement Raffarin III

François Fillon fait partie du troisième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, formé le 31 mars 2004, après l'échec de la droite aux élections régionales. Il est nommé ministre de l’Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche[67] alors qu'il espérait toujours le portefeuille de la Défense. Encore numéro 3 du gouvernement, il en devient le numéro 2 après la démission de Nicolas Sarkozy de ses fonctions de ministre de l'Économie et des Finances, en novembre 2004.

Élection au Sénat

Le 26 septembre 2004, François Fillon est élu sénateur de la Sarthe, mais, en raison de sa présence au gouvernement, laisse son siège à son suppléant Jean-Pierre Chauveau[68],[69].

Réformes et manifestations étudiantes

Il décide d'orienter son action autour de trois priorités : l'apprentissage des fondamentaux en primaire, la lutte contre l'échec scolaire et la réussite des élèves en zones défavorisées. Il lui revient aussi de rédiger une nouvelle version de la circulaire sur les signes religieux à l'école. À la rentrée scolaire de 2004, il lance l'opération « micro-portable étudiant »[70]. Sa discrétion lui vaut d'être qualifié par le Premier ministre de « maillon faible du gouvernement »[Kelly 10].

Son grand projet pour l'école est présenté le 18 novembre 2004. Sa réforme prévoit l'enseignement d'une langue vivante dès le CE2, un nouveau baccalauréat comprenant contrôle continu et un nombre d'épreuves finales ramenées de douze à six, la suppression des travaux personnels encadrés, un brevet obligatoire pour les classes de troisième et la réhabilitation du redoublement. La refonte du baccalauréat cristallise les mécontentements[Kelly 11]. Après avoir été édulcoré sous la pression de l’Élysée, le projet de la loi Fillon est présenté le 12 janvier 2005. Il est critiqué par le Conseil supérieur de l'éducation, et les manifestations se multiplient, avec l'apparition d'autres revendications, comme celles sur le pouvoir d'achat. François Fillon est seul en première ligne et le seul soutien qu'il reçoit publiquement est celui de Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, avant que Jacques Chirac ne le soutienne officiellement. Ce dernier conseille néanmoins à son ministre de lâcher du lest. Le 10 février 2005, après que plus de 100 000 lycéens ont défilé dans les rues contre la réforme du baccalauréat, François Fillon annonce la suspension de celle-ci pour sauver le reste de son projet. Pourtant, les manifestations continuent dans le but d'obtenir le retrait de l'ensemble du projet Fillon. La loi est finalement votée et François Fillon annonce qu’il ne rouvrira pas le débat. En avril, face aux casseurs et aux blocages de lycées de plus en plus nombreux, il envoie les CRS dans les établissements scolaires et déclare qu'« à chaque blocage de lycée, il y aura déblocage ». Le mouvement perd alors progressivement en intensité et finit par prendre fin.

Traité constitutionnel européen

Une fois sa réforme passée, François Fillon participe à la campagne référendaire sur le traité constitutionnel européen, qu'il approuve parce que, selon lui, il vient combler les lacunes du traité de Maastricht. Cependant, le 29 mai 2005, le « non » l'emporte par 54,7 % des suffrages[71] ; la Sarthe vote également « non » à 57,4 %[72]. Après ce scrutin, Jean-Pierre Raffarin démissionne de son poste de Premier ministre le 30 mai[73]. Le chef de l'État choisit Dominique de Villepin pour succéder à Raffarin et demande à Nicolas Sarkozy de revenir au gouvernement tout en restant président de l'UMP.

Soutien à Nicolas Sarkozy et campagne présidentielle

Le 1er juin 2005, François Fillon n'intègre pas le gouvernement de Dominique de Villepin. Peu de temps après la formation du nouveau gouvernement, il déclare à un journaliste du Monde qu'il est le seul à avoir mené neuf réformes législatives et que lorsque le bilan du mandat de Chirac sera fait, « on ne se souviendra de rien, sauf de [ses] réformes »[74], propos qu'il nuancera plus tard comme celui d'« un accès de colère et de vanité[75] ». Il estime payer pour les manifestations massives contre ses réformes des retraites et de l’école, mais aussi pour son rapprochement politique avec Nicolas Sarkozy[Kelly 12].

Il annonce qu'il va dès lors « s'investir à fond dans l'UMP, préparer les échéances futures pour Nicolas Sarkozy en 2007 » et qu'en le refusant dans le nouveau gouvernement, on a fait de lui « un directeur de campagne avant l'heure[Kelly 13] ». Cette attitude, qui marque une rupture définitive avec Jacques Chirac, surprend la classe politique, peu habituée à ces emportements de la part de quelqu'un perçu comme pondéré, voire en retrait.

Il retourne alors sur ses terres à Sablé et se fait élire de nouveau sénateur le 18 septembre 2005. Conseiller politique du président de l'UMP, il se consacre un temps à l’écriture et publie ses réflexions dans un ouvrage intitulé La France peut supporter la vérité à l'automne 2006 ; la phrase « La France peut supporter la vérité » (reprise de Pierre Mendès France)[76] devient son mot d’ordre[77]. En avril 2006, il déclare : « Plus il y a d'impôts, moins il y a d'emplois[78]. »

Parallèlement, il contribue pendant deux ans à la mise au point du programme de l’UMP en vue de l'élection présidentielle de 2007, participant à de nombreuses conventions thématiques. Aux côtés notamment d’Emmanuelle Mignon, il travaille sur le programme du parti pour l'élection présidentielle. Sur les 200 propositions émises par les groupes de réflexion qu’il coordonne, 30 sont retenues pour constituer l'axe majeur du projet de l’UMP[Kelly 14]. Bien qu’il n'apparaisse pas dans l’organigramme officiel de campagne de Nicolas Sarkozy, François Fillon devient l’un de ses collaborateurs principaux aux côtés de Claude Guéant, le directeur de la campagne présidentielle, et de David Martinon, le chef de cabinet du candidat à la présidence de la République.

En septembre 2006, sans consulter Nicolas Sarkozy, François Fillon commence à s’impliquer concrètement dans les médias et annonce qu’en cas de victoire de ce dernier, les régimes spéciaux de retraites seront réformés dès le début de la législature. Si ces propos provoquent un tollé dans la classe politique et chez les syndicats, ils sont approuvés par Nicolas Sarkozy et par l'opinion publique[Kelly 15].

Premier ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy

Gouvernement Fillon I

François Fillon à l'Assemblée nationale, le 18 décembre 2007.

Le , Nicolas Sarkozy est élu président de la République avec 53,06 % des suffrages contre 46,94 % pour la candidate PS Ségolène Royal[79]. François Fillon est parmi les proches et intimes du nouveau président qui célèbrent le soir-même la victoire par un diner au Fouquet's[80], et plus tard, est sur la scène dressée place de la Concorde devant 30 000 personnes venues célébrer la victoire[81],[82].

Le , un communiqué de l’Élysée annonce la nomination de François Fillon au poste de Premier ministre[83]. À 53 ans, il est le 19e Premier ministre de la Ve République[84]. Le sondage réalisé par l'institut CSA-Cisco indique que 54 % des Français sont satisfaits de ce choix[Kelly 16].

Pour la formation du gouvernement, il pousse les nominations de Roselyne Bachelot, de Laurent Wauquiez et de Roger Karoutchi [85]. Le premier gouvernement Fillon est resserré autour de quinze ministres et marqué par une parité des ministres (huit hommes et sept femmes) – mais moins des secrétaires d'État[86]. Le ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie est scindé en deux, avec d'un côté le ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi et de l'autre le ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique[87]. Enfin, ce premier gouvernement est marqué par une ouverture politique vers des personnalités venues du centre (Hervé Morin, alors membre de l'UDF), du Parti socialiste (Bernard Kouchner et Éric Besson sont deux ex-membres du PS, l'un exclu après l'élection, l'autre pendant la campagne), de la gauche (Jean-Pierre Jouyet) et de la société civile (Martin Hirsch)[87]. Cette ouverture envers des individualités de l'opposition n'est d'ailleurs pas une première, puisque Michel Rocard, en 1988, avait tenté une opération similaire, mais uniquement avec des centristes. Le second gouvernement Fillon confirmera ces choix, mais avec une équipe élargie.

À peine 48 heures après sa nomination, François Fillon revient à Sablé, où il se recueille devant la tombe de Joël Le Theule, à qui il rend hommage avant de lancer la campagne des élections législatives. Il s'implique totalement dans la campagne nationale, et est élu député dès le premier tour de la 4e circonscription de la Sarthe le 10 juin 2007 avec 53,40 % des voix[88]. Cependant, ses déclarations, entre les deux tours de l'élection, qui suivent celles de Jean-Louis Borloo sur l'ouverture du chantier de la TVA sociale, voire de l'augmentation de la TVA de 5 points afin de financer la protection sociale, coûtent quelques sièges de députés à l'UMP, qui obtient néanmoins 320 des 577 sièges, soit la majorité absolue.

Gouvernement Fillon II

François Fillon à Varsovie, en 2009.

Dès l'été 2007, les premières mesures du gouvernement semblent indiquer une diminution du rôle même de Premier ministre, Nicolas Sarkozy semblant vouloir prendre en main directement les dossiers avec les ministres, y compris médiatiquement. Les observateurs de gauche et de droite parlent assez rapidement d'« hyper présidence »[89]. Les proches de Fillon soulignent que cette discrétion de sa part est conforme à chacune de ses entrées en fonction. Par ailleurs, le nouveau chef du gouvernement lui-même fut durant les années 2000 partisan de la présidentialisation de la Ve République et évoquait déjà en 2000, dans le cadre d’une large réforme constitutionnelle, la suppression du poste de Premier ministre[Kelly 17]. La presse pose la question du rôle de François Fillon (« qui gouverne ? »[90]). Ses déplacements à Bruxelles au sommet du Parti populaire européen passent inaperçus dans les médias tout comme ses rencontres avec José Manuel Barroso (président de la Commission européenne), Hans-Gert Pöttering (président du Parlement européen) et enfin Jean-Claude Juncker (président de l'Eurogroupe), alors que Nicolas Sarkozy monte en première ligne sur les dossiers brûlants comme celui de la restructuration d’Airbus ou la relance de la réforme constitutionnelle européenne. Fillon doit aussi supporter les déclarations des conseillers de l’Élysée, tels que Henri Guaino ou Claude Guéant. Ainsi, la veille du discours de politique générale du Premier ministre à l'Assemblée nationale, le 2 juillet 2007, le secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant, dévoile dans le journal La Tribune une partie de la déclaration que François Fillon doit effectuer[91]. Le lendemain, François Fillon prononce son discours, dans lequel il annonce notamment sa volonté de moderniser les institutions et se porte garant de la rupture sarkozienne[Kelly 18]. Il obtient la confiance de 321 députés contre 224[92].

François Fillon et le président de la Fédération de Russie Dmitri Medvedev, le 14 septembre 2009.

Plusieurs différends surgissent durant l'été 2007 entre François Fillon et l'équipe élyséenne. Il est ainsi désavoué quand il envisage l'extension du service minimum à tous les services publics, y compris l'éducation nationale. Il renâcle publiquement quand il est qualifié de « collaborateur » par Nicolas Sarkozy au cours d'un déjeuner de celui-ci avec la presse quotidienne régionale le 21 août 2007 [93],[94]. Enfin, il contrarie le président en annonçant que la réforme des régimes spéciaux est prête et n'attend plus que le feu vert de l’Élysée[réf. nécessaire]. La pacification des relations toujours franches entre les deux hommes reprend cependant rapidement. Le 21 septembre 2007, il déclare que la France est en « état de faillite » ; Henri Guaino estimera le terme inadapté. Le 15 janvier 2008, il fait au cours de sa séance de vœux aux journalistes une allusion à la précédente conférence de presse de Nicolas Sarkozy et déclare qu’il répondra aux questions qu'il va « se poser [lui]-même[95] ».

François Fillon, conformément à la tradition inaugurée sous de la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, est décoré de la Grand croix de l'Ordre national du mérite par le président Nicolas Sarkozy, à l'issue du Conseil des ministres du 21 novembre 2007. Les premières semaines de l’année 2008 apparaissent pour lui comme une période de relatif état de grâce dans l’opinion, alors qu’il dépasse pour la première fois largement Nicolas Sarkozy dans les sondages de popularité[96], y compris parmi l'électorat traditionnel de l'UMP[97]. Cette situation, sans précédent sous la Ve République en début de mandat d'un Président[98] suscite des analyses politiques diverses, y compris hors de France[99]. Cette « avance » est conservée une partie de l'année 2008[100].

Au printemps 2008, les relations entre Sarkozy et Fillon semblent à nouveau se tendre du fait de la constitution par l'Élysée d'un groupe des sept ministres chargés de relayer la parole présidentielle[101],[102].

En novembre 2009, François Fillon reçoit son homologue russe Vladimir Poutine en visite officielle à Paris et le partenariat entre la France et la Russie se traduit à cette occasion par la signature de nombreux accords commerciaux dans les domaines de l'énergie, de la défense et de l'automobile[103].

François Fillon inaugure une mosquée à Argenteuil le 28 juin 2010. C'est la première fois qu'un Premier ministre français inaugure une mosquée sous la Cinquième République[104].

Le 16 juillet 2010, alors que la France doit réduire de cinq points son déficit public en trois ans, il évoque pour la première fois une politique de « rigueur », à laquelle échappent « le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche »[105], précisant quelques jours plus tard qu'il s'agit d'une « politique de rigueur s'agissant de la dépense » et non pas « une politique économique de rigueur »[106]. À l'automne 2010, alors que le ministre du Travail Éric Woerth est affaibli par l'affaire Bettencourt, il reprend la main sur la réforme des retraites[107]. Par ailleurs, confirmant selon l'opposition l'existence de certaines pratiques concernant l'Affaire Woerth-Bettencourt, les services de Matignon rappellent début novembre au ministère de l'Intérieur les principes encadrant les écoutes de journalistes, François Fillon affirmant à l'Assemblée : « L'intérêt national commande l'action des services de renseignement dans le strict respect des libertés publiques »[108].

Fin juin, le 30 juin 2010, le député UMP Yannick Favennec annonce sur Twitter un remaniement pour octobre 2010[109]. Il s'ensuit une compétition entre plusieurs candidats supposés au remplacement de François Fillon, en particulier Jean-Louis Borloo et Michèle Alliot-Marie, tandis que le 3 novembre, l'hôte de Matignon fait implicitement savoir qu'il souhaite rester à la direction du gouvernement en vantant son bilan social et en affirmant : « Je crois à la continuité de notre politique réformiste parce qu'on ne gagne rien à changer de cap au milieu de l'action et parce que le redressement de la France réclame de la durée »[110].

Il remet sa démission au soir du 13 novembre 2010 au président de la République[111]. Le gouvernement Fillon II est, en durée, le deuxième gouvernement le plus long de la Ve République après celui de Lionel Jospin.

Gouvernement Fillon III

François Fillon en 2012.

Il est reconduit dans ses fonctions par Nicolas Sarkozy le lendemain, le 14 novembre 2010. Il aurait été maintenu pour satisfaire aux exigences d'Alain Juppé, ce dernier refusant de revenir dans un gouvernement mené par Jean-Louis Borloo[112], mais aussi grâce au soutien des parlementaires UMP[113]. Le nouveau gouvernement, composé de 31 membres, signe le retour d'Alain Juppé et de Xavier Bertrand, ainsi que le départ de plusieurs ministres, dont Éric Woerth et plusieurs personnalités d'« ouverture », comme Bernard Kouchner, Jean-Marie Bockel ou Fadela Amara ; il est qualifié de gouvernement « estampillé RPR » par l'opposition et une partie des élus du Nouveau Centre et du Parti radical, qui s'estiment lésés avec le départ d'Hervé Morin[114], de Jean-Louis Borloo et de plusieurs des leurs, et ce malgré la nomination de Michel Mercier au ministère de la Justice et l'arrivée de Maurice Leroy au ministère de la Ville[115]. Pour la presse française et étrangère, ce changement de gouvernement marque un « rééquilibrage des pouvoirs au profit du Premier ministre »[116],[117],[118]. Le 24 novembre 2010, le Premier ministre tient un discours de politique générale à l'Assemblée nationale, dans lequel il affirme que « l'impopularité d'un jour peut devenir l'estime du lendemain » ; lors du vote de confiance qui suit cette déclaration, le nouveau gouvernement obtient la confiance de 326 députés contre 226[119].

Ce gouvernement connaît un remaniement le 27 février 2011 à la suite des printemps arabes. Au poste de ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé remplace Michèle Alliot-Marie, mise en cause dans les médias pour ses vacances en Tunisie fin décembre 2010 dans le contexte d'une révolte populaire qui allait renverser le président Ben Ali au mois de janvier 2011[120]. Ce même mois de février 2011, François Fillon n'échappe pas à une polémique, en indiquant avoir été invité à Noël 2010 par le président égyptien Moubarak pour passer une semaine de vacances en famille aux frais de l'État égyptien[121]. Au cours de ce voyage, il s'était rendu à la cathédrale d'Assouan pour manifester la solidarité de la France vis-à-vis de la communauté copte d'Égypte, visée par un attentat à Alexandrie pendant la nuit du Nouvel An[122].

À la suite du premier tour des élections cantonales de mars 2011, qui ont vu une poussée du Front national, il défend l'instauration d'un « Front républicain » contre le FN en se démarquant des responsables UMP Jean-François Copé et Xavier Bertrand, mais aussi, selon certains observateurs, de Nicolas Sarkozy, en déclarant : « En cas de duels PS-FN, il faut voter contre le FN »[123]. Début septembre 2013, il nuance cette position en considérant qu'il faut voter pour « le moins sectaire », en reconnaissant « qu'il peut arriver » qu'un candidat PS le soit plus qu'un candidat FN[124].

Le 24 août 2011, le Premier ministre, lors d'une conférence de presse tenue à l'hôtel Matignon, présente un plan d'économies de 12 milliards d'euros pour 2011 et 2012, afin de compenser le ralentissement de la croissance économique[125]. Il annonce notamment l'instauration d'une taxe exceptionnelle sur les revenus fiscaux supérieurs à 500 000 euros par an, une modification de la taxation des plus-values immobilières, une hausse des prélèvements sociaux sur les revenus du capital, l'augmentation des prix du tabac, de l'alcool, des boissons avec des sucres ajoutés[126].

En octobre 2011, François Fillon annonce sa décision de quitter la Sarthe afin de présenter sa candidature aux élections législatives de 2012 dans la deuxième circonscription de Paris[127]. Par ailleurs, François Fillon est à l'origine du label Grande Cause nationale accordé à la cause de l'autisme en 2012[128].

Le 22 février 2012, le Premier ministre est également chargé d'exercer les fonctions de ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement du fait de la démission de Nathalie Kosciusko-Morizet nommée porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy[129].

À la suite de la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle, il remet le 10 mai 2012, la démission de son gouvernement au président Nicolas Sarkozy, qui le démet de ses fonctions le jour même[130], mais le charge néanmoins d'expédier les affaires courantes jusqu'à la nomination de son successeur. Le 15 mai 2012, Jean-Marc Ayrault lui succède en devenant le nouveau Premier ministre[131].

Député de Paris et congrès de l'UMP de 2012

Après l'élection présidentielle de 2012, il devient l'une des personnalités politiques les plus appréciées des Français. Le sondeur Jérôme Sainte-Marie relève qu'« il n'a pas été rejeté comme l'a été le président puis le candidat Nicolas Sarkozy. Il a eu la chance de ne pas faire campagne. Il apparaît donc comme beaucoup plus modéré. Du coup, il reste apprécié à droite tout en bénéficiant de possibles ouvertures à gauche ». Par ailleurs, il a « toujours réussi à incarner un sens de l'État, plus modéré, en se positionnant en demi-teinte par rapport à Nicolas Sarkozy »[132].

Peu après la défaite de Françoise de Panafieu lors des élections municipales de 2008 à Paris, il « évoque devant ses proches la possibilité de lâcher sa circonscription de la Sarthe pour rejoindre la capitale », voyant alors dans la mairie de Paris « un tremplin parfait pour 2017 » selon Mediapart[23]. Dès 2011, les soutiens parisiens de François Fillon, Philippe Goujon (président de la fédération UMP de Paris) et Jean-François Lamour (président du groupe UMP au conseil de Paris), avancent publiquement l'idée d'une candidature à la mairie de Paris en 2014 du Premier ministre[133]. En vue des élections législatives de 2012, l'UMP prépare ainsi son « parachutage » dans la nouvelle deuxième circonscription de Paris, bastion de droite étant le résultat des fusions des circonscriptions dans lesquelles sont élus les députés sortants Martine Aurillac et Jean Tiberi : ce dernier est prêt à renoncer à un nouveau mandat si le Premier ministre se présente[133]. François Fillon annonce sa candidature sur cette circonscription en octobre 2011 et fait face à l'hostilité de Rachida Dati, qui cherche elle aussi à se présenter à Paris[133].

Le 23 mai 2012, François Fillon annonce qu'il sera candidat à la présidence de l'UMP lors du prochain congrès prévu à l'automne[134]. Au premier tour des législatives le 10 juin 2012, il obtient 48,62 % des suffrages contre 33,88 % à son principal concurrent Axel Kahn investi par le Parti socialiste[135]. Le 17 juin, il l'emporte au second tour avec 56,46 % des voix et devient ainsi député de la 2e circonscription de Paris[136]. Avant d'être élu député, François Fillon crée une société de conseil dénommée 2 F Conseil, l’article 146-1 du code électoral lui interdisant cette création une fois élu[137].

Le 30 juin 2012, François Fillon annonce sa candidature officielle à la présidence de l'UMP[138]. Sa campagne est perturbée par un accident de scooter survenu à Capri, le 30 juillet 2012[139], puis par un calcul rénal. Donné largement favori tout au long de la campagne par les sondages auprès des sympathisants, il revendique sa victoire, tout comme Jean-François Copé, son adversaire, au soir de l'élection qui laisse apparaître des résultats extrêmement serrés et des anomalies lors du vote. Ce différend donne lieu à une tempête politique et médiatique qui laisse pronostiquer ou craindre à de nombreux commentateurs l'éclatement de l'UMP. Après la confirmation par la Commission nationale des recours — contestée dans sa composition par le camp Fillon — de la victoire de Jean-François Copé, puis d'une médiation avortée d'Alain Juppé, François Fillon et ses partisans évoquent la possibilité de la création d'un groupe parlementaire distinct et de recours en justice[140],[141]. Après une médiation de Nicolas Sarkozy et une entrevue infructueuse entre les deux concurrents, François Fillon prend la tête de soixante-neuf parlementaires réunis au sein du groupe parlementaire autonome, baptisé Rassemblement-UMP dont les statuts sont déposés le 27 novembre, mais qui conserve cependant son rattachement financier à l'UMP[142]. Après la conclusion d'un accord avec Jean-François Copé, il dissout son groupe en janvier 2013.

Lors de sa campagne pour la présidence de l'UMP, il est accusé par les partisans de Jean-François Copé, tenant d'une « droite décomplexée », d'être trop modéré, ce qu'il contre-balance en choisissant Éric Ciotti, classé à l'aile droite du parti, comme directeur de campagne. Le Monde remarque alors que ses propositions « tranchent avec l'image qu'il s'était construite en contraste avec M. Sarkozy et sa stratégie de droitisation de l'UMP, impulsée à l'occasion du discours de Grenoble à l'été 2010 ». François Fillon présente comme « une faute historique » l'idée selon laquelle « l'UMP peut redresser le pays en se recroquevillant sur une seule tendance »[143],[144].

Après avoir laissé planer le doute sur une éventuelle participation[145], François Fillon annonce le 26 février 2013 qu'il n'est pas candidat aux élections municipales de 2014 à Paris et apporte son soutien à Nathalie Kosciusko-Morizet[146].

François Fillon lors d'une séance de dédicace de l'un de ses ouvrages, en 2015.

Le 9 mai 2013, François Fillon a annoncé, lors d'un voyage officiel au Japon, qu'il serait candidat aux primaires UMP de 2017 en vue de l'élection présidentielle[147]. Pour rassembler ses soutiens et ses partisans, il met en place l'association Force républicaine, avec une antenne dans chaque département[148].

À la suite de la démission de Jean-François Copé de la présidence de l'UMP, il forme avec Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin un triumvirat qui dirige le parti à compter du 15 juin 2014 jusqu'à un congrès extraordinaire prévu pour le mois d'octobre suivant.

En juin 2014, en pleine affaire Bygmalion, la nouvelle direction de l'UMP demande à un avocat, Me François Sureau, une consultation juridique sur le paiement des pénalités de campagne de Nicolas Sarkozy[149]. Me Sureau conclut à un « abus de confiance » alors qu'en novembre 2013, le directeur général des finances publiques indiquait qu'il n'y avait « aucun obstacle » au paiement de la pénalité[150],[151]. En novembre 2014, les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme publient le livre Sarko s'est tuer* qui passe en revue les différentes affaires judiciaires impliquant Nicolas Sarkozy où ils évoquent un déjeuner avec le secrétaire général de l’Élysée Jean-Pierre Jouyet le au cours duquel François Fillon lui aurait demandé d'influencer les juges pour contrecarrer le retour en politique de l'ancien président de la République[152]. La plainte en diffamation de François Fillon est rejetée en juillet 2015[153].

En avril 2015, il indique qu'il est « très embarrassé » concernant certaines dispositions du projet de loi relatif au renseignement, car si celui-ci « apporte des garanties et des bases légales "au travail de renseignement" », il indique être « préoccupé par le caractère trop large de cette législation »[154]. Le 19 avril, le président de la République annonce qu'il décide de saisir lui-même le Conseil constitutionnel sur ce projet de loi[155].

Élection présidentielle de 2017

Primaire de la droite et du centre de 2016

François Fillon se déclare candidat à la primaire « ouverte » de la droite et du centre le , au cours d'une visite au Japon[156], puis confirme sa candidature le [157],[158]. Revendiquant son intégrité, il prend pour slogan « Le courage de la vérité »[159]. Tirant les « leçons » de son « expérience », il définit ses priorités : présenter un projet pour la France et une équipe chargée de le mettre en œuvre longtemps à l'avance et faire adopter par le Parlement dix mesures fortes dans les trois mois qui suivent l'élection présidentielle pour « débloquer la situation économique »[158]. Tout au long de sa campagne, il assume la « radicalité » de son programme[160],[161]. Il s'engage à ne pas se représenter s'il remporte l'élection présidentielle[162].

Logotype de François Fillon pour la primaire de la droite et du centre.

En , il publie son livre-programme, Faire, détaillant la stratégie de « la thérapie de choc » qu'il veut administrer à la France en 2017 et pour « redonner à la France sa « liberté » »[163],[164]. Avec près de 75 000 exemplaires écoulés en 2015, il s'agit du 2e livre de personnalité politique le plus vendu cette année-là[165]. Son ouvrage Vaincre le totalitarisme islamique, publié en septembre 2016, s'est écoulé à plus de 52 000 exemplaires à la fin de l'année, en 8e position des livres de personnalités politiques pour l'année 2016[166].

En octobre 2016, alors qu'il est crédité d'une bonne prestation pendant le premier débat télévisé mais qu'il reste dans les études d'opinion largement distancé par Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, voire par Bruno Le Maire, il affirme qu'il ne croit pas les sondages et qu'il sera finalement élu. Il annonce qu'il nommera « un commando de quinze ministres » dont il annoncera les noms peu après la primaire[167],[168]. Dans les derniers jours de la campagne, sa candidature rencontre un écho positif dans l'opinion[169].

Au premier tour de la primaire, le , il obtient 1 890 266 voix, soit 44,1 % des suffrages exprimés, devant Alain Juppé, qui obtient la deuxième place avec 28,6 % des voix[170]. Il s'agit, pour Jean-Daniel Lévy, directeur du département Politique et Opinion de Harris Interactive, d'une dynamique d'une puissance inédite dans l'histoire électorale française ; selon lui, « jamais un candidat n’avait réussi à émerger d’une manière aussi nette et rapide aux yeux des Français[171]. »

Après les résultats du premier tour, François Fillon engrange les soutiens de Nicolas Sarkozy[172], de Bruno Le Maire[173], de Jean-Frédéric Poisson[174] et d'Hervé Morin, président du Nouveau Centre[175]. Près de 50 % des parlementaires ou des membres du bureau politique des Républicains se prononcent en sa faveur, contre moins de 25 % pour Alain Juppé[176]. Il enregistre également le soutien de personnalités d'extrême droite, dont des « anciens membres du Front national, en rupture de ban avec leur parti »[177],[178]. Pendant l'entre-deux tours, 215 députés et sénateurs de la droite et du centre lui apportent leur soutien en dénonçant les attaques virulentes d'Alain Juppé depuis la fin du premier tour de la primaire[179],[180].

Le 27 novembre 2016, à l'issue d'un second tour ayant mobilisé 4,4 millions d'électeurs, François Fillon l'emporte largement sur Alain Juppé, avec 66,5 % des voix[181]. Le conseil national des Républicains valide sa nomination le 14 janvier 2017[182].

Campagne présidentielle

Peu après la primaire, ses propositions concernant la sécurité sociale créent de la confusion[183] et plusieurs de celles-ci disparaissent temporairement de son site de candidat[184]. De même qu'il supprime sa proposition controversée de réserver à la Sécurité sociale le remboursement des seules affections graves, il diminue fortement le plan d’économies envisagé pour les collectivités locales. Au lieu de baisser « 20 milliards d’euros » d’économies sur les dotations des collectivités locales d'ici 2022, il annonce le réduire de plus de moitié cet objectif à « 7,5 milliards »[185].

En janvier et février 2017, les médias révèlent des affaires et controverses qui abîment son image de candidat intègre : une relative à la réalité de l'activité d'attachée parlementaire de son épouse Penelope, une relative à la collaboration de son épouse à la Revue des deux Mondes, une autre relative à l'emploi de ses enfants comme attachés parlementaires, une autre encore relative au bénéfice personnel d'une partie des crédits théoriquement réservés à la rémunération des assistants parlementaires lorsqu'il était sénateur[186]. Ces affaires abiment son image et entraînent une diminution des intentions de vote en sa faveur[187],[188]. Sa qualification pour le second tour de l'élection présidentielle ne semblant dès lors plus assurée, l'hypothèse de son remplacement par une autre personnalité de droite est évoquée[189],[190], puis abandonnée avec les soutiens actifs de ténors comme François Baroin (soutien de Nicolas Sarkozy à la primaire)[191] et Valérie Pécresse (soutien d'Alain Juppé à la primaire)[192]. Plusieurs de ses déplacements sont perturbés par des opposants, ce qui le conduit à préférer pour un temps les lieux clos et l'évitement des journalistes[193].

Le , à la suite de l'annonce de sa convocation prochaine devant les juges d'instruction et de sa possible mise en examen, François Fillon confirme son maintien dans la course présidentielle. Il fustige la magistrature[194],[195] et dénonce un « assassinat politique »[196]. Plusieurs dizaines d'élus des Républicains, de membres de son équipe de campagne, dont son directeur Patrick Stefanini et son porte-parole Thierry Solère, ainsi que la direction de l'UDI, renoncent alors à le soutenir[197]. Ses attaques contre la justice sont très critiquées par la presse internationale et une partie de la droite française, qui se désolidarise de sa candidature[198],[199].

Rassemblement en soutien à François Fillon place du Trocadéro, le 5 mars 2017.

Le 5 mars 2017, en s'appuyant sur le savoir-faire des anciens de la « Manif pour tous » dont Christophe Billan, le président du mouvement Sens commun, une manifestation de soutien est organisée à Paris, place du Trocadéro[200]. L'entourage de François Fillon annonce 200 000 manifestants alors que les forces de l'ordre et les journalistes évoquent entre 35 000 et 50 000 participants au vu de la superficie de la place[201], [202],[203]. Le soir même, au Journal de 20 heures de France 2, François Fillon réaffirme sa détermination à maintenir sa candidature jusqu'à la fin de l'élection présidentielle. Le lendemain, Alain Juppé, un moment pressenti pour le remplacer, confirme qu'il ne sera en aucun cas candidat et le comité politique des Républicains renouvelle son soutien à François Fillon à l'unanimité[204],[205],[206]. L'emprise que semble avoir pris le mouvement Sens commun dans la campagne de François Fillon, qui radicalise sa campagne en dénonçant un complot et n'excluant pas d'intégrer des membres du mouvement à son gouvernement, inquiètent la frange modérée de LR. Des proches de Fillon estiment en privé que cette alliance est tactique et motivée par « un calcul froid[207] ».

Le , la mise en examen de François Fillon dans ce qui est rapidement surnommé l'affaire Fillon par les médias est confirmée par trois juges. Jean-Christophe Lagarde signe peu après l'accord de soutien de l'UDI à François Fillon comme candidat « de la droite et du centre »[208]. Dans le même temps, le député de Paris abandonne son slogan de la primaire « Le courage de la vérité » au profit d'une nouvelle formule : « Une volonté pour la France »[209].

François Fillon à Bruxelles en décembre 2016.

Invité de L'Émission politique sur France 2 le 23 mars, François Fillon affirme en direct, en se référant au livre Bienvenue place Beauvau écrit par trois journalistes d'investigation « que François Hollande fait remonter toutes les écoutes judiciaires qui l'intéressent à son bureau, ce qui est d'une illégalité totale », en précisant que si « on cherchait un cabinet noir, on l'a trouvé »[210]. Il poursuit en demandant, « solennellement », « qu'il y ait une enquête d'ouverte sur les allégations qui sont portées dans ce livre, parce que c'est un scandale d’État »[210]. Le , plusieurs personnalités du parti Les Républicains demandent au parquet national financier et au procureur de la République de Paris l'ouverture d'une enquête concernant une douzaine de faits qu'ils estiment délictueux[211],[212]. François Fillon affirme le 6 avril détenir toutes les preuves de ses accusations mais ne vouloir les diffuser qu'après l'élection présidentielle[213].

Le 23 avril, à l'issue du premier tour, François Fillon termine à la troisième position et est éliminé, obtenant 20,01 % des voix exprimées[214]. Dans la foulée, il appelle à voter Macron car il dit considérer que « l’extrémisme [du Front national] ne peut qu’apporter malheur et division à la France[215] » et annonce qu'il ne conduira pas son parti aux élections législatives et qu'il ne se présentera pas à ce scrutin[216]. Pour la première fois sous la Cinquième République, la droite n'est pas représentée au second tour de l'élection présidentielle[217].

En retrait de la vie politique

François Fillon se rend de nouveau le 29 mai 2017 chez les juges d'instruction du parquet national financier[218].

À compter du 1er septembre 2017, il travaille pour Tikehau Capital, une entreprise française de gestion d'actifs et d'investissement qui motive le recrutement de François Fillon par son « expérience internationale » et « sa connaissance aiguë des problématiques économiques françaises et européennes »[219].

Le 19 novembre 2017, il transmet la présidence de son association Force républicaine à Bruno Retailleau. Il déclare aux militants : « dans la défaite, le chef se retire sans chercher d'excuses, et sans donner de leçons »[220].

Le 8 décembre 2017, François Fillon est nommé à la présidence de la Commission Constructeurs de la Fédération internationale de l’automobile (FIA)[221].

Idées et principales prises de position

Le politologue Pascal Perrineau situe François Fillon dans la famille « néo-gaulliste »[222]. Pour le magazine Challenges, « si François Fillon est un vrai conservateur sur le plan sociétal, il est plutôt réformateur sur le plan économique. Tentative de réforme des universités – censurée par le Conseil constitutionnel – en 1993, au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Libéralisation de France Télécom en 1995, au ministère de la Poste et des Télécommunications. Assouplissement des 35 heures et première réforme des retraites en 2002, quand il est aux Affaires sociales »[223]. Lors de sa campagne pour les primaires des Républicains, il est qualifié de libéral-conservateur [224],[225],[226],[227]. Mais certains cataloguent son programme comme réactionnaire. Romaric Godin, éditorialiste au journal économique La Tribune, le présente de la façon suivante : « Le candidat de la droite et du centre promet aux classes moyennes le retour à l'âge d'or de la bourgeoisie française, celui d'avant 1914. Un positionnement qui répond au malaise de la société française »[228], d'autres médias comme le Nouvel Observateur ou Claude Askolovitch de CNews voient dans son un projet un idéal conservateur et réactionnaire[229],[230]. Ses opposants politiques dénoncent son projet « profondément archaïque et conservateur »[231],[232]. Certains y compris dans son propre camp dénoncent un programme « moralement inacceptable » et « absurde » en particulier sur sa remise en cause de la sécurité sociale, l'assurance maladie, l'assurance chômage, ou le code du travail[233]

Cécile Alduy, analysant en 2017 le discours de François Fillon, le définit comme « un identitaire calme : il a exactement les mêmes positions que Nicolas Sarkozy sur l’assimilation, sur la politique migratoire, sur l’école comme creuset du patriotisme, sur le refus de la « repentance », sur les « racines chrétiennes de la France » et l’idée que l’islam a « un problème » avec la République, etc., mais il n’en fait ni une obsession, ni une priorité, ni un prétexte à petites phrases pour créer du « buzz » médiatique »[234].

Économie, budget et fiscalité

François Fillon indique être « devenu libéral, en économie », au cours de son passage à Matignon, non pas « par choix idéologique » mais pour avoir constaté « l’accumulation, par tous les gouvernements, de contraintes qui sont devenues insupportables »[235]. Pour le journaliste Laurent de Boissieu, son ouvrage La France peut supporter la vérité (Albin Michel), publié en 2006, « marque son ralliement à un libéralisme décomplexé », et son orientation est entravée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy par Henri Guaino, conseiller du président de la République[236]. D'après la journaliste Carole Barjon, « il a toujours été beaucoup plus libéral que Séguin. Dès 1995, il était à l'origine de la privatisation de France Télécom »[237]. Pour le journaliste Éric Dupin, son programme économique se montre plus libéral que celui présenté par son adversaire Jean-François Copé au congrès de l'Union pour un mouvement populaire de 2012[238]. Certains observateurs soulignent que sur la partie économique, son programme développé en vue de la primaire de 2016 serait « sans précédent » s'il était appliqué[235],[239]. Des analystes voient en François Fillon un ordolibéral[240],[241] ; d'autres estiment en revanche qu'il n'est pas libéral sur le plan économique[242],[243] ou bien, selon le libéral Alain Madelin, qu'il « caricature le libéralisme »[244].

Déclarant, quelques mois après son entrée en fonction comme Premier ministre, être « à la tête d'un État qui est en situation de faillite sur le plan financier, […] qui est depuis quinze ans en déficit chronique, […] qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis vingt-cinq ans », François Fillon est un partisan d'une maîtrise stricte des dépenses. Il s'engage alors publiquement à « amener le budget de l’État à l'équilibre avant la fin du quinquennat »[245], puis réitère cette même promesse en 2012 (en projetant cet équilibre à 2016[246]) et propose un référendum sur l'inscription de la règle d'or budgétaire dans la Constitution[247]. Durant son quinquennat, la perception de François Fillon se heurte à celle de Nicolas Sarkozy : « [Le président Sarkozy] pense en 2007 que la situation est très maîtrisable et qu'au fond, après les difficultés, il y aura de nouveau de la croissance. Moi je pense qu'on est au contraire dans une crise structurelle très grave, qu'on a un problème de déficit qu'il faut résoudre. Et jusqu'à la crise de 2008, cette perception restera la mienne et ne sera pas celle du président de la République », déclarera-t-il en 2013[248]. En 2013, l'endettement de la France, aggravé par un « choc fiscal sans précédent », demeure l'une de ses préoccupations principales, puisqu'il diagnostique « une dette qui atteindra 95 % du PIB en 2014 et une sortie de la France du classement des dix premières puissances à l'horizon 2020 si nous continuons sur le même rythme[249]. »

En défendant une politique de rigueur et une maîtrise de la dette, François Fillon est favorable à la suppression de l'impôt sur la fortune, qu'il considère comme une des causes de l’appauvrissement de la France. Selon lui, cet impôt décourage les entrepreneurs étrangers[250]. Sa disparition serait compensée par la création d’une tranche supérieure de l’impôt sur le revenu à 50 %, dans laquelle serait incluse la CSG. Il est favorable à la sortie définitive des 35 heures, pour « relancer la production » et de retourner aux 39 heures progressivement pour la fonction publique (la seule limite de temps de travail instaurée par la législation européenne est de 48 heures)[251], en « décentralisant le dialogue sur l'organisation du travail au niveau des entreprises[249] ». Il plaide pour la reprise des privatisations dans les entreprises où la participation de l’État ne sert « à rien » selon lui[252].

En 2013, il suggère de remplacer l'indemnisation du chômage par une indemnisation de formation avec « une dégressivité des allocations chômage pour inciter à la reprise de l'activité et l'obligation, pour le chômeur, d'accepter un emploi correspondant à la formation suivie »[253]. Il esquisse l'idée d'une TVA sociale en 2006 et souhaite, en 2012, l'instauration d'une « TVA compétitivité »[251].

Travail

Au sujet des retraites, François Fillon se montre favorable au recul de l’âge légal à 67 ans en 2012[251], puis à 65 ans à partir de 2013[254],[255].

En 2012, François Fillon émet l'idée de soumettre les allocataires de l’aide sociale à sept heures de travail par semaine, destinées aux collectivités[256]. Lors de la présidentielle de 2012, il déclare vouloir que chaque demandeur d'emploi se voie proposer une formation professionnelle et que chacun soit contraint d'accepter l'emploi qui lui sera proposé après cette formation (« Demain, on ne sera plus indemnisé pour rester chez soi », dit-t-il alors)[246].

Organisation de l’État et corps intermédiaires

En 2003, François Fillon dénonce la faiblesse des corps intermédiaires et l'exiguïté d'un dialogue social insuffisamment cultivé dans l'histoire française. Il souhaite le recours plus important à la démocratie locale et à la démocratie sociale pour responsabiliser la société civile et ses corps intermédiaires[257].

François Fillon est favorable à la réduction du nombre de fonctionnaires afin de réduire la dépense publique, en appuyant ainsi le principe du recrutement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite[253]. Il envisagerait de faire travailler davantage les fonctionnaires en échange d’une revalorisation salariale[258]. Fillon veut également réduire le nombre de statuts de fonctionnaires (de 300 à moins de 30)[259].

En 2013, il encourage une réforme de territoires pour réduire le nombre des salariés des collectivités locales[260]. Pour mettre en œuvre sa réforme territoire, il plaide pour une fusion entre départements et régions, ainsi qu'entre communes et communautés de communes[260], idée écartée par le comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions en 2008[259].

Affaires étrangères et défense

Critiquant François Hollande pour n'avoir « aucune vision » sur l'avenir de l'Union européenne, et l'accusant d'avoir laissé Angela Merkel décider seule la réponse du continent à la crise migratoire que subit l'Europe, François Fillon plaide en faveur d'« une Europe forte avec des nations fortes », ce qui passe à ses yeux par « une monnaie puissante capable de nous affranchir de la tutelle exorbitante du dollar, une politique de l'énergie pour ne pas être totalement dépendants des Russes, une politique de frontières et d'immigrations communes, une défense collective pour endiguer les menaces, une grande stratégie pour l'innovation et le numérique qui ferait des Européens la première puissance technologique du monde[261]. ».

En 1988, il présente le traité de Washington créant l'OTAN comme « un des plus heureux accords de l'histoire », ayant « préservé la paix en Europe pendant quarante ans » ainsi que « les acquis de 1789 dans le domaine des droits de l'homme ». Il s'inquiète alors de la menace que fait peser la nouvelle détente de la guerre froide sur la pérennité de l'OTAN, et considère qu'« il n'est d'autre moyen de maintenir l'indépendance nationale que par une alliance [avec les États-Unis] et que par le recours à la dissuasion nucléaire ». Il s'oppose cependant à la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN, qui « ne renforcerait pas notre sécurité, mais affaiblirait celle de l'Europe en supprimant le risque supplémentaire que représente pour l'Union soviétique l'existence de plusieurs centres de décisions nucléaires indépendants à l'Ouest. L'instauration d'un système de sécurité purement européen est séduisant, mais il suppose la mise en œuvre d'institutions politiques européennes au pouvoir plus étendu que celles prévues par le traité de Rome et un rééquilibrage de l'Alliance atlantique [...] »[262].

Comme Premier ministre, il mène la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN en estimant que celle-ci permettrait de faciliter la création d'une « défense européenne » ; il concède en 2016 que cette ambition n'a pu voir le jour et « qu'il faudra envisager la coopération des pays européens en matière de défense en dehors de l'OTAN »[263],[264], en particulier avec le Royaume-Uni[265]. Il considère également que « l'OTAN n'aurait jamais dû chercher à s'étendre au-delà de ses limites, et en particulier au contact même de la frontière russe »[263].

Opposant au traité de Maastricht aux côtés de Philippe Séguin en 1992[223], François Fillon se détourne de son mentor sur cette question à mesure qu'il se rapproche d’Édouard Balladur. Il plaide, au début des années 2010, pour « un ministre des Finances commun aux pays de la zone euro » — la monnaie unique impliquant, selon lui, une politique monétaire unique[266]. Il plaide donc pour davantage d'intégration des politiques fiscale et budgétaire dans la zone euro induisant ainsi des abandons de souveraineté, liés à la renégociation des traités européens[267]. Il plaide en 2016 pour la création d’un gouvernement de la zone euro, piloté par les gouvernements et les Parlements nationaux[268]. Il se définit également comme souverainiste, ce qui est discuté par les analystes[143],[269],[270],[271]. Il se prononce pour une sortie de la France de la Convention européenne des droits de l'homme, expliquant que la Cour européenne des droits de l'homme « se mêle de plus en plus de questions de société, qui font notre identité », ce qui est apparenté à un « Frexit » par certains observateurs[272],[273]. Il souhaite par ailleurs tenir « un langage plus franc à l’égard de la Turquie : lui dire qu’elle n’entrera jamais dans l’UE »[265].

Le 21 mars 2013, François Fillon a réaffirmé son souhait de la création d'une confédération « France-Allemagne » et pour une zone euro renforcée[274],[275]. En juillet 2013, il s'est déclaré pour l'instauration « de règles strictes de réciprocité dans les échanges internationaux » et pour l'instauration d'une taxe aux frontières pour financer des investissements d'avenir[276].

Le 12 août 2012, il signe une tribune dans Le Figaro exhortant le président de la République, François Hollande, à agir auprès du président russe, Vladimir Poutine, pour « lâcher » le régime syrien de Bachar el-Assad[277]. Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, François Fillon se déclare favorable à une « coalition mondiale » incluant le Hezbollah, les Kurdes, le gouvernement irakien et le régime syrien de Bachar el-Assad[278],[279]. Il se déclare cependant opposé à tout soutien aux groupes rebelles syriens, notamment à l'Armée syrienne libre (ASL), affirmant que « ce n’est pas avec ces forces-là qu’on va battre Daech » et que l'ASL « ne se bat pas contre l'État islamique »[280],[281]. Luc Mathieu, journaliste international à Libération, ainsi qu'Antoine Krempf de Radio France et les journalistes Patrick Cohen et David Thomson considèrent cette déclaration comme étant factuellement fausse, les affrontements entre rebelles et djihadistes de l'EI ayant en réalité fait des milliers de morts depuis 2013[282],[280],[283],[284]. Proche de Vladimir Poutine[285],[286],[287], François Fillon soutient l'intervention russe lors de la guerre civile syrienne[288], et refuse d'employer le terme de « crimes de guerre » pour désigner les massacres de civils par Damas et Moscou lors de la bataille d'Alep[289]. Il est également l'une des rares personnalités politiques françaises à se déclarer favorable à une alliance avec le régime de Bachar el-Assad[279],[290],[289]. En revanche, il désapprouve l'annexion de la Crimée par la Russie, qui doit selon lui être « traitée en respect du droit international »[291]. Plusieurs des proches de Fillon sont russophiles, tels que l’ancien séguiniste Jean de Boishue, agrégé de russe, et sa « plume » Igor Mitrofanoff[236]. Le 7 janvier 2017, Bachar el-Assad salue la position de François Fillon sur la Syrie et déclare que : « Si Monsieur Fillon met en application ce qu’il dit, ce sera très bien »[292],[293],[294]. Ce dernier réagit quatre jours plus tard en qualifiant Bachar el-Assad de « dictateur » et de « manipulateur » et en indiquant qu'il « ne souhaite pas son maintien »[295],[296],[297].

Lors d'une conférence le 21 mars 2013 à Moscou, François Fillon a indiqué être favorable à ce que la Russie ait un « statut à la hauteur de sa proximité historique, géographique, culturelle et économique » avec l'Europe, sans pour autant la voir entrer dans l'Union européenne[298],[275]. Ce partenariat politique et économique permettrait aux deux partenaires de davantage « peser face au continent asiatique »[299].

François Fillon rejette le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TAFTA ou TTIP) : il craint « des dommages trop importants à des secteurs de notre économie », critique l'absence d'arbitrage politique dans les négociations du côté européen, et rejette plus globalement l'application de la législation américaine à toutes les entreprises utilisant le dollar[300],[301].

Justice

En 1981, François Fillon fait partie des 16 députés RPR (sur les 88) qui votent pour le projet de loi d'abolition de la peine de mort[302],[303].

François Fillon est pour la généralisation des peines plancher[304]. En 2012, il déclare vouloir le « développement de brigades fiscales chargées de lutter, dans les quartiers, contre les fraudeurs délinquants dont le train de vie est sans commune mesure avec les revenus déclarés »[305]. Il prône l'interdiction de toute libération conditionnelle avant les deux tiers de la peine[253].

Environnement

François Fillon défend, au sujet du gaz de schiste, la fin du moratoire sur l'interdiction d'explorer les sols, puis se rallie à Nicolas Sarkozy sur l'interdiction de l'exploitation par fracturation hydraulique[299]. Encourageant les recherches sur l’exploitation du gaz de schiste, il est favorable à une suppression du principe de précaution, qu'il souhaiterait voir remplacé par « un principe de responsabilité »[260].

Affaires sociétales

En 1981, François Fillon, alors député, vote contre la majorité sexuelle à quinze ans pour les rapports homosexuels, comme c'était le cas pour les rapports hétérosexuels (abrogation du 2e alinéa de l'article 331 du Code pénal)[306],[307]. Il vote ainsi contre la dépénalisation de l'homosexualité pour les mineurs de plus de quinze ans[308].

François Fillon s'oppose au PACS en 1999 et au mariage entre personnes de même sexe en 2013, de nature, selon lui, à bousculer « l'héritage de notre modèle de société ». Début 2013, il appelle à « une version du PACS renouvelé, renforcé de droits nouveaux, qui répondrait aux attentes des couples sur la base d'une nouvelle forme d'Union civile »[309]. Après l'adoption définitive de ce projet de la loi par l'Assemblée nationale le 23 avril 2013, François Fillon suggère une « adaptation du texte » plutôt que son abrogation, en vue de légiférer sur les questions de l'adoption, de la procréation médicalement assistée et de la gestation pour autrui[310],[311]. Le , il indique qu'il proposera au Parlement de réécrire le droit de la filiation, en inscrivant comme « principe qu'un enfant est toujours le fruit d'un père et d'une mère »[312]. Il entend ainsi revenir sur l'adoption plénière par les couples de même sexe, mais pas sur le mariage, ni sur l'adoption simple, ce qui déçoit certains de ses partisans à la primaire de la droite et du centre[313].

Tout en indiquant qu'il ne « [peut] pas approuver l'avortement », il se dit « capable de faire une différence entre ses convictions et l'intérêt général » et « considère que l'intérêt général, ce n'est pas de rouvrir ce débat »[314]. Il vote contre le remboursement de l'IVG par la Sécurité sociale le puis contre la création du délit d'entrave le [315].

Il s'abstient en janvier 2014 lors du vote en première lecture du projet de loi pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes[316] qui, notamment, autorise une femme enceinte « qui ne veut pas poursuivre une grossesse » à recourir à une IVG, alors que la loi de 1975 l'autorisait à la condition « que son état [la] place dans une situation de détresse ». François Fillon estime que la disparition de la notion de détresse[317] risque de « banaliser » l'avortement qui, selon les termes de Simone Veil, devait rester « l'exception »[318].

La Croix estime qu'il est « le premier candidat majeur à revendiquer le caractère « conservateur » de ses propositions sur le plan sociétal »[319].

Immigration

En 2013, il déclare qu'il y a trop d'immigrés en France - le pays ne pouvant, selon lui, accueillir tous ceux qui voudraient s'y installer. Il s'est prononcé pour un vote annuel du Parlement pour définir le nombre d'entrants, les professions susceptibles d'être favorisées et les régions du monde pour lesquelles il faudrait fixer des quotas[320],[321]. Il est favorable à la création d'un « service public d'intégration » pour les immigrés - chargé d'aider mais aussi de sanctionner[322]. Souhaitant « mettre fin à l'automaticité de l'acquisition de la nationalité pour les enfants nés en France de parents étrangers » et « réserver les prestations sociales aux migrants légaux présents depuis plusieurs années sur le territoire »[323],[299], il est favorable au retour à la loi Pasqua de 1993 (« Je voudrais aussi remettre en place l'idée de Charles Pasqua de demander aux jeunes nés en France de parents étrangers de choisir formellement la nationalité française à 18 ans, et ce, lors d'une cérémonie », déclare-t-il en 2012[324]).

Il s'est prononcé contre le droit de vote des étrangers[305], qui serait, selon lui, « une négation de la citoyenneté française et l'assurance d'avoir des comportements communautaristes dans nos villes »[325].

Sur la question du terrorisme islamiste, François Fillon considère l'État Islamique comme un totalitarisme similaire au national-socialisme, notant qu'il « emploie les mêmes ressorts : imposer par la force au reste du monde un mode de vie et de pensée[326]. » Fin , François Fillon publie un autre livre programmatique, Vaincre le totalitarisme islamique, sur le thème de la sécurité et de la Défense. Il y formule une série de propositions en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme[327]. Il écrit notamment qu'il faut « interdire sur le territoire français le retour des Français partis combattre avec une organisation terroriste[327]. »

Lors de sa campagne présidentielle, il prône « une immigration réduite au strict minimum, en l’organisant par quotas, en fonction de nos besoins économiques et de nos capacités d’intégration ». D'après Cécile Alduy, son programme en matière migratoire « n’a rien à envier à celle du Front national, ni dans les termes utilisés, ni dans les mesures proposées »[234].

Front national

Alors que Nicolas Sarkozy préconise d'adopter la stratégie du « ni vote pour le Front national ni vote pour la gauche » lors des cantonales de 2011, François Fillon souhaite plutôt que son parti appelle à voter « contre le FN »[248]. En septembre 2013, interrogé au sujet des consignes de vote en cas de duel PS / FN, il conseille de « voter pour le candidat le moins sectaire »[328] (provoquant une polémique jusque dans son parti), en précisant qu'il n'y aurait jamais de fusion des listes UMP / FN ; dans la perspective d'une reconquête politique, il affirme que désormais, « le redressement national commande de dépasser les clivages partisans et d'en appeler au bon sens de chaque citoyen[249] ». Le politologue Philippe Braud analyse ce changement de position dans le but de séduire un électorat qui s'est droitisé : « La base électorale et même la base des militants UMP est largement favorable à cette sortie du ni-ni »[329].

Début 2015, François Fillon, à propos d'une élection législative partielle mettant face-à-face un candidat PS et un candidat FN concernant le second tour de l'élection dans la 4e circonscription du Doubs, se range du côté de la ligne dite du « ni FN-ni PS »[330],[331].

Religion

Il se déclare catholique (« Je suis catholique, et comme beaucoup d'autres ma pratique est irrégulière »[332])[333],[334], mais va peu à la messe dominicale (« ce n'est pas un pilier de sacristie ») et se rend surtout à l'église à Noël, Pâques et le 15 août. Son épouse, une anglicane convertie au catholicisme, semble avoir une pratique plus régulière[332]. Il dit voir sa foi comme une « force intérieure », relevant de « l'exercice de [sa] liberté la plus intime »[332]. Pour lui, la religion relève de la vie privée et non de la vie politique. Il ne va pas aux messes annuelles des parlementaires et demeure critique vis-à-vis du clergé auquel il reproche des sermons parfois médiocres. De même, il a adressé « une lettre polie mais critique » aux évêques de France à l'occasion de la parution de leur document sur le sens du politique[332]. Il leur reproche notamment de « ne pas regarder les problèmes en face » en ce qui concerne la « montée de l'intégrisme au sein de l'Islam »[332].

Selon le magazine La Vie, François Fillon « aura su assumer son catholicisme et les racines chrétiennes de la France » tout au long de sa campagne pour la primaire des Républicains[335].

Il justifie sa position concernant le maintien de la possibilité de recourir à une IVG, recours auquel il est opposé à titre personnel, en indiquant qu'il est « capable de faire une différence entre [ses] convictions religieuses et l'intérêt général »[336].

En réponse aux critiques qui sont adressées à son programme de santé, il explique que son positionnement « gaulliste » et « chrétien » l'empêcherait de prendre « une décision qui sera contraire au respect de la dignité humaine ». Le fait de lier sa foi à son action politique lui est reproché par François Bayrou (pour qui c'est « déplacé ») et par Henri Guaino (pour qui c'est une « faute »)[337]. Selon l'historien Jean Garrigues et Europe 1, il s'agit d'un positionnement inédit sous la Ve République pour un responsable politique majeur[338],[336], qui aurait été préparé, selon Challenges, par le discours de Nicolas Sarkozy[338], inspiré par Henri Guaino et Max Gallo[339] et prononcé au Palais du Latran[340], le 20 décembre 2007[341],[336]. François Fillon répond à ses détracteurs que la « sincérité sera la marque de [son] message politique » et ajoute : « Moi, je suis comme je suis, je suis transparent. Je ne cherche pas à me cacher, je ne cherche pas à dissimuler les choses et je pense que c'est comme ça qu'il faut faire de la politique »[342].

Affaires et controverses

Article détaillé : Affaire Fillon.

Contexte politique et électoral du déclenchement des affaires

L'affaire commence avec l'article du Canard enchaîné en date du — annoncé dès le . Le , jour de la parution de l'article du Canard enchaîné, le parquet national financier ouvre une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits[343]. Les révélations se poursuivent le 28 janvier avec un article du JDD[344] puis le avec un nouvel article du Le Canard enchaîné sur les sommes brutes perçues par Penelope Fillon[345] et continuent en février et début mars. Le déclenchement des affaires se situe durant la période (février-mars) où les électeurs décident usuellement de leur choix de vote, ou selon l'expression des spécialistes se produit « la cristallisation des intentions de vote »[346]. Peu de journaux, à l'exception de Valeurs actuelles, notamment dans son numéro du 15 février 2017, évoquent la possibilité d'un coup de Jarnac[347], la très grande majorité préférant reprendre et interpréter le faits portés à la connaissance du public. Les avocats de François Filon, se référant à ce que certains de ces faits résultent de fuites qualifiées de « récurrentes, déloyales, systématiquement à charge », déposent une plainte pour violation du secret de l'instruction[348]. Une partie des juristes est plus sensible à ce qu'ils considèrent comme une rupture de la trêve juridique, un expression que d'autres juristes récusent[349]. Jacques de Saint Victor[350], quant à lui, dans un article intitulé Le retour de la querelle "du Greffe et de la couronne"?, fait un parallèle entre la situation actuelle et les prétentions politiques des juges à la fin de l'Ancien Régime. Au niveau des intentions de vote exprimées dans les sondages, François Fillon, dès début février, passe de la seconde à la troisième place[351] tout en gardant, malgré tout, le soutien de son électorat, ce qui lui permet de rallier à lui, début mars, l'UDI qui l'avait quitté vers la fin février[352]. Début mars, les autres candidats commencent à protester contre la trop grande couverture médiatique de l'affaire qui rend inaudible le débat politique sur les projets[353],[354]. Concernant François Fillon lui-même, pour Yves de Kerdrel, la résilience dont le candidat fait preuve durant les affaires montre son courage, un élément de caractère qu'il considère important pour gouverner la France dans un monde en mutation[355].

Affaire Penelope Fillon

Penelope Fillon en 2007.

L'affaire démarre par l'édition du 25 janvier 2017 de l’hebdomadaire Le Canard enchaîné qui affirme que Penelope Fillon a touché environ 500 000 en tant qu'attachée parlementaire de son mari (de 1998 à 2002 et six mois en 2012) et du suppléant de celui-ci, Marc Joulaud (de 2002 à 2007), mais n'aurait en réalité jamais travaillé[356]. Le journal satirique ironise en écrivant que Penelope Fillon « était jusqu'à présent plus connue pour des talents de jurée dans les concours de tartes aux poires ou de poneys shetland, ..., et ses occupations domestiques »[357] Dans la même édition, Le Canard enchaîné affirme également qu'elle aurait par ailleurs été rémunérée entre 2012 et 2013 par la Revue des deux Mondes, pour un montant de 5 000 brut par mois et cite le directeur en chef de la revue à l'époque, Michel Crépu, qui déclare n'y avoir « jamais vu Penelope Fillon », qui aurait seulement signé « deux ou trois notes de lecture »[358].

François Fillon répond dans la journée. Devant la presse, il se dit scandalisé par « la misogynie de cet article »[359] et le propriétaire de Revue des deux Mondes, Marc Ladreit de Lacharrière, ami de François Fillon, affirme que l'emploi n'était pas fictif et se déclare « très choqué de lire que certains articles de presse font un lien entre [son] élévation au grade de grand-croix de la Légion d’honneur (1er janvier 2010) et l’emploi de Mme Penelope Fillon à La Revue des deux mondes (4 mai 2012) »[360].

Dans la même journée, le parquet national financier ouvre une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits. François Fillon prend pour avocat Antonin Lévy, le fils de Bernard-Henri Lévy[361].

Le lendemain, François Fillon riposte solennellement lors d'un interview au Journal de 20 heures de TF1 . Il considère comme « abjectes » les accusations portées contre sa femme, dénonce ce qu'il appelle le « tribunal médiatique »[362], affirme qu'il a mis fin à la collaboration avec sa femme en 2013, ayant « compris qu'au fond l'opinion publique avait évolué sur ces sujets-là »[363] et se dit alors prêt à riposter en portant plainte contre les journaux qui affirment que sa femme avait un emploi fictif[364], il ajoute " qu'il démissionnerait s'il était mis en examen". Le lendemain, il cite son ami Philippe Séguin pour dénoncer la médiacratie et la « tyrannie cathodique »[365].

Le 30 janvier, le couple Fillon est entendu par les enquêteurs du parquet national financier[366]. Le 31 janvier le président de l'assemblée, Claude Bartolone (PS) autorise les enquêteurs de la police à entrer à l'Assemblée nationale, ce qui provoque « une stupeur dans l'assemblée »[367]. Le 2 février, RTL, qui aurait bénéficié d'indiscrétions sur ce qu'ont obtenu les enquêteurs, affirme que Penelope Fillon n'y aurait apporté aucune preuve de ce qu'elle a assuré être un « travail réel », et ne possèderait « plus un seul agenda ou mail concernant cette époque »[366]. Les avocats de François Fillon invoquent « les contours flous en France des activités de collaborateur parlementaire ». L'Obs découvre des bulletins de salaires indiquant un poste à plein temps à la permanence du Mans entre 1998 et 2002 mais plusieurs militants précisent «n'avoir aucun souvenir de sa présence à la permanence du parti»[368].

Dans son édition du 1er février, Le Canard enchaîné poursuit ses accusations contre le couple Fillon. L’hebdomadaire affirme que Penelope Fillon aurait en fait reçu au total, avec 7 années de plus, plus de 900 000 pour des emplois soupçonnés par lui d'être fictifs. En réponse, François Fillon dénonce « un coup d’État institutionnel » qui est porté contre lui par la gauche[369] (une thèse que treize juristes argumentent le 19 février 2017 dans une tribune sur le site Atlantico[370]). Pour contrer la montée du scandale, François Fillon publie le 7 février 2017 sur son site de campagne un tableau présentant, pour chacun des contrats de collaboratrice parlementaire de son épouse entre 1986 et 2013, les dates et les salaires perçus. Les salaires de Penelope Fillon sont présentés en nets, soit une moyenne sur quinze ans d'activité de 3 677 € nets mensuels, avec une pointe de rémunération à 6 009 nets mensuels lorsqu'elle était employée par Marc Joulaud, pour un total de 680 380 hors charges[371],[372].

L'édition datée du 8 février 2017 du Le Canard enchaîné augmente ses griefs en affirmant que Penelope Fillon a bénéficié, en plus, d'indemnités de licenciement payées par l'Assemblée nationale pour un montant total de 45 000 , bien supérieur selon lui à ce qui est prévu par la législation[373]. François Fillon réplique que ces indemnités sont déjà incluses dans les précédents calculs de l'hebdomadaire[374], ce que Le Canard enchaîné ne conteste plus la semaine suivante[375]. La questeure de l'Assemblée (PS) « a précisé que les montants ... étaient exacts pour les fins de contrat de Penelope Fillon ... et s'inscrivent "dans le cadre normal" »[376].

Sur le plan judiciaire, les avocats de François Fillon contre-attaquent le 9 février 2017 en déclarant que le parquet financier n’a pas compétence pour enquêter sur les soupçons d’emplois fictifs de Penelope Fillon[377], qu'« un parlementaire ne peut pas être concerné par un détournement de fonds publics » et que, d'autre part, des atteintes sont portées au principe démocratique de la séparation des pouvoirs[378]. Ils demandent au parquet national financier de se dessaisir de l'enquête préliminaire qu'il a engagée, considèrent que l'enquête est devenue plus médiatique que judiciaire et portent plainte pour violation du secret de l'instruction, s'interrogeant sur « l'impartialité d'une ou plusieurs personnes dans cette enquête »[379].

Le 16 février, le Parquet national financier déclare dans un communiqué que « Les nombreux éléments recueillis ne permettent pas d’envisager, en l’état, un classement sans suite de la procédure »[380].

Le lendemain, François Fillon déclare que, désormais, il compte rester candidat même s'il est mis en examen[381].

Le 24 février la patronne du Parquet national financier (PNF), Eliane Houlette, annonce que le PNF a « décidé d'ouvrir, dès ce jour, une information judiciaire en raison de l’ancienneté d’une partie des faits concernés et de l’exigence de la mise en œuvre de l’action publique résultant de l’article 4 de la loi adoptée définitivement le 16 février 2017 » et précise que « cette information est ouverte contre personne non dénommée, des chefs de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel, trafic d’influence et manquements aux obligations déclaratives à la Haute Autorité sur la transparence de la vie publique » [382].

Les avocats de Penelope et François Fillon en concluent que le parquet « n'a pas pu démontrer la réalité des infractions poursuivies », et se déclarent confiants que leur innocence « sera enfin reconnue » par « des juges indépendants »[383].

Le 1er mars, François Fillon annonce qu'il sera convoqué le 15 mars par les juges d'instruction afin d'être mis en examen. Il est mis en examen le 14 mars 2017 pour « détournement de fonds publics », « complicité et recel de détournement de fonds publics », « complicité et recel d’abus de bien sociaux », et « manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique », selon plusieurs sources judiciaires. D'après son avocat Antonin Lévy, la convocation a été avancée d'une journée afin de préserver la sérénité des débats[384].

Le 21 mars, selon Le Monde, l’enquête menée dans le cadre de l’affaire Fillon a été élargie à des soupçons d'« escroquerie aggravée, faux et usage de faux ». Une décision prise le 16 mars dernier par le parquet national financier (PNF). La justice se demande si « les époux Fillon ont pu produire des faux pour justifier les salaires » versés à Pénélope Fillon. Le même jour, on apprenait que les juges d’instruction allaient également se pencher sur les costumes offerts au député de Paris. « Il s’agit en fait du même réquisitoire supplétif qui a été accordé aux juges récemment pour des soupçons de trafic d’influence », a précisé une source citée par L’Express. Selon une source proche du dossier, ce réquisitoire fait suite à une deuxième perquisition menée courant mars à l’Assemblée nationale, après une première visite intervenue fin janvier, dans le cadre de l’enquête du PNF. Lors de cette seconde perquisition, un certain nombre de documents ont été saisis[385],[386].

Dans son édition du 22 mars, Le Canard enchaîné ajoute par ailleurs qu’alors que Pénélope Fillon cumulait deux emplois à plein temps, entre le 1er juillet 2012 et le 30 novembre 2013, à l’Assemblée nationale et à la Revue des deux mondes, les époux « ont carrément signé une fausse déclaration, certifiant aux fonctionnaires de l’Assemblée que madame ne bossait pas plus d’une trentaine d’heures par mois à la Revue des deux mondes où elle était payée pour 151,67 heures ». Le règlement de l’Assemblée nationale limite à cent quatre-vingts heures le cumul d’emplois pour ses salariés.

Pénélope Fillon est mise en examen le 28 mars par les juges d’instruction[387], quelques jours après son ancien employeur, Marc Joulaud, ancien suppléant de François Fillon, mis en examen le 24 mars[388].

Assistants parlementaires

Selon Le Canard enchaîné, Marie Fillon et Charles Fillon, deux des cinq enfants du couple, auraient été embauchés comme assistants parlementaires quand François Fillon était sénateur, entre 2005 et 2007[389].

Prêt non déclaré

François Fillon a perçu, en 2013, de la part de l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière, un prêt sans intérêts de 50 000 sans que ce dernier ne soit déclaré, aucune trace écrite, aucun versement d'intérêts, aucune date limite de remboursement n'ont encadrés cette opération financière. Selon Le Canard enchaîné daté du mercredi 15 mars 2017, l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière a reçu le 27 février 2017 un chèque de 50 000 euros de François Fillon. Le parquet financier s'est saisi de l'affaire[390].

2F Conseil

Le 7 juin 2012, François Fillon a créé sa société de conseil « 2F Conseil », onze jours avant son élection en tant que député de Paris.

2F conseil a déclaré un chiffre d'affaires de 298 811 en 2015 et un bénéfice de 10 900 en 2015[391]. Son activité de conseil rapporte à François Fillon 767 625 de salaire net entre 2012 et 2015, soit près de 18 000 par mois[392], 133 700 de bénéfices qu'il touche en tant qu'unique actionnaire, et 115 000 restés en trésorerie[393]. François Fillon déclare à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique pour cette activité de consultant un salaire de 70 000 en 2012 et 142 500 en 2013[394].

À l'approche de l'élection présidentielle de 2017, l'équipe de campagne du candidat refuse dans un premier temps d'apporter des précisions sur la nature des clients de 2F Conseil et les éventuels conflits d'intérêt qui pourraient en découler[395]. Anne Méaux, la conseillère en communication du vainqueur de la primaire présidentielle des Républicains de 2016, affirme que « François Fillon ne travaille pour aucun État ni aucune société étrangère ». La clientèle étrangère a permis d’encaisser 97 000 en 2012 et 2013, et plus rien après[393].

François Fillon donne finalement, le 6 février 2017, les noms de plusieurs de ses clients[396] : Axa, Fimalac, la Banque Oddo et le Cabinet Ricol et lasteyrie. Cette déclaration relance les suspicions de conflit d'intérêts « autour des activités de conseil du candidat LR à la présidentielle, trois de ces entreprises ayant pour point commun d'être ou d’avoir été dirigées par des personnalités proches de François Fillon »[397].

Le , le Déontologue de l'Assemblée nationale affirme que la société de conseil de François Fillon ne pose aucun problème juridique, et que, par ailleurs, François Fillon n'est pas intervenu lors des débats au Parlement en faveur du groupe d'assurances Axa, qui fait partie de ses clients[398]. Sur le plan de la déontologie, il précise que celui-ci « n'a pris aucune position, ni signé aucun amendement » lors du débat sur la transposition en droit national de la directive européenne relative aux activités d'assurance et qu'« il n'est intervenu, de façon générale, à aucun moment sur ces questions »[399].

Chèques du Sénat

Selon le JDD, François Fillon a perçu sept chèques de 3 000 chacun, émis par le compte HSBC de l’Union républicaine du Sénat (URS) quand il était sénateur de la Sarthe entre 2005 et 2007. Ce montant total de 21 000 correspondait à des reliquats de crédits d’assistants parlementaires versés à une association[344].

Cette affaire est instruite depuis 2012 après un signalement de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Cinq personnes, dont trois sénateurs, Henri de Raincourt, André Dulait et l'ancien trésorier du groupe UMP au palais du Luxembourg, Jean-Claude Carle sont mises en examen pour détournement de fonds publics et recel. La justice a reçu un rapport de Tracfin qui passe au crible les opérations bancaires du groupe UMP du Sénat. Plusieurs élus, Jean-Claude Gaudin en tête, ont bénéficié de versements intrigants entre 2012 et 2015.

Cadeaux

Costumes

Selon Le Journal du dimanche, François Fillon s'est fait offrir en février 2017 deux costumes de luxe chez le tailleur Arnys, filiale de LVMH depuis 2012 (sous la marque Berluti) et boutique chez qui s'habillent certains hommes politiques[400], pour un montant de 13 000 euros. D'autres costumes lui ont été également offerts depuis 2012, deux vestes forestières, un blazer, deux pantalons et deux pulls en cachemire, pour un montant total de 48 500 euros. François Fillon a répondu : « Un ami m'a offert des costumes en février. Et alors ? » […] « ce n'est pas interdit[401]. » Le 17 mars 2017, la presse a révélé le nom de la personne qui a réglé la somme de 13 000 euros pour les deux derniers costumes. Il s'agit de l'avocat franco-libanais Robert Bourgi est considéré comme un des piliers des réseaux de la Françafrique, Il a été formé à l'école de Jacques Foccart, et est au cœur des relations entre RPR, puis UMP et dirigeants africains[402], Robert Bourgi et François Fillon se connaissent de longue date. En 2012, le premier s’était rapproché du second et lui avait ouvert son carnet d’adresses qui compte nombre de dignitaires africains. En novembre 2013, il avait contribué à l’organisation de son voyage au Sénégal, puis en Côte d’Ivoire, où il entretient les meilleures relations. R. Bourgi avait aussi tenté, en vain, de réconcilier MM. Fillon et Sarkozy, Il a été l'émissaire (porte-valise) d'Omar Bongo (président du Gabon de 1967 à 2009), Ali Bongo (actuel président gabonais depuis 2009) et a une grande influence à Paris. C'est notamment lui qui a demandé à Nicolas Sarkozy de remplacer Jean-Marie Bockel alors dans le gouvernement Fillon par Alain Joyandet au poste de ministre de la Coopération en 2009. Omar Bongo estimait que la presse française parlait trop de l'affaire des biens mal acquis à Paris et que le cabinet de Jean-Marie Bockel alimentait les médias. C'est également lui qui avait demandé et obtenu le départ du socialiste Jean-Pierre Cot de ce même ministère en 1982[403].

En juillet 2017, Robert Bourgi affirme sur France 2 avoir voulu se « payer » François Fillon après que celui-ci se soit montré distant avec lui[404].

Montres

Le , il est révélé qu'en 2009, l'homme d'affaires de nationalités italienne et suisse, Pablo Victor Dana, lui a offert une montre d'une valeur minimale de 10 000 euros[405]. Fillon avait pourtant signé, en 2007, une circulaire demandant à ses ministres de rendre les cadeaux qu'ils reçoivent de par leurs fonctions[406]. En 2013, alors député, il s'est vu offrir une deuxième montre de la part de Rebellion Racing[407].

Hypothèse d'un « cabinet noir »

La pertinence de cette section est remise en cause, considérez son contenu avec précaution. En discuter ? (août 2017)

Le 23 mars sur France 2, invité de L'Émission politique présentée par David Pujadas, François Fillon affirme que les affaires qui lui valent une mise en examen sont pilotées par le président de la République, François Hollande. Selon lui, il existe un cabinet noir de l’Élysée qui fait fuiter les auditions dans les journaux et fait remonter toutes les écoutes au chef de l’État. Pour étayer ses dires, il s'appuie sur le livre Bienvenue Place Beauvau, publié le même jour par des journalistes du Canard enchaîné. L'Élysée dément l'existence d'un cabinet noir.

Les journalistes auteurs de l'ouvrage, tout en indiquant qu'« il n'est pas possible d'en apporter la preuve formelle comme il n'est pas possible de prouver le contraire »[408],[409], dénoncent la présence auprès du président de la République d'une « structure clandestine, aux ramifications complexes ». Des élus Les Républicains saisissent alors le procureur de Paris et le procureur national financier et leur demandent de donner « les suites » qu'ils jugent « utiles » aux 17 passages du livre dans lesquels, selon eux, les faits révélés sont des faits de « corruption », de « trafic d'influence », d'« atteinte à la vie privée » et d'« abus d'autorité » commis au sommet de l'État[410].

Plainte contre Le Canard enchaîné

Le Canard enchaîné indique le 3 mai 2017 que Fillon a porté plainte contre le journal le 13 avril 2017 en raison de la parution, la veille, d'un article paru dans lequel l'hebdomadaire indique avoir la preuve que Penelope Fillon a été rémunérée pendant quinze mois, à partir d'avril 1980, comme « collaboratrice au sein d'un ministère parisien »[411],[412].

Détail des mandats et fonctions

Fonctions au sein de partis politiques

  • 1997 : secrétaire national du RPR chargé des fédérations
  • 1998 : porte-parole de la commission exécutive du RPR
  • 1999 : secrétaire national du RPR
  • 1999 - 2001 : conseiller politique auprès de la présidente du RPR
  • 2001 - 2017 : président de France.9 puis de Force républicaine
  • 2002 : membre fondateur de l'Union en mouvement
  • 2002 - 2012 : président de la fédération UMP de la Sarthe
  • 2004 - 2007 : conseiller politique à l'UMP
  • 2014 : co-président de l'UMP (avec Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin)

Fonctions électives locales

Fonctions parlementaires

À l’Assemblée nationale

Au Sénat

  • 1er  octobre 2004 - 1er novembre 2004 : sénateur de la Sarthe
  • 18 septembre 2005 - 17 juin 2007 : sénateur de la Sarthe

Fonctions gouvernementales

Décorations

Publications

Ouvrages

  • La France peut supporter la vérité, Éditions Albin Michel, coll. « Essais Doc. », , 262 p. (ISBN 978-2226172655)
  • Les Retraites, Michalon, (ISBN 978-2841863877)
  • Faire, Albin Michel, coll. « Essais Doc. », , 320 p. (ISBN 978-2226318992)
  • Vaincre le totalitarisme islamique, Éditions Albin Michel, coll. « Essais Doc. », , 162 p. (ISBN 978-2226396020)

Préfaces

Articles

Loisirs et passions

Passionné par la course automobile depuis son adolescence, François Fillon admire les Austin Healey et le pilote Jacky Ickx. Plus tard, à la fin des années 1990, alors président du Conseil général de la Sarthe, il rachète le circuit des 24 Heures du Mans, pour le compte du département, et crée une société d'économie mixte pour organiser la course, avec comme directeur Bruno Davidh[417]. Il prend à cette époque ses premières leçons de pilotage avec les moniteurs de l'Automobile Club de l'Ouest. François Fillon participe à la course du Circuit Bugatti au volant d'une Peugeot 908, en 2003, aux 24 Heures du Mans Classic avec Stanislas de Sadeleer[418] sur Ferrari 275 GTB, et ensuite au Spa Classic sur le circuit de Spa-Francorchamps au volant d'une BMW M1 puis d'une Alfa Romeo 1 300 cm3 ; et il rêve toujours d'essayer une Formule 1[419]. Il est membre du comité de direction des 24 Heures du Mans et de l'Automobile Club de l'Ouest (que préside son frère cadet Pierre depuis 2012). Partisan d'un Grand Prix de Formule 1 en France[420], il met en place en 2009 une commission « Grand Prix de France » pour ramener la Formule 1 en France à partir de 2011[421]. François Fillon participe par ailleurs en 2015 à l'émission automobile Top Gear France sur RMC Découverte, en concourant notamment sur la piste d'essai de l'aérodrome de Brienne-le-Château pour la séquence Star dans une voiture peu coûteuse[422],[423],[424].

Annexes

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Bibliographie

  1. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées kellyibid
  2. Ibid.. et article de L'Express du 14 novembre 2007[26].
  3. Ibid., p. 193.
  4. Ibid., p. 204-205.
  5. Ibid., p. 223.
  6. Ibid., p. 230.
  7. Ibid., p. 235.
  8. Ibid., p. 238.
  9. Ibid., p. 241.
  10. Ibid., p. 251.
  11. Ibid., p. 253.
  12. Ibid., p. 273.
  13. Ibid., p. 268, reprenant les propos tenus dans l'édition du Monde du 3 juin 2005.
  14. Ibid., p. 285-286.
  15. Ibid., p. 288.
  16. Ibid., p. 296.
  17. Ibid., p. 318.
  18. Ibid., p. 324.
  • Fabienne Ausserre, François Fillon : la tentation de Paris, Paris, Grimal, , 192 + 16 p. (ISBN 978-2-36203-024-6, notice BnF no FRBNF42535749)
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Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

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